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interview28 minutes - ARTE· 18 septembre 2025 46 min

Antibiorésistance / L’école, incarnation d’une société à deux vitesses ? | 28 minutes | ARTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Bonsoir, soyez les bienvenus dans 28 minutes. Merci de votre fidélité. Bonsoir mes amis.

L'actualité c'est la colère des enseignants ainsi que celle des chefs d'établissement des écoles, collèges et lycées du secteur public. Beaucoup étaient dans la rue dans la aujourd'hui où faisait grève pour décerner un zéro pointé au système éducatif en crise selon eux. On a plus de groupe dédoublé.

On a moins d'heures pour faire un programme qui est aussi compliqué et donc forcément les élèves sont en difficulté. Bah il y a pas que les adultes qui peuvent manifester nous aussi lycéens en sachant qu'on bah on a des répercussions par exemple aussi sur l'état des lycées où il y a la moisissure, il y a pas de chauffage dans les salles même en hiver. Élève prof en pétard pour cause de poste d'enseignants non pourvu de disparité selon les territoires et de manque de moyens.

L'école de la République est-elle malade ? Le secteur privé va-t-il en profiter ? La mixité sociale en fera-t-elle les frais ?

On en débattra ce soir avant de vous retrouver Marie Bonisso et Xavier Maudu qui a une cravate scintillante avec de l'or Éllisabeth car incroyable cambriolage au muséum d'histoire naturelle à Paris ce Muséum national d'histoire naturelle s'est fait dérober des pépites d'or mais de la grosse pépite voilà plusieurs kilos Ellisabeth et bien direction la galerie de minéralogie et de géologie oui Xavier et vous Marie et ben ce soir je vous demande d'oublier les disques dur les clés USB les data center dans le futur Peut-être qu'on arrivera à stocker les données sur des brins d'ADN. Alors, c'est pas fait mais des scientifiques qui croient très très fort. À tout à l'heure.

Et pour commencer, saviez-vous que l'usage immodéré des antibiotiques annule à terme leur effet, ça s'appelle l'antibiorésistance et selon l'Organisation mondiale de la santé, c'est un fléo, un véritable problème de santé publique planétaire qui pourrait provoquer 39 millions de morts d'ici 2050. pour en parler et pour évoquer une solution alternative au tout antibio qui existe depuis un siècle la solution. Nous recevons une grande microbiologiste scientifique et vulgarisatrice Pascal Cossard.

Pascal Cossard, bonsoir. Je vous présente Adan et Benjamin Sportouche, on vous reçoit, vous faites parître chez Odil Jacob. virus contre bactéries, un ouvrage extrêmement clair de vulgarisation scientifique pour tout comprendre sur l'alternative à ce ce fléo qui est l'antibiésistance.

Mais juste un mot sur vous, vous avez 13 ans, vous avez une espèce de vocation pour la chimie et puis vous grandissez, vous devenez une somité dans la microbiologie mais vous avez un péchet mignon, c'est la bactérie d'hystéria. C'est ça vous renfolle cette bactérie. Allez, avouez-le.

Oui, j'ai travaillé de nombreuses années sur cette bactérie qui était très très intéressante et regardez et qui nous a permis d'ouvrir un livre aux différentes pages Oui. que nous trouvions importante d'aborder et vous êtes une somité mondiale par rapport aux études sur cette bactérie. Alors vous, on va évoquer l'antibiorésistance avec vous.

Vous avez le profil idéal pour se faire. Ga le Legra le prouve. On vous retrouve juste après. [Musique] Pascal Cossard, dans votre livre, vous avancez des pistes pour vaincre l'antibiorésistance.

Comment lutter donc contre la résistance aux antibiotiques ? Pour répondre à cette question urgente, vous avez le profil idéal. Secrétaire perpétuel honoraire de l'Académie des Sciences, reconnu comme l'une des plus grandes spécialistes en microbiologie cellulaire, votre vocation surgit lorsque vous entrez en classe de seconde.

J'ai eu mon bouquin de chimie à la librairie et très vraiment c'est vraiment vrai. Le soir même, je l'ai lu du début jusqu'à la fin et j'ai dit c'est ça que je veux faire. À la fois passionné par la chimie et le vivant, vous vous considérez comme une biologiste qui adore les molécules.

À l'institut Pasteur, vous travaillez sur le séquençage des protéines et de l'ADN. Puis vous vous consacrez à laéria. Cette bactérie responsable de la listériose se niche parfois dans le fromage, les riettes, le pâté ou encore les volailles.

La maladie s'avère mortelle dans 30 % des cas. L'image que vous voyez là, c'est l'image d'une hystéria qui est en train de rentrer dans des cellules. L'hystéria a la capacité de rentrer dans les cellules, de se multiplier et de passer d'une cellule à l'autre.

Et elle fait ça au niveau de l'intestin ainsi qu'au niveau du cerveau ou même dans le placenta chez une femme enceinte. Aujourd'hui, vous vous demandez si l'antibiorésistance ne sera pas la prochaine pandémie. En 2019, 4,95 millions de morts, 10 % de la mortalité mondiale, étaient associé à des bactéries résistantes aux antibiotiques.

Vous exposez les avantages de la phaothérapie, c'est-à-dire l'utilisation de bactériophage, des virus de bactéries capables de détruire les pathogènes sans infecter nos cellules. Découvert en 1917 par le biologiste français Félix Derel, la faghaothérapie a été progressivement abandonnée après la découverte de la pénicilline en 1928 et des sulphamides en 1935. Depuis 2001, l'OMS a déclaré que la résistance aux antibiotiques était un problème de santé publique globale.

Vous préconisez donc la réduction de l'usage de ces antibiot pour les humains, les animaux et dans l'environnement, mais aussi le développement de la fagothérapie, une stratégie pleine de promesses. On va revenir évidemment à la fagothérapie. Fago du grec ancien manger fagos.

Mais quand même, revenons à l'antibiorésistance. C'est vraiment une épidémie. Vous assumez.

D'ailleurs, vous n'êtes pas la seule puisque l'OMS dit "Mais oui, c'est un fléo absolu." On se jette sur les antibiotiques, on ne se rend pas compte de ce que ça nous fait. On se rendera pas compte que au cours du temps les antibiotiques ont fait que les bactéries se sont défendues.

Et donc parmi une population de bactéries, on a tout d'un coup eu une bactérie qui était résistante et toutes les autres ont été tuées par l'antibiotique et la la bactérie résistante s'est multipliée et c'est elle qui a dominé la situation. Alors, ce type de scénario peut arriver par exemple si vous avez pris un antibiotique que vous aviez une infection et tout d'un coup, il y a une des bactéries qui devient résistante. L'antibotique est là, mais la bactérie va se multiplier et l'organisme reste infecté.

