Canicule : "Une activité soutenue" aux urgences avec 40% d'appels en plus dans certains départements
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Ce matin dans une France métropolitaine où 95% de la population va vivre une nouvelle journée de canicule, journée de vigilance rouge pour plus de 51 millions d'habitants sous des températures autour des 40 degrés qui vont se poursuivre dans une grande partie du pays jusqu'à dimanche. On se demande comment tenir et la question vote aussi pour l'hôpital, va-t-il tenir face à ce qui pourrait devenir une crise sanitaire ? Deux invités pour en parler, Benjamin. Bonjour Mathias Vargon. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur Inter.
Vous êtes chef des urgences au centre hospitalier de La Fontaine à Saint-Denis et vous allez nous raconter dans un instant ce qui se passe en ce moment même dans votre service. À côté de vous Zaynabrier, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes déléguée générale de la FHF, la Fédération hospitalière de France. Et avec vous, on fera le point concrètement sur la situation dans les hôpitaux mais aussi dans les EHPAD. Et vos questions et témoignages sont les bienvenus chers auditeurs. Vous qui souffrez comme nous tous de cette chaleur extrême. 0145 24 7000, le standard est ouvert. Vous pouvez aussi aller jeter un oeil et nous écrire sur l'appli Radio France.
Mathias Vargon, on en est à quatre jours de vigilance rouge canicule dans votre département d'exercice, la Seine-Saint-Denis. Qu'est-ce que vous constatez dans votre service aux urgences de l'hôpital de La Fontaine ?
Alors je ne suis pas seulement le chef de service des urgences de Saint-Denis mais je suis aussi le président de l'observatoire régional des urgences d'Île-de-France. Donc je m'occupe de regarder l'activité des urgences et des SAMU dans toute l'Île-de-France en fait. Ce que je constate dans mon service, c'est la même chose que dans le reste de l'Île-de-France. C'est-à-dire qu'on sent que ça monte depuis quelques jours. Ce n'est pas flagrant sur les chiffres mais en termes de qualité, on est dans la fourchette haute et les patients sont de plus en plus âgés mais pas seulement.
C'est-à-dire quand on regarde les hospitalisations, alors hélas, je n'ai pas les chiffres d'hier, je n'ai que ceux d'avant-hier. En fait, on avait une augmentation de 5% de l'hospitalisation des personnes âgées, ce à quoi on s'attendait. Mais quelque chose d'un peu plus inquiétant, c'est que dans la tranche 15-75 ans, on a 10% d'augmentation des hospitalisations. Ce qui montre que finalement, la chaleur, elle ne touche pas que les personnes âgées mais elle touche les personnes plus jeunes.
C'est-à-dire par exemple des jeunes, même dans la tranche des 15-35 ans, vous en avez aussi qui arrivent aux urgences ?
Oui, alors les 15-35 ans, on n'en hospitalise pas tellement. C'est plutôt des patients au-dessus de 50-60 ans qui font des coups de chaleur, qui supportent mal la chaleur, qui courent dans... J'en ai vu un hier qui courait près du canal ou qui ont des pathologies, le diabète, des pathologies cardiovasculaires. Qui vont décompenser, soit parce qu'ils supportent mal la chaleur, soit parce que les médicaments vont les faire décompenser.
Zainab, est-ce qu'au niveau national, vous commencez à sentir une tension dans les hôpitaux ?
Oui, globalement, ce que l'on constate, c'est qu'effectivement, il y a une activité soutenue dans l'ensemble des services des urgences. En ce qui concerne les appels au SAMU, nous étions lundi à une évolution entre 15 et 20% des appels au SAMU. Nous sommes plutôt entre 20 et 30% supplémentaires, avec des départements qui dépassent les 40%. C'est l'occasion pour moi aussi, ici, de saluer l'ensemble des équipes hospitalières et médico-sociales, parce que, bien sûr, nous sommes tous dans des conditions difficiles, mais eux aussi exercent dans des conditions difficiles.
