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InterviewC à vous (sur YouTube)· 20 mars 2023 52 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

François Bayrou et Jean Jouzel - C à vous - 20/03/2023

Source d'origine 10 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 28 %Attaque 37 %Défensif 28 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:26OuverteRéponse directe

    Que retenir de cette épilogue parlementaire sur la réforme des retraites ?

  • 9:17OuverteRéponse directe

    Pourquoi cette réforme est-elle vitale et juste selon vous ?

  • 10:12FerméeRéponse directe

    Les retraites sont-elles équilibrées aujourd'hui ?

  • 11:56RelanceRéponse directe

    Le gouvernement a-t-il échoué à convaincre les Français ?

  • 13:25OuverteRéponse directe

    La pédagogie tardive peut-elle convaincre les Français ?

  • 17:16OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron a-t-il encore le crédit pour rebondir ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:49Locuteur 3Fait
    « Nous sommes en train de vivre un dérèglement climatique sans précédent depuis 125 000 ans. »
  • 3:30PrésentateurChiffre
    « Il en fallait 287. Il a donc manqué 9 voix ou il a suffi de 9 voix pour éviter que le gouvernement ne tombe. »
  • 10:19PrésentateurChiffre
    « Les retraites, elles, dès aujourd'hui, l'État, le contribuable, verse entre 30 et 40 milliards d'euros par an pour les équilibrer. »
  • 11:05PrésentateurFait
    « Et l'emprunter, ça veut dire le mettre sur le dos des plus jeunes, des actifs actuels et puis des encore plus jeunes. »
  • 32:21Locuteur 8Fait
    « Le diagnostic est très clair dans ce sens, donc je crois que c'est important de le redire. »
  • 33:41PrésentateurChiffre
    « On parle de quelqu'un qui naîtrait aujourd'hui, quand il aura 70 ans, et bien nous partons vraiment délibérément actuellement vers un réchauffement de 3 degrés. »
  • 35:47PrésentateurChiffre
    « On pourrait gagner d'ici 2030 4 à 5 milliards de tonnes de CO2, c'est-à-dire à peu près 10% des émissions. »
  • 40:00PrésentateurChiffre
    « Sous nos pieds, à quelques mètres sous nos pieds, on divise par 5 la quantité d'électricité nécessaire pour se chauffer et par 10, 8, 10, 50, la quantité d'électricité nécessaire pour rafraîchir les maisons. »

Temps de parole

  • Présentateur73 %
  • Invité6 %
  • Locuteur 35 %
  • Locuteur 84 %
  • Locuteur 73 %
  • Locuteur 23 %

2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:32
Présentateur

Vous retrouvez, c'est à vous, en direct jusqu'à 20h55 pour toute l'actualité de ce lundi avec Émilie, Pierre-Patrick, Mohamed et Mathieu. Bonsoir à tous les cinq.

0:41
Locuteur 6

Bonsoir, Mohamed.

0:42
Locuteur 3

Émilie, votre choix de l'actu ce soir ? C'est l'autre événement du jour, la publication du sixième rapport du GIEC, synthèse de huit ans de travaux et conclusions. Nous sommes en train de vivre un dérèglement climatique sans précédent depuis 125 000 ans.

0:53
Présentateur

Jean Jouzel, le climatologue et ancien vice-président du GIEC, sera dans un instant sur notre plateau. Mohamed, votre story ? L'ancien président américain Donald Trump a annoncé sur les réseaux sociaux qu'il serait arrêté demain. Vous allez savoir pourquoi, dans quelques secondes. Patrick, votre édito. Débat de censure cet après-midi à l'Assemblée nationale sur la réforme des retraites après l'engagement du 49-3 par le gouvernement. La censure, celle qui était la plus menaçante pour le gouvernement, vient d'être rejetée. Dans quelques minutes, la réforme sera donc considérée comme adoptée. Je vais vous résumer les débats, mais évidemment, l'histoire n'est pas finie.

Une motion de censure rejetée à neuf voix près, une réforme de retraite en passe d'être adoptée. Est-ce que tout est réglé ? On pose la question ce soir à notre invité, François Bayrou, président du MoDem,

1:36
Locuteur 6

au commissaire, au plan et maire de Pau. Bonsoir.

1:39
Présentateur

Bonsoir.

1:39
Locuteur 6

Merci d'avoir accepté notre invitation. Mathieu, dans le 5 sur 5.

1:42
Présentateur

La libération du journaliste français Olivier Dubois, enlevé au Mali, il y a près de deux ans, le 8 avril 2021. 711 jours de détention, il est libre. On en parle dans le 5 sur 5.

1:53
Locuteur 3

Pierre, dans votre oeil.

1:54
Présentateur

Je vous présente tout à l'heure une formidable exposition qui s'ouvre jeudi à Paris. Les plus belles photos d'Eliott Erwitt, l'un des plus grands photographes des 100 dernières années. Il en a 94. Il adore photographier les chiens et souvent il aboie pour les amuser et leur faire un sourire.

2:09
Invité

Voilà pour l'œil de Pierre. Et puis après 20h, notre invité nous surprend une fois de plus. Jean Dujardin incarne un formidable Sylvain Tesson dans l'adaptation cinématographique des Chemins Noirs de l'écrivain.

2:25
Présentateur

Un récit qui paraissait inadaptable.

2:27
Locuteur 3

C'est une adaptation réussie dont on vous parle ce soir qui sera en salle mercredi signée de Niambert. Jean Dujardin est donc notre invité du dîner préparé ce soir par Rebecca Beaufour qui est de retour.

2:39
Invité

Bonsoir Rebecca au côté de Bertrand Chameroy.

2:41
Présentateur

Bonsoir. Bonsoir Babette. Bonsoir à tous. Le vote est clos. Il est l'heure de passer au dépouillement. Musique. Pour.

2:53
Locuteur

Pour.

2:56
Présentateur

Pour. J'ai faim. Vite. Ah ça c'est Patrick celui-ci.

3:01
Locuteur

Merci beaucoup Rebecca.

3:02
Présentateur

Tu écoutes. Donc le dîner est adopté clairement. Rebecca au menu ce soir.

3:06
Locuteur 2

Ce soir un carré d'agneau de lait qui sera accompagné d'une sauce tranchée à crème crue,

3:10
Invité

origan, pommes de terre, grenailles et artichauts confits.

3:12
Présentateur

Merci d'avance. Bonne émission Babette.

3:15
Locuteur 3

Merci Bertrand. Merci Rebecca. A tous les deux. A tout à l'heure. Tout de suite l'édito de Patrick Cohen.

3:26
Présentateur

Patrick la première motion de censure a donc été rejetée. Celle qui était la plus menaçante pour le gouvernement. Déposé par le petit groupe fourre-tout liottes et défendu par Charles de Courson qui a eu les voix de toute la gauche, du RN et d'un paquet de députés LR, sans doute une vingtaine, je n'ai pas encore le détail, pour un total de 278 voix. Il en fallait 287. Il a donc manqué 9 voix ou il a suffi de 9 voix pour éviter que le gouvernement ne tombe. Ça a été très serré mais ce n'est pas une première ni un record pour mémoire en 92. Le Premier ministre socialiste Pierre Bérégovoy a échappé à une censure de la droite et du centre. Vous y étiez, je crois, M. Bayrou, de 3 voix seulement.

