Présidentielle 2027 : "Je me vois un rôle" pour "rassembler", déclare Dominique de Villepin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 53 %Attaque 32 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:35OuverteÉludée
S'il était aux commandes, de quoi serait-il capable pour la France ?
- 1:00OuverteRéponse directe
A-t-il des troupes ? Où en est-il de sa candidature ?
- 2:46OuverteRéponse directe
Doit-on croire le président russe sur la fin de la guerre en Ukraine ?
- 4:13OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on doit lui parler, à Vladimir Poutine ?
- 5:16OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut se réjouir du réchauffement des relations avec l'Algérie ?
- 6:10RelanceRéponse directe
Vous n'êtes pas d'accord avec Bruno Retailleau sur la politique algérienne ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:35InvitéFait
« Je pense que cela touche à sa fin, mais la situation reste grave. »
- 3:19InvitéChiffre
« Vladimir Poutine a commandé, au cours de l'année dernière, 450 sondages. »
- 3:38InvitéFait
« Son économie, du fait des embargos successifs, est aujourd'hui aussi en difficulté. »
- 9:22InvitéFait
« Je pense que du côté algérien, il y a un intérêt aussi à agir parce que nous sommes dans un monde dangereux. »
- 13:28InvitéChiffre
« 20% de l'offre mondiale passe par le détroit d'Ormuz. »
- 17:50PrésentateurChiffre
« Sa totale a vu son bénéfice augmenter de 51% au premier trimestre. »
- 19:11InvitéPromesse
« Nous sommes en droit de demander une contribution exceptionnelle à Total. »
- 26:14InvitéFait
« Depuis 2007, nous avons perdu le président arbitre indispensable. »
- 28:50InvitéFait
« les retraites par exemple »
- 28:52InvitéFait
« la trajectoire budgétaire »
- 28:55InvitéFait
« la nécessité d'affirmer la souveraineté et en particulier dans le domaine de l'intelligence artificielle »
- 31:25InvitéFait
« il y a 25 ans, monsieur Bourgis m'a donné à l'occasion d'anniversaire deux statuettes »
- 32:00InvitéFait
« il règle des comptes et il veut me nuire pour ne pas dire m'écarter définitivement du jeu politique »
- 32:07InvitéFait
« il y a des factures quand même »
- 32:21InvitéFait
« en 2011, le 11 septembre, il produit toutes sortes d'allégations »
- 33:47InvitéFait
« c'était une erreur et c'était une erreur je n'aurais pas dû les accepter »
- 34:00Invité politiqueFait
« ce n'était pas illégal mais ça oblige et implicitement se pose quand même la question des contreparties »
- 34:17InvitéFait
« monsieur Bourgi a été écarté par moi-même et par Jacques Chirac en 2004-2005 »
- 35:31InvitéFait
« je n'ai jamais porté plainte depuis le début de ma carrière »
- 36:58InvitéFait
« sur les activités en Chine »
- 37:54InvitéFait
« moi j'ai vécu huit ans neuf ans aux États-Unis »
- 38:15InvitéFait
« j'ai été l'un des premiers à faire écho aux nouvelles routes de la soie »
- 38:41Invité politiqueFait
« nous avons besoin d'une Chine plus forte »
- 40:54InvitéFait
« je n'ai jamais participé à un conseil d'administration ou d'ancien président de la République »
- 41:57Invité politiqueFait
« Dominique de Villepin, c'est vrai que personne n'a oublié ce discours prononcé à l'ONU le 14 février 2003 »
- 44:00InvitéFait
« oui, bon, je l'ai dit 100 fois »
- 44:23InvitéFait
« un peu quand même »
- 46:00InvitéFait
« j'ai été en situation d'être menacé dans l'existence qui était la mienne »
- 46:52InvitéFait
« j'ai été une fois à l'Élysée si ma mémoire est bonne »
- 47:26InvitéFait
« le grand enjeu en 2027 c'est la question de la capacité de la France à redevenir maître de sa souveraineté »
- 48:04InvitéChiffre
« 2 milliards et demi »
- 48:07InvitéChiffre
« pour les trois grandes sociétés d'intelligence artificielle c'est 800 milliards »
- 49:59InvitéChiffre
« 24% des jeunes ont une pensée suicidaire »
- 50:46InvitéChiffre
« 3 000 enfants qui dorment dans la rue »
- 50:52InvitéChiffre
« 160 000 enfants chaque année qui sont victimes de violences sexuelles »
- 52:39InvitéChiffre
« 9 000 milliards qui vont changer de main »
- 53:07InvitéChiffre
« passer à un barème non pas de 45% mais de 50% »
- 53:09InvitéChiffre
« au-delà passer à 60% »
Temps de parole
- Invité75 %
- Présentateur12 %
- Invité politique7 %
- Invité 25 %
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France Inter
Bienvenue dans Questions Politiques. Ukraine, Iran, Trump, dans un monde géopolitique bouleversé, les Français apprécient les analyses de notre invité. Son regard qui balaye à l'échelle de la planète et son verbe fluide, énergique, brillant, qui donne le sentiment qu'il est l'un de ceux qui s'est décrypté à défaut de maîtriser. Justement, s'il était aux commandes, de quoi serait-il capable pour la France ? Pour arriver à l'Elysée, il faudrait déjà séduire les Français. Les connaît-il, lui, le diplomate, l'ancien ministre des Affaires étrangères, ancien ministre de l'Intérieur, ancien Premier ministre ?
En tout cas, après plus d'une décennie, loin de la scène politique, ce Chiracien a su revenir, c'était fin 2023, et s'attirer les faveurs de la gauche. Il a aussi créé son parti, la France humaniste. Aujourd'hui, a-t-il des troupes ? Où en est-il de sa candidature ? L'affaire des statuettes, peut-elle le faire trébucher ? Dominique de Villepin est en direct sur France Inter. France Info, c'est le canal 16 de la télévision, et c'est une émission en partenariat avec le journal Le Monde. Nous sommes ensemble jusqu'à 13h.
France Inter. Question politique. Alexandra Ben Saïd.
Bonjour et bienvenue, Dominique de Villepin. Merci d'avoir accepté notre invitation à mes côtés. Et pour vous interviewer ce dimanche, je salue Alix Bouillaguet de France Télévisions. Bonjour Alix. Bonjour Alexandra, bonjour à tous. Avec vous tout à l'heure, on fera bien sûr le portrait de Dominique de Villepin.
Oui, votre parcours, Dominique de Villepin, vous emmène du Maroc où vous êtes née, à New York, mais aussi à Caracas, où vous avez étudié. Mais votre chemin, ce sont aussi des cassures politiques, une traversée du désert et l'envie d'un retour. Françoise Fresseuse du journal Le Monde
est également en plateau. Bonjour Françoise. Bonjour à toutes et tous. Vers 12h50, vous avez envie de démarrer. Vers 12h50, la question 2027, celle qui sera au cœur des débats, une de celle qui sera au cœur des débats. Françoise, vous avez choisi aujourd'hui de parler avec Dominique de Villepin
de la jeunesse. La jeunesse, comment lui rendre espoir, avec quel discours et surtout
avec quelle proposition concrète ? Ça sera vers 12h50. Mais d'abord, Dominique de Villepin, cinq minutes d'actualité entre quatre yeux et cette déclaration qu'on va écouter hier soir de Vladimir Poutine à des journalistes.
Les pays occidentaux ont promis leur aide et ont commencé à intensifier la confrontation avec la Russie, qui se poursuit encore aujourd'hui. Je pense que cela touche à sa fin, mais la situation reste grave.
