«Si on arrêtait d'enseigner un milliard de conneries aux gamins...»: un soir avec Natacha Polony
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 64 %Attaque 23 %Défensif 12 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Quels sont les cinq éléments essentiels où la France ne devrait pas dépendre du reste du monde ?
- 0:45OuverteRéponse directe
La mondialisation est-elle un échec selon vous ?
- 1:45OuverteRéponse directe
Pourquoi le protectionnisme est-il devenu un gros mot ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Comment expliquez-vous le dumping intraeuropéen ?
- 4:30OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui s'est passé à Marianne ?
- 5:30OuverteRéponse directe
Vous êtes une influenceuse souverainiste ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00Natacha PolonyFait
« On veut partir de la réflexion, on veut s'appuyer sur l'idée que pour redresser l'économie française, il faut produire sur le sol français. »
- 7:00Natacha PolonyFait
« La France est cernée par la coalition de toutes les monarchies européennes qui veulent abattre la révolution. »
- 10:00Natacha PolonyFait
« Moi, j'étais spécialisé là-dedans mais c'était ahurissant. C'est-à-dire que j'ai commencé, j'avais été prof avant, donc j'avais été, j'avais enseigné, je j'avais vu à peu près euh voilà, j'ai écrit ce que j'avais vu, ce que voyaient d'autres profs et bien des confrères m'ont expliqué que c'était illégitime et que je ne m'adressais pas à des sources officielles. »
- 15:00Natacha PolonyFait
« Si on peut les éviter, je trouve ça quand même nettement mieux. »
- 10:00Natacha PolonyChiffre
« on est le pays le plus désindustrialisé d'Europe. Il y a juste la Grèce qui est en dessous de nous »
- 30:00Natacha PolonyFait
« le lait maternel, il est sucré. Il y a du lactose, il y a donc c'est sucré »
- 40:00Natacha PolonyPromesse
« la France peut réussir toute seule »
- 1:00Fait
« L'Europe sert à quelque chose si elle nous garantit de ne pas dépendre du reste du monde sur des éléments fondamentaux : l'énergie, l'armée, la monnaie, l'alimentation, le numérique. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Qu'est-ce que l'audace ? Natacha Polonie. L'audace c'est une un courage qui n'est pas de la témérité.
C'est l'art de prendre un risque qui est porté par à la fois la raison et la créativité. C'est pour ça que je trouvais ça beau de donner ce titre là à une revue. Oui, on va en parler.
Bonsoir. Merci de passer la soirée avec nous. On est dans la halle Saint-Pierre.
L'audace sait cette question si elle compose cette rumeur comme quoi un type aurait répondu l'audace c'est ça au bas qui aurait quitté la salle comme ça vous pensez que c'est vrai non ça ça ça s'appelle une légende urbaine mais comme disent les italiens sinon never est bell Ouais euh l'audace alors oui on est dans un lieu artistique. Est-ce que l'aud c'est un peu quand on est au pied du mur et qu'on a plus rien à perdre ? Ça peut être ça puisque vous savez c'est la phrase de d'Anton, c'est celle qui l'a prononcé le 2 septembre 1792.
Alors il faut bien comprendre. La France est cernée par la coalition de toutes les monarchies européennes qui veulent abattre la révolution. H et là dans tout le monde dit de l'audace encore de l'audace toujours de l'audace et la France est sauvée.
Tout le monde oublie toujours la fin de la phrase et c'est ça qui est beau. Et 18 jours plus tard, 20 septembre 1792, c'est la bataille de Valmi qui est en fait le premier moment de de la conscription, de la levée en masse puisque ce sont les citoyens qui viennent spontanément et qui prennent les arbres les armes pour aller vaincre toutes ces monarchies coalisées. Donc symboliquement, c'est absolument splendide.
Pourquoi on parle de l'audace ? Parce que vous donc créé une revue ou qui s'appelle l'audace. Le nom là vous l'avez cherché longtemps ou il a été évident ?
Alors euh c'était quoi les les autres options ? Il y a toujours d'autres options. Oui, il y a d'autres options.
Je vous les donnerai pas parce que ça peut servir à d'autres personnes qui auraient peut-être envie de faire d'autres journaux. Il y en a des très beaux des noms de journaux mais c'est vrai que c'est venu assez vite et après on en a cherché d'autres en se disant peut-être que c'est pas le bon en et on revenait toujours là. Ouais parce qu'en fait il y a quelque chose de très beau de il y a un élan c'est c'est dynamique.
Alors vous avez mis un point d'exclamation. Oui, justement pour marquer cette cet élan, ce volontarisme parce que l'idée c'est vraiment d'aller réunir des gens bah qui croit en la France, qui n'ont pas envie de se résigner. Vous voyez, on avait envie de de trouver un une phrase qui résume la revue et à un moment, on se disait, on va on va mettre l'audace.
Ce résigner n'est pas français. Ouais. Ouais, c'est pas mal.
Mais avec aussi une dimension qu'on voulait constructive. C'est pour ça qu'en fait il y a on a aussi conçu un triptique qui résume un peu ce qu'on veut faire, c'est penser, produire, construire. Parce qu'en fait, on veut partir de la réflexion, on veut s'appuyer sur l'idée que pour redresser l'économie française, il faut produire sur le sol français.
H h et on veut être constructif, c'est-à-dire vraiment se projeter dans l'avenir. On les cherche un peu les audacieux, non ? Ah oui, moi par exemple, je me trouve pas particulièrement audacieux.
Non mais ce je moi je prétends pas être audacieuse. Oui, je dis mais pour c'est une qualité que j'aimerais avoir mais je me dis pas tiens je suis un type audacieux. Mais non mais mais enfin pardon mais celui celui qui se dit je suis audacieux ça veut dire qu'il a un boulard absolument extraordinaire.
Non non personne ne se dit oui il y a il y a des qualités qu'on peut s'attribuer sans être forcément prétentieux. L'audace, c'est une qualité que les autres doivent vous donner, qu'ils doivent vous reconnaître. Et c'est si vous avez prouvé justement que vous aviez su prendre des risques, être là où les autres n'ont pas osé aller mais les entraîner parce qu'il y a quelque chose de collectif.
Il y a une forme aussi de C'est pour ça que je vous posais la question, est-ce que c'est quand on est au pied du mur ? Est-ce qu'il y a une forme de folie dans l'audace ? J'ai plus rien à perdre, j'ai plus qu'à être audacieux.
C'est possible. J'ai moi pour ma part, j'aime pas attendre qu'on soit au pied du mur. Alors on y est pas si en fait.
Non mais vous avez raison. Bien sûr que bien sûr que si on est dans un enfin je veux dire la France est dans un état l'Europe est la zone de du monde qui a la plus faible croissance. En France on est totalement désindustrialisé.
Évidemment que la situation est quand même catastrophique, mais justement j'ai pas envie d'attendre en revanche euh les catastrophes violentes parce que les situations comme ça peuvent déboucher sur la violence. Et moi, je ne veux pas, je veux j'ai trois enfants, je n'ai pas envie qu'ils subissent à la fois euh des choses tragique, des choses brutales. Vous savez, je j'ai conscience du tragique de l'histoire, mais je déteste les gens qui se gargarisent de ce tragique de l'histoire parce qu'au fond, ça les fait jubiler.
Quand il y a du sang, prennent évidemment qu'il y a une forme de il y a il y a il y a une forme assez malsine de jouissance. Moi je je n'ai aucune jouissance à voir les tragédies de l'histoire. Aucune.
Si on peut les éviter, je trouve ça quand même nettement mieux. Oui, c'est vrai. On peut entrer dans cette exposition magnifique d' qui est sur le textile et c'est une bonne transition pour notre prochaine étape.
On en parle pas tout de suite, on fait un tour et puis après onera ce qu'on voit. Je me disais il y a 2 ans et demi en arrière, il se passe jamais rien en politique. On nous annonce des dissolutions, on nous annonce et en fait à la fin toujours la même chose.
Et je me dis voilà et je me dis j'aimerais quand même bien voir ça. Et et 2 ans après, je me dis "Oh, finalement on était bien quand tout allait bien et que c'était tranquille." Oui, enfin on était pas tranquille parce queen fait ça fait quand même 30 ans qu'on descend marche après marche.
Enfin pardon mais bon la stabilité politique ça permit de masquer. Donc finalement c'est pas si mal cette crise. Alors ça nous permet d'ouvrir les yeux ça pour ceux qui en effet étaient pas capable de d'ouvrir les yeux.
Oui, tant qu'à faire, il vaut mieux. Mais cette crise s'ajoute en fait aux crises sociales, démocratique qui était là. Je enfin pardon mais les gilets jaunes c'était quand même une alerte assez importante pour pas dire qu'il se passait rien.
Donc évidemment que tout ça s'accumule mais c'est vrai que venir ajouter une crise purement politique, une crise de des institutions dans ce contexte là c'était peut-être pas la meilleure idée. Vous avez vu que c'est magnifique c'est très bon couleur. C'est alors ici c'est le temple de l'art brut.
Oui ouais oui oui mais il y a il y a un côté presque graffiti de de Baskia il y a des choses c'est assez c'est très intéressant l'usage de de ce tissu d'autant que je me suis souvent fait la remarque que c'était très à la mode la tapisserie dans les années 50 60 et ça avait totalement disparu là ces derniers temps alors que dans les années 50 60 tous les artistes peintre dessinateurs à un moment donné fais la tapisserie et puis la tapisserie on envoyait chez les gens dans le quotidien et puis c'est devenu complètement ringar Oui oui, c'est c'est bien dommage parce que le revoir. Petite touche. Alors après, il peut y avoir des des tapisseries qui sont des imitations de modèle fait à au buisson ou ailleurs ça et c'est très beau.
Et puis vous avez des tapisseries contemporaines et là vous avez des choses merveilleuses. Bon alors il faut qu'on va en parler tout à l'heure mais vous avez une passion pour la le vêtement et la couture ? Oui.
Alors d'abord j'ai une passion pour les les belles matières. C'est pour ça j'adore les tissus. J'adore les couleurs, j'adore j'adore toucher les choses.
J'adore sentir l'odeur de du cuir, de la laine. Voilà, c'est une odeur laine. Ah bien sûr que ça a une odeur laine.
Bien sûr parce que le cuir, je là, je l'ai bien en tête mais laine aussi. Ouai. Oui.
Et puis ça ça a une odeur qui est assez euh assez enveloppante, un peu un peu de de mousse de Vous voyez c'est puis quand on touche s'il peut y avoir certain regardez ça ça c'est une laine extraordinaire parce que elle a une lourdeur. Vous vous n'imaginez pas. Il y a une il y a une densité.
C'est c'est ça en fait c'est une laine récupérée de stock d'ormand de maison de couture parce que de nos jours il y a plein de petites de en gros de petites boîtes qui se sont montées qui récupèrent ces stocks plus parce que ça ça dort ça ça n'est pas utilisé c'est du gâi. Il est de vous ce ment Oui oui oui non oui. Si si si.
Regardez donc ça c'est un tissu japonais. Voilà. Et là et puis je lui ai mis une petite une petite broderie avec un verre enfin deux verres de mal armé.
Attendez dans l'ond de toi devenu ta jubilation nuit. C'est la fin d'un poème de malarmé et je trouve ces ces deux verres absolument magnifiques. Et alors mais je vois le détail même votre colle et Ah oui oui c'est ça.
Et combien de temps pour faire une pièce comme ça ? Euh alors ça c'est assez difficile justement à cause de l'épaisseur de la laine et donc pour bien réussir le col. Donc on va dire que là il faut si si je m'y mettait à temps plein, il faudrait 3 jours.
Ah oui oui oui voilà. Oui 3 jours. Mais vous avez pas le temps.
Bah non j'ai pas non je c'est d'autres choses parce que il y a le On va descendre on va descendre à l'étage inférieur de la halle qui est magnifique hein. Ouais ouais bien sûr. Vous étiez déjà venu ?
