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interviewBFMTV· 17 octobre 2024 21 min

OQTF, mort de Philippine, cycliste écrasé à Paris... L'interview en intégralité de Laurent Nuñez

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Laurent Nunez. Bonjour. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions ce matin et elles sont très nombreuses. Laurent Nunez, vous êtes le préfet de police de Paris, on va parler sécurité bien sûr. Des questions autour notamment de la mort de Philippines, son meurtrier présumé qui refuse son extradition, la question du narcotrafic bien sûr. Et puis je voudrais commencer par la mort de ce cycliste tué à Paris par un SUV mardi soir. Mardi donc 17h45 dans les rues du 8e arrondissement, un cycliste roule sur une piste cyclable. Une voiture lui a semble-t-il coupé la route à une intersection.

Le cycliste réagit, il tape du poing sur le capot de la voiture pour dire son indignation. Et le véhicule redémarre sciemment semble-t-il. L'enquête en tout cas pour meurtre est ouverte. Roulant donc sur le cycliste et l'écrasant, il est décédé. L'enquête est donc ouverte. Le propriétaire du véhicule est en garde à vue. Est-ce que vous en savez plus ce matin Laurent Nunez sur son profil, sur les faits ?

1:13
Laurent Nuñez

Non, non, j'en sais pas plus. Il y a une enquête judiciaire ouverte, vous avez raison de le dire, d'être prudente. Et je le suis aussi, forcément. Mais effectivement, il y a une enquête qui est ouverte pour des faits qui laissent à penser que l'acte aurait pu être volontaire. Donc il faut mettre ce fait très grave de côté, ne pas en tirer de constat sur l'usage de la voie publique à Paris pour autant.

1:34
Présentateur

Pour vous, il n'y a aucune question de voie publique à Paris ?

1:37
Laurent Nuñez

Il y a des questions qui se posent. On voit bien qu'il y a un développement des modes de transport, que sont le vélo, les trottinettes, les motocyclistes, les motos. Et donc il y a un usage qui est de plus en plus partagé de l'espace public à Paris. C'est la volonté de la maire de Paris, c'est une volonté politique. Et puis il faut forcer de constater aussi que ce sont les habitudes des parisiennes et des parisiens de plus en plus. Donc il y a tout un usage de l'espace public à réguler, c'est ce que nous faisons.

2:03
Présentateur

À réguler, justement, est-ce qu'il est déjà régulé ou est-ce qu'il reste à réguler ?

2:07
Laurent Nuñez

Bien sûr, il est régulé. Il y a plusieurs centaines de kilomètres de pistes cyclables dans Paris. Et il y a aussi de notre part, du côté de la préfecture de police, des contrôles routiers qui sont menés régulièrement, à la fois pour prévenir et réprimer, le cas échéant, les infractions qui concernent les véhicules automobiles, et puis les cyclistes aussi, les cyclistes aussi qui souvent ne respectent pas non plus le code de la route. Donc on mène des contrôles importants.

2:31
Présentateur

Est-ce que ça veut dire que ces contrôles, vous les menez tant vis-à-vis des automobilistes que vis-à-vis des cyclistes ?

2:37
Laurent Nuñez

Absolument, absolument. Et vous savez, en 2020, mon prédécesseur avait lancé un plan vélo. Le préférablement. Il y a le plan vélo de la ville de Paris et puis il y a le plan vélo de la préfecture de police, qui est un plan de contrôle, de prévention évidemment, de sensibilisation et de contrôle. Parce qu'en 2020, il y avait énormément d'accidents de cyclistes, de piétons. Et donc on a mis en place un plan de contrôle. D'ailleurs, je peux vous dire qu'en 2024, le nombre d'accidents, le nombre de blessés concernant ce qu'on appelle les usagers vulnérables, c'est-à-dire les cyclistes, les piétons, les motocyclistes, baissent depuis le début de l'année. C'est en baisse.

On baisse de moins 4 à moins 25% en fonction de la catégorie d'usagers vulnérables. Il faut s'en féliciter. Mais on continue à exercer des contrôles qui portent à la fois sur les véhicules motorisés et sur les cycles.