La guerre en Ukraine touche à sa fin. C'est ce que Vladimir Poutine dit. Dominique de Villepin, doit-on croire le président russe ?
Il faut prendre cela avec des pincettes. Je pense que ça s'adresse d'abord à Donald Trump. Il veut montrer qu'il est conciliant. Il veut montrer qu'il ne ferme pas la porte. Et puis, il veut peut-être aussi s'adresser au peuple russe qui commence à rechigner. Un peuple russe qui, avec la fermeture de l'Internet extérieur, souffre au quotidien. Un peuple russe qui est aujourd'hui mieux pris en compte par Vladimir Poutine. On ne le sait pas toujours, mais Vladimir Poutine a commandé, au cours de l'année dernière, 450 sondages. C'est ce que Elsa Vidal raconte dans son dernier livre. Donc, il est soucieux de ce qui se passe sur le terrain.
Et est-ce qu'il est affaibli, Vladimir Poutine ?
Et il est affaibli, même si la récente crise du Golfe lui donne un peu de marge de manœuvre. Son économie est fragilisée. Son économie, du fait des embargos successifs, est aujourd'hui aussi en difficulté. Donc, il a intérêt à montrer des gestes d'ouverture, mais on le voit bien, quand il dit qu'il est prêt à rencontrer Volodymyr Zelensky, il précise une fois l'accord de paix signé. À ses conditions. Voilà, à ses conditions. Donc, il faut évidemment prendre avec beaucoup de précaution ses déclarations.
Mais cela n'empêche pas qu'il faut continuer à se battre pour avancer dans une réflexion sur ce que pourrait être à la fois un accord de cessez-le-feu, voire, le moment venu, un accord de paix. Est-ce qu'on doit lui parler,
à Vladimir Poutine ?
Nous, les Européens, nous, les Français ? C'est la clé de la diplomatie. On ne fait pas de politique sans parler à tous, quel que soit le sentiment que l'on exprime et quel que soit le rejet que l'on puisse avoir de l'agression russe. Oui, il faut lui parler. Et les Européens ne doivent pas laisser à Donald Trump le seul bénéfice d'un dialogue. Il faut lui parler de manière appropriée, en choisissant ses conditions. Mais il faut, oui, s'adresser à Vladimir Poutine, s'adresser au peuple russe et montrer qu'il y a une alternative possible à la guerre. Je crois que crédibiliser cette possibilité, ça fait partie des devoirs des pays européens et en particulier de la France.
Autre dossier important ce matin, ce midi, Dominique de Villepin, c'est l'Algérie. L'ambassadeur français vient de revenir dans le pays après, près d'un an, après avoir été rappelé par l'Elysée. Le journaliste Christophe Glaze, détenu depuis près d'un an, devrait lui recevoir sa première visite consulaire dans quelques jours. Bref, on voit que les relations entre Alger et Paris se réchauffent. Est-ce qu'il faut s'en réjouir ?
Oui, il y a des gestes de part et d'autre. Alice Ruffaut, la ministre déléguée à la Défense, a participé aux cérémonies de 1945 en commémoration des massacres de Sétif. Notre ambassadeur revient sur place. Il y a un dégel dans les relations de sécurité tellement importantes entre Paris et Alger. Quand on voit la situation au Sahel, quand on voit l'engorgement des OQTF qui ne rentraient pas, aujourd'hui, les choses reprennent. C'était dangereux d'avoir des relations gelées avec l'Algérie ? Oui, c'est un pays clé dans le Maghreb et la coopération dans ces domaines est tout à fait essentielle et stratégique pour les deux pays.
Alors, si on parle de politique, c'est Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur actuel qui a impulsé cette reprise du dialogue. Son prédécesseur, Bruno Retailleau, revendiquait, lui, une politique de fermeté vis-à-vis de l'Algérie et le président du Parti LR dénonçait encore il y a dix jours une capitulation d'Emmanuel Macron sur ce dossier. Vous n'êtes pas d'accord avec Bruno Retailleau ?
Mais la capitulation de quoi et vers quoi conduit la politique qui était préconisée à l'époque par Bruno Retailleau ? Si l'on veut rentrer à nouveau en guerre avec l'Algérie, je comprendrais. Mais nous avons des intérêts partagés. Nous avons, de part et d'autre, des rives de la Méditerranée. nous avons des hommes et des femmes dont l'avenir dépend de la qualité de cette relation. Donc il avait tout faux Bruno Retailleau ? Mais je crois qu'il a une posture politique et diplomatique qui est une posture sans issue, qui n'est pas celle d'un homme de responsabilité traitant les dossiers avec le souci de les faire avancer.
Je crois que tout ce qui essentialise une relation avec un pays étranger, tout ce qui caricature ces relations, eh bien, ça fait du bien à un électorat et je ne doute pas que certains parmi les Républicains sont très heureux de cette posture de fermeté qui veulent en découdre. Mais ça ne fait pas avancer les choses et ça ne sert pas, en tout cas, les intérêts de la France.
Une question d'Alex Bouillaguet. Si on vous comprend bien ce matin, vous êtes donc totalement d'accord avec Emmanuel Macron lorsqu'il traite de maboule tous ceux qui disent qu'il faut se fâcher avec l'Algérie ?
Oui, je pense qu'en matière diplomatique, il ne faut pas hésiter à considérer que connaître un pays, avoir la connaissance d'un pays, avoir une connaissance de sa psychologie, de son histoire. Nos relations avec l'Algérie sont des relations qui ont été extraordinairement difficiles mais aussi très riches et le fait de considérer qu'à un moment donné, rien ne sert de se parler mais qu'il faut se taper dessus, ça ne fait pas avancer les choses, bien au contraire.
Et je pense que nous sommes dans un monde où il faut éviter que les dirigeants, que les responsables partent ainsi en guerre à chaque occasion, il y a suffisamment de difficultés sur la planète pour que nous cherchions au contraire des solutions. Ça demande de l'expérience, ça demande de l'humilité, ça demande de la remise en cause de soi-même, d'être capable de tirer le leçon des échecs, donc c'est difficile mais c'est la meilleure solution de toute évidence. François Sressose, mais on sent quand même qu'il y a un tel passif dans nos relations que c'est très difficile à dépasser.
Est-ce que vous voyez, vous, une clé où on pourrait repartir quand même sur des bases avec l'Algérie un peu moins compliquées que celles qu'on a vécues ces dernières années ? Nous avons un passé douloureux et très important en commun. Il faut être capable aujourd'hui de s'inventer un avenir et ce qui nous a toujours fait défaut, c'est cette capacité à penser cet avenir. Quelle coopération ? Sur quels enjeux géopolitiques, économiques travailler ? C'est cela qu'attendent de part et d'autre les Algériens, les Français, les Franco-Algériens. Il y a une attente d'être capable de retravailler ensemble avec respect parce que c'est important et en apurant les difficultés du passé.
Vous pensez que le moment est propice là que c'est possible ? Emmanuel Macron, il arrive en fin de mandat. Donc, il est en quelque sorte libéré de tout effet de manche. Il a les marges de manœuvre pour le faire. Je pense que du côté algérien, il y a un intérêt aussi à agir parce que nous sommes dans un monde dangereux et dans ce monde dangereux, on a plus besoin d'amis et d'alliés que d'ennemis. Donc, je crois que oui, il y a une possibilité. Ce n'est peut-être pas Emmanuel Macron qui clorera le chapitre. Un nouveau ou une nouvelle présidente ouvriront ce chapitre. Mais, en tout état de cause, oui, il peut faire avancer les choses.