C'était sur la politique agricole commune. Dans quelques minutes, donc une fois la motion du RN, l'autre motion, celle du Rassemblement national, rejetée, la réforme des retraites sera considérée comme adoptée par le Parlement. Que retenir de cette épilogue parlementaire ? Alors disons que ça n'a pas été un grand moment d'éloquence politique. C'est le nouveau et surprenant porte-étendard de l'opposition, l'ex-centriste Charles de Courson, qui a ouvert le feu contre le gouvernement en tant qu'initiateur de cette motion dite transpartisane. Madame la Première ministre, relire aujourd'hui votre discours de politique générale est cruel. Je vous cite.

Nous mènerons pour chaque sujet une concertation dense. Nous aborderons chaque texte dans un esprit de dialogue, de compromis et d'ouverture. Eh bien, vous avez échoué à rassembler, vous avez échoué à convaincre, alors vous avez cédé à la facilité et évité la sanction du vote. Ce vote, vous l'auriez très probablement perdu. Mais c'est la règle en démocratie. Charles de Courson, acclamé par la NUPES qui lui a lancé des bravos. Alors, voir la gauche applaudir debout, cet homme qui a consacré sa vie de député à la rigueur budgétaire et à la défense de l'ordre moral.

Je rappelle qu'il est partisan de la peine de mort, qu'il a été même le signataire d'une proposition qui rend l'avortement inconstitutionnel. Ça représente, à mes yeux, le tête-à-cue politique le plus spectaculaire de la décennie. Face à cela, la majorité s'est fait un plaisir de dénoncer ces alliances de circonstances ou contre-nature. Aurore Berger, la présidente du groupe Renaissance, l'a fait notamment en réponse à la porte-parole du groupe RN, Laure Lavalette.

5:51
Locuteur 3

Nous savons tous ici qu'une motion de censure n'est pas un programme commun, pas plus qu'une volonté de gouverner ensemble. Mais elle est avant tout...

6:06
Invité

...et des Français ne veut pas. Contrairement à ce que vous avez dit, Madame Lavalette, on devient un programme commun. Mathilde Panot, qui n'est pas encore ministre de l'Intérieur,

6:43
Présentateur

mais présidente du groupe LFI et qui a débuté ainsi son intervention.

6:47
Invité

...et de dégoût.

6:56
Présentateur

A noter aussi qu'un peu plus tard, l'ex-LFI Adrien Quatennens a pu s'exprimer à la tribune quelques minutes au nom des non-inscrits. La première ministre, Elisabeth Borne, a pris la parole peu avant 18h pour fustiger d'abord l'anti-parlementarisme des oppositions, le déchaînement de violences de certains députés de gauche et leur hypocrisie. Ce sont les mêmes qui ont tout fait pour saboter le débat à coups d'amendements dilatoires, de cris, reprochés de débattre. On s'envergogne que 175 heures de séance, plus que pour les deux précédentes réformes des retraites, ne valent rien.

7:48
Invité

La rue est plus légitime que les institutions.

7:52
Présentateur

Une phrase encore à retenir, le 49-3 n'est pas l'invention d'un dictateur, a-t-elle dit. Elisabeth Borne, qui de façon assez audacieuse, a prétendu aussi que le gouvernement n'est jamais allé aussi loin dans le compromis. Et maintenant ? Rien n'est réglé. Dans la rue d'abord, où la contestation devrait se poursuivre, où les blocages ce soir s'intensifient. Ensuite, cette loi doit subir l'examen du Conseil constitutionnel à un rythme qu'on ne connaît pas encore. On ne sait pas si ce sera un mois ou s'il y aura urgence et quelques jours pour examiner ce texte. Il y a de sérieux doutes sur la validité, la constitutionnalité de l'article 2 qui contient l'index senior.

Et puis la proposition de la gauche pour un référendum d'initiative partagée, RIP, a été transmise ce matin au Conseil constitutionnel. Une proposition de loi signée par 252 députés et sénateurs qui prévoit qu'il est impossible de reporter l'âge légal de départ à la retraite au-delà de 62 ans. Le Conseil constitutionnel a maintenant un mois pour examiner cette proposition et juger si elle est conforme. François Béroux, rien n'est réglé ? Le gouvernement n'a pas été renversé, soit. Le projet de loi sur la réforme des retraites a été adopté, soit. Mais à quel prix ? Bon, c'est un vote serré. Et ce n'est pas un triomphe de qui que ce soit.

Parce que le débat, la coloration du débat que Patrick Cohen a décrit très bien entre les lignes, le tour que les choses ont pris n'est pas satisfaisant. Il y a une phrase qui m'a intéressé ou sur laquelle je voudrais réagir dans les interventions. Réforme ni nécessaire ni juste, a dit l'une des intervenants. Cette réforme était vitale, je vais essayer de dire pourquoi en une phrase, est la plus juste, et si je puis dire, cette obligation de justice la rendait vitale. Pourquoi ? En deux mots, et le gouvernement n'a pas su l'expliquer, je le reconnais. – Oui, il y a eu échec à convaincre. – Je le reconnais, oui.

– Écoute avec intérêt, François Béroux, mais c'est un peu tard, là, pour défendre la réforme. – Ça n'est pas tard, parce que, comme vous savez, avec le commissariat au plan, j'ai publié une note pour précisément apporter la preuve de ce que je dis. – En décembre. – On a entendu ici ou là que les retraites étaient équilibrées, c'est une blague et c'est un mensonge immoral. Les retraites, elles, dès aujourd'hui, l'État, le contribuable, verse entre 30 et 40 milliards d'euros par an pour les équilibrer.

10:34
Locuteur 6

– Ce qu'on a répété ici de nombreuses fois.

10:36
Présentateur

– Non, mais si vous l'avez fait, c'est bien, parce que beaucoup de gens ne l'ont pas fait. – Patrick Cohen. – Mais Patrick Cohen a de très bonnes lectures et je le félicite pour ça. – Et donc, or, cet argent, si on l'avait, ça serait tout à fait possible, plausible, on pourrait discuter, on pourrait dire c'est là qu'il est le mieux utilisé. Après tout, on récompense ceux qui ont travaillé. Mais cet argent, nous ne l'avons pas, nous l'empruntons tous les ans. Et l'emprunter, ça veut dire le mettre sur le dos des plus jeunes, des actifs actuels et puis des encore plus jeunes. – Des arguments ont été débloqués des mois et des mois par tous les membres du gouvernement.

– Malheureusement, cet argument, pardon de le dire comme ça, n'a pas été, à mon sens, présenté et défendu devant les Français. Et cette génération, mettons, de boomers, comme on dit, cette génération qui fait payer ses retraites par ceux qui travaillent aujourd'hui et travailleront demain. Ils ne pourront plus assumer leurs charges, éducation, santé. Ils sont obligés de prendre la dette qu'on leur laisse sur le dos. Ceci, pour moi, est malhonnête et c'est immoral.

