Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewC dans l'air (sur YouTube)· 18 juin 2026 12 min

Accord de paix : que va faire Israël ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Ce n'est pas une réaction directe à l'accord. Certains en Israël dénoncent un coup de poignard dans son dos. Il y a eu cette déclaration de D.Trump cette semaine: "Sans les Etats-Unis, Israël n'existerait pas." - Ce matin encore, une frappe israélienne dans le sud du Liban.

Avant-hier également...

Ici, la guerre se poursuit malgré l'accord entre Washington et Téhéran. De quoi sérieusement irriter D.Trump qui, selon "The Wall Street Journal", aurait interpellé le Premier ministre israélien.

Mais B.Nétanyahou n'entend pas céder si facilement aux pressions. Lundi, 1re conférence de presse depuis 3 mois.

Malgré la promesse d'un accord, toujours la même volonté. - B.Nétanyahou: Depuis des décennies, je lutte contre les efforts de l'Iran pour se doter de l'arme nucléaire.

C'est la mission de ma vie. Je m'y suis tenu jusqu'à aujourd'hui et je m'y tiendrai encore. Avec ou sans accord, l'Iran ne possédera pas l'arme nucléaire.

Je vous le dis, citoyens d'Israël, la lutte n'est pas terminée. - Simple divergence ou véritable rupture? Au sommet du G7, mardi, D.Trump met en garde le chef de l'Etat hébreu. - D.Trump: Sans nous, sans les Etats-Unis, Israël n'existerait pas.

Sans moi, Israël n'existerait pas car aucun autre président était prêt à faire ce que j'ai fait. J'ai une excellente relation avec Bibi, mais maintenant, Bibi doit se montrer plus responsable vis-à-vis du Liban. - D.Trump, B.Nétanyahou, une amitié de longue date. - B.Nétanyahou: Je pense que D.Trump est le meilleur ami que j'aie jamais eu à la Maison-Blanche. - D.Trump: On a déjà gagné une grande guerre ensemble. - Jusqu'à l'attaque conjointe surprise contre l'Iran. - B.Nétanyahou: Chers citoyens, je tiens à remercier du fond du coeur le président des Etats-Unis, D.Trump, le peuple américain et l'armée américaine.

Le président Trump n'est pas seulement le plus grand ami d'Israël que la Maison-Blanche ait jamais connu. C'est aussi un dirigeant déterminé du monde libre. - Des propos qui ont mal vieilli.

En pleine négociation avec l'Iran, D.Trump reproche à B.Nétanyahou l'escalade militaire au Liban.

Conversation houleuse que le président américain a fait fuiter dans la presse. B.Nétanyahou presque humilié et critiqué aussi chez lui.

L'accord entre Washington et Téhéran lui est reproché par ses opposants. - Un simple trait de plume. Les exploits de nos pilotes et l'héroïsme de nos combattants sur le sol libanais ont été effacés. - Et même par certains membres de son gouvernement. - Un Etat souverain n'est pas un sous-traitant au service d'une quelconque superpuissance.

Il n'est pas lié par des accords qui bloquent sa capacité à protéger son peuple. Nous aimons le président Trump, mais nous n'acceptons pas l'accord qu'il a signé et nous devons poursuivre sur notre voie. - Le prochain test pour B.Nétanyahou aura lieu en octobre lors des élections législatives.

Selon un dernier sondage, la coalition du Premier ministre pourrait perdre la majorité. - A.Casse: Question. - M.Khadra: Il est en train de préparer les élections législatives, de penser à sa survie et à une priorité, celle du front libanais.

Il a rappelé, avec son ministre de la Défense, que la question du Liban et de la sécurité du nord d'Israël étaient non négociables. Donc pas de concessions faites au Hezbollah. Toujours le maintien de la même politique, à savoir bombarder les positions du Hezbollah.

Depuis l'annonce de cet accord, ils ont réduit la voilure des attaques. Il n'y a pas autant d'attaques qu'avant. Mais il y en a toujours.

C'est le maintien du rapport de force. Il y a un 3e cycle de négociations directes. Ca aura lieu à Washington.

Il y a toujours des avancées sur le dossier libanais et Nétanyahou ne veut pas déclarer forfait. Il veut dire "je maîtrise. Je n'ai pas maîtrisé le dossier iranien, mais je maîtrise le dossier libanais".

Il y a eu des déclarations officielles de la part du Premier ministre et du président libanais en disant qu'il n'était pas concerné par le deal signé entre l'Iran et les Etats-Unis. - A.Casse: Est-ce que B.Nétanyahou peut continuer sa guerre contre D.Trump? - A.Levallois: Il peut la continuer au Liban.

Il peut y avoir un deal. "Tu peux continuer mais dans des marges acceptables. Il ne peut pas refaire des bombardements aussi violents." Même si Nétanyahou est perdant dans le sens où il voulait aller au-delà dans sa guerre au Liban, au bout du compte, il n'est pas si perdant que ça.

Il a obtenu que la région est un chaos absolu généralisé. Il fait ce qu'il veut de la bande de Gaza, en Cisjordanie. Il a détruit une grande partie du Liban sans que quiconque ne l'arrête, y compris la France qui était garante du cessez-le-feu.

Israël est implanté en Syrie avec des troupes dans le sud de la Syrie et Nétanyahou les a passées en revue. Il y a un territoire syrien annexé en 80 qui a été étendu. On a un Trump qui dit à la Syrie: "Occupez-vous du Liban." Je n'ai pas le sentiment que Nétanyahou ait tout perdu.

Il a perdu l'obsession iranienne de détruire les installations mais certaines ont été endommagées. Il y a un retard pris dans la possibilité des Iraniens de mettre en place le programme nucléaire. Quand vous regardez la situation générale de B.Nétanyahou, elle n'est pas si mauvaise.

Elle est dramatique en termes de perception. Ca donne le sentiment que Trump veut lui imposer quelque chose et que B.Nétanyahou ne peut pas accepter cela. - A.Casse: Le vice-président américain évoque la question israélienne.

Il a dit: "Israël devrait ouvrir les yeux." B.Nétanyahou n'a pas réagi officiellement au contenu de l'accord, mais I.Ben Gvir dit: "Nous n'acceptons pas l'accord que D.Trump a signé." Que nous dit la réaction de J.D.Vance? - J.André: Il y a eu ce qu'a dit Trump hier, qui était brutal. "Les Américains signalent que vous êtes allés suffisamment loin." Jusqu'où comptent-ils aller?

Ils sont dans une sorte de fuite en avant. Ils prennent le contrôle...

La France s'est fâchée. Ils ont pris le château de Beaufort. "C'est trop.

C'est symbolique." On revient sur les positions de la guerre des années 80... "On ne veut pas le revivre." On sent Trump inquiet pour son accord.

Il dit à B.Nétanyahou: "Stop, tu ne torpilles pas mon accord." Il le dit de manière très violente.

Au G7, il dit que Nétanyahou a été un bon Premier ministre. Il le dit au passé. "Il a été un bon partenaire mais parfois, il s'énerve.

Il faut qu'il se souvienne qu'on est le gros partenaire et que lui, c'est le tout petit partenaire." Il lui dit: "Stop, assez, tu te tiens à carreau." Je suis d'accord qu'ils ont gagné énormément de terrain, profité de cette période et ils en sortent en position de force militairement dans un chaos.

Où est-ce qu'ils vont maintenant? C'est un peu l'archétype de la victoire à la Pyrrhus. - A.Casse: Quand on entend les propos de D.Trump, il ramène B.Nétanyahou plus bas que lui mais on sent une inquiétude, que ce soit B.Nétanyahou qui décide de la suite des événements. - A.Bellanger: D.Trump dit que ce n'est pas la queue qui remue le chien mais le chien qui remue la queue.

C'est lui qui fournit la puissance, les armes et les directions stratégiques. B.Nétanyahou dit qu'il est en campagne électorale et qu'il n'est pas de bon aloi de se fâcher maintenant.

Il ne veut pas trop perdre au moment de l'élection. Pour les Israéliens, Israël est en guerre depuis 2 ans et demi. Les guerres d'Israël...

Elles doivent être courtes pour être supportables. La guerre des Six-Jours, la guerre de Kippour...

Ca fait 2 ans et demi que le nord d'Israël est entièrement interdit à tous les Israéliens qui vivent dans une bande de 50 km qui va de la frontière libanaise jusqu'à l'intérieur des terres israéliennes. C'est insupportable pour une partie de la population la plus conservatrice et ça épuise la population israélienne. Je suis d'accord pour dire qu'Israël n'a pas perdu l'affaire.

Avoir mis au KO la région fait partie de la théorie d'Israël. Il faut abrutir de violence vos ennemis de manière à ce qu'ils n'aient plus rien à négocier. Les Américains qui ne referont plus la guerre avant longtemps...

C'est la fin du rêve israélien d'hégémonie locale, cette idée qu'Israël était une surpuissance militaire et qu'elle pouvait imposer sa volonté par sa puissance militaire et sa puissance économique...

Aujourd'hui, cette centralité stratégique d'Israël est brisée. Les Etats-Unis ne sont plus là... - A.Levallois: Ils sont là quand même.

Accord de paix : que va faire Israël ? — Gérard Israel · Pourquijevote