AUDITION IA : REPRÉSENTANTS DE LA TRADUCTION LITTÉRAIRE ET AUDIOVISUELLE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 24 %Attaque 53 %Défensif 23 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 20:00OuverteRéponse directe
Quelle est l'ampleur de la baisse d'activité et de rémunération des traducteurs due à l'IA ?
- 21:00OuverteRéponse directe
Que pensez-vous de la revalorisation du tarif du feuillet de traduction à 24 € en juillet 2025 ?
- 22:00OuverteRéponse directe
Êtes-vous favorable à un conditionnement des aides publiques à la non-utilisation de l'IA ?
- 23:00OuverteRéponse partielle
Comment appréhender la formation des traducteurs à l'IA sans réduire leur métier à la post-édition ?
- 2:00OuverteRéponse partielle
Comment appréciez-vous les évolutions des outils de traduction instantanée et leur impact sur le besoin de traducteurs humains ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Quels sont les risques liés à l'utilisation des œuvres pour l'entraînement des IA sans consentement des auteurs ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00Agnè BouauFait
« La traduction est un processus et non seulement un résultat. »
- 9:00Agnè BouauFait
« Traduire demande de l'intelligence, de la sensibilité, un goût du mot juste et une capacité à le trouver. »
- 0:20Fait
« certains diffuseurs sont revenus en arrière dans leur pratique. Ils avaient automatisé la traduction et ils sont revenus plutôt à une pratique humaine »
- 4:10Fait
« l'exception TDM permet l'entraînement des machines, nous ne sommes déjà pas d'accord sur ce point-là »
- 5:00Fait
« l'entraînement des machines, très certainement sur la base de fichier pirate, on l'a vu, et est bien antérieur à la directive de 2019 »
- 13:10Chiffre
« les modèles d'IA réduisent de 40 % la diversité des tournures de traduction par rapport à des traducteurs humains »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bien mesdames et messieurs, mes chers collègues, bonjour. Je salue mes collègues qui nous suivent peut-être sur comment sur les les émissions en direct et nous sommes filmés en direct et et les collègues qui sont absents, qui seront sûrement assez discrets aujourd'hui euh pourront nous suivre euh en regardant le la transmission de notre audition d'aujourd'hui. Donc euh c'est Oui, c'est ça.
Ah oui, c'est traducteur, hein. Oui, d'accord. Très bien.
Donc après une période de suspension des travaux évidemment motivés par les élections municipales, nous reprenons les travaux de notre commission, de notre mission en information vous savez qu'elle s'intitule création, diffusion et acquisition des connaissances. comment l'IA transforme l'éducation et la culture. Donc j'en profite pour effectuer un rapide point d'étape.
Après avoir organiser pendant l'hiver une première phase introductive sur l'IA, nous sommes en passe d'achever dans les prochains jours la deuxième phase de nos auditions, celle qui était consacrée aux effets du LIA dans sur le monde de la culture globalement. Je crois pouvoir dire qu'il se sera avéré particulièrement intéressante cette session et je ne doute pas que la dernière phase de nos travaux qui portera sur les effets de sur l'éducation le sera tout autant. Euh pour rappel, notre mission s'achèvera au début de l'été euh avec la remise et la présentation du rapport par ma collègue rapporteur, c'est Céline Calvez.
Donc, j'en viens à l'ordre du jour qui portera sur le métier de la traduction ce matin, cet après-midi pardon. Nous recevons donc madame Agnè Bouau, mesdames Agnè Bouau, Débora Fortin et Anne Carnau, membre de la société française des traducteurs mesdames. Puis messieurs Jean-François Cornu, Jonathan Serror pour l'association des traducteurs littéraires de France, madame Chloé Thomas qui représentera le collectif en cher et en os dont elle nous expliquera la vocation.
Enfin, madame Stéphanie Lenoir, présidente de l'association des traducteurs et adaptateurs de l'audovisuel. Merci mesdames, messieurs d'avoir accepté. cette notre invitation.
Votre présence est d'autant plus précieuse que le métier de traducteur est souvent considéré comme l'un des plus vulnérables face à l'essort de l'intelligence artificielle générative. De fait, c'est une menace importante qui plane sur l'emploi de cette filière, excusez-moi. Et de premier cas de licenciement, de traducteurs au profil de l'IA ont déjà été recensés.
Vous nous direz si les différents secteurs traduction juridique, commerciale, littéraire, comment dire industrielle sont égaux en la matière. Mais risque également d'affecter le contenu même du travail des traducteurs. En particulier, la tendance à la post-dition dont vous nous expliquerez précisément en quoi elle consiste semble constituer un alliage peu satisfaisant entre le travail humain et les conséquences sur le revenu du traducteur sont événement sont également naturellement significatives.
Euh d'autres questions se posent que madame la rapporteur ne manquera pas d'abord avec vous. Donc je vais vous donner la parole. On va on va prendre quelques minutes, 5 minutes par organisation si vous voulez.
Comme ça madame Calv aura le temps de vous poser les questions qu'elle a préparé à votre attention. Donc alors pour prendre la parole, vous appuyez sur le bouton et et ça s'allume en rouge comme comme chez moi là et puis comme ça tout fonctionne. Merci monsieur le président, madame la rapporteur, merci de votre invitation et de votre intérêt pour notre métier.
Je suis traductrice littéraire de l'anglais et de l'allemand et enseignante chercheuse coresponsable d'un master de traduction d'édition à l'université Parisité. Je suis également membre de la TLF et représente ici le collectif en chair et en os. Ce collectif créé en 2023 par des traducteurs de l'édition pragmatique ou technique et du secteur audiovisuel s'est fait connaître par son manifeste pour une traduction humaine publiée dans Libération et signé par près de 20000 personnes à ce jour dont plusieurs prix Nobel de littérature.
Nous défendons une approche technocritique de l'intelligence artificielle. Parmi nos revendications, figure le refus de considérer la prétendue traduction automatique comme une traduction car la traduction est un processus et non seulement un résultat. Nous refusons également le principe de la compensation financière pour l'utilisation des textes que nous créons à des fins d'entraînement des machines.
Nous revendiquons la remise en cause de l'exception TDM de 2019 exception au droits d'auteur permettant la fouille et l'exploitation de textes et de données. Notre approche de la traduction est transversale. Nous ne considérons pas que les différents types de traduction littéraires, technique, audiovisuel supposent des approches différentes notamment quant au caractère délétaire de l'IA sur notre métier mais aussi sur les langues, la culture et la société.
Il convient de rappeler que la distinction entre les branches de notre métier est avant tout une différence de statut. Certains d'entre nous sont artistes auteurs, d'autres sont micro-entrepreneurs. Et cette différence ne tient pas à la qualité ou à la supposer littérarité des textes traduits.
Un traducteur peut travailler sur un manuel de jardinage qui sera disponible en librairie. Il sera alors traducteur d'édition, donc artiste auteur. Mais s'il traduit le même texte pour un site web, il sera traducteur pragmatique et auto-entrepreneur.
C'est un lieu commun des débats sur l'automatisation de la traduction de suggérer que celle-ci serait acceptable pour le domaine pragmatique et qu'elle le serait moins pour le domaine littéraire. Notre collectif s'oppose à cette distinction. Tout d'abord, il est parfois difficile de définir la limite entre les deux.
Ensuite, certains textes littéraires par ailleurs très bons font le choix d'un style limpide et pose de fait beaucoup moins de problèmes stylistique lexico ou culturel que tel rapport juridique ou tel document technique complexe. Enfin, lorsque l'on impose à des traducteurs de se transformer en post éditeur, c'est-à-dire en correcteur d'une sortie machine, les problèmes posés sont les mêmes pour tous. Perte de l'intérêt du travail.
Traduire, c'est se poser des questions. Postéditer, c'est chercher des erreurs et des platitudes dans un temps contraint au prix d'une grande fatigue cognitive. Perte de compétence.
La traduction est un muscle qui s'entretient. Un traducteur qui ne ferait plus que postédité désapprendrait à traduire et ne serait donc à terme même plus capable de postéditer. Baisse de qualité des traductions pour les raisons précédentes et aussi parce que lorsqu'on lorsqu'on poste édite, on est soumis au biais d'ancrage avec une tendance à accepter la proposition de la machine et sans avoir le temps de rechercher la nuance.
Or, cette question de la qualité qui recouvre aussi bien la richesse stylistique que l'exactitude est centrale non seulement en littérature, mais aussi, on le comprendra aisément, pour des dossiers médicaux ou des documents de sûreté nucléaire. Oui, les traducteurs sont inquiets pour leur avenir. Néanmoins, ils refusent massivement l'idée de céder leurs œuvres pour l'entraînement des grands modèles de langage contre rémunération.
Cela reviendrait à vendre nos traductions à des machines dont on prétend qu'elles pourraient à terme nous remplacer. Il n'y aura alors plus personne pour vérifier ce que dit la machine et nous serions collectivement dépendants de ces résultats douteux, par ailleurs loin d'être neutre idéologiquement. Traduire demande de l'intelligence, de la sensibilité, un goût du mot juste et une capacité à le trouver.
Préserver la traduction, toute la traduction, c'est préserver la diversité linguistique et préserver des compétences qui sont utiles dans tous les domaines et peut-être en particulier quand le contexte géopolitique est tendu et que la communication entre les peuples doit être aussi fluide que possible. Je vous remercie et me tiens prête à répondre à vos questions. Merci madame.
Qui veut prendre la parole ensuite ? Je vous en prie madame. Alors petite adaptation avec le micro.
Euh et bien déjà monsieur le président, madame la rapporteur, merci pour votre invitation. Avant de d'entrer vraiment dans le vif du sujet, j'aimerais dire deux mots sur le la SFT. Donc nous sommes un syndicat des traducteurs et interprètes.
Il faut savoir qu'il y a 21000 traducteurs à peu près en France, à peu près 1500 interprètes et tout le monde est touché par LIA, que ce soit en traduction d'édition, technique, pragmatique, juridique, médicale aussi en langue des signes. J'en ai entendu un petit peu parler récemment. Donc tout le tous nos métiers sont touchés.
On note une dévalorisation de nos métiers, ce qui en fait donc entraîne une précarisation car les tarifs qui sont souvent pardon imposés à la baisse alors que le volume de travail reste le même voire augmente avec la poste édition et l'arrivée de l'IA. Pour les traducteurs et interprètes, il faut savoir que l'IA ce n'est pas nouveau. C'est pas arrivé en 2022 et 2023.