11:56
Locuteur 6

– Mais si le gouvernement a échoué à convaincre, ne faut-il pas en tirer les conséquences ?

12:01
Présentateur

– Si le gouvernement a échoué à convaincre, nous sommes là pour essayer de prendre le relais et que cette idée soit comprise ou entendue par tous parce que…

12:12
Locuteur 6

– Et que finalement, les Français se disent que cette réforme est légitime, contrairement à ce qu'ils pensent aujourd'hui.

12:16
Présentateur

– Parce que Patrick Cohen l'a dit, évidemment, il y aura d'autres épisodes. Et il y aura d'autres réformes. – Donc ça, c'est le premier point. – Ce n'est pas la réforme qu'il faut changer, c'est le gouvernement, si je vous en prie. – Non, non, non, pas du tout. – C'est ce qu'on comprend. – Vous défendez la réforme et pas le gouvernement, en tout cas. – C'est la méthode qui a été choisie et, à mon sens, qui n'a pas été portée, poussée comme elle aurait dû l'être. Il y a une deuxième chose, on a laissé entendre que ce fameux article 49 alinéa 3 de la Constitution n'était pas démocratique. Or, comme vous le voyez, il remet entre les mains des élus de la nation le sort du gouvernement.

S'il pense qu'il y a quelque chose d'injuste, il renverse le gouvernement. Il n'y a pas plus importante, plus grande responsabilité que celle-là. C'est d'ailleurs, sous la 4ème République, avant d'arriver à la 5ème, De Gaulle a repris cette idée, c'est des responsables de gauche et du centre de l'époque qui ont imposé ce fameux article. – François Bayrou, est-ce que la pédagogie tardive, trop tardive sur cette réforme de retraite va convaincre les Français qui n'en veulent pas que cette loi est nécessaire et qui ne pardonneront pas au débat démocratique de ne pas avoir eu lieu à l'Assemblée, pensant que c'est le gouvernement qui en a pris. – Le débat a eu lieu pendant des centaines d'heures.

Il a eu lieu dans une ambiance détestable, honteuse, qui fait honte. Vous savez, il y a plein de députés qui sont absolument… Bon, ils avaient signé, ils s'étaient présentés pour ça. Mais ils sont profondément traumatisés par ce qui s'est passé. Et beaucoup de Français sont aussi profondément traumatisés. Et donc, ceci ouvre une responsabilité nouvelle parce qu'en effet, la question a été posée très justement, en effet, la question c'est est-ce que nous pouvons trouver ou pas une méthode pour réformer le pays qui ne soit pas dans cette explosion attendue, vécue et entretenue. – Oui, vous voyez bien l'ampleur des colères et des oppositions aujourd'hui dans le pays.

Vous l'avez, si je puis dire, sans doute vu de près parce qu'on a plusieurs fois cité la ville de Pau à chaque mobilisation, à chaque journée interprofessionnelle. Pau a eu des milliers de manifestants dans les rues à une mesure que sans doute la ville n'avait jamais connue. Donc vous avez vu, c'est pas vrai ? – Oui, si à une mesure, vous connaissez la sensibilité politique de la ville, c'est une ville qui est de ce point de vue-là éruptive. – Elle a longtemps été socialiste. – Très, et donc cette sensibilité-là, oui, elle s'est exprimée et elle a bien raison.

Je veux dire, si on aime la démocratie comme moi, on accepte qu'il y ait du débat, qu'on accepte qu'il y ait contestation et c'est une très juste et très bonne chose. Simplement, ce qu'il faut quand il y a un débat de cette difficulté, c'est pouvoir en sortir. Et précisément, il y a un papier très intéressant ce matin sur le site Telos, avec Gérard Grimbert, qui est un spécialiste de ces sujets, qui est remarquable. Il dit « Le 49-3, c'est la sauvegarde d'un régime parlementaire ». Il avait été inventé pour ça. Pourquoi ? Parce qu'autrement, le Parlement, c'est une explosion perpétuelle, ça devient illisible et les Français se détournent de ça.

Et donc, le fait qu'à un moment, on puisse dire « On va trancher ». Chacun va prendre ses responsabilités. Le gouvernement vous dit « Ce texte est pour moi vital pour le pays ». Les opposants disent « Ce texte, nous n'en voulons pas ». Chacun va au bout. Et on a des votes comme ce soir. Au moins, les parlementaires ont pris leurs responsabilités.

16:28
Locuteur 6

Mais il n'empêche, Elisabeth Borne en ressort extrêmement fragilisée. Est-ce qu'elle peut rester encore longtemps première ministre ?

16:34
Présentateur

LFI, d'un côté, le Rassemblement national de l'autre, ce soir, réclame sa démission. C'est un gouvernement d'ores et déjà mort, dit Mathilde Panot pour la France. Vous voyez bien, LFI, d'un côté, et le Rassemblement national de l'autre, ça ne fait pas une majorité rassurante. Moi, je ne dis pas… C'est le président de la République qui choisit, il analyse la situation, il le fait, je crois, avec beaucoup de soucis de ce qui se passe. Il analyse… Il ne le montre pas beaucoup à l'opinion. Oui. Je m'exprime à titre personnel. Non, non, mais lui ne montre pas son anxiété. Peut-être aura-t-il l'occasion de le montrer très vite.

17:16
Locuteur 3

Oui. Et il devra dire quoi, justement, au français ?

17:19
Présentateur

Non, je pense qu'il doit présenter… Je ne sais pas si votre date est exacte, mais il doit présenter son analyse de la situation, dire ce qu'il a ressenti, expliquer les choix qui ont été faits en quelques phrases, mais simplement pour montrer que tout ça avait du sens. et il doit commencer à ouvrir des portes sur une nouvelle étape. Je crois que c'est absolument logique qu'il fasse ça. Une nouvelle étape, c'est-à-dire ? Une nouvelle étape institutionnelle ou une nouvelle équipe ou un… Je vais dire ce que je pense, et c'est moi qui le pense, ce n'est pas la majorité, ce n'est pas une affaire de parti.

Je pense que l'élection présidentielle n'a pas totalement rempli la mission qui doit être la sienne de montrer au pays où on veut aller.

18:17
Invité

Donc il doit faire campagne là maintenant ?

18:18
Présentateur

Parce que ça s'est… Elle s'est focalisée, cette élection, précisément sur la réforme des retraites. Or, la réforme des retraites n'est pas, comme on dit en français, l'alpha, ou en grec, l'alpha et l'oméga de tout ce que nous avons à faire. La réforme des retraites était indispensable pour la raison que j'ai dite, de fragilisation incroyable de notre équilibre social. Mais beaucoup est à reconstruire. On est devant un immense chantier de reconstruction. Avec une majorité relative à l'Assemblée nationale, la menace de motions de censure à répétition, qui pourrait être votée et ne pas être rejetée à même pas près. C'est le jeu parlementaire.