3:22
Présentateur

Laurent Nunez a posé aussi des questions sur le degré de violence, de réaction, d'incivilité. Mais une question encore sur l'organisation même de l'espace et les voitures. Yann Brossard, qui est donc l'ancien adjoint au transport de la mairie de Paris, qui est désormais sénateur communiste de Paris, demande l'interdiction des SUV en ville. Les SUV qui, par leur poids, quand ils sont impliqués dans un accident, entraînent une surmortalité. C'est ce que certaines enquêtes montrent. Est-ce que vous vous dites qu'il y a peut-être une régulation à faire de ces SUV ?

3:58
Laurent Nuñez

Non, ça c'est une mesure qui concerne la ville de Paris. S'il y avait une régulation des SUV, ça serait des mesures nationales. Moi, je ne veux pas rentrer dans ce débat-là. Quand tout le monde respecte le code de la route, quand tout le monde respecte les règles, il n'y a pas de problème. Nous, nous sommes là pour contrôler le bon usage et le bon respect du code de la route.

4:13
Présentateur

La question de la violence, le fait qu'en quelques minutes, la vie de ce cycliste ait basculé, non pas parce qu'il y aurait eu un accident, mais parce que la violence, parce que la hargne, parce que, comme vous le dites, l'enquête se poursuit pour accident volontaire, pour lui avoir roulé volontairement dessus. Qu'est-ce que ça dit de notre société, de ce que vous envoyez, vous, depuis votre poste de préfet de police ?

4:35
Laurent Nuñez

Il y a évidemment une montée des violences, c'est indiscutable, parfois pour des motifs qui sont extrêmement futiles, ce qui semble être le cas au cas d'espèce. Encore une fois, moi, je suis très prudent, il y a une enquête judiciaire en cours, mais voilà, ça en dit long parfois sur des incivilités qui peuvent basculer dans le drame, et c'est ce qui s'est passé il y a 48 heures maintenant.

4:56
Présentateur

Laurent Nunez, je voudrais vous interroger, bien sûr, sur les suites du drame autour de Philippines. Philippines, c'est cette jeune femme qui a été tuée au bois de Boulogne. Son meurtrier présumé avait été retrouvé, trois jours plus tard, en Suisse, de nombreuses questions. On va essayer de tirer au clair toutes ces questions, notamment sur l'application ou non de l'OQTF, sur l'application ou non des peines, mais d'abord, tout simplement, l'extradition. Il est aujourd'hui face à la justice suisse. La France a demandé son extradition pour qu'il puisse être jugé en France. Il refuse cette extradition. Quelle est la suite ?

5:32
Laurent Nuñez

Moi, je ne connais pas les procédures. Elles ne relèvent pas de moi, d'abord. Moi, je suis préfet de police. Je ne suis pas une autorité judiciaire. Donc là, on est dans une procédure judiciaire. Donc il y a une demande qui a été faite. Évidemment, à titre personnel, je souhaite que cette extradition soit possible et qu'elle ait lieu le plus vite possible. Et je peux vous dire que les enquêteurs qui ont fait un travail remarquable de la brigade criminelle de la direction de la police judiciaire, de la préfecture de police, le souhaitent aussi ardemment, je peux vous le dire.

5:55
Présentateur

Laurent Nunez, ce meurtrier, d'abord ce meurtre, il a eu lieu au bois de Boulogne. Le bois de Boulogne qui est donc dans le sud-ouest de Paris, dans l'ouest de Paris, qui depuis fait l'objet d'une surveillance renforcée. Est-ce qu'il y a aujourd'hui une dérive de la sécurité dans cette partie de Paris ?

6:15
Laurent Nuñez

Non. Honnêtement, il y a eu ce drame, ce crime abominable. Mais sur cette partie de Paris, sur le bois de Boulogne, depuis le début de l'année, les atteintes volontaires à l'intégrité physique des personnes, elles baissent de 36%. C'est un secteur qui est prioritaire pour nous. Il est prioritaire, comme les lois de Vincennes, comme le sont d'autres secteurs, où les Parisiennes et les Parisiens se rendent régulièrement. C'est prioritaire. Depuis ce drame, nous avons en plus renforcé le dispositif.

6:43
Présentateur

Ça veut dire quoi ?

6:43
Laurent Nuñez

Concrètement, il y a quatre équipages qui sont affectés.

6:47
Présentateur

C'est combien de personnes, un équipage ?

6:48
Laurent Nuñez

Ces quatre équipages, c'est de trois personnes qui sont affectées H24 en journée sur ce secteur. Et la nuit, j'ai deux équipages de la BAC nuit, donc deux fois trois personnes qui sont présents. On a la garde républicaine aussi, qui est présente dans le bois de Boulogne, dont j'ai augmenté la présence.

7:03
Présentateur

Quand vous me dites quatre équipages, ça veut dire 12 personnes pour un espace qui est grand.

7:07
Laurent Nuñez

Non, mais qui sont mobiles, qui circulent. Donc, il y a un dispositif. D'ailleurs, les élus parisiens m'avaient demandé de renforcer la sécurisation. C'est ce que j'ai fait. On en a parlé au Conseil de Paris pour leur plus grande satisfaction. Maintenant, ils me demandent l'installation de caméras. Donc, c'est un autre sujet. On a renforcé.

7:24
Présentateur

Allez-vous l'accepter ?

7:26
Laurent Nuñez

Les caméras à Paris. On a plus de 4000 caméras à Paris. On en a augmenté le nombre avec les JO. On a aussi une soixantaine de sites dans Paris qui ont été prévus pour être équipés, qui sont équipés. Et donc, on va évidemment discuter avec les élus des possibilités de déploiement, d'avoir un peu plus de caméras dans cette partie-là.

7:47
Présentateur

Donc, vous n'y êtes pas du tout au style ? Au contraire.

7:49
Laurent Nuñez

Ah non, moi, je suis pas au style. Après, vous savez, c'est la question de financement, de crédit. Mais on va évidemment y travailler. On va travailler. On travaille. Chaque fois que je suis saisi par des élus parisiens, notamment sur le déploiement dispositif de sécurité, on les accueille toujours, évidemment, avec beaucoup de bienveillance.

8:02
Présentateur

Avec la question, Laurent Nunez, de l'application de l'OQTF. En l'occurrence, le meurtrier présumé de Philippines avait non seulement été une première fois condamné, condamné pour viol. Il avait fait l'intégralité de sa peine. Et puis, il était sous le coup d'une OQTF. Mais on le sait bien désormais, il a été libéré du centre de rétention administrative quelques jours seulement avant que la France ne reçoive le laissé-passer qui aurait permis de l'envoyer au Maroc. Est-ce qu'il faut, oui ou non, allonger de l'expérience que vous avez au quotidien en tant que préfet de police, la durée de rétention dans les centres de rétention administrative ?

8:44
Laurent Nuñez

Oui, bien sûr. D'abord, le problème d'exécution des OQTF, c'est un problème important. D'abord, vous dire...

8:51
Présentateur

Allez-y, prenez votre temps, expliquez bien les choses.

8:53
Laurent Nuñez

Par exemple, à Paris, il faut savoir qu'à Paris, depuis le début de l'année, le nombre d'OQTF exécutés a augmenté de 60%. Donc, c'est un sujet sur lequel on s'investit énormément. Le précédent ministre de l'Intérieur, Gérald Larmanin, nous le demandait. Et il nous demandait de veiller à ce qu'on puisse effectivement exécuter ces OQTF.

9:11
Présentateur

Ça veut dire quoi, ça, Laurent Nunez ? Si on s'arrête un instant là-dessus, quand vous dites 60%, d'abord, ça représente combien de personnes, 60% ?

9:16
Laurent Nuñez

60%, ce sont, pour là, au moment où je vous parle, les éloignements, ça a été 700 personnes.

9:21
Présentateur

700 personnes ?

9:22
Laurent Nuñez

À la même période, l'an passé, on était à 450 personnes qui avaient été éloignées. Donc, c'est une progression significative. C'est une progression 60%, c'est significatif. Cela étant, cela étant, par rapport au nombre de mesures d'éloignement que nous prenons, ça reste insuffisant. On exécute 10%. Ça représente combien de personnes ? On exécute, sur Paris, on exécute à peu près 10%

9:41
Présentateur

des OQTF, vous en avez 10 qui sont appliqués.

9:43
Laurent Nuñez

Voilà. Donc, c'est quand même une difficulté. Et donc, il faut absolument que l'on poursuive notre... Que l'on poursuive. Donc, je parle des éloignements forcés. Je parle des éloignements contraints.

9:52
Présentateur

Vous estimez qu'il y en a quelques-uns qui repartent d'eux-mêmes ?

9:55
Laurent Nuñez

Ah non, mais on ne peut pas, actuellement, on ne peut pas éloigner l'ensemble des personnes qui bénéficient de QTF pour plusieurs raisons. Il y a plusieurs raisons. Lesquelles ? D'abord, il y a le problème, évidemment, des places en CRA. Il y a un programme qui a été annoncé... Centre de rétention administrative. Centre de rétention administrative. Il y a un programme qui a été annoncé par le ministre de l'Intérieur, Bruno Rotaillot, qui était aussi porté par le précédent gouvernement. Donc, il faut faire des efforts, évidemment, là-dessus. Et puis, on a des problèmes aussi, beaucoup de problèmes, trop de problèmes, pour obtenir des laissés-passés consulaires.

C'est-à-dire, il ne faut pas que... Vous ne pouvez pas envoyer... On n'envoie pas sans l'accord d'un pays, un étranger, dans son pays d'origine, dans le pays dont il a la nationalité. Ça n'est pas possible. Il faut obtenir un laissé-passer. Et c'est compliqué avec certains pays, d'où les annonces faites par le ministre de l'Intérieur, Bruno Rotaillot, d'avoir des accords bilatéraux avec un certain nombre de pays, mais qui soient des accords bilatéraux qui prévoient une forme de réciprocité. C'est-à-dire, éventuellement, quand ces laissés-passés ne sont pas délivrés, d'avoir un certain nombre de sanctions. J'ose le mot, j'ouvre les guillemets.

C'est-à-dire, moins de visas attribués, peut-être moins d'aide au développement, que ce soit donnant-donnant, en quelque sorte. Des restrictions douanières plus importantes. Voilà, que ce soit donnant-donnant. Mais pour nous, c'est extrêmement important.

11:01
Présentateur

Parce que quand on n'obtient pas les laissés-passés,

11:04
Laurent Nuñez

concrètement, ça veut dire que les personnes que nous mettons en centre de rétention administrative, en vue d'un éloignement, dans l'attente de cet éloignement et de cette délivrance du laissé-passé, ils restent en cras et ils embolisent les places. C'est-à-dire qu'on ne peut plus placer d'autres personnes en cras. Et c'est quand même une difficulté. Donc il nous faut fluidifier la gestion des centres de rétention administrative.

11:23
Présentateur

C'est un appel que vous lancez aussi aux politiques,

11:24
Laurent Nuñez

parce que ça se joue au niveau diplomatique. Non, ce n'est pas un appel. Je crois que Bruno Rotaillot a été très clair. Il a fait des annonces en ce sens. Très fortes, qui vont permettre évidemment, si on obtient plus d'accords, si on obtient plus de laissés-passés, on va fluidifier le passage dans les centres de rétention administrative. C'est une des clés. C'est une des clés. Ce n'est pas la seule. Ce n'est pas la seule. Il y en a d'autres.

Après, vous savez, actuellement, la politique qui est menée, c'est de plutôt placer en centre de rétention administrative ceux des étrangers en situation irrégulière qui sont frappés d'une obligation de quitter le territoire, qui sont les plus dangereux, parce qu'ils ont commis par le passé.

11:58
Présentateur

C'est comment on estime la dangerosité ?

12:00
Laurent Nuñez

C'est ce qu'on dit dans le jargon policier. C'est le pédigré, c'est le CV de l'individu, parce qu'il a été connu pour plusieurs faits, des faits graves. Et ces personnes-là, nous les plaçons prioritairement en centre de rétention administrative. D'où la mesure qu'a proposée Bruno Rotaillot, et vous m'en parliez, donc je réponds à votre question, de l'allongement, évidemment, de la durée de placement.

12:17
Présentateur

Donc il faut à la fois fluidifier ?

12:19
Laurent Nuñez

Fluidifier et allonger la durée. Ça peut paraître paradoxal, mais ça veut dire qu'au moins des individus qui sont dangereux restent en cas de qui sont dangereux.

12:26
Présentateur

Qui sont considérés comme potentiellement dangereux ?

12:29
Laurent Nuñez

Qui sont considérés en cas de qui ont commis un certain nombre d'infractions graves, qui puissent rester en crâne plus longtemps que les 90 jours actuels.

12:34
Présentateur

Plus longtemps ? Plus de turnover, comme on dit, c'est-à-dire que ce soit plus fluide, et davantage de places. Aujourd'hui, Laurent Nunez, vous disposez de combien de places en Ile-de-France ?

12:43
Laurent Nuñez

Aujourd'hui, en Ile-de-France, nous avons 550 places pour toute la région Ile-de-France.

12:47
Présentateur

Et vous avez combien d'OQTF ?

12:49
Laurent Nuñez

Et nous avons, on prend en moyenne, on prend un millier d'OQTF. Oui, donc le contenier pas ? Non, le contenier pas. Non, pardon, on exécute un millier d'OQTF, on exécute un millier et on peut aller jusqu'à plusieurs milliers d'OQTF qui sont prises.

13:01
Présentateur

Donc effectivement, le contenier...

13:03
Laurent Nuñez

Non, mais le contenier pas, mais si on arrive à tout ça, c'est sur une année. Si on arrive à fluidifier les passages en crâne, il y aura forcément des améliorations significatives.

13:09
Présentateur

Vous estimez qu'il a faux, vous aurez besoin, vous avez besoin d'avoir les moyens que vous donnerez à une nouvelle loi immigration ?

13:15
Laurent Nuñez

Écoutez, les mesures dont on parle pour l'éloignement des étrangers en situation irrégulière, notamment pour ceux qui commettent des délits, tout ce qui facilite l'éloignement de ces étrangers est une bonne chose. Et je crois parler au nom de l'ensemble des préfets de France, pour qui c'est un sujet important. Il y a un pilotage très fin que le ministre de l'Intérieur, Bruno Rotailleau, nous a demandé d'accentuer. Il y a un pilotage très fin qui est fait. Et c'est la possibilité de mieux reconduire dans leur pays des individus en situation régulière qui font l'objet d'OQTF. Toutes les mesures sont les bienvenues.

Et à nous aussi de jouer sur les leviers qui sont en notre possession, en l'état actuel du droit aussi, évidemment.

13:55
Présentateur

Laurent Nunez, j'ai encore beaucoup de questions à vous poser. C'est vous qui êtes préfet de police de Paris sur l'état de la menace terroriste, sur le narcotrafic. Une question d'abord aussi sur l'événement, le match France-Israël qui aura lieu le 14 novembre au Stade de France. Est-ce que c'est un événement que vous allez placer sous haute surveillance ?

14:13
Laurent Nuñez

Oui, très haute surveillance. Dans le contexte géopolitique actuel, c'est un match à haut risque, évidemment. Mais qui se jouera dans des conditions normales. Donc il en a été ainsi décidé. Le match aura bien lieu au Stade de France, comme prévu, dans des conditions normales.

14:30
Présentateur

Et ça veut dire que vous, vous allez devoir renforcer ?

14:32
Laurent Nuñez

On en a parlé avec, évidemment, le ministre de l'Intérieur, Bruno Rotaillot, comme vous l'imaginez. Il y aura un dispositif de sécurité extrêmement renforcé, qui sera de très haut niveau. À la fois, évidemment, pour éviter des troubles à l'extérieur de l'enceinte. Et puis, pour nous assurer que les personnes rentrent en toute sécurité, il y aura évidemment des fouilles importantes. Et puis, surtout, un gros dispositif de sécurité à l'extérieur et à l'intérieur du stade.

14:58
Présentateur

Et à l'intérieur du stade. Et ça, c'est...

15:00
Laurent Nuñez

Ça sera vu avec la Fédération française de football. On y travaille avec eux. Ce n'est pas habituel d'être à l'intérieur du stade. Ce n'est pas habituel. On travaille avec la Fédération française de football. Parce que ce match est un match à haut risque. On intervient à l'intérieur d'un stade quand on est requis par l'organisateur, la Fédération française de football. Mais évidemment que dans le dispositif que je suis en train de préparer, que je présenterai au ministre, évidemment que je me prépare à toutes les hypothèses, dont celle d'avoir à entrer à l'intérieur pour éviter des incidents. Mais il y aura un très haut niveau de sécurité. Et tout se passera bien.

15:29
Présentateur

Quel est l'état de la menace terroriste aujourd'hui, Laurent Nunez ?

15:33
Laurent Nuñez

L'état de la menace terroriste reste très élevé. A fortiori, dans le contexte géopolitique qu'on connaît, avec des organisations terroristes comme l'État islamique, Al-Qaïda, dont la propagande s'appuie sur ce contexte-là pour inciter un certain nombre d'individus à passer à l'action. Donc voilà, le contexte fait que la menace terroriste est très élevée. Ce qui fait qu'on déploie des dispositifs de... D'abord, les services de renseignement font un travail formidable. Je veux rappeler que trois attentats dirigés contre les Jeux ont été... Les Jeux olympiques ont été déjoués. Les services de renseignement font un travail formidable. Et le ministre de l'Intérieur, M.

Rottel, nous demande de déployer aussi des dispositifs de sécurité, notamment sur un certain nombre de sites plus sensibles que d'autres, comme les synagogues, les écoles juives. Mais pas que, c'est tous les lieux de grands rassemblements de personnes. Donc on densifie la présence de voies publiques pour assurer une meilleure protection.

16:25
Présentateur

Et je précise d'ailleurs, Laurent Nunez, qu'aujourd'hui vous êtes préfet de police de Paris, mais que vous avez été aussi coordinateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme. Laurent Nunez, la question aussi du narcotrafic. Le nouveau ministre de l'Intérieur a dit en faire une priorité sur tout le territoire français. Mais on sait que la région Île-de-France et la région de Marseille sont deux régions particulièrement touchées. Pendant longtemps, et je me souviens vous avoir plusieurs fois reçu sur cette question-là, le krach à Paris faisait la une. Aujourd'hui, il y a tant de une à faire qu'on ne fait pas forcément celle-là.

Mais je voudrais quand même faire un point avec vous aujourd'hui là-dessus. Où est-ce qu'on en est du krach à Paris ?

17:03
Laurent Nuñez

Alors le krach à Paris, je vous parlerai du trafic de stupes d'une manière générale. Le krach, c'est un produit qui est un dérivé de la cocaïne qui s'était beaucoup implanté dans le Nord-Est parisien, qui est toujours présent dans le Nord-Est parisien, même si on a démantelé le campement, le fameux campement de Forceval en 2022. Donc on continue à lutter contre surtout les trafiquants. Donc on interpelle plusieurs centaines de trafiquants chaque année. Ce chiffre ne cesse d'augmenter. Trafiquants de krach. Et le nombre de consommateurs qui errent sur l'espace public dans le Nord-Est parisien a diminué. Maintenant, il subsiste quelques dizaines de consommateurs qui cherchent du produit.

On est sur des dizaines ? Quelques dizaines de consommateurs, mais qui créent énormément de nuisances. Ce sont des personnes qui sont malades, les personnes qui sont addictes au krach sont dans grande détresse. Et j'ai envie de vous dire, c'est évidemment les policiers qui restent très mobilisés sur ce sujet. Il n'y a plus de temps en Forceval, on interpelle les trafiquants. Mais voilà, c'est un problème maintenant de santé publique. Nous, on continue à être évidemment très présents parce que ces consommateurs créent des nuisances pour les riverains. On ne lâchera pas les riverains. On continue à être présents sur le terrain.

Mais je considère que pour la partie répressive, c'est-à-dire la mienne et celle de la procureure de la République de Paris, on a quand même bien avancé sur ce sujet. Après, il y a le trafic de stupes d'une manière générale. C'est ce que le ministre pensait évidemment plus tôt. Le trafic de krach, ce sont des micro-trafics. Très pénalisant pour les gens, mais ce sont des micro-trafics. Là, le ministre vise le narcotrafic, c'est-à-dire le trafic de masse. En matière de stupes, on a d'excellents résultats. Il faut aussi le dire. On a lancé des dispositifs Plasnet, quand vous avez demandé de lancer Gérald Darmanin.

Moi, sur ma zone de compétence, ce qui est toute l'agglomération parisienne, on est en affaire de stupes, que ce soit une brigade anti-criminalité.

18:50
Présentateur

Est-ce que c'est proportionnel à la hausse du trafic ?

18:53
Laurent Nuñez

On a des brigades anti-criminalité qui font un travail remarquable, qui vont interpeller des dealers dans les quartiers, sur les territoires, jusqu'aux gros réseaux qui sont démantelés. Le ministre nous a fait l'honneur de venir au service départemental de la police judiciaire des Hauts-de-Seine il y a 48 heures, 72 heures, où un gros trafic a été démantelé. Au total, moi, depuis le début de l'année, on a eu 50 000 affaires. 50 000 affaires. Donc, c'est plus 7 %. Les mis en cause, on en a eu 44 000. C'est plus 14,5 %. N'empêche que le trafic continue d'engrainer la vie des gens.

Et donc, le ministre de l'Intérieur, Bruno Rotailleau, nous a demandé de réfléchir à un plan qui tape le trafic à la tête. C'est-à-dire essayer d'être beaucoup plus efficace contre les têtes de réseau. Et notamment les taper au portefeuille, être plus efficace dans les saisies. Peut-être développer des outils nouveaux qui demanderont ce qu'on passe par une loi, comme avoir un vrai statut pour les repentis, avoir un vrai statut pour les traitants de sources. On a besoin de sources pour lutter contre le trafic de stupéfiants. Et les traitants sont des policiers.

19:56
Présentateur

Et tirer le fil jusqu'au bout.

19:58
Laurent Nuñez

Absolument. Et donc, on travaillera très probablement sous l'autorité du ministre un nouveau plan stupé. Mais pour les stupéfiants, on ne cesse de progresser. Mais maintenant, il faut vraiment taper le trafic à la tête.

20:09
Présentateur

Et vous viendrez nous parler de ce plan stupé ? Ça flash sur le périph' ? Ça fait une semaine que c'est passé aux 50 ?

20:13
Laurent Nuñez

Oui, depuis vendredi dernier, on a nos 12 radars qui sont actifs.

20:17
Présentateur

Et c'est à peu près suivi, vous avez l'impression, les nouvelles normes de sécurité ?

20:19
Laurent Nuñez

Oui, oui, pour l'instant, oui. Sur une mesure qui relève uniquement, je le redis, de la compétence de la ville de Paris.

20:24
Présentateur

Et on sait bien. Laurent Nunez, préfet de police de Paris, merci à vous d'être venu répondre à mes nombreuses questions ce matin. 8h53 sur RMC BFM TV.

OQTF, mort de Philippine, cycliste écrasé à Paris... L'interview en intégralité de Laurent Nuñez — Laurent Nuñez · Pourquijevote