Et les chiffres sont affolants, c'est-à-dire les projections dans le temps d'ici une génération, d'ici 2050, il peut y avoir effectivement jusqu'à 30 35 millions de morts liés à cette antibiorésistance. Enfin là, faut pas exagérer. Là, c'est associé à la résistance aux antibiotiques, mais c'est vrai que les chiffres sont absolument effrayants et que il faut se poser la question qu'est-ce qu'il faut faire ?

Et dans ce livre, c'est exactement ce que j'ai essayé de de proposer. Il y a plusieurs scénarios possibles. L'un d'eux, c'est la fhaothérapie, mais il faut prendre d'autres mesures.

Par exemple, il faut d'abord se vacciner si on peut se vacciner. Il faut prendre des mesures d'hygiène dans tous les cas de figure. Mes d'hygiène élémentaire. les d'hygiène élémentaire et ensuite euh il faut vraiment se soigner en prenant des antibiotiques si on a démontré que c'était l'antibiotique qu'il fallait prendre.

H la défiance vis-à-vis de la vaccination, ça vous inquiète ? Oui, ça m'inquiète beaucoup. surtout dans ce qu'on voit aux États-Unis à l'heure actuelle quand vous avez un ministre de la santé, monsieur Kennedy, qui est en train de dire qu'il ne faut pas utiliser les vaccins, c'est dramatique parce qu'en fait un vaccin, c'est bien pour vous mais c'est bien au niveau de toute la population.

Il faut qu'il y ait une couverture vaccinale, hein, c'est-à-dire que toute la population soit vaccinée. En ce moment, on parle plus que de on ne parle pas que de la France. Euh la santé, c'est la santé au niveau planétaire.

Ce livre, il n'est pas un livre sur ce qui se passe en France. Il est un livre sur ce qui se passe au niveau de toute la planète. Alors, on va avant de venir à la fagothérapie euh conçu et inventé en 1917 je crois on va y revenir mais on va évoquer avec vous et avec Anna des politiques publiques de prévention contre l'usage excessif des antibiotiques.

Ça remonte à des dizaines d'années. Oui. Plus de 20 ans.

Vous n'êtes certainement d'ailleurs pas passé à côté de ces grandes campagnes nationales de communication et surtout de leur slogan. Je pense notamment à celui-ci qui date de 2002. Écoutez, ça a l'air malade.

Tu es sous antibiotique ? Non, il est pas malade. Alors, les antibiotiques, c'est pas automatique.

Parlez-en avec votre médecin. Les antibiotiques, c'est pas automatique. Une phrase qui est vraiment devenue mythique et qui a en tout cas permis qui est eu le mérite de faire diminuer de 22 % la consommation d'antibiotiques selon un rapport de l'Agence nationale de sécurité du médicament sur la période 2000-2004.

Même effet ou presque en 2018 avec un autre slogan du ministère de la santé. Les antibiotiques, ils sont précieux, utilisonsles mieux. Là encore, diminution de près de 9 % de la consommation d'antibiotiques.

Et la dernière campagne, et bien, elle remonte à 2022. Bien se soigner, c'est d'abord bien les utiliser. Alors aujourd'hui en France, la consommation, elle s'est stabilisée, mais le pays reste quand même le 5e pays le plus consommateur d'antibiotiques en Europe.

Alors, est-ce que vous pensez qu'il faudrait et bien avoir de nouvelles campagnes choc comme celle-ci ? Non seulement pour que les médecins prescrivent moins d'antibiotiques et puis que nous on en consomme moins. Bah, c'est évident qu'il faut qu'il y ait des campagnes qui essayent de faire comprendre à tout le monde qu'on est vraiment pas en train de rire.

C'est une c'est une vraiment c'est une épidémie mais c'est pas une épidémie qui montre que il y a tel microbes qui arrive, il y a telle bactéries qui arrive. C'est une épidémie qui a envahi tous les microbes qui l'enfuse invisible comme vous dites. Voilà.

Et en fait, une bactérie qui est résistante aux antibiotiques, elle est pratiquement identique à celle qui est pas résistante aux antibiotiques. Donc on peut pas dire on a une certaine bactérie qui arrive, mais vraiment l'antibiorésistance est extrêmement euh grave. problématique.

Alors la fhaothérapie, je suis un virus naturel, je vis dans les égouts, je veux manger une bactérie. Parce que c'est ça le principe. Le princip Alors, quand font quand font les médecins les microbiologistes pour qu'on comprenne.

Bon, donc on dit fagothérapie parce que ça vient du grec, fago, le verbe manger et thérapie la thérapie par en mangeant les bactéries comme c'est représenté sur votre image. D'accord. Alors cette fagothérapie, elle a été utilisée avec succès mais avec certains problème associé à cette utilisation.

C'estàd et je vais en parler dans une minute mais je vais simplement dire que la la faghahérapie a été utilisée dès que les bactériophages ont été découverts identifiés. Voilà, elle a été utilisée avec succès mais très rapidement les antibiotiques ont été découverts. 10 ans après.

Voilà. Et les antibiotiques ont un avantage par rapport au bactériophage, c'est que on peut on les peut les produire en plus grande quantité. Les antibiotiques ont un spectre d'activité qui est plus large.

Un bactériophage va aimer telle bactérie mais ne va pas aimer la suivante même si c'est la même espèce. Donc les bactériophages sont très spécifiques mais ils peuvent être utilisés dans le casre d'impasse thérapeutique. Vous rappelez par exemple l'histoire il y a des années d'une petite fille d'un an qui avait une infection urinaire.

Elle a été soignée de cette façon récemment dans un hôpital près de Lyon. Un homme qui avait un staphyocoque doré à la suite d'une amputation et de divers problèmes, a été soigné grâce à un programme de fagothérapie. Donc voilà, ça peut marcher.

Donc c'est pas ça peut marcher, ça marche. Ça marche si on a pris les moyens nécessaires pour que ça marche. La première chose qu'il faut faire c'est de dire on isole la bactérie chez la personne qui est infectée.

On prend cette bactérie et on essaie de trouver un bactériophage qui tue cette bactérie quand on est en laboratoire. Et ensuite on passe à la thérapie. D'accord.

Mais alors ces bactériophages, elles sont présentes, on peut trouver dans les pharmacies, en Geéorgie, en Pologne, mais en France pas du tout. Est-ce que vous pensez par c'est par à cause du lobby pharmaceutique des grandes industries pharmaceutiques qui produisent les antibiotiques que on n' pas cet accès facilité au bactériophage ? Pourquoi on en Pourquoi en trouve-t-on en Geéorgie, en Pologne, en Russie ?