Mais alors, j'ai habité euh ici quand j'étais étudiante. J'avais une petite chambre, d'abord rue des abais puis ensuite rue de Clincours. Donc je connais très bien ce quartier et surtout j'y viens parce que il y a le marché Saint-Pierre autour.
Il y a les il y a les tissus Rennes, il y a les il y a toutes les maisons où on trouve des boutons de la mercerie, des tissus. C'était c'est moi je peux passer des heures. Je suis à Disneyland là.
Ah oui, mon Marte c'est Disney. Ah mais c'est fabuleux. Vous avez tout là, enfin je vous parle pas de mon martre, moi je vous parle de toutes les boutiques de tissu de couture.
C'est formidable. Comment ça s'appelle ? Une très connue D quelque chose.
Drfus Drefus. Il y a Dréfus bien sûr. Vous êtes, je vous ai écouté sur le lancement de l'audace.
Vous voulez donner la parole à ceux qui aiment la France. Mais comment on déterminent ceux qui l'aiment ou non ? Ah bah écoutez euh il y a quand même énormément de gens dans les milieux médiatico-politiques, dans les élites économiques qui depuis 30 ou 40 ans euh vous expliquaient que en fait la nation c'est ringar que il faut euh penser euh international que supranational et cetera et que en fait les les intérêts de notre pays ça franchement on s'en on s'en fiche complètement.
C'estàd que ce ça n'est plus leur vision. Aujourd'ui aujourd'hui n'importe quelle personnalité politique vous dira qu'il aime la France. Non mais bien entendu mais il y a pas d'amour, il y a que des preuves d'amour.
Je suis je suis absolument navrée, mais tous ceux qui pendant des décennies nous ont expliqué que euh bah c'était pas grave que la France se désindustrialise parce que de toute façon c'est à l'échelle européenne qu'il fallait penser que ce serait tellement mieux et qui s'aperçoivent aujourd'hui bah que l'échelle européenne ça donne du Van Derleyen qui vient se coucher devant devant Donald Trump. Ceux-là, pardon, mais je pense que ils ont pas tout à fait la fibre nationale. C'est-à-dire que ils n'ont pas conscience que quand on est représentant politique, on est censé représenter les citoyens.
La démocratie c'est le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple. Donc premièrement, venir expliquer que le rappelle Jean-Luc Mélenchon par exemple dit sans arrêt, il faut revenir au peuple. La démocratie c'est le peuple sera d'accord avec vous sur cette phrase d'ord.
Oui. Bon alors vous savez, moi ça me dérange pas que on soit d'accord avec moi sur sur certaines phrases. Après, comment on le décline, qu'est-ce qu'on en fait, ça c'est c'est autre chose parce que ce réclamer du peuple quand on le fracture systématiquement, quand on joue les uns contre les autres, ça en revanche ça me va pas, vous voyez.
Donc c'est en ça que je vais avoir un petit désaccord avec Jean-Luc Mélenchon qui pratique le communautarisme à échelle industrielle. Donc pour des raisons clientélistes bien sûr. Après euh encore une fois le nous avons une spécialité en France qui est de considérer que ça fait plus chic d'être au-dessus de l'idée de nation.
Moi je peux vous dire vous êtes plus jeune que moi, mais moi quand j'ai commencé jeune journaliste et avant ça, j'ai été engagé dans la campagne de Jean-Pierre Chevenement. Mais il faut se souvenir quand même que un quelqu'un comme Jean-Pierre Chevenement qui est quand même une historique, vous voyez la gauche républicaine, le le Congrès des Pinetis, le CS et cetera quand à la une du monde avec la bénédiction de de Jean-Marie Colombie qui dirigeait Edou Penel qui était directeur de la rédaction écrit que Jean-Pierre enfin parle de Jean-Pierre Chevenement comme d'un national républicain hein. Bon parce que justement il était patriote et qu'il expliquait que qui il était le seul d'ailleurs à l'époque à parler de la désindustrialisation.
Tout le monde s'en ficher complètement. Bon bah vous voyez bien qu'il y a pas exactement la même conception de ce que sont les intérêts des citoyens français. Donc vous avez vous me dites OK des gens qui aiment la France qui vont écrire dans le Mais oui mais vous avez vos idées.
Est-ce que vous allez ouvrir le spectre ? Mais justement c'est c'est là où ça va alors justement c'est là où dit oui mais Natacha je la connais je connais à peu près ses idées. OK je vois le journal qu'elle peut vouloir faire mais est-ce qu'elle va l'ouvrir un peu ?
Je vais vous dire le but d'abord c'est là où vous c'est là où vous avez raison. Oui c'est une revue c'est pas pareil mais c'est là où vous avez raison de dire que il y a beaucoup de gens qui aiment la France et je le crois. Il y a des gens qui pensent très différent de très différemment de moi et qui aiment tout autant la France que moi.
Je c'est pour ça que ce que je veux c'est des gens qui croient qu'on peut redresser ce pays, qui n'ont pas envie de se résigner à le voir s'effondrer et décliner. Et après après on va débattre. C'est-à-dire que il y a ceux qui pensent que euh il faut décentraliser une France fédérale.
Il y a ceux qui pensent au contraire que l'État euh est trop faible et qu'il faut le renforcer à nouveau. Euh vous savez là, je il y aura un texte par exemple là que j'ai relu aujourd'hui même qui plaide pour une France fédérale dans une Europe fédérale. Vous voyez que c'est pas exactement ma conception des choses.
Qui écrit ça ? Je je vous pouvez pas me le dire encore. Vous allez vous allez me donner au moins le nom d'une personnalité qui va écrire dans le premier niveau.
Non mais je vais vous donner le nom d'une personnalité mais à la limite c'est j'allais dire c'est presque une évidence. C'est Marcel Gauchet parce que justement il y a je j'espère pouvoir continuer ce que lui a fait avec Pierre Nora dans le débat et quand ils ont arrêté il y a 2 ou 3 ans la revue, ils ont dit que c'est parce que euh hélas il pensaiit qu'il était devenu beaucoup plus difficile de faire débattre des gens qui ne pensaient pas de la même manière. Donc je veux reprendre ce flambeau et faire en sorte de faire voilà de faire discuter des gens.
Donc la base c'est de se dire bon on est d'accord sur le fait qu'il faut redresser la France que on n'est pas condamné à voir le pays petit à petit se recroqueviller devenir une puissance moyenne. Donc on croit que la France peut être audible dans le concert des nations. Donc à partir de là comment on fait ?
Et là bah tout le monde donne son avis. On débat idée contre idée. C'est ça le principe.
Et après évidemment il y aura pas que des questions de d'économie de de géopolitique et de souveraineté. Il y aura aussi des questions sur les nouvelles technologies, sur des questions beaucoup plus culturelles. Voilà, c'est ça va être extrêmement vaste.
On parlera de la tapisserie de Bailleux ou pas ? Et qui n'est pas une tapisserie paraît-il, c'est une broderie. Ah oui et oui oui oui tout à fait.
C'est et c'est absolument impressionnant. Ouais, je j'ai jamais allé la voir. Ah, c'est magnifique.
Ouais, il faut y aller. Va partir faire un petit tour. Il y a celle-là et puis il y a aussi celle de qui est au euh au château de d'Anger, la tapisserie de l'apocalypse qui est une splendeur absolue d'ord.
Donc, c'est celle-là qu'il faudra aller voir pendant sur les deux prochaines années si on veut pas aller à Londres. Exactement. À quand vous datez la fin de la discussion ou du débat en France ?
Est-ce que c'est possible de le dater ou c'est progressif ? Je pense que c'est progressif et que on a vu petit à petit les choses s'abîmer. Alors cela dit encore une fois moi je quand quand j'étais jeune quand j'ai commencé comme jeune journaliste à Marianne à partir de 2002, je me souviens qu'il y avait une chappe de plomb sur certains sujets qui étaient absolument épouvantable.
Regardez les sujets d'éducation. Moi, j'étais spécialisé là-dedans mais c'était ahurissant. C'est-à-dire que j'ai commencé, j'avais été prof avant, donc j'avais été, j'avais enseigné, je j'avais vu à peu près euh voilà, j'ai écrit ce que j'avais vu, ce que voyaient d'autres profs et bien des confrères m'ont expliqué que c'était illégitime et que je ne m'adressais pas à des sources officielles, c'est-à-dire les syndicats et le ministère.
Je faisais parler des profs qui s'étaient Oui. Mais est-ce que ça c'est tout à fait la fin de la discussion ? Je suis pas tout à fait d'accord avec ça.
Non non, attendez. Ça c'était la chappe de plomb. Vous voyez, il y avait une une forme de d'omerta dans les médias sur certains sujets.
Oui. Oui. Mais ça on vous dirait que ça a toujours existé, sous l'ORTF, il y avait une forme de censure que bon, vous voyez oui, elle bouge la censure mais là il y a sous l'ORTF, c'était une censure officielle.
Le problème c'est de se retrouver dans une société où on prétend qu'il y a une grande ouverture, c'est la tolérance et cetera et qu'en fait sur certains sujets c'est totalement verrouillé. Ça ne l''est plus. Vous voyez que sur les questions d'éducation, sur les questions d'immigration, de sécurité évidemment.
Mais d'ailleurs la radicalité que nous voyons aujourd'hui dans tous les bords, elle vient du des tensions qui sont nées du fait qu'il y avait des choses qu'on ne pouvait pas dire à un moment et du coup ça a provoqué une réaction d'excès total. Et si vous ajoutez à ça les réseaux sociaux, les chaînes d'infos qui ont dicté leur fonctionnement aux autres médias, ben vous avez des en fait des des discussions qui n'en sont pas, c'est-à-dire des invectives, des rac euh c'est un fil que vous pourriez prendre ça ? Non, vous prenez le tissu si parce que vous avez besoin quand même de fil évidemment.
Évidemment, c'est de la bobine de fil. Oui. Oui, tout à fait.
Regardez ça. Ouais. Allez, on file et on va notre prochaine étape.
Vous allez vraiment avec des très belles machines à coudre. C'est drôle. Oui.
Oui. On dirait Oui, c'est un corps. Oui.
Oui. Oui. Ce sont des On dirait un corps.
Mais en fait, ce sont les machines à coudre, les vieilles singères. Voyez, il y avait la [ __ ] ici qui ent qui entraînait le mécanisme. Et on en trouve encore.
Mais bien sûr qu'on en trouve encore. J'en ai une comme ça. Elle est chez moi.
Elle est un peu elle est moins belle que celle-là. Mais il faut avoir les cuisses. Oui oui oui oui ou oui il fallait être il fallait être habile bien sûr en avance voyez mais alors moi j'ai jamais cousu là-dessus mais j'ai commencé sur la la machine à coudre de ma grand-mère m dites pas trop vous allez tout m'expliquer tout à l'heure.
Oui. Ah oui la machine à coudre Oui. J'imagine que c'est souvent les grands-mères qui apprennent à coudre.
Oui. Oui. Bah voilà.
J'ai et j'ai encore quand j'étais petite fille le bruit de la machine à coudre le dimanche après-midi. Vous savez c'est ce sont des c'est malade voilà c'est ça et c'est un les les quand le dimanche après-midi s'étire que c'est long qu'on s'ennuie et vous avez le bruit comme ça dans la la lumière tombante parce que c'est l'automne l'hiver et tout il fait nuit puis il y a la lumière au-dessus de la machine à coudre et le et le r c'est c'est une image de film là. Exactement.
Allez on sort on y va. Merci beaucoup de nous avoir accueilli. Merci.
Au revoirir. Bonne soirée. Je pense que c'est bon.
Je vais pas réussir mo j'ai réussi moi le coup d'avant mais Ah voilà comme ça. Allez. Hop, je sors devant vous.
Pardon. Et on y va. Euh allez-y Natacha, vous pouvez monter de ce côté derrière et moi je monte de l'autre côté.
OK. Alors je vous présente Guillaume et je vous présente Julien. Je vous ai pas présenté avec la caméra.