Mais si on s'arrête une seconde pour réfléchir ensemble au défi que nous avons devant nous, l'éducation qui est dans un état, c'est un sujet que j'aime beaucoup, qui est très important pour moi, l'éducation est dans un état inquiétant. Il y a des soucis importants autour de la santé. Il y a des soucis importants autour de l'organisation de l'État, de l'action publique. Et tout ça constitue, on va avoir Jean-Jouzel dans une minute, la stratégie de la nation et des nations qui nous entourent face au réchauffement climatique. C'est un sujet très important. On ne peut pas s'arrêter au point où ce soir nous sommes arrivés. Mais est-ce qu'il peut être entendu ?

Est-ce qu'il peut vraiment y aller à cette nouvelle étape ? Quand on voit ce qui se passe, il y avait des pancartes, rendez-vous dans la rue, et les Français y sont dans la rue, ils sont opposés à cette réforme, ils le disent. Encore ce matin, il y avait des manifestations pour protester

20:04
Locuteur 3

contre la réforme des retraites et contre l'usage du 49.3, comme par exemple à Rennes, qui avait lancé une opération ville morte.

20:10
Présentateur

Vous me permettez de... La seule manière aujourd'hui de contrecarrer un peu le gouvernement et de lui montrer qu'on n'est pas d'accord, c'est de bloquer le pays et d'être présent.

20:17
Locuteur 7

Un petit café pour patienter ? Vous voulez un café ?

20:21
Locuteur 4

Non, non, ils prennent leur mal en passion. Je pense qu'ils s'y attendaient. Je ne sais pas pourquoi ils sont là d'ailleurs.

20:26
Locuteur 7

Vous jurez que ce n'est pas marrant pour moi. J'habite à Rennes, j'ai mes vaches à trois.

20:31
Présentateur

Vous comprenez que ces jeunes, ils manifestent ? Non, je ne les comprends pas du tout, parce que nous, on a travaillé toute notre vie, vous savez. C'est très difficile.

20:38
Locuteur 3

Il faut bloquer, mais là, il faut que j'aille au boulot, quoi. Il faut que tout le monde se batte. Après, on n'a pas toujours la possibilité de faire grève. Mais oui, non, je soutiens. Aujourd'hui, on est tous mobilisés pour montrer notre position à la réforme des retraites et surtout aussi au passage en force du gouvernement avec le 49.3. La retraite !

21:01
Locuteur 7

Malheureusement, il y a un moment, on arrive jusqu'au blocage. Et c'est notre 49.3, donc oui, on va bloquer et puis on bloquera le temps qu'il faudra.

21:07
Invité

François Mayrou, il y a eu des débordements ce week-end à Paris, mais aussi dans d'autres villes. Est-ce que vous ne craignez pas un embrasement de la colère sociale ?

21:16
Présentateur

Ça peut toujours se produire. Il ne faut jamais avoir un jugement péremptoire. Mais je pense que non, nous n'en sommes pas là. Vous avez dit tout à l'heure, le pays est contre. Une partie du pays est contre.

21:28
Invité

Une majorité de Français est contre.

21:30
Présentateur

Oui, une majorité de Français dans les sondages. Mais le nombre, les majorités constituées dans les sondages, ça n'est pas le tréfonds de toutes les choses. Je pense que, ce n'est pas d'aujourd'hui que je dis ça, on a à reconstruire la démarche politique, la démarche citoyenne. Elle est pour l'instant atomisée, explosée, bloquée. Les trois à la fois. On ne peut pas se contenter de ça. Et on ne peut pas se contenter de baisser les bras en disant « Bon, c'est la faute du gouvernement ». Ce que je crois profondément, c'est que tout le monde a sa part de faute. Le pouvoir, majorité, mais les oppositions aussi. On peut faire le tour du paysage politique.

Pour l'instant, et ce sera la grande question des années qui viennent, on n'a pas réussi à formuler un espoir crédible pour les Français, pour ceux qui vous écoutent et qui nous écoutent. Je dois dire d'ailleurs que je crois que le ton de votre émission est apprécié pour cette raison-là. Ce n'est pas pour vous faire des compliments, je n'en fais jamais, comme vous le savez. Mais là, je pense que ce que vous exprimez, pas seulement par les mots que vous utilisez ou les thèmes que vous choisissez, mais par le ton que vous avez choisi, est positif pour cette question de là, comment trouver une nouvelle démarche dans laquelle les gens se reconnaissent.

23:10
Locuteur 6

Et politiquement, ça se traduit comment, François Bayron ?

23:13
Présentateur

Et la question, c'est qui le fait aussi ? Est-ce qu'Emmanuel Macron a encore le crédit et la capacité de rebond pour impulser ce que vous décrivez là, qui est un diagnostic assez partagé sur l'état de fracture du pays ? Mais la personne du président de la République, aujourd'hui, a vu son crédit sérieusement entamé. Et ça, on le voit à la fois dans les enquêtes d'opinion et pas seulement en écoutant la rue.

Si vous me permettez, j'ai vécu beaucoup, un certain nombre de présidents de la République, nous avons vécu ici un certain nombre de présidents de la République, un populaire à un point qu'on ne peut même pas imaginer, et puis qui, après, ont retrouvé du crédit dans le reste de leur mandat et, a fortiori, après leur mandat. – D'accord, donc il n'y a rien de réparation.

– Je peux citer, je regardais Pierre Lescure dans les yeux, François Mitterrand a été détesté à un moment, Jacques Chirac a été haï à un moment, je ne parle que de ceux qui ne sont plus là, je pourrais aller un peu plus loin après, et puis ils ont retrouvé du crédit, parce qu'il y a deux choses, je crois que l'esprit public cicatrise, et puis je crois aussi que de nouvelles inspirations viennent, et je suis persuadé qu'il va falloir maintenant exprimer, faire entendre cette nouvelle inspiration-là. Je crois ça dans les jours qui viennent, les semaines qui viennent.

– Mais ça passe ni par une dissolution, ni par un nouveau grand débat, que va pouvoir inventer le président de la République pour convaincre là où il n'a pas convaincu jusque-là, là où il n'a pas fait campagne pour les dernières présidentielles, ce qui lui a été beaucoup trop fort. – Je pense que c'est le grand enjeu, je pense qu'il y a des questions extrêmement profondes, même si on ne sait pas les exprimer, que les Français se posent en leur fort intérieur. Par exemple, la très grande question du modèle français, on parle social, on est le pays le plus généreux du monde en matière de redistribution sociale.

Et cependant, on a le sentiment que tout cet effort s'enlise au fur et à mesure qu'on avance, et que dans ce pays pour qui les services publics sont vraiment un idéal partagé, plus on avance, moins on est satisfait des services publics, et le sentiment, assez souvent, que plus on met des moyens et moins ça marche. Alors je ne fais pas de relation entre les deux, comme vous comprenez. Mais il y a cette interrogation profonde, ce que nous croyons être l'idéal français, qu'on a adopté, soutenu, ovationné quelquefois, en tout cas toujours souligné, dans les dernières décennies. Aujourd'hui, on a besoin de le redéfinir.

