Qui sera le nouveau Premier ministre ? - Sébastien Chenu est l'invité des 4 vérités du vendredi 13 novembre 2024
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
L'invité des 4V, Sébastien Chenu, député et vice-président du Rassemblement National. Les 4V, c'est avec Kiof Daré, c'est maintenant.
Bonjour à tous, bienvenue dans les 4V, Sébastien Chenu. Alors, le nom du nouveau ou de la nouvelle Première Ministre devrait, il faut rester prudent, être connu ce matin, peut-être dans tout juste quelques minutes. Est-ce qu'il y a urgence, vous avez le sentiment, vous, en tant que responsable politique ou pas spécialement ?
Il y a une nécessité de nommer un Premier Ministre pour construire le budget de la France. C'est vrai qu'on est habitué à ce qu'Emmanuel Macron nous raconte n'importe quoi, qu'il dise le nouvel lundi et puis finalement il est nommé 15 jours après. Donc, on l'attend pour la cinglinglin. Mais la réalité, c'est qu'Emmanuel Macron doit se rendre compte qu'il faut maintenant que nous puissions, nous, les parlementaires, construire un budget qui soit adapté à la situation. Parce que la situation du pays, nous la connaissons. Elle est d'abord de la responsabilité d'Emmanuel Macron, de Bruno Le Maire, de Gabriel Attal. Mais le prix du gaz augmente, le prix du terme augmente.
Ce matin, je lisais que l'OFCE disait que la France est championne du nombre de sans-abri. Et d'un autre côté, on double le nombre de logements pour les demandeurs d'asile. Donc, il y a des vrais problèmes dans notre pays. Il faut les traiter. Il faut pour cela un Premier Ministre.
Est-ce que le nom ou l'origine politique de ce ou de cette future Premier Ministre changera quelque chose pour vous au Rassemblement National ou pas du tout ?
C'est la ligne politique. Si c'est pour reproduire le budget de Michel Barnier, si c'est pour nommer le frère de Michel Barnier ou Michel Barnier en plus jeune, en plus vieux ou en femme, ça aura les mêmes conséquences. Nous, ce qu'on veut, c'est protéger le pouvoir d'achat des Français. On l'a déjà expliqué. Mais on voit bien qu'en censurant, comme nous l'avons fait, nous avons permis d'abord aux Français et aux retraités d'abord de voir leur retraite augmenter.
Aucun regret sur cette censure ?
Mais aucun regret. Il faut voir ce qui aujourd'hui se passe. Les retraites ont donc augmenté de 2,2%. Les impôts, nous avons voté seuls, sans les macronistes et sans les républicains. L'indexation du barème de l'impôt l'année prochaine, évidemment. Donc ça veut dire que le fantasme selon lequel les Français, beaucoup plus de Français rentreraient dans l'impôt, a été immédiatement tué. Et qu'est-ce que nous voyons ? Nous voyons que les taux d'intérêt qui nous séparent, en tous les cas les marges qui nous séparent de ceux d'Allemagne, ont baissé. Donc ça veut dire qu'effectivement, il n'y a pas d'effet catastrophique au vote de la censure. En revanche, l'état du pays reste préoccupant.
Alors l'un des grands favoris reste ce matin, François Bayrou, le patron du Modem. Est-ce qu'il aurait au moins votre clémence ou est-ce que vous censureriez d'office un gouvernement qui serait mené par François Bayrou ?
Mais nous, on n'a pas de réflexe pavlovien. On n'est pas l'extrême-gauche. On ne se dit pas que dès que quelqu'un sort la tête, il faut lui taper dessus et le censurer. Ce n'est pas une histoire d'homme, c'est une histoire de ligne politique. Et on l'a montré. Quand Michel Barnier est arrivé, il a fait son discours politique général. On ne l'a pas censuré. On lui a laissé construire un discours. Moi, je ne sais pas quelle est la ligne de François Bayrou. S'il veut s'attaquer à l'immigration et protéger le pouvoir d'achat des Français, il nous trouvera comme des partenaires solides pour pouvoir protéger les Français.
S'il fait l'inverse, s'il se soumet à l'Union européenne, s'il considère que le pacte des migrations est intéressant, s'il considère qu'il faut aller chercher dans la poche des Français les efforts nécessaires à redresser la situation du pays, alors il ne pourra pas compter sur nous.
Ça ne vous a pas échappé que, par exemple, il est pour la proportionnelle ? C'est aussi votre cas ? Ça ne vous a pas échappé qu'il a jugé que les réquisitions dans le procès contre les assistants européens du FN-RN avaient été sévères ? En tout cas, qu'il juge qu'une inéligibilité immédiate de Marine Le Pen, ce ne serait pas juste ? Il ne vous a pas un peu envoyé des signaux, quand même ?
Non, mais il a une constance, François Bayrou, sur la proportionnelle. Et ça, nous lui reconnaissons et nous sommes d'accord avec lui. Il a probablement aussi une constance, parce qu'il y a été lui-même confronté sur l'avis que peut avoir l'idée qu'on peut se faire d'un gouvernement des juges dans notre pays, c'est-à-dire une hostilité manifeste à cela. Est-ce que ça suffit à construire un budget qui soit crédible ? Est-ce que ça suffit à protéger les Français ? Est-ce que ça suffit à protéger les agriculteurs ? Est-ce que ça suffit à aller dire non au maire Cossure ?
Nous verrons. Les autres noms que l'on voit émerger, par exemple, Bernard Caznavago, vous dites nom d'office ?