Je crois que Laurent Nunez est un homme qui connaît bien ce genre de dossier. Il a le jeu de balle, la touche, la sensibilité, l'humanité pour traiter ce dossier. Le ministre des Affaires étrangères est lui aussi mobilisé. C'est à travers ce travail collectif, ce travail d'équipe que l'on, peut-être, sera capable d'avancer. Et en tout état de cause, il y a une priorité, c'est de faire en sorte que Christophe Gleize rentre à la maison. Justement,
avec ce changement de contexte.
Ses parents, ses parents, sa mère et son beau-père étaient à Alger. Ils ont décidé, c'est un choix qu'a fait Christophe Gleize, ils ont décidé de changer de stratégie sur le plan judiciaire en renonçant à un recours en cassation. Donc, aujourd'hui, la décision est dans la main du président Téboun. La grâce. La grâce.
Et vous êtes optimiste.
Et, écoutez, je veux croire et je le souhaite et je pense que c'est bien sûr l'intérêt de toutes les parties et c'est la justice par ailleurs. Et aujourd'hui, nous allons avoir la première visite consulaire qui va être rendue. Donc, ça veut dire que les choses peut-être seront possibles.
Dominique de Villepin, vous parliez d'un monde dangereux. Alors, le dossier iranien. La France vient d'envoyer son porte-avions Charles de Gaulle avec les rafales embarquées vers le détroit d'Hormuz. Cette initiative française, elle s'inscrit dans le cadre de la mission conjointe avec le Royaume-Uni pour fédérer une cinquantaine de pays désireux de débloquer pacifiquement le détroit sans attendre un cessez-le-feu complet. Question d'Alix Bouillaguet.
Est-ce qu'Emmanuel Macron a eu raison d'envoyer ce porte-avions ou est-ce que vous faites partie de ceux qui disent que c'est une forme d'implication progressive de la France dans le conflit ?
Je ne ferai pas de procès d'intention à Emmanuel Macron sur des sujets aussi graves. Ce qui m'apparaît certain, c'est qu'il faut se tenir à très grande distance de tout cela. On voit bien que depuis maintenant plusieurs semaines, Donald Trump veut nous impliquer, nous et les Européens, nous impliquer dans ce qui est un échec américain à ce stade qui est, alors que le détroit d'Hormuz était ouvert, d'être confronté aujourd'hui à un détroit d'Hormuz qui est fermé à travers un double blocus. Donc, éviter une implication, par contre, concourir avec tous les autres pays, nous mobiliser pour essayer de trouver une solution.
Jean-Luc Mélenchon, il dit que c'est une gesticulation, donc pas pour vous.
Une fois de plus, je crois que rien ne sert de faire de procès d'intention à Emmanuel Macron. Il a décidé d'avoir un dispositif à proximité en tout état de cause. Nous ne devons être impliqués dans des actions offensives, en aucun cas. Cette guerre n'est pas la nôtre et cette guerre, malheureusement, est une guerre sans objectif et sans stratégie politique. Et nous sommes à un moment très important parce qu'il y a une fenêtre d'opportunité.
La difficulté, c'est que les Iraniens ont le sentiment de gagner, ils ont le sentiment d'être renforcés dans leur position, le régime s'est durci, désormais ce sont les militaires les plus radicaux qui sont au pouvoir et donc ils ne cèdent pas sur l'essentiel, c'est-à-dire aujourd'hui la question nucléaire et quelques autres questions connexes. La question, c'est comment on peut séparer cette question du nucléaire et la question du retour à la navigation et à la libre circulation dans le détroit d'Ormuz et nous savons que les Américains ne sont pas aujourd'hui les meilleurs négociateurs donc je crois qu'on a besoin de tout le monde.
On a besoin de la Chine, on a besoin des États du Golfe qui sont...
C'est la Chine qui a la carte en main pour l'arrêt du conflit ?
Elle a des relations avec l'Iran qui peuvent être précieuses et puis elle est très concernée par le passage du pétrole et du gaz dans le détroit d'Ormuz puisqu'elle est dépendante en partie de ce pétrole et 20% de l'offre mondiale passe par le détroit d'Ormuz donc c'est un enjeu mondial, c'est un enjeu pour les Français et nous allons le voir, nous le voyons déjà et nous le verrons peut-être encore plus à l'automne mais je pense qu'il faut être capable pour la communauté internationale de se mobiliser avec les États du Golfe qui sont très divisés sur cette question donc il y a un intérêt de sécurité, il y a un intérêt économique mondial et donc il faut faire en sorte quelles que soient nos réticences de concourir à la recherche d'une paix.
Il y a un pays qui a l'impression de jouer sa survie c'est quand même Israël qui se sent vraiment pris en étau et très menacé par l'Iran. Comment peser sur Israël ? Est-ce que par exemple il faut aller jusqu'à dire que l'Union Européenne suspend ses relations commerciales ? Comment peser sur ce pays-là ? Aujourd'hui nous avons une politique du gouvernement Netanyahou qui est une politique tout azimut dans la région qui consiste à intervenir au Liban occuper une partie du sud Liban agir contre la Syrie dans le sud de la Syrie et de la même de la même façon le gouvernement Netanyahou est à l'origine à entraîner Donald Trump dans cette guerre. Alors comment peser ?
Je crois d'abord que ce sont les Américains qui disposent de la clé. Les Américains qui d'ailleurs s'interrogent sur l'aventure dans laquelle ils sont. En tout état de cause la planète Maga ne suit pas aveuglément Donald Trump.
Par ailleurs on le voit au sein de l'armée américaine et le limogège d'un certain nombre de grands dirigeants américains a montré qu'ils ne partageaient pas la vision stratégique qui a été vendue à Donald Trump et par ailleurs je crois que les Européens doivent prendre leurs responsabilités nous ne pouvons pas rester sans réagir face à la situation au sud Liban et bien nous avons des leviers dans le cadre de l'accord d'association entre l'Europe et Israël il est prévu le respect d'un certain nombre de clauses concernant les droits humains quelle est la situation à Gaza aujourd'hui ? Est-ce que les choses ont progressé à Gaza ?
Gaza est rentrée dans un oubli total alors que la situation ne s'est guère améliorée le nombre de camions qui passent au quotidien à Gaza ce nombre est très inférieur aux besoins de ce territoire et je ne parle pas de la situation de la Cisjordanie je crois que les Européens s'ils veulent pousser Israël à agir et il ne s'agit pas du tout de contester l'existence de l'État d'Israël ni la sécurité d'Israël il s'agit de faire en sorte que le Moyen-Orient qui est aujourd'hui déchiré et dans la guerre puisse retrouver un équilibre et cet équilibre il passe à la fois par des signaux très forts adressés à la politique israélienne et il passe par des propositions de paix qui doivent ramener tout le monde autour de la table Israël ne peut pas rester un pays sans frontières qui décide au gré de ses désidératas d'intervenir sur tel ou tel voisin donc je pense que le moment viendra d'une grande conférence internationale dans le cadre des Nations Unies et nous allons voir dans les prochains mois les Nations Unies solliciter à nouveau pourquoi ?