Nous, ça fait des dizaines d'années qu'on est confronté à ça, à des tentatives de mécanisation de la langue, d'automatisation de nos métiers. C'est aussi ce qui nous donne l'expérience et le recul nécessaire pour pouvoir juger de la qualité de ces travaux parce qu'on en a l'habitude. Ceux qui proclam aujourd'hui la mort de nos métiers ne les exercent pas.
Si si tout le secteur est autant mobilisé, c'est parce que ce qui est annoncé et promis par les commerciaux de l'IA, ça ne correspond pas à la réalité du terrain. Certes, il y a 25 ans, c'était ridicule, aujourd'hui c'est bluffant. Pour autant, ça n'est pas juste.
Lien génératif appliqué à la traduction, ça reste des statistiques et des probabilités. Ça a l'apparence d'une traduction, mais ça n'en est pas. Ça ne répond pas aux critères de nos métiers.
L'objectif d'une traduction, c'est de donner le même niveau d'information, de protection, de sécurité, d'immersion. On ne traduit pas pour traduire, on ne l'interprète pas pour interpréter. On traduit pour informer, pour immerger dans un univers, pour faire rêver, pour faire découvrir quelque chose, une culture aux autres, mais aussi pour protéger la santé, pour défendre la paix, pour vendre et cetera.
Pour ce qui est des risques et de la qualité produite par l'IA générative appliqué à la traduction, il faut être aussi conscient que traduction et interprétation touchent à tous les domaines. On est présent partout et par nature, nos métiers sont l'interface de notre langue avec d'autres, notamment l'anglais. Nous intervenons effectivement, je l'ai déjà dit, sur tous les domaines.
Or, il y a un fort risque de de pardon de porosité. Il y a générative amplifie ce problème et ce phénomène. Elle impose en effet une double contrainte.
La première, c'est tout à fait normal, on a un texte source. La seconde, on se retrouve avec un texte qui est déjà euh préproduit par machine euh que le travail le traducteur, pardon, doit retravailler. Or, la liberté est moindre, les idées et les mots sont guidés, sélectionnés non pas par leur pertinence mais par leur fréquence.
On constate un appauvrissement de la langue, une uniformisation des discours. Pour information, j'avais assisté à une conférence lors des 30 ans de la loi Toubon et donc monsieur Antoine Compagnon qui est membre de l'académie de l'Académie pardon française avait indiqué à ce moment-là qu'il n'y avait plus un seul mot de français qui entrait dans la langue anglaise depuis les années 2000 alors que l'anglais entre encore assez fortement dans le la langue française. Alors aujourd'hui avec Lia, ce qu'on constate c'est que ça s'arrête pas simplement à du vocabulaire, c'est aussi la syntaxe qui est bouleversée.
C'est la structure même de nos langues. Enfin, nous nous inquiétons aussi du fait que les locuteurs à qui s'adresse le message produit par machine n'est pas le même niveau d'information, d'immersion, de protection que ceux qui l'ont dans la langue de départ. Lia, ne comprenant pas ce qu'elle produit, le résultat est truffé d'inexactitude et d'approximation que l'on ne voit peut-être pas du premier coup mais qui pèse sur le sens final.
À titre d'exemple visible, les interprètes en langue des signes sont aujourd'hui confrontés à l'arrivée d'avatars qui sont censés les remplacer. Or, ces inventars, ces avatars pardon signent effectivement, mais la langue des signes repose aussi sur les expressions du visage et assez fortement expressions qui n'y sont plus avec les avatars et donc on perd une partie du message. C'est en fait assez significatif de ce qui se passe avec le reste de nos métiers, interprétation et traduction dans les autres domaines.
Finalement, aujourd'hui, on entend davantage parler de l'IA alors qu'elle fournit un résultat moyen plutôt que d'une industrie qui assure de la qualité et qui dispose de normes, de formation continues, de processus depuis de nombreuses années. Le rapport de force est inégal et il cache une réalité qui est loin de ce qu'on nous promet. Quelques remarques avant de conclure.
D'abord, en 3 ans, depuis l'arrivée de chat GPT, on ne note pas vraiment d'amélioration extraordinaire des résultats produit par la machine. On a même des erreurs plus fréquentes. Nos collègues sont plus nombreux à faire remonter une baisse de qualité. dans le rapport Hélce qui a été euh publié très récemment, on dit il y a euh donc 23 % de professionnels qui euh estiment que euh la qualité des LLM est élevée.
Ils étaient 40 % il y a 3 ans. Par ailleurs, on commence à douter des sources. Il faut faire davantage de vérification et de recherche puisque la terminologie n'est plus tout à fait certaine.
On ne sait plus si les textes auquel on se réfère sont produits par machine avec ou sans contrôle. En traduction et en interprétation, il y a trois domaines d'expertise et ça il faut en être bien conscient aussi. On a votre le langue de départ, la langue d'arrivée mais aussi le domaine qui est au milieu et ça que ce soit en pragmatique ou en littéraire. nos collègues du littéraire aussi euh quand vous traduisez un livre, ben il faut se poser des questions si c'est sur je ne sais pas l'escrime ou autre chose, il faut aussi ça ça enfin découvrir ce de ce domaine, se former sur ce domaine.
Les traducteurs sont des experts, pas juste des exécutants qui connaîtraient la langue parce que ils ont fait trois séjours jours en Angleterre. Euh France Num s'est fendu d'un message à aux entreprises en invitant à utiliser LIA en simplement remettant les les capacités linguistiques à jour. Ça ne suffit pas.
Enfin, et pour finir, je dirais que il faut se placer sur le long terme. Nous, on n' pas envie d'attendre une catastrophe parce que il y aurait une erreur de traduction dans du nucléaire ou de la sécurité physique pour que les gens comprennent que l'IA générative appliqué à la traduction à l'interprétation ne devrait pas se faire sans le regard expert d'un professionnel qualifié. Merci.
Merci madame. Organisation suivante, monsieur Cornu, je vous enci pardon l'association des traducteurs littéraires de France vous remercie à son tour de votre invitation à nous exprimer ici. Je précise que malgré son intitulé, notre organisation concerne tout le tous les domaines de traduction destinés à l'édition, pas simplement la littérature.
J'ajoute que je suis aussi traducteur de l'anglais dans l'audiovisuel et membre de l'ATA TTA qui est représenté par ma collègue Stéphanie Len noir ici et je suis également cfondateur du collectif en Chér enos. L'application de l'IA à la traduction est fondamentalement inopérante car la car la traduction est étrangère à toute forme de calcul mathématique probabiliste. La traduction n'est pas un problème à résoudre.
Je soulligne que pour notre part, la question n'est pas de savoir si nous sommes technophobes ou technophiles. C'est un faux problème. Nous utilisons depuis longtemps des outils numériques alors que l'IA constitue un changement de paradigme.
Dans notre domaine, l'IA n'est pas un outil mais une entrave que l'on nous impose au prétexte fallacieux qu'il faudrait s'adapter, vivre avec son temps. Depuis la diffusion de chat GPT auprès du grand public fin 2022, nous avons l'habitude que l'on nous adresse ce genre de banalité dépourvue de réflexion. Dans ma pratique de traducteur, métier que j'exerce depuis plus de 40 ans, j'ai connu des évolutions techniques successives, notamment le passage de la machine à écrire.
Oui, j'ai connu ça, même électronique euh au logiciel de traitement de texte et de sous-titrage pour mon activité dans audiovisuel, ainsi que l'avèement d'Internet qui a un temps amplifié notre capacité de recherche terminologique et documentaire. Dans la plupart des cas, ces outils m'ont aidé dans mon travail, mais j'en ai constamment gardé la maîtrise. Ce dont nous parlons aujourd'hui n'a rien à voir avec ces évolutions parce que mon métier ne consiste pas à transcoder une langue vers une autre.
Il est le fruit de la réflexion humaine afin de rendre intelligible un texte formulé dans une langue, une culture, un contexte, dans une autre langue, une autre culture, un autre contexte. Et puis de manière générale, l'IA est une imposture. Appliquée à la traduction.
Ce n'est qu'une machine qui génère un contenu ayant l'apparence d'un texte traduit, mais qu'il s'agit de corriger lors d'une phase appelée post-diction. présente depuis plusieurs années en traduction audiovisuelle, cette pratique s'imisse aujourd'hui dans l'édition. La post-dition nous est parfaitement inutile mais ces conséquences sont néfastes.
Entre autres morcellement du travail de traduction et réduction des rémunérations au prétexte qu'elle prendrait moins de temps alors qu'il en faut autant voire plus pour corriger une traduction entre guillemets automatique. L'imposition de l'IA suscite en outre une hiérarchisation forcée des types d'ouvrages traduits. Il y aurait d'une part des œuvres dignes d'être traduites par des êtres humains et d'autre part des sous-genres pour lesquels le transcodage linguistique serait bien suffisant.
Nous réfutons pareil pareil hiérarchisation. Pour toutes ces raisons, 84 % des membres de la TLF et 97 % des membres de l'ATES qui est l'association pour la traduction en sens social rejette l'utilisation de l'IA et refuse que leur traduction soit utilisée pour l'entraînement des systèmes d'IA selon deux enquêtes réalisées par ces associations en 2025 et cela y compris en échange d'une rémunération ou d'une compensation financière. Enfin, en traduction comme dans notre domaine, les développeurs d'IA cherchent à imposer leur système car pour eux la démocratie, la démocratie réelle, au-delà des murs de cette assemblée, la démocratie est un frein à ce qu'ils appellent l'innovation entre guillemets plutôt synonyme de régression à nos yeux.
C'est aussi contre cette cette position pardon que nous nous exprimons et agissons sans relâche. Et je vais vous remercier dans dans un premier temps et ensuite passer la parole à Jonathan Serror qui est le juriste de notre organisation à propos des questions d'ordre juridique qui sont importantes mais notre position dépasse le strict cadre juridique. Merci.
Très bien. Merci. Vous pouvez éteindre votre micro, monsieur Cornu, s'il vous plaît.
Voilà, monsieur Serror. Monsieur, bonjour, je vous remercie de nous recevoir et de nous donner la parole pour faire entendre la position des auteurs, en particulier donc celle des traducteurs littéraires que la TLF représente, comme l'a dit Jean-François Cornu. Avant toute chose, je voudrais rappeler un point qui est essentiel à savoir que les traducteurs sont juridiquement des auteurs à part entière titulaires de droits de propriété intellectuelle. les traductions littéraires étant bien des œuvres de l'esprit original.