On en trouve parce que monsieur Derel avait un grand ami qui s'appelait George Eliava. Ils ont créé un institut à Bilit a fonctionné de façon tout à fait efficace. Voilà.

Mais il n'a jamais arrêté au moment de la découverte des antibiotiques et donc fonctionne encore toujours. D'accord. Mais moi, je voudrais revenir à ce qu'on a dit tout à l'heure sur l'utilisation des antibiotiques en France.

Il y a les l'utilisation des antibiotiques pour les hommes, pour les animaux. Pour les animaux, ça a beaucoup baissé. Mais il y a un type d'animaux qui n'a un type d'animal qui n'a pas pour lequel ça n'a pas baissé, c'est les animaux de compagnie.

Ah ! Et il faut faire très attention parce que justement on leur donne des antibiotiques. Il y a un problème à ce niveau-là.

Donc sobriété au niveau de l'antib. Merci. Et je précise que quoi que vous soyez fort juvénile, vous êtes né à la fin des années 40 et vous enseignez et vous apprenez toujours.

Vous venez d'être nommé professeur à la medical school de Harvard. Impressionnant Pascal Cossard. Merci d'être venu sur le plateau de 28 minutes.

Virus contre bactéries, une solution pour vaincre l'antibiorésistance chez Audil Jacob. C'est de la vulgarisation comme on l'aime. Merci encore.

Et on va passer à un autre débat justement sur le grand malaise de l'école publique en France. Une partie des enseignants et des élèves du public à manifesté ou fait grève aujourd'hui pour dénoncer un manque de moyens de professeurs ou d'objectifs clairs. L'école publique en crise est suben pour le privé.

Comment améliorer ce système éducatif qui est le nôtre et qui semble être un des plus inégalitaires au monde ? On en parle après la mise au point de Sandrine Lecalvez. Les enseignants ont répondu à l'appel à Paris, Nant ou Marseille.

Ils ont rejoint les cortèges qui ont rassemblé au total plus d'un million de personnes selon la CGT, plus de 500000 selon les autorités. On a plus le groupe dédoublé. On a moins d'heures pour faire un programme qui est aussi compliqué et donc fait forcément les élèves sont en difficulté nous aussi de fait.

Un ralbol qui a poussé près d'un enseignant sur deux à faire grève au collège et au lycée selon les syndicats, 17 % selon le ministère de l'éducation nationale car à l'école, chaque rentrée réserve son lot de mauvaise surprise. On a pu constater qu'on avait pas de chef d'établissement. A Cachant dans le Val de Marne, parents et enseignants dénoncent le manque d'effectif et les classes surchargées.

Aujourd'hui au collège Victor Hugo de Cachant, les 6e sont 30 et ça ça doit être une priorité mais absolue. Ce type de situation pousse des parents à faire le choix du privé. 45 % des Français estiment que leurs enfants y bénéficieront d'une meilleure scolarité.

Les 7500 établissements privés sous contrat font le plein, ce que confirme le nouveau patron de l'enseignement catholique. Cette année, le nombre d'élèves a baissé en France, moins 100000 mais pas chez nous. Les inscriptions se portent bien.

Un rapport parlementaire a néanmoins crispé l'an dernier les établissements privés financés à 75 % par l'État. Des députés dénoncent l'opacité des budgets publics alloués. Aucune administration publique ne chiffre à l'euro près le montant total.

On doit être quelque part entre 10 et et 12 milliards consacrés aux établissement privés qui contribuent à la ségrégation. Alors accusé d'élitisme et d'entre soi, le privé est-il devenu l'incarnation d'un système scolaire à deux vitesses ? La crise traversée par l'éducation nationale peut-elle accentuer chez les parents la tentation du privé ?

Nos trois invités. Julien Grenet, bonsoir. Économiste, spécialiste de l'éducation.

Vous êtes directeur de recherche au CNRS, professeur associé à l'école d'économie de Paris. Selon vous, notre système éducatif est l'un des plus inégalites. La France est l'un des pays de l'OCDE qui dépense le moins pour l'école, en tout cas pour l'école primaire.

À côté de vous, Olivier Babu, économiste, président, fondateur de l'Institut Sapiens. Votre dernier essai, ne faites plus d'études, va paraître le 16 octobre aux éditions Bûchet Chastel. Une provocation, une de plus.

Olivier Babu, selon vous, si l'école privée se porte bien, c'est à cause de la crise de l'école publique. Le grand drame de l'affaiblissement de l'enseignement public, c'est qu'il brise l'ascenseur social dans notre pays. Et à côté de vous, Marie Estelle Pêche, rédactrice en chef du service société de Marianne.

Bonsoir. Vous êtes spécialiste des questions d'éducation. Selon vous, il y a une fuite des classes sociales supérieures qui serait auparavant allée vers l'enseignement public et qui s'en détourne de plus en plus volontiers aujourd'hui au profit du secteur privé.

Alors pour comprendre la statistique du jour Benjamin et bien près de quatre enseignants sur 10 du public envisage de changer de métier dans les années à venir. 40 % donc selon le baromètre annuel du syndicat enseignant UNSA. Pourtant quasiment tous les profs 9/10 précisément disent aimer leur métier.

Comment vous expliquez ce paradoxe Julien Grenet ? Je sais pas s'il y a vraiment un paradoxe. Ce qui est clair, c'est quand on regarde en comparaison internationale l'effort de la nation pour l'éducation.

Alors, on a tendance à toujours dire on dépense beaucoup pour des résultats médiocres. Mais si on regarde attentivement les chiffres, on s'aperçoit que pour des raisons de normes comptables, de prise en compte des retraites sur lequel on pourra revenir des fonctionnaires, cette dépense est très largement surévaluée. Et si on fait la correction, la dépense par élève, aussi bien dans le premier degré que dans le second degré, en fait, elle est surévaluée de 10 %.

Donc on dépense peu pour des résultats médiocres. On dépense de façon moyenne pour des résultats moyens. Alors certes en baisse, donc ça c'est un sujet d'inquiétude.

Euh mais par contre ce qui est vrai, c'est que euh quand on regarde ensuite la structure de la dépense, elle est particulièrement faible dans le 1er degré, elle est inférieur de 20 % premier degré rappelé donc primaire enfin élémentaire élémentaire euh ce qui nous place dans les pays qui dépensent le moins par élève parmi les pays de l'OCDE dans le premier degré et notamment donc des des salaires qui sont jugés insuffisants par les profs Olivier Babo. C'est comme ça qu'on peut expliquer ce cette désaffection pour pour c cette ces carrières du professorat pour Oui. Alors peut-être déjà qu' il faut expliquer, ça a été une surprise assez récente parce qu'on s'est aperçu de ça il y a peu de temps.