parce que sans droit et sans justice et bien c'est le chaos le chaos que nous voyons au Moyen-Orient et le chaos que nous voyons risquer de se propager ailleurs c'est-à-dire le terrorisme la prolifération un désordre international qui ne fait que le jeu des puissances les plus négatives
vous croyez au retour des Nations Unies Dominique de Villepin c'est ce que vous venez de dire je vous ramène sur le terrain français la conséquence de ce conflit au Moyen-Orient qui dure depuis plus de deux mois c'est que le prix des carburants a explosé on est au-dessus de deux euros pendant que les automobilistes paient certains acteurs économiques font des profits que devrait faire l'Etat que pourrait faire l'Etat on écoute la réponse d'Emmanuel Macron
aujourd'hui il n'y a pas des producteurs ou que ce soit qui sont en train de faire beaucoup d'argent et qui font monter le prix à dessein il y a surtout un contexte géopolitique par ce blocus et donc la priorité c'est la réouverture pacifique et concertée d'Hormuz et le suivi la transparence s'il y a des profits excessifs ou des comportements de si je puis dire un peu prédateurs ou spéculateurs en effet les différents pays et les européens devront y répondre
c'est intéressant sa totale a vu son bénéfice augmenter de 51% au premier trimestre ça n'est pas la seule entreprise qui est en train de très bien se porter pendant cette guerre est-ce qu'à vos yeux Dominique de Villepin il y a des profiteurs de guerre et est-ce que la France devrait les taxer ? Est-ce que c'est l'Europe
qui devrait les taxer ? Alors il y a des situations très différentes il y a les profits et c'est l'objectif de toute entreprise et puis il y a les rentes de situation des entreprises qui sont en position de monopole on le voit par exemple avec les plateformes numériques et puis il y a les rentes de crise et il est normal que nous ayons une attention particulière vis-à-vis de ces rentes totales en l'occurrence qui peut à partir de là racheter un certain nombre de ses propres actions et nous entrons dans quelque chose qui n'est pas perçu comme juste par la plupart de nos compatriotes Alors qu'est-ce qu'il faut faire ?
Alors d'abord faisons la lumière parce qu'il ne faut pas faire de procès d'attention Emmanuel Macron a raison de dire de quoi parle-t-on évaluons exactement la situation de ces rentes ou de ces super profits Là sur total
50% de plus de bénéfices au premier trimestre c'est assez clair
Deuxièmement il y a parce qu'il faut être juste vis-à-vis de Total ces profits ne sont pas faits sur le territoire français donc aller taxer les profits qui sont faits ailleurs ce n'est pas forcément quelque chose de simple Néanmoins nous sommes en droit de demander une contribution exceptionnelle à Total et puisque nous le voyons avec le 440 comme avec la situation des bourses mondiales les entreprises font de très gros bénéfices dans cette période il est normal qu'il y ait un retour Total apporte une contribution de retour en plafonnant les prix dans ces stations
c'est déjà un effort de guerre
c'est un effort de quelques centaines de millions évaluons le total cumulé et faisons en sorte que dans cette période difficile des gestes à proportion soient faits par ces entreprises
sauf que Patrick Pouyanné le patron de Total il a déjà répondu c'était la semaine dernière dans le quotidien sud-ouest en cas de surtaxe fini le plafonnement vous dites quoi ? vous dites il faut quand même une surtaxe ?
je dis évaluons la nature du coût de ce plafonnement à quoi cela correspond-il est-ce que c'est en rapport avec l'importance des profits réalisés et puis mettons tout cela sur la table dans le cadre Total comme dans d'autres entreprises qui peuvent être en situation de rente ou de profit exceptionnel lié à la crise et puis essayons de faire un effort de justice vous savez notre pays traverse d'immenses difficultés et bien évidemment ce sont les plus vulnérables qui sont ceux qui payent les premiers et bien que ceux qui sont les plus aisés qui font des bénéfices exceptionnels puissent être taxés davantage c'est normal et par ailleurs cela pose la question de la répartition des bénéfices nous sommes dans un pays où le partage entre le capital et le travail se fait mal et c'est toute la proposition qu'avait fait le général de Gaulle en son temps de l'intéressement et de la participation il est normal que les salariés d'une entreprise qui aujourd'hui sont la variable d'ajustement parce que les salaires ne progressent pas à la hauteur des profits réalisés les actionnaires gagnent beaucoup d'argent et bien ce n'est pas le cas des salariés donc il faut mettre sur la table et je pense que ce sera un des grands enjeux de la prochaine présidentielle pour rester sur le pétrole certains partis comme le RN disent il faut baisser globalement la TVA sur l'énergie vous dites c'est de la gabegie ou c'est une orientation possible ?
je dis regardons les chiffres le gouvernement dit la baisse de la consommation de pétrole fait que les recettes ne sont pas aussi importantes que ce que l'on croit regardons les chiffres c'est toujours pareil c'est l'opacité qui nourrit
vous n'avez pas un positionnement quand même parce que regardons les chiffres ça fait deux mois maintenant que la crise est là donc le RN c'est la baisse de la TVA LFI c'est le blocage des prix vous entre les deux vous dites
mais ce sont des positions idéologiques le blocage des prix on sait que ça ne tient pas cinq minutes ça n'a jamais marché nulle part donc moi je veux bien qu'on ait la position identique à celle qu'on a toujours eue moi ce qui m'intéresse c'est de prendre des mesures utiles qui vont répondre aux problèmes des français moi ma conviction c'est qu'il faut changer deux stratégies une stratégie de fond d'abord et dans la durée c'est l'électrification de la France parce que c'est véritablement et nous n'avons pas suffisamment anticipé Oui mais qui le dit bien tard nous aurions dû le faire et il faut le faire beaucoup plus intensément deuxièmement cette stratégie elle est souvent faite en liaison avec des grandes plateformes ma prime rénov par exemple je pense qu'il faut être plus près de la vérité plus près du terrain et qu'il faut être capable avec les maires de leur donner la responsabilité d'avoir un véritable budget pluriannuel dans le domaine de la transition verte qui leur permettra d'ajuster les aides en fonction des situations de leur territoire à la fois en ce qui concerne le chauffage les pompes à chaleur en même temps en ce qui concerne l'électrification et notamment les voitures électriques donc il faut des stratégies ciblées fines il n'y a pas de baguette magique nous le savons tous et c'est pour cela que les solutions qui sont aujourd'hui le plus souvent préconisées par les partis politiques sont des solutions toutes faites qui sont répétées depuis des années et des années et qui n'ont jamais changé quoi que ce soit
Dominique de Villepin on vous écoute on entend ses propositions ses idées vous parlez de justice fiscale de justice sociale des questions qui seront au coeur de la présidentielle c'est quasiment le discours d'un candidat alors écoutez permettez-moi d'abord de vous citer Jean-Luc Mélenchon une nouvelle fois c'est dans la tribune dimanche il a annoncé sa candidature il y a quelques jours aujourd'hui dit-il en substance c'est l'heure de ceux qui ont de l'expérience c'est l'heure des caractères au pluriel alors Dominique de Villepin est-ce que c'est votre moment aussi est-ce que vous êtes candidat à l'élection présidentielle de 2027
Jean-Luc Mélenchon j'étais au conseil des ministres quand il était ministre délégué à l'enseignement supérieur j'occupais la petite table à côté de la table du conseil des ministres où étaient Lionel Jospin et Jacques Chirac à cette époque donc ça ne nous rajeunit pas c'était presque l'époque Jurassic Park
est-ce que c'est
un atout aujourd'hui écoutez c'est peut-être un atout pour éviter la sixième extinction planétaire l'expérience c'est pas inutile dans les périodes de crise il faut regarder les choses donc est-ce que
vous êtes candidat