Et peut-être que nous y reviendrons, mais peut-être expliquer aussi, pour mémoire, pourquoi nous en sommes là, dans cette situation de prise en charge des patients dans des locaux inadaptés.
Et on va bien sûr parler de tout cela, de l'adaptation de la question de la climatisation. Un point sur les EHPAD, Zainab Rie, puisque vous avez donné des chiffres sur le SAMU et les services d'urgence. Quel point vous pouvez nous faire sur la situation des EHPAD ?
Alors, à ce stade, dans les EHPAD, ce que l'on constate, c'est que, d'une part, tous les EHPAD disposent d'au moins une salle rafraîchie, ou d'une salle climatisée. En revanche, la totalité des chambres ne sont pas rafraîchies, sauf, bien sûr, pour les EHPAD qui ont été construits après 2003. Donc, la situation, elle est plutôt difficile aussi, difficile pour les résidents, qu'il s'agisse des personnes âgées ou qu'il s'agisse des personnes en situation de handicap. Pour autant, les procédures, les protocoles sont bien connus des professionnels. Je rappelle que depuis 2003, le choc de 2003, nous avons mis en place le plan bleu. Les professionnels connaissent bien ce qu'ils doivent faire.
Mais en revanche, peut-être en profiter aujourd'hui pour demander un renfort, un renfort avec le service civique. Appel au service civique. Nous avons 3 800 établissements sociaux, médico-sociaux, publics. Un minimum d'un renfort service civique par établissement pour accompagner les résidents dans la salle, pour s'assurer qu'ils boivent bien, ce serait vraiment le bienvenu.
Alors, on va parler des conditions de travail dans ces établissements médico-sociaux dont on parle, les hôpitaux, les EHPAD. Mais je voudrais d'abord qu'on fasse un point sanitaire. D'abord, est-ce qu'un coup de chaud, c'est une urgence vitale ?
Alors, une hyperthermie, oui, c'est une urgence vitale. Il faut refroidir les personnes immédiatement, en fait. On peut appeler les pompiers. Les pompiers sont équipés avec les semures de baignoires, en tout cas en région parisienne, mais je pense dans le reste de la France. On s'était entraîné pour les JO. Donc, ils amènent la baignoire avec les glaçons et on met les patients directement au frais. Mais si vous trouvez quelqu'un en hyperthermie, il ne faut pas le laisser au soleil. Il faut le mettre à l'ombre et refroidir immédiatement. C'est quoi les symptômes de cette hyperthermie ? Qu'est-ce qui doit nous alerter ? C'est une fatigue vive, intense, une tachycardie.
Il peut y avoir des convulsions, n'importe quoi, en fait. Le malaise. Oui, le malaise, évidemment. Mais il faut faire extrêmement attention. Et il y a des patients qui sont plus sensibles aux hyperthermies, les personnes âgées, mais aussi les patients sous-nourleptiques. Il faut leur dire de ne pas s'exposer au soleil.
Et vous faisiez référence tout à l'heure aussi à ceux qui, parfois, font du sport à des heures indues. Ça, évidemment, il faut éviter.
Oui, alors là, le symptôme, c'est quand même d'avoir un problème de QI, quand même.
Voilà, ça, c'est pour ceux qui, parfois, vont faire du jogging à 15 heures. Un point, Zéna Brié et Mathias Vargon, sur la surmortalité. Là encore, vous, en Ile-de-France, Mathias Vargon, et à votre place de délégué de la Fédération hospitalière de France, est-ce que vous constatez déjà une évolution sensible sur la surmortalité ? Ou est-ce que c'est trop tôt, Zéna Brié ?
À ce stade, c'est trop tôt. Mais si l'on regarde ce qui s'est passé l'année dernière, en 2025, et pourtant, nous avons moins eu d'épisodes caniculaires, Public France annonce quand même 5700 décès supplémentaires. Notre crainte, c'est que, compte tenu de la durée de l'épisode, compte tenu des conditions et en domicile et dans les structures, nous craignons que ça aggrave beaucoup plus l'état de santé des personnes. Et nous savons aussi, puisque les urgentistes le disent, qu'il y a un contre-coup. Et donc, notre crainte, c'est qu'effectivement, nous ayons probablement une surmortalité.