Jusque là, on regardait le pourcentage de dépenses pour l'école dans le PIB, on disait tiens bah on est plutôt un peu au-dessus l'OCDE, on n pas à rougir, on est à 5,4 %. Et puis on a regardé les détails, on se rend compte que il y a un truc très très pervers dans le financement de nos retraites. On n'a pas de caisse.

L'État n'a pas de caisse où il a mis de côté pour les retraites de ces euh de ses pensionnés, quel qu'il soit l'éducation nationale d'ailleurs ou d'ailleurs. Il a en fait un système où il va mettre des surcotisations dans les acteurs d'aujourd'hui, les fonctionnaires d'aujourd'hui et surcotisation qui vont gonfler le budget apparent mais en fait qui vont directement dans la poche des pensionnés et pas celle dans l'école. Donc en fait, on est effectivement dans le primaire moins 19 % de moins que la moyenne de l'OCDE en investissement.

Alors évidemment ça nourrit euh enfin ça se traduit par quoi ? Par des faits que le les profs d'aujourd'hui sont en fait moins bien payés qu'ailleurs. Ça évidemment tous les toutes les comparaisons disent là.

Ouais euh peut-être des comparaisons voilà après et puis ça dépend le moment de la carrière après 15 ans de carrière. Voilà c'est pas très facile de comparer mais enfin globalement ils sont bien payés. Et puis bon des conditions de travail c'est quand même le salaire mais c'est d'autres choses aussi.

C'est probablement aussi euh l'équipe de travail, l'ambiance. Euh est-ce que euh on est motivé par euh par ce qu'on fait ? C'est vrai qu'il y a un paradoxe, c'est des gens en général qui viennent par une forme quand même de de vocation.

On vient par passion. Peut-être qu'on y voit qu'on y vient moins bien, mais le fait même qu'il y ait beaucoup moins de candidats euh au concours, qu'on ait du mal à faire venir, qu'il faille faire du speed dating pour faire pour faire venir les candidats, veut dire aussi que de façon générale, l'image de cette institution bah qu'on aime tous parce qu'on y a passé beaucoup de temps se dégrade beaucoup. Marie, comme vous les interrogez, c'est ce qu'il vous disent, c'est plutôt le salaire ou la considération ?

Il parlent beaucoup de la considération, beaucoup de l'image euh selon eux dégradé corélés français de l'école, corélé français de du métier d'enseignant euh qui se qui précisément parce qu'il n'est pas très bien payé effectivement et que bah finalement avec l'équivalent d'un bac + 5, on peut gagner deux fois plus ou 40 % de plus qu'un enseignant. Et c'est ce que même des élèves peuvent leur dire. Mais attendez, vous êtes un peu minable vous avec votre salaire.

Ce sont des discours qui peuvent entendre parfois de la part de de certains élèves. C'est assez terrible et ils sont ils ont le salaire est un élément important, c'est vrai, mais il faut aussi voir que dans l'ensemble de l'OCDE, dans l'ensemble des pays développés, on a une crise d'attractivité du métier d'enseignant, quel que soit le niveau de salaire. C'est ça.

En Allemagne, par exemple, ils sont plutôt bien payés. En Allemagne, ils sont bien payés mais il y a quand même une carence. Ils n'arrivent pas à trouver d'enseignants.

On parle du Luxembourg, c'est un peu le rêve de beaucoup d'enseignants. Ils disent Luxembourg, ils sont vraiment très très bien payés. Et ben on manque aussi d'enseignant.

Le mal est plus profond. Une c'est c'est le salaire mais ce n'est pas que le salaire. En France, il y a quand même eu un effort du gouvernement sur les débuts de carrière.

Vous avez eu une les 10 premières années si vous voulez une vraie augmentation depuis 2017. En revanche, vous avez tout le maré entre guillemets, entre 30 et 55 ans qui est assez désespéré parce que leur salaire stagne et ils sont il il voit même presque avec jalousie leurs camarades un peu plus jeunes qui ont quasiment les mêmes salaires et eux ils sont un peu sans espérance de progression de progression salariale. C'est j'ajouterai aux conditions de rémunération.

Un autre aspect très important pour les conditions de travail c'est la taille des classes. Les classes en France sont les plus chargées dans le public et le privé. Mais en moyenne, c'est de à tr élèves de plus par classe euh en élémentaire et au collège c'est 5 élèves de plus par classe.

Et ça fait partie de ce que les enseignants réclaments, c'est une diminution de la taille des classes parce que ça joue évidemment sur les conditions d'exercice du métier. Alors, il y a une inquiétude sur la dégradation du niveau de l'école qui est partagée unanimement et par tous les politiques. Écoutez, l'ancien premier ministre qui fut aussi ministre de l'éducation nationale dans les années 90, François Bairou.

Comment accepter que l'école française qui était la première au monde se voit classée au rang qui est le sien aujourd'hui en mathématiques comme en lecture ? C'est le plus grand de nos échecs. Et c'est un échec dont sont victimes les plus faibles parce que ceux qui viennent des milieux qui n'ont pas les codes, qui ne connaissent personne comme on dit, qui n'ont accès ni à l'influence ni au pouvoir, se voi écarté sans recours.

Olivier Babu pour rentrer dans le vif du sujet du débat, c'est ça qui fait florest pour l'école privée. C'est-à-dire que la faille de l'école publique conduit les Français à scolariser leurs enfants dans le privé. Oui, je crois qu'il y a un effet de fuite.

Alors aujourd'hui l'école privée, ça reste pas grand-chose hein, vous savez, c'est environ 20 %, c'est 14 % pour le primaire de par rapport à l'école publique et 21 % pour le secondaire. C'est quand même non en nombre d'élèves en nombre d'élèves pas nombre d'établissement parce que ça pourrait introduire un biais. Donc c'est pas grand-chose mais en effet il y a un effet de fuite parce qu'on sait que dans les écoles privées, il y a énormément aujourd'hui de listes d'attentes de gens qui veulent y aller et pourtant c'est objectivement plus cher puisque vous allez payer plus cher même si c'est sous contrat 90 95 % des écoles privées sont sous contrat c'est-à-dire que les les parents pardon les professeurs sont payés par le le l'état donc ça n'est pas évidemment un coût énorme.