Cela étant dit, en tant que juriste de la TLF, euh mon propos aujourd'hui sera orienté sur les atteintes au droits d'auteur. Je sais que vous avez déjà été sensibilisé là-dessus, mais je pense qu'il faut vraiment insister là-dessus. Les atteintes au droit d'auteur que les systèmes DI font peser sur les traducteurs en particulier en distinguant selon la distinction classique l'amont de l'Aval.
Euh en amont sur l'entraînement des modèles. Vous connaissez très bien le le fonctionnement de ces systèmes qui sont entraînés sur des corpus de données massifs euh comprenant un très grand nombre d'œuvres protégées dans des traductions euh et ceux aujourd'hui évidemment sont l'accord euh des auteurs. Sur le plan de la propriété intellectuelle, nous assistons au plus gros pillage, j'insiste sur ce terme, au plus gros pillage de l'histoire humaine.
Il ne s'agit ni plus ni moins d'une d'une entreprise de prédation menée par des acteurs de la TEC qui s'accapare gratuitement, illégalement une grande partie de la création humaine au mépris des droits des auteurs et contre la volonté de ces derniers ainsi que on vous l'a expliqué à l'instant. Pour les traducteurs mais comme pour de d'autres créateurs, la situation est particulièrement grave puisqu'il ne vous aura pas échappé que les œuvres sont utilisées pour entraîner des systèmes qui à terme euh risquent de les évincer. Euh plus que de substitution, il est question d'éviction.
C'est quand même pas neutre sur le plan de la culture et comme on est dans une commission culture, c'est des éléments qui sont extrêmement importants. Cette logique de prédation est d'autant plus préoccupante que les acteurs de la techemblablement eu recours à des fichiers pirates tels que Libgè, Pilimi. Je vous renvoie sur ce point à l'accord conclu par Anthropique, mais les contentieux en cours et à venir, je pense, nous éclairerons largement sur ces questions.
Fichier pirate, c'est quand même important. Le fait que des dirigeants choisissent d'utiliser des œuvres contrefaites pour les fondements dans leur modèle de langage est extrêmement alarmant. Euh cela devrait nous interroger lorsque ces mêmes acteurs appellent de leur vœux à une absence de régulation du secteur.
Un autre point sur lequel il est important d'insister, c'est le fondement juridique en Europe du moins, j'écarte le Fius qui nous concerne pas forcément ici euh derrière lequel se retranche les géants de la tech pour justifier l'exploitation des œuvres sans autorisation des auteurs, ni rémunération ni vraie transparence. Vous l'aurez compris, je parle de l'exception de text and data mining en bon français. Euh, on pourra développer ce point si vous le souhaitez, mais pour la TLF, cette exception n'est aucun cas applicable pour le développement de des IAG et nous nous contestons formellement toutes les réglementations qui s'appuyeraient là-dessus pour entériner cette exception.
Dans ces conditions, il nous sont indispensables d'évoluer vers un modèle vertueux fondé sur le consentement préalable des auteurs, respectueux des titulaire de droit, c'est-à-dire un véritable mécanisme d'optin. Cela pourrait même être à notre sens un argument plutôt compétitif pour les fournisseurs d'IA européens pour peu qui s'en donnent les moyens en réalité. Euh ainsi, les auteurs qui le souhaitent pourraient autoriser l'utilisation de leurs œuvres par les systèmes d'IA et percevoir en contrepartie une rémunération dans le cadre d'une gestion individuelle voire collective mais toujours volontaire afin de garantir le respect de leur consentement.
Euh pour ce qui est de l'Aval, je vais être très bref euh mais sur les usages des systèmes d'IG, notamment ce qui concerne les productions automatisé de je mets des guillemets de traduction dans le domaine de l'édition. Euh sur le plan juridique, plusieurs risques euh doivent être identifiés. Nous avons euh des risques d'erreur, des risques de contrefaçon du fait de la reproduction partielle d'œuvre de l'esprit protégé, des risques de responsabilité, euh des risques d'atteinte aux droits moraux des auteurs euh VO, euh de des risques de manque de transparence vis-à-vis de public, de tromperie des lecteurs, de parasitme, de concurrence déloyale et enfin un risque non négligeable de détournement des dispositifs incitatifs dans le secteur culturel.
Je pense notamment au droits issus de la gestion collective, à la TVA, la taux réduit ou encore aux aides publiques à la création. Euh pour ce qui est du secteur de l'édition, aujourd'hui, il y a pas de de pratique affichée, on va dire répandu d'usage de l'IA et de recours à la post édition, à part une affaire qui aura peut-être renu votre attention qui est ce qu'on a appelé l'affaire Harlequin, Harper Collins qui finalement a dit à ses traducteurs littéraires de qu'il ne collaboraient plus avec eux et qu'ils auraient recours à une plateforme de traduction automatique qui fait postédité. nous le comprenons, euh des euh alors je sais pas si on peut appeler ça maintenant des des traducteurs mais en tout cas des correcteurs sur des textes qui sortent de la machine.
Euh tous ces points-là, voilà, si vous le souhaitez, nous y reviendrons en cours de de séance et nous les développerons également dans le questionnaire que vous nous avez donné. Je vous remercie pour votre attention. Merci monsieur.
Madame noir, je vous en prie. Monsieur le président, madame la rapporteur, je suis Stéphanie Lenoir, donc traductrice et présidente de l'ATA, association des traducteurs adaptateur de l'audiovisuel. Donc ces hommes et ces femmes qui traduisent et adaptent pour le doublage, le sous-titrage interlinguistique et pour les sour malentendants, la voice over, l'audio description et le jeu vidéo.
Et je suis aussi membre du collectif en chair et en os pour une traduction humaine. Alors, merci d'avoir bien voulu nous donner la parole à nous qui sommes des professionnels invisibles. Nous sommes des experts a dit Agnas Bouau et nous sommes aussi des passeurs, des transmetteurs d'idées, de messages, de sens et d'émotions.
Par nature, nous sommes invisibles parce que nous nous effaçons devant ce que nous transmettons. Mieux notre travail est fait, moins il se voit. Il donne alors l'illusion d'abolir les barrières linguistiques, culturelles, temporelles.
Il permet en réalité d'explorer l'au-delà de ses barrières, de se confronter à l'altérité. de la rencontrer, de mieux la connaître et d'ouvrir le dialogue. Alors, traducteur de l'audiovisuel, nous sommes aussi un métier carrefour.
Nous collaborons et nous dialoguons avec nos confrères réalisateurs, monteurs, scénaristes, ingénieur du son, comédien, graphistes, musicien. Nous partageons avec tous ces créateurs le goût pour le progrès, y compris dans le domaine technique. J'ai appris comme Jean-François le doublage avec un crayon, à papier et une gomme et le sous-titrage sur une machine très encombrante reliée à une bande magnétique et nous avons tous vu accompagner et profiter du développement de nombreux outils et progrès techniques dans nos métiers. ici aujourd'hui, je crois que vous l'avez entendu, nous sommes unanimes et les créateurs dont je vous parlais il y a une minute portent aussi ce même discours.
La vague de l'intelligence artificielle est violente et rapide. Il faut faire cesser ce pillage et interrompre l'entreprise de destruction menée avec l'IG. Il faut refuser de reconnaître les contenus d'yager comme œuvre de l'esprit et permettre urgemment au vrai créateur d'être protégé aujourd'hui et demain.
Car l'IA appliquée à la langue et au métier créatif n'est pas un outil. Elle est un processus de mécanisation en cascad qui n'apporte aucun progrès. Nous traducteurs, comme vous l'a dit ma consœur Agnè Bustu sommes familiers de ce processus.
Voilà bien longtemps en effet que l'homme tente par différents moyens de vaincre la barrière des langues, de contourner ce qui est vécu comme la punition mythique de la tour de Babel et qui est en fait la richesse de notre monde. Le traducteur est si invisible qu'on finit par penser qu'il suffit d'appuyer sur un bouton pour faire son travail instantanément. Et ce mirage d'une possibilité de traduction automatique est fondé sur l'idée qu'une langue serait un code et que passer d'une langue à une autre reviendrait finalement à transposer un message d'un code à un autre.
C'est pour ça que le terme de transcodage employé par Jean-François Cornu est plus adapté que la trompeuse expression traduction automatique. Par cette opération de transcodage, donc au contraire des outils techniques qui facilitent notre travail, LIA ne permet pas d'économiser des tâches fastidieuses ou répétitives pour le traducteur. Elle intervient en remplacement du processus créatif.
Elle mécanise le véhicule de la pensée qui est la langue. Le relecteur éventuel se voit confier la tâche fastidieuse et répétitive, elle de repérer et de corriger les erreurs dans des sources multiples. Il a la mission impossible de donner de l'humanité à un message automatique.
Enfin, il me semble aussi important de porter à votre connaissance et à la connaissance des députés qui j'espère nous entendent les enjeux en matière de compétitivité, un domaine dont je crois qu'il vous tient particulièrement à cœur. Il n'est pas possible d'être compétitif avec des concurrents qui recourent au vol et au pillages massifs, sauf à user de la même déloyauté. LIA profite aujourd'hui à des grands groupes internationaux qui détruisent des savoir-faires nationaux et des entreprises locales centenaire.
Les outils qu'ils utilisent ont été développés et sont entretenus en volant notre travail et grâce à des investissements spéculatifs massif, leur déploiement exploite des dispositifs comme vous l'a dit mon confrère Jonathan Serror comme les subventions ou les avantages fiscaux qui sont souvent financés par la collectivité et qui sont destinés à protéger des publics empêchés dans notre cas les personnes sour et malentendantes ou malvoyantes et des travailleurs précaires. les artistes auteurs. Il est donc urgent d'agir, mes confrères l'ont dit, car cette entreprise de mécanisation a des effets dont les enjeux vont au-delà de nos corporations, de la création, de la diffusion et de l'acquisition des connaissances.
Ils sont ceux de la disparition de nos langues, de la standardisation et de l'appauvrissement de nos cultures, de la fermeture du dialogue dont je parlais en introduction, de la radicalisation des pensées, de la montée de la violence. Quelles que soient nos opinions, il nous faut prendre conscience que c'est une entreprise politique d'écrasement qui est à l'œuvre. Alors, merci de nous permettre aujourd'hui avec vous de faire notre travail de traducteur humain, c'est-à-dire de chercher sans relâche à comprendre, à comprendre en profondeur les intentions, les contextes et les enjeux.
Ensuite, à les réexprimer de manière intelligible dans la langue et de contexte de ceux qui nous entendent. Merci madame. Merci mesdames messieurs pour ces propos liminaires fort éclairants.