j'arrive je ne quitterai pas cette question est-ce que vous êtes candidat ma détermination est entière et tous ceux qui nous écoutent ont bien compris que je n'étais pas que je n'étais pas en ce dimanche de long week-end avec vous pour le simple plaisir de me faire plaisir mais vous êtes déclaré ça y est vous vous déclarez la candidat si vous pouviez dire la phrase ça nous arrangera je pense que nous ne sommes pas dans ce temps présidentiel et si vous permettez j'aimerais vous expliquer pourquoi alors allez-y aujourd'hui la question qui est posée par les médias par les sondeurs c'est qui va gagner et nous connaissons la réponse la réponse c'est le rassemblement national madame le pen ou monsieur Bardella c'est donc une réponse mécanique et statistique ce n'est pas la réponse à la question que vont se poser les français d'ici à la présidentielle et c'est pour cela que nous ne sommes pas dans ce temps-là la vraie question c'est qui est le mieux placé pour rassembler le plus grand nombre de français et et sortir la France du blocage de l'humiliation de l'empêchement où nous sommes aujourd'hui placés partons du départ nous sommes dans des circonstances exceptionnelles nous ne pouvons pas imaginer que dans des circonstances exceptionnelles sur le plan intérieur blocage politique français blocage de l'action publique et sur le plan extérieur le risque de guerre que nous voyons partout nous ne pouvons pas penser que ces élections vont se dérouler comme les autres élections que nous avons précédemment connues sous la 5ème république
c'est à dire
pourquoi et bien pourquoi parce qu'il ne s'agit pas seulement d'avoir un président élu à 50% plus une voix la question fondamentale c'est de savoir si ce ou cette présidente ne préjugeons de rien sera en mesure de redresser le pays et qu'est-ce que ça veut dire ça veut dire qu'il faut construire un chemin et construire ce chemin c'est 1 être capable d'exercer la fonction présidentielle la fonction présidentielle a été à mon sens mal exercée depuis 4 mandats puisque nous nous sommes trompés depuis Jacques Chirac depuis Jacques Chirac depuis 2007 nous avons perdu le président arbitre indispensable nous avons perdu le président garant nous avons perdu le président stratège c'est le quinquennat et en échange pas seulement et en échange nous avons eu l'hyper président qui n'avait autour de lui que des collaborateurs ça ne peut pas fonctionner la république française ne peut pas fonctionner comme ça donc il faut un chemin ce chemin c'est avoir un président un candidat qui est capable de faire converger des forces politiques et de rassembler le plus grand nombre des français et c'est ce qui va se passer qu'est-ce que nous voyons aujourd'hui tous les partis politiques sont en train de se fragmenter la plupart des partis politiques sont en train de contester les candidats qui ont été choisis on le voit chez LR on le voit du côté de Renaissance il y a donc une multiplicité de l'offre à un moment donné il va bien falloir se poser la question qui est le mieux placé pour éviter la victoire
mais si vous êtes candidat vous allez
éviter la victoire du rassemblement national et puis il faut bien comprendre que si nous nous contentons de jouer mécaniquement et de laisser faire cette élection présidentielle Marine Le Pen ou Jordan Berdella sera à l'Elysée que vont-ils faire est-ce qu'ils auront une majorité pour agir à l'évidence non ils vont dissoudre ils vont dissoudre ils se retrouveront dans la même situation d'un parlement bloqué et c'est pour cela que je veux qu'on aille jusqu'au bout de la réflexion ça veut dire qu'au lendemain de l'élection présidentielle il n'y a pas de fatalité à dissoudre la clé c'est de poser la question d'une majorité de projets et donc le président élu ou la présidente doit convoquer les deux assemblées en congrès pour les placer devant leurs responsabilités mais pourquoi vous l'auriez-vous
cette majorité Dominique de Villepin
cherchez sur les chiquets politiques l'homme ou la femme qui est capable de travailler avec tout le monde c'est ça la clé c'est que aucun chef de parti aujourd'hui est susceptible de rassembler prenez l'exemple de Mme Le Pen ou de M.
Bardella ils arrivent président de la république ils convoquent des élections d'abord j'aimerais voir dans quelle situation sera la France à ce moment-là la violence vous pensez est-ce que le pays connaîtra des violences est-ce que immédiatement aux élections législatives il y aura un rejet profond de ce parti et donc pas de majorité et donc une situation bloquée et c'est donc pour cela qu'il y a une première question au lendemain de l'élection dissoudre ou ne pas dissoudre tout dépendra du comportement du parlement et de sa capacité à accepter les quelques grandes réformes qui sont à faire immédiatement les retraites par exemple la trajectoire budgétaire la nécessité d'affirmer la souveraineté et en particulier dans le domaine de l'intelligence artificielle et bien mon rôle c'est de dire aujourd'hui si nous ne voulons pas faire comme avant et nous retrouver dans la même situation qui est celle de nos voisins regardez le Royaume-Uni c'est-à-dire une situation de tripartition ou plus bloquée il faut une méthode et la méthode il n'y en a qu'une dans l'histoire de France depuis un siècle c'est la méthode gaulliste la méthode gaulliste qui est celle du rassemblement et de l'autorité c'est-à-dire qu'à un moment donné quels que soient les idéaux politiques de tel et tel on prend chacun comme il est socialiste démocrate chrétien les uns et les autres et on travaille ensemble c'est ce qui a marché avec le conseil national de la résistance c'est ce qui a marché donnez-nous des noms aujourd'hui
il y a un paysage politique donnez-nous des noms vous pensez à un grand rassemblement
mais vous voyez bien qu'aujourd'hui nous sommes encore dans la phase de fragmentation c'est pour cela que nous ne sommes pas rentrés dans le jeu politique personne aujourd'hui ne s'est posé personne ne s'est posé la question de savoir comment nous allions redresser le pays moi c'est la seule question que je me pose comment la France va-t-elle se redresser
avant d'aller plus loin vous vous voyez un rôle vous dites en ce moment il y a quelque chose
je me vois un rôle parce que je ne vois pas d'autres responsables politiques dont la première préoccupation est de rassembler vous savez moi mon obsession ce n'est pas d'être en haut de l'affiche mon obsession c'est de faire en sorte et si et si vous savez à 62 ans on a peut-être mieux à faire que de se regarder dans une glace ou sur une affiche l'objectif l'objectif c'est redresser un pays qui est aujourd'hui dans le malheur
allez-vous parvenir à maintenir cet objectif il faut quand même qu'on parle aujourd'hui de cette affaire des statuettes
parlons de tout moi je suis là pour répondre à toutes vos questions
c'est parfait on en a des questions alors il s'agit de deux statuettes de Napoléon que Robert Bourgiste une figure de la France-Afrique vous a offerte lorsque vous étiez au Quai d'Orsay dans l'émission complément d'enquête le lobbyiste affirme que c'est cadeau qui vaudrait plusieurs dizaines de milliers d'euros lui chiffre ça il a des factures à 125 000 euros ont été payés par un industriel italien et par l'ancien président du Burkina Faso Blaise Compaoré à l'époque ça n'était pas illégal lundi est-ce que vous nous confirmez que lundi vous avez rendu au Quai d'Orsay ou donné au Quai d'Orsay ces statuettes
alors permettez-moi d'abord de dire comment les choses se sont passées ça a son importance pour comprendre il y a 25 ans monsieur Bourgis m'a donné à l'occasion d'anniversaire deux statuettes aujourd'hui il raconte une toute autre histoire que j'ai découverte lors de cette émission et sur lequel je le précise je ne sais rien donc je ne m'aventurerai pas sur ce terrain mais il y a pour moi trois choses qui sont sûres la première il ne s'en cache pas l'intéressé règle des comptes il a été écarté dans les années 2004-2005 il règle des comptes et il veut me nuire pour ne pas dire m'écarter définitivement du jeu politique et d'ailleurs il menace à la cantonade toute la classe politique deuxièmement il y a des factures quand même Dominique de Villepin non mais ça n'a rien à voir les factures moi je ne les connais pas par définition vous recevez un cadeau vous ne connaissez pas les factures deuxièmement il y a un procédé récurrent de l'intéressé c'est pas la première fois en 2011 le 11 septembre il produit toutes sortes d'allégations trois jours plus tard
c'était des mallettes d'argent qui vous auraient été versées données par Robert Bourgi à Jacques Chirac et à vous on parle de plus de 3 millions d'euros
et trois jours plus tard j'ai ma double relax dans l'affaire Clastream monsieur Bourgi est un ami de 40 ans de Nicolas Sarkozy
est-ce que c'est Nicolas Sarkozy ?