Donc c'est le même salaire oui. Non c'est à peu près les mêmes salaires. Les primes peuvent être différentes.

En revanche, par tête à l'État, un élève du privé, il coûte à peu près 15 à 20 % de moins à la collectivité puisque c'est les parents du privé qui mettent la différence. Alors, la vraie question, c'est qu'est-ce qui fait la différence ? Les les travaux comme Laï ou Garcia ont montré que qu'est-ce qui fait la réussite ?

Les ce sont les élèves de prof qui réussissent le plus, hein. C'est marrant scolairement et donc c'est pas une question d'argent, n'est-ce pas ? Parce qu'ils sont mal payés, mais ils résistent le plus scolairement et professionnellement.

Alors pourquoi ? C'est quoi capital culturel ? conissid par définition et enfin la transmission ça c'est Garcia qui dit ça très bien la transmission du goût de l'effort la valorisation de l'effort et tout ça ferait la différence en fait voilà les si les parents choisissent le choisissent le privé on peut parler de fuite dans le privé parce que le nombre d'établissements privés le nombre de classes de n'est finalement reste le même privé public il y a pas de il y a il y a une pression qui s'accentue sur le prix privé.

C'est vrai. Vous avez aussi de quel ordre ? Qu'est-ce que vous entendez par là ?

Ben, vous avez des listes d'attentes effectivement dans attention pas partout dans les grandes villes, dans certains établissements. Vous avez aussi plein d'établissements privés dans certaines régions. Vous avez plein d'établissements privés qui ferment aussi cette année qui ferme depuis plusieurs années.

Pourquoi ? Parce qu'on a une démographie scolaire qui est complètement en berne à partir des élèves qui sont nés dans les années 2013. Donc c'est c'est le privé souffre aussi. il souffr aussi parce que il n'arrivent pas à tirer de prof non plus comme le public.

Euh ils sont regardez, on parle toujours de de l'école alsacienne dont venait Gabriel la voil regarder les les les ils sont en permanence en train d'envoyer les uns et les autres des messages pour dire nous cherchons un prof de physique, nous cherchons un professeur de mathématiques et cetera. Ils ont le même problème que le public. C'est faux de dire que ce serait plus facile pour les professeurs d'attirer des professeurs dans le dans le privé.

Et le problème aussi, enfin ce qui est particulier dans le privé, c'est que les parents ignorent, c'est que vous avez en jusqu'à 40 % dans les grandes villes de professeurs du privé qui sont contractuel, qui sont sans formation. Alors justement, Julien Gren c'est pas une voilà, on a une fausse image du privé finalement. Alors d'abord une première chose c'est on parle de fuite mais en fait quand on regarde la part des élèves dans le privé en 95 c'était 20 pour 10 c'est 21 ça bouge pas ce qui change déterminé par l'état l'état qui détermine c'est l'état qui le nombre de de postes d'enseignants ce qui change c'est effectivement le faussé social public privé c'est-à-dire que la part des élèves très favorisés dans le privé augmente considérablement aujourd'hui c'est deux trois fois plus que dans le public et ce qui change aussi c'est la configuration du privé on avait un un privé traditionnel par exemple en Bretagne qui était pas très ségrégé négatif qui accueillait beaucoup d'élèves et des élèves de profil social assez proches de ceux du public.

Le privé s'est pas mal reconfiguré en allant dans les grandes villes où là il contribue très fortement à la ségrégation sociale. À Paris aujourd'hui, la part du privé au collège c'est presque 40 %. Et devinez quelle est la part d'élèves défavorisés dans les collèges privés parisiens ?

C'est 3 % dans le privé, c'est 25 % dans le public. Donc là, il y a mon sens, il y a il y a à mon sens un peu une faillite de la régulation publique au sens où cette cet enseignement qui est financé à 75 % par l'État et les collectivités locales, comment s'assure-t-on de l'équité d'accès ? La loi de Bré disait il doit accueillir tous les enfants sans distinction d'opinion d'origine ou de croyance.

Mais quel mécanisme a été mis en place pour s'assurer que voilà des élèves de milieux sociaux défavorisés peuvent y avoir accès. Il y a aucun contrôle là-dessus. On va évoquer avec vous le boom pour employer un mot extrêmement français des écoles privées hors contrat.

Anna ouais une tendance qui se confirme. Les familles sont de plus en plus séduites par ces écoles privées hors contrat qu'on appelle aussi école libre. Elles serait au nombre aujourd'hui en France de 2600. alors qu'elle n'était qu'une dizaine il y a 30 ans selon la fondation pour l'école.

Alors ce qui attire souvent les familles qui sont déçues justement de l'école publique, c'est la diversité des propositions pédagogiques. Faire classe en forêt, des programmes bilingues, euh des méthodes beaucoup plus exigeantes, des pédagogies type Montessori, mais c'est aussi des effectifs très réduits qui peuvent aller par exemple jusqu'à 12 élèves maximum par classe pour certains pour certaines écoles. Alors évidemment, ces scolarités beaucoup plus personnalisées, elles ont un coût.

Il faut compter entre 2600 et 16000 € de frais annuels par enfant. alors que c'est 2000 € maximum pour une école privée sous contrat, ce qui accentue de fait les inégalités sociales, sans compter que ces écoles hors contrat, elles ne sont contrôlées de manière obligatoire qu'une seule fois la première année. Ensuite, ce sont des contrôles qui sont recommandés tous les 5 ans mais qui dépendent et bien évidemment des moyens à disposition de l'inspection académique.

Difficile donc de s'assurer que les enfants acquièrent les fondamentaux du socle commun tels qu'ils sont définis par l'éducation nationale. Marie Estelpêche, est-ce que du coup c'est ces écoles c'est une alternative intéressante face au déclin de l'école publique ou est-ce que vous pensez que ça va juste reproduire des î de d'entre soi très privilégiés ? Alors, d'abord, c'est epsilonesque, hein, c'est 0,3 % même pas de ça prend une ampleur.

Mais attention parce qu'on parle toujours des ouvertures, on parle jamais des fermetures. Il faut savoir que dans le hors contrat, vous avez beaucoup beaucoup de fermetures. Vous la plupart du temps, une école hors contrat, c'est un couple de parents qui a envie de faire quelque chose sur mesure pour son enfant.

Et quand on parle d'école, quand on parle d'école, attention, souvent c'est sep élèves. Et sep élèves, on dit que c'est une école. Voilà, c'est une classe en fait la plupart du temps et et la périnité de ces structures est extrêmement fragile et souvent il ferment.