La parole est à madame Calvez rapporteur de la mission. Merci monsieur le président. Merci mesdames et messieurs pour avoir éclairé devant nous quel est le véritable travail des traducteurs qui ne sont pas des transcodeurs et qui sont des artistes auteurs, peu importe le statut qu'ils peuvent avoir mais en tout cas la valeur apportée sur l'humanité sur la façon aussi dont une langue évolue.
Vous avez pointé pour plusieurs d'entre vous l'appauvrissement de la langue suite à l'utilisation répétée d'outils numérique en tout cas des du du d'intelligence artificielle. Vous avez souligné par exemple que le français n'arrive plus dans la langue anglaise depuis les années 2000. C'est bien regrettable.
J'espère que nous pourrions que nous pourrons inverser les choses et effectivement les traducteurs nous permettent de découvrir davantage de précision linguistique de mots et enrichir notre notre façon aussi de connaître la langue des autres et notre propre langue. Vous avez fait mention aujourd'hui qui relèvent d'un changement de paradigme et pas seulement d'une évolution technologique. Vous vous nous avez signifié que ça venait percuter aujourd'hui le travail vous-même.
Vous avez parlé de l'accentuation de la précarité des traducteurs. Je voulais savoir si d'une part vous aviez des données précises sur la baisse d'activité de baisse de rémunération. Alors, je sais bien que le métier de traducteur est divers, mais si vous pouviez nous repréciser peut-être pour en mesurer l'ampleur.
Euh d'autre part, on a eu il y a quelques semaines devant notre commission le Centre national du livre alors qui nous parlait du de la rémunération minimale pour un feuillet de traduction. Moi, je voudrais savoir ce que vous pensez du fait qu'en juillet 2025, il est passé de 23 à 24 €. Qu'est-ce que représente cette revalorisation ?
Vous paraît-elle satisfaisante ? J'aimerais que vous nous expliquiez euh je pense que c'est utile pour tout le monde, à quoi correspond un feuillet de traduction euh et plus globalement, est-ce que vous êtes en faveur d'un conditionnement du versement des aides à la non utilisation de l'IA ? Je parle du CNL mais je pense aussi à d'autres aides d'autres secteurs.
Vous avez aussi des traducteurs dans le domaine de l'audiovisuel. Cette conditionnalité vous paraît-elle importante ? Euh l'idée pour pour eux c'était d'évoquer un label qui permettrait de distinguer des traductions qui ont fait appel au savoir humain et celle qui aurait été simplement un recours à la machine même sans post édition ou alors avec post édition. mais qui euh ne serait qu'une traduction produite euh par avec Lia.
Avez-vous eu connaissance de dispositifs de soutien ou de transition professionnelle en faveur des traducteurs ? Est-ce que d'après vous la formation des traducteurs à l'usage de l'IA doit être soutenue ? Puisque comme vous l'avez souligné, il y a eu des évolutions technologiques que vous avez intégré au fur et à mesure de vos carrières. et comment on doit appréhend la formation des traducteurs actuels et et à venir à l'utilisation ou la compréhension en tout cas de ce que fait LIA.
Non pas pour vous réduire à à la poste édition, c'est pas le sujet, mais aussi mais c'est plutôt pour se dire comment vous votre métier peut éventuellement s'emparer des éventuels avantages de l'IA et de ne pas forcément n'en voir qu'une menace. Euh voilà sur cette première question euh sur voilà l'ampleur de l'impact euh de l'IA sur le niveau d'activité et de rémunération euh de vos métiers sur la mise en place aujourd'hui de politiques différenciées euh pour soutenir les traducteurs quand ils utilisent l'IA, quand il n'y a pas de recours par l'IA, par vos diffuseurs, par vos éditeurs. Et enfin, comment appréhender les formations des traducteurs à ce qui pourrait être des opportunités aussi pour vos métier dans l'IA ?
Ça sera la première série de questions. Je vous remercie. Je vous en prie.
Qui souhaite prendre la parole ? C'est libre. Je t'en prie.
Monsieur Cornu. Oui. Non, monsieur Sor, comme vous voulez.
Non. Bon ben alors pour répondre sur un point précis sur la question du CNL si vous le souhaitez puisque on parle de politique cultur culturelle et et d'argent public puisqu'il y a des des des aides à la traduction qui sont accordées. Effectivement donc le le Slenel est un soutien très important pour la traduction des d'édition.
Ils aident des éditeurs et des traducteurs euh en imposant des des conditions minimum euh et ce qui permet finalement de de rehausser la la profession. Parmi les conditions minimumes, on a une rémunération euh qui est passée de 23 à 24 € récemment. Alors, je vais pas rentrer dans les détails techniques, mais pour une unité de mesure qu'on appelle la tranche informatique de 1300 signes espace compris ou le feuillet d'actylographier selon un formatge bien défini.
Je rentre pas dans les détails mais c'est une mesure de de soutien. euh l'augmentation du tarif et même le tarif de manière générale, c'est si vous voulez ça permet de de valoriser l'acte de création, le travail humain qu'il y a derrière. Donc pour nous, ce sont effectivement des des des facteurs essentiels qui permettent de de de de maintenir une traduction humaine.
Sachant que en réalité on je pense que dans les règlements du CNL à venir sera même prévue l'interdiction d'utiliser l'IA. pour plusieurs raisons, mais la première raison finalement c'est que un éditeur qui va euh payer un traducteur 24 € du feuillet veut une traduction humaine. Et sur la traduction d'édition, on a un un élément qui est important et euh c'est c'est juridique mais je je le verse au débat pour la réflexion, c'est que en réalité dans les contrats de traduction aujourd'hui on voit de plus en plus de clauses qui interdisent aux traducteurs eux-mêmes d'utiliser la traduction automatique.
Pour quelle raison on a euh ce type de clause ? C'est très simple, c'est parce que euh d'un point de vue euh du droit moral, le droit au respect de l'intégrité de l'œuvre en particulier, les auteurs étrangers, les auteurs de texte VO pour euh avoir euh pour respecter leur œuvre dans une autre langue veulent qu'un traducteur humain soit à l'origine du texte que vous lirez en français. Euh Stephen King, je vous prends un exemple au hasard, ne veut pas que euh son son œuvre en français soit euh produite par une machine.
Euh de se fait un éditeur qui va acheter des droits étrangers dans ce qu'on appelle le contrat d'acquisition des des droits de traduction en langue française, le contrat de session de droit étranger, disons le plus simplement, euh va avoir l'obligation lui-même de recourir à un traducteur humain et donc euh à l'interdiction d'utiliser de l'IA. C'est une forme de cercle vertueux et le CNL, je pense que alors je veux pas m'engager à la placeel mais ne va pas avoir de difficultés à ce que on oblige à avoir une traduction humaine dans ce cadre-là. Euh vous évoquez également la question des labels.
La question des labels, c'est une c'est une vraie réflexion aussi qu'on qu'on mène. Le problème de l'IA, c'est qu'on a tendance un petit peu à à à renverser la perception des choses qu'on a. Je m'explique, c'est que un label qui dirait traduction humaine ferait en sorte que la traduction humaine finalement est un peu l'exception.
En réalité, la traduction humaine, la création humaine, c'est la norme. Et nous, on préfère que finalement l'exception, ce qui serait labellisé, en tout cas l'information qui serait portée à la connaissance du public, c'est production générée par l'IA. C'est ça qui est important.
On est dans une commission culture. La culture c'est euh notamment en droit c'est euh la le la l'affaire de d'auteur de personnes physiques. Donc nous de manière générale on si on doit faire des labels, c'est des labels pour distinguer ce qui n'est pas produit par l'humain.
Autre inter monsieur Cornle ? Oui, c'était pour aller dans le même sens et évoquer les différences de tarif ou de rémunération. Euh à propos de cette histoire de de labelle, euh nous avons été assez surpris, même choqué pour tout vous dire, par l'idée suggérée par la SASEM qui voudrait éventuellement instaurer un équivalent du Nutriscore pour mesurer le degré d'IA.
C'est avec ou sans y a. S'il y en a, quel que soit le degré, ça n'est pas acceptable pour nous. sur le plan de des différences de rémunération.
Alors des enquêtes que j'ai cité tout à l'heure réalisé par la TLF et LAATES, l'association pour la traduction social ont montré, je vais pas rentrer dans les chiffres détaillés, vous les aurez avec nos réponses au questionnaires, mais que la différence à la baisse entre un tarif de traduction humaine courante et la mal nommée fausse édition aussi entre 30 % et 50 %. Donc pour arriver à avoir un revenu équivalent qui déjà n'est pas toujours mirifique en traduction humaine, là il faudrait fournir un volume de travail en plus plutôt abrutissant pour arriver au au même revenu. Et j'ajoute une chose peut-être pour faire la transition avec le domaine d'audiovisuel.
Nous sommes très préoccupés, là je parle aussi en tant que traducteur de ce domaine par la politique actuelle du Centre national du cinéma du CNC qui par la voix de son président encourage beaucoup à l'usage de l'IA à tous les niveaux de production de post-production du cinéma. C'est très très problématique pour nous. Merci madame Carnaud.
Je vous en prie. Je voulais rebondir sur les tarifs et notamment pour les traducteurs pragmatiques puisque nous on représente à la fois des traducteurs littéraires mais aussi des pragmatiques. On vient de lancer une enquête sur les effets de l'IA donc on pourra vous donner des chiffres plus précis dans quelques mois mais il y a une enquête qui a été réalisée par des chercheurs suisses et belges il y a assez peu de temps et qui montre qu'en moyenne 29 % des traducteurs estiment que leur rémunération a baissé et notamment 14 % au point qu'ils envisagent de changer éventuellement de métier.
Euh et par ailleurs, les tarifs de traduction. Alors quand on est traducteur pragmatique, on peut travailler pour une agence ou pour un client direct. Mais de manière générale, le tarif médian depuis 2022 n'a absolument pas évolué alors que l'inflation, elle a pris plus de 13 %.
Donc de fait, nous avons perdu en pouvoir d'achat. Donc ça c'était pour vous donner la petite enfin pour ce qui concerne les traducteurs pragmatiques. Oui madame, je vous en prie madame Lenoir.
Merci. Euh dans notre secteur, nous ne bénéficions d'aucune limite de rémunération minimum et d'aucune conditionnalité des aides vis-à-vis de la des conditions de réalisation de la traduction. Et ces mesures sont attendues depuis 15 ans et la signature d'une charte tripartite entre traducteur euh commanditaire et diffuseur sous l'ég mais qui n'a jamais été appliqué.