Et ça ne peut pas se faire, en effet, sans que les grandes forces démocratiques, singulièrement dans l'arc central, qui vont des socialistes de gouvernement jusqu'aux gaullistes de gouvernement, cet immense arc central-là, il a sa responsabilité, et c'est une responsabilité première. Et l'un des problèmes du président de la République, ce sera aussi de retisser, si c'est possible, un dialogue avec les partenaires sociaux, car ce que la rupture semble consommer, y compris avec Laurent Berger. – Oui, et c'est une situation qui, pour ma part, me cause du souci.

Parce que je crois que, quand je parlais de l'arc central, dans cet arc central, il y a les forces réformistes qui ont toujours assuré, regardé les choses, en disant on ne veut pas tout casser, on ne veut pas tout mettre par terre, mais nous savons, nous pensons qu'on peut corriger et réorienter. Ce dialogue a été, oui, un peu… – Escamoté. – Escamoté ces derniers temps, ou abîmé ces derniers temps. Vous voyez la dimension, vous demandiez qu'est-ce que doit dire le président de la République, voilà une dimension de ce qu'il devra dire au pays, je crois.

– Vous restez avec nous, François Bayreau, parce que beaucoup d'autres questions à vous poser, et des sujets à soumettre à nos téléspectateurs, et notamment ce maire qui prend un arrêté inédit, Émilie, l'interdiction de construire des piscines privées.

27:51
Locuteur 3

– Mesure inédite pour une sécheresse inédite à Helne, commune de 8600 habitants à 15 minutes de Perpignan. Ici, ça fait plus de 6 mois qu'il ne pleut pas. Alors, en plus des restrictions habituelles de l'état d'alerte renforcée, soit interdiction d'arroser des pelouses,

28:04
Présentateur

de nettoyer son véhicule, de remplir les piscines individuelles, le maire a pris cet arrêté pour aller plus loin, c'est-à-dire interdire de construire de nouvelles piscines dans une commune, où 25 nouvelles piscines voient le jour chaque année normalement.

28:16
Locuteur 3

Interdiction valable jusqu'au 30 avril, et plus ou moins bien reçue par les habitants.

28:21
Invité

– La sécheresse, la sécheresse,

28:23
Locuteur 8

elle a peut-être un peu le dos large, si je peux dire. – Il y a plus de 40 ans qu'on fait des piscines et qu'on fait des forages. Personne n'a jamais rien contrôlé, enfin maintenant on fait des photos aériennes, bon maintenant on sait plus ou moins, si on veut s'en voir on sait, mais comme on dit, je dirais que le mal est fait.

28:38
Présentateur

– Tout le monde a des piscines, comment les gens vont se révolter les gens ? Vu la chaleur qu'il fait, on est bien content de faire trempette. – Mais il y a la mer pour faire trempette ! – Ouais mais bon, c'est pas… Il faut se déplacer pour aller à la mer. – Bien sûr, il faut faire attention,

28:55
Locuteur 6

mais j'arrêterai pas de remplir ma piscine.

28:58
Locuteur 7

– Les piscines, il y a eu des efforts de fait depuis des années, elles sont plus petites, moins profondes, les traitements ont beaucoup évolué, et donc ce n'est pas la faute des piscines, des particuliers, si il y a un souci de manque d'eau.

29:11
Invité

– Ce dernier-là, interrogé par Louis Amard et Audrey Payas, est un pisciniste, il s'inquiète que d'autres maires soient inspirés par la décision du maire d'Aisne, Nicolas Garcia, que nous avons rencontré également, et qui assume ?

29:21
Locuteur 4

– On ne sait pas si demain, on va avoir de l'eau minée partout, on a déjà des puits qui sont à sec, et donc il faut vraiment éviter de se trouver dans une situation,

29:33
Présentateur

on est dans une région agricole, dans une commune agricole, si on ne fait pas ce qu'il faut pour empêcher de passer un niveau de crise, aujourd'hui on est à un niveau d'alerte renforcé. Si on passe un niveau de crise, ça veut dire que même les agriculteurs, ils ne peuvent pas arroser, ça veut dire que toutes les plantations, tomates, salades, abricots, pêche, tout ça c'est fini. – Et ce sont en effet les agriculteurs les plus inquiets, désespérés même pour certains, au point de participer samedi à une procession religieuse en plein cœur de Perpignan pour demander au ciel, et notamment à Saint-Gaudéric, le patron des agriculteurs,

30:07
Locuteur 3

dont vous allez voir les reliques, le retour de la pluie.

30:10
Locuteur 6

– Saint-Gaudéric, patron des cultivats,

30:20
Présentateur

Dieu éternel et tout-puissant, daigne bénir ce territoire pour lequel nous tes faibles serviteurs, nous te prions.

30:29
Locuteur 3

– On a tout tenté, oui. C'est la dernière chance, parce que sinon on sauvera pas les récoltes de cet été. Et on pourra pas mettre l'eau dans les canaux, ce qui mettra en péril toutes les exploitations agricoles du département.

30:39
Présentateur

– Les gens ne se rendent pas compte que tout le monde est tributaire de Dieu en réalité. On a des rendements qu'ils ont baissé. Et il faudrait pas que ça dure cette situation-là.

30:51
Locuteur 7

– Vous croyez qu'il va pleuvoir aujourd'hui ? – Oui, je crois. J'y ai mis toute ma foi. Je n'ai pas seulement regardé les prévisions météo, puisque de toute façon, quand la procession a été fixée il y a trois semaines, un mois, on pouvait pas savoir s'il allait le plouvoir aujourd'hui.

31:13
Locuteur 3

– Ce soir-là, quelques gouttes miraculeuses sont tombées à Perpignan, mais pas assez évidemment pour endiguer la sécheresse.

31:19
Présentateur

Bonsoir Jean Jouzel. – Bonsoir Anne-Elisabeth.

31:22
Locuteur 6

– Climatologue, glaciologue, ancien vice-président du GIEC,

31:25
Présentateur

le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, qui a donc rendu public aujourd'hui une synthèse de ces huit dernières années de travaux, avec la confirmation que nous sommes au bord du précipice et la sécheresse hivernale que traverse la France

31:38
Invité

en est une illustration ?

31:40
Locuteur 8

– Oui, on a eu des illustrations l'été dernier, donc avec ces vagues de chaleur, mais aussi les sécheresses, effectivement, peut-être pas la sécheresse hivernale, mais la sécheresse estivale de l'été dernier était quelque chose qu'on peut inscrire dans ces conséquences du réchauffement climatique, effectivement.

31:57
Invité

– La planète se réchauffe, il n'y a plus aucun doute là-dessus. Le fait que la responsabilité de l'homme soit réelle, éprouvée, c'est un fait qui est répété à nouveau par le GIEC. C'est important de le répéter encore et encore ?

32:13
Présentateur

– Oui, parce que c'est important cette fois-là.

32:14
Locuteur 8

Je crois que la spécificité de ce sixième rapport du GIEC, on rentre dans le domaine des certitudes.