On ne parle jamais des fermeture. Mais il est vrai que vous pouvez avoir des gens désespérés quand vous avez un enfant handicapé, quand vous avez un enfant qui ne rentre pas dans la norme de l'école, qu'elle soit publique ou privée sous contrat parce que finalement ça se ressemble un peu quand même de ce point de vue là. Et bien oui, vous pouvez chercher parfois du Montessori, du ceci, du cela.

Ce qui est un peu illusoire parce que Montessori en fait dans le public, ils le font aussi. Dans le privé sous-contrats font aussi. Donc c'est c'est dans certaines après c'est la liberté des familles effectivement d'aller de de de vouloir faire quelque chose de qui qui est un peu sur mesure.

Moi je trouve ça préférable en tout cas qu'ils aillent dans leur contrat plutôt que ils aillent par exemple faire de l'enseignement en famille dans le avec juste la mère qui s'occupe de l'enfant et cetera sans sans sans sans possibilité sociale de sociabilité et cetera. Moi je pense que c'est un c'est un phénomène qu'il faut observer et qui interroge surtout en réalité l'enseignement catholique parce que ces familles souvent sont des gens qui cherchent en fait quelque chose de plus radical en matière religieuse que dans l'enseignement catholique sous contrat. C'est surtout ça le mouvement en fait comment dire de de ces dernières années qu'on que l'on peut observer plus que les écoles en forêt.

Julien Grenet vous avez parlé du financement de l'école privée par l'État. Est-ce que ça c'est pas le grand tabou après les grandes manifestations qu'on a eu début des années 80 ? 75 % est-ce que vous dites il faut moins financer l'école privée au bénéfice bah c'est 10 milliards sur prer second degré à peu près et encore ça ne prend pas en compte un centre de dépenses était bien mentionné dans le rapport parlementaire qui avait été par exemple les aides les déductions fiscales qu'on peut avoir si on verse un don à à une fondation religieuse qui va financer du privé bah c'est pas compté dans la dans la dépense publique d'éducation pour le privé non ce qui interroge c'est effectivement qu'on a un modèle très particulier d'une certaine manière un peu abérant grand à l'échelle internationale puisque dans les autres pays, on a soit de l'enseignement privé subventionné massivement comme en France mais avec des contreparti forte en particulier du point de vue du recrutement des élèves pour une raison qui est très logique c'est que vu que tout le monde contribue par ses impôts à financer l'enseignement privé il faut garantir une équité d'accès à cette ressource c'est parfaitement naturel et ça c'est pas du tout garanti.

Il y a un autre modèle, le modèle américain où le privé, bah là on paye plein pot, ça va être 10, 20, 30, 40, 50000 dollars. Mais évidemment, donc ils font ce qu'ils veulent mais ça concerne une toute petite partie de la population, un peu à l'image des écoles privées hors contrat. Ça ne pèse pas très lourd dans les inégalités scolaires d'un pays, à la différence du privé sous contrat.

Olivier Babo, il faut continuer à financer le privé 10 milliards voire 15 milliards par an et quelque chose qui alimente euh au fond la fracture sociale ou le sentiment d'injustice sociale. Comme j'ai déjà fait remarquer, si tout le monde demain passait au public, si tout devenait public, si privé était interdit, mettons, voilà, on décide, ça coûterait massivement plus cher puisqueaujourd'hui il coûte moins cher par élève dans le privé de 20 % encore une fois. Donc ça voudrait dire une augmentation, c'est pas des économies qui sont à la clé.

Bon, après moi philosophiquement évidemment ça ça me pose un problème que on parlait des expérimentations alors au-delà du fait que c'est epsilon effectivement que c'est très particulier, moi ce qui me plaît a priori c'est la mise en concurrence, c'est l'adaptation, c'est l'autonomie, c'est le fait qu'on va essayer de s'adapter à des publics qui peuvent être différents et essayer de laisser faire confiance parfois pourquoi pas d'ailleurs au ce qui vous déplaît c'est le manque de transparence c'est de contrôle mais de contrôle très bien qui est la transparence qui est du contrôle qui est qui à un moment donné on se retrouve pour des examens et puis on voit que vous avez fait la même chose que les méthodes ouvre suffisamment que soit ça soit pas évidemment un camp de je sais pas quoi de d'enrégontement dans un autre gren dire que finalement il y a une ségrégation et que ce sont les élèves les plus favorisés qui vont dans imagin demain vous supprimez le privé là encore et que donc tout le monde soit obligé s'il veut échapper au public d'aller dans le hors contrat et ben ça va être pire encore. Vous allez une surségrégation vous allez avoir que les gens capables de payer ces sommes-là qui vont y aller. Je crois pas que ça soit vraiment une solution.

Vous pourrez pas empêcher les parents de vouloir le meilleur pour leur enfant c'est terrible. Mais vous en aurez pas 20 % qui vont payer 50000 € par an. teraz terrible vous aurez vous aurez le voilà vous aurez le 4 5 % les plus riches qui vont faire ces session il faut juste assumer parce qu' en fait c'est c'est école publique fond public c'est c'est le résultat c'est 1984 et c'est ça qui fait que les politiques n'en parlent pas c'est que vous avez quand même des centaines de milliers de gens je sais combien de millions d'argent dans la rue pour qu'il défendent la protester contre un projet de François Mitin et de et de son ministre de l'éducation et même Jean-Luc Mélenchon je me souviens qui qui a une époque disait bah voilà on va faire effectivement un grand à nouveau un grand service public lors de je sais plus quelle éélection présidentielle et puis il a ils ont calculé voilà le coût total et ils ont vu que c'était effectivement énorme parce que que fait-on des bâtiments que fait-on des enseignants qui ont un statut particulier c'est voilà et puis attendez on a l'archive on va la regarder non on a l'archive de de cette grande manifestation soi-disant une des plus grandes des années 80 voilà regardez 2 millions de manifestants selon les organisateur 860000 selon la préfecture de police au-delà de l'éternelle polémique des chiffres.

L'enseignement catholique a incontestablement gagné hier son paris. De 9h du matin à 21h, une bonne partie de la capitale a effectivement été celle de l'enseignement privé. Les défilés venant de cinq points de rassemblement dans Paris se sont succédés sans discontinuer.

Place de la Bastille, point de dislocation de cette manifestation. L'école libre vivra. Résistance égale espérance seront les slogans les plus scandés durant cette manifestation dans les rues de Paris la plus importante semble-t-il, par le nombre des manifestants de l'histoire de France.