Ah oui oui, c'est On va pas faire semblant, on s'est parlé avant de commencer l'émission. Euh est-ce que je suis pas tout à fait d'accord avec ce que vous venez de me dire sûr sur le la discussion le débat parce que je comprends la chape de plomb mais cette incapac Non non non mais ça c'était c'était le début après mais cette incapacité aujourd'hui à échanger à se dire bon ben je suis d'accord ou je suis pas d'accord mais mais ça je vais vous dire je crois véritablement que d'abord nous avons un problème en France qui est lié et à la mémoire des guerres de religion. Ouais.
Ensuite, je pense que nous avons dans l'époque contemporaine un problème lié à à la fois aux réseaux sociaux et à toutes les toute la mécanique mise en œuvre qui est celle de le du règne de l'émotion. Or, que ce soit le à travers le la publicité, la consommation qui joue sur les émotions ou que ce soit à travers les réseaux sociaux qui sont sont totalement pulsionnels, on a petit à petit détruit la capacité à prendre du recul et à raisonner, à attendre. Vous savez, moi quand j'étais gamine, on me disait il faut tourner sep fois sa langue dans sa bouche avant de parler.
Bon bah c'est le contraire cette fois pouce autour de portable avant de tr c'est voilà c'est le contraire absolu. On est dans l'immédiateté dans le temps long et on sait très bien tous que le l'émotion pure c'est ce qui marche dans ce monde de consommation. Regardez à la télévision le à quel point ce terme d'émotion dans les émissions est employé.
Ça devient dégoulinant, dégoûtant. C'est c'est immone. Alors que c'est une émotion pure, profonde, c'est quelque chose de très beau.
Mais quand c'est uniquement quelque chose de racoleur pour attirer les gens et leur dire bon ben maintenant vous êtes là, restez avec nous parce que vous allez pouvoir consommer. Alors c'est ça. Qu'est-ce que vous allez pouvoir faire vous avec une revue, petite revue qui se lance par rapport à l'énorme machine des réseaux sociaux ?
La place immense compris les alors je je vois bien le résistant qui veut tenir bon mais bon c'est Non, je crois qu'en fait on est très très nombreux. On est très nombreux à vouloir maintenir la possibilité d'un débat démocratique. C'est dire que là ça devient suffoquant.
C'estd que on voit tous à quel point la tension est palpable dans la dans la société. À quel point les gens ont envie de se mais de se battre pour tout et n'importe quoi. Et en même temps, on souffre.
Il y a une souffrance. On n'est pas en train de créer une société heureuse. On est en train de créer une société de frustration, de ressentiment et finalement chacun se sent agressé.
Donc il faut absolument sortir de cette mécanique et on ne sortira de cette mécanique que par la capacité déjà à faire parler les gens entre eux et à reprendre conscience qu'ils ont un destin commun, que nous formons une société. À leur proposer un projet positif, c'est-à-dire leur rappeler pour qu'est-ce que c'est qu'être français, pourquoi nous sommes embarqués dans le même bateau. Ça s'appelle la France, ça a une histoire et ça va quelque part et il faut leur expliquer où est-ce qu'on veut aller ensemble.
Et là, vous mobilisez les énergies et vous sortez les gens de l'affrontement. Parce que je vous ai vu lundi soir à la télé, c'est sur LCI après le discours d'Emmanuel Macron. Oui, vous participez aux chaînes d'info, vous vous retrouvez sur le plateau face à il y avait Julien Odoule, il me semble du Rassemblement national pour uneilienne il me semble de ex et en fait vous avez pas le temps de développer et tout de suite Julien Odou il va sa petite phrase ce que vous dites il s'en fout et d'une certaine manière vous aussi vous avez besoin de dire ce que vous pensez et donc vous l'écoutez pas vraiment et donc Ah si si ouais ah si je l'écoute je peux vous expliquer exactement quelle est sa positionout oui mais mais tout de suite on est dans voilà de la petite phrase, il faut le dire en 3 secondes.
Et donc alors vous aurez remarqué quand même que j'ai passé toute ma vie à être à essayer d'être sur la ligne de crête, c'est-à-dire je suis sur les chaînes d'info. Oui. Parce que ça fait partie de mon travail, de mon métier, mais de même d'ailleurs que j'ai participé à des émissions grand public comme celle de Laurent Ruquier, on n'est pas couché.
On a on aurait pu me reprocher. J'ai des amis qui m'ont dit "Mais c'est du divertissement. tu vas abîmer ton discours et cetera.
Partout où je suis allée, j'ai essayé de maintenir, on va dire, une qualité à la fois de réflexion, d'argumentation, la une tentative pour tirer les gens vers le haut. Et si j'ai un élément qui me rend fier, c'est que des gens me disent "Merci, je suis pas forcément d'accord avec vous, mais quand je vous écoute, j'ai l'impression que vous me tirez vers il y a une exigence." Et ben c'est vous avez Ouais. parce que je vois que ça vous frustre.
Je vous ai vu vous presque vous énerver, pas vous énerver maisid je veux dire je Oui. Ne pas ne pas pouvoir euh développer un discours de plus de trois phrases d'affilé, c'est extrêmement agaçant. Donc je suis obligé d'essayer de concentrer au maximum ma pensée et en même temps de lutter en permanence pour construire une argumentation, ne rien céder à la facilité.
Bon, c'est compliqué. En même temps, il faut bien mettre le pied dans la porte. Oui, je suis désolé.
Vousz pas trop le choix. Oui, vous laissez la place aux autres et aux autres. Ouais.
Oua, c'est pour ça. Moi, j'ai toujours appris qu'il fallait y aller. Je Et puis je vous savez, j'ai commencé avec Jean-François Cann et Jean-François Cann quand j'ai commencé à Marianne me disait, vous savez là, mon premier papier à Marianne, c'était euh 12 ou 14 pages, je sais plus, sur les 10 mesures pour sauver l'école républicaine.
Voilà. OK. Et il y avait à l'époque dans les pages de Marianne des petites brèves humoristiques un peu comme des tweets vous savez et la page les pages s'appelaient tu l'as dit bouffi mais ça existe toujours d'ailleurs.
Alors c'est les brèves existent toujours. Ça s'appelle plus tu l'as dit bouffi. Et Jean-François me dit "Vous savez je sais très bien que bon vous trouvez que c'est pas très chic d'être dans un journal où il y a des pages tu l'as dit bouffi." H mais regardez dans le métro, c'est ça que les gens lisent et parce qu'ils lisent ces trucs-là et que ça les amuse et ben après ils vont aller lire vos 14 pages sur l'éducation.
Donc il faut aller les chercher là où ils sont les gens. Ouais. Et il faut pas les snober.
H mais c'est vrai que moi quand je dis Marianne, je commence toujours par les preuves. Mais oui et puis après je bien sûr. Et c'est pour ça qu'il faut il ne faut jamais juger les gens.
Je suis désolé. Évidemment que les gens rentrent chez eux, ils ont bossé, ils en ont bavé des ronds de chapeau, ils ont passé des heures dans les transports, ils ont envie de se détendre. Bon bah voilà, je vais moi je vais pas leur en vouloir.
Vous savez, j'en ai fait des émissions. J'ai eu l'année de la de la présidentielle, j'étais j'avais une émission sur BFM qui s'appelait Polo News et j'ai l'ambition était de faire vraiment de de la réflexion, du temps long. C'est-à-dire euh là aussi, il y avait la promesse, c'était de pas prendre, vous voyez, des chroniqueurs réguliers, mais de prendre à chaque fois les spécialistes du sujet, d'aller les chercher et de les faire discuter, de les faire débattre.
C'était un boulot de dingue, hein, parce que tous les jours prendre deux sujets d'actualité et trouver les meilleurs spécialistes et être à leur niveau pour pouvoir discuter avec eux et débattre avec eux, c'était du boulot. Et ben évidemment que le soir à 20h, ils avaient ils n'aient pas forcément j'ai pas fait des des scores mir au vololant. C'était honorable mais c'était pas mir au vololant.
Mais qu'est-ce que vous voulez ? Les Je pense que les les gens qui rentrent du boulot en effet trouvaient que les très très beaux débats qu'on faisait sur la géopolitique ou sur l'économie, c'était sans doute très bien. Mais il y avait un moment où voilà donc peut-être c'était pas le bon horaire, le bon endroit.
Vous avez euh vous avez quand vous parlez, il y a une forme d'engagement presque politique. Pourquoi ? Vous l'avez déjà fait donc je pose à la fois deux questions.
Pourquoi vous n'y allez pas directement, plus directement politiquement ? Et pourquoi vous vous avez essayé, vous n'y êtes pas resté ? Alors, d'abord, je vais vous dire, je pense que dans la vie, il faut aller là où on est utile et que euh je considère que ce que je fais est un engagement en tant que citoyen.
Vous savez, c'est pas pour rien d'ailleurs que le premier journal où je suis allée, c'était Marianne à l'époque de Jean-François Cann et que Jean-François Cann, lui, s'est engagé à un moment, il a été candidat aux européennes pour François Baou. Voilà, parce que le l'idée c'était de d'être utile, de servir son pays et de participer au débat démocratique. Oui, ça vous le faites mais mais pourquoi pas être dans l'action dans l'action ou dans la confrontation plus il y a des moments dans la vie, il y a des possibilités.
Ben, je vais pas vous dire, vous savez, il faut jamais dire Fontaine, je ne boirai pas de ton donc j'ai été je l'ai fait. Je ferais pas comme du Promoretti, jamais je serai ministre. Mais c'est complètement idiot.
Voilà. D'abord, je je déteste les gens qui sont catégoriques qui Non, moi je je la vie m'a appris que il fallait vraiment éviter d'être pant mais pourquoi j'y suis je suis parti. Ouis.
Voilà, ça ça m'intéresse parce que vous avez vous êtes présenté législative. Oui, j'ai été candidate pour Jean-Pierre Chevenement donc en 2002. Quel âge ?
J'avais 27 ans en 2002. Donc en fait j'ai je me suis engagé dans son parti. Je suis allée chercher ma carte au fin fond du 20e arrondissement en 2000 parce que je venais de démissionner de l'éducation nationale que j'en étais malade parce que je j'aurais voulu continuer mais je j'avais passé sciences et l'agrégation en même temps.
Je je voulais continuer Science Po et l'éducation nationale été traumatisée à l'idée qu'on fasse deux choses parce qu'ils av vous savez ils partent du principe que si vous êtes libre en fait à un moment vous allez partir et donc il faut vous mettre l'accord au coup au lieu de se dire qu'il faut des gens qui justement viennent par choix et fait d'autres choses premièrement et deuxièmement il venait d'y avoir toutes les réformes de Claude Allègre qui avaient été mises en place par Jack Lang et qui tuait l'enseignement de la littérature au lycée. Bref, je démissionne et je me dis mais c'est pas possible, je vous savez, j'étais jeune, j'étais pleine d'Allemand, je me dis faudrait faudrait devenir ministre de l'éducation nationale pour pour sauver le truc. Ouais.
Donc je regarde les programmes de tous les partis politiques et là je vois le programme de Jean-Pierre Chénon. Et vous aviez pas fondamentalement une conviction profonde à ce moment-là ? Euh tout de suite politique en disant "Séchevement, je le sais depuis 10 ans." Ah non pas du tout, pas du tout.
Moi, j'avais des convictions sur ce qui était bon pour la Français. Oua ouais. Vous voyez, ma première émotion politique vraiment euh c'est euh j'avais 17 ans donc en 92 Mastrift et je vois le débat entre Mitteran et Philippe Séin.
H et là je j'entendais Ségain expliquer que on était en train de refermer le cycle ouvert en 1789 sur le le peuple l'ouverture 1789. C'est ce le moment où la France invente cette oxyor absolument génial. le peuple souverain.
Hm. C'est-à-dire l'idée que une communauté humaine peut décider de son destin collectivement sans référence à une transcendance. Et c'est ça vient de là la laïcité.
La laïcité c'est un principe politique, c'est pas un principe juridique. C'est l'idée que des êtres humains n'ont pas besoin d'une transcendance pour se fixer leur loi. Donc je vois ces gains et je me dis mais formidable, il a raison.