Est-ce qu'on peut parler de crise sanitaire ?
On peut parler de crise sociale, en fait. Parce que ce n'est pas un virus, ce n'est pas une infection. C'est une abriette ? Oui, elle n'est peut-être pas d'accord, mais c'est une crise sociale, en fait. C'est-à-dire qu'on est dans un pays qui refuse la climatisation depuis des années pour plein. Et on voit les débats politiques en ce moment sur la climatisation. Oui, mais c'est une crise de santé publique. C'est une crise de santé publique. On peut chercher les causes. Non, non, mais en fait, l'hôpital se retrouve à gérer une crise sociale. Une crise parce qu'il n'y a pas de climatisation chez les gens. Les gens n'ont pas de système pour se refroidir.
Les EHPAD, depuis 20 ans, effectivement, en urgence en 2003. Moi, j'y étais déjà, la canicule, en 2003. Et ce n'était pas la même chose. On a vu arriver des tsunamis de personnes âgées. Ce n'est pas la même chose. Mais quand même, l'histoire de la salle réfrigérée, depuis 2003, on aurait pu évoluer et mettre des clims dans les chambres. Ça n'a pas été fait.
Là, vous faites référence aux EHPAD.
Là, je fais référence aux EHPAD, aux résidences seniors, à tout un tas de choses qui fait qu'on aurait pu rafraîchir les gens. Et puis, quand ils arrivent à l'hôpital, de toute façon, on n'a pas les moyens de les recevoir. Parce que, je l'ai dit pour l'hyperthermie, mais c'est valable pour tous ces patients-là. L'important, c'est de les mettre dans un environnement frais. Alors, arrivé dans mes urgences, mais dans la plupart des urgences de France, l'environnement est rafraîchi. Rafraîchi, c'est quelques degrés en dessous de la température extérieure. Et ça, c'est un combat qu'on a depuis des années en disant qu'on veut la clim dans nos établissements.
Et qu'on nous répond, bah non, la clim, c'est interdit. Bon, on me l'a déjà répondu. La clim, c'est pas hygiénique. Bah si.
Vous avez une abrière.
Non, d'accord, mais moi, je suis sur le terrain aussi et j'ai fait quatre services d'urgence. Et après, on nous dit, c'est trop cher. Mais à un moment, et à un moment, je suis désolé, mais la Fédération Hospitalier de France, qui représente les hôpitaux publics... Si vous la laissez parler, elle pourra s'exprimer. Mais je vais vous laisser parler. Ça aurait dû être son combat, un de ses combats. Il y en a d'autres. Il ne fait pas chaud tout le temps, mais un de ses combats. D'abord, attendez.
Est-ce qu'on a une idée en proportion du nombre d'hôpitaux et des pâtes climatisées en France ?
Alors, ce que l'on sait aujourd'hui, c'est que si tous les établissements publics ne sont pas climatisés, ils disposent au moins tous d'une salle climatisée. Oui, bah en réanimation, théoriquement, il y a de la climatisation. Au bloc opératoire, il y a de la climatisation. Si vous permettez, parce que contrairement à ce que vous dites, docteur Vargon, l'IFHF, non seulement sur ces sujets-là, elle a été force de proposition, mais peut-être qu'il faut rappeler les choses. D'abord, oui, il peut y avoir une crise sanitaire. À partir du moment où il y a un facteur exogène, qu'il soit social, qu'il soit climatique, qu'il soit chimique, il peut y avoir une crise sanitaire.
Aujourd'hui, nous sommes en tension. Nous ne sommes pas encore en crise sanitaire. Nous sommes en tension et j'espère que nous ne le serons pas. Sur la situation, la situation, ce que nous demandons, nous, c'est simple, on est très pragmatique. On dit qu'il nous faut, l'objectif il est simple, c'est de travailler dans des locaux qui soient adaptés. Là où ça doit être climatisé, ça doit être climatisé. Là où ça doit être rafraîchi, ça doit être rafraîchi. Et pour cela, il n'y a pas 36 000 solutions, il faut avoir un plan massif d'investissement. On a des tas d'exemples de locaux rafraîchis. Il y a des locaux rafraîchis.