Mais Julien Grenier, est-ce que c'est pas le grand traumatisme aujourd'hui pour les politiques et finalement est-ce qu'en voulant sauver à l'époque l'enseignement libre, on n' pas creuser le fossé avec le public ? Alors, je pense que c'est un traumatisme qui reste, mais il y a des choses qui ont changé quand même depuis. Il y a plusieurs Il y a des choses, il y a des prises de conscience.

La première, c'est la publication par le ministère de la composition sociale des établissements. Ce n'était jamais publié. On découvre à cette occasion l'ampleur du fossé, le fait qu'il se creuse, le fait que même dans des dans des villes moyennes à quelques centaines de mètres, vous avez des écarts sociaux considérables entre le public et le privé.

La deuxième prise de conscience, je crois, c'est que vous auriez fait un micro trottoir il y a quelques années. Je pense que peu de Français avaient conscience de la part du financement public, du privé en se disant bon, les parents qui mettent leurs enfants dans dans le public, dans le privé, ils font soit mais ils en payent le coût. Non, il payent un/4.

Du coup le 3/4 et on et là là se pose une question, on se dit "Attendez, je paye le 3/4 du coup et moi je autant la personne qui a son enfant privé peut venir dans le public, il y a pas de problème. Autant moi je suis pas certain quelles sont les règles de transparence mises en place quand il y a deux candidats pour une place." Euh voilà, vous avez des tentatives de régulation quand même du de du privé.

On voit bien que les souvenez-vous de Papend qui qui prometta qui promettait de réguler et cetera. Bon et on voit bien que toutes ces tentatives en fait s filochent au fur et à mesure et qu'en fait personne n'en fait rien. Pourquoi ?

Parce que ce n'est pas très populaire en réalité quand vous voyez les sondages des parents sur sur l'enseignement privé, il semblent y être attachés. Donc les politiques sont assez frileux sur le sujet parce qu'ils ont ils ont bien ils ont ils ont cela en tête en réalité tout simplement bab. Il y a des il y a des il y a des études qui montrent que plus un établissement est mixte au niveau socialement plus le niveau monte.

Oui. Alors, sans doute dans les limites, c'est un peu comme le multiculturalisme, c'est formidable. Tant qu'il y a des règles partagées, des valeurs partagées suffisantes pour qu'on puisse encore se parler, il suffit d'un élève pour arriver à empêcher à travailler de travailler une classe.

Je crois encore vraiment que on fait fausse route si on accuse le privé des problèmes du public. Si le privé est si demandé, c'est parce que il y a un monnaise dans le public. Alors, traitons-le.

Que se passe-t-il ? Qu'est-ce qu'on a oublié ? Est-ce qu'on aurait pas oublié ?

L'excellence, la volonté de sélection, de distinguer vraiment les meilleurs au nom d'une forme d'égalitarisme. Est-ce que c'est pas ça qu'on fut aussi ? là où on était capable d'aller distinguer des gens y compris d'origine extrêmement modeste et que maintenant on n'a pas perdu cette capacité.

Plus on va créer des contraintes administratives, plus on va aller dans le privé pour pouvoir y échapper justement parce qu'on a l'impression de plus avoir le destin de nos enfants en main. C'est comme ça qu'on fera remonter l'ascenseur social selon vous ? Bah je pense qu'on fait monter l'assur sociale en mettant les recettes qui font succès effectivement à nouveau dans dans la très bien.

Merci à tous les trois d'être venus débattre autour de ce grand malaise autour bah de l'école qui s'est manifesté dans les rues. Aujourd'hui, on va rester dans l'actualité vue par Marie Bonisso et Xavier Maudu un casse de pépite d'or, un énorme casse au musée national d'histoire naturelle qui a eu lieu il y a trois nuits. Et puis un bon technologique prometteur venu Chine, la cassette à ADN mais d'abord le beau velette du jour Pestiive.

Euh du nom de cette étude qui montre les effets plutôt ravageurs des pesticides sur les humains qui vivent en zone viticoles. Ça dégrise immédiatement. C'est entendu.

Pestiive, c'est une étude menée par Santé publique France. L'étude pestirive. Les résultats de l'étude pestirive.

Qu'est-ce que ça veut dire exactement ce que ça dit ? Merci de m'en dire un peu plus. Entendu la vie secrète des mots vedettes.

Pestiive apocop de pesticides et riverins. Mot dérivé de l'anglais peste parasite du latin caéré tué et ripa rive. Car le Rivrin est celui qui habite une rive désigne une vaste étude française destinée à mesurer l'exposition réelle au pesticides des riverins des vignes.

Ces résultats ont été publiés lundi 15 septembre. Pestirive est une étude d'ampleur inédite lancée en 2021 par Santé publique France et l'Agence nationale de sécurité sanitaire après qu'une association de Toulib a suspecté un agrégat de cancer pédiatrique dans un bled Vikicole de Gironde et constaté le manque de données sur l'exposition au pesticides des riverins des zones cultivées. Pesti s'est focalisé sur la vigne car les mêmes produits phytaux y sont utilisés chaque année alors que pour les céréales la rotation des cultures implique des pesticides différents. que c'est l'une des cultures les plus traitées et que les vignobles sont souvent au cœur des villages.

Raison pour laquelle les rivrins sont particulièrement exposés. D'octobre 2021 à août 2022 dans six régions viticoles. Les limiers de pestierie vont analyser cheveux et pipis de 1946 adultes et 742 enfants.

Certains à moins de 500 m des vignes, les autres à plus de 1000 m, mais aussi air intérieur et extérieur, poussière ou frisé légumes du jardin pour y traquer 56 substances. Fungicide, herbicide, insecticide. Résultat, les riverins des vignobles sont plus exposés aux produits phyux, surtout s'ils ont entre 3 et 6 ans.

Festi n'a pas étudié les conséquences de cette surexposition sur la santé, mais recommande quand même au Rivrin d'y aller molo sur les œufs du coin, de se déchausser à la maison ou de s'activer sur la serpière. Infito merci Tibonolt. Vous revoilà tous les deux.

Oui, non mais ça c'est c'est chic hein. Ah très absolument. Euh Marie Bonisso, Xavier Baudu, pour vos chroniques.

Alors cher Xavier, le Muséum national d'histoire naturelle à Paris a a a dit qu'il avait été cambriolé dans la nuit de lundi à mardi. 6 kg de pépite d'or dont certaines se retrouvent peut-être sur cette cravate. Allez savoir, on va mener l'enquête, ont été dérobé au muséum d'une valeur de 600000 € à peu près.

Vous allez nous raconter une histoire minérale. Exactement. par un royal du 6 janvier 1626, Elisabeth Lero Louis XI sur les conseils du cardinal de Richelieu décide de la création d'un jardin des plantes médicinales dans sa bonne ville de Paris et ce jardin doit accueillir le droguier du roi.