Donc on est évidemment très demandeur. Sur la question des labels, je partage ce qui a été dit. Ça veut dire qu'on est tout à fait demandeur à ce que les produits générés par intelligence artificielle soit étiquetés comme tel aussi pour une question de transparence vis-à-vis du public.
Pour la question de la rémunération, nous avons à peu près les mêmes retours que nos confrères. Ça veut dire que la posté édition actuellement est rémunérée au meilleur des cas, à peu près 50 % du prix d'une traduction audiovisuelle classique. Et comme l'ont dit mes confrères, ce tarif n'est pas du tout justifié par le temps passé pour obtenir un résultat satisfaisant qui est au moins identique et l'opération est plus fatigante puisqu'on travaille avec plusieurs sources. elle est plus fatigante aussi au plan connectif et elle contraint évidemment les postes éditeurs à travailler plus vite pour pouvoir gagner leur vie dans un contexte où il y a pas de minimum de rémunération.
Euh et je peux prendre un exemple très concret, le projet en six langues dont la localisation a été confiée euh au titre d'un appel d'offre monoattributaire à un prestataire exclusif qui est la société Transperfect qui rachète d'ailleurs plusieurs prestataires historiques en France de doublage et de sous-titrage. Alors là, l'économie générée puisque les traductions sont payées moins chères, enfin la post édition est payée moins chère qu'une traduction, et bien cette économie, elle n'est pas répercuté sur le prix que paye le client final. En fait, elle augmente la marge du prestataire intermédiaire.
Euh et cette évolution en fait d'ailleurs le levier économique n'est pas du tout le levier essentiel pour d'avoir recours à ce travail automatique. Le levier essentiel c'est la temporalité des médias qui est imposée par le fait que ils coproduisent leur programme avec des plateformes internationales qui ont un calendrier de diffusion très serré. Et donc quand veut que ses productions soient rentables, il faut qu'elles soit diffusée au plus vite.
Donc ça réduit de fait le temps de la traduction. Euh voilà. Oui madame Booste.
Oui. Merci. Si je peux ajouter quelque chose donc sur le label là pour pour le coup, je note quand même avec un certain plaisir, je dois pas le cacher, que aucun de mes collègues n'a utiliser traduction automatique.
On on prend tous des on essaie tous de contourner le problème parce que pour nous c'est pas la traduction. Moi, j'ai parlé d'IA générative appliqué à la traduction. J'ai entendu ce même genre d'expression un peu plus loin.
Euh donc, un label qui parlerait de traduction humaine ou de traduction automatique, je pense que ça nous pose un réel problème parce que justement pour nous, ça n'est pas de la traduction déjà à la base. Donc, appliquer un label qui dit généré par machine ou produit par machine ou peu importe, pourquoi pas ? Mais la traduction pour nous, c'est enfin c'est pas cette qualité là si vous voulez.
Ça ça c'est ça ne répond pas au critères d'une traduction. Merci beaucoup. Vous nous avez expliqué que la post édition était rémunérée pour, on va dire le même contenu, je parle pas du temps de travail mais pour le même contenu 50 % moins.
Euh vous nous avez dit que le la répartition de la valeur n'était pas forcément bien répercutée. Donc il y a une captation en fait de l'économie faite sur votre dos par d'autres d'autres acteurs de toute la chaîne de la création jusqu'à la diffusion de de ces œuvres. Est-ce que pour le pour le moment, vous voyez justement quels sont les principaux acteurs qui peuvent capter cette valeur créée grâce à Lia et qui enrichit en fait une partie quand même de de la chaîne ?
C'est quoi ? C'est au niveau de la production ? C'est au niveau de la diffusion ?
Quel est à votre avis le le l'endroit en fait où on se fait de l'argent sur vous ? Alors, je vais peut-être répondre en premier parce que c'est moi qui évoqué ce point. D'abord, dans le meilleur des cas, la poste édition est rémunérée 50 % du prix de la traduction. dans le meilleur des cas, elle est souvent rémunérée moins chère.
Euh dans le cas de la traduction audiovisuelle, on est dans un écosystème un petit peu particulier où avec euh la multiplication des chaînes de télévision, l'arrivée de la TNT et ensuite ça a explosé avec les plateformes, euh on est rentré dans un système où le traducteur ne travaille plus ou très exceptionnellement rarement directement avec le diffuseur, avec son client final. Il travaille pour un client intermédiaire qui va être un prestataire technique, laboratoire de sous-titrage ou de doublage. Et typiquement, c'est ces acteursl qui euh profitent de la marge dont vous parliez.
Merci. Euh est-ce que vous constatez d'ors et déjà des retours de euh vos clients qui ont pu euh avoir recourir assez euh rapidement euh aux outils euh de d'intelligence artificielle pour euh faire de la traduction ? J'ai bien compris que pour vous c'était pas de la traduction mais en tout cas pour remplacer ce qui est le travail de de de traduction.
Est-ce que certains sont revenus euh vers vous ou vos adhérents euh à la suite de mauvaise expérience et mauvaise appréciation en fait de du travail qui était rendu ? Est-ce qu'on peut espérer aussi qu'il y ait un changement d'attitude de la part de certains ? En fait, en gros, après avoir goûté aux joie de la technologie, on arrive à se reconsacrer à l'humain ?
Je prend la parole. Euh oui, effectivement euh depuis euh je dirais bien 6 mois euh on a euh certains confrères qui nous disent avoir euh récupérer des clients qu'ils avaient perdu ou qu'ils pensaient perdus en tout cas et qui se sont rendus compte que bah le gain d'argent ne justifiait pas la perte de qualité et que et surtout qu' sont rendus compte à quel point ils avaient besoin de qualité. Clairement, quand on fait appel à à un traducteur, c'est parce qu'on a un besoin sinon on ferait pas traduire.
En fait, si on a besoin d'une traduction, c'est qu'on a besoin d'une expertise derrière. On a besoin de communiquer correctement derrière. Euh et donc quand on fait le test sur le long terme, on se rend compte que LIA ne fait pas le travail.
D'accord. Salut. Oui, je voudrais en fait revenir sur deux points que vous avez évoqué tout à l'heure qu'on n pas sur lesquels on n pas répondu. celui de la formation ou du soutien au traducteur et celui de est-ce que malgré tout nous pourrions nous emparer de l'IA à notre bénéfice sur le premier point euh et en particulier en ce qui concerne la formation, on voit aussi bien en particulier dans domaine de audiovisuel mais de l'édition, ça commence à venir aussi des formations à comment justement utiliser les fameux outils enfin présentés comme des outils.
Euh nous nous sommes parfaitement opposés à cela. Ça coule de sources par rapport à ce qu'on a dit précédemment. Nous serions plutôt favorables de des formations critiques sur l'IA.
Que fait l'IA à vos métiers, à votre pratique quotidienne, comment euh contourner le problème ? Ça, ce serait vraiment intéressant pour nous euh sur le fait de pouvoir nous emparer de l'IA à notre propre profit. Ça serait une contradiction dans les termes.
LIA, comme l'a souligné Jonathan Serror, est une entreprise de prédation d'œuvres existantes, qu'elles soient des œuvres originales ou des traductions qui sont des œuvres dérivées de d'œuvre de l'esprit original. Donc nous nous approprier l'IA serait si sur la branche sur laquelle on est assis que ce soit nous traducteurs et traductrices ou quels que soient les types de les catégories de créateurs et de créatrices dans les domaines artistiques. Mais pas seulement dans le domaine technique, c'est exactement la même chose.
Madame Thomas, je vous en prie. Oui, je me permets de rebondir sur la question de la formation puisque dans les masters en traduction, la question de l'enseignement de la post édition euh est une question qui est qui est présente et de fait certaines formations en proposent. Alors, il faut savoir que dans l'enseignement supérieur, les maquettes changent tous les 5 ans, pas forcément de façon synchronisée et que les équipes aussi évaluent évoluent régulièrement.
Il y a beaucoup de vacataires, vous le savez, à l'université, il y en a d'autant plus en master professionnel. Mais donc vous avez peut-être vu passer cette tribune de l'Association Française des formations universitaires au métier de la traduction la FUMT euh qui publiait donc en septembre 2024 dans le monde une tribune encourageant euh l'enseignement de la post édition. Il faut savoir que cette association n'est pas vraiment représentative.
Elle regroupe certains euh principalement en traduction pragmatique et dont un certain nombre sont des formations privées. Euh et donc c'est une tribune qui a été très débattu. Ce n'est pas du tout une position euh qui fait qui fait consensus.
Euh ce qu'il faut comprendre en fait c'est que euh les étudiants en master traduction quand on leur apprend à traduire de fait ils savent déjà post éditer. Les compétences requises par la posté édition n'ont rien de particulier. Euh il s'agit simplement de savoir se relire et corriger.
Ça fait donc partie du métier. Euh euh en revanche pour posté éditer, il faut savoir traduire. Donc la logique de vouloir enseigner de la post édition, ce qui est souvent d'ailleurs une logique de rassurer les familles et cetera, en fait ça implique de perdre du temps d'enseignement linguistique, culturel et traductif proprement dit.
Euh pour ce qui est de la formation continue, on le voit aussi dans les enquêtes, il y a notamment l'enquête de la TLF de 2023 euh que euh que les répondants refusent massivement l'idée euh de se former à la poste édition parce qu'il n'y voit pas euh parce qu'il n'y voit pas l'intérêt. Merci madame la Oui, j'en prie madameous. Merci.
Euh de notre côté, nous avons un un organisme de formation et la la question de l'IA euh nous la nous la traitons euh à travers donc euh SFT service. Euh nous avons euh déjà des interventions sur euh d'informations euh aussi sur ce qu' ce qu'il y a et en quoi elles viennent impacter nos métiers. Donc euh ça nous sommes en sommes emparés.
Il faut aussi savoir que ça dépend ce dont on ce qu'on entend quand on dit s'emparer de l'IA. Si c'est en s'emparer de l'IA pour faire un prompt et générer une traduction, clairement, je pense que aucun de nous n'y allons. En revanche, l'IA est utilisé par certains collègues pour de la recherche terminologique ou pour des la création de glossaires.
On cherche des moyens si vous voulez, mais pas pour traduire, pas pour remplacer le processus de création. Comme dit ma collègue, pour bien postéditer, il faut savoir traduire. Un une amie qui dit que un vieux trad enfin un bon traducteur, c'est un vieux traducteur.