Alors moi, je ne suis ni pour ni contre la climatisation, je suis pour les deux. Parce qu'il y a des locaux, vous ne pourrez pas faire autrement que de les climatiser. Mais en revanche, il faut arrêter cette logique court-termiste de vouloir mettre en place des solutions, une solution unique qui ne répondra pas à tous les problèmes.
En attendant, j'ai donc eu un médecin au téléphone hier de l'hôpital du Kremlin-Bicêtre, en banlieue parisienne, qui a pris la température dans son bureau, 38 degrés. C'est la même chose dans les chambres. Comment on fait pour soigner des malades par 38 degrés ?
On ne fait pas, en fait. On parle beaucoup des urgences. Je suis aussi le directeur médical de crise dans mon établissement. Et en réalité, notre problème, par exemple, hier, ce n'était pas les urgences. On n'avait pas un gros besoin d'hospitalisation. Par contre, derrière, on parle de déprogrammation ou d'ouvrir des lits. Mais le problème, c'est que les chambres sont intenables. On a des chambres à 30, 33. J'ai des collègues qui ont mesuré avec des chambres à plus de 40. Donc, vous faites comment dans ce cas-là ? Hier, on s'est réorganisé.
On s'est dit qu'on allait mettre les patients les moins fragiles dans les chambres un peu chaudes et de garder les patients les plus fragiles dans les endroits les plus frais. Évidemment, il y a la réa qui est climatisée. Mais notre grande peur, c'est que la clim ne tienne pas. Les clims, elles sont faites pour tenir jusqu'à 32. Et il y a des établissements où les chaînes de laboratoire ont sauté. Et dans ces cas-là, on ne peut plus faire d'examen. Il y a des endroits où c'est les ordinateurs qui ont sauté. Parce qu'on travaille tous avec de l'informatique à l'hôpital. Et donc, on est dans des situations extrêmement fragiles. Et c'est la vague de la vague.
En fait, c'est la vague des urgences.
Juste pour bien comprendre, Mathias Vergon, ce que vous dites. Parce qu'on pose aussi cette question de savoir, crise sanitaire ou pas, si l'hôpital va tenir notamment dans les jours qui viennent.
On est en Orsan 2 quand même. C'est une crise sanitaire.
Voilà. Orsan 2, c'est donc le gouvernement qui a décidé d'activer ce plan. Ça veut dire que le sujet n'est pas tant l'afflux de patients aux urgences que la déstabilisation des services hospitaliers au-delà même des urgences.
En tout cas, hier, le problème n'était pas encore l'afflux de patients aux urgences. Il va peut-être l'être. Et en tout cas, le problème d'hospitalisation. Mais hier, dans mon établissement, comme dans tout un tas d'autres établissements, puisqu'il y a eu une réunion du DGARS hier après-midi. Donc l'Agence régionale de santé. Et l'Île-de-France, forcément, puisque je suis en Île-de-France. Ce point a été soulevé par plusieurs personnes. C'est effectivement ces chambres qui sont intenables, invivables pour des patients. On parlait des bureaux des médecins, mais à la limite, les médecins... Mais oui, oui, oui, tout à fait. C'est l'équivalent.
C'est-à-dire que ce qui se passe dans le bureau du médecin se passe dans la chambre.
Et on met des ventilateurs dans les chambres des patients. Il y a des ventilateurs partout à l'hôpital.
Mais ça brasse de l'air chaud. Mathias Vargon, c'est une perte de chance pour les malades ?