Alors le droguier c'est le lieu où l'on stockque les drogues, comprenez les médicaments. Et c'est dans ce droguer qu'on va trouver la collection de minéraux tout simplement parce qu'on leur attribue des vertus curatives. Et d'ailleurs, c'est par hasard le surintendant de ce jardin, c'est le premier médecin du roi, c'est Jean Hroir.

Donc vous voyez, c'est vraiment médical tout ça. Formidable. Il est où ce jardin ?

Alors, on met quelques années à trouver le lieu, mais on trouve un terrain super sympa. On est à l'est de Paris, c'est dans le Faubourg Saint-Victor. Ben, c'est d'ailleurs là où se trouve encore aujourd'hui le Muséum national d'histoire naturelle.

Et dans ce lieu dont vous avez compris, il y a le jardin, il y a les collections qui ne cessent de s'enrichir au gré des acquisitions. Les rois sont collectionneurs et aussi de tout ce que ramènent les Européens partis explorer le monde des Tat caillas, trésor de géologie bien sûr. Et puis vous avez toutes les bizareries minérales, des pierres fines également.

C'est au début une sorte de cabinet de curiosité et ça se transforme peu à peu en un cabinet d'histoire naturelle avec une vraie démarche scientifique. Très ambiance 18e siècle. Vous savez l'idée de réunir en un seul lieu tout ce que peut nous offrir la nature, une sorte de fantasme qui ne disparaît pas avec la révolution française.

Bien au contraire parce qu'en 1793, la convention nationale décide de réunir le jardin, le cabinet, tout ça, ça forme le muséum national d'histoire naturelle. Et pour les minéraux, on se dit on va ajouter là-dedans des pierres issues des joyaux de la couronne. Voyez, des saphires, des rubis, tout ça, ça fait joli.

Carrément. Et alors, on peut visiter tout ça ? Oui.

Oui. Oui. D'ailleurs, ça pose un problème parce que les bâtiments ne conviennent pas.

Ils ne conviennent pas pour les savants, ils ne conviennent pas pour accueillir le public et puis ils ne conviennent pas non plus pour la fierté nationale. C'est faut quelque chose d'imposant. C'est pourquoi il est décidé en 1833 de confier à un architecte Rau de Fleurry la création d'une galerie de minéralogie et de géologie.

Et elle est dingue cette galerie, on le sait bien pour toutes celles ceux qui l'ont visité. C'est complètement fou avec toutes ces vitrines, toute cette pierre du gravier au diamants. Que des trésors.

Des trésors pour la science, des trésors aussi pour les voleurs. Ce sont ces pépites d'or dont nous parlons aujourd'hui qui peuvent atteindre 5 kg. Certaines sont entrées au 18e siècle, d'autres plus récemment.

C'est du patrimoine, c'est notre patrimoine mais c'est aussi un filon pour les filou. Maintenant reste plus qu'à les cravater. Voilà.

Et ben maintenant, il est l'heure de conclure et c'est fait. Merci Modui. Alors cher Marie, qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

Des chercheurs chinois ont développé une cassette ADN, pas une cassette avec les C'est ça. Voilà qui pourrait réussir à nous permettre de stocker d'énormes quantités de données et ce sera écologique. Voilà, c'est ça.

C'est génial. C'est donc une cassette ADN à ne pas confondre avec une caissette de Jean-Jacques Goldman que vous dans votre voilà sous sous François Amitan. Voilà.

Non, c'est pas ça là. Cette cassette, elle a été présentée ce mois-ci dans la revue scientifique qui s'appelle Science Advances. Certes, elle a un design très inspiré du passé, mais elle représente peut-être le futur de nos données.

Vous le savez sûrement, on a un gros problème avec nos données. Mondialement, on en produit trop, on est à l'air du numérique. Donc une production de données absolument exponentielle et on sait pas du tout quoi en faire. on sait pas du tout où les stocker.

On a des fameux data centers qui sont une catastrophe écologique qui consomment des quantités d'eau et d'électricité phénoménale. Or, depuis une bonne décennie maintenant en Chine, aux États-Unis, en France aussi, tapis dans le secret des laboratoires et des start-ups, il y a des scientifiques qui travaillent sur un nouveau support pour stocker ces données. Ce serait l'ADN, l'ADN de synthèse qui a plein de qualité.

D'abord, c'est stable l'ADN si vous le laissez au sec, ça peut se conserver, ça bouge pas pendant des siècles et des siècles. Sans électricité, il y a besoin de rien. Donc c'est ce que ce qu'on appelle voilà, c'est de la frugalité énergétique et ça c'est le nerf de la guerre et puis surtout l'ADN c'est absolument minuscule et ça peut contenir énormément.

Donc c'est dense. Nos chercheurs chinois ont calculé que potentiellement les brins d'ADN qu'ils ont réussi à répartir sur la bande de leur cassette, donc c'est une bande avec de de 100 m de long quand même. Attention, c'est un mot que j'adore.

Ça pourrait contenir 36 péta. Voilà, c'est pétail, je le redis. 7 milliards de chansons à peu près.

C'est absolument énorme. Voyez maintenant le potentiel. Et donc je vous donne les problèmes désormais parce qu'évidemment sinon ce serait trop simple.

ça coûte encore extrêmement cher de synthétiser l'ADN, c'est-à-dire de transformer les bits numériques en code génétique et puis c'est extrêmement lent. C'est pour ça que pour l'instant on parle de stocker dans cet ADN des données froides. C'est des données euh qu'on a pas besoin d'aller consulter, tripoter tous les jours.

L'acte d'une notaire par exemple, vous mettez dans le coin ou les archives de 28 minutes saison 1. Quoi que j'aime bien les regarder de temps en temps. C'est pas froid ça.

Voilà. Donc avec leur cassettes, nos chercheurs chinois, ils promettent eux plus de fluidité, de maniabilité, de rapidité dans la manipulation justement de ces données. D'ailleurs, il présente avec leur cassette un lecteur de cassette ADN qui est associé, même si je dois le dire, on en a quand même encore pour de longues années.

On est loin de l'usage de masse commerciale. On peut encore notre WMAN en attendant. Ah de François Militteran.

Oui. Militran 1 1. Merci à tous.

Rendez la cravate et les pépites. Demain le club avec Renault Dit. On se retrouve lundi à 20h05 avec la petite boutique des horreurs.

Tchus ! [Musique]

Antibiorésistance / L’école, incarnation d’une société à deux vitesses ? | 28 minutes | ARTE — Christian Jacob · Pourquijevote