Vous voyez ? J'ai toujours oscillé en fait quand j'étais jeune entre mon amour pour le la poésie, l'art et cetera et puis le besoin d'être utile. Ouais.
Et donc quand je suis allée enseigner, il y avait j'avais cette idée. Vous voyez là aussi quand je suis allée enseigner, j'ai demandé à aller dans le 93. Je voulais voir ce que c'était parce que je croyais profondément au modèle des Hussar noir de la République et quand je suis arrivée à Épinet sur scène devant ces ces jeunes qui étaient en seconde évidemment qu'ils étaient mais vraiment de de tout de toutes les origines sauf quasiment de vraiment de d'origine française lointaine où il y en avait j'en j'en avais deux dans la classe et Je leur ai expliqué le premier truc que je leur ai dit, c'est on va faire de la littérature parce que c'est votre héritage.
Je vous dis pas que j'ai réussi hein, je mais j'ai essayé, je je leur ai dit c'est à vous, ça vous appartient. Donc moi ce que je vais vous transmettre c'est c'est ce qui va faire de vous des Français parce que vous êtes français, c'est donc voilà Ronsard, Victor Hugo, c'est c'est ça vous ça vous appartient. Est-ce que pour faire de la politique, peut-être pour ça que vous l'avez quitté ce milieulà, il faut être très sûr de soi et refuser de changer d'avis, avoir des convictions tellement profondes, tellement ancré des certitudes peut-être.
C'est la différence entre les convictions et les certitudes déjà. Oui. Voilà.
Et moi je crois à la phrase de Nietzsche, c'est pas le doute, c'est la certitude qui rend fou. Mais c'est surtout, je pense que euh il faut beaucoup de capacité de compromission. Vous voyez, c'est pas seulement du compromis, c'est de la compromission.
Compromission. Il faut une ambition dévorante, hélas. Euh et il faut Oui, mais ça on peut l'avoir dans plein de métiers.
Moi je crois je crois en je crois en l'ambition intellectuelle, l'envie de se dépasser. En revanche euh je n'ai jamais moi je n'ai jamais raisonné en terme de carrière. C'est je sais pas, j'ai jamais su où je serais dans 5 ans après.
Voilà, jamais. Je me pose pas ces questions-là. Et en fait le le problème de la politique tel que je l'ai vu dans cette campagne présidentielle en 2002, c'est que je voyais des gens qui en fait passaient plus d'énergie à flinguer le l'adversaire à l'intérieur du du parti que d'essayer de mettre en avant leurs idées.
Donc au bout d'un moment ça abîme les vous voyez le l'énergie. Je parce que vous dites moi je suis prête à recevoir dans la revue que je vais je vais monter que qui va arriver des opinions très différente. Nom politique fondamentalement il veut pas ça.
Il peut pas changer d'opinion. Il peut pas C'est impossible. Alors si j'en connais qui change d'opinion beaucoup hein, ça je vous assure.
C'est même c'est même très très fréquent, je vous jure ça c'est pas le problème. Non non le problème c'est en effet que ils ont un petit peu de mal avec la notion de bien commun. Vous voyez l'idée justement d'effacer son ambition personnelle au nom d'une certaine idée de la France quoi.
Du voilà. Et le ce dont nous souffrons aujourd'hui, c'est de politiques qui n'ont pas le sens des responsabilités. Pardon, mais il suffit d'ouvrir le Figaro, hein.
Moi, je j'ouvre le Figaro. L'autre jour, je tombe sur Bruno Lemire qui explique "Attention, la technure européenne est en train de nous mettre en danger. Nous prenons un retard qui va empêcher la réindustrialisation." Enfin, cet homme a été ministre de l'économie pendant 7 ans. 7 ans.
J'ai dit "Mais à quel moment il faites quoi là ? Vous le mangez le journal ? Mais c'est c'est à devenir dingue franchement.
C'est pardon. Mais est-ce que est-ce que vous vous avez beaucoup changé d'avis par exemple ? Est-ce qu'il y a un truc un point vous dites ça je pensais ça il y a 10 ans 15 ans ou 20 ans et aujourd'hui je pense totalement différemment.
Alors, totalement différemment. Non, parce que j'ai des justement des convictions profondes sur ce que ce que je crois juste, ce que je crois bien. Les conditions elles peuvent évoluer.
En revanche, en revanche, j'apprends, j'évolue et surtout voyez, je vais vous dire ma vision de ce que doit être une pensée, c'est la ligne de crête. Qu'est-ce que c'est que la ligne de crête ? Ça veut dire que vous êtes en équilibre et vous devez avancer.
Vous avez des vents de toute parts et donc vous êtes poussé par les vents d'un côté ou de l'autre et il faut en permanence se rééquilibrer et avancer, c'est-à-dire s'adapter aux nouvelles conditions mais en suivant votre ligne. Moi, c'est ça que j'essaie de faire. Donc j'ai évolué sur des choses.
Par exemple, si on prend le sujet qui que je connais le le mieux qui est l'éducation. Ouais. Ah, vous pensez plus la même chose qu'il y a 20 ans.
J'évolue sur certains points, c'est-à-dire que je pense que je aujourd'hui je serai davantage prête à réfléchir à une autonomie des établissements scolaires parce que dans l'état actuel du système, je me dis que sous certaines conditions, ça peut permettre de débloquer les choses. J'aurais pas forcément dit ça il y a 20 ans. Parce que c'est parce que le contexte a changé ou c'est vous qui dites non, je disais une connerie à 20 ans.
Non non, c'est parce que les choses ont évolué, parce que le vous voyez la la situation s'étendue, il y a des choses qui se sont enquistées parce que les gens ont beaucoup de mal à dire je c'est vrai, je disais des conneries quoi. Enfin, je suis plus d'accord avec ce que je dis. Je C'est pas très grave d'ailleurs.
C'est absolument pas grave. Je vous voyez, j'ai j'ai forcément dit des conneries dans ma vie mais comme tout le monde comme tout le monde. C'est simplement que j'essae, vous voyez, d'avoir là encore une fois de de parler sincèrement sur les sujets euh que je connais.
C'estàd que d'abord en général avant de justement de parler, j'essaie de me renseigner Oui. Alors c'est difficile parce que vous êtes certains vous vous appelant les toutologues. Vous répondez à tous les sujets.
Vous êtes challengé sur tous les sujets dans tous les domaines. C'est difficile. Oui.
Ben je bosse. Oui, pardon. Je bosse.
Ah oui. Non mais ça doute. Excusez-moi mais je lis beaucoup, je travaille beaucoup, je me renseigne auprès des spécialistes et vous forgez votre opinion et vos j'évite d'être péremptoire sur les sujets que je maîtrise mal.
Ouais. Donc j'ai je fais en sorte de pas voyez trancher les choses quand quand on quand il y a un sujet qui arrive et que vous connaissez pas. Comment c'est c'est quoi la la mécanique intellectuelle d'abord en ce Mais il y a pas de sujet.
Oui. Enfin voilà. Oui.
Non mais parce que vous vous baignez dedans depuis des années. Vous êtes journaliste depuis des années, donc forcément c'est imprégné. Mais j'ai fait 5 ans de revue de presse, c'est-à-dire 5 ans durant lesquels je lisais et encore 6 ans parce queil y a eu 5 ans à Europ et et une année à LCI où je lisais tous les journaux tous les jours.
Ouis. Mais quand je dis tous, tous quoi, c'est-à-dire tous les quotidiens plus les les quotidiens économiques, les choses comme ça, les quotidiens régionaux, les mensuels, les hebdos, je les revues scientifiques, les trucs comme ça, tout. Ouais.
Bah au bout d'un moment, on accumule pas mal de choses. Ouais. Puis j'ai un certain âge aussi.
Ouais. C'est évidemment que quand j'étais plus jeune, il y avait des tas de sujets auxquels je ne connaissais strictement rien. Mais vraiment ou il a des sujets qui bon peut-être justement si vous avez lu vous pouvez les anticiper.
Par exemple, l'intelligence artificielle ça a débarqué dans la vie des Français il y a 2 ans à peu près. Voilà. Ben je lis tout ce que je trouve dessus.
Mais là on vous dit tiens l'intelligence artificielle faut aller sur tel plateau pour en parler. Peut-être que ça peut être un peu alors sur un sujet comme celui-là justement, typiquement, je vais être extrêmement prudente. Je vais éviter d'avoir des idées préconçues et de vous dire faut faire si ou faut faire ça.
Je commence à avoir quelques notions, vous voyez, à force de lire justement des spécialistes, mais c'est le genre de sujet où je trouve qu'il faut être quand même très très humble. On sort fait une petite une petite manipe ou sinon tu arrives à nous ouvrir maintenant. Est-ce qu'on va dans notre deuxième lieu ?
Là, je je vois là, on est dans des dans un terrain connu. Ouais. Favorable pour vous.
Ah ouais ou ouais. V travaux les coupons de Saint-Pierre. Mais oui, mais je connais couture.
Je connais parce que c'est on on trouve très souvent des tissus très intéressants chez eux. C'est vrai ? Ben oui, bien sûr.
Bonjour. Bonsoir. Bonsoir Bonsoirons Françise.
Bonsoir. Enchanté Natcha. Bah merci.
Bonsoir. Merci de nous accueillir. Tibo enchanté.
Bonsoir. Merci beaucoup. C'est un plaisir d'être chez vous.
Est-ce que vous connaissez la alors ? Je connais les coupons de Saint-Pierre. Je mais je n'étais jamais venue dans cette boutique modé travaux.
D'accord. Voilà. Donc c'est une mercerie un peu emblématique.
Bah oui oui oui je sais je sais bien. Vous avez des très belles choses. C'est sur trois niveaux.
On a tout ce qui est mercerie, broderie, couture, crochet enfin tout pour le Et alors vous donnez des cours aussi. On donne des cours. Absolument.
Ouais. On donne des cours de couture de tricot de broderie et de crochets. C'est génial.
Donc on n'est pas une école, on n'est pas une école plemente he on est un atelier de de de loisirs euh voilà dans un cadre chaleureux convivial et puis euh oui et puis ça permet de créer mais bien sûr c'est il y a rien de plus génial que de créer quelque chose de ses mains. Moi, je trouve que c'est dès que je croise un ministre de l'éducation nationale, je lui dis vous devriez mettre des cours de bricolage, de couture à l'école parce que pour apprendre aux enfants d'abord parce que je vous disais tout à l'heure, on est devenu un pays de consommateur. Bah redevenir un pays de producteur, ça passe par le fait de justement d'être fier d'avoir agi sur la matière et de s'être confronté au truc parce qu'on est d'accord que c'est extrêmement dur.
C'est moi il me j'ai des mais voilà j'ai des moments où je suis obligée de redécoudre mais il y a il y a une veste je pense mais 10 fois quoi 10 fois et on recommence parce que on s'est planté parce que c'est ça vous apprend la patience la patience l'humilité et surtout quand on enfin quand on parle de l'intelligence de la main faut avoir expérimenté pour comprendre justement les compétences qu'il faut pour coudre un vêtement Exactement. Exement, exactement c'est la satisfaction de d'avoir fait quelque chose par quoi ? Exactement.
Vous nous avez mis une petite machine à dispo ? On nous a tout mis là il y a un atelier en haut et ici voyez il y a même un petit cours de broderie parce qu'il y avait peu de place pour Isabelle là pour et on a un atelier en bas. Ah ben génial.
On va en bas avec grand plaisir. Ah super. Je vous alors parce qu'il faut quand même montrer parce que je découvert votre compte Instagram et oui oui et moi je m'attendais de l'ctu des pas du tout.
Ah ben non non non mais j'ai j'ai de l'ctu sur Twitter, sur Facebook, sur LinkedIn et cetera mais voilà mon compte Instagram c'est autre chose. Ah ouais alors alors on va le montrer. Il est où Jul ?
Il est là. Vous êtes vous êtes vous prenez la pause avec vos Je montre les vêtements, je prends pas mais vous détaillez en dessous et vous expliquez vos difficultés et tout. Mais ça c'est parce que tout simplement si vous connaissez un peu Instagram en fait c'est une communauté et c'est un échange.