C'est vrai que il faut de l'expérience. On se forme au fur et à mesure. Ça, on peut pas on peut pas enlever cette partie-là.
Euh et le la post édition, elle enlève une partie d'imprégnation du texte. Donc, on a plus de difficultés, enfin, c'est plus facile de laisser passer une erreur en fait. Et c'est un des problèmes qu'on a dans le métier.
C'est pour ça qu'on a aussi une baisse de qualité dans les textes qui sont générés au fur et à mesure et qui se nourrissent aussi de quelque chose qui est de moins bonne qualité à la base. C'est ça non ? Euh oui, juste d'ailleurs pour compléter ce point sur la qualité, on l'entend dans la traduction pragmatique hein, c'est euh le niveau d'exigence quand on a un commanditaire qui euh qui passe par la post édition, c'est le goodin of quality, si je dis pas de bêtises, qui est franchement problématique si on est dans le secteur de la culture.
Des goodin des good enough quality books poserait à mon avis franchement problème. Euh donc voilà, ça c'est c'est quand même un point don dont il faut avoir conscience et juste sur la problématique que vous souleviez tout à l'heure sur le l'économie et l'écosystème dans le monde de l'édition, ce que je vous disais en introduction, c'est qu'on est un moment de bascule. C'est-à-dire que aujourd'hui euh il y a pas d'éditeur qui revendique ouvertement le recours à la poste édition.
Le seul cas qui a été relevé, c'est le cas justement d'Harper Collins avec Harlequin. Et euh alors il y a sur l'économie, vous verrez que c'est c'est j'ai pas tous les éléments évidemment euh mais avant on avait un rapport de traducteur qui signe un contrat de d'édition, un contrat de traduction directement avec l'éditeur qui le rémunéré. Aujourd'hui, on a un tiers pour ce qui est le cas d'Arper Collins, c'est fluent de planète qui on va avoir un transfert de valeur, c'est-à-dire que le tradu enfin le traducteur, le post éditeur va être moins payé pour une activité avec tous les problèmes qu'on a relevé.
Euh le tiers, l'intermédiaire, disons, appons-le comme ça, va facturer une prestation à Harper Collins. Donc, il y a quand même un transfert de valeur qui est un peu justifié, enfin qui est un peu injustifié. Euh et avec pour nous, c'est très difficile d'avoir des éléments puisque en plus pour votre information Flu Planet fait signer des NDA, des accords de confidentialité au au post éditeur.
Donc voilà, ça nous interroge énormément sur cette économie là. Euh on on on on garde quand même espoir euh dans le domaine littéraire parce que quand même je pense que les éditeurs sont soucieux de de la qualité dans la traduction mais on a un moment charnière où nécessairement va y avoir des tentatives qui vont être opérées et nous on espère pouvoir tirer des enseignements pour que ce soit finalement qu'un exemple qui aura marqué le passé mais qui sera pas pérénisé. Oui, je rebondis juste sur la question de la traduction de Godf et du cas d'Arlequin puisque effectivement Harlequin produit des textes qui peuvent être considérés comme moins littéraux littéraires.
Il faut comprendre que beaucoup Arka a vraiment été une école de traduction pour beaucoup de collègues. Ils ont des flux importants et donc beaucoup de d'entre nous sont passés par là et c'est une c'est très intéressant en fait de traduire de la romance pour Harlequin. C'est une traduction très cibliste qui oblige à travailler beaucoup la fluidité de la langue française, à rechercher des images, à être en fait extrêmement créatif.
Alors que en littérature blanche avec des auteurs prestigieux, on peut se sentir davantage tenu à une obligation de fidélité au texte qui va faire que le traducteur se donnera peut-être moins de liberté. Et je crois aussi que dans un contexte où la la lecture tente à baisser, hein, c'est les études notamment du CNL, il est d'autant plus important de ne pas manifester de mépris euh pour le public de la littérature dite de genre, d'où émerge régulièrement des chauvres et qui permet de former des lecteurs en même temps qu'elle permet de former des traducteurs. Et je crois d'ailleurs que c'est également pour ça que finalement Harlequin a essayé euh en vain de procéder discrètement euh dans cette affaire.
Ils ont appelé individuellement euh leurs traducteurs, le surtout leurs traductrices pour leur dire qu'ils arrêtaient leur collaboration. Et c'est seulement parce que certaines d'entre elles ont contacté la TLF et le collectif Encharé en os que cette histoire euh est devenue publique. Euh mais donc il y a ça traduit aussi une certaine gemme je pense de de l'éditeur.
Ils ont été très très critiqués notamment sur les réseaux sociaux où sont présentes beaucoup de lectrices de de romance et donc on ne sait pas quelle sera la suite. Madame Lenois, vous vouliez prendre la parole ? Oui, merci beaucoup.
Pour compléter ce que viennent de dire mes confrères et consœurs, euh de la même manière dans l'audiovisuel, comme je vous l'ai expliqué avec ce préata intermédiaire, on est un peu détaché du client final pour avoir ses retours. D'autre part, comme l'expliquait monsieur Serror, sont des pratiques qui ont lieu plutôt à bas bruit et discrètement qui font qu'on en a pas forcément connaissance. Maintenant pour le projet en sil dont je vous parlais tout à l'heure, nous avons eu la possibilité d'être en relation directe avec qui nous dit ouvertement vouloir procéder à 100 % dès que possible en traduction automatique post édité dans un premier temps mais peut-être même sans post édition à terme pour les programmes de flux.
Euh et là on a un discours très troublant parce qu'il nous disent à la fois que la qualité progresse et en même temps que pour leur programme premium artino, ils resteront en 100 % humains. Donc ça c'est tout à fait déroutant. Euh l'autre élément, c'est que on peut avoir des retours de la part des spectateurs en réalité qui constatent eux-mêmes la le défaut de qualité des programmes réalisés par des machines.
Et on sait que certains diffuseurs sont revenus en arrière dans leur pratique. Ils avaient automatisé la traduction et ils sont revenus plutôt à une pratique humaine. L'autre point d'alerte qui me semble très intéressant qui a été relevé précédemment, c'est cette idée de plusieurs catégories de programmé.
On le voit dans le discours d'Arté, les programmes de flux, on se contente de la qualité de la machine et les programmes premium, on met de la traduction humaine. Dans la traduction audiovisuelle, il faut savoir que les premiers secteurs touchés par cette mécanisation de la traduction, c'est le sous-titrage pour les sour malentendants et l'audiodescription. Donc, ce sont des publics empêchés qui n'ont pas d'autres solutions pour accéder au programme et on trouve ça très regrettable.
Merci beaucoup. Je voulais euh justement revenir sur aujourd'hui vous parler de relation entre un traducteur et puis un commanditaire et c'est vrai que le client final si on peut dire que le client lecteur le voilà final est assez éloigné. Comment appréciez-vous euh aujourd'hui d'une part les évolutions de ce que sont des outils ?
Je pense notamment à des lunettes qui nous permettent de d'avoir la traduction en direct de mon interlocuteur, c'estàd j'ai mon interlocuteur qui parle et j'ai la traduction ici. D'autre part, des usages où on a pu avoir une un goût pour les versions originales sous-titrées, là où il y a encore quelques années, ça nous paraissait parfois insupportable, même si je sais que la VO par exemple pour le cinéma en France représente quand même la grande majorité des spectateurs. Mais comment d'une part évolut de ce qui va être nos outils à tous font que peut-être que je n'aurais plus besoin de traducteur parce que tout pourra m'être traduit.
Deuxièmement, comment vous appréciez les évolutions des du goût ou en tout cas de la fréquentation euh des langues étrangères associées à euh une traduction euh française ? Est-ce que ce que l'on constate pour l'audiovisuel, vous le trouvez aussi dans le domaine littéraire ? Est-ce que on n' pas demain une invitation à ne plus découvrir les autres langues ? qu'on aura l'impression de pouvoir y accéder facilement et quelle est la menace du coup sur la compréhension de chacun avec les autres peuple mais aussi du coup sur l'existence de ce qu'est la traduction c'estàd le besoin peut-être et le goût développé pour les autres langues.
Je t'en prie. Merci. Votre question est très provocatrice, notamment celle des lunettes.
Que ce soit par des lunettes ou par n'importe quel autre instrument, le problème reste le même. C'est un problème de pillage, de reproduction de manière très médiocre de de quelque chose qui pourrait être mieux fait que cela. Euh bon, entre parenthèses, le problème des lunettes, c'est pas simplement la question de la langue, c'est aussi la captation d'imag le et par toujours les mêmes développeur d'IA.
Euh vous évoquiez le goût pour la version originale sous-titrée. Alors même si je représente la TLF aujourd'hui, je vais en dire un petit mot puisque je pratique aussi dans ce domaine. Euh si le si le alors effectivement en France le public est majoritairement plutôt pour la VF pour la enfin en faveur dans les usages en tout cas Paris est une exception parce que Paris intramurau c'est Vost mais le reste de la France est plutôt VF.
Euh et ceci dit, depuis euh au moins 20 ou 25 ans, il y a effectivement une un goût plus marqué pour les versions originales sous-titrées. C'est venu, je vais pas refaire tout un historique, mais enfin, c'est venu aussi grâce à la qualité de certaines traductions. Je suis tout à fait d'accord pour dire que les le en matière de sous-titrage, il y a une grande disparité de qualité en fonction souvent aussi en fonction des conditions de travail et de rémunération.
Il faut la question revient toujours à celle-ci. Euh donc euh il faut il faut être très prudent en lorsqu'on évoque effectivement des instruments nouveaux. Mais par quoi sont-ils alimentés ? qu'il continue d'être fourni par des traducteurs et des traductrices comme nous.
Pourquoi pas ? Même si sur les lunettes j'ai un problème déontologique notoire. Oui, toujours sur les pardon euh toujours sur les lunettes.
Je crois qu'il y a tout lieu de craindre l'avènement d'un monde où tout serait transcodé et où chacun serait finalement enfermé dans sa propre langue. Donc souscouvert d'accessibilité des contenus, tout est recouvert de traduction et ça ça a des implications culturelles et linguistique qui sont phénoménales. À commencer par la négation de la pluralité linguistique.
Si tout ce qui est produit en français peut être immédiatement disponible sans intervention humaine dans toutes les langues ou dans une version appauvrie de ces langues, plus personne n'aura la curiosité d'apprendre le français. plus personne ne sera capable de remonter au texte source et plus personne au fond ne comprendra que la version anglaise ou allemande ou autre n'est en fait pas l'original. La noire, merci.
Ben, je rejoins tout à fait les propos de Chloé et puis je vais me permettre une petite précision technique puisque je suis traductrice pour le sous-titrage. Et donc quand on essaie de transcoder par des lunettes des propos tenus à l'oral, ça demande tout un tas d'opérations en cascade de machine. Ça veut dire que le dialogue va être d'abord retranscrit en texte par une première machine.
Ensuite, une deuxième machine va le transcoder de la langue A à la à la langue B. Et ensuite une troisième machine. Alors dans le cas des lunettes, elle va faire un découpage très grossier, mais dans le cas du sous-t-itrage automatique, elle va faire elle aussi un découpage tout à fait grossier sans rapport avec ce qui se passe à l'image.
Il y a un élément très très important, c'est que on lit beaucoup moins vite qu'on ne parle. Et donc notre travail quand on fait du sous-titrage, c'est de faire des choix en permanence, de synthétiser, de ne pas mettre dans notre traduction les éléments qui sont déjà contenus dans le contexte visuel sonore d'inténation des comédiens, dans le langage cinématographique. Ça, ce sont des choix dont évidemment la machine est tout à fait incapable.
Je voudrais juste ajouter que ce que vous avez qualifié comme de la traduction sur des lunettes pour tous les professionnels qui sont ici autour de la table ne constituent pas une traduction clairement pour toutes les raisons que que ma concer vient d'évoquer. Le sous-titrage c'est en plus de de la traduction à proprement en parler. Il y a toute une adaptabilité à mettre en place euh pour une perception et pour que la personne puisse entendre lire le message en même temps et assimiler qui n'est pas qui n'est pas productible euh correctement par ces IA.
Merci beaucoup. Euh je voulais passer maintenant au droits d'auteur. Euh et vous l'avez mentionné, il y a eu euh beaucoup de votre travail qui a pu être utilisé euh pour l'entraînement euh des différents modèles d'IA.
Euh monsieur Ciror, vous avez parlé de pillage, vous n'êtes pas le seul à utiliser ce mot. Euh en fait, on a des fournisseurs de modèle DI qui considèrent que tout ce qui est sur internet est libre de droit. Euh donc et glané comme tel.
On a des un encadrement européen. Donc vous avez fait mention de l'exception TDM qui permet justement l'entraînement euh qui normalement est conditionné à l'exercice d'un droit de réserve de la part des de l'auteur ou des ayants droits. Très difficile à pouvoir mettre en place.
On a le règlement sur l'IA de 2024 qui intime les fournisseurs de modèles d'IA à respecter le droit d'auteur et la propriété intellectuelle. On est dans une situation assez insatisfaisante au niveau de la mise en pratique de ces différents droits. Plusieurs initiatives ont été mis en place.
D'un côté et il y a encore quelques jours, un rapport d'initiative d'Axel Voss a été largement très largement adopté au Parlement européen. Celui-ci pose la question de la mise en place d'un intermédiaire de confiance entre les ayants droits et les fournisseurs d'IA. D'autre part, il appuie résolument la présomption d'utilisation euh des œuvres pour l'entraînement des IA.
C'est aussi sur cette idée de présomption qu'une proposition de loi au Sénat apportée par mesdames Darco, Séverren ou encore monsieur Ozouias va être discuté à partir de la semaine prochaine en commission, le 8 avril en hémicycle du Sénat. Ça, ce sont des initiatives d'un d'un côté, je voulais avoir votre avis sur le sujet. Et puis plus récemment, on a eu une tribune d'Arthur Mench, le un des cfondateurs de Mistral et qui dans le Financial Times a mis en mis en dans l'air une idée qui serait l'instauration d'une contribution obligatoire pour rémunérer les créateurs.
Alors, ce serait une contribution obligatoire qui s'appliquerait à toutes les tous les fournisseurs de modèle DIA et ça s'applique sur le fait qu'ils aient utilisé ces œuvres pour l'entraînement. Ça s'appliquerait à tous les fournisseurs que ce soit des fournisseurs européens ou des fournisseurs étrangers mais qui commercialisent en Europe leurs services. Une contribution dont le produit serait versé à un fond européen visant à soutenir la création. et une contribution qui ne remplacerait pas la possibilité de négocier et de passer des accords de licence.
On voit que les initiatives existent. Je voulais avoir, même si c'est assez juridique et que elle c'est assez complexe, je voulais avoir quand même votre avis sur le sujet. Allez-y.
Bon, je vais essayer de de passer la journée sur toutes ces questions parce que ça pourrait faire l'objet d'un colloque. Vous souvez beaucoup de points. Déjà, le premier point, c'est quand vous dites que l'exception TDM permet l'entraînement des machines, nous ne sommes déjà pas d'accord sur ce point-là et je j'espère vraiment que les les contentieux nous donneront raison.
J'ai je veux pas développer sur le terrain juridique, mais bon, déjà le champ d'application de l'exception de text and data mining, c'est une visée analytique des données. En aucun cas, on ne parle de d'extraction de données pour générer de de textes et reproduire des textes à partir de ces données-là. Euh je vais pas revenir non plus sur le le l'introduction de cette exception dans des conditions vraiment discutables qui n'ont pas fait l'objet de de discussion, ni sur le fait que l'entraînement des machines, très certainement sur la base de fichier pirate, on l'a vu, et est bien antérieur à la directive de 2019.
Pour rappel, Open AI date de 2015, son premier GPT, il est de 2018, donc bien avant la directive. Bon, c'est tout tout ça, vous l'avez compris, en synthèse, vraiment l'exception TDM n'est pas applicable. Si jamais l'exception de TDM venait être consacrée, ce qui ce qui ce qui nous pose problème, effectivement le l'ineffectivité de de de l'OP est extrêmement problématique.
C'est-à-dire que on met en place un dispositif en disant on a un garde de fou qui permet aux auteurs de de manifester leur désaccord. C'est extrêmement problématique. Donc si jamais on arrivait à ce niveau-là, euh la l'instauration d'un d'un tiers de de confiance n'est pas une mauvaise chose en soi.
C'est-à-dire qu'on aura un organisme centralisateur euh qui permettrait de recueillir euh le défaut de consentement euh des auteurs. Mais encore une fois, je vous le disais tout à l'heure, l'IA renverse les choses. En réalité, euh normalement, ce serait au fournisseur d'IA d'aller recueillir le consentement.
Or là, on inverse totalement le système et c'est au aux auteurs de dire qu'ils ne sont pas d'accord. Je voilà, c'est c'est sur le principe, ça nous convient pas, mais si jamais on est obligé d'aller sur ce terrainlà, ce sera mieux que rien. De la même manière, vous évoquez la question de la présomption d'utilisation des œuvres sur le un terrain probatoire.
Euh sur le principe, c'est c'est un dispositif qui a des auteurs. Euh c'était pas une mauvaise chose euh parce que effectivement sur le terrain de la preuve aujourd'hui aller démontrer euh que tel ou tel fournisseur d'IA utiliser vos votre œuvre est extrêmement problématique. Donc nous ne sommes pas contre ce cette PPL qui qui qui est une une intention qui est tout à fait louable.
Le problème c'est quoi ? c'est que encore une fois, c'est un palliatif, un pisal au défaut de transparence des des données qui ont nourri les les systèmes d'IA. Donc normalement, on ne devrait même pas avoir ce type de dispositif.
Un auteur devrait savoir si oui ou non son son œuvre a été utilisée et même mieux, il devrait dire "Je suis d'accord pour que mon œuvre soit utilisé moyen en rémunération." Et justement, ça me permet de faire la transition sur la question de de la rémunération. Vous l'avez compris, ce qui est essentiel et c'est tout problème que depuis le le début de de l'IAG, c'est aujourd'hui les auteurs, on a utilisé leur leurs œuvres sans leur consentement, sans leur accord.
Euh la tribune que j'ai lu sur le dirigeant de de Mistral, c'est encore un pas en avant pour continuer à tordre le bras des auteurs puisqu'une licence collective obligatoire ne permet pas de retirer l'autorisation, ne permet pas de dire "On n'est pas d'accord pour pour que notre offre soit utilisée." Donc fond fondamentalement, nous sommes contre ce type d'initiative et au contraire euh nous dans dans dans le respect du droit d'auteur, dans le dans le dans le respect de la logique du droit d'auteur, en tout cas, nous voulons que si licences il y a ce soit licence collective volontaire. le les licences collectives obligatoires.
Enfin, je prenons quelques exemples. Par dans le domaine de la musique euh quand effectivement une de de la musique a été diffusée, que c'est repris dans une discothèque ou dans un bar, les les les titulaires de droit ne sont pas contre en réalité. C'est c'est même plutôt une bonne chose en vrai.
Et le fait que on récolte des droits dessus, ça fonctionne très bien. Là, ce dispositif serait complètement dévoyé. Ce serait pas du tout dans cette optique là.
Euh à mon sens, ce serait vraiment en fait pour forcer la main euh à des auteurs et en fait avoir un un boulevard pour utiliser librement des œuvres avec des conditions de rémunération également qui qui poseront très certainement euh difficultés puisque euh enfin c'est c'est une vraie réflexion, j'ai pas d'éléments économiques dessus, mais prenons le cas des traducteurs puisqu'on est rassemblé là pour pour ce pour ça. Dites-vous que admettons admettons qu'un qu'un qu'un traducteur entre dans ce système, l'idée c'est quoi ? dire OK, je suis d'accord pour que mes œuvres soient utilisées, qu'à terme, j'ai moins d'activité, je perds des dizaines ou enfin des milliers d'euros, des dizaines de milliers d'euros et en contrepartie, j'ai quoi ?
J'ai quelques euros, quelques dizaines d'euros. C'est casi enfin c'est pas viable. Donc on peut pas forcer la main là-dessus.
C'est c'est enfin pour moi c'est vraiment une tentative malhonnête de forcer la main sur la question de de l'accord, du consentement et de l'autorisation des auteurs. Oui, je je vais répondre par une question parce que moi j'ai pas la réponse à la question que je vais vous poser. Euh je là pour le coup, je parle des traducteurs pragmatiques plutôt et des des interprètes dont le travail sert aussi à utiliser à entraîner l'IA et pour lequel il n'y a pas de droit d'auteur à proprement parler.
On est enregistré nulle part, on a nos noms nulle part. Comment on fait ? Sachant que nos métiers aussi sont sous cette pression là, que notre travail également utilisé, qu'il est il y a pas d'autorisation donné optin optout en fait ça répond pas à nos problèmes et et ça répond pas à la situation telle qu'elle est aujourd'hui.