Alors, je n'ai pas les statistiques. Mais oui, c'est évident que c'est une perte de chance. Et puis, on peut avoir des patients qui peuvent faire des hyperthermies à l'hôpital. C'est quand même dingue de se retrouver avec un patient qui fasse une hyperthermie dans un établissement de santé parce qu'il n'est ni réfrigéré, ni j'en sais rien. La première canicule, c'était en 2003. Des épisodes caniculaires, il y en a eu depuis. Le GIEC dit que ça va se réchauffer. Et finalement, on parle de grands plans. Mais sur le terrain, quand on fait des travaux, la canicule est rarement évoquée. En tout cas, comme un événement...
En fait, c'est vrai qu'on trouve ça ahurissant. Il n'y a pas de clim dans les hôpitaux. On se dit qu'il y a bien un endroit où il devrait y avoir un clim, c'est les hôpitaux.
En fait, ce qui est ahurissant, c'est de ne pas avoir des locaux qui soient adaptés et qu'on est plus chaud dans une chambre qu'à l'extérieur. Ça, oui, vous avez tout à fait raison.
Même si on est aussi chaud dans une chambre qu'à l'extérieur, ça ne va pas non plus.
Mais le vrai souci, c'est qu'effectivement, depuis 2003, tous les projets d'investissement qui ont été déposés, systématiquement, il y avait des opérations de climatisation et des opérations de rafraîchissement. Sauf qu'il faut constater une chose, c'est que les financements de l'hôpital public restent la variable d'ajustement. En 2019, je suis désolée, mais comme on parle de locaux, il faut bien que je le dise, en 2019, nous étions à un niveau historiquement bas du financement de l'investissement. Nous étions à 4,5 milliards par an. Nous sommes, à ça, avec le Ségur, à 5,5. Nous, nous disons qu'il nous faut 7 milliards à 9 milliards par an.
Et l'IGAS dit que dans ces 7 milliards, il faut 1 milliard constaté à 5.
Mais est-ce que vous-même, Zéna Brié, vous avez, ces dernières années, dans les fonctions que vous occupez, prioriser l'idée qu'il fallait occuper, qu'il fallait mettre de la clim dans les hôpitaux ?
Bien sûr, je suis directrice d'hôpital, j'ai été infirmière, je suis directrice d'hôpital, j'ai été présidente de la conférence des directeurs de centres hospitaliers. Et je peux vous dire que l'ensemble des dossiers qui ont été déposés contenaient systématiquement cela. Mais comme il faut à chaque fois raboter pour entrer dans une enveloppe, c'est comme la question des mètres carrés.
Alors, on va passer par le standard, parce qu'on a des questions, des appels. J'accueille Jean-Louis. Bonjour, bienvenue Jean-Louis. Bonjour, Florent. Bonjour, Jean-Louis. Bonjour, Benjamin. Bonjour à vos deux invités. Quelle est votre question ? Très simple et très présente, en fait. La transition écologique s'indique dans le débat hospitalier. Alors, j'aimerais savoir comment vos deux invités l'interprètent. Avec un grand soupir, traduisant une contrainte supplémentaire, ou alors avec un grand sourire, qui voudrait dire, ça représente une occasion inaspirée de penser différemment à l'hôpital. Alors, j'ajoute une observation.
On me dit que dans les hôpitaux de l'APHP, par exemple, qu'il n'y a plus d'eau en bouteille plastique, il n'y a plus de distributeurs d'eau, et que c'est l'application d'un plan de transition écologique.
Alors, en tout cas, vous voulez que je réponde à ça ? Moi, je suis ravi de la question qui a été posée par votre auditeur. Il a tout à fait raison. Sachons tirer les forces d'épisodes difficiles. Un plan d'investissement massif, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on va maintenir... C'est bon pour la population, pour leur santé. C'est bon pour les patients. C'est bon pour les professionnels de santé. Et c'est bon pour l'économie, puisqu'on va développer l'économie, des activités partout sur les territoires. Alors, ensuite, sur l'approvisionnement, c'est un des risques. La gestion de l'approvisionnement, ça s'anticipe aussi. Mais tout va dépendre de la durée du phénomène.
Donc, effectivement, il faut s'assurer que le renouvellement des stocks est bien effectué. Mathias Vargon ?