C'est-à-dire que toutes les 209 commentaires, les gens réagissent mais toutes les couturières en fait se donnent des trucs. Moi j'ai appris en regardant sur le travail des autres. Ouais.
Alors là par exemple comment affronter les chaleurs estivales ? D'abord un bermuda à partir du patron de pantalon que j'ai réalisé récemment. Taille basse pour le confort, laine noire très fine trouvée chez Blarian.
Oui. Bance au-dessus un gilet Veronica mais en tout de soir. Voilà, on donne les modèles parce que il y a d'autres couturières qui vont se dire "Ah tiens, j'aime bien ce modèle, je vais l'essayer et tout" et qui disent "Oh moi je l'ai fait dans telle matière.
C'est c'est génial." Allez-y, je vous laisse entrer. Bonsoir.
Bonsoir. Bonsoir mesur professeur. Là, c'est le les cours intermédiaires.
Là, on a les cours débutants. D'accord. Bonjour.
Génial. C'est les professeurs qui sont là depuis longtemps. Oui, ça fait 11 ans.
Bah, ça fait 8 ans que tu es là. Voilà. Bonsoir.
Où est-ce qu'on peut se mettre ? Ben là, on a préparé déjà que ça qu'on avait ensemble. Ah bah oui, bien sûr.
Voilà le fin. Très jolie. C'est vrai.
Ouais. Ah fabuleux. On en a fait à une poche for euh fausse poche.
Oui ou oui une fausse poche. Je vois. C'est très chouette.
Ça fait qu'ici on fait des cours de 3h. D'accord. Les gens repartent en fait les gens viennent dans les poches il repartent avec une crois.
Ah c'est génial. Ou ça c'est bien intermédiaire confirmé. Alors il faut vous m'expliquer qu'est-ce que c'est ça ?
Ça et ça et ben ça là vous avez la doublure là vous avez les différentes pièces. Vous voyez si vous regardez la logique là c'est a priori les pièces de poche. C'est pas là là vous avez le dos.
Donc il va falloir si si on décompose un petit peu euh je pense qu'il va falloir Ouais. Alors là, attendez. D'accord.
C'est cousu comme ça. Insérer maintenant comme vous avez fait là. Parfait.
Oui. Oui. Exactement.
On va faire comme ça puis comme ça. Bon, il faut que je m'y mette. C'est ça ?
Attendez, on va préparer la machine. On va on va virer le manteau et on va Attention, il pèse il pèse en la mort. Ah bah c'est une belle laine hein.
Et cette veste aussi elle est de vous. Oui oui oui. Ça c'est le Alors vous voyez là, j'ai même pas eu le temps de coudre les boutons.
Derère que vous avez mis sur Instagram. Ah oui si si. Donc j'ai pas encore cousu boutons, vous voyez.
Donc mais euh mais c'est ça c'est la le ce qu'il y a de particulier, c'est que c'est la première fois que je que je patronne vraiment. C'est je suis partie d'un patron de base, je l'ai entièrement refait. Ouais.
Donc c'est la première fois que c'est une veste vraiment don dont j'ai fait toutes les mesures qui vous a appris à courir alors internet au départ c'estàd que ma grand-mère m'a appris à me servir d'une machine quand j'avais 15 ans. Ouais. Après ça, j'ai cousu un peu quand j'avais 20 ans, j'allais justement au marché Saint-Pierre, j'achetais du tissu pour rideau et je me faisait des des jupes.
Donc c'est pour ça que quand je suis arrivée à Mariane, je me souviens, il y avait une j'avais ma mes jupes comme ça et il y avait une correctrice, une secrétaire de rédaction, pardon, quand elle me voyait arriver, elle gueulait. Non mam Scarlett, pas les rideaux. Oui, parce que c'était un peu fantasque.
Voilà. Bah oui, parce que je savais pas utiliser des patrons, donc je faisais au pif comme ça et puis après j'ai plus eu le temps. Et pendant le covid Ah le covid je Bah ouais, il fallait faire des masques.
Donc j'ai ressorti la vieille machine de ma grand-mère ZDAP 1950. Ah donc c'est les masques du du Covid. D'accord.
Voà exactement. Et là, je me suis dit mais mais en fait, j'adore coudre. Et donc, je me suis remise et maintenant grâce à Internet, il y a des il y a des on peut apprendre en fait directement en autodidacte.
Il y a des tutos qui sont géniaux. Bon, alors qu'est-ce qu'il faut faire là quand on alors j'ess j'essaie de comprendre exactement là. Euh voilà.
D'accord. OK. Donc on peut déjà Oui.
Ouis. J'ai compris comment il fonctionne. Voilà.
Donc faut mettre endroit contre endroit. Endroit contre endroit. On va faire on va piquer là.
C'est ça. Ouais. Histoire d'avoir le et après on va retourner.
OK. Allons-y. Allez.
Donc là les épingles. OK. Hop hop tac tac.
Je vais essayer de pas faire de bêtises hein parce que sinon je vous montrer à tout le monde que quand quand on n'est pas de sur sa machine, dans ses conditions et cetera, c'est horrible. Vous êtes devant une devant une caméra, c'est comme un footballeur qui a l'entraînement et après qui joue dans dans le stade entier. Exact.
Exactement. Oui, ce travail de la main, vous y croyez vraiment ? Vous l'avez évoqué là-haut, je voulais vous poser la question de l'intelligence de la main.
Ah mais vous imaginez pas parce que là par exemple une veste comme ça ou en fait vous avez des pièces en c'est de la 2D et il faut construire en 3D sachant que là sur un ben oui sauf que un corps est différent de d'un autre corps. Donc moi je prends le patron de base mais je suis pas fichu comme la nana qui a conçu le patron. Donc il faut que je retouche en comprenant comment je vais par exemple éviter qu'il y ait des plis moches ici.
Alors là c'est pas parfait hein, je l'ai un peu foiré mais c'est pas grave, on est content quand même. Mais mais de fait enfin non là j'ai réussi vous voyez justement à repattronner de façon à ce que ça m'aille bien. En revanche encore planté le le montage des manches qui est un truc très compliqué très compliqué.
Celui-là il est sans manche. C'est pour ça c'est beaucoup plus facile. Donc là vous allez faire la poche.
C'est ça. Donc là on va d'abord on va faire le rabat de la poche. On a regardé qu' machine juste là.
Et oui une singère. Tout est prêt. Bon parfait.
La tension du fil est bonne et tout. Oui. Bon, j'ai pas tout mis mes lunettes.
Et là, j'ai fait un petit tissu d'essai. Oui. Pour voir un petit peu comment ce que ça donne.
Tester quoi. Voilà. Merci.
On va essayer de rester digne de pas se planter. Alors, on teste autre place. Tac tac.
Ah, peut-être. Bon, là Natacha repartie. Oh non, je suis très bien.
Ça vous va très bien. Je par madame. Merci beaucoup.
Désolé. Regarde. Ah, je suis désolé.
En plus, vous avez un public. Hop, hop, hop, allons-y. Donc là, ça donne quoi ?
On est bon ? Ouais, on est bon. Allez, hop, allons-y.
Hop. Alors, attendez. Ah là, vous avez fait un essai à vide, c'est ça ?
Ouais. Ouais. Ouais. pour voir un petit peu quel était le Donc on va faire comme ça.
Alors, comment on va en arrière sur cette machine ? Ouais. Là, est-ce que ça marche ?
Ah oui oui, ça marche. Bien sûr que ça marche. Je vais devoir essayer Natcha.
Vous allez me faire essayer. Ah bah oui, je vais vous faire essayer. Bougez pas.
Regardez, Julian se marre, c'est ça le problème. Mais je vais y arriver. Mais vous savez que c'est très utile dans la vie.
Ouais. Le principe c'est alors attendez. Hop.
Le principe c'est Attendez, je vais prendre une chaise comme ça je me mets à côté de vous. Venez. Venez.
Alors hop, on vire les autres. Alors faites voir déjà ce qu'il faut faire. Donc vous avez votre petit machin comme ça.
Ouais. Voilà. Vous allez placer votre tissu ici.
OK. Voilà. Vous redescendez votre euh Oui.
Vous inquez pas Oh, c'est une aiguille. C'est assez fin. Bon, si on vous entend crier, on sait que voilà.
Donc avec votre [ __ ] vous allez faire avancer. Là, vous tenez votre tissu. Voilà.
Vous vous essayez de contrôler. Ouais. Elle va faire avancer.
Vous essayez de contrôler vos tissus. Voilà. Et je vais jusqu'au bout.
Oui, mais vous arrêtez juste avant le bout. Ah d'accord. Donc par ici quoi.
Non non non non. Au bout mais euh 1 mm avant le hop. Alors dans un monde idéal vous repassez avant arrière pour euh donc là je fais dans l'autre sens et elle va partir dans l'autre sens.
Voilà. Voilà. Et là c'est bon.
C'est bon mam. C'est bon. C'est bon.
C'est bon. Là je suis pas droit là. Là j'ai vu que j'étais pas droit.
Natacha c'est pas très grave. Si. Ah oui parce que normalement il faut être sur la même ligne.
Regardez. Voilà. Il faut sur la même ligne.
Ensuite avec vos ciseaux. Regardez ce que vous allez faire. Vous crantez là, enfin vous vous enlevez les les marges de couture.
Ouais. Là comme ça. Vous enlevez vos petits fils.
Tac. Ouais. Hop.
Ô D'accord. On enlève tout ça. Et pourquoi là vous créez ?
Vous soufflez ? parce que sinon ça fait une épaisseur. Et quand vous allez retourner pour avoir votre poche, vous voyez, il faut que Oui, je comprends.
Voilà. Très bien. Alors, le truc c'est que normalement voilà le principe de base c'est que quand on fait de la couture en fait le plus important repassage, savoir se servir sur Instagram que vous avez un problème avec ça.
Ah, je suis nulle pour le passage mais vraiment. Regardez-moi ça. Voyez, il y a des petits plis là et tout.
Je suis pas Oui, mais ça on peut pas le faire après ça. Alors, après une veste comme ça, faut la passer au pressing évidemment à des professionnels. Voilà.
Non, mais surtout aller voir vraiment un pro qui va vous la repasser bien et là, elle aura l'air beaucoup plus propre et beaucoup plus belle. D'accord. Mais bon, donc là, vous avez fait la poche et moi j'ai fait un semblant.
Voilà. Et après, puisque vous avez vu qu'il y a des surpiqures, c'estàd il y a une décoration, on va repiquer dessus là. Allez-y.
Alors, attendez. Alors, je vais le je vais le fixer un peu. Hop.
Hop. Voilà. Donc là, normalement, quand on fait une surpiqû, on allonge un peu la longueur du point parce que c'est plus joli.
Mais là, c'est un point qui est déjà un peu long. Donc on va le laisser comme ça. Et donc là comme ça va ça va être une piqû apparente, on va essayer de faire ça bien, de faire ça propre, vous voyez ?
Donc on y va tout doucement. Ouais. Alors, c'est pas facile de pas être sur sa machine.
Voyez là par exemple, j'ai pas super bien calculé si ça va aller. Hop ! Ah ouais !
Ah oui, là il y a je vous voyez là vous avez votre surpicqure. Bon c'est à peu près propre c'est pas terrible. Et alors là vous ça vous faites ça chez vous ?
Vous reprenez ? Euh bah c'estàd que là chez moi ça m'arrive pas parce que je maîtrise ma machine. Je la connais.
Voyez, c'est une vieille copine. On parle souvent de la la perte de sens. Est-ce que c'est ça le sens ?
Quelque chose dans ces mains. Oui, c'est ce que je vous disais. Quand vous savez faire un vêtement, d'abord vous dépendez pas d'une industrie qui vous dit là c'est ça qui est à la mode, faut absolument le porter et cetera.