disons cela qu'est-ce que vous dites ? et à chaque étape à chaque étape en 2011 évidemment c'était pas une bonne nouvelle ma relax dans l'affaire Clastream pour Nicolas Sarkozy et aujourd'hui le fait de pouvoir être candidat à l'élection présidentielle c'est peut-être pas non plus une bonne nouvelle d'autant plus que ces indications pseudo-révélations interviennent à un moment Nicolas Sarkozy connaît des moments difficiles dans une affaire judiciaire qui est l'affaire libyenne donc il est clair qu'il y a une volonté de nuire et un procédé récurrent
non mais là vous êtes en train de dire que Nicolas Sarkozy et les guides je vous dis les choses
un procédé récurrent d'écran de fumée qu'il a déjà auquel il a déjà procédé mais mais mais je termine je n'aurais pas dû accepter ces statuettes à l'époque vous l'avez dit il n'y avait pas d'encadrement de ces situations c'était une erreur et c'était une erreur je n'aurais pas dû les accepter
mais d'un point de vue moral tout de même donc vous l'avez dit enfin on le sait ce n'était pas illégal mais ça oblige et implicitement se pose quand même la question des contreparties est-ce que c'est pas handicapant voire réduitoire lorsqu'on veut exercer les plus hautes fonctions de l'État
la réponse je vous l'ai donnée tout à l'heure monsieur Bourgi a été écarté par moi-même et par Jacques Chirac en 2004-2005 ce qui montre bien qu'il n'y a aucune prise aucune forme du tout de lien qui puisse se nourrir à cette occasion mais quand vous dites j'ai un regret est-ce que vous n'avez pas le sentiment qu'en fait tout ce qui s'est passé là c'est ce que rejettent profondément les français et que vous êtes d'une façon ou d'une autre lié à ce monde ancien comme d'ailleurs Nicolas Sarkozy est-ce que c'est pas la fin aujourd'hui d'une période on peut considérer qu'on est coupable d'être trop vieux et d'appartenir à l'ancien monde le nouveau monde non c'est avec des pratiques qui étaient quand même oui le nouveau monde a aussi ses problèmes qu'est-ce qui est important en politique c'est de tirer les leçons c'est d'avancer c'est pas tout nouveau tout beau et tout vieux tout à rejeter mais est-ce que vous allez porter plein de choses et cela oblige cela oblige le responsable politique en l'occurrence c'est une obligation que j'ai à faire preuve de beaucoup d'humilité et à véritablement accepter ce type de déclaration et de critique quelles que soient les pincettes avec lesquelles il faille les prendre
est-ce que vous allez porter plainte contre Robert Bourdieu ?
je n'ai jamais porté plainte depuis le début de ma carrière vous ne croyez pas en justice ? pourquoi ? non c'est que les procès en diffamation et autres ne permettent pas de régler l'essentiel surtout à l'époque des réseaux sociaux qu'est la rumeur comment lutter contre la rumeur ? donc moi ma réponse c'est toujours la même c'est ma bonne foi j'accepte la transparence c'est ma bonne foi et la nécessité dans laquelle je me situe d'accepter de tirer toutes les leçons de ce type de situation
et donc vous ne redoutez pas que les accusations de Robert Bourdieu vous affaiblissent on a bien vu que ça a plombé la campagne de François Fillon en 2017 avec l'affaire des costumes
nous ne sommes pas du tout dans la même situation et je vous rappelle que la volonté de nuire de l'intéresser elle date de 2004-2005 et qu'elle est parfaitement située sur le plan politique
et je rajoute que si vous êtes candidat on a quand même compris que vous en preniez le chemin vous devrez faire toute la lumière sur votre revenu votre patrimoine ça ça vous ça ne vous pose pas de problème
vous savez les activités de ma société les chiffres de ma société même si certains refusent de se donner le mal de regarder sont parfaitement connus contrairement à ce qui a été dit je n'ai jamais payé d'amende pour non-publication et donc les choses sont parfaitement claires et la transparence c'est un devoir national un mot sur vos activités Françoise les activités alors sur les activités en Chine c'est peut-être le volet qui est le plus handicapant pour vous aujourd'hui c'est-à-dire que vous vous avez fait des conférences en Chine est-ce que vous n'avez pas l'impression d'avoir été un influenceur au profit du régime chinois au moment où on s'aperçoit qu'au fond la Chine est quand même une grosse menace pour l'Union Européenne est-ce que vous regrettez pas aussi toute cette activité où vous avez fait des conférences très bien rémunérées alors il y a une enquête
de la cellule d'investigation de Radio France qui a montré que vous travaillez pour des entreprises chinoises tout ça a été sur l'internet
c'est une enquête malgré tout à portée limitée non mais je veux dire par là que et c'est la réponse à François Fresseau il n'y a rien de caché il n'y a rien de caché faire une conférence c'est public il n'y a rien de caché deuxièmement dans la scène internationale aujourd'hui la connaissance toute la connaissance du monde est essentielle quand vous prenez des décisions moi j'ai vécu huit ans neuf ans aux Etats-Unis j'ai voyagé à travers le monde j'ai fait des conférences dans le monde entier et j'ai beaucoup souhaité dans les dernières années aller en Chine depuis les années 2008 pourquoi ?
parce que c'est là qu'une grande partie de l'histoire de cette région et du monde est en train de s'écrire et j'ai été l'un des premiers à faire écho aux nouvelles routes de la soie au plan Made in China 2025 Dominique de Villepin et donc
connaître
permet d'apprécier et de mesurer les défis qui sont les nôtres
on vous entend mais dans vos expressions publiques vous rendez quand même souvent hommage au pouvoir chinois je vous cite nous avons besoin d'une Chine plus forte c'est ce que vous avez notamment dit dans un entretien accordé à China.org après le 19ème congrès du parti communiste chinois c'était en novembre 2017 en tant qu'ex-premier ministre attaché aux droits de l'homme est-ce que là aussi c'est pas moralement répréhensible ? Je ne cite qu'Ursula von der Leyen en 2019 elle parle d'un rival systémique la Chine est un rival systémique pour l'Europe
et vous dites que la Chine
doit être forte
je l'ai dit 100 fois mais nous ne parlons pas de la même chose quand je m'exprime et c'est toujours le problème quand on pique une phrase et qu'on la sort de son contexte en l'occurrence ce que j'indique c'est qu'il est important que la Chine joue tout son rôle et davantage sur la scène internationale la Chine est aujourd'hui l'un des premiers pourvoyeurs en force de paix la Chine est un membre permanent du conseil de sécurité et nous avons besoin d'une Chine qui s'investisse dans le multilatéralisme à l'opposé de ce que font les Etats-Unis qui s'en désengagent regardez le MV le MV ondus vient d'accoster au Canary les Etats-Unis sont sortis de l'Organisation Mondiale de la Santé et nous avons besoin donc que les grandes puissances s'investissent dans le multilatéralisme donc vous sortez une phrase et vous faites un procès d'intention l'essentialisation c'est toujours dangereux et c'est pour cela que des gens qui enquêtent sans connaître le pays concerné sans faire véritablement un travail de fond, et bien évidemment sont pronts à des conclusions, c'est facile de faire des conclusions, mais croyez-moi, ce n'est pas fondé sur une véritable connaissance de ces dossiers et je ne vis personne, bien sûr.