En fait, c'est vrai que dans tous nos hôpitaux, il y a des commissions pour le passage à la transition écologique. Donc, je ne sais pas. Moi, je ne travaille pas à la paix. Je travaille dans un établissement plus petit.
Qui ne dépend pas de la PHP.
Qui ne dépend pas de la PHP. La PHP, ce n'est pas très agile. C'est un peu gouverné de façon très centralisée. Avec des professeurs partout. Donc, chez nous, il y a plus de communication. On a des bouteilles d'eau et on a des fontaines. Donc, si c'est une décision de la paix, moi, je ne peux pas en parler. Mais c'est vrai que la transition écologique, en fait, elle percute nos problématiques. Et ma problématique, moi, aujourd'hui, ce n'est pas ce qui va se passer dans 20 ans. Quoique dans 20 ans, je serais patient. Ma problématique, c'est aujourd'hui.
Mais juste avant de prendre un autre auditeur, Zena Brié, justement, on parlait tout à l'heure du plan décidé par le gouvernement. Là, les décisions qui sont prises pour faire en sorte que l'hôpital tienne.
Alors, les décisions qui sont prises, qui doivent être prises, parce qu'elles ne sont pas toutes prises.
Vous nous parliez tout à l'heure de la mobilisation des jeunes du service civique dans les EHPAD. Très concrètement, là, pour que dans les jours qui viennent... Ça, c'est un appel. Ça, c'est un appel que vous avez lancé.
Tout à fait. Tous les renforts possibles pour accompagner les résidents. Développer, permettre à chaque établissement, s'il a besoin d'avoir du personnel en plus, de pouvoir financer ce personnel en plus. permettre également les établissements, tout ce qui est petit équipement, ils y font face. La difficulté, et vous l'évoquiez tout à l'heure, Dr Wargon, c'est qu'on a des équipements informatiques, techniques, qui risquent de ne pas tenir. Et donc, on a des plans de continuation de services qui sont mis en place, mais il va falloir aussi que derrière, la maintenance, les maintenances extérieures, qu'il y ait de la réactivité de tout le monde, pour qu'on puisse répondre assez vite.
Donc, en fait, ce dont on a besoin, parce que ça concerne tout le monde, c'est qu'il y ait une mobilisation de tout le monde, de tous ceux qui ont affaire à l'hôpital, autour de l'approvisionnement, autour des équipements. Et que l'hôpital, qui quand même, je le rappelle, assure 80% des 21 millions de passages aux urgences par an, qui assure 85% de la permanence des soins, que lui, on fasse en sorte qu'il tienne, et qu'il tienne jusqu'au bout, avec les moyens dont nous disposons aujourd'hui.
Et comme en septembre, nous allons avoir les discussions sur le PLFSS, et bien, dès le PLFSS, le budget de la sécurité sociale, dès ce budget, il faut avoir une part consacrée aux bâtis et aux équipements.
Alors, on sait que ces canicules, ces températures extrêmes, sont aussi un enjeu de santé mentale, et on a une question de Francis, au standard de France Inter. Bonjour, bienvenue Francis.
Oui, bonjour. C'était une remarque de tout à coup tout à l'heure. Je voudrais savoir ce que c'est que la décompensation. La décompensation. Ensuite, j'ai une petite idée qu'un ami pompier a donné à ma femme, qui est institutrice. Il a donné des couvertures de survie, et ma femme a mis la couverture de survie cotée métallisée à l'extérieur des fenêtres de sa classe, et la température est descendue de 15 degrés.
De 15 degrés ?
Oui.
Vous êtes sûr ? Mathias Bargon, sur ce qu'est la décompensation.
La décompensation, c'est quand une maladie et qu'elle s'aggrave. Qu'elle s'aggrave, voilà. C'est un terme médical rapide. C'est aussi un terme de psychiatrie. Oui, alors pour la psychiatrie, en réalité, alors là, c'est... En fait, la psychiatrie, elle est en crise toute l'année, mais toute l'année, avec un déficit de place, un déficit d'accueil, des patients qui restent des jours dans les urgences. Les patients les plus graves restent des jours dans les urgences, en attente de place dans les secteurs, et notamment dans les chambres d'isolement.
À chaque vague de chaleur, oui, on se retrouve avec des patients qui perdent le contact avec leur psychiatre, qui parfois arrêtent de prendre leurs médicaments, ils ont la chaleur comme tout le monde. Ils ont des pathologies spécifiques, notamment, c'est ce que je disais tout à l'heure, les patients sous neuroleptiques ont une dysrégulation thermique, donc ils peuvent chauffer plus rapidement. Et donc, oui, on va se retrouver avec beaucoup de patients psychiatriques, comme après chaque crise, en fait. Et les crises, c'est en fait toute l'année. Moi, j'ai l'impression de gérer des crises toute l'année. Je ne fais pas un métier. Enfin, c'est l'hôpital qui gère des crises toute l'année.
Ça devient un peu fatigant.
Mais c'est intéressant ce que vous dites, Mathias Vergon, parce qu'on retrouve des mots qu'on entendait pendant la crise du Covid sur des patients qui perdent le lien avec leurs médecins. En fait, Zéna Brier, on va vivre à la sortie de cette canicule, qu'on espère le plus tôt possible, comme un révélateur de ce qui s'était passé après la crise du Covid.
C'est exactement cela. C'est-à-dire que la canicule est un révélateur qui vient indiquer que ne pas prendre en considération l'impact climatique avec des bâtiments qui ont été construits pour un climat de 1980 et non pas un climat pour 2026 à 2050, ça va être gérer des crises aigües successives.
Un tout dernier mot, puisqu'on vous a sous la main tous les deux. On a un premier cas d'Ebola en France. Oui, parce qu'on s'ennuie un peu.
Pourquoi pas ?
C'est un médecin de retour de République démocratique du Congo. Cinq personnes qui ont été en contact avec lui dans l'avion qu'il a pris ont été mises à l'isolement. Ils sont où ? En tout cas, lui, le médecin, il est où ? Et comment ça se passe ? Comment ça s'organise dans un service hospitalier d'avoir un malade d'Ebola ?
Alors, moi, j'ai une petite idée d'où il est. Mais je ne le dirai pas parce que ça fait partie de...
C'est un hôpital qui est spécialisé dans les maladies infectieuses.
C'est un hôpital qui est spécialisé. C'est un médecin qui est spécialisé aussi. Sincèrement, je n'en sais pas plus que vous. Ebola, de toute façon, nous, ça fait quand même quelques semaines. Alors, il n'y a pas d'alerte officielle, mais tout le monde en parle. On a remis en place...
On rappelle pourquoi ? Parce que Ebola, très contagieux, très grave. Très mortel.
Alors après, ce n'est quand même pas le Covid, ce n'est pas l'antavirus non plus, pour parler de la dernière poussée un peu d'angoisse. Ça s'attrape quand même plus difficilement. Mais nous, on a remis, on a reprévenu nos infirmières d'accueil en disant, attention, les patients avec les zones qui changent, où il y a de l'Ebola, et en disant, voilà, s'il y a des patients qui présentent ce genre de signes. Et surtout, il ne faut pas... Si vous avez une suspicion d'Ebola, vous n'allez pas aux urgences, vous ne bougez pas de chez vous, vous faites le 15, et ils s'occuperont de tout. Surtout, vous ne bougez pas de chez vous. Ou du cabinet médical,
parce que ça m'est déjà arrivé. Zéna Brier, en quelques secondes là-dessus.
Oui, j'en profite pour rebondir, de dire qu'effectivement, toute personne fragile, que ce soit par son traitement, qu'elle soit personne âgée ou seule, qu'elle n'hésite pas, qu'elle ne l'est pas bien, elle appelle le 15, et elle sera bien normal. Je vous remercie.
Merci à tous les deux d'être venus dans le studio de France Inter ce matin. La revue de presse à suivre.