Vous êtes plus dans l'achat compulsif. Vous vous regardez comment c'est fait, vous savez reconnaître si c'est du beau boulot. Donc vous savez le prix de ce boulot. que là une fois vous en avez bavé des ronds de chapeau pour faire ça, vous avez un petit peu de respect pour les gens qui le font et du coup vous vous dites que une fringue à 15 € voyez le t-shirt à 5 € et cetera, bah c'est un scandale.
Ça veut dire que la personne n pas été payée au prix que ça devait être payé. Donc est-ce que c'est grave la perte de connaissance de ces métiers là ? Oui, bien sûr.
C'est une paire de savoir-faire terrifiante. C'estàd que là, actuellement, par exemple, les chaussures, vous savez qu'en France, quand on veut refaire de la chaussure sur mesure, d'abord on fabrique plus les cuirs pour ça. C'est que les en Italie, ils ont gardé mais nous on a plus de filière de cuir de chaussures et derrière vous avez plus les savoir-faire pour faire de la chaussure sur mesure.
Vous avez des tout ça est fabriqué ailleurs. Donc, ce sont des ce sont des choses qu'on perd qu'on ne retrouvera pas. Vous savez, je fais j'ai la chance d'avoir rencontré un monsieur qui s'appelle Jean-François Sorin qui a été meilleur ouvrier de France tailleur.
Il est il a une boutique à tour et il a la gentillesse de m'accueillir le lundi après-midi quand sa boutique est fermée de temps en temps et on il m'apprend, on travaille ensemble. Ah donc vous reprenez voilà là depuis depuis 4 mois 3 4 mois de temps en temps je vais à tour et il m'apprend il m'explique on est on fait une veste surmesure et cet homme-là il donc lui il a travaillé dans des des maisons absolument magnifiques comme des qui dans les années 70 était considéré vraiment je ce monsieur il a habillé le chatiron le François le roi de Jordanie voilà et et ben il me dit c'est quand même dingue aucune école de couture n'est jamais venu me demander de donner des cours. Il me dit "J'adorerai, j'aimerais bien transmettre, j'ai personne à qui trans".
Quelles sont les conséquences là de cette perte de la du travail de de manger ce qu'on cuisine, de porter ce qu'on Tout simplement que on accepte une logique de baisse de qualité, une logique de low cost parce qu'on est dans une société du low cost, c'est-à-dire pour payer de moins en moins cher, on drogne sur la qualité et on perd la connaissance de ce qu'est cette qualité. Donc je vous dis le prix que ça coûte, le prix du travail bien fait. Est-ce qu'on par une identité ?
Oui, parce que ce sont des savoir-faires qui sont qui relèvent de de centaines d'années, ça se transmet. Donc, il y a une histoire, il y a quelque chose qui qui nous rattache à tous ceux qui avant nous ont appris ça. Vous savez le savoir faire un beau vêtement.
Par exemple, quand ce monsieur Jean-François Sorin m'explique, vous voyez par exemple la plupart des poches, regardez vous votre poche, elle a ce qu'on appelle un double passepoil là. D'accord ? Et ben il me dit "Vous voyez la reine Nour de Jordanie par exemple, elle aimait pas les poches à double pass-poil.
Donc il fallait lui faire pas de pasepoil au-dessus et un passepoil un peu plus large en dessous parce qu'elle trouvait que la ligne était plus douce et cetera. Bon, ça c'est je veux dire ça sert à rien de savoir ça. Et pourtant, moi je trouve ça beau de savoir qu'on peut faire une poche qui n'est pas le double passepil, qui est qu'un seul passe-poil.
Et savoir-faire ça encore une fois, ça veut dire que ce sont des choses, des savoir-faire qu'on va transmettre de génération en génération, qu'on va améliorer et ça donne de la beauté, ça ajoute de la beauté au monde. Et si cet argent que vous allez mettre parce que ce que vous me dit euh Jean-François Sorin, c'est vous voyez aujourd'hui les gens n'ont plus la culture de ces belles choses. Pourquoi ?
Parce qu'ils ont ils achètent des trucs vite fait et tout. Ils mettent leur argent ailleurs. Très bien.
Mais en fait, en mettant leur argent ailleurs, d'abord ils le mettent dans des trucs. Par exemple, il le donnent au gars femmes en en mettant des leur argent dans leur smartphone, des choses comme ça, dans des objets qui sont fabriqués ailleurs au lieu de le mettre dans quelque chose qui va perpétuer un art de vivre. Bien, moi je trouve ça dommage.
Vous dites faut le faire à l'école. Pardon, je c'est difficile de parler de Oui, je peux pas. Bah oui, parce que vous c'est vous vous n'imaginez pas la concentration qu'il faut pour faire de la couture.
Alors, je pose la question ce que vous avez dit là-haut. Oui, il faut le remettre à l'école mais on a on a pas le temps. C'est pas vous qui allez dire je vous plaisanter.
On a parfaitement le temps si on arrêtait d'enseigner un milliard de conneries au quoi ? Bah euh toutes euh toutes les heures euh dédiées à des associations qui viennent expliquer si ou ça euh vous voyez tout le le mais certains vous diront euh on peut vous d'ailleurs, on parle de moins en moins bien le français, il faut vous voyez. Ah oui oui mais j'ai pas dit qu'il fallait prendre sur les ores de français.
Ouais ouais ça alors là non mais vous je peux vous assurer qu'il y a des tas de trucs qui sont pas forcément utiles. D'accord. Donc là on a les marques ici.
Je vois c'est là. OK. Merci.
Vous allez vous allez être obligé de revenir pour pour finir mais le travail a été très bien fait. C'est-à-dire qu'on a nos petits crans. Donc il suffit voilà, c'est tout tout est prémâché en fait.
C'est très bien. Ah oui, on vous met dans les meilleures conditions. Bah ouais, on on sent que ça a été bien préparé.
Donc hop. Alors vous voyez là, si je suis soigneuse, je fais une première piqû pour fixer mon truc et ensuite je prends cette pièce là et je la mets là. Mais là, on va faire ça un peu rapidement.
Donc, on fait coïncider nos petits crans. Donc, vous voyez, on respecte bien. Donc là, on est sur l'envers du tissu.
D'ailleurs, vous voyez qu'il a pas exactement la même matière sur l'endroit et sur l'envers. Donc, on va épingler tout ça. C'est c'est marrant parce que pour moi, c'est absolument incompréhensible.
Ah bon ? Mais oui, parce que voà, c'est tout facile là. Oui oui, mais je parce que je vois pas qu'il faut additionner les couches.
Non mais là je le je le vois je vois je ser capable dire alors attendez l'endroit l'envers la petite croix au bon endroit. Oui, mais ce qui est marrant c'est que du coup là vous commencez à voir ça et par exemple si je vous explique attendez en train de me dire que je vais devenir dingue de couture non mais que vous allez regarder les choses pour voir comment elles sont faites. Si je vous explique par exemple là la prochaine fois vous regarderez les poches exactement mais surtout ce que m'a expliqué monsieur Sorin c'est par exemple le montage des manches.
C'est un truc, c'est un des trucs les plus difficiles. C'est pour ça que là moi je me suis raté mais c'est parce que c'est en fait c'est un prototype. J'ai choisi le tissu le plus horrible.
C'est surtout qu'il marque tous les plis, on voit tous les déc un costume sur mesure, vous voyez qu'en fait on se tient pas tous de la même manière. Donc vous vous tenez droit, il y a des gens qui vont être un peu plus comme ça, d'autres un peu plus en arrière. Bah donc on va pas monter la manche de la même manière, on va l'incliner un peu plus vers l'avant, un peu plus vers l'arrière et comme ça ça évitera les plis que vous pouvez avoir là et là.
C'est pas sur mesure exactement. Et donc la prochaine fois vous regarderez comment sont fait les costards et vous verrez parce que quand ça tombe bien là tout de suite. Oui.
Quand est-ce que vous plaquez tout pour devenir couturi ? Bah quand j'aurais constaté que décidément je ne sers à rien sur le reste. Hop.
Alors allons-y. On va y aller doucement. [Musique] dans l'a [Musique] réussir à faire le retour aussi bien droit.
Mais le retour, vous voyez, il faut le faire très très peu. Regardez. [Musique] Voilà.
Hop. Le retour, c'est juste pour faire une espèce de nœud qui va tenir votre cou pas le faire en entier en fait. Ah oui, parce que moi j'étais reparti pour tout faire.
Mais non, mais non, c'est juste voilà. Et là vous allez voir que normalement vous allez commencer à voir et en fait il y a rien de plus plaisant que le moment où ça ça commence à ressembler à quelque chose. Oui parce que là pour l'instant bon et là ça y est là déjà vous commencez à avoir votre voyez alors ce qu'il faut donc vous voyez ça a été repassé mais ça veut dire que vous n'achetez plus du tout de vêtements ou quand même un peu obligé quasiment plus un tout petit peu.
Mais parce que tout ne peut pas ça. Vous faites pas des t-shirts par exemple ? Non, ça non.
Encore que si. Je l'ai déjà testé mais en fait pour l'instant je suis pas encore ass pantalon voyez. Voilà.
Voilà. Et en fait l'avantage c'est que euh je peux je commence à savoir suffisamment coudre pour pouvoir vraiment adapter à ma morphologie. Et vous avez des enfants, vous allez leur apprendre ?
Alors ils veul s'ils veulent. Pour l'instant, ils sont pas très Non non, ils commandent des trucs, ça oui, mais mais c'est pas vraiment leur voyez. Alors là, normalement, il faut passer un petit coup de fer à repasser pour bien mais attends, mais pas ce que je comprends, c'est que là, on est pas tout à fait sur la même matière, on est d'accord.
Si si, si si, bien sûr que c'est la même matière. En revanche, vous voyez, vous avez là la marge de couture qui est mise vers le bas alors que là, elle est mise vers le haut. Donc ça donne pas exactement la même chose.
Ah oui, je vois, je vois, je vois. Oui, là vous l'avez mise comme ici. Bah là si on la met si on met la marge de couture ici vers le haut, on a une poche.
Mais alors là, c'est pas tout à fait à plat pour l'instant. Ah oui, parce qu'il va falloir Mais parce qu'il faut repasser. Il faut il faut un bon coup de fer à repasser là-dessus.
Voyez, il est là votre fer à repasser. Vous avez même une pâte mouille si vous voulez. C'est normalement, je sens que le problème c'est que si je vous arrête pas, on y passe la soirée là Natacha.
Je sens que vous allez le finir. Oui. Non mais on va s'arrêter à un moment.
Mais regardez, voyez. Alors, ceci est un élément indispensable. Ça s'appelle une pâte mouille.
D'accord. Voilà. Ça évite de Ah bah, ça évite de flinguer une laine.
Voilà. Donc, on va là, on va on lui colle un petit coup de vapeur. Hop.
Et on va voilà voyez là c'est dernier quoi. Vous commencez à à le voir votre truc. Voyez parce qu'après c'est génial une fois qu'il sera voyez qu'on aura cous je vais venir là.
Le Figaro c'est pas très loin entre et de ça va me détendre. Mais évidemment attendez vous imaginez pas parce que comme ça demande énormément de concentration en fait vous évacuer absolument tout puisque vous êtes obligé d'être alors vous pensez plus à l'ctub vous pouvez pas si vous si vous pensez à autre chose vous faites une connerie. Donc non non autant le le tricot c'est quelque chose de méditatif parce que le tricot vous voyez c'est un geste un peu mécanique répétitif donc vous pouvez réfléchir à des tas de choses pendant ce tempsl la couture vous pouvez pas.
Donc voilà. Bon, merci pour cette démonstration. Ben écoutez, c'est beau non ?
Je vais vous savez quoi ? Je vais leur dire de le garder. Je vais venir le finir.
J'espère bien. Et je sais pas si ça m'irait que pourquoi pas après tout hein. Sûr que si.
Bah ouais, il est peut-être un peu petit. Oui, peut-être peut-être. Mais voilà.
Ben on y va. Merci beaucoup. Vous avez vu ça franchement ?
Ouais. Bah non mais là ça c'est votre manteau. C'est vous qui avez fait ?
Oui. Votre aussi. Oui.
Attendez. apprend, on apprend au fur et à mesure. Non, non, mais c'est Merci beaucoup pour votre accueil.