32:21
Présentateur

Non seulement le GIEC dit que nous sommes collectivement responsables de ce réchauffement climatique, mais il dit que c'est sans équivoque, c'est une certitude, non seulement la responsabilité du réchauffement climatique, mais très probablement la responsabilité de l'ensemble du réchauffement climatique. Donc le diagnostic est très clair dans ce sens, donc je crois que c'est important de le redire. On le dit d'une façon, alors peut-être pas plus convaincante, il nous a fallu du temps, je parle de notre communauté au sens large, il nous a fallu du temps pour arriver à cette certitude, mais nous en sommes là.

Et évidemment, c'est une raison de plus pour agir, et d'autant plus que ce que nous vivons aujourd'hui,

33:00
Locuteur 8

c'est effectivement ce que le GIEC a anticipé depuis ses différents rapports. Nous sommes au sixième.

33:05
Locuteur 6

– Et vraisemblablement, ce que le GIEC dit en 2023 ne sera pas démonter à l'avenir.

33:09
Locuteur 8

– Jusqu'ici, rien de ce qui a été écrit dans le GIEC n'a été démenti, au contraire, c'est plutôt le contraire, je dirais, ce que nous vivons en termes, par exemple, prenons le cas des extrêmes climatiques, dès le troisième rapport du GIEC, on dit très clairement que les vagues de soleur deviendront plus intenses, plus fréquentes. On parle aussi des sécheresses, et nous y sommes.

33:31
Présentateur

– Et si on ne tient pas l'objectif des accords de Paris, sur quelle planète vivront les générations les plus jeunes ? – Oui, l'exemple est donné dans ce rapport du GIEC. On parle de quelqu'un qui naîtrait aujourd'hui, quand il aura 70 ans, et bien nous partons vraiment délibérément actuellement vers un réchauffement de 3 degrés. C'est ce que nous dit le rapport du GIEC. C'est deux fois trop par rapport à ce qu'il faudrait, effectivement, pour que ces jeunes d'aujourd'hui puissent s'adapter au réchauffement climatique dans la deuxième partie de ce siècle. C'est bien ça qui est important.

C'est très difficile de faire comprendre que ce que nous avons vécu l'été dernier, ce que d'autres pays vivent, même s'il y a beaucoup de catastrophes, ce ne sont que des prémices du réchauffement climatique.

34:11
Locuteur 8

C'est un monde complètement différent, plus 3 degrés, peut-être même plus 4 degrés. Plus 4 degrés en France, on en a parlé. Christophe Béchut a à juste titre demandé à ce que l'adaptation au réchauffement climatique, on l'envisage dans cette possibilité en France, et malheureusement, c'est ce vers quoi nous allons actuellement.

34:27
Présentateur

– Et pourtant, il y a encore un espoir tenu, une chance de limiter le réchauffement planétaire. Ça, ce que dit aussi le rapport du GIEC. – Mais non, mais je n'arrêterai pas de le répéter, et c'est pour ça aussi, devant l'éco-anxiété, devant, voilà, je sais la difficulté, mais je crois que j'ai toujours adopté cette stratégie, peut-être instinctivement, de dire, il y a un problème, mais il y a aussi des solutions. Je souhaite toujours le dire aussi, c'est ce que dit le GIEC. À horizon 2030, si nous retroussions les manches, eh bien, nous aurions, avec ce qui existe sur les étagères, eh bien, nous aurions le moyen de diminuer nos émissions par deux, ce qu'il faudrait faire,

35:06
Locuteur 8

alors que nous prenons chemin d'une augmentation de 15%. Mais c'est une décision, je me tourne vers François Béroud, c'est une décision politique, soyons clairs, François. Donc, on le sait bien que c'est avant tout politique, il y a tout sur la gouvernance qui est dit, sur la nécessité d'un véritable engagement des politiques, beaucoup plus que dans les textes.

35:27
Présentateur

Dans les textes, ils s'engagent, mais pas dans la réalité,

35:29
Locuteur 8

c'est ça le problème.

35:30
Locuteur 3

Justement, dans les solutions, elles sont classées secteur par secteur, dans ce rapport du GIEC. Pour vous, c'est dans le secteur de l'énergie qu'il faut agir en priorité en développant l'éolien et le solaire ? On ne va pas assez vite, selon vous ?

35:42
Locuteur 8

On ne va pas assez vite, oui. Ce rapport, merci Émilie, nous dit que, eh bien,

35:47
Présentateur

on pourrait gagner d'ici 2030 4 à 5 milliards de tonnes de CO2, c'est-à-dire à peu près 10% des émissions, un peu moins. Donc, avec à la fois l'éolien, le solaire, voilà, on a aussi d'autres possibilités dans le stockage du carbone, tout est examiné, mais oui, je crois que c'est assez important et c'est très important de dire que le GIEC met l'accent sur le développement des renouvelables et sur le retard dans le renouvelable. Le débat n'est pas ici en France, mais à l'échelle planétaire, c'est ce qu'il faut faire, c'est très clair.

36:18
Invité

Vous parliez de décision politique, l'Union européenne aurait dû enterriner l'interdiction de vente des voitures à moteur thermique

36:23
Locuteur 3

à partir de 2035, mais à la dernière minute, l'Allemagne s'est opposée à cette interdiction. Au total, 8 pays d'Europe se sont positionnés contre. Alors Bruno Le Maire a assuré qu'il ne fallait pas décaler l'objectif, vous y croyez ?

36:35
Présentateur

En tout cas, j'ai dit mon regret de cette position de l'Allemagne. C'est clair qu'on n'arrivera pas à respecter les objectifs de l'Europe. On affiche en Europe moins 55% d'émissions. On n'y arrivera pas si, effectivement, on change notre fusil d'épaule par rapport à cette décision de fin des véhicules thermiques. Donc, bien sûr, des véhicules thermiques, si on parle de neutralité carbone en 2050, il faut effectivement arrêter la fabrication des véhicules thermiques dès 2035 pour que certains, disons bien sûr, rouleront toujours en 2050. Mais on voit bien, donc si on repousse à chaque fois, on n'atteindra pas la neutralité carbone en 2050.

Les constructeurs français ont prévu d'arrêter la fabrication des thermiques en 2030, et donc avant même l'échéance de l'Union européenne. Oui, mais disons, notre cher Tavares est quand même pour la prolongation des véhicules thermiques. Oui, mais ils ont programmé un plan pour arrêter en 2030. Dès 1987, vous écriviez un article qui a fait date, et vous démontriez le lien entre augmentation de la température et émission de CO2, ce qui vous a valu à l'époque d'être invité très tôt sur les plateaux télé. On va vous retrouver dans votre première intervention à la télévision, comme on fait ça déjà pour les stars de la chanson.

Vous êtes sur France 3, Île-de-France, en direct depuis la Cité des Sciences, et vous abordez déjà toutes les solutions possibles au problème du réchauffement climatique. Merci Pierre. Il faut commencer à penser en termes de réduction des composés à effet de serre. Les mots-clés, je pense, c'est effectivement économie d'énergie, modification aussi des scénarios de production d'énergie, avoir des combustibles qui produisent moins de CO2.