Je voudrais juste rajouter un dernier point sur ce que vous avez dit. Euh la résolution qui a été votée le 10 mars euh par l'Union européenne, elle a quand même en tête un facteur humain essentiel et le fait que l'article 17 de la charte définisse le droit à la propriété et notamment à la propriété intellectuelle et ça c'est c'est quelque chose sur lequel on doit humainement pas pouvoir revenir. Madame Lenois, une toute petite parenthèse pour une réponse un peu je trouve un peu cynique.
Peut-être que d'autres interlocuteurs ont fait cette même question ici même qui qui des entreprises de l'attaque qui décent qu'introduire cette présumption d'usage créerait une preuve impossible. Euh alors moi j'ai exercé mon optout et la SAS m'a exercé son optout pour mes œuvres qui sont déposées à son catalogue. Néanmoins, c'est absolument certain qu'elles ont été utilisées par ces entreprises.
Et en l'espace, l'optout, la preuve n'est pas possible pour nous dans les faits, tout le monde le dit. Donc introduire cette présomption d'usage et s'opposer à cette présomption d'usage au motif que ça créé une preuve impossible, ça me semble tout à fait déplacé. Je voulais revenir sur la notion de tiers de confiance parce que d'un côté on peut considérer que l'intermédiaire de confiance puisse être là pour recueillir tous les réserves de droit mais on pourrait aussi considérer qu'il est là pour recueillir les autorisations.
Dans ces cas-là, est-ce que c'est quelque chose qui vous paraît plus intéressant que le tiers de confiance qui s'il n'était là que pour recevoir les offout irait à l'encontre du respect de l'autorisation principe fondateur du droit d'auteur. Alors à mon sens, c'est difficile de de parler au nom de tous les traducteurs, mais pour moi, oui, effectivement, c'est dans le bon sens ce d'autant plus euh puisque là, on aurait vraiment un respect de du consentement euh de auteurs, ce d'autant plus si cet organisme effectivement a a des des pouvoirs de contrôle, des pouvoirs de vérification, ce serait effectivement une une aide euh et un moyen de de centraliser l'information. Moi, j'ai pas ce stade d'opposition là-dessus.
En tout cas, titre personnel. Oui, madame Fortin. Il serait intéressant de savoir comment ce tir de confiance serait serait nommé, qu'il choisirait, selon quel critère.
Monsieur Ser parle de moyens aussi. Euh enfin, ça paraît être une bonne idée, mais si elle est les bonnes idées mal mises en œuvre, ça fait pas non plus avancer en fait. Donc il faut il faut s'assurer d'une indépendance réelle et d'une de moyens en fait puisque c'est un peu ce dont on manque face à l'IA, c'est qu'on a pas de moyen de réagir.
Bien sûr, ça c'est un défi technologique, c'est un défi institutionnel. Axel Vos dans son dans le rapport d'initiative faisait mention de le IPO en fait l'Institut pour la propriété intellectuelle qui dépend de l'Union européenne puisquil a décidé de de pouvoir le consacrer au niveau de l'Union européenne et c'est un défi non seulement pour pouvoir récolter l'ensemble des cons des consentements ou des droits de réserve mais aussi pour assurer une certaine confidentialité parce que si la la transparence est nécessaire on entend aussi de la part de ceux qui innovent pour créer des modèles d'IA, la volonté non plus de pas rendre public l'ensemble. Donc sur cette tension entre la transparence et la publicité, euh on a eu des fournisseurs d'IA qui nous disent que si c'était rendu public, ça viendrait à l'encontre du secret des affaires.
Qu'est-ce que ça vous inspira ? Alors, je vais vous répondre très très sincèrement. Moi, j'ai passé euh 13 ans dans l'agroalimentaire.
Euh j'ai fait de l'export, j'ai traduit des dossiers CCP. Euh le secret de la recette, d'accord, mais pas à tout prix. En fait, il y a il doit y avoir les organismes de régulation doivent avoir accès à l'information de la recette tout simplement.
C'est ce qu'on fait pour toutes les autres industries. Monsieur Serron pareil, je vais je vais être je vais être cach c'est un argument falaux. Clairement le secret des affaires, c'est un moyen de renforcer l'opacité qui est entretenue par les fournisseurs d'IA. euh opacité entretenu également, je pense pour des raisons purement juridiques, hein, puisque les contentieux à avenir, je pense aboutiront à des à des condamnations.
Et euh il est évident que euh informer le quelle quelles données ont été utilisées, quelles œuvres ont été utilisées, on parle de dataset, ne n'engageant rien sur la révélation des affaires des fournisseurs d'IA. Ça n'a strictement rien à rien à voir. Vous parlez de recettes, en fait, on parle plutôt d'ingrédients, mais clairement le secret des des affaires, c'est un prétexte pour continuer à à abuser, user des données et renforcer l'opacité.
Monsieur Cornu ? Oui, très brièvement là-dessus, on est du même avis que le syndicat national de l'édition que vous avez reçu il y a peu de temps. C'est pas si fréquent que nous ayons des points communs, donc autant le souligner.
Bien, merci beaucoup. Est-ce que vous aviez euh quelque chose à ajouter au-delà des propos liminaires et peut-être aussi que les questions ont pu aussi susciter comme réflexion chez vous ? Est-ce que voilà, vous avez un mot de conclusion si jamais euh vous en avez la possibilité ?
Oui. Euh on voulait euh quand même mettre l'accent sur euh sur l'appauvrissement de la langue. Euh on parle ici de culture.
Euh euh il y a une étude qui est sortie en qui a été faite en en 2024 par l'université d'Uric qui prouve que les les modèles d'IA réduisent de 40 % la diversité des tournures de traduction par rapport à des traducteurs humains. surtout pour les langues qui sont moins représentés pour lesquels l'année dernière tous les pays en cœur avaient avait porté les les drapeaux et fort pour les pour les protéger. Les outils d'IA, il ne suppriment pas les tournures de phrases, il les remplace par défaut, par des équivalents plus fréquents et plus courts et souvent moins précis.
Euh pour les métiers comme le nôtre où une virgule près peut changer le sens d'un contrat ou et que le style fait partie du message aussi, c'est important. Cette standardisation, elle est pas neutre, elle réduit la palette expressive et donc la qualité du travail. Et puis pire, elle risque aussi de de désapprendre aux nouvelles générations l'art des tournures nuancées simplement parce que les outils ne les proposeront plus.
Euh et là, il s'agit pas d'un bug ou d'un défaut de conception, c'est une conséquence directe de la façon dont les modèles sont construits par euh par ces modèles de token. Euh et c'est c'est un choix de société en fait qui est fait. Mme Thomas, je vous en prie.
Oui, je voudrais revenir sur ce lieu commun selon laquelle les traducteurs sont la profession la plus menacée. C'est un lieu commun qui date en fait d'avant lié à générative lié à surtout augmenter finalement l'acceptabilité sociale de l'automatisation et et pas sa qualité. Euh mais donc pour lutter contre ce cliché, nous faisons un travail de pédagogie pour montrer que la traduction ne peut pas être déléguée à une machine.
C'est ce qu'on a essayé de faire aujourd'hui. Euh mais je crois que nous avons aussi le devoir d'utiliser ce travail de pédagogie pour prévenir d'autres menaces qui pèsent sur euh d'autres professions euh avec l'IA. Euh le devoir par exemple de montrer que oui, on a encore besoin de rédacteur des débats à l'Assemblée et au Sénat parce qu'ils font autre chose que de la reconnaissance vocale et que leur travail est essentiel à la démocratie.
On a encore besoin de juristes capables de lire la jurisprudence et surtout de la comprendre. On a encore besoin de journalistes qui savent vérifier leurs sources et qui sont surtout capable d'aller chercher leurs sources là où on aurait pas forcément eu l'idée d'aller voir. Donc si les traducteurs sont en avance, ce n'est pas au sens où nous serions les premiers menacés voir les premiers à disparaître.
C'est parce que nous avions entendu un peu plus tôt que nous allions disparaître et que nous nous sommes informés. Nous avons testé les outils, nous avons compris leurs limites et surtout les risques qu'ils font peser non seulement sur nous, sur nos métiers, mais sur tout un tas de professions qui se croient protégé et sur la langue, sur la culture, sur la démocratie et sur la société dans son ensemble. Monsieur Cornu, je vous en prie.
Je je serai bref, je vous rassure. Euh, il y a un problème supplémentaire auquel on est confronté. Nous sommes confrontés dans nos différents métiers dans au sein de la traduction.
Et quelle que soit la nature des textes que nous avons à traduire, c'est que on peut être amené et j'en ai été j'y a été confronté moi-même à se demander si ce que nous traduisons a été écrit initialement par un être humain ou pas ou partiellement ou en totalité et le produit de l'IA. Ce qui pose un gros problème pour nous parce que nous traduisons de bonne foi un texte qui nous est soumis. Mais si nous n'avons pas de transparence sur l'origine de ce texte, mais que nous fournissons néanmoins une traduction humaine, nous nous pouvons être amenés à fournir une traduction humaine d'un texte qui au départ n'est pas humain.
Donc il y a aussi tromperie vis-à-vis de nous et vis-à-vis des lecteurs qui liront nos textes. Voilà. Donc c'est une c'est vraiment un gros gros problème à tous les niveaux de la chaîne du livre de la chaîne de production d'une traduction.
Merci mesdames et messieurs. Nous arrivons au terme de cette audition et avec madame Calvez, nous vous remercions pour les éclairages que vous nous avez apporté. Je vais vous dire, je ne pense pas du tout vous soyez menacer disparition.
Je ne pense pas parce que la traduction en fond ça n'est pas réductible à un processus mathématique ou électronique. Vous l'avez largement illustré par vos propos. La traduction au fond c'est la civilisation tout simplement avec un C majuscule.
C'est si on avait pas traduit la Bible, si on avait pas traduit Carl Marx, si on avait pas traduit je sais pas moi Einstein, il n'y aurait pas de civilisation, n'est-ce pas ? Donc je ne pense pas qu'il y ait au risque de disparition. Vous allez être grignoté sur vos marges, c'est sûr.
Conversationnel, un peu de pragmatique, c'est sûr. Mais sur le fond, je pense que vous êtes absolument incontournable. En tout cas, c'est la conviction que je retire de cette audition et je voulais vous en remercier et madame Calv joint à moi vous remercier.
Merci beaucoup. Au revoir.