Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewC à vous (sur YouTube)· 9 décembre 2025 52 minComplaisantMixteBudget & impôtsSolidarités & familleInstitutions & électionsJustice

Les députés adoptent le budget - C à Vous l’intégrale - 09/12/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Quel sera le texte soumis aux députés ce soir et quel sera le clivage politique?

  • 7:30OuverteRéponse directe

    L'un des arguments du PS, c'est de dire que ce budget de la Sécurité sociale n'est satisfaisant pour personne. Faute de mieux, il faut le voter. C'est un argument recevable?

  • 13:00FerméeRéponse directe

    Ce que vous dites, c'est que sur le budget global, il vaudrait mieux un 49-3 que des ordonnances?

  • 17:00FerméeRéponse directe

    Vous auriez utilisé l'expression 'sales connes'?

  • 22:30FerméeRéponse directe

    Et c'est légal?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00P.CohenChiffre
    « On est restés dans un déficit limité à une vingtaine de milliards d'euros pour le budget de la Sécurité sociale. »
  • 4:00R.CayrolChiffre
    « On avait dit 17,5. On est plutôt à 22 ou 23. »
  • 9:00R.CayrolFait
    « Depuis 1986, ça fait un bon paquet d'années, les gaullistes et les partis qui se sont succédé, avec des dénominations différentes, ont toujours dit qu'ils ne partageaient pas les mêmes valeurs que le Front national, puis le RN. »
  • 11:00R.CayrolFait
    « Aux yeux de la loi, il est innocent. »
  • 24:00J.-P.TanguyPromesse
    « La moins pire des solutions, c'est de leur offrir la possibilité d'être dans des endroits sécurisés avec un pécule par les parts sociales de cette coopérative. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

On est ensemble jusqu'à 21h. A la une, l'heure de vérité. - S.Rousseau: A ce stade, je suis sur une position de contre. - O.Faure: Je suis ni confiant, ni défiant, ni méfiant.

C'est un moment de vérité pour tout le monde. - L.Jacobelli: On saura si le budget de la Sécurité sociale est rejeté, si monsieur Lecornu est un Premier ministre intéressé par son seul avenir ou par l'intérêt général.

Si c'est la 2e hypothèse, il devra partir. - A.-E.Lemoine: Le volet dépenses du budget de la Sécurité sociale vient d'être adopté.

Le volet recettes, c'était la semaine dernière. On attend encore le vote sur l'ensemble du texte. - P.Cohen: Sur le plan du processus législatif, s'il y a rejet, la navette continuera.

C'est un vote non pas crucial, mais important sur le plan politique pour la méthode Lecornu, pour le PS, qui fait le pari du vote pour en restant dans l'opposition. - A.-E.Lemoine: C'est inédit.

On en parle avec nos 2 invités de ce soir, R.Cayrol, politologue et directeur de recherche au centre de recherches politiques de Sciences Po, et B.Morel, constitutionnaliste et maître de conférences à l'université Paris-Panthéon-Assas.

La vie politique française est sous tension, et D.Trump s'en prend une nouvelle fois à l'Europe et à ses choix politiques. - E.Tran Nguyen: L'Europe serait en proie à un "effacement civilisationnel".

C'est ce qu'on lit dans un document publié aux Etats-Unis. D.Trump inquiète et agace les téléspectateurs, qui ont réagi. - A.-E.Lemoine: La polémique autour des propos de B.Macron en marge d'un spectacle d'A.Abittan. - On s'est vite dit que c'était grave.

Les militantes sont injuriées, mais aussi les milliers les victimes. - On a le droit de s'exprimer, d'avoir un cri du coeur. - L.Amar: B.Macron dans la tourmente après avoir traité des militantes féministes de "sales connes" dans une vidéo privée qui a fuité dans les coulisses d'un spectacle d'A.Abittan.

Ses représentations sont régulièrement perturbées par le collectif NousToutes. - A.-E.Lemoine: Un enfant tondu par ses éducateurs. - La maman de l'enfant s'est effondrée.

Ce n'est pas pour en rajouter des caisses que de vous dire qu'elle a été hospitalisée plusieurs jours. - L.Sénéchal: Le parquet vient d'ouvrir une enquête pour des violences volontaires par personne ayant autorité. - A.-E.Lemoine: Nos invités après 20h: M.Chedid, F.Diawara et le collectif de Lamomali, dont la tournée est un triomphe partout en France.

On recevra aussi l'équipe de "Chasse gardé 2". Dans votre OEil, Pierre? - P.Lescure: On a pris rendez-vous avec J.Baez.

Elle vient de publier en France une merveille de recueil de poésie qui porte un joli titre: "Quand tu verras ma mère, invite-la à danser". - A.-E.Lemoine: On commence par l'Edito de Patrick.

Le budget de la Sécurité sociale à l'épreuve de l'Assemblée nationale. Le vote aura lieu dans les minutes qui viennent pour l'ensemble du texte. - P.Cohen: Dans les minutes qui viennent. - A.-E.Lemoine: Vous parlez d'un moment de confusion. - P.Cohen: Après des semaines de débats, qui connaît vraiment le contenu des enjeux d'un texte que personne ne revendique entièrement dans le cadre d'une procédure que plus grand monde ne maîtrise réellement avec des règles différentes pour les 2 projets de loi de finances?

On présente volontiers le vote de ce soir comme décisif. Il est important sur le plan politique, mais n'entraîne rien de définitif. S'il y a rejet, le texte repartira au Sénat et la navette parlementaire se poursuivra.

Encore plus d'incertitudes pour la suite. J'ai entendu une ministre expliquer hier qu'on risquait d'entrer dans le triangle des Bermudes du processus législatif. Tout le monde s'y perd et tout le monde se lasse.