À travailler en profondeur, est-ce que ça veut dire que vous pouvez continuer à travailler pour des entreprises chinoises ? Et que vous allez le faire alors que vous voulez avoir un rôle ?
Ce n'est pas le cas. Il est évident que quand vous vous présentez à une élection, vous faites en sorte de vous y consacrer le plus totalement possible, et donc ce n'est pas le cas. Et je n'ai jamais, et c'est important, je n'ai jamais que choisi d'avoir des activités qui ne m'engageaient pas dans des entreprises. Des activités d'avocat ou des activités de conseil, la question, vous pourriez la poser à certains de mes collègues premiers ministres qui ont participé à des conseils d'administration. Je n'ai jamais participé à un conseil d'administration ou d'ancien président de la République. Je n'ai jamais participé à un conseil d'administration parce que là, vous êtes en action exécutive.
Moi, je l'ai toujours fait à titre consultatif. Conseiller, ce n'est pas être responsable et ce n'est pas en aucune façon cautionner une stratégie.
Alix Bouillaguer, on va passer avec vous au portrait de Dominique de Villepin. Et bien sûr, Alix, vous avez fait remonter cette archive.
Dans ce temple des Nations Unies, nous sommes les gardiens d'un idéal. Nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix. Et c'est un vieux pays. La France d'un vieux continent comme le mien. L'Europe qui vous le dit aujourd'hui.
Dominique de Villepin, c'est vrai que personne n'a oublié ce discours prononcé à l'ONU le 14 février 2003. Vous bataillez contre la guerre en Irak. Vous portez à ce moment-là la voix de la France. Effet rare au Conseil de sécurité. Vous êtes même applaudi à la fin de votre discours. C'est votre moment de gloire, celui qui vous fait connaître dans le monde entier. Est-ce que vous n'avez pas eu le sentiment après, finalement, d'être réduit à ce discours ?
Sans doute, et jalousé, ce qui explique le nombre de mes ennemis politiques, peut-être. Mais ce discours, il trace pour la France une ambition de leadership sur la scène internationale, de porter des idéaux, un idéal de paix, un idéal de justice, un idéal de droit. Et l'une de mes plus grandes douleurs depuis une vingtaine d'années, c'est de constater que la France n'a pas persévéré. Les gouvernements, les présidents n'ont pas persévéré dans cette lignée au point que nous avons engagé une guerre en Libye, au Sahel, sans réfléchir aux conséquences que cela aurait et sans tirer les leçons. C'est ça qui est le plus douloureux en matière politique.
C'est de se battre, de mener combat pour un idéal et de constater que cet idéal n'est pas compris et partagé.
Votre mentor, c'est Jacques Chirac. Il vous rappelle votre père, Xavier de Villepin, qui fut un temps sénateur des Français de l'étranger. Chirac vous ouvre...
Président de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense au Sénat.
Chirac vous ouvre toutes les portes du pouvoir, secrétaire général de l'Elysée, on l'a dit, le Quai d'Orsay, l'Intérieur, Matignon, vous êtes son ombre et sans doute une bonne partie de son cerveau. La dissolution...
Non, non, non, n'abusons pas.
Ou en tout cas, voilà, vous avez l'oreille du Président, comme on dit aujourd'hui.
Jacques Chirac était un homme qui ne partageait pas ses convictions et qui était bien lui-même en possession de son ambition et de sa volonté.
Mais, je reviens à ma question, la dissolution de 97, on dit que c'est votre idée, est-ce que vous l'assumez ?
On dit...
Je vous pose la question, justement.
Oui, bon, je l'ai dit 100 fois. Je suis lassé, parfois, de répondre à certaines des questions. Mais c'est la décision de Jacques Chirac à travers des propositions qui lui ont été faites à l'époque. Dont la vôtre. Non, à travers des propositions qui lui ont été faites à l'époque pour sortir d'une situation qui n'était pas acceptable en l'État. Donc, il fallait prendre une décision. Parallèle avec la situation d'Emmanuel Macron. Qui n'a strictement rien à voir. Un peu quand même. Oui, mais pas sur les conséquences. À l'époque, nous sommes dans un jeu institutionnel qui amène la cohabitation, c'est-à-dire à une situation qui a permis aux Français de trancher, de choisir.
Dans le cadre de la dernière dissolution, ça débouche sur le chaos et l'inconnu. Ça n'a donc strictement rien à voir. Sur la décision, qui est la question que vous posez, Jacques Chirac avait le choix entre demander à Alain Juppé de partir. Il ne le voulait pas. Et c'est partant de cette situation qu'il s'est retrouvé avec comme seule option, puisqu'il voulait qualifier la France pour l'euro et que les indications économiques que nous avions montraient que la route était bloquée. Il fallait donc prendre une décision. Donc, c'est bien la décision de Jacques Chirac, recommandée par l'ensemble de la classe politique. Un peu vous, quand même. L'ensemble de la classe politique.
Moi, je ne peux pas repartir. Secrétaire général de l'Élysée, vous n'êtes pas un politique. Et l'ensemble de la classe politique a peut-être deux exceptions, qui étaient Philippe Séguin, qui a marmonné, et François Bayrou, qui était contre.
J'ai encore deux questions. Je voudrais aller jusqu'au bout. 2007, Nicolas Sarkozy s'installe à l'Élysée. On le sait, c'est votre ennemi de toujours. Non. Des années...
Non, non, non. J'ai tendu la main à Nicolas Sarkozy, et c'est moi qui l'ai fait revenir.
En tout cas,
en 1996.
À partir de 2007, vous avez quand même des années de purgatoire pour vous. Et d'ailleurs, vous quittez la politique, vous montez votre cabinet d'avocats en droit international, vous sillonnez le monde, vous faites des affaires. Dans votre livre, Le pouvoir de dire non, vous décrivez cette période comme un exil intérieur. Est-ce que vous avez quand même eu le sentiment d'avoir été chassé de la politique par Nicolas Sarkozy ?
J'ai été en situation d'être menacé dans l'existence qui était la mienne. Quand on vous promet un gros de boucher, il faut prendre des dispositions. Et donc, il a fallu que j'invente une vie. J'aurais pu, effectivement, ne pas créer un cabinet d'avocats, ne pas... Et d'ailleurs, les promesses qui m'étaient faites à l'époque devaient me conduire à diriger l'une des grandes maisons de vente dans le domaine de l'art. Donc, vous voyez, ma vocation à m'intéresser à l'art et la culture était bien là.
Et c'est bien parce qu'il a fallu tout réinventer seul que j'ai dû retourner à ce que je savais faire le mieux, c'est connaître le monde, prédire les événements du monde, aider à la gestion des crises et à partir des compétences qui sont les miennes.
Et pourquoi n'avoir jamais remis les pieds à l'Élysée ? Emmanuel Macron ne vous a jamais convié en neuf ans à l'Élysée. Pourquoi ?
J'ai été une fois à l'Élysée, si ma mémoire est bonne. Mais il ne vous a pas échappé qu'Emmanuel Macron a fait un très long bout de chemin avec Nicolas Sarkozy. Est-ce qu'il y a un lien entre les deux ? Je n'en sais rien. Mais en tout état de cause, ce que j'avais peut-être à dire en matière de politique étrangère ne lui aurait pas plu. Je n'en sais rien. Mais c'est une réalité.
Dominique de Villepin, comme tous nos invités, on vous a demandé de venir avec une carte blanche. Une minute, une minute. Ce n'est pas beaucoup. Ce n'est pas beaucoup. Pour mettre le projecteur sur quelque chose de massif, majeur, c'est l'intelligence artificielle.