Vous m'avez déjà dit non. Pourquoi aller recycler l'ancien Premier ministre de François Hollande, sincèrement ? Sébastien Lecornu ? Je ne sais pas ce qu'il vient faire là-dedans, mais je ne vais pas jouer au petit jeu. Moi, ce qui m'intéresse, c'est la ligne politique. Si vous voulez, quand on nous dit que ça pourrait être Roland Lesture, on connaît sa ligne politique. Il est pro-immigrationniste, il a un vieux logiciel des années 80, ultra-libéral. Ça, évidemment, ce serait difficile de ne pas censurer un tel Premier ministre. Ce qui compte, c'est la ligne politique. Mais le problème d'Emmanuel Macron, c'est qu'il ne peut pas reconnaître que les Français veulent une autre politique.
Il cherche non pas un Premier ministre de cohabitation, il cherche un Premier ministre avec lequel il s'entend. C'est bien le problème. Les Français ne veulent plus de la ligne politique d'Emmanuel Macron. Vous nous appelez à la démission d'Emmanuel Macron ? Non, mais ça, c'est une prérogative ou une responsabilité que seul lui peut prendre. Si Emmanuel Macron considère que le jeu est bloqué, qu'on ne peut plus construire un budget, qu'il ne peut plus nommer un Premier ministre, il en tirera lui-même les conséquences. J'espère qu'il aura cette hauteur de vue de pouvoir non pas s'accrocher, mais préserver les intérêts de la France. Ça lui appartient.
Nous, ce qui nous appartient, c'est construire et protéger les Français. On l'a fait, je le dis aujourd'hui. On l'a fait d'ailleurs en votant l'indexation du barème de l'impôt hier. Et on était bien les seuls.
Viendra ensuite la question de la composition d'un nouveau gouvernement. Ça peut aussi prendre quelques jours, voire parfois, on l'a vu, quelques semaines. Là aussi, est-ce qu'il y a des lignes rouges de la part du Rassemblement national ? On sait que sur certains noms précédemment, vous aviez dit, s'il y a tel nom, on censurera le gouvernement.
C'est sûr qu'il y a un gouvernement qui comporterait des membres du nouveau Front populaire, des gens venus de gauche pour appliquer un problème de gauche.
Quel qu'il soit, socialiste, écologiste et les filles ?
En tous les cas, s'ils veulent appliquer leur programme de gauche, oui, on s'y opposera. Je pense aussi qu'il faut à un moment aussi revoir le périmètre du gouvernement. Ce n'est pas une ligne rouge en tant que telle, mais arrêtons avec les gouvernements. Il y avait 42 ministres. Je pense qu'aucun Français n'a pu les identifier dans les trois mois qui ont précédé. Faisons des choses un peu rationnelles. Travaillons au bénéfice des Français et que ces premiers ministres arrêtent de se faire plaisir.
Le président de la République a reçu les différentes forces politiques ces derniers jours, à l'exception de la France insoumise et du Rassemblement national. Est-ce que vous souhaitez, dans les prochains jours, quand le Premier ministre sera connu, à l'inverse, qu'il vous reçoive le Rassemblement national ?
Pour travailler à la construction du budget, pour entendre ce que nous demandons, c'est bien le minimum. On est le premier groupe de l'Assemblée nationale. Moi, je comprends qu'on ne nous reçoive pas pour élaborer une plateforme de gouvernement. On n'a pas du tout envie de travailler à l'élaboration d'une plateforme de gouvernement avec Emmanuel Macron ou travailler sur l'autorité d'un Lescure ou d'un François Béroux.
Mais en revanche, entendre dans la construction du budget ce que nous proposons, c'est-à-dire que c'est toujours pareil, protéger le pouvoir d'achat, protéger les retraites, protéger la France qui travaille ou qui a travaillé, ce serait normal, évident, nécessaire de recevoir le Rassemblement national.
Vous évoquez la question de la censure votée effectivement par le Rassemblement national il y a désormais une semaine. Un sondage IFOP publié par nos confrères du Figaro Magazine montre que Marine Le Pen arriverait nettement en tête d'un premier tour de l'élection présidentielle entre 36 et 38 %. Mais la leçon, c'est que Jordan Bardella ne ferait pas beaucoup moins bien finalement entre 34 et 36 %. Est-ce que ça ne veut pas dire que finalement Marine Le Pen n'est plus la leader incontestée du Rassemblement national ? Elle est la candidate naturelle.
Non mais elle est celle qui sera notre candidate, elle est la plus préparée, elle est celle qui a cette vision qui permettra d'incarner une nouvelle politique et Jordan Bardella de la mettre en œuvre à ses côtés à Matignon. Ça veut dire surtout que nos idées nous dépassent. Nos idées dépassent ceux qui les portent. Nos idées sont très fortes, sont très appréciées des Français. Y compris Marine Le Pen, ça la dépasse ? Les idées que nous portons nous dépassent individuellement. C'est ce qu'il faut retenir. C'est-à-dire qu'aujourd'hui les Français aspirent à une autre politique. C'est incarné évidemment par Marine Le Pen, c'est ce que dit ce sondage. Nous, nous sommes des gens humbles.
Nous n'avons pas encore obtenu la confiance des Français pour gouverner le pays. C'est à nous de démontrer, je crois qu'on est capable de démontrer comme on le fait, qu'on peut préserver les intérêts des Français, les intérêts de la France. Il n'y aura pas de primaire entre Jordan Bardella et Marine Le Pen ?
Non, c'est Marine Le Pen notre candidate. Merci beaucoup Sébastien Chenu, c'était à vous Damien.
Merci à tous les deux et merci également à Sophie Charmé pour la traduction en langue des signes.