Si la France ne se dote d'un budget de l'Etat que courant janvier, ça veut dire que le Parlement aura passé 5 mois à en débattre, 5 mois à l'exclusion de tous les autres sujets jugés très importants pour certains. Nous n'en sommes qu'au 3e mois, mais il y a pas mal de lassitude et d'exaspération chez les Français face à des discussions interminables et incompréhensibles. - A.-E.Lemoine: La présidente de l'Assemblée nationale voudrait réformer ça. - P.Cohen: Elle a dit il y a quelques semaines dans un entretien au "Monde" que ce budget devait être le dernier discuté de cette façon.

Elle trouve que les règles empêchent de laisser s'épanouir la culture du compromis indispensable en l'absence de majorité. Elle voudrait renforcer les rôles des commissions, limiter le temps législatif, séquencer les débats par thématiques et discuter des dépenses avant de décider des recettes. Ca paraît plus logique - A.-E.Lemoine: Le PLFSS, qui sera soumis au vote ce soir...

Qui a été voté... - P.Cohen: Ce sera soumis au vote ce soir. - A.-E.Lemoine: Le volet des dépenses, c'est ce soir.

L'ensemble du texte sera voté ce soir. - P.Cohen: Oui.

C'est le vote important. - A.-E.Lemoine: Ils obéissent à des règles différentes . - L.Sénéchal: Oui.

L'idée première était de donner au Parlement la maîtrise de la dépense sociale. De ce point de vue, ce n'est pas une grande réussite. Le législateur n'avait pas imaginé la disparition du fait majoritaire.

En cas de désaccord sur le budget de l'Etat, il existe un filet de sécurité avec la loi spéciale, qui permet au gouvernement de continuer à percevoir les impôts. Pour le budget de la Sécu, il n'y a pas de loi spéciale, d'où la pression supplémentaire mise par les parlementaires. - B.Morel: En partie.

La seule chose dont on a besoin pour un PLFSS, c'est la possibilité pour les caisses d'assurance d'emprunter sur les marchés. Au bout du compte, si on n'a pas de PLFSS, ce n'est pas si grave. Politiquement, ça pose problème.

Derrière, adopter le reste va être compliqué. Economiquement, vous n'avez plus la maîtrise de vos équilibres. - P.Cohen: Ce n'est pas si grave.

Autre curiosité: la plupart des dépenses contenues dans le PLFSS relèvent du domaine réglementaire. Exemple: les cures thermales, dont on a beaucoup parlé ces derniers jours, dont le gouvernement voulait diminuer le remboursement, c'était 200 millions d'euros d'économisés. Une majorité de députés s'y est opposée.

Le secteur du thermalisme s'était fortement mobilisé, comme à chaque fois qu'on touche un secteur. Une mesure que le gouvernement aurait pu prendre par décret. - A.-E.Lemoine: Quel sera le texte soumis aux députés ce soir et quel sera le clivage politique? - P.Cohen: Un texte qui n'emballe personne et qui n'est plus celui du gouvernement.

Toutes les mesures d'économies évoquées par F.Bayrou ont été évacuées. Ce texte est réellement le fruit des discussions parlementaires et de majorités successives.

C'est un point d'équilibre dont on saura tout à l'heure s'il peut rassembler une majorité. On a la quasi-certitude qu'il n'y aurait pas de majorité pour un autre budget. C'est une loi qui devrait rassembler ceux qui veulent de la stabilité politique contre ceux qui rêvent d'élections anticipées: LFI et le RN.

Clivage parfaitement résumé par ces 2 interventions de M.Le Pen et d'E.Philippe. - E.Philippe: Je ne suis pas un artisan du chaos.

C'est la raison pour laquelle, alors qu'un certain nombre de députés de mon groupe auraient préféré voter contre, je leur recommanderais de s'abstenir. - M.Le Pen: On ne peut pas continuer à avancer sans majorité claire.

Ce qui déstabilise notre pays, ce n'est pas qu'il y ait d'autres élections, c'est qu'il n'y en ait pas. - P.Cohen: E.Philippe ne veut pas provoquer de crise malgré son opposition à la réforme des retraites.

Il prône l'abstention, même si, au dernier pointage, une dizaine de ces députés devraient voter pour. Le fait politique majeur, c'est le ralliement d'un groupe d'opposition à une loi de finances: le PS, qui répète qu'il reste dans l'opposition à ce gouvernement. Il votera pour.

Le parlement continue de vivre des moments inédits. Et ce, sous la Ve République. - A.-E.Lemoine: Notamment voir un parti d'opposition voter pour un texte budgétaire.

C'est une nouveauté. - R.Cayrol: C'est absolument une nouveauté.

On disait jadis que c'est sur le vote du budget que se faisaient les majorités. Là, le PS est l'adjuvant du bloc central. Il a accepté de l'être.

La stabilité politique le commande. Il pense que les risques seraient trop grands de voir refuser une confiance au gouvernement là-dessus. - A.-E.Lemoine: L'un des arguments du PS, c'est de dire que ce budget de la Sécurité sociale n'est satisfaisant pour personne.

Faute de mieux, il faut le voter. C'est un argument recevable? - B.Morel: C'est un argument recevable.

D'habitude, on se met d'accord autour d'un budget. Dès le moment où vous rentrez dans la coalition, vous votez le budget qui a été préparé par le gouvernement. On peut considérer que c'est un objet de compromis entre S.Lecornu et O.Faure.

Ce n'est pas tout à fait incohérent, même si ça va poser des problèmes avec le reste de la gauche. Ce qui est également marquant, c'est que vous avez un groupe d'opposition qui vote le budget, mais vous avez aussi des groupes de la prétendue majorité et du socle commun qui ne le votent pas. On a un gloubi-boulga parlementaire.

Ca ne marche comme ça nulle part ailleurs. Dans un régime parlementaire, on forme des coalitions et on vote le budget. C'est une expérimentation à ciel ouvert.

On n'a pas connu ça depuis la IIIe République. C'est intéressant. Est-ce que ça va déboucher sur quelque chose? - P.Cohen: G.Attal prônait des discussions avant pour qu'il y ait un accord préétabli avant les discussions parlementaires.

Cela dit, sur le plan central, les derniers pointages montrent quelque chose, un ensemble relativement homogène, plus que ce qu'on pensait au départ, avec la position d'E.Philippe, la position des députés LR, qui seront sans doute une majorité en faveur de ce budget de la Sécurité sociale. - R.Cayrol: Ce que souligne P.Cohen est important.

Notre différence avec tous les autres pays européens, c'est qu'on ne se met pas d'accord avant sur le moindre programme. Quand on compose un gouvernement, le Premier ministre appelle des gens dans les partis et leur demande s'ils veulent rentrer dans son gouvernement. Sur quelle base?

Pour faire quoi? On n'en parle pas. Dans tous les pays, il y a un accord entre les partis.

Ils font un accord. C'est le b.a.-ba du parlementarisme.

L'Assemblée nationale française n'a pas été fichue de faire ça. On improvise en permanence. On fait des alliances dans les couloirs.

On se passe des amendements contre d'autres amendements. Tout ça finit par ne pas avancer. Le Parlement ne vote aucune réforme, aucun texte important.

On est dans l'immobilisme politique total. - A.-E.Lemoine: 5 mois...

Si le débat se prolonge jusqu'en janvier, 5 mois, c'est absolument fou. 5 mois consacrés à un débat sur le budget, que ce soit la loi de finances ou la loi de finances de la Sécurité sociale, c'est ahurissant. C'est autant de temps qui n'est pas consacré à d'autres projets. - R.Cayrol: Il n'y en aura pas. - B.Morel: On a un budget fait de bric et de broc, avec des amendements qui passent entre LFI et le RN... - P.Cohen: Un manteau d'Arlequin. - B.Morel: C'est ça.

Au bout du compte, on a un texte difficilement votable pour tout le monde. S.Lecornu a parlé d'un projet de loi sur la décentralisation lors de son discours de politique générale.

Ca va être la même chose. Vous allez avoir des amendements d'untel et d'untel qui ne sont d'accord sur rien. Vous aurez un texte invotable.

Si le gouvernement arrive à faire passer le budget, c'est déjà très bien. On va entrer dans une sorte de sommeil législatif. - A.-E.Lemoine: Jusqu'aux prochaines échéances électorales. - B.Morel: Exactement.

On gère les canards boiteux jusqu'à la prochaine présidentielle. - R.Cayrol: Et on vote n'importe quoi.

On donne des amendements pour la gauche, pour le PS, on donne des amendements aux écolos. - A.-E.Lemoine: Les Ecologistes se sont abstenus. - R.Cayrol: Ca fait plus qu'un manteau d'Arlequin.

Ca fait quelque chose d'impossible à tenir. C'est quand même incroyable qu'on ait un parlementarisme aussi dévié, aussi impuissant. - P.Cohen: Le gouvernement assure qu'il n'a pas perdu le contrôle sur la Sécurité sociale, que les choses n'ont pas dérivé.

On est restés dans un déficit limité à une vingtaine de milliards d'euros pour le budget de la Sécurité sociale. - R.Cayrol: On avait dit 17,5.

On est plutôt à 22 ou 23. - B.Morel: Ce qui n'est pas si mal.

Quand vous comparez, sur les budgets, plus il y a de groupes politiques, moins on fait d'économies. Chacun cherche à soigner sa clientèle. Ce n'est pas mal, mais il faut sauver la situation politique.

On garde la maîtrise des dépenses. Si ça se fait, ce sera déjà un grand succès. - R.Cayrol: L'avantage, pour le PS, est qu'il a l'accord de son électorat.

On aurait pu penser qu'un électorat de gauche pourrait être contre. L'électorat du PS est un électorat modéré. Ce sont à peine des réformistes.

Il y a beaucoup de conservatisme dans le vote socialiste. L'idée de la stabilité politique leur plaît beaucoup plus que de savoir ce qu'il y a comme articles dans un projet de loi sur la Sécurité sociale. - A.-E.Lemoine: Vous parliez de gloubi-boulga, d'expérimentations à ciel ouvert, de grande confusion...

Les Français ne comprennent plus rien. Ils sont lassés. S.Lecornu a passé le week-end dernier quelques heures dans un supermarché.

Des Français lui ont dit: "Faites passer au plus vite un budget." La lassitude des Français, c'est un argument. C'est quelque chose sur lequel mise S.Lecornu? - B.Morel: Oui, en grande partie.

Il espère qu'une pression des partis politiques et des élus locaux...

On a bientôt des municipales, et les maires ont très peur de ne pas avoir de budget et d'une dissolution pendant les municipales. Il juge que l'ensemble de ces acteurs peuvent faire pression sur ces groupes politiques. C'est assez contradictoire.

Le tissu de l'électorat veut bien un budget, mais pas à n'importe quel prix. Le budget de l'électeur de gauche n'est pas celui de l'électeur du centre ou de l'électeur de droite. Pour les partis, c'est une ornière stratégique.

Si vous êtes LR ou Horizons, faire un deal avec les socialistes, c'est prendre le risque que, demain, le RN dise que les gens prônent la liberté économique...

Cette difficulté stratégique, cette prise en étau rend la situation des partis compliquée. - P.Cohen: A l'inverse, les opposants au RN pourront souligner que le RN s'est au final opposé à une loi de finances pour la Sécurité sociale qui interdit la suspension de la réforme des retraites. - R.Cayrol: Ca, les électeurs s'en fichent.

Ils suivent le RN et ils disent qu'ils ont raison. - A.-E.Lemoine: Quoi qu'ils fassent? - R.Cayrol: Pour l'instant, c'est ça.

Sur le contenu du texte, bien malin qui peut comprendre ce qu'il y a dedans. Allez sur le site de l'Assemblée nationale pour regarder ce qu'il y a dans le texte. C'est absolument incompréhensible.

L'article 28 se substitue à l'article 27 de la loi... - P.Cohen: Ca veut dire quoi?

Il faut suivre les débats pour comprendre. Effectivement, en lisant les textes, c'est incompréhensible. - B.Morel: En effet. - A.-E.Lemoine: C'est un vote qui aura une portée politique.

C'est le parti pris par le PS et par S.Lecornu, qui a pris le pari de mouiller la chemise, de se battre jusqu'au bout avec la fameuse méthode Lecornu et de renoncer au 49-3. - R.Cayrol: Ca, à mon avis, c'est son erreur.

On ne décide pas qu'on met au placard un article de la Constitution. Je trouve ça ahurissant. Le 49-3 tant décrié, c'est un très bon article.

Il consiste à dire: "Voilà le texte. Il est très important pour moi, essentiel. Si vous n'êtes pas d'accord, vous devez voter une motion de censure." Il faut la majorité absolue des gens qui vont voter.

On met les parlementaires devant leurs responsabilités. C'est fait pour ça. M.Debré expliquait, dans les actes préparatoires à la Constitution, que c'était par rapport à sa propre majorité qu'un Premier ministre pouvait la contraindre.

C'est un très bon article. - A.-E.Lemoine: Ca faisait partie du deal. - P.Cohen: C'est le plus impopulaire. - R.Cayrol: Quand on est à l'Assemblée, on n'a pas à se préoccuper de la popularité d'un article de la Constitution chez la population. - B.Morel: A l'époque Rocard, vous aviez 28 usages du 49-3.

Que fait M.Rocard? A l'époque, il tient sur 2 groupes.

Il est minoritaire. Il tient sur les communistes et les centristes. Il a dit: "De quels amendements auriez-vous besoin pour ne pas me censurer?" Le gouvernement tient sur les socialistes.

De quels amendements O.Faure a besoin? Ce n'est pas une invention de Debré et de de Gaulle, le 49-3.

C'est une invention de 2 anciens présidents du Conseil qui s'étaient demandé de quoi ils avaient besoin pour que ça tienne sous la IVe République. Même si on aime le détester, l'article 49-3 est probablement l'article le plus stabilisateur. Il faut en faire un bon usage sur les budgets.

C'est le gage de la stabilité. - P.Lescure: Ce que vous dites, c'est que sur le budget global, il vaudrait mieux un 49-3 que des ordonnances? - R.Cayrol: Comme pour tous les budgets précédents. - B.Morel: Le PLFSS, il peut peut-être passer.

Touchons du bois. S'il passe ce soir, ce n'est pas fini. Il va ensuite au Sénat et il revient à l'Assemblée.

Il faudra encore un vote. Ce n'est pas la fin, ce soir. Ensuite, il y a le PLF.

C'est le budget de la nation. C'est plus important. Là, ça ne va pas durer longtemps, sans budget de la nation.

C'est très compliqué. Il y a 2 voies. Soit ça passe par ordonnance...

On n'a jamais utilisé les ordonnances budgétaires. C'est une sorte de bombe atomique. Ca veut dire que le Parlement ne vote même pas sur le budget.

On a voté un budget tous les ans dans ce pays depuis 1916. Soit c'est les ordonnances, soit c'est le 49-3. Ce tabou suprême, il va falloir qu'il saute. - A.-E.Lemoine: Quoi qu'il arrive, ce soir, S.Lecornu a prévenu, il ne démissionnera pas.

En cas de défaite, la pression va se faire plus forte quand même. - R.Cayrol: Ca ne fait rien.

Il va remettre l'ouvrage sur le métier, ou le métier sur l'ouvrage...

Je ne sais jamais. On va recommencer jusqu'à ce que ça tourne. Ca peut durer un certain temps, mais il le fera.

Je crois qu'il y a la volonté de montrer que la méthode des petits pas dans lesquels on met successivement d'accord les uns et les autres. - A.-E.Lemoine: A chaque fois, c'est à très court terme. - R.Cayrol: Oui.

On ne peut pas avoir de projet à long terme, dans ce Parlement. - B.Morel: S'il démissionne, on nomme quelqu'un d'autre, mais le problème...

Même si vous nommez quelqu'un d'autre, le problème, ce n'est pas le Premier ministre. Le problème, c'est l'absence de majorité. Soit vous nommez quelqu'un d'autre et ça ne change rien, soit vous fait une dissolution fin décembre.

Même le constitutionnaliste rassurant que je suis n'a plus de solution. Il y a une petite chance de majorité absolue pour le RN. Sinon, il y aura encore moins de majorité.

C'est certain qu'on aura plus de RN, mais il y aura moins de centristes. L'espace pour construire les budgets sera encore plus réduit. - E.Tran Nguyen: On parlait de la lassitude des Français.

Depuis l'étranger, ça suscite beaucoup de réactions. D.Trump est complaisant envers la Russie, mais sévère envers l'Europe.

On a pu lire dans un rapport que l'Europe était en proie à un effacement civilisationnel. D.Trump s'est presque montré menaçant hier. - E.Tran Nguyen: Prise de position de la part du président américain qui marque une nouvelle étape dans les soupçons d'ingérence politique de la part des Etats-Unis.

Nouvelle étape, parce qu'il y en a eu des précédentes de la part d'alliés de Trump, comme E.Musk, quand il était encore bras droit du président et qu'il avait soutenu l'AfD en Allemagne, en apparaissant sur écran géant lors du lancement de la campagne de la candidate A.Weidel lors des dernières élections.

En septembre, il avait publiquement pris la parole sur l'écran géant aux côtés d'une autre figure de l'extrême droite à Londres, lors de manifestations qui ont rassemblé des milliers de personnes. - E.Tran Nguyen: On se souvient tous du discours de J.D.Vance à la conférence de Munich quand il critique les valeurs européennes, et qu'il parle du recul de la liberté d'expression...

Ces ingérences politiques viennent maintenant des Etats-Unis et inquiètent nos téléspectateurs. ...

Est-ce qu'on doit redouter une influence américaine sur les élections en Europe? - B.Morel: Oui, parce qu'on a fait la bêtise qu'on pouvait faire.

On a délégué à des entreprises américaines le soin de soigner notre espace public. L'espace public passe par des réseaux sociaux de droit californien, contrôlés par la défense privée. Cet espace public n'en est plus vraiment un.

C'est un espace privé, en réalité. Il peut être influencé. Aujourd'hui, vous avez là-dessus une grande partie de nos concitoyens qui dépendent de cette information pour faire des choix politiques.

Dès lors, on peut craindre une influence. - R.Cayrol: Je crois que ce que disent les spectateurs qui vous ont contacté, c'est absolument vrai.

Trump est d'extrême droite, antieuropéen, anti-immigration. Il fera tout, sur ces terrains-là, pour affirmer sa ligne et pour essayer de l'imposer. Sur l'Europe, sur l'immigration, sur le côté extrême droite...

Il n'y a pas de surprise. Ca va être de pire en pire. Trump se sent de plus en plus libéré, avec J.D.Vance à ses côtés, qui en rajoute en permanence une louche.

Trump le rejoint. On est devant un ennemi politique. L'Europe doit réagir.

L'Europe réagit mollement. Elle le fait. Elle a fait des textes sur le numérique, par exemple, sur Internet, qui sont des bons textes qui permettent de contrôler mieux les réseaux sociaux, les jeunes par rapport aux réseaux sociaux.

Il y a plein d'idées au niveau de l'Europe unie, qui ne sont pas soutenues par la Hongrie et la Slovaquie, mais qui marchent dans les 25 autres pays et qui sont positives et un peu antiaméricaines, mais elle n'ose pas aller plus loin. Elle a peur du coup de bâton qu'elle pourrait recevoir des Américains. On a une Europe qui est l'espoir pour ceux qui sont favorables à la démocratie, contrairement à Trump, mais elle ne va pas assez loin.

Elle n'ose pas. Elle n'ose pas assez. C'est ce qu'on peut lui reprocher. - A.-E.Lemoine: Alors qu'il y a une alerte mondiale. "La démocratie est en danger", voilà ce que vous rappelez dans votre ouvrage, R.Cayrol.

Je rappelle aussi votre ouvrage, B.Morel. Vous restez avec nous.

On continue à évoquer l'actualité avec la Story de L.Amar. - Une première dame devrait sans doute pas dire ça.

B.Macron a qualifié de "sales connes"... - Dans une vidéo tournée à son insu... - Des militantes féministes qui ont interrompu un spectacle de l'humoriste A.Abittan. - L.Amar: C'est l'histoire d'une phrase qui choque, prononcée par B.Macron juste avant un spectacle d'A.Abittan auquel elle assistait.

Elle est dans un cadre privé, mais elle est filmée. Elle demande au comédien comment il se sent. Il répond qu'il a peur de tout.

B.Macron lui lance: "S'il y a des sales connes, on va les foutre dehors." C'était en référence à des militantes de NousToutes qui avaient perturbé la représentation de la veille. "Sales connes", deux mots qui ne passent pas pour cette militante de NousToutes. - Ca nous a un peu sidérées.

On s'est très vite dit que c'était grave. L'injure "connes", c'est sexiste. C'est intéressant que ce soit utilisé de cette manière.

C'est des militantes, mais aussi les victimes qui sont injuriées. Ca vient rappeler à quel point le pouvoir n'est pas fait pour les protéger. On pourrait parler de radicalité si on avait des actions violentes, coups-de-poing, qui seraient directement envers la personne d'A.Abittan.

Venir interrompre une partie du spectacle, j'ai du mal à voir la radicalité là-dedans. - L.Amar: Dès hier soir, le hashtag "je suis une sale conne" a pris de l'ampleur sur les réseaux sociaux.

Il a été relayé par J.Godrèche et M.Cotillard.

De son côté, l'entourage de B.Macron ne commente pas l'utilisation du mot "conne", mais dit que l'intention était de rassurer l'artiste. Elle est soutenue par cette avocate. - A.Abittan a été mis hors de cause par un non-lieu en appel.

Qu'est-ce qu'on veut de plus? Je ne comprends pas bien l'argumentation de ces mouvements. Ca décrédibilise les mouvements féministes.

On devrait respecter les décisions judiciaires. On a le droit de s'exprimer, de dire les choses. Dans ce pays, on ne peut plus rien dire. - L.Amar: Vous auriez utilisé l'expression "sales connes"? - Oui.

Pourquoi on met des tabous sur les mots? Je trouve qu'elle a eu raison. - L.Amar: A.Abittan a été accusé de viol par une jeune femme en 2021.

L'enquête a duré 3 ans et a débouché sur un non-lieu, confirmé en appel. Les militantes féministes insistent sur le fait qu'un non-lieu ne vaut pas une relaxe. Selon elles, il ne faut pas y voir une preuve d'innocence, mais simplement l'absence de charges suffisantes.

Ces féministes interrompent régulièrement les spectacles de l'humoriste, remonté sur scène en mai 2024. Au-delà de son cas, les propos de B.Macron posent une question: une première dame doit-elle dire ce qu'elle veut ou est-elle astreinte à une forme de retenue? - V.Trierweiler: Quand on déclenche un incendie comme ça, il faut l'éteindre.

J'aurais préféré qu'elle dise qu'elle regrettait ses propos. Il y a un problème de génération. A l'âge qu'elle a, elle ne comprend pas toutes ces jeunes femmes qui ne supportent plus.

Elle ne comprend pas ce mouvement. - L.Amar: Les propos de B.Macron, prononcés dans un cadre privé, ont aussi fait réagir l'ensemble de la classe politique, notamment un ancien président. - F.Hollande: Quand on a une fonction quelle qu'elle soit, une responsabilité, il faut chercher l'apaisement.

Il y a une preuve de vulgarité. Là, il y avait le problème d'une femme à l'égard d'autres femmes. - Elle devrait s'excuser rapidement. - Ce n'est pas un langage qui a vocation à être utilisé dans le débat public. - Sur la forme, ce n'est pas très élégant.

C'est insupportable de devoir faire face à ce genre d'attitude. - Je n'ai pas à commenter les propos privés de madame Macron. - L.Amar: Est-ce que cette affaire peut avoir des répercussions sur E.Macron et sur sa cote de popularité, déjà très basse? - R.Cayrol: Franchement, je n'y crois pas.

C'est de l'eau qui coule sous les ponts. Au pont suivant, c'est terminé. - L.Amar: On aura terminé dans quelques jours? - R.Cayrol: B.Macron a, pendant 8 ans, été une première dame impeccable.

Elle n'a jamais eu le moindre écart de langage. Une fois tous les 8 ans, dire ce qu'on a sur le coeur, franchement...

Ce n'est pas très élégant, comme dit quelqu'un de votre sujet, comme vocabulaire. C'est des propos volés dans un couloir. - A.-E.Lemoine: Ce n'est pas une déclaration officielle. - R.Cayrol: Ce n'est pas un tweet.

C'est des propos volés. Elle exprime quelque chose qui est hostile à une radicalité de certaines féministes. Elle a toujours été pour la cause des femmes, que je sache.

Elle les a toujours soutenues. Il s'agit de quelqu'un qui vient interrompre le spectacle de quelqu'un qui a été blanchi. Un non-lieu, c'est ça.

Ca blanchit celui qui était accusé. C'est un non-lieu. - A.-E.Lemoine: C'est une décision de justice. - E.Tran Nguyen: Ca met un terme aux poursuites, mais ça ne blanchit pas. - R.Cayrol: C'est ce que vous dites.

A mon avis... - P.Cohen: Aux yeux de la loi, il est innocent. - R.Cayrol: Il est innocent.

C'est complètement absurde. Comment dire...

Elle se bat contre une radicalité... - A.-E.Lemoine: En étant elle-même peut être radicale. - R.Cayrol: En n'étant pas élégante, c'est clair.

Mais en disant quelque chose qui peut avoir un écho positif dans l'opinion d'hommes et de femmes qui trouvent aussi que c'est un peu exagéré. Ce qu'on a entendu d'une des membres de NousToutes, c'est presque comique à force d'être extrême. - A.-E.Lemoine: C'est-à-dire? - R.Cayrol: Il faudrait le repasser.

C'est une étymologie qui n'est dans la tête de personne. - B.Morel: C'est un très vieux débat.

On a eu le débat de C.Sarkozy...

Il y a eu tout, à chaque fois, à chaque président. On n'a pas de statut de première dame. Elles ne peuvent pas démissionner.

Aux Etats-Unis, elles ont un statut. En France, elles n'ont aucun statut. Dans ce cadre, on ne peut pas leur reprocher de faire ce que ferait une personne privée, c'est-à-dire que parfois, elles ont des mots plus hauts les uns que les autres.

Il y a peut-être une forme de devoir moral, d'exemplarité, mais c'es celui du président de la République, pas de son compagnon ou de sa compagne. - A.-E.Lemoine: Voilà pour cette polémique.

J'enchaîne sans transition avec du pâté en croûte, ou du pâté-croûte, pas vraiment made in France. Des escargots de Bourgogne qui proviennent de partout sauf de Bourgogne, des médaillons de foie gras bourrés de nitrites ou une terrine aux 3 poissons où il y a surtout de l'eau, de la chair de poisson, voire de la pulpe de saumon où il y a surtout des choses qui sortent des broyeurs. C'est ce qu'on trouve quand on lit ce qu'il y a sur les étiquettes des produits de repas de fêtes.

Ca a aussi été constaté par certains consommateurs croisés cet après-midi à Paris. - Vous regardez la composition des ingrédients? - Non.

Pour le repas de Noël, je ne fais pas trop attention. - On apprend de plus en plus à faire attention. - C'est pas toujours facile.

Vous avez un peu le tournis quand vous regardez. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, O.Dauvers.

Vous nous donnez tous les secrets de la conso tous les matins sur RTL. Ces arnaques à l'étiquette existent toute l'année, mais en période de fêtes, elles pullulent. - O.Dauvers: Les périodes de fêtes sont un moment où les consommateurs augmentent leur consentement à payer.

On est prêts au petit supplément pour le produit parce que c'est pour le repas avec la belle-mère, le repas avec les enfants...

Ca fait monter notre consentement à payer. Mécaniquement, ça nous rend moins exigeants. Il suffit que ça brille un peu. - A.-E.Lemoine: On est dupes de l'emballage. - O.Dauvers: On a envie de ça.

La plupart de ce que vous avez vu, c'est toute l'année. Les problèmes d'origine, c'est matin, midi et soir. C'est malheureux, mais c'est comme ça. - A.-E.Lemoine: Ce qui fait vendre toute l'année, c'est des mots qui font rêver: "terroir", "made in France", avec le fameux drapeau français.

On colle ça aux produits alors qu'ils ne sont pas d'origine française. C'est légal? - O.Dauvers: Ca me rend dingue.

Donnez-moi le pâté en croûte. Il est vraiment caricatural de ça. Vous voyez: bleu-blanc-rouge.

Ca vous dit qu'il est français. Le porc est français, effectivement, mais le produit s'appelle "le canard". Quand je le retourne: "canard origine UE".

La France est dans l'UE. - P.Cohen: C'est sur toutes les étiquettes d'huile d'olive. - O.Dauvers: Là, ça se voit parce que notre consentement à payer, parce qu'il y a de la couleur, des guirlandes...

Mais dans les faits, c'est tout le temps comme ça. C'est une tromperie pour le consommateur et une hypocrisie de la part des marques. Elles disent "origine France" quand c'est français, mais quand ça vient d'ailleurs, on a juste un vague "UE".

Mais que je sache, la France est dans l'UE. Probablement, dans ce cas, il est bulgare. La Bulgarie est un gros pays producteur de canard.

Quand on veut du canard pas cher, on le fait venir de Bulgarie ou de Hongrie. Evidemment, il n'est pas du Gers ou des Landes. Le drapeau bleu-blanc-rouge est trompeur. - A.-E.Lemoine: Et c'est légal? - O.Dauvers: Oui, parce que le porc est français.

C'est indiqué en caractères minuscules. "UE", ça ne veut rien dire. Je milite pour la transparence des origines.

Si on met le drapeau bleu-blanc-rouge, on nous dit avec la même force visuelle que le canard vient de Bulgarie ou de Hongrie. Ca va calmer tout le monde. Nous, les consommateurs, on a ce pouvoir de se révolter sur ça.

Si la marque ne vend plus en UE, où elle achètera son canard? - A.-E.Lemoine: La ministre de l'Agriculture veut dire aux consommateurs français d'acheter français.

Sauf qu'on n'est pas toujours bien informés. On confond espèce et origine. C'est l'histoire des escargots de Bourgogne, qui proviennent de Pologne. - O.Dauvers: L'escargot de Bourgogne, c'est une espèce de la grande dynastie des escargots.

C'est aussi surprenant que quand vous voyez au printemps du melon charentais qui vient du Maroc. "Charentais", ce n'est pas une géographie. C'est une variété de melon.

Il y en a plein, des trucs comme ça. - P.Cohen: Les champignons de Paris ne poussent pas à Paris. - A.-E.Lemoine: Mais ils viennent de France? - O.Dauvers: Non. - A.-E.Lemoine: Ils viennent d'où? - P.Cohen: De Pologne. - O.Dauvers: Le champignons de Paris, c'est une espèce de champignon.

La moutarde de Dijon n'est pas nécessairement dijonnaise. C'est une recette. Vous pouvez faire de la moutarde de Dijon ailleurs qu'en France.

Il faut de la transparence. - A.-E.Lemoine: Est-ce qu'il y a assez d'héliciculteurs pour satisfaire à la demande? - O.Dauvers: On se mord la queue.

C'est comme pour le canard. Pourquoi on achète du canard à l'étranger? Il n'y en a pas assez en France.

On n'a pas assez d'éleveurs. C'est la loi de l'offre et de la demande. Si on est contraints à la source du canard en France, il faudra qu'ils le payent plus cher pour en avoir.

S'ils le payent plus cher, ça créera des vocations chez les agriculteurs, qui ouvriront des élevages. Ca ne paye pas. Il faut redonner de l'attractivité économique à ce métier.

Il faut modifier la demande des consommateurs par la transparence de l'origine. C'est assez simple à comprendre. Mais ça n'intéresse pas les industriels, ce que je dis. - A.-E.Lemoine: La technique de Foodwatch, c'est de faire du "name and shame".

Ca fonctionne? - O.Dauvers: Je le fais toute l'année.

C'est une façon de les mettre devant leurs responsabilités. - A.-E.Lemoine: Ils vont changer quelque chose, les fabricants de ces biscuits où il y a une quantité invraisemblable d'additifs? - O.Dauvers: Je prends l'exemple de l'origine.

J'ai créé Balance ton origine en 2019. J'ai fait du "name and shame" de manière très régulière en prenant des produits avec un drapeau français venant de Pologne. Petit à petit, une ministre s'est emparée du sujet, O.Grégoire.

Elle en a fait Origin'Info. C'est pour l'origine des ingrédients. On n'est qu'au début de l'histoire.

Ce ne peut pas être obligatoire parce que l'Europe nous empêche d'être discriminants par rapport aux autres pays. Ce n'est basé que sur la volonté des industriels. Voilà pourquoi il faut mobiliser l'armée des consommateurs.

On va faire une pétition nationale sur le thème "nous, les consommateurs, on veut savoir ce qu'on achète". Le but, ce n'est pas de fermer les frontières, mais d'ouvrir les yeux des consommateurs. On a besoin d'exporter. - A.-E.Lemoine: Voilà pour le message d'O.Dauvers, qui nous donne rendez-vous tous les matins sur RTL.

Il faut que vous nous révéliez les origines de vos chemises et de vos vestes! Tout de suite, le 5/5 de L.Sénéchal.

A la veille de la sortie de son "Journal d'un prisonnier", N.Sarkozy s'exprime longuement dans "Le Point". - L.Sénéchal: Voici ce qu'il dit.

Voilà ce qu'il dit aussi sur E.Macron. Il refuse de faire barrage au RN. "Pour gagner, il faut rompre." ...

Une des personnes qui trouve grâce à ses yeux, c'est J.Bardella. ...

En revanche, il renvoie M.Le Pen aux origines du parti. "Son projet est plus proche de celui de LFI que des LR." - R.Cayrol: Rupture avec l'histoire du gaullisme.

C'est ahurissant. Depuis 1986, ça fait un bon paquet d'années, les gaullistes et les partis qui se sont succédé, avec des dénominations différentes, ont toujours dit qu'ils ne partageaient pas les mêmes valeurs que le Front national, puis le RN. Ils refusaient, même pour les seconds tours, toute espèce d'alliance ou de désistement.

C'est une rupture fondamentale. Il a été suivi par B.Retailleau.

Seul M.Barnier a dit que ce n'étaient pas les mêmes valeurs. - A.-E.Lemoine: X.Bertrand, aussi. - R.Cayrol: Mais c'est M.Bernier qui a commencé. - R.Cayrol: C'est M.Barnier qui a commencé.

Ma conviction, c'est que les cadres du parti LR et les électeurs sont massivement d'accord avec N.Sarkozy. Ca annonce des choses un peu terribles par rapport à ce que nous avons vécu jusqu'à maintenant. - A.-E.Lemoine: Le RN veut rouvrir les maisons closes. - L.Sénéchal: Proposition surprenante du député RN de la Somme J.-P.Tanguy.

Il veut les ouvrir sous forme de coopératives qui seraient tenues par les prostituées. - J.-P.Tanguy: La moins pire des solutions, c'est de leur offrir la possibilité d'être dans des endroits sécurisés avec un pécule par les parts sociales de cette coopérative.

Elles pourront changer de vie quand elles le voudront. - L.Sénéchal: Les maisons closes ont existé, de 1804 à leur fermeture en 1946, à l'initiative de Marthe Richard, ancienne prostituée. - Pour quelles raisons avez-vous décidé de partir en guerre... - Contre l'esclavage de la femme.

Par féminité et par devoir. Je pars en sportive. J'attaque.

J'avais lu la veille, dans un journal, que l'ONU voulait que l'esclavage féminin soit fini dans les maisons. - L.Sénéchal: Ca fait beaucoup réagir les travailleurs et travailleuses du sexe.

Ils ne veulent pas entendre parler d'un retour des maisons closes. F.Hollande a abrogé le délit de racolage public.

Il a pénalisé les clients et a créé un parcours de sortie de la prostitution. Il a donné un titre de séjour pour les étrangers, ce que critique beaucoup le RN. - A.-E.Lemoine: Un enfant de 8 ans humilié et filmé par les éducateurs de son foyer. - L.Sénéchal: Ce garçon, le crâne à moitié rasé par des éducateurs qui se moquent de lui en guise de punition et filment la scène dans un foyer de l'Aide sociale à l'enfance. ... - L.Sénéchal: Ces faits remontent à février.

Ils ont été rendus publics par franceinfo. La maman du garçon porte plainte. Elle n'a pas la garde du garçon.

Certains éducateurs se sont offusqués. Ce qu'a subi ce garçon n'a pu être rendu public que grâce à une ancienne éducatrice du foyer, saluée par l'avocat de la maman. - On en a eu connaissance grâce au témoignage et grâce au lancement d'alerte d'une ancienne éducatrice de ce foyer, qui a quitté le foyer et qui a décidé, avant de partir, de dire à certains parents ce qui se passait réellement, preuves à l'appui.

C'est avec le courage de cette éducatrice qu'on a pu avoir connaissance de ces faits. - L.Sénéchal: Au-delà de ce cas particulier, c'est la prise en charge au sein des foyers de l'ASE qui pose problème et que dénonce l'avocat. - Il y a une vraie difficulté en matière de recrutement.

On se rend compte que, très souvent, les difficultés viennent aussi d'éducateurs intérimaires qui sont recrutés sur un coin de table. Il y a beaucoup de commissions d'enquête sur divers sujets. Le groupe qui fera un droit de tirage sur le fonctionnement de l'ASE, sur l'état des foyers, il aura fait une bonne action pour la société.

Ca sera sans doute une des commissions d'enquête les plus édifiantes. - L.Sénéchal: L'équipe d'éducateurs a été renouvelée, affirment les autorités.

Mais franceinfo affirme que l'éducatrice qui a rasé la tête de l'enfant est toujours en poste. - A.-E.Lemoine: Le budget de la Sécurité sociale a été adopté, Patrick? - P.Cohen: Oui.

Le socle qui veut des élections anticipées, LFI plus RN, a eu une vingtaine de voix supplémentaires trouvées ici et là. Je n'ai pas le détail complet. 13 voix de majorité.

C'est une haie supplémentaire que vient de franchir S.Lecornu dans un long parcours du combattant. Il n'est pas terminé.

Le texte va aller au Sénat. Il devrait revenir à l'Assemblée nationale, pour une nouvelle lecture au 15 décembre, avec une chance d'adopter le budget de la Sécurité sociale sans 49-3 d'ici à Noël. Pour le budget de l'Etat, ce n'est pas gagné. - B.Morel: On n'a pas encore le détail par groupe.

Il faudra voir ce qu'a fait chaque groupe. Il y a beaucoup de votants. 247 contre 232, on n'a quasiment une immense majorité de l'Assemblée nationale qui a voté le texte.

Ca peut être relativement rassurant pour le gouvernement. Les députés qui risquent de switcher d'ici au 15 décembre sont relativement peu nombreux. Ca ne présage absolument pas du sort du PLF.

Le marathon budgétaire, les Français n'ont pas fini de continuer à le vivre. - R.Cayrol: C'est un joli coup pour le Premier ministre.

Il faut lui dire chapeau. Il a su naviguer avec cette Assemblée d'une façon assez remarquable. L'inconvénient, c'est que ça a abouti à un texte très bizarre, où il y a des choses qui font plaisir aux uns, aux autres et à personne.

On laisse encore filer le déficit. Les problèmes de déficit budgétaire et de la dette intéressent pas tellement les Français. Ca devrait intéresser plus les parlementaires.

C'est eux qui creusent en permanence le déficit et la dette. Bravo! - A.-E.Lemoine: On en vient au dictionnaire, le Robert, qui publie son top 10 des mots les plus recherchés.

Est-ce qu'il y a "gloubi-boulga"? - L.Sénéchal: Je vous ai fait des cartons.

Il faut trouver les mots correspondant aux définitions. C'est la définition de "masculinisme". - A.-E.Lemoine: Il fait son entrée dans le Robert. - L.Sénéchal: Non, ce sont les mots les plus recherchés dans Le Robert.

Autre définition: "assemblée décisionnaire". C'est "conclave", bravo! Il y a eu la nouvelle élection du pape.

Avant ça, il y a eu le conclave pour réviser la réforme des retraites. F.Bayrou a été visionnaire. "Adverbe interrogatif qui signifie 'comment' ou 'quoi'". - A.-E.Lemoine: Il faut être jeune. - L.Amar: C'est "wesh". - A.-E.Lemoine: Ca veut dire ça? - L.Sénéchal: C'est à cause d'une fake news qui circulait sur les réseaux sociaux. - E.Macron n'y est pas allé par 4 chemins.

Il a expliqué que le mot "wesh" devra être remplacé par "hola". - Quand tu voudras dire "wesh, gros, ça va?", il faudra dire "hola". - E.Macron a dit que tous les élèves qui parleront comme ça seront sanctionnés par un paiement de 200 euros pour les parents. - L.Sénéchal: "Gougnafier", c'est à cause du Sénégal.

Un pic de gens sont allés chercher ce mot prononcé par un proche de l'ex-président pour qualifier le nouveau président. - A.-E.Lemoine: Merci.

C'était passionnant. Merci, R.Cayrol, B.Morel, O.Dauvers.

Dans un instant...