38:15
Locuteur 1

Oui, et puis repenser peut-être l'élimination des déchets.

38:18
Présentateur

L'élimination des déchets, repenser aussi reforestation, évidemment, en termes de reforestation, ça serait très important. Et aussi, à côté, il faut en parallèle, je pense, penser à commencer à s'adapter à des choses comme l'élévation du niveau de la mer, ou même au point de vue de l'agriculture et des modifications qui pourraient arriver au niveau de l'agriculture.

38:35
Invité

Voilà, je pense que ça, c'est le grand challenge du 21e siècle, sauvegarder le climat de la planète. À mon avis, on n'a pas fini d'avoir des étés chauds.

38:43
Présentateur

Non, et l'effort doit commencer maintenant. Ce n'est pas désespérant de répéter toujours les mêmes choses, les 500 années ?

38:49
Locuteur 8

Si, Pierre, un peu, mais voilà. Oui, j'ai vécu cette montée en puissance du problème du réchauffement climatique de l'intérieur. Je travaille dans ce domaine depuis près de 50 ans. Il aurait mieux fallu quand même que le protocole de Kyoto soit effectivement respecté. Ce n'était pas si mal parti. Et finalement, là aussi, c'est politique. L'élection de George Bush...

39:12
Locuteur 3

Vous restez très courtois avec les dirigeants politiques. Greta Thunberg, elle les accuse de trahison.

39:15
Invité

C'est sa réaction aujourd'hui au rapport du GIEC. C'est vrai que M. Jouzel reste très courtois à votre égard, mais peut-être que vous auriez des raisons d'en vouloir aux dirigeants politiques.

39:26
Présentateur

En quelques mots, à notre invitation. Je crois que les solutions existent, que pour certaines d'entre elles, elles sont à portée de la main, elles sont faciles. Je vais en citer une sur laquelle nous venons avec le commissariat au plan d'établir une analyse. Sous nos pieds, nous avons un réservoir inépuisable et gratuit pour baisser la consommation des maisons et des appartements. C'est la géothermie. Sous nos pieds, à quelques mètres sous nos pieds, on divise par 5 la quantité d'électricité nécessaire pour se chauffer et par 10, 8, 10, 50, la quantité d'électricité nécessaire pour rafraîchir les maisons. C'est immédiatement disponible.

C'est des outils extrêmement simples qui existent, qui sont tous disponibles et qui ne sont pas chers, ou en tout cas, par rapport aux économies qu'ils vont faire faire, y compris aux familles qui les utiliseront, c'est immédiatement disponible. Et il va en effet falloir que nous passions le stade d'aller des paroles jusqu'aux actes. Et ça, on n'a pas besoin de recherche. C'est immédiatement là 95% du territoire français qui peut utiliser la chaleur ou la fraîcheur du sous-sol.

40:50
Locuteur 3

Voilà l'une des solutions que vous apportez ce soir à cette question. Vous restez tous les deux avec nous. C'est l'heure de la story de Mohamed Bouhefsi.

41:02
Présentateur

Mohamed, Donald Trump clame sur son réseau social, « truth », vérité, qu'il va être arrêté demain. Oui, le candidat du parti républicain, très loin devant ses rivaux à la primaire et ancien président des États-Unis, va être arrêté mardi. C'est le message posté en lettres majuscules samedi par Donald Trump, accusé d'avoir voulu en 2016 acheter le silence d'une actrice porno avec laquelle il aurait eu une liaison. Il a appelé sur son réseau social. Ses soutiens a manifesté leur soutien ce week-end. Toutes les télévisions américaines évoquaient cette possible inculpation qui serait une première historique.

41:37
Locuteur 2

Manhattan DA is continuing its investigation of Donald Trump's role into hush money payments to adult film actress Stormy Daniels. On his social media platform, the former president claimed that he will be arrested on Tuesday in relation to the Manhattan DA's investigation to hush money payments made to porn star Stormy Daniels. The former president has denied any wrongdoing and is accusing Manhattan DA Alvin Bragg of a, quote, « partisan witch hunt ».

42:02
Présentateur

C'est en 2006 que la liaison sans lendemain de Donald Trump et de l'actrice pornographique Stormy Daniels aurait eu lieu. Une liaison qui n'intéressera pas grand monde jusqu'en 2016 et le lancement de la campagne présidentielle de Donald Trump. Son entourage se met alors en chasse de potentiels dossiers sexuels pour les étouffer. C'est ainsi que son avocat, Michael Cohen, versera en toute discrétion 130 000 dollars à Stormy Daniels contre un accord de confidentialité. Le problème, c'est que depuis 2018, cet avocat est devenu l'ennemi du président républicain.

Il a fini par collaborer avec la justice et plaidé coupable pour fraude fiscale et violation des lois sur le financement des campagnes électorales. Ces dernières heures, il a adressé un message aux actuels avocats de Donald Trump.

42:44
Locuteur 2

I would say I hope that you watched me as I testified before the House Oversight Committee. I know what you're doing and I know the plays that you're trying to run because I wrote the playbook and it didn't work out well for me and it's not going to work out well for you. The smartest thing that a lawyer could do, if Donald Trump asks, you know, to represent him in this nightmare that he is going to be living, run, run as fast as you can and don't run to Florida. and especially now Palm Beach, run someplace east or west. But definitely don't get involved with Donald.

43:22
Présentateur

Les révélations de Michael Cohen en février 2018 avaient amené Stormy Daniels à demander l'annulation de l'accord de confidentialité et à porter plainte contre Donald Trump. Elle s'était alors confiée pour la première fois à la télévision et avait rendu publiques les menaces dont elle avait fait l'objet.

43:36
Locuteur 1

I was in a parking lot going to a fitness class with my infant daughter and a guy walked up on me and said to me leave Trump along forget the story and then he leaned around and looked at my daughter and said a beautiful little girl would be a shame of something happening to her mom and then he was gone. You took it as a direct threat. Selon le parquet fédéral américain, ces fameux 130 000 dollars

44:06
Présentateur

auraient été financés par la Trump Organization et seraient assimilables à un don dissimulé au camp de campagne du président Trump, ce qui constitue un crime aux États-Unis. Depuis plusieurs heures, les rassemblements en soutien à Donald Trump se multiplient dans le pays.

44:20
Locuteur 4

D'après la spécialiste de la politique américaine Nicole Bacharan,

44:46
Présentateur

Donald Trump agite la perspective d'une arrestation pour galvaniser ses troupes en vue d'une nouvelle candidature en 2024. L'intention de Donald Trump, c'est de faire de cette probable inculpation un tremplin pour sa campagne. Et évidemment, il se propulse sur la figure du martyr

45:02
Locuteur 2

qui défend le vrai peuple que l'on voudrait faire taire. La police, le FBI, tout le monde est sur les dents autour du tribunal, autour du procureur, du personnel du tribunal,

45:13
Présentateur

de la police qui doit gérer tout ça. Il y a une énorme préoccupation de sécurité. Première arrestation de l'histoire pour un président, réponse demain.

45:19
Locuteur 3

Merci Mohamed, c'est l'heure du 5 sur 5 de Mathieu Béliard.

45:28
Locuteur 8

Bonsoir Mathieu.

45:30
Présentateur

Mathieu, on commence avec la libération du journaliste Olivier Dubois au Mali. Oui, il écrivait entre autres pour Libération Le Point et Jeune Afrique. Il avait été enlevé dans le nord du Mali le 8 avril 2021. Il y a presque deux ans, jour pour jour, il a passé 711 jours en captivité au Sahel. A sa libération, il a eu un mot pour sa famille, bien sûr, et il a remercié les États qui ont contribué à sa libération. Juste pour dire qu'évidemment, c'est énorme pour moi d'être là, d'être libre. Je voulais rendre hommage au Niger et à son savoir-faire de mission délicate. Et à renommager la France aussi, à tous ceux qui m'ont permis d'être là aujourd'hui.

Voilà, c'est court, je ne suis pas de mes esprits, désolé. Je me sens fatigué, mais je vais bien.

46:12
Locuteur 7

C'est à l'aéroport de Niamey, capitale du Niger, qu'Olivier Dubois est réapparu, libre à nos yeux.

46:30
Présentateur

À Paris, aujourd'hui, Audrey Payas et Valentin Tibier sont allés recueillir la réaction du secrétaire général, le reporter sans frontières. Notre réaction, c'est évidemment grande joie, un immense soulagement. 711 jours quand même. Le 8 avril, ça allait faire deux ans de détention. 711 jours, c'est un record pour un journaliste français pris en otage depuis la guerre au Liban, depuis les années 80. Le précédent record, c'était deux journalistes en Afghanistan, Taponnier et Guéquier, 547 jours. C'est une forme de politique française constante que de ne pas laisser ces ressortissants à eux-mêmes, laissés à eux-mêmes lorsqu'ils sont otages. On ne peut pas en dire autant dans d'autres pays.

Les otages français, sauf de très rares exceptions et anciennes, reviennent vivants, retrouvent la liberté. Et ça, c'est quand même quelque chose de puissant. Un dernier mot, puisqu'on parle beaucoup du Parlement ce soir, à juste titre, avant les discours et avant les votes de motions de censure, les députés ont applaudi à l'annonce de la libération d'Olivier Dubois en début de séance. Le président chinois en visite d'État à Moscou. Xi Jinping qui offre à Vladimir Poutine de s'afficher avec un dirigeant de premier plan, visite d'État de trois jours lors de laquelle la Chine promet de jouer un rôle de médiation.

47:44
Locuteur 5

Le président chinois en visite d'État à Moscou.

48:02
Présentateur

Vladimir Poutine qui était ce week-end en Ukraine. Et pas n'importe où en Ukraine, à Mariupol, dans le Donbass, pour Vladimir Poutine, c'est donc la Russie, il faut bien le comprendre. Ville martyr de la guerre en Ukraine, ville détruite l'an dernier. Ces images témoignent de la ruine qui va disparaître. Théâtre de crimes de guerre difficiles à instruire, tant les russes effacent l'épreuve en reconstruisant sur place. Cette visite du président russe, c'était donc une forme d'inspection des travaux finis et autres chantiers en cours. Visite télévisée, bien sûr. On embarque en voiture avec Vladimir Poutine. Devinez qui conduit. Vous voyez l'astuce sur ces images.

Les Russes ne voient pas les mêmes ruines que nous à Mariupol. Ce sont ces images qu'il voit. Une ville en construction, prête à accueillir de nouveaux Russes.

49:26
Locuteur 5

Moi je ne l'attendais pas de ma connaissance. Vous pouvez bien vous pourrez rire ouverter. Vous pouvez aller partout. C'est maquet de la resse. C'est maquet d'un point de la resse. C'est maquet d'un point de la resse.

49:43
Locuteur 8

Vous pouvez aller voir si vous voulez.

49:45
Présentateur

S'en sont suivis d'autres visites, notamment un théâtre philharmonique et des jardins pour enfants. Vladimir Poutine à Mariupol avant de rentrer en Russie.

50:13
Locuteur 6

– Aujourd'hui est une journée inscrite au calendrier de l'ONU.

50:17
Présentateur

– Le 20 mars, c'est la journée internationale du bonheur. Alors typiquement, ce genre de journée internationale, on a envie de se plonger dans les archives. On est en 98, il y a 25 ans. Que disent ces jeunes français du bonheur ? – Où est votre bonheur ? – Dans mon cœur.

50:30
Invité

– La famille, les études, la réussite professionnelle.

50:33
Locuteur 7

– Dans la musique, principalement dans les filles aussi. – Le bonheur, pour moi, il réside dans le fait de se réveiller le matin et d'être en très bonne santé.

50:47
Locuteur 1

– Je crois que je ne l'ai pas encore trouvé. Je le cherche.

50:50
Locuteur 7

– D'abord la santé, puis un environnement équilibré, puis des projets aussi peut-être, quelques-uns.

50:56
Invité

– Je ne vois pas le bonheur dans le travail, par exemple.

50:58
Présentateur

– C'était il y a un quart de siècle. En attendant, les votes de motion de censure cet après-midi, on s'est dit que Louis Amart et Anaïs Recouli étaient sur place pour cet avou. Je me suis dit, puisque vous attendez, demandez aux députés, tiens, c'est quoi votre définition du bonheur ? – Est-ce que vous savez de quoi le 20 mars est la journée, plus précisément ? – Je suis regardé là-dedans, normalement c'est probablement noté. C'est le printemps ? – Non. – Bon, expliquez-moi. – C'est la journée internationale du bonheur. – Youpi, ça fait une accolade, c'est ça ? – Écoutez, c'est le meilleur bonheur qu'on puisse amener dans la période, c'est le retrait du texte.

Ça va faire un immense bonheur dans le pays.

51:34
Invité

– Avoir des loisirs, que les enfants ne voient pas leurs parents devant des factures, à se prendre la tête, à se demander comment on peut payer, mais plutôt faire un jeu de société.

51:42
Locuteur 7

– Jamais se dire que sa vie, elle est tracée. Imaginez la vie d'après, avoir 3, 4, 5 vies en une vie. – Moi, c'est 365 jours par an pour moi, la journée du bonheur.

51:53
Présentateur

– François Bayrou, si vous êtes capable de nous donner une définition du bonheur en moins de 20 secondes, c'est à vous. – La chaîne des Pyrénées en face de vous, d'Est en Ouest. – Ah oui, d'accord. – Ça, c'est chez vous. – Oui, ben oui, j'ai le droit, j'ai le droit.

52:10
Invité

– Merci François Bayrou, président du bonheur, commissaire au plan et maire de Pau. Merci beaucoup Jean-Jouzel, climatologue et ancien vice-président Gilles Vieck d'être venu ce soir sur le plateau, c'est à vous. Dans un instant, Jean Dujardin, une surprise pour Jean Dujardin, l'œil de Pierre, le vu et les actualités d'Air 30. A tout de suite. – Sous-titrage ST' 501

François Bayrou et Jean Jouzel - C à vous - 20/03/2023 · Pourquijevote