Bravo pour ce que vous faites. Il est il est super marrant ce petit atelier là. Pas bien faire un cours mais je vais venir.
Alors là, je m'y reg, je viens. Et ben d'accord, prends vous hein. Ouais, vous me mettez avec les débutants.
Moi mais je reviendra, je reviendrai surtout voir explorer votre mercerie. Avec grand plaisir. Ah mais les boutons il faut c'est il faut toujours trouver des très bons boutons.
Je vois que vous portez soin au bouton et aux doublures. Ça c'est le bouton à mar. Oui, celui voilà, ceux-là, ils sont pas mal.
C'est justement je là, il faut que je mette les petits, vous voyez ? Et puis ça mais c'est très important. Ça habille totalement un un vêtement.
Ça change toute la physionomie du du vêtement. Mais vous êtes parti d'un patron ou vous avez euh votre patron ? Alors, je celui-là c'est la première fois que je retravaille entièrement.
C'estàd que il y a un patron de base. Je sais pas si vous connaissez vous connaissez le tailleur PTO de Atelier Escamite. Vous voyez ? partie de ça et en fait je l'ai totalement modifié parce que ça faisait des plis et tout.
J'ai fait une toile, ça faisait des plis. Donc j'ai commencé puis au fur et à mesure j'ai tout vous avez tout ça que le patron c'est pas on n pas tous fait pareil. Exactement.
Mais oui oui faut savoir l'idifier quoi. Ouais on pas Ah bah oui je vois ça. Un art ou un artisanat.
Bah les les deux, c'est ce qu'on appelle de l'artisanat d'art justement, c'est-à-dire euh le la dimension de d'utilité mais qui se transforme en œuvre d'art. On y va. Allez, on est en retard.
Merci beaucoup. Merci pour votre accue à boire. Merci beaucoup.
Merci beaucoup. Merci beaucoup. Merci.
Oui oui je vais broder. Oui j'ai une machine à broder c'est pour ça. Est-ce que vous pensez par que vous me dites oui on est dans une société qui arrive plus à garder ses travaux de la main et il y a des sociétés dans le monde où on arrive encore à garder ça ?
Bah euh les sociétés euh traditionnelles arrivent à le garder, mais à partir du moment où on passe dans une modernité qui en fait est fondé sur l'industrialisation des procédés, on perd petit à petit et ce que je crains moi, c'est que les modèles imposés par les réseaux sociaux fassent disparaître totalement le le goût même pour ce genre de chos. C'est qu'on voit que les références qui sont données au aux jeunes, c'est quand même les des influenceurs qui habitent à Dubaï et qui passent leur journée à se filmer dans leur cuisine en train de raconter n'importe quoi. Ouais, c'est absolument affligeant.
On y va. Ouais. Allez, c'est parti.
Merci beaucoup. Merci pour votre accueil. Je viens pour un je vous attend et Natha vient pour les boutons.
Plaisir à vous. Bon, ça marche. Merci beaucoup.
C'est super sympa de nous avoir accueilli. Merci beaucoup. Merci.
Bonne soirée. Au revoir. Bonne soirée.
Je vous laisse remonter en voiture. Je vais faire un petit message au restaurant. Vous avez eu quel quel genre d'enfance ?
J'ai eu une enfance, on va dire de de petites filles timides. Ouais. assez euh comment dire ?
Oui, vous avez un peu d'eau sur votre gauche. Perdu de Merci. Voilà, je dessinais beaucoup, je lisais, je je vivais dans dans mon dans ma bulle.
Parce qu'aujourd'hui vous êtes voilà, vous prenez de la place, vous prenez votre place, vous parlez, vous parlez fort. C'était pas du tout ça. Absolument pas.
Non, moi je suis de la catégorie vraiment des des des timides, des planqués quoi. Des C'est quoi le moment ? par un moment où d'un seul coup vous sortez de votre cocon.
Euh c'est tout simplement le fait d'avoir commencer à justement vouloir défendre des idées. Ouais. Croire vraiment dans des choses et se dire "Bah je dois y aller." C'est pas parce que j'aime ça, mais il y a un moment je peux pas laisser dire ça.
Je suis obligée de de défendre telle idée et donc j'y vais. Ouais. Mais c'est pas par plaisir, c'est par euh j'ai en fait j'ai eu une éducation très euh comment dire fondée.
Enfin, je suis d'un milieu, vous voyez, des parents médecins, médecins libéraux. Je suis de typique de cette bourgeoisie de classe moyenne supérieure qui a été forgé par la République. C'estàd l'idée de démocratie et de méritocratie surtout de méritocratie.
L'idée qu'on va respecter les règles, on fait ce qu'il faut, on a une morale, on respecte la loi et on sera récompensé si on a bien fait son travail. J'ai été éduqué comme ça et avec cette vous voyez ce côté la la morale de de Kant, tu dois donc tu peux. Ouais.
Voilà. Bah donc il y a un moment où bah si c'est ton devoir bah tu y vas et tu te poses pas de questions. Donc vos parents étaient médecins ?
Oui. Ouais. Et ils ont voilà, ils m'ont élevé avec l'idée qu'ils avaient et j'ai lu, je suis pas allé bien loin euh sur Wikipédia que votre prénom euh était une référence à Tol Toy.
C'est vrai. Ouais, bien sûr. Oui, oui.
Oui. Oui. Mais donc les ruines de guerpé et ça c'est ça veut dire que c'est souvent une question que je pose aux invités, deux types d'invités personnalité peut-être ceux qui ont été éduqués avec des parents qui ont une bibliothèque et ceux qui n'en ont pas.
Bien sûr que ça change tout. Moi mes parents ils avaient ma mère ne jurait que par la littérature. Alors elle adorait la littérature russe et la littérature anglaise, ce qui est pas forcément mes m goût.
Et puis j'avais un père qui lui adorait le le panache, on va dire. Donc il aimait Alexandre Duma. il avait appris par cœur l'acte 1 de Sirano de Bergerac parce que je tiens mon nez de lui et donc lui dans sa jeunesse quand il fallait répondre voilà, il avait appris et c'est marrant parce que quand j'étais donc prof à Épin sur scène évidemment moi j'avais j'avais lu à à mes à mes élèves la la tirade pas la tirade du nez celle d'avant euh apprenez que je m'en orgueillis d'un pareil apindice attendu qu'un grand nez est proprement l'indice d'un homme affable bon généreux et cetera tel que je suis et tel qu'il vous est à jamais interdit de vous croire déplorable marau car la face sans gloire que maman va chercher au de votre col est aussi dénuée de générosité d'envol de nez que celle que ma botte va chercher au bas de votre dos.
Et là ils étaient là comme ça et je leur dis compris ce qu'il vient de lui dire là il vient de le traiter de face de cul et oui bah oui mais c'est un peu plus classe quand on le dit comme ça mais donc des parents qui ont qui avaient cette envie de vous transmettre. Vous avez des frères et sœurs ? Deux frères.
Ou et en fait, voyez, c'est quand je suis allé euh comme prof, mon idée c'était de dire "Moi, j'ai eu la chance de grandir avec des livres. On m'a appris à m'émouvoir, on m'a appris à quel point c'était beau." J'ai Je veux dire, moi je fais partie de ces ces jeunes qui ont des qui vivaient des émotions en lisant des livres.
C'est il y a des livres dont je peux dire qu'ils ont changé ma vision du monde, qu'ils ont changé ma vie. Bah par exemple, c'est les travailleurs de la mer de Victor Hugo, c'est le rivage des Sirtes, voyez, c'est donc Julien Grac, Jean Jonau, Colette, tout ça. Et vous lisez ça à quel âge ?
Oh, ça c'est plus vers l'âge de 18 20 ans. À à 15 ans, ce que j'aimais c'était Alexandre Dum, c'était toutes les pièces d'anouille. J'ai lu vraiment pas tout parce qu'il en a écrit beaucoup mais beaucoup beaucoup de pièces d'anouille et vous voyez la louette d'Anouille, c'est absolument merveilleux qu c'est sur le c'est sur Jean Dark et c'est une splendeur cette pièce et pauvre Bito sous le dîner de tête c'est extraordinaire de cruauté on refait l'année dernière je suis allé le voir avec comment s'appelle cet acteur Maximeille non voilà alors j'ai regretté une chose c'est que le justement je trouvais que l'interprétation de Bitos était un peu trop ridicule Or, il doit faire peur.
Il doit vraiment être inquiétant plus que ça. Il était trop tourné en ridicule. Mais à part ça, la la mise en scène était bonne et surtout j'étais voilà, j'étais tellement content et c'est d'une intelligence cette pièce parce que justement ce qui est intéressant avec Anouille, c'est qu'il y a pas euh les gentils pauvres contre les méchants riches, il y a pas le c'est c'est toujours euh finalement assez cruel parce que chacun a ses petites noires.
La ligne de crète dont vous me parlez tout à l'heure, elle est là. C'est-à-dire que ce que j'aime dans la dans la littérature, c'est que ça nous interdit justement le le côté caricatural. Ça interdit de croire que il y a le camp du bien et le camp du mal.
On est forcément dans la compréhension oui de la noirceur de l'âme humaine. Et toute la toute la difficulté c'est de savoir ça, de savoir que les êtres humains peuvent avoir en eux des choses terrifiantes et en même temps de voir la beauté qu'ils peuvent avoir et de se dire que on doit pouvoir inventer une société qui favorise plutôt la grandeur et la beauté que les gens ont en eux que leur bas instinct. qui sont très faciles à faire surgir.
L'école quand vous étiez gamine, c'était un paradis, un enfer, aucun des deux. Je m'ennuyais à mourir donc je dessinais. Ça y est.
Mais mais quand je dis je dessinais, c'estàd que j'ai d'ailleurs sur votre page Instagram, j'ai vu que vous dessinez un petit bonhomme que vous aviez fait sur le pull de votre fils. Exactement. Ouais.
Mais j'ai voilà, j'ai puis je dessinais des bandes dessinées style. Donc c'était pas c'était pas des grands moments quoi. Vous Ouais.
Non. par deux professeurs, un professeur de Alors, d'abord si j'ai un respect immense pour les les institutrices que j'ai eu euh parce que voilà, il y avait une rigueur, enfin c'est elles qui m'ont appris, la grand-mère euh donc la logique et ensuite un professeur de français en 6e, monsieur Savre, qui était extraordinaire qui nous expliquait Barbe Bleue mais de façon absolument géniale. On aimait ça, c'était drôle, c'était intelligent.
Et après, je me suis ennuyé toute ma scolarité jusqu'à euh une professeur en classe préparatoire en Cagne au lycée Julferie, Joël Lon, qui m'a appris à aimer la poésie. Je veux dire, elle pouvait passer 4 heur sur un verre de malarmé ou sur un verre de racine. Ben voilà, le verre de mal armée, c'est c'est ça, c'est elle qui m'a appris.
Voyez quand vous avez des des verrs comme par exemple comme un casque guerrier d'impératrice enfant dont pour te figurer il tomberait des roses. Mais c'est mais c'est épousoufant. C'est d'une beauté dingue.
Mais mais je comprends pas comment vous arrivez à CN pour vous pour être prof. Vous voulez être prof ? Alors vous ils vous ont emmerdé.
On a besoin de modèle des gens qui disent "Mais je veux faire ça, je veux faire". Alors justement moi j'ai un peu l'idée euh j'avais j'avais cette idée de me dire "Mais c'est pas possible d'être aussi nul. On doit pouvoir voilà, on doit pouvoir faire mieux quoi.
C'est pas ça peut pas. Je pense que je dois avoir un petit truc comme ça. Moi voyez, je fonctionne comme ça dans pas mal de domaines.
Et donc vous devenez prof et là ça dure pas. Bon vous me l'avez évoqué. Non parce qu'en fait j'avais pas j'avais pas envie de devenir prof toute ma vie.
C'était pas parce que si j'ai fait non si j'ai jamais eu de plan de carrière sur rien mais je sais que je suis un peu claustrophobe déjà. D'accord. Donc moi quand on me dit quoi enfin faut quand même comprendre l'accueil des désagrégés c'est bonjour vous êtes pour 40 ans dans la maison et là déjà mais comment on peut dire ça à des jeunes gens enfin c'est pas possible.
Ouais, c'est et euh et puis je je voulais savoir ce que c'était, je voulais transmettre mais j'avais pas forcément envie le faire que 2 ans parce que vous avez fait vous l'avez fait à peine 2 ans. Alors après moi du coup comme ça me manquait, j'ai enseigné à la fac Léonard de Vincill j'étais journaliste. Ouais.
Vous avez quand même des envies de Ouais, j'ai enseigné pendant 9 ans l'histoire des idées, l'histoire et cetera tout. Et mais en fait en fait fondamentalement quand vous arrivez dans l'éducation nationale et que vous êtes devant une classe, vous êtes sidéré en fait. Alors tout le monde tout le monde c'est forcément tout le monde est sidéré c'est faut comprendre ce que c'est.
Mais tout le monde est sidé mais il y en a un paquet qui reste jusqu'au bout. Ouais bien sûr. Mais ça moi c'est juste que ce je les hasards de la vie ont fait que je vous dis je suis tombé l'année de des réformes de Claude Allègre et et de Jack Lang et j'ai été absolument scandalisé.
J'ai eu cette année-là quand j'ai enseigné, je me souviens, il y avait un prof, vous savez, il y a des des gens comme ça qui changent votre vie. Dans le lycée où j'étais, donc à Épinet sur scène, il y avait un prof de français, vous voyez vraiment le il s'appelait Christian Labrune. Le prof de français tel que vous l'imaginez, la barbe, la pipe, le pantalon de vouleur côtelé un peu sarcastique.
Voilà. Ouais. Ouais.
Et lui un jour dans la salle des profs, il a posé un livre qui venait de sortir à l'époque. C'était Jean-Claude Micha l'ignorance et ses conditions modernes qui racontait exactement ce qu'on voyait autour. Ouais, c'était extraordinaire.
Bah, j'ai lu ça et bah je j'ai lu tous les autres livres de Jean-Claude Mich derrière et ça là aussi ça a changé ma ma compréhension des mécanismes des voilà. Et du coup, c'est vrai que j'ai démissionné de l'éducation nationale. Je je le regrette.
J'aurais voulu continuer. Ouais. J'ai démissionné parce que on m'a euh refusé la disponibilité que je demandais euh pour euh pouvoir continuer Science Po en même temps.
Donc j'ai écrit une belle lettre en disant "Vous avez baissé 30 % le nombre de postes au KPS et à la Greg en 3 ans et vous m'expliquez que vous êtes déficit en prof et que donc vous pouvez pas donner de disponibilité. Vous foutez de la du monde." Bon voilà.
Et puis donc je me suis dit je j'arrête mais je vais trouver un autre moyen d'enseigner et je vais surtout essayer d'agir pour pas laisser le truc dans cet étatlà. C'est c'est pour ça que je me suis engagé en politique. Allez, on y va, on sort. 3ème étape, autre passion.
Oui, la bouffe. Ouais. Ben, on essaie de vous faire plaisir.
Mais je je vois et ça c'est bien. Merci. Alors le Bouinville, ben j'adore en fait cet endroit d'abord parce que j'ai une passion pour les passages dans Paris.
Oui. Ben c'est la galerie vivienne ici. Exactement.
Et en fait vous pouvez descendre des grands boulevards jusqu'ici en passant uniquement par des passages. Franchement c'est beau. Mais exactement.
C'est un bist c'est un bistro typique. C'est pas forcément le restaurant. Il y a des tas de restaurants que j'adore dans Paris mais là vous êtes dans le bistro parisien.
Ouais. Et là donc là il y a la galerie ici là voilà il y a la galerie juste à côté. Ici derrière vous avez en fait on est à côté de la place des Victoire qui est un endroit absolument magnifique.
C'est extraordinaire et vous êtes à côté du Palais Royal puisque en fait si vous continuez voilà le palais royal est juste là. Et le palais royal est un endroit aussi que j'aime énormément parce que c'est là où Colette a passé ces dernières années et Colette est un écrivain absolument une écrivaine d'ailleurs, on peut dire extraordinaire. C'est marrant parce que vos modèles sont plutôt les écrivains et pas vraiment les journalistes quoi.
Non. Ouais. journalistes ils vous font pas rêver.
Non, j'avoue. Allez-y. Alors, on a attendu mais je sais pas où est notre table.
Ça va bonsoir. Bonsoir. Vous allez bien ?
Jeen prie. Bonsoir. Merci de nous accueillir.
On vous suit. Plais. C'est génial.
Merci. [Musique] C'est parfait. Merci beaucoup.
Très bien. Hop, on va se glisser. Vous voulez voir quelque chose ?
Est-ce que vous voulez boire quelque chose ? Oui. Ah bah oui, bien sûr, volontiers.
Vous savez déjà ce qu'on veut manger. Parfait. Bon, alors je laisse choisir ce qu'on doit.
Ben est-ce que vous avez quelque chose comme un un beauolet un peu frais, un brouilli un peu très fruité surtout ? Vraimentolet, chez le Saintamour. Un Saintamour ?
Bah d'accord, parfait. vraiment classique au vert au vert. Ben moi aussi moi je le tr je le fait pourité à chaque fois.
Bon alors les gastronom là alors la gastronomie c'est évidemment moi je suis marié depuis 18 ans maintenant avec un critique gastronomique d'ailleurs. Est-ce que c'est ça qui vous a rapproché ou c'est lui qui vous a fait aimer ? Ah non non c'est ça qui nous a rapproché.
Première conversation c'était parce que il est il était moi j'étais petite journaliste à Marianne, il était critique gastronomique Ouais. Et j'allais le voir tout timidement en lui disant tiens, je suis allée dans tel restaurant, qu'est-ce que vous en pensez ? Voilà et c'est comme ça qu'on a commencé à discuter.
Et euh oui, on on aurait pas pu si si j'avais pas eu ce goût là, on se serait pas Est-ce que vous cuisinez aussi ? Alors, j'adorais cuisiner. Euh, vous pouvez pas vous pouvez pas tout faire la couture et la cuisine ?
Non, d'abord on peut pas tout faire. Chacun son domaine. Et Pericot cuisine beaucoup mieux que moi.
Moi, je suis plutôt pâtissière parce qu'il faut être maniaque pour la pâtisserie. Oui, la pâtisserie, c'est de la précision. Et moi, j'avais une s alors que la cuisine, la cuisine c'est de l'intir le produit.
C'est des cuissons parfaites et sa péico, il fait ça mais admirablement. Donc je le laisse faire. Euh j'ai acté le fait que bon voilà chacun son domaine.
Là c'est le c'est le sien. Alors en plus dans la gastronomie il y a le faire fabriqué, il y a le coûter. Ouais il y a le raconter bien sûr.
Et il y a vivre autour discuter. Parce que vous voyez un un repas c'est une cérémonie en fait. Ouais.
Voilà, c'est très bien ça. Un un repas, c'est un c'est un moment de partage et vous allez vivre des sensations. Les produits vont vous faire vivre des sensations.
Vous allez goûter le vin qui va vous raconter quelque chose sur un plat. Il vous racontera autre chose sur un autre plat. Il se mariera différemment.
Et on va partager ce moment-là. On le vivra pas forcément de la même manière. Donc en fait, c'est la façon, on va en parler qui va permettre de communier puisque on n' pas forcément le même la même sensorialité.
Et derrière bien, on aura chacun forgé dans notre mémoire un souvenir, ce qu'on va appeler un vécu qui va se se conjuguer avec tous les autres et faire que le prochain repas qu'on fera sera encore différent puisque il se nourrira de celui-ci. C'est ça qui est génial. C'est en fait d'abord ça ça permet de alors regardez comme ça parce que comme ça quand vous allez il va normalement il va faire un joli goû et surtout parce que ça ve voilà ça évite de le réchauffer dans vos mains et en plus il va vous raconter des choses différentes suivant la manière dont vous le tenez c'estàd que là essayez vous le tenez comme ça ou buvez une gorgée Là, vous voyez que il va se caler un petit peu sur le devant de votre glotte.
Il chatouille un petit peu la glotte. Il vous a raconté il y a un petit côté un peu fruité. Maintenant, tenez-le comme ça et faites très attention à vos sensations.
Vous allez voir que vous allez pas le goûter de la même manière. Amen. Exactement.
Et là, il passe pas au même endroit. Si vous avez bien attention tout simplement parce que votre corps est d'une totalité, c'est-à-dire que vous avez je l'ai pas mis dans les mêmes dispositions pour recevoir le voilà vous vous êtes pas tenu de la même manière, les muscles ne sont pas ne sont pas positionnés pareil, vous vous tenez pas pareil en fait et donc vous le goûtez différemment. Et cela péricot m'a m'a permis de rencontrer une des personnes qui a le qui a eu le plus d'influence sur moi.
J'en ai j'ai quelques rencontres marquantes dans ma vie et celui qui était un maître et qui l'it devenu pour moi s'appelait Jacques Puiset. C'est un monsieur qui était philosophe du goût en fait. C'està-dire que c'était sans doute la personne qui connaît le sait le mieux tous les terroirs français.
Il a classé une partie une grande partie des appellations d'origine sur les vins. Il était vraiment mais reconnu dans tous les milieux de la gastronomie et du vin. C'était lui qui avait inspiré tout le travail que faisait Alain Sandrin chez Lucas Carton quand quand Sandrin avait inventé cette idée de faire le menu en fonction du vin.
Et tout ça ça venait de ce qu'avait appris Jacques qui était quelqu'un qui mariait les les vins et les et les plats. Et Jacques Puiset faisait des tests parce qu'il avait créé un institut, l'Institut français du goût. Maintenant, il m'en avait confié à la fin de sa vie la présidence.
Donc je suis toujours présidente de cet institut. OK. Et il a il faisait faire des tests, par exemple, des tests de sensorialité.
Il vous faisait goûter un vin, il avait un endroit, un laboratoire où il y avait une lumière rouge, une lumière verte et une lumière jaune et il vous faisait goûter le vin. Vous auriez juré que ce n'est pas le même vin, franchement. Et tout simplement parce que votre le goût c'est en fait la totalité de vos sensations.
Donc si j'étais j'avais une lumière rouge, vous allez avoir une perception, vous allez ressentir je sais pas, je vous dis quelque vous allez plus ressentir le côté fruité alors que sur la sur la lumière jaune, vous irez sur le minéral. Ouais. ont demandé on a reçu plusieurs fois des chefs et je leur dis toujours est-ce que votre ce plat là ce que vous proposez de manger, il a le même goût si je le mange dans un parking sombre ?
Mais non absolument pas absolument pas. Tenez alle je sais pas si vous vous avez ben je sais pas tu demandé moi aussi un petit un petit pas écoute mais et il vous il vous en met qu'un seul pas je et ben on va partager vous voyez parce que un repas c'est un partage. Vous dites pâte croûte ou pâ en croûte ?
Pat croû. Alors là comment vous me le décrivez ? vous nous le décrivez parce que le succès des émissions de de cuisine à à la télé me fascine.
Tous ces gens qui regardent sans pouvoir goûter, c'est incroyable. Après le problème des émissions de télé, c'est qu'on est beaucoup sur la performance et sur le côté, j'allais dire instagrammable des plats. Il faut que ce soit beau, qu'il y ait des présentations, des trucs comme ça.
Je vous avoue que moi ça m' kiqué ce genre de de cuisine. que j'aime c'est qu'un pleur et du goût raconte une histoire qui ait des beaux produits, voyez et c'est là que ça devient intéressant. Oui, mais la tête qu'il a quand vous me dites que tout compte, ça compte aussi.
Mais bien sûr, bien sûr que ça compte la tête qu'il a. Mais la tête qu'il a, j'ai pas besoin d'avoir une giplé de sauce et trois bouts de ciboulettes. C'est le le patron du Quincy qui est un restaurant extraordