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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 4 janvier 2012 10 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Nadine Morano

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 55 %Attaque 25 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 60 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15FerméeRéponse directe

    C'est une étiquette que vous revendiquez ?

  • 0:28OuverteRéponse directe

    Et vous êtes engagée ?

  • 0:36RelanceRéponse partielle

    Vous n'êtes plus très nombreux au gouvernement de ces sarkozistes historiques ?

  • 1:19RelanceRéponse partielle

    Ils le sont devenus peut-être par nécessité.

  • 2:24OuverteRéponse partielle

    Et c'est l'une des idées d'un ex-chirakien, Jean-François Copé, qui s'impose aujourd'hui une TVA sociale ?

  • 3:54RelanceÉludée

    Qui a dit, une hausse de la TVA pour tous les Français n'est certainement pas la solution pour abaisser le coût du travail ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:24Invité politiqueFait
    « Je partage les mêmes convictions que le chef de l'État. »
  • 0:58Invité politiqueFait
    « l'ensemble des personnalités qui composent ce gouvernement partagent la politique que nous menons, sinon ils ne seraient pas là. »
  • 2:48Invité politiqueFait
    « Le dispositif n'est pas finalisé. »
  • 2:53Invité politiqueFait
    « L'objectif, c'est de faire baisser le coût du travail dans notre pays, parce que la première priorité de nos concitoyens, c'est l'emploi et la lutte contre le chômage. »
  • 3:04Invité politiqueFait
    « C'est également la compétitivité de nos entreprises pour ramener à l'équilibre notre balance commerciale. »
  • 3:35Invité politiqueFait
    « nous avons supprimé la taxe professionnelle, qui était un impôt injuste, qui pesait sur les investissements des entreprises, et où chacun reconnaissait que cet impôt était un impôt imbécile. »
  • 5:12Invité politiqueChiffre
    « sur 100 euros de salaire, nous avons 50 euros de charge en France. En Allemagne, c'est 39 euros. »
  • 5:22Invité politiqueFait
    « Vous comprenez donc pourquoi la balance commerciale en Allemagne est excédentaire et que chez nous, elle est extrêmement déficitaire. »
  • 6:29Invité politiqueFait
    « Si nous n'avions pas fait la réforme des retraites, qui a été saluée d'ailleurs en son temps par Dominique Strauss-Kahn, regardez où nous en serions. »
  • 6:35Invité politiqueChiffre
    « Nous aurions 39 milliards d'euros de déficit sur notre dispositif de retraite. »
  • 7:58Invité politiqueChiffre
    « 500 millions d'euros y ont été consacrés. »
  • 8:08Invité politiqueChiffre
    « On en est à 420 000. »
  • 8:38Invité politiqueChiffre
    « Nous avons une augmentation de 8,3% de contrats d'alternance dans notre pays. »

Temps de parole

  • Nadine Morano72 %
  • Présentateur28 %

6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Présentateur

Bonjour Nadine Morano, ministre chargée de l'apprentissage et de la formation professionnelle, déléguée générale de l'UMP en charge des élections et sarkoziste. C'est une étiquette que vous revendiquez ?

0:18
Nadine Morano

Oui, pourquoi ? Je ne la revendiquerai pas. Je partage les mêmes convictions que le chef de l'État. Je pense que la loyauté est une qualité en politique, donc j'assume d'être sarkoziste, oui.

0:28
Présentateur

Et vous êtes engagée ?

0:29
Nadine Morano

Je pense que c'est le meilleur pour la France et il le démontre tous les jours. Et pour travailler avec lui chaque jour, je peux vous dire que c'est une réalité.

0:36
Présentateur

Et à la différence d'autres, y compris au sein du gouvernement, vous êtes engagée de longue date derrière lui. Vous n'êtes plus très nombreux au gouvernement de ces sarkozistes historiques qui étaient en première ligne en 2005-2007, pour répliquer aux Chirakiens notamment.

0:52
Nadine Morano

Oui, mais par définition, l'ensemble des personnalités qui composent ce gouvernement partagent la politique que nous menons, sinon ils ne seraient pas là. Donc, par définition, ils sont aussi tous sarkozistes.

1:02
Présentateur

Ils le sont devenus peut-être par nécessité. Encore une fois, quand on regarde en arrière, dans ces années avant l'élection présidentielle, Patrick Deveggian, Christian Estrosi, Ramayad, Rachida Dati, qui était la porte-parole de Nicolas Sarkozy en 2007, presque tous se sont éloignés ou ont été éloignés.

1:19
Nadine Morano

Ah bon ? Est-ce que vous croyez qu'ils ne vont pas soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy en 2012, s'il est candidat ?

1:24
Présentateur

Ramayad, je ne suis pas sûr. Rachida Dati, elle s'est mise en marge.

1:28
Nadine Morano

Oui, moi je pense que le moment venu, l'ensemble des personnalités que vous venez de citer feront bloc derrière Nicolas Sarkozy. Et donc, je suis prête à en faire le pari, on se reverra à ce moment-là.

1:37
Présentateur

Mais vous avez remarqué que ce sont plutôt les Chirakiens ou les ex-Chirakiens qui sont au pouvoir aujourd'hui, ceux que vous avez combattus dans le passé.

1:44
Nadine Morano

Écoutez, moi j'ai fait la campagne de Jacques Chirac en 1995. J'étais déléguée des jeunes RPR lorsque j'avais 20 ans et que j'étais à l'université. Donc, j'étais qualifiée de Chirakienne à ce moment-là. On m'a qualifiée de sarkoziste lorsque j'étais élue à l'Assemblée nationale en 2002. C'est vrai. Et j'ai toujours défendu Jacques Chirac lorsque je faisais ses campagnes et lorsque j'ai été élue au Parlement et lorsqu'il était président de la République. Et j'ai toujours pensé, et depuis le départ, lorsque j'étais non seulement déléguée des jeunes, mais au cours de mon évolution au sein du RPR, que Nicolas Sarkozy serait le prochain parce qu'il en avait toutes les qualités.

Et je ne me suis pas trompée.

2:24
Présentateur

Et c'est l'une des idées d'un ex-chirakien, Jean-François Copé, qui s'impose aujourd'hui une TVA sociale qui entrerait en vigueur avant la présidentielle. Ça a été dit par Nathalie Kosciusko-Morizet ici même lundi matin, par Valérie Pécresse hier. On a du mal à y croire tout de même. Vous imaginez, Nadine Morano, une hausse générale de la TVA à quelques semaines du premier tour ?

2:46
Nadine Morano

D'abord, le dispositif n'est pas finalisé. Quel est l'objectif ? L'objectif, c'est de faire baisser le coût du travail dans notre pays, parce que la première priorité de nos concitoyens, c'est l'emploi et la lutte contre le chômage. C'est également la compétitivité de nos entreprises pour ramener à l'équilibre notre balance commerciale. C'est aussi rechercher avec l'Allemagne cette convergence de fiscalité, parce que vous savez que cette convergence de fiscalité, le président de la République en a fait un cheval de bataille au niveau européen. Et je crois que c'est ce qui va nous permettre justement de redoper l'emploi dans notre pays.

Mais c'est pour ça, vous savez, quand je lis que certains utilisent le mot changement, on n'a pas attendu un candidat socialiste à l'élection présidentielle pour changer la France. On a mené beaucoup de réformes au cours de ce quinquennat qui a déjà transformé la France. Je voudrais rappeler que nous avons supprimé la taxe professionnelle, qui était un impôt injuste, qui pesait sur les investissements des entreprises, et où chacun reconnaissait que cet impôt était un impôt imbécile. Mais nous l'avons fait.

3:48
Présentateur

Sauf que la TVA sociale, ça fait débat à gauche, mais aussi à droite. Qui a dit, on rappelait la phrase tout à l'heure, il y a un an, une hausse de la TVA pour tous les Français n'est certainement pas la solution pour abaisser le coût du travail ? C'est votre ministre de tutelle, Xavier Bertrand.

4:03
Nadine Morano

Écoutez, nous sommes en train de travailler sur un dispositif qui, et c'est pour cela, il n'est pas finalisé. Donc je ne vous dirai pas quel est ce dispositif. J'ai reçu depuis hier...

4:14
Présentateur

Ce qu'on nous a dit hier, c'est que ça pourrait entrer en vigueur avant la présidentielle.

4:17
Nadine Morano

J'ai reçu, mais ça c'est exact. J'ai reçu les partenaires sociaux depuis hier où je commence les entretiens. En vue du sommet social ? En vue du sommet social. Xavier Bertrand, lui aussi, reçoit les partenaires sociaux de son côté. Valérie Pécresse et François Baroin travaillent également sur la mise en place de ce dispositif. Nous avons des réunions nombreuses pour trouver le meilleur dispositif à la française qui nous permettrait... Je n'aime pas trop cette expression de TVA sociale. Moi, je préfère parler de participation pour la compétitivité de la France.

4:56
Présentateur

Participation des consommateurs qui paieraient le transfert de cotisation.

5:00
Nadine Morano

Participation pour la compétitivité de la France. Oui, mais jusqu'où allons-nous aller ? Qui sera concerné ? Donc nous sommes en train d'affiner ce dispositif. L'objectif, vous l'aurez compris M. Cohen, c'est d'abaisser le coût du travail. Vous savez que sur 100 euros, prenons l'exemple comparatif entre la France et l'Allemagne, sur 100 euros de salaire, nous avons 50 euros de charge en France. En Allemagne, c'est 39 euros. Vous comprenez donc pourquoi la balance commerciale en Allemagne est excédentaire et que chez nous, elle est extrêmement déficitaire. Nous devons taxer les produits d'importation.

Nous devons faire en sorte d'alléger le coût du travail pour permettre à nos entreprises de recruter.

5:38
Présentateur

L'objectif d'abaisser le coût du travail, on a bien compris. Le moyen, c'est une hausse de la TVA.

5:42
Nadine Morano

Non mais ça, c'est vos propos. On verra exactement, on verra comment se fera.

5:48
Présentateur

Non, non, c'est une question. Est-ce que la TVA pourrait augmenter d'ici à la présidentielle ?

5:51
Nadine Morano

Oui, c'est une question. Pardon alors.

5:54
Présentateur

C'était ma première question. Est-ce que la TVA pourrait augmenter à quelques semaines du premier tour ?

5:59
Nadine Morano

Moi, je vais vous dire une chose. Nicolas Sarkozy, au cours de ses voeux, a expliqué très clairement qu'il serait président jusqu'à la fin de son mandat, qu'il agirait avec courage jusqu'à la fin de son mandat. Et nous prendrons les mesures nécessaires qui nous permettront et qui permettront à la France de retrouver le chemin de l'emploi parce que la crise, vous le voyez bien, impacte fortement l'emploi dans notre pays. Et donc, nous devons agir jusqu'au bout. Si nous n'avions pas fait la réforme des retraites, qui a été saluée d'ailleurs en son temps par Dominique Strauss-Kahn, regardez où nous en serions. Regardez la situation de l'Italie.

Nous aurions 39 milliards d'euros de déficit sur notre dispositif de retraite. Nous avons fait la réforme des retraites. Nous avons fait la réforme de la carte militaire dans notre pays. Ça aussi, c'est une réforme structurante.

6:47
Présentateur

Mais ce n'est pas parce qu'on dit réforme que la mesure est forcément bonne. Quand vous lisez Alain Madeleine ce matin dans Les Echos, aucun argument avancé sur la TVA sociale ne tient la route, dit-il. On peut se poser la question de l'opportunité de la mesure et de l'efficacité.

6:59
Nadine Morano

Si Alain Madeleine détenait la vérité absolue dans ce pays, il aurait fait des meilleurs scores au niveau de son niveau de pensée. Non, mais c'est un point de vue à droite qu'on peut entendre. Non, mais c'est un point de vue. Mais regardez, je vous invite à relire la tribune de Manuel Valls en octobre dernier, le 7 ou le 8 octobre de mémoire. Oui, Manuel Valls défendait la TVA sociale. Il défendait non seulement la TVA sociale, mais il disait qu'en plus c'était une mesure de gauche. Donc vous voyez que quand à un moment on est d'accord sur un dispositif, est-ce que la responsabilité politique, ce n'est pas de se dire sur ces sujets nous avons besoin de l'Union Nationale.

Parce que ce qui est important pour les Français, c'est de créer de l'emploi. C'est ça qu'ils attendent.

7:37
Présentateur

Alors l'emploi justement, c'est votre secteur Nadine Morano. Vous venez d'en parler. Les Echos révèlent ce matin une circulaire du ministère du Travail qui vise à accélérer le rythme de signature des contrats aidés sur le premier semestre. L'idée, c'est bien de limiter la casse et les mauvais chiffres du chômage avant la présidentielle ?

7:53
Nadine Morano

Mais nous avons dit que nous aiderions les publics les plus en difficulté. Je vous rappelle que 500 millions d'euros y ont été consacrés.

8:01
Présentateur

Enfin, le nombre d'emplois aidés diminue cette année.

8:03
Nadine Morano

Le nombre d'emplois aidés va augmenter.

8:05
Présentateur

500 000 emplois aidés l'an dernier, 400 000 cette année.

8:08
Nadine Morano

On en est à 420 000. Alors attendez les chiffres consolidés. Mais il y a plusieurs volets dans cette politique d'accompagnement pour l'emploi. Je voudrais rappeler que moi qui suis en charge de l'apprentissage et de la formation professionnelle, il y a des bonnes nouvelles dans notre pays malgré la crise économique et financière. Je voudrais qu'on en parle un peu plus. En un an, le nombre de contrats d'alternants a augmenté au mois de novembre. Et donc on attend les chiffres consolidés à fin décembre. La semaine prochaine, je ferai une communication à ce sujet au Conseil des ministres. Nous avons une augmentation de 8,3% de contrats d'alternance dans notre pays.

Alors vous voyez quand François Hollande dit que lui, il veut faire rêver les jeunes. Et je pense que le rêve fait partie de la vie personnelle. Mais ça ne doit pas être la préoccupation des responsables politiques. Les responsables politiques doivent s'occuper de donner les meilleures conditions possibles aux jeunes pour pouvoir entrer sur le marché du travail.

8:58
Présentateur

Vous êtes sûre que le mot rêve n'a jamais été utilisé par Nicolas Sarkozy ?

9:02
Nadine Morano

Écoutez, je ne pense pas que le mot rêve, en plus le connaissant, il est plutôt dans l'action plutôt que dans le rêve, Nicolas Sarkozy. Et moi, je peux vous dire une chose, c'est que quand je vois que pratiquement 40 000 jeunes ont maintenant un contrat, si nous atteignons ces 10% d'ici à la fin du mois de décembre, eh bien c'est ça qu'attendent à la fois les parents et à la fois les jeunes. C'est de pouvoir entrer sur le marché du travail, avoir une bonne formation, avoir une bonne orientation. Et je vous parlerai après, si vous m'en laissez le temps, du service public d'orientation tout au long de la vie que nous avons mis en place le 6 décembre dernier.

Ça c'est important pour les jeunes, ça leur permettra, une fois qu'ils seront entrés dans la vie professionnelle, eh bien de réaliser leurs rêves, mais en tous les cas c'est de leur responsabilité personnelle.

9:44
Présentateur

Et on aura du temps Nadine Morano en deuxième partie d'interview pour vous interroger sur vos dossiers, sur votre utilisation du réseau Twitter qui fait beaucoup parler et pour entendre Sophia Rahm qui viendra délivrer son billet tout à l'heure à 9h moins 5.