C'est l'intelligence artificielle parce que le grand enjeu en 2027, c'est la question de la capacité de la France à redevenir maître de sa souveraineté. La grande ambition gaulliste, c'est l'indépendance. Et la souveraineté aujourd'hui, ça veut dire, comme c'était la dissuasion nucléaire et l'arme nucléaire au XXe siècle, aujourd'hui, c'est d'être capable de maîtriser l'intelligence artificielle qui va intervenir dans l'ensemble des secteurs. Qu'il s'agisse de la santé, de l'économie, des services publics, l'intelligence artificielle, nous devons faire partie de ce jeu-là.
Aujourd'hui, nous investissons des sommes qui sont importantes mais modestes quand même à l'échelle de la planète, 2 milliards et demi. Du côté des États-Unis, pour les trois grandes sociétés d'intelligence artificielle, c'est 800 milliards. Donc, vous voyez qu'il y a un différentiel. Si nous ne voulons pas être pris en étau entre la Chine et les États-Unis, il faut une intelligence artificielle qui soit adoptée dans tous les secteurs. Il faut que ce soit une intelligence artificielle alignée sur l'intérêt général. Cette intelligence artificielle, il faut également qu'elle soit accompagnée pour ne pas créer trop de dégâts dans le domaine de l'emploi et au contraire, créer des opportunités.
Elle doit donc être souveraine. Elle doit être sûre, cette intelligence artificielle, et elle doit être sobre. Parce que, s'il y a quelque chose auquel je crois, c'est qu'aujourd'hui, le gaullisme, c'est un éco-gaullisme. Nous ne pouvons pas espérer être souverains, indépendants, compter dans le monde sans prendre en compte que le fait que la situation de notre planète se dégrade. Et donc, la France doit être en pointe en matière écologique.
Vous nous amenez à 2027 avec un éco-gaullisme. Françoise Fresseuse, la jeunesse, c'est le thème que vous avez choisi aujourd'hui.
Oui, j'ai notamment choisi ce thème parce que je me souviens très bien de ce qui s'était passé en 2005. Vous êtes Premier ministre et vous êtes l'inventeur du contrat premier embauche qui avait fait descendre des milliers d'étudiants dans la rue. Alors, c'était un contrat à durée indéterminée. Proposé aux étudiants qui sortaient de leurs études mais assorti d'une période au fond de décès de deux ans et c'est ça qui a été contesté. Avec le recul, est-ce que vous diriez que ça reste une bonne mesure ? Ça reste une bonne intention mais une mesure qui n'a pas été comprise et donc c'était une erreur. Il faut être capable d'appeler un chat un chat.
Mais la situation de la jeunesse aujourd'hui, elle est grave et c'est pour cela que je suis pour un état d'urgence de la jeunesse dans notre pays. Pourquoi ? La jeunesse, elle est en souffrance. On le voit en matière psychique et parfois psychiatrique puisque 24% des jeunes ont une pensée suicidaire. C'est considérable. Cette jeunesse, elle a du mal par ailleurs dans le choix de sa vie à s'orienter. On lui demande de s'orienter très tôt et elle est insuffisamment accompagnée. Je suis pour une orientation dès la classe de première qui permette aux jeunes de savoir quels sont les goûts qui sont les leurs et quels sont leurs talents.
Il faut également faire en sorte que Parcoursup soit davantage humanisé. Parcoursup, c'est trop souvent un coup près qui avantage ceux qui connaissent le système et ceux qui ont une famille qui les aident. Il faut faire en sorte que cette inégalité à l'intérieur de Parcoursup ne soit pas trop grande. Et enfin, il y a un véritable danger pour la jeunesse que l'on peut mesurer. 3 000 enfants qui dorment dans la rue, c'est aussi considérable. 160 000 enfants chaque année qui sont victimes de violences sexuelles. Je crois qu'il y a, à travers la commission sur l'inceste, des témoignages extrêmement forts.
J'écoutais Muriel Salmona jeudi dire à quel point trop souvent les victimes sont incomprises et méprisées. Il faut que cela change. Je recevais il y a quelques jours le président de l'association Les Papillons. Papillons, ce sont des boîtes aux lettres dans les écoles qui l'acceptent et malheureusement il y a trop de réticences du côté de l'éducation nationale mettre une boîte aux lettres et recueillir la parole des enfants qui permet de mesurer le risque qu'il y a en matière de harcèlement voire de violences sexuelles. Rien que ça, ça permet de détecter à la source ces violences. Des questions très difficiles. Les retraités ont été extrêmement choyés sous ces deux quinquennats.
Est-ce que vous pensez que pour donner davantage à la jeunesse il faut accepter qu'au fond on désindexe les pensions de retraités sur l'inflation et qu'on donne beaucoup plus d'argent aux jeunes pour vraiment... Alors la jeunesse dans notre pays elle part avec un fardeau considérable sur les épaules. La dette financière, la dette écologique, la dette d'un monde en guerre ce qui n'était pas le cas de ma génération quand nous sommes arrivés et vous avez raison d'une dette générationnelle et il y a aujourd'hui un fossé qui se crée encore plus entre ces générations. Donc on taxe plus les retraités ou pas ? Ou pas taxés mais peut-être l'héritage ?
Mais il faut rééquilibrer la relation entre ces générations. Nous savons que beaucoup de retraités aident leurs petits-enfants. Il faut prendre en compte cette situation. Nous allons avoir aussi la plus grande transmission jamais connue dans notre pays. 9 000 milliards qui vont changer de main et qui vont être soumises à l'impôt sur les successions. Il faut donc un grand plan sur les successions. Augmenter la taxation des successions. Personnellement, oui, mais pas à la hache si je puis dire.
Je pense qu'il va falloir augmenter la possibilité de transmettre 500 000, 1 million d'euros et qu'il faudra augmenter pour les plus grandes fortunes au-delà de 5 millions, sans doute passer à un barème non pas de 45%, mais de 50% et au-delà passer à 60%. C'est dire que nous aurons la possibilité avec des marges de manœuvre assez solides, par exemple, de financer des bourses pour ceux qui sont parmi les jeunes les plus défavorisés et qui ne bénéficient pas d'un patrimoine de départ. Donc, cette exigence de justice, elle est essentielle. On n'est pas assez attentif à toute la souffrance qui existe dans notre pays.
J'étais près de Rennes il y a quelques jours avec un agriculteur absolument formidable dans une ferme bio et il accueillait deux jeunes. L'un qui était de Sciences Po et l'autre une jeune ingénieure qui expliquait comment il se reconstruisait, comment il se construisait une vie dans un milieu qui n'était pas du tout le milieu d'origine qui était le sien. Trois questions de vrai ou faux. Nous avons besoin de ces solidarités.
Allez, le vrai ou faux, vous savez comment ça marche ? Je fais des affirmations et alors vous répondez vrai ou faux.
Et je déteste les quiz.
Question habituelle de politique fiction 2027, deuxième tour. Mélenchon Bardella, vous votez Mélenchon, vrai ou faux ? Non,
pas de politique fiction.
Le front républicain face au RN, ça ne sert plus à rien. Vrai ou faux ? Faux. Vous pensez qu'entre les deux extrêmes, vous pouvez être ce candidat d'un grand centre qui rassurerait les Français à la présidentielle de 2027. Vrai ou faux ?
Je veux être l'homme du rassemblement et du rassemblement le plus large possible dans le respect des idéaux politiques de chacun.
Les Français devant le camp.
Donc vous voyez, quel réalisme.
Allez, Dominique de Villepin, merci d'avoir accepté d'être l'invité de Questions politiques. C'est moi qui vous remercie. Merci.