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interviewC dans l'air· 2 décembre 2021 64 min

Clash, clip : où va Zemmour ? #cdanslair 01.12.2021

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:08
Présentateur

Merci à toutes et à tous. Premier pas de campagne difficile pour Éric Zemmour qui est ressorti fort mécontent hier de son interview au 20h de TF1, accusant le présentateur de s'être comporté en procureur et de ne pas lui avoir posé des questions sur son programme. L'AMU d'Éric Zemmour de polémiste à candidat à l'élection présidentielle serait-elle finalement plus compliquée que prévue ? Même si Éric Zemmour continue de susciter de l'intérêt, plus de 7 millions de Français hier ont suivi son interview sur TF1 en tant que candidat et son clip de campagne a été vu par plus de 2 millions de personnes et il a provoqué lui aussi de nombreuses polémiques.

Alors question, que penser de cette entrée en campagne ? Comment est apparu Éric Zemmour ? Quels sont ses soutiens ? Quel est son programme ? C'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air, intitulé ce soir Clash Clip où va Zemmour ? Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Nathalie Saint-Cricq, vous êtes éditorialiste politique à France Télévisions. Je rappelle votre livre, c'est Georges Clémenceau, « Je vous aiderai à vivre, vous m'aiderez à mourir », c'est aux éditions de l'Observatoire. Vincent Martigny, vous êtes professeur en sciences politiques à l'université de Nice et à l'école Polytechnique.

Vous êtes par ailleurs chercheur au Cevipof et membre du comité de rédaction du journal Le 1. Etienne Girard, rédacteur en chef au service Société de l'Express. Et vous venez de publier « Le radicalisé », une enquête sur Zemmour, c'est aux éditions du Seuil. Enfin, Ivan Trippenbach, journaliste politique au Monde où vous suivez l'extrême droite. Je cite votre dernier article. « Entre Éric Zemmour et une partie de l'élite économique et intellectuelle, une étrange bienveillance. » Merci à tous les quatre de participer à cette émission en direct. Etienne Girard, on commence peut-être avec cette interview hier soir sur TF1, dont on a beaucoup parlé aujourd'hui.

Plus de 7 millions de téléspectateurs l'ont suivi. C'est un excellent chiffre d'audience pour TF1. Carton d'audience et à mettre en regard aux chiffres beaucoup plus modestes du dernier débat des Républicains la même soirée. Éric Zemmour suscite la curiosité. Les journalistes le savent puisque chaque article sur Éric Zemmour suscite beaucoup d'audience, d'intérêts, voire d'abonnements. Éric Zemmour n'est pas quelqu'un dont les Français se sont lassés, désintéressés. Au contraire, il y a de ce point de vue-là, sur les faits chiffrés bruts, quand même une forme de phénomène Zemmour.

Même si les sondages baissent un petit peu, il y a toujours un intérêt, même s'il est moins populaire dans l'opinion. Oui, tout à fait. Et en comparaison, je me faisais la réflexion ce matin. Par exemple, les articles sur Marine Le Pen, beaucoup moins lus, beaucoup moins regardés. D'ailleurs, Marine Le Pen fait des scores d'audience quand elle passe à la télévision moins importants. D'ailleurs, ça amène aussi à relativiser. C'est-à-dire que l'importance du score d'audience ne suscite pas immédiatement une percée dans les sondages. Mais ça montre qu'en tout cas, il y a un intérêt des Français. Intérêt, vous avez vu, qui est confirmé. Alors voilà, c'est ce que j'allais dire.

On vient de l'apprendre à l'instant. C'est un peu le scoop de la soirée. C'est que le grand meeting qui devait avoir lieu au Zénith va finalement changer d'endroit. Dites-nous en plus, Étienne Girard. J'ai appris ça ce midi. Effectivement, l'entourage d'Éric Zemmour explique que c'est pour une question de place, qu'en quelque sorte, Éric Zemmour est victime de son succès. Le Zénith peut accueillir 6 000 personnes. Ils auraient, ils le revendiquent, 17 000 inscrits. Et donc, ils changent de lieu.

Au dernier moment, ça aura lieu, a priori, c'est ce qui est annoncé, plutôt au parc des expositions de Villepinte, où eu lieu, certains s'en rappellent, un meeting très important de Nicolas Sarkozy quand il s'est présenté à l'élection présidentielle de 2007. Donc le meeting de dimanche aura lieu dans une salle plus grande ? Oui, avec l'idée de faire une démonstration de force militante, de montrer qu'Éric Zemmour, loin d'être seul, est soutenu par un nombre très important de Français. Donc tout ce qui sera imagerie, événementielle, le fait qu'on puisse retenir de l'événement des images fortes, où on aura l'impression d'une vague comme ça, militante, qui prête à submerger la France.

Ce sera très important pour Éric Zemmour. Il met beaucoup d'espoir dans ce meeting de dimanche. Alors, Nathalie Saint-Cricq, une interview très suivie hier, mais dont Éric Zemmour est ressorti très mécontent. Je le cite, c'était une interview de procureurs. Il dit qu'il n'a pas pu dérouler son programme. Alors vous, en tant que spécialiste, intervieweuse politique, en général, les hommes politiques, ils sortent mécontents ou ils arrivent à dérouler leur programme ? Ils peuvent sortir souvent mécontents. Alors évidemment, il n'y a pas de deal, contrairement à ce qui a été raconté quand Éric Zemmour dit qu'on s'était mis d'accord sur un certain nombre de choses.

Ce qu'on dit au maximum aux candidats ou aux politiques qui viennent, c'est dire en gros, on va parler d'immigration, on va parler de pouvoir d'achat, puis le reste, on verra. On ne leur pose pas les questions, on n'est plus sous un imperfite. On ne leur donne pas les questions à l'avance ? Évidemment que non. Deuxièmement, il n'a pas pris le pouvoir hier soir non plus. Il y a un certain nombre d'hommes politiques qui savent où ils veulent aller, notamment ceux qui sont candidats à la présidentielle, et qui disent, écoutez, d'accord, vous ne m'avez pas posé cette question, je vous y réponds, mais moi, ce que je voudrais vous dire, c'est que le pouvoir d'achat, j'ai décidé ça.

Sur les impôts, ça me semble.

Et là, il était en retrait, et je pense qu'il est un petit peu entre deux os, c'est-à-dire une volonté de ne pas apparaître antipathique ou désagréable, ou coupant, ou désagréable, c'est-à-dire en souriant, et donc que ça l'a freiné dans sa possibilité de prendre le pouvoir, entre guillemets, et il s'est retrouvé finalement comme un journaliste face à un journaliste, et il a donc la fameuse mue, c'est bien de dire je fais ma mue, c'est encore mieux de le montrer, et effectivement, je l'ai trouvé un peu en deçà d'une stature d'homme politique, qui aurait pu dire écoutez, je vous réponds, mais voilà ce que je voulais vous dire, comme ça, et il l'a fait de façon un peu maladroite, et si par hasard, il a traité effectivement Gilles Boulot de Connard dans les couloirs, comme ça a été raconté, je pense que ça n'est pas exactement à la hauteur de la mue qu'il a lui-même explicité.

Mais ce que vous dites, c'est qu'il y a des techniques pour dérouler son programme, et que c'est le B.A.B. d'un homme politique que de dire, écoutez, je suis venu là, ce que je veux dire, c'est ça.

La génération qui maîtrise la télé, c'est-à-dire pas ceux qui ont aujourd'hui 70, 80 ans, ou qui ont été balbutiés au début de la télé, comme on a pu connaître un François Mitterrand, ou des gens, pour une raison de génération, ceux qui maîtrisent la télé, et Dieu sait si normalement Éric Zemmour la maîtrise, ou alors nos contemporains, ce sont des gens qui savent où y vont, Sarkozy sait parfaitement le faire, François Hollande a su le faire également, c'est une méthode, et Emmanuel Macron presque encore plus, c'est une façon, non pas d'imposer ses thèmes, mais d'instaurer un rapport de force. Ça marche ou ça ne marche pas avec le journaliste, mais au moins, on peut essayer de le faire.

Vincent Martini, il y a même eu un malaise hier à la fin de l'interview, parce qu'Éric Zemmour a fait part de son mécontentement, il a dit qu'il avait été très déçu, etc., il le dit à la fin de l'interview. Est-ce qu'on ne peut pas imaginer même qu'il y ait une volonté d'aller au clash, d'aller, on est sur le média dominant, de dire « ça ne va pas ».

7:15
Invité

Alors, moi je dirais, pour faire suite à ce que disait Nathalie Saint-Cric,

7:18
Présentateur

que je crois qu'il ne s'est pas totalement installé dans l'entretien, justement il a l'habitude d'être aussi interviewé par des gens qui partagent souvent ses opinions, en tout cas qui le laissent dérouler longuement, ses idées. Et dans ce cas-là, il ne s'exprime pas auprès du même public, il est face au grand public, un public aussi où on retrouve un certain nombre d'électeurs de droite qu'il envisage de capter, donc il souhaite apparaître de manière un peu différente que ce qu'il avait fait jusqu'à présent. Donc on voit qu'il est un peu dedans. Il était sur la défensive hier. Moi je me faisais penser à Nicolas Sarkozy dans le débat de l'entre-deux-tours en 2007.

Vous voyez, il essaie de se contrôler pour ne pas sortir les griffes et en fait, il a besoin d'adversaires, Zemmour, c'est comme ça qu'il fonctionne.

7:56
Invité

Et donc tout d'un coup, me semble-t-il, lorsqu'il se rend compte que l'entretien ne se passe pas comme il veut, il commence à réagir, déjà pendant l'entretien, pour dire qu'il n'est pas d'accord. Et ensuite, tout ce qui se passe après, moi je l'ai vu comme une mise en scène. Très Trumpienne d'ailleurs, c'est-à-dire, puisqu'on n'a pas ce qu'on veut, on attaque. Et tout de suite, on fait savoir qu'on a traité le présentateur d'une insulte que vous venez de répéter.

8:16
Présentateur

Ensuite, on va sur BFM TV pour expliquer que c'est une interview de procureur, que c'est une interview de nul, Boulot n'a pas fait son boulot, où il connaît, où il est beaucoup plus à l'aise. Et d'ailleurs, ce n'est pas un hasard, il va sur BFM, c'est-à-dire des chaînes d'information au continu, qui sont exactement son public, sa façon de fonctionner, qu'il connaît par cœur. Donc à mon avis, je pense que c'est un mélange des circonstances et de stratégies, c'est-à-dire les circonstances, il n'arrive pas à être ce qu'il veut, peut-être qu'il n'obtient pas, comme vous le disiez, ce qu'il avait espéré dans un entretien

8:45
Invité

où il espérait se présidentialiser. Et il fait contre mauvaise fortune, je ne dirais pas bon cœur, mais en tout cas, il contre-attaque, en mettant en scène cette petite séquence

8:53
Présentateur

qui permet de montrer comment il clashe le système, ce qu'il sait faire très bien d'ailleurs. Voilà, Ivan Trippenbach, ça reste une personnalité qui aime cliver plutôt que rassembler.

9:03
Éric Zemmour

Oui, il aime cliver, sauf que cette fois-ci, ce n'était pas l'objectif. En fait, il suffit d'écouter ce que disait son entourage lundi soir après la fameuse réunion au QG autour d'Éric Zemmour. Son proche cercle disait, voilà, on a trois objectifs avec l'interview à TF1. Un, qu'il se montre enfin rassembleur pour faire oublier les polémiques des jours passés. Deux, qu'il parle au français, puisque la vidéo, on en parlera peut-être tout à l'heure, mais il ne s'adresse pas directement aux français en les regardant dans les yeux. Là, l'interview à TF1 a été l'occasion de parler un petit peu plus du quotidien ou des préoccupations des français à ses yeux.

Et puis trois, le montrer comme il est en privé, semble-t-il, c'est-à-dire un homme sympathique, humble, je cite l'entourage, et humain. Aucun de ces trois objectifs n'ont été respectés, n'ont été atteints. Et donc, c'est forcément un échec du point de vue de son équipe de campagne désormais. Le problème, enfin, il y a deux problèmes avec cette interview. C'est que le premier, c'est une contradiction qui existe dans la stratégie électorale maintenant d'Éric Zemmour.

C'est la contradiction entre la stratégie trumpienne, vous l'enseignez à l'instant, et la recherche de présidentialisation vers un statut de chef, de roi républicain, comme il le dit, qui parle davantage à une droite plus classique. Donc ça, il est constamment en train de jongler entre les deux. On le voit très bien entre la vidéo très présidentielle, en tout cas recherchée comme telle, et cet entretien au 20h. Et puis le deuxième problème, c'est qu'Éric Zemmour, lorsqu'il est confronté au réel, souvent, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas ou mal. Par exemple, la vidéo de candidature était très contrôlée, préenregistrée, avec un texte écrit à l'avance.

Et là, l'interview était face à un intervieweur en direct. Et ça ne se passe pas très bien. Et pour Marseille, par exemple, c'était exactement la même chose. Le premier déplacement de terrain avec des vrais gens, des habitants, certes aussi des manifestants, donc les imprévus inhérents aux déplacements de campagne, qu'il faut aussi retourner en sa faveur, essayer de reprendre le pouvoir justement sur la situation pour exposer une vision, une idée, ou même une punchline politique de campagne. Il n'a rien fait de tout ça.

Et quand il est confronté au réel, on se rend compte, en tant que journaliste qui suivons sa pré-campagne, puis maintenant sa campagne, il a beaucoup de difficultés à retourner la situation.

11:23
Présentateur

Il est meilleur dans le lyrisme de la France éternelle que dans l'improvisation qu'impose le réel. Alors hier soir, Éric Zemmour a vivement critiqué l'interview menée par Gilles Boulot sur TF1. On l'a dit, une escroquerie intellectuelle, une interview de procureur, réponse de TF1. Le journaliste à la liberté de ses questions, l'invité de ses réponses. Voyez ce sujet de Barbara Steck et Christophe Roquet.

11:46
Invité

Une candidature, deux polémiques et un succès d'audience. Voilà en résumé la première journée du candidat Zemmour.

11:57
Présentateur

Hier soir, il était l'invité du JT de TF1. Une interview importante font premiers 20 heures, mais en plateau, Éric Zemmour s'agace. Et ce temps après une question faisant référence aux femmes dans ses livres. Vous savez, vous n'allez pas comme ça ressortir mes phrases de mon livre. Je ne suis plus le journaliste, l'écrivain.

12:15
Invité

Je suis candidat à l'élection présidentielle. Donc ce que j'aimerais, c'est que vous m'interrogez sur mon projet et mon statut. Pas sur ce que j'ai écrit.

12:22
Présentateur

On ne va pas refaire la dizaine d'émissions que j'ai déjà faites depuis deux mois.

12:26
Éric Zemmour

Pendant une dizaine de minutes, Éric Zemmour est interrogé sur ses précédentes condamnations, sur le choix d'un futur Premier ministre,

12:34
Présentateur

ou encore sur sa quête des 500 parrainages, condition sine qua non à toute candidature. Pour conclure toujours à l'antenne, il ne cache pas sa déception. Je trouve simplement qu'il n'y a pas eu de questions sur mon projet politique et je le regrette. Je vous réinviterai bien volontiers. Non, mais c'était le moment où jamais. Je vous réinviterai bien volontiers. Une partie de ce que nous avons dit avait trait à votre programme. Non, pas vraiment. Il me semble que si, il me semble que non. Un échange tendu, vu par plus de 7,3 millions de téléspectateurs. L'ancien journaliste vedette de CNews offre à TF1 une belle performance et un buzz.

13:15
Invité

En quittant le plateau du JT, alors qu'il regagnait sa loge,

13:18
Présentateur

des témoins ont même entendu le tout nouveau candidat lâcher un connard sonore.

13:23
Invité

De retour dans son QG de la capitale, Éric Zemmour ne décolère pas

13:27
Présentateur

et s'emporte devant les caméras contre Gilles Boulot. Avec moi, il s'est révélé là un procureur pugnace de mauvaise foi, me sortant des phrases de mon livre hors de leur contexte. Enfin bref, je n'étais pas venu défendre mon livre. Il y a eu mal donne. Il y a eu même esproquerie intellectuelle.

13:51
Invité

Et M. Boulot n'a pas fait son travail. M. Boulot a voulu faire le malin devant ses confrères.

13:55
Présentateur

Interrogé TF1 soutient son présentateur. Le journaliste a la liberté de ses questions, l'invité de ses réponses. Gilles Boulot a mené cette interview sans complaisance ni animosité, comme avec chacun de ses invités. Robert Ménard, réputé pourtant proche d'Éric Zemmour, s'étonne de la réaction de celui qui connaît si bien les plateaux de télévision.

14:20
Invité

Le rôle des journalistes, et j'en suis victime souvent, c'est de vous bousculer. C'est très désagréable, mais c'est comme ça, venant de lui, qu'il ne se gêne pas pour bousculer les autres. Non, là, je trouve qu'il se trompe de cible. Journée décidément compliquée hier. Éric Zemmour et ses équipes vont devoir faire face à de nombreuses plaintes pour avoir utilisé des images sans autorisation comme celles de l'émission quotidien dans le clip de lancement de campagne.

14:46
Présentateur

Notre service des images a estimé le vol à près de 100 000 euros d'archives, sans compter les téléfilm, les reportages ou encore les drones, qui, on pense, n'ont pas été filmés par les équipes de Zemmour. 100 000 euros, c'est s'ils avaient demandé les droits, car maintenant, il va falloir rajouter les procès.

15:02
Éric Zemmour

Gaumont se réserve le droit d'engager des poursuites. Le Huffington Post a signé Éric Zemmour tout comme le musicien Woodkid. Sa musique ayant été utilisée dans un clip de Génération Zemmour,

15:13
Invité

des actions en justice loin d'inquiéter l'intéressé. Les querelles de juristes doivent s'intéresser aux juristes. Moi, je ne m'occupe pas de cela.

15:23
Éric Zemmour

En baisse dans les sondages, chahuté à Marseille, où il a perdu ses nerfs, Éric Zemmour est en perte de vitesse, l'Institut Harris Interactive le crédit de 13%, loin derrière Marine Le Pen, à 19%.

15:35
Présentateur

Alors, question téléspectateur de Michel dans les Yvelines, Nathalie Saint-Cricq. Quand Éric Zemmour donnera-t-il ses solutions au problème qu'il a énoncé ? Parce que c'est vrai qu'hier, la vidéo, le clip d'Éric Zemmour, pour reprendre l'expression de Marine Le Pen, était passéiste et crépusculaire. Crépusculaire. Il y a une très bonne expression d'une de nos consœurs, Géraldine Wosner, qui disait « c'est pour se présenter comme le dernier candidat avant l'apocalypse ». Alors, on avait un peu cette impression-là. Manifestement, on nous annonce le programme un peu détaillé en janvier. Il va y avoir d'abord une première étape.

Je ne fais pas du tout de la publicité pour France 2, mais quand même, quand il débattra avec Bruno Le Maire, on peut imaginer que ça tournera pas mal autour de l'économie, de savoir exactement en matière de fiscalité, est-ce qu'il a un programme très libéral, comme était celui de Jean-Marie Le Pen, et comment est-ce qu'il essaie de rattraper les classes populaires qui lui font quand même défaut par rapport à Marine Le Pen, donc on aura une première idée, on nous annonce ça pour janvier, avec un détail assez précis, parce que quand on a assisté au débat avec Jean-Luc Mélenchon, aussi bien sur l'écologie, on ne voyait pas très bien.

Quand il a été interviewé sur France Info, on n'a pas très bien compris ce qu'il voulait faire sur les femmes riches ou pas riches, c'est-à-dire quelle était sa vision de la société. Alors, on a vu sur l'immigration, mais encore, personne ne lui a encore posé la question de la possibilité juridique de faire ce qu'il veut faire et de la matérialité, c'est-à-dire qu'est-ce qu'il veut faire, est-ce que les migrants, il met tout le monde dehors, comment il le fait, les laisser passer les consulaires ? Bon, donc il y a quand même beaucoup de questions et aucune réponse.

Et de fait, hier, c'était une espèce de mi-crépuscule, mi-nostalgie, mais dans laquelle on n'a pas trouvé énormément de cap et de vision, c'est-à-dire qu'enfin la vision, on la voit, tout est fini, les propositions, on les voit moins. Et pourtant, Vincent Martini, vu plus de 2 millions de fois, est-ce qu'il a fait mouche ? Elle a fait parler au moins, cette vidéo. Est-ce qu'elle a réussi son objectif ? Elle a fait parler d'abord parce qu'elle nous fait parler et qu'Éric Zemmour fait parler. Les commentateurs, les médias intéressent les gens, on l'a dit tout à l'heure, quand on a parlé des 7 millions de personnes qui ont regardé son interview.

Donc c'est le but de ce genre de, à mon avis, de déclaration. Ce que je trouve intéressant, c'est que c'est la première fois qu'un candidat, à ma connaissance, qui a, on va dire, un taux de vote putatif assez important, qui se déclare sur les réseaux sociaux. À ma connaissance, ça n'était jamais arrivé. Mais d'habitude, on va au JTTF, justement, où on va au JTTF. Alors quel est l'intérêt de se déclarer sur les réseaux sociaux ? C'est ce qui avait fait Donald Trump utiliser beaucoup les réseaux sociaux.

17:55
Invité

Oui, ça donne la dimension contemporaine du phénomène Zemmour.

17:58
Présentateur

C'est-à-dire que Zemmour, c'est une créature des réseaux sociaux et des médias, là où il a énormément de soutien. Je parle des réseaux sociaux. On sait que dans ce qu'on appelle la fachosphère, il y a énormément de soutien. La fanbase, ce qu'on appelle en sciences politiques, la communauté charismatique, des gens qui sont vraiment autour d'Éric Zemmour, ce sont des gens, pour l'instant, et je parle vraiment des gens qui font sa campagne. Les monarchistes, les néo-nazis, les identitaires, ce sont des gens qui sont très, très présents sur Internet et qui font des armées de ce qu'on appelle des trolls.

18:27
Invité

Ces gens-là, ils sont très forts. Donc c'est pour eux aussi qu'ils font ce genre de choses sur Internet, là où Ivan le rappelait tout à l'heure. On peut contrôler son image,

18:34
Présentateur

on peut faire un certain nombre de choses qu'on ne peut pas faire face à une interview dans la réalité. Et puis ce que j'ai trouvé intéressant en cette vidéo, c'est que là, on est dans la confusion maximum entre le réel et la fiction. Regardez l'image, regardez le grain de l'image. C'est un grain de cinéma. C'est une imitation, évidemment, une mise en scène forcée du général de Gaulle. La scénographie de l'appel du 18 juin, oui. La scénographie.

18:55
Invité

Et en même temps, on a beaucoup critiqué le fait qu'il lisait un texte comme si c'était une erreur. Moi, je pense que c'est totalement fait exprès. En fait, il veut montrer le côté artisanal.

19:02
Présentateur

Moi, il me rappelle, vous savez, la dernière saison de Baron Noir, Christophe Mercier, le blogueur, qui se présente, justement avec un côté fait à la maison, un côté un peu je vous montre les coulisses. Moi, je suis quelqu'un qui ne triche pas, je suis authentique. Et ça, c'est vraiment une dimension, paraît-il, qui est faite exprès. Et la confusion réelle-fiction, elle va jusqu'à son terme lorsqu'il met sur un même pied d'égalité De Gaulle-Bonaparte, avec Belmondo, Bardot, etc., mélangeant des images de films, des images, d'ailleurs, ça lui a posé des problèmes, on l'a dit à l'instant, des images historiques. En fait, tout ça est une même réalité. Ce qu'il dit, c'est qu'il dit finalement

19:34
Invité

ce que vous ressentez. La réalité, les histoires auxquelles on croit, tout ça est une longue histoire. Et cette histoire, moi, j'en raconte une. Le réel, on s'en fiche. Moi, si vous croyez à mon réel ou pas. Et si vous y croyez, soutenez-moi. C'est en ça qu'elle est intéressante, cette vidéo. Et à mon sens, extrêmement contemporaine.

19:48
Présentateur

Je ne crois pas, vous pourrez peut-être dire le contraire, que dans le passé, des candidats avaient usé de cette confusion dans une vidéo de candidature. Et Ivan Trippenbach, il casse les codes avec cette annonce sur les réseaux sociaux. Il les casse d'ailleurs jusqu'à ne pas payer même les droits à l'image. Alors, c'est quoi ? Je ne suis pas un professionnel comme les autres. Moi, je ne suis pas un professionnel de la politique. C'est ça aussi le message qu'il peut vouloir faire passer ?

20:13
Éric Zemmour

Oui, bien sûr. Même si je ne suis pas certaine que cette erreur ait été anticipée par son équipe.

20:19
Présentateur

C'est plus de l'improvisation et de l'amateurisme.

20:21
Éric Zemmour

Oui, je pense qu'il y a eu un oubli et qu'ils se sont rendus compte de l'ampleur de l'erreur à postériorique qu'ils essayent de rattraper à ce moment-là. Sur les codes, effectivement, ça casse complètement les codes. Et c'est efficace. Alors, les avis sont très partagés sur cette vidéo. C'est intéressant d'ailleurs. Certains trouvent que c'est complètement grotesque. D'autres trouvent que ça ressemble au projet d'Éric Zemmour. Et effectivement, ça synthétise très bien à la fois sa personnalité et son imaginaire politique parce qu'on reconnaît très bien le rapport livresque à la politique dans cette vidéo.

On voit la solitude aussi de l'homme qui serait contre le système puisqu'en fait, il désigne un petit peu tout le monde dans son discours. Et puis, l'usage des réseaux sociaux, c'est intéressant parce que c'est une vidéo qu'on peut visionner et revisionner qui va se diffuser et qui se diffuse déjà. Et Éric Zemmour, toute son identité politique, il l'a construite là-dessus en disant la politique, la vraie, c'est le combat des idées, c'est le combat culturel et c'est quelque chose que j'inocule dans la population. Donc ça, on retrouve très bien le mécanisme d'Internet. Mais c'est aussi sa manière de voir la politique et de voir son rôle en politique.

Et en fait, effectivement, une déclaration de candidature d'un autre chef de l'État ou d'un autre candidat, on ne va pas la revoir, on ne va pas réécouter un discours lors d'un meeting ou d'une réunion publique alors que cette vidéo, on voit des extraits par moment et elle va se diffuser. C'est comme ça aussi qu'Éric Zemmour, je pense, a conçu cette déclaration.

21:48
Présentateur

Mais Étienne Girard, il dit d'ailleurs « Je mène ce combat parce qu'aucun politique ne le mène. » Et il y a presque une dimension messianique, il le dit. Il se montre presque en prophète dans cette vidéo. C'était une déclaration de candidature de prophète. D'ailleurs, il dit « J'ai été le cassandre de la France. » Il continue dans cette vidéo à être le cassandre de la France. Moi qui ai travaillé pendant longtemps sur Éric Zemmour, j'avais l'impression d'être dans sa chambre. C'était le panthéon zemmourien de toutes les références qu'il aime. Bonaparte, Claude Sautet, Louis XIV, les cathédrales. Voilà, un ensemble un peu disparate. En même temps qu'aiment les admirateurs d'Éric Zemmour.

Je pense qu'il est absolument ravi de cette déclaration. Ça m'a été confirmé d'ailleurs par certains de ses amis. Parce que c'est ce qu'il aime projeter de lui-même. Le fait de lire un texte, ce n'est pas seulement Saint-Gilles de Gaulle. C'est se mettre en scène comme un candidat, peut-être un président intellectuel. Donc il est capable d'écrire et ensuite de déclamer un texte qu'il a écrit lui-même à la main, à l'ancienne. Cette désuétude, elle est totalement assumée et affirmée par Éric Zemmour. Les solutions, effectivement, il n'y en a pas. Mais il y a un horizon. Il y a un narratif, puis il y a un horizon.

Alors on peut trouver ça crépusculaire, mais c'est le retour à la France d'antan, la France de l'ordre, des traditions des années 60. C'est très clair. Il joue sur cette nostalgie, sur cet amour romantique un peu d'une France d'antan avec une concurrence de deux types de références. Au fond, c'est moi, c'est ce que j'ai trouvé le plus passionnant dans cette vidéo. Il va y avoir une ambiguïté pendant toute sa campagne, a priori, sur ces deux types de références. C'était aussi le cas sur TF1 le soir. D'un côté, évidemment, une filiation tentée avec De Gaulle. Bon, ce n'était pas très subtil. On l'a tous repéré.

Qui se poursuit le soir quand il explique que Josephine Baker, au JT de TF1, représente absolument la France parce qu'elle est une figure d'assimilation. Donc il défend une conception politique de la nation, la conception gaullienne. La nation, c'est ce que nous avons choisi tous ensemble de faire de ce pays. Sa conception de 1789. Et puis, de façon concurrente, il y a aussi cette défense d'une France éternelle, millénaire, catholique. Certains l'ont remarqué à un moment de la vidéo. La caméra va un peu plus loin. Et on peut apercevoir, au fond, une icône chrétienne derrière Éric Zemmour.

Donc c'est De Gaulle et puis c'est aussi quelque part entre Pétain, Maurras, des contre-révolutionnaires. Et le parachèvement de cela, c'est sa dernière phrase. Vive la République, mais surtout, et le mot important est surtout, vive la France. Avez-vous vu une critique en creux de la République et de la valeur suprême étant la France ? C'est l'idée, oui, que la France ne se réduit pas à la République. Mais ça, il le soutient en privé depuis assez longtemps. Et ça a une conséquence précise. C'est que l'État de droit tel que nous l'avons construit depuis 40 ans et qui correspond aujourd'hui au cadre qu'on nomme républicain, pour lui, ça ne suffit pas.

Et donc, il est possible d'affaiblir le rôle des contre-pouvoirs que sont les minorités, les médias. Au nom de la France. Exactement. Nathalie Saint-Cricq. Je rajouterais que, par rapport aux références intellectuelles, ils travaillent à l'émotion et à l'affect. Avec Beethoven en septième. Avec Beethoven, qui est pour certains magnifique, pour d'autres absolument anxiogène. Et puis, avec des images, il se fait un clip. Ce n'est pas une annonce de candidature, c'est un clip. C'est-à-dire avec un certain nombre de scènes qui parlent, non pas à l'intellect, en se disant, mais est-ce qu'il est morassien ? Est-ce que le maréchal péterait, est-ce que je ne sais pas quoi, il est centralisateur ?

Non. C'est qu'on montre des agressions à l'école, dans le métro, partout. On a l'impression que si on est dans Orange Mécanique, on parle au trip. Et quand vous dites, est-ce qu'on dit que c'est le premier ? Je me souviens, en 88, de la campagne de Mitterrand, qui était le premier sous les conseils de Séguéla, à avoir fait un clip qu'il présentait dans tous ses meetings, où vous aviez une image de la Révolution française, une image de Clémenceau, une image d'un travailleur, et vous aviez, avec de la musique qui hurlait, et vous aviez cette façon d'être emporté. Aspiré, oui. Donc, je pense que... La France Unie. Après, ça marchera, ça ne marchera pas.

Et pour dire ce que disaient mes deux confrères, Vincent et Ivan, c'est effectivement la tentation d'avoir sa propre chaîne YouTube, c'est-à-dire de communiquer directement aux gens, et puis de ne pas s'enquiquiner avec une médiation et un establishment que, par ailleurs, on dénonce, à savoir les journalistes qui montrent aussi, ou les politiques qui ne sont pas de bonnes personnes. Donc, c'est le peuple et moi, et je vous parle au cœur et un petit peu à l'intelligence. Alors, Ivan Trippenbach, on en revient à ce que vous disiez tout à l'heure. Le réel, et maintenant, que faire ? Parce que ce clip, quoi qu'on en pense, il montre un homme seul.

Et hier soir, quand Gilles Boulot lui dit « Mais qui vous prendriez comme Premier ministre ? » On sent que ça l'embête. Donc, c'est ce Zemmour qui aime le lyrisme de l'histoire de France, mais qui a du mal à se cogner au réel, à tel point qu'il n'a même pas pensé à la logistique, et il montre, lui, l'image d'un homme seul.

27:02
Éric Zemmour

– Oui, mais pour lui, l'intendance suivra, et l'élection présidentielle est une rencontre entre un homme et le peuple. On le disait, donc, il pense que si l'élection se fait ou si la dynamique est là, les soutiens viendront. C'est ce qu'il a dit aux journalistes à Marseille. Il y a aussi autre chose, c'est qu'en réalité, il est très peu entouré. Son entourage est vraiment très restreint. Et les soutiens politiques qui sont habitués à la chose politique et qui l'entouraient à partir du mois de mars, se sont progressivement désistés ou alors ont pris leur distance par prudence parce qu'il a multiplié les erreurs.

En fait, dans cette pré-campagne de trois mois, avec Éric Zemmour, on a décelé, disons, deux difficultés auxquelles il se confronte. D'une part, l'entourage, je disais, qui est peu expérimenté, assez jeune, et ça a posé des problèmes dans, par exemple, les discussions sur les parrainages, dans les contacts pour…

27:53
Présentateur

– Puisqu'il est loin d'avoir les 500 signatures.

27:54
Éric Zemmour

– Il est très loin d'avoir les 500 signatures. Il y a même eu quelques désistements. Enfin, ça a l'air très compliqué de ce côté-là. Et puis, de l'autre côté, le caractère un peu impulsif de ce candidat, qui est parfois imprévisible. Donc, deux exemples, par exemple, sur l'entourage et la faiblesse d'anticipation, on peut mentionner le Bataclan, on en a beaucoup parlé, qui…

28:14
Présentateur

– Oui, il a accusé François Hollande d'avoir fait entrer les migrants qui auraient été à l'origine du massacre du Bataclan.

28:20
Éric Zemmour

– Sur les lieux du drame, qui n'étaient pas anticipés comme un scandale par son équipe. Et sa conseillère, Sarah Knafo, disait, il est très difficile à l'avance de savoir ce qui fera scandale. Donc, ça prouve bien qu'il n'y a pas ce sens politique qu'on trouve chez d'autres équipes de candidats. Et puis, autre exemple, sur l'impulsivité d'Éric Zemmour, par exemple, le doigt d'honneur…

28:41
Présentateur

– Le déplacement à Marseille.

28:42
Éric Zemmour

– Le déplacement à Marseille, qui justifie encore, lors de son entretien au 20h, par son exaspération qui était réel. C'est vrai que ce déplacement était très difficile pour tout le monde. Mais voilà, ce sont deux difficultés qui demeurent encore aujourd'hui, alors qu'il est dans le costume, en théorie, de candidat.

28:57
Présentateur

– Vincent Martini, s'il est sorti… La vidéo avait été tournée il y a deux semaines. S'il a décidé hier de la diffuser, c'est aussi pour dissiper toute idée qu'il abandonnerait suite aux mauvais sondages. On va voir la courbe des sondages. Il est maintenant 4-5 points derrière Marine Le Pen. Comme si la bulle Zemmour… Comme s'il s'était agi d'une bulle Zemmour. – C'est une question de dynamique de campagne. On le sait, quand on analyse les campagnes présidentielles, surtout, elles font l'objet de dynamique. Donc, il a fait une très bonne début de pré-campagne.

Et puis, tout d'un coup, à force de ne rien annoncer de nouveau, à force de faire des erreurs, on multiplie les erreurs parce qu'on ne fait pas oublier ces erreurs par des éléments nouveaux. Et donc, cette annonce de candidature qui, je crois, a été prévue ce week-end pour faire directement concurrence au Congrès des Républicains, eh bien, elle a été anticipée de quelques jours, justement, pour éviter de donner ce sentiment qu'on agitait ses bras un peu dans le vide parce qu'on n'avait rien à annoncer. Parce que à ce stade-là…

D'ailleurs, c'est un peu normal, je crois que la question de Gilles Boulot était là un peu difficile pour Zemmour parce que demander à un candidat le soir de sa candidature qui sera son Premier ministre… Bon, il a eu beau jeu, Éric Zemmour, de répondre que demander à Emmanuel Macron cette question en novembre d'il y a 5 ans aurait été aussi totalement absurde puisque, en réalité, les dynamiques de campagne, ça, il le sait en tant que journaliste politique, Éric Zemmour, elles font que les choses se reconfigurent, surtout de la part d'un candidat qui prétend contribuer

30:22
Invité

à la dynamitation de la droite et de l'extrême droite. On le comprend bien. Et c'est pour ça aussi que, si on revient sur la question de la vidéo de tout à l'heure, il faut bien comprendre que je crois que cette vidéo, elle ne s'adresse pas

30:31
Présentateur

à des gens, j'allais dire, comme nous. Elle ne s'adresse même pas vraiment aux commentateurs. Elle s'adresse à un public qui n'a pas exactement les mêmes codes qui sont les codes du système politique traditionnel, c'est-à-dire qu'est-ce qu'on fait habituellement, quels sont les codes même visuels, qu'est-ce qui nous intéresse. Elle s'intéresse à un public complètement différent. C'est pour ça que c'est difficile pour nous aussi de dire est-ce que ça marche, est-ce que ça ne marche pas parce que les commentateurs qui sont habitués, journalistes politiques et autres, qui sont habitués à lire, en fait, les élections

30:57
Invité

les unes après les autres, ça ne ressemble pas du tout à ce qu'on connaît. Mais précisément, il me semble que c'est ce dont Éric Zemmour essaie de faire une force et qui s'appuie sur, dans le fond, trois grandes thématiques qui sont celles des populistes, c'est-à-dire le rejet de l'establishment, trahison des élites, le nationalisme intégral et la pulsion autoritaire. C'est-à-dire, en gros, je suis un chef très dur, etc. Ça, c'est un fond qu'on connaît, qui sont celui de tous les candidats d'extrême droite populiste en Europe,

31:26
Présentateur

mais avec une forme totalement nouvelle qu'il emprunte, je le disais tout à l'heure, évidemment à Donald Trump, et qui est le produit d'une contemporainité. – Mais d'un mot, Nathalie Saint-Cricq, il y avait urgence quand même à relancer, pas sa campagne, puisqu'il n'était pas candidat, mais à se relancer à un moment où il baissait dans les sondages et où on voyait certains de ses soutiens l'abandonner. – C'est-à-dire que, un, tout le monde était en train de se mettre en place. Il ne restait plus que le candidat LR, on aura le premier tour demain soir, on aura le nom du candidat samedi.

Donc en gros, il fallait quand même s'y mettre, on ne pouvait pas être le seul, d'autant plus que c'était un tel secret de polichinelle que franchement, attendre tous les deux jours en se demandant quand il allait se déclarer, ça devenait assez ridicule. Deuxièmement, qu'il ait eu l'idée de parasiter un petit peu le débat des LR le soir, de faire plus tôt l'actualité qu'eux, et de, c'est assez évident, parce qu'on était, on ne savait pas si c'était lundi, mardi, mercredi, bref, ça ne change pas grand-chose. Et puis il y avait la volonté, effectivement, puisqu'on s'est tous roués un peu sur le cas Zemmour et sur Zemmour, en annonçant la fin de Marine Le Pen.

Et puis que là, manifestement, il y a un certain nombre de sondages d'affilée qui montrent que ça fait du vaste communicant au profit de Marine Le Pen. Il ne pouvait pas continuer à laisser les choses se dégrader pour lui. Donc j'imagine que, comme officiellement, il y a un effet, j'entre en campagne. Je dis bien officiellement, parce qu'avec Anne Hidalgo, par exemple, il ne s'est pas produit. Donc logiquement, quand on annonce sa candidature, on a un petit bénéfice de 1 ou 2 points. Donc c'était le début de ce qu'il espère être une remontada. On verra si ça marche. Et on sera, à mon avis, assez vite fixé. La remontada, ça ne marche pas toujours. C'est pas terrible. On verra.

Mais Éric Zemmour, c'est un fait, connaît un passage à vide dans les sondages. Il a été lâché par certains de ses soutiens. Mais il en est un qui lui reste fidèle. Il s'agit de l'industriel breton Vincent Bolloré, propriétaire d'un empire médiatique où le polémiste a eu tout le loisir d'exprimer ses idées. Une situation d'ailleurs dénoncée par une partie de la classe politique, sujet de Walid Berisoul et Nicolas Baudridasson. C'était il y a quelques jours sur une radio du service public. Marine Le Pen se plaint d'être maltraitée. Ses critiques ne visent pas ce jour-là France Inter, mais une chaîne d'infos en continu, CNews, et son propriétaire, l'homme d'affaires Vincent Bolloré.

33:31
Invité

Monsieur Bolloré, il doit comprendre que ça n'est pas au patron de presse de décider, encore une fois, qu'il doit être président de la République.

33:39
Présentateur

Vous trouvez que CNews fait la campagne d'Éric Zemmour ? Ça a été vrai pendant un mois et demi. Peut-être que ça va changer, mais objectivement, ça n'a échappé à personne que, effectivement, c'était outrancier. Quand la candidate du RN hausse le ton contre CNews, une chaîne qui, pendant deux ans, a offert une heure d'antenne par jour aux polémistes d'extrême droite devenus lui aussi candidats à la présidentielle. Et dans le monde politique, Marine Le Pen n'est pas la seule

34:03
Invité

à s'en inquiéter pour 2022.

34:05
Présentateur

Trump est passé de la télé-réalité à la Maison-Blanche, mais il était le candidat du Parti Républicain, tandis que Zemmour est le candidat d'un groupe audiovisuel. Ce groupe audiovisuel, le groupe Canal+, a accepté de nous ouvrir ses portes afin de répondre aux critiques. L'une des figures de CNews, la journaliste Sonia Mabrouk, se défend d'incarner un Fox News à la française qui favoriserait Éric Zemmour plus que la concurrence. Éric Zemmour vient de se plaindre du groupe TF1, Marine Le Pen se plaint du groupe CNews. Bon, bref, voilà. C'est ainsi,

34:38
Invité

c'est une campagne présentielle, on va se recevoir des coups un petit peu de tous côtés, c'est ainsi. Moi, je rappelle, mais pas simplement pour rappeler ou viser le service public, c'est qu'il a passé plus d'années sur le service public, il a même, on va dire, explosé médiatiquement sur le service public. C'est quelqu'un dont le livre a véritablement cité une appétence qu'on soit d'accord ou pas avec ses idées auprès d'un public assez large, je pense. Et je pense que CNews, il faut être humble et moment donné, ça n'a pas du tout fabriqué ni accompagné Éric Zemmour.

35:04
Présentateur

CNews, une chaîne à l'histoire mouvementée depuis que Vincent Bolloré en a pris le contrôle. Lorsque CNews s'appelait encore e-télé, la quasi-totalité de sa rédaction s'était révoltée contre un brusque changement de ligne éditoriale.

35:19
Invité

On est en grève depuis 12 jours et on a voté ce matin à 83% la reconduction du mouvement.

35:28
Présentateur

Cinq ans plus tard, même scénario pour la radio Europe 1 que de très nombreux journalistes ont quitté depuis cet été. Le modèle qui est en train de gagner aujourd'hui et qui a gagné pour une part aux Etats-Unis, on en a vu les effets, c'est tout autre chose. C'est celui qui cherche à produire non pas de l'information et de la connaissance, mais au contraire à créer des controverses.

35:52
Invité

Et voici comment s'est constitué en quelques mois un empire médiatique.

35:56
Présentateur

Vincent Bolloré ne contrôle plus seulement Canal+, et CNews, il est aussi le principal actionnaire du groupe Lagardère, propriétaire d'Europe 1, du JDD et de Paris Match, mais aussi du géant du livre Hachette, numéro 3 mondial de l'édition. Une concentration sur laquelle le Parlement a décidé d'enquêter. Dans les six prochains mois, Vincent Bolloré devrait être entendu par les sénateurs comme d'autres milliardaires français, propriétaires de grands médias.

36:23
Invité

Moi, je ne ferai de procès à personne en particulier, mais si à un moment donné, il y a un projet politique anti-républicain qui prend la tête d'un groupe qui a une puissance démesurée, à ce moment-là, oui, la démocratie est interpellée et ça devient un problème.

36:42
Présentateur

Mais quelles sont les véritables intentions du milliardaire breton ? Et comment est-il perçu

36:47
Invité

au sommet du pouvoir ? D'après une enquête publiée par Le Monde, l'Élysée considère désormais que Vincent Bolloré et Éric Zemmour forment une sorte de ticket à l'assaut de la présidentielle.

36:57
Présentateur

Désormais, Emmanuel Macron est convaincu que Vincent Bolloré poursuit une croisade et qu'Éric Zemmour ait son bras armé, si l'on peut dire, et on dit dans les couloirs de l'Élysée EZB, c'est-à-dire Éric Zemmour Bolloré, comme s'il ne faisait qu'un seul et même homme. Et c'est vrai qu'entre les deux hommes, il y a une réelle complicité. Ils ont en commun l'obsession de la défense de l'Occident chrétien. Depuis quelques jours, un autre grand titre de la presse française, le journal Le Figaro, fait l'objet de rumeurs sur son rachat. Vincent Bolloré ferait partie des potentiels acquéreurs, un air de déjà-vu dans un paysage médiatique chamboulé.

Yvan Trippenbach, question téléspectateur de Sandrine en Haute-Saône. Vincent Bolloré, point d'interrogation, qu'a-t-il a gagné avec Éric Zemmour ? Est-ce que Vincent Bolloré a un agenda économique ? C'est-à-dire, il voit en Éric Zemmour un créneau de Fox News à la française ou est-ce qu'il a un agenda politique ?

37:56
Éric Zemmour

Ça, c'est une excellente question. C'est celle qu'on se pose depuis des mois. Et l'enquête de Raphaël Baquet et d'Ariane Chemin dans le Monde donne une réponse, en fait, qui est qu'il a plusieurs objectifs. L'objectif économique paraissait évident parce qu'Éric Zemmour charriait des audiences incroyables de 800 000 téléspectateurs avec son émission quotidienne. Il a permis à CNews d'exploser et de devenir parfois, par moment, la première chaîne d'information, la première chaîne d'opinion, mais en tout cas, regardée par les Français. Et puis, avec cette enquête, on comprend que, derrière tout cela, il y a aussi une croisade, un raid à la fois politique et idéologique.

Par exemple, dans cette enquête, on lit un déjeuner qui a eu lieu en juin dernier avec le président Emmanuel Macron et Vincent Bolloré qui s'est passé de manière glaciale, qui s'est très mal passé et qui a été même interprété à l'Élysée comme une déclaration de guerre de Vincent Bolloré pour la présidentielle à venir et qui a pu motiver d'autant plus Vincent Bolloré à peser sur l'agenda de la présidentielle jusqu'à très récemment quand Éric Zemmour était encore sur CNews, même s'il est toujours invité comme candidat potentiel juste avant sa déclaration. Et puis, le raid idéologique, là, on le comprend avec retard par rapport à l'embauche d'Éric Zemmour par Vincent Bolloré.

39:17
Présentateur

Ah, c'est Vincent Bolloré qui a pris la décision d'embaucher Éric Zemmour

39:21
Éric Zemmour

sur CNews. Absolument, et on le lit également dans ce récit. Il l'embauche personnellement en présence de son abbé qui est son confesseur dans une chapelle où il déjeune tous les trois en juin 2019, il me semble. Il lui fait la proposition directement et là, Éric Zemmour, quand il raconte cet épisode, il parle de combat commun et de lutte pour la survie de la France. Donc, il y a bien un objectif idéologique ou en tout cas des affinités partagées pour sauver la France catholique, l'Occident chrétien et de ce point de vue-là, il a réussi puisqu'il a réussi à embaucher Éric Zemmour à en faire sa vedette et maintenant, Éric Zemmour est candidat à la présidentielle.

40:02
Présentateur

Etienne Girard, donc, c'est Vincent Bolloré qui a pris la décision d'embaucher Éric Zemmour. Est-ce qu'il continue de se voir et on disait tout à l'heure qu'Éric Zemmour était un homme seul sans soutien ? Est-ce qu'il trouve en la personne de Vincent Bolloré, un soutien et de taille ? Oui. Quand je rencontre Éric Zemmour en septembre pour mon livre, il me dit très clairement « Oui, oui, Vincent Bolloré m'a toujours soutenu, je l'appelle le roc, on se voit une fois par mois et on correspond presque tous les jours. » Tous les jours ? Un petit mail, un coup de téléphone ou quelque chose ? Il me dit presque tous les jours.

Donc, Vincent Bolloré et Éric Zemmour sont deux personnes qui ne se connaissaient pas avant juin 2009. C'est leur première rencontre. Ils sont devenus très proches. J'ai rencontré également Gérard Longuet, sénateur, ex-ministre de la Défense mais surtout un ami et l'ex-beau-frère de Vincent Bolloré. Il le connaît très bien. Il me dit « Il y a 20 ans, Vincent Bolloré, c'était un libéral européen. Il a changé. » Vincent Bolloré est devenu quelqu'un qui partage totalement le diagnostic et les inquiétudes d'Éric Zemmour sur la société française. Donc, il y a deux choses dans le projet de Vincent Bolloré. Il veut construire un empire médiatique national identitaire.

Le projet, il est pour part industrielle, ce que m'expliquent des proches de Vincent Bolloré, des gens qui travaillent avec lui. C'est l'idée qu'il y a de la place pour ça et c'est bon, ce n'est pas pour l'argent, il n'a pas besoin d'argent Vincent Bolloré mais en tout cas pour être vu comme un bon entrepreneur pour réussir un beau projet industriel donc gagner des parts de marché autour de ce nouveau média CNews Europe 1. Pour CNews, c'est plutôt un succès d'ailleurs d'audience. C'est cette idée qu'en France il n'y avait pas de Fox News comme il y a aux Etats-Unis. Voilà.

Une droite assumée décomplexée et donc faisons un Fox News à la française et ça marchera parce qu'il y a un créneau de livres. Exactement, c'est l'idée qu'en France toutes les chaînes étaient quasiment toutes entre le centre-gauche et le centre-droit qu'il y a quand même 33% des Français qui votent Marine Le Pen ou Eric Zemmour et donc il faut qu'ils puissent avoir eux aussi leur média. Ça c'est pour la part industrielle mais il y a une part absolument idéologique.

Vincent Bolloré n'a plus rien à prouver il est en tout cas industriellement il est oui également dans une croisade pour défendre les valeurs auxquelles il croit c'est-à-dire de défense d'une France catholique éternelle dont on parlait tout à l'heure millénaire et ces valeurs qui n'ont pas toujours été les valeurs d'Eric Zemmour mais il les défend lui aussi depuis une dizaine d'années très spectaculairement depuis son ouvrage de 2014 Le suicide français et donc il y a eu une rencontre entre les deux et une alliance de fait qui ne s'est jamais démentie à chaque fois qu'il y a eu des polémiques Vincent Bolloré a demandé à ses collaborateurs de soutenir sans aucune réserve Eric Zemmour et c'est ce qui s'est passé il a toujours été soutenu jusqu'au moment où il n'y a plus le choix parce que c'était une question légale c'est qu'Eric Zemmour étant comptabilisé par le CSA comme une personnalité politique il ne pouvait plus avoir son émission sur CNews Nathalie Saint-Cricq d'ailleurs si Eric Zemmour continue de baisser dans les sondages est-ce qu'on peut imaginer qu'à un moment il pourrait être lâché par Vincent Bolloré je ne sais pas mais pour l'instant CNews quand vous parlez du Fox News à la française on peut considérer qu'il y ait une chaîne parmi tant d'autres qui le soutiennent pourquoi pas ce qui est plus inquiétant et qu'on voyait dans le reportage c'est le fait que ça gagne si vous voulez parce qu'il peut y avoir certes CNews mais CNews je pense que c'est identifié par les téléspectateurs comme cette chaîne-là donc là là-dessus je ne vois pas pourquoi Vincent Bolloré choisirait un autre positionnement c'est ta position je ne vais pas répéter marketing à la fois marketing et trois ans si Europe si Canal parce que finalement on a l'air de supporter tout ça très bien les guignols tout le monde a hurlé en disant on supprime les guignols et puis aussi tout le monde a oublié même Canteloup quand il fait des blagues qui étaient censés pas être exactement ce qu'il fallait tout le monde a l'air de supporter et quand j'entends le sénateur David Assouline dire on va voir si ça commence à prendre des proportions un peu grandes oui pour l'instant il y a quand même un certain nombre de journaux qui sont dans l'Empire Bolloré donc là je trouve que par rapport à un pays qui est censé avoir une législation anti-concentration ou du moins afficher et dire aux gens regardez ce média sachez ce qu'il y a derrière je pense que ça peut devenir compliqué mais pour répondre vraiment à votre question et non pas faire une digression je ne penche pas qu'il sera lâché parce que Vincent Bolloré est quelqu'un dont on peut penser absolument ce qu'on veut mais qui a des convictions et on ne voit pas pourquoi ces convictions à son âge il le rétro-pédalerait qu'éventuellement ils soutiennent quelqu'un d'autre si Zemmour s'effondrait voilà mais pour l'instant ils sont sur la même ligne et ce qui m'inquiète plus ce n'est pas le cas Zemmour en particulier mais la possibilité en gros d'avoir en France des médias qu'on dit de gauche et des médias qu'on dit de droite ou d'extrême droite ce qui serait quand même ce serait pas mal qu'il y ait des gens à peu près d'un mot au milieu la fracturation la fracturation de la société Vincent Martigny donc on l'a vu Eric Zemmour échange avec Vincent Bolloré quelles sont les autres personnes avec qui il échange avec qui il se nourrit on a beaucoup parlé qui occupe une place importante dans le dispositif Zemmour

45:17
Invité

alors je ne connais pas bien le dispositif Zemmour donc ce n'est pas vraiment je voudrais rester sur Bolloré une minute parce que je crois que c'est important

45:23
Présentateur

quelque chose qu'il faut bien comprendre sur l'évolution de Vincent Bolloré comme homme de droite français c'est-à-dire quand Zemmour a dit il y a quelques mois moi je ne dis pas quelque chose de différent de ce que le RPR disait en 1990 Vincent Bolloré non plus d'une certaine manière ce sont des gens qui ont refusé à amender la centrisation qu'a été le chiraquisme qui a duré une dizaine d'années et qui sont restés fidèles à une branche de la droite

45:46
Invité

qui a profondément existé qui était très importante notamment à l'UDF au parti républicain dans les années 80 et qui parlaient peu ou prou comme ils parlent aujourd'hui c'est-à-dire des gens qui étaient sur la France éternelle qui étaient sur un récit

45:58
Présentateur

très enraciné sur une xénophobie quand même relativement affichée je vous rappelle évidemment le discours du bruit l'odeur de Chirac avant 95 en 91 mais aussi Valéry Giscard d'Estaing qui disait nous sommes envahis par les immigrés Michel Penetowski qui disait invasion, submersion tous ces termes sont exacts il y a tout un courant en fait et ce courant qui a fait sécession alors ces gens ils ont été assez maris de voir comment Jacques Chirac a centrisé la droite et d'une certaine manière ils ont retrouvé en Nicolas Sarkozy un héros n'oublions pas que Vincent Bolloré était un proche de Sarkozy avant tout cela c'est lui qui lui prête son yacht en 2007 parce qu'il se retrouve dans le combat idéologique de Nicolas Sarkozy et il participe de cette droite qui sous l'ombrelle d'abord de Charles Pasqua puis par Nicolas Sarkozy et ses proches vont réintroduire une droite dite décomplexée mais comme le disait quelqu'un que je connais et qui habite dans les Yvelines et qui n'est pas de gauche moi je n'ai jamais eu de complexe il y a des gens qui vous disent mais attendez moi je ne vais pas être décomplexé parce que j'ai toujours pensé ça donc Vincent Bolloré qui a toujours pensé ça il représente ce courant qui est rentré dans une guerre culturelle et qui sentait qu'il fallait s'excuser d'être de cette droite là à une époque et qui a trouvé Enric Zemmour un champion pour aller pousser dans cette direction là alors si cette campagne d'Éric Zemmour s'annonce compliquée il y a une autre campagne qui ne prend pas du tout mais qui est la candidate socialiste ne décolle pas dans les sondages entre 3 et 5% mais pour l'instant pas question de ralliement ni de changement de stratégie sujet de Théo Manval avec Paul-Rémy Barjavel et David Lemarchand Elle pensait pourtant sa campagne enfin lancée ces dernières semaines Anne Hidalgo a travaillé sa stature déplacement nombreux séquence mémorielle à Oradour-sur-Glane autour du 11 novembre comme pour montrer qu'elle sait prendre de la hauteur à l'ombre des figures de la résistance

47:40
Invité

Nous les responsables politiques nous devons porter des valeurs à partir de ce qui s'est passé ici et nous sommes quand même dans un moment où nos démocraties ici en France en Europe mais un peu partout sont soumises à des vents des vents mauvais à une forme aussi de négation de l'histoire et de ses heures les plus sombres

48:05
Présentateur

Autre marqueur indispensable coché début novembre la candidate à Doubet par François Hollande qu'il a reçu sur ses terres à Tulle

48:13
Invité

Avec pour la première fois

48:23
Présentateur

un soutien public sans ambiguïté

48:25
Invité

Je pense qu'aujourd'hui elle est la candidate de la gauche de gouvernement de la gauche responsable de la gauche crédible celle qui veut gouverner pas celle qui veut simplement figurer dans sa scrutin pour savoir qui va faire le plus au sein d'une gauche dispersée L'objectif c'est pas d'être à côté des autres c'est d'être devant les autres et de les amener jusqu'au deuxième tour puis ensuite jusqu'aux portes du pouvoir

48:49
Présentateur

Mais semaine après semaine depuis sa déclaration de candidature mi-septembre pas le moindre signe du décollage espéré pour Anne Hidalgo Les intentions de vote oscillent même plutôt à la baisse aujourd'hui autour de 5% Même dans les allées de la foire du livre de Brive-la-Gaillard en Corrèze les militants en quête de dédicaces ne montrent pas grand enthousiasme

49:10
Invité

Je suis sceptique parce que je pense que le parti socialiste n'a pas de candidat à la hauteur cette année C'est tout

49:17
Présentateur

Il n'y a sûrement pas le même charisme ou la même popularité que François Hollande qu'elle pourrait probablement faire une bonne présidente quand même Vous y croyez quand même pour l'élection en future ? Non Non C'est dur ça non ? C'est comme ça ? Alors Anne Hidalgo enchaîne les réunions publiques dans toute la France pour tenter de créer cet élan

49:38
Invité

Ensemble on va construire cet avenir pour nos enfants pour nos petits-enfants et je vous assure qu'au bout il y a une victoire Merci

49:46
Présentateur

Mais même au sommet du parti certains doutent ouvertement que son nom figure bien sur la liste des candidats au soir du premier tour

49:56
Invité

en avril prochain J'espère qu'elle ira jusqu'au bout De quoi relancer

50:02
Présentateur

la question sans cesse posée d'un hypothétique ralliement des gauches C'était le but affiché de la primaire populaire initiative de militants qui avait donné jusqu'à hier soir minuit à tous les candidats pour se prêter au jeu Mais ni Anne Hidalgo ni Jean-Luc Mélenchon ni Yannick Jadot n'ont accepté de s'y soumettre Pour cette militante de la campagne écologiste pas question de se ranger encore une fois derrière qui que ce soit

50:25
Invité

C'est pas aux écolos de se retirer parce qu'on s'est retiré la dernière fois et que après ça n'a servi à rien Je pense qu'aujourd'hui la candidature de l'espoir elle est chez les écolos et après évidemment si on arrive à rassembler tant mieux mais je pense que nous on a déjà fait un pas la dernière fois et que c'est pas notre choix de le faire cette fois-ci

50:44
Présentateur

Alors au tour de la candidate socialiste de s'effacer derrière EELV

50:49
Invité

proposition déjà maintes fois refusée

50:52
Éric Zemmour

Pour se rassurer

51:12
Présentateur

sur les mauvais sondages l'équipe d'Anne Hidalgo aime à rappeler le retard au démarrage du candidat Hollande avant sa victoire en 2012 mais au même stade 5 mois avant l'élection il caracolait déjà en tête avec plus de 29% d'attention de vote Alors question téléspectateur Vincent Martigny est-il logique qu'Éric Zemmour ait du mal à recueillir ses 500 signatures et pas Anne Hidalgo alors qu'Éric Zemmour est à plus de 13% dans les sondages donc 2 à 3 fois plus qu'Anne Hidalgo Il faut faire attention au sondage déjà mais deuxièmement il y a une vraie différence c'est qu'Anne Hidalgo elle a une structure partisane des réels un parti qui s'appelle le parti socialiste qui a un très grand nombre

51:48
Invité

d'élus au niveau local et vous le savez il faut 500 signatures de maires ou des députés ou d'élus et donc le parti socialiste en tout cas ce qu'il en reste en tout cas a des très beaux restes sur le plan territorial en termes d'élus c'est pour ça que c'est très facile pour eux d'afficher elle aura j'imagine beaucoup plus de parrainages

52:02
Présentateur

que 500 Pour Éric Zemmour même s'il a un courant d'opinion qu'il est difficile de quantifier parce que pour l'instant il faut quand même se méfier des sondages si on agrège les sondages ils sont exacts dans l'ordre de une chance sur 8 6 mois avant les présidentielles donc attention quand même

52:15
Invité

à notre lecture des sondages mais il est seul pour l'instant donc il faut aussi des troupes il faut un parti parce que ça donne des ressources financières des ressources organisationnelles

52:24
Présentateur

de gens qui connaissent les élus qui vont aller les voir pour les convaincre de voter pour vous c'est pas Éric Zemmour qui va faire le tour de France comme Coluche en 81 et puis il y a un tout petit problème enfin un problème c'est pas un problème c'est censé être une avancée c'est la publicité des noms ça n'a pas toujours été comme ça quand on devait recueillir 500 signatures on pouvait le faire mais les noms n'étaient pas publics depuis 2017 je crois avant l'élection tous les gens c'est accessible tous les jours à tout le monde donc on peut s'imaginer et on le sait déjà et on n'a rien à gagner à parrainer Éric Zemmour non mais on peut avoir un problème dans son conseil municipal c'est-à-dire que si on donne puisque c'est assez large le corps qui peut signer on peut très bien avoir un premier adjoint qui signe et puis le maire qui dit mais attends moi je veux pas de ça donc c'est quelque chose qui est plus difficile parce que c'est public Pour revenir sur Anne Hidalgo la question la bienvenue de le reportage faut-il se ranger ou pas derrière Yannick Jadot le problème c'est que on a l'impression qu'il n'y a aucune candidature à gauche qui plie le match comme on dit que ce soit Yannick Jadot ni Jean-Luc Mélenchon d'ailleurs ils sont tous il n'y en a aucun qui dépasse les 10 Non il y a effectivement Jean-Luc Mélenchon qui est entre 9 et 10 je parle sous votre contrôle il y a Yannick Jadot qui en fonction des jours est à 7 ou est à 8 et Anne Hidalgo comme vous l'avez dit tout à l'heure qui est entre 4 et 6 mais il n'y a pas de dynamique depuis 2 mois il ne se passe rien du côté de la gauche et quand vous faites le total gauche vous obtenez 10 plus 8 plus 5 voilà c'est pas énorme on ne dépasse pas les 23, 22, 23 donc il n'y a pas une évidence mais c'est vrai que quand on regarde votre reportage quand on entend y compris Olivier Faure dire j'espère qu'elle ira jusqu'au bout il n'a tellement pas l'air convaincu que c'est effectivement effrayant puisque tout s'est focalisé maintenant sur est-ce qu'elle pourra aller jusqu'au bout la main tendue de Jadot c'est une campagne et on l'a vu Est-ce qu'il pourrait la faire renoncer alors ?

Je ne pense pas qu'elle puisse renoncer je ne pense pas qu'elle puisse renoncer c'est en dessous durablement des 5% parce que là ça poserait un problème y compris financier le remboursement après ça sera terrible alors tout le monde dit janvier ça sera terrible pour le parti socialiste si elle renonce ça sera terrible pour le parti socialiste en gros ils sont rayés de la carte donc on peut espérer ce qu'elle espère c'est monter un peu ce qu'elle espère c'est pouvoir quand même mener une campagne éventuellement pour ne pas injurier l'avenir c'est qu'un jour il y a un PS qui se reconstruise mais ce qui est étonnant quand on entend un peu et quand on voit vos reportages c'est un le programme il n'est toujours pas là c'est-à-dire qu'on attend encore janvier comme si au bout de 5 ans d'Emmanuel Macron ils n'avaient pas eu le temps de réfléchir à ce qu'ils pouvaient éventuellement proposer parce que quand même c'est bizarre au bout de 5 ans de ne pas avoir de programme et de l'annoncer toujours à venir et puis il y a un déficit là pour le coup de professionnalisation dans l'organisation de la campagne parce que décider de faire un premier lancement de campagne à Rouen un deuxième dans un meeting à Lille avec Martine Aubry c'est pas non plus la chose la plus comment dire on n'est pas ville peinte il n'y a pas de il y a quelque chose d'artisanat c'est un grand parti professionnel le PS c'est un grand parti vous voyez à combien ils sont tombés enfin c'est un grand parti professionnel ils n'ont plus d'argent plus d'adhérents c'est simplement une difficulté pour elle aussi d'avoir une logistique alors elle dit qu'elle fait des déplacements en ce moment pour parler avec les français et savoir un peu ce que les français désirent déjà c'est étonnant d'être obligé d'aller les voir pour savoir ce qu'ils veulent parce que quand on est candidat à la présidentielle on n'a plus réfléchir elle fait ses déplacements et ça ça peut être tout à son honneur sans caméra c'est pas pour faire des claquettes comme certains en font avec des sorties plus ou moins bidons mais le problème c'est qu'il y a assez peu d'écho dans les médias donc il n'y a pas d'événement déclencheur qui pourrait tout d'un coup il se passe quelque chose et les rares interventions qu'elle a faites pour l'instant ont plutôt été dans le mauvais sens en proposant de limiter la vitesse sur autoroute voilà en disant qu'on doublait les salaires des enseignants sans dire quand comment lesquels quels périmètres est-ce qu'il y a aussi les gens qui s'occupent des enfants voilà donc pour l'instant ça patine vraiment et en critiquant les automates dans les gares et l'absence de personnel allez tout de suite on revient à vos questions alors Rose à Paris se demande Eric Zemmour est un personnage médiatique plutôt que politique quand va-t-il vraiment faire sa mue Ivan Trippenbach

56:13
Éric Zemmour

passé du statut de polémiste

56:15
Présentateur

à candidat

56:16
Éric Zemmour

on observe lui il dit qu'il a fait sa mue et d'ailleurs c'est intéressant parce que son entourage après le déplacement désastreux à Marseille disait voilà maintenant il a fait sa mue présidentielle il va rassembler

56:27
Présentateur

ça pourrait être dimanche à Villepinte un grand programme une vision pour la France avec parle d'économie de social

56:35
Éric Zemmour

jusqu'à présent cette mue n'a pas été évidente il n'est pas totalement dans le costume de candidat à l'élection présidentielle mais encore faut-il savoir ce qu'on attend d'un candidat à la présidentielle en 2022 on retombe sur ce qu'on disait tout à l'heure par rapport à la stratégie Donald Trump mais oui le rendez-vous du 5 décembre va être crucial pour lui pour relancer sa campagne son équipe annonce un espace possible de 25 000 personnes donc on va voir dans quelle mesure ils arrivent à remplir cet espace mais de toute évidence la masse et les images en fait la force des images par rapport surtout quand on compare à Anne Hidalgo avec ses petits meetings ses réunions publiques de 100 à 200 personnes ça va être colossal parce que pendant la pré-campagne on a beaucoup parlé des erreurs qu'il avait commises et de ses faiblesses mais il y a quand même une réalité c'est que les gens se déplacent pour écouter Éric Zemmour et parfois l'ambiance est vraiment survoltée parce qu'ils ont des jeunes militants très actifs de génération je veux dire génération identitaire et génération Z qui sont des identitaires des ultra conservateurs qui savent lancer une ambiance de meeting et donc là on aura la même chose mais en plus grand avec une échelle

57:46
Présentateur

puisque ce ne sera plus au Zénith on l'a dit mais à Villepinte

57:49
Éric Zemmour

c'est une salle plus grande et avec lui candidat donc effectivement c'est une étude importante pour sa mue

57:54
Présentateur

si Éric Zemmour craque devant un journaliste qu'en sera-t-il devant une manifestation du peuple français Étienne Girard c'est vrai qu'on l'a vu à Marseille il a reconnu lui-même il a fait son mea culpa c'est parti tout seul a-t-il dit au sujet de son doigt d'honneur ça c'est un vrai questionnement comment pourra-t-il mener campagne notamment dans la rue des manifestations contre Éric Zemmour il y en a toujours eu en tout cas depuis 2014 depuis le suicide français et Éric Zemmour il a l'habitude de les éviter assez facilement c'est-à-dire qu'il passe devant les manifestants et rejoint sa salle quand il y a une salle réservée quand il y a un événement de prévu l'effet de la manifestation demeure modeste en revanche là il va devoir s'essayer un exercice un peu différent qu'il ne connaît pas et qu'il ne maîtrise pas ce sont les déambulations dans les rues les marchés les rencontres des gens simples c'est important ces scènes de vie où des gens peuvent poser une question comme ça aux débeautés ils voulaient le faire à Marseille ça a été rendu totalement impossible alors on peut trouver ça antidémocratique on peut trouver ça inadmissible mais il y a des comités d'accueil qui se mettent en place de collectifs proches des antifascistes du mouvement autonome qui s'organisent à l'avance pour que quand Éric Zemmour se déplace dans la rue quelque part il y a tout un cortège hostile qui le suivent et qui rendent impossible que la rue devienne un endroit hostile pour à la fois les passants et l'équipe de campagne et que donc ce déplacement soit rendu très difficile dans son entourage l'enquietude commence à poindre alors on se scandalise évidemment de ces méthodes l'antidémocratique puisque c'est pour l'empêcher de s'exprimer tout à fait le contraire aura été étonnant mais quand même il y a cette idée de comment va-t-il mener campagne et puis qui imagine le général de Gaulle hué dès qu'il sort dans la rue et rendu incapable de serrer la main des français donc à tort ou à raison ces comités d'accueil ça finira par lui porter préjudice et là à l'heure où on parle on ne peut pas dire qu'Éric Zemmour ait trouvé la solution ultime contre ce type de cortège alors ça peut être un cordon policier beaucoup plus important mais ce serait quand même étrange cette campagne sous escorte policière à la rencontre des gens à la rencontre du peuple parce qu'il a cette vision gaullienne c'est la rencontre d'un homme et du peuple mais sous escorte policière ou alors faire que des salles mais faire que des salles là encore une fois ça donnerait un peu l'impression d'une campagne sous cloche donc la question reste ouverte Nathalie Saint-Cricq peut-on comparer les chaînes de télévision CNews et Fox News et peut-on comparer Éric Zemmour et Donald Trump je crois qu'il n'y a pas le même passé il n'y a pas le même passif pour les deux c'est-à-dire que quand même Donald Trump avait une enfin je parle sous le contrôle des autres parce que je ne suis pas une spécialiste de la campagne américaine ni du président Trump c'est quand même quelqu'un qui avait une épaisseur pas que physique une épaisseur d'expérience une maîtrise une maîtrise et puis une espèce de morgue parce qu'Éric Zemmour il a l'air comme ça extrêmement solide mais je ne suis pas persuadé que sa profession de journaliste les préparait à ce qui se passe CNews manifestement pour répondre à la question sur Fox News CNews le modèle c'est Fox News effectivement donc c'est la volonté assumée totalement de faire une chaîne d'opinion voilà de faire une chaîne d'opinion avec des gens quand les gens ne sont pas d'accord ils vont ailleurs et puis on fait des débats spécialement systématiquement polarisés mais une fois de plus parce que d'abord on est en France le mode de secrétaire n'est pas le même et Donald Trump était un vieux renard manifestement qui était passé par un certain qui était un homme de fer qui avait vraiment brûlé sa bosse beaucoup plus que Eric qui est quand même je dis Eric parce que je l'ai connu comme journaliste qui est quand même une sorte d'intellectuel un peu en chambre qui a toujours eu l'habitude de lire des livres d'écrire des papiers mais qui n'est pas non plus le roi un tribun un tribun et le roi de l'affrontement physique avec les gens comme le disait Etienne et puis il y a une différence quand même entre Donald Trump et Eric Zemmour c'est que Donald Trump est passé par la primaire républicaine et il a un parti derrière Il a un parti derrière

1:01:56
Invité

et il a des ressources personnelles parce que la politique c'est de l'argent à un moment donné il faut être capable d'investir Eric Zemmour il est à ma connaissance pas très riche à part ses droits d'auteur et surtout il est tout seul pour l'instant

1:02:05
Présentateur

L'abstention ne devrait-elle pas être la première préoccupation des candidats Ivan Trippenbach d'ailleurs est-ce que Eric Zemmour a pris sur le vote abstentionniste ?

1:02:14
Éric Zemmour

Oui il a réussi à ramener quelques abstentionnistes dans les intentions de vote mais tout ça c'est pour le moment complètement virtuel c'est du déclaratif d'après les sondages c'était son objectif très tôt affirmé dans sa pré-campagne c'est-à-dire avoir à peu près un tiers d'abstentionnistes un tiers de l'électorat de Marine Le Pen et puis un tiers d'électorat LR mais l'abstention bien sûr c'était évidemment une préoccupation majeure qui s'impose de plus en plus dans les réflexions stratégiques notamment au Rassemblement National parce que Marine Le Pen a été complètement prise de court avec les résultats des élections régionales qui lui promettaient une ou deux voire trois régions et qu'elle n'en a eu aucune elle s'est dit

1:02:56
Présentateur

il faut aller pêcher chez les abstentionnistes

1:02:59
Éric Zemmour

voilà et elle s'est elle était furieuse quand elle s'est rendue compte que ses électeurs ses électeurs à elle ne s'étaient même pas déplacés qui était aussi le signe peut-être soit d'un ras-le-bol vis-à-vis de la politique soit d'une normalisation de la candidate qui représentait avant l'antisystème donc l'abstentionnisme enfin l'abstention est évidemment un enjeu majeur y compris pour Éric Zemmour parce que lui pour le moment il joue beaucoup sur le créneau antisystème et sur la radicalité mais il va se poser il se pose déjà la question de ses solutions y compris sur les thématiques dites régaliennes qu'il est censé incarner mais le problème c'est qu'avec un projet aussi réactionnaire et aussi radical on tombe soit dans des solutions extrêmes comme l'interdiction des prénoms à consonance étrangère soit dans des solutions assez décevantes parce qu'en fait ce sont les mêmes que celles de Marine Le Pen donc par exemple la fin du droit du sol ou du regroupement familial

1:03:52
Présentateur

et bien voilà c'est la fin de cette émission merci beaucoup d'y avoir participé tout de suite c'est à vous avec Anne-Elisabeth le moine qu'on retrouve bonsoir Anne-Elisabeth alors qu'y a-t-il au programme ce soir ?

1:04:05
Invité

national taulier du macronisme l'homme qui a la confiance du président et lui qui est l'architecte du mouvement Ensemble Citoyens chargé d'assurer la réélection d'Emmanuel Macron et notre invité

1:04:15
Présentateur

à tout de suite et bien on a hâte c'est tout de suite c'est à vous bonne soirée sur France 5 on se retrouve demain pour un nouveau C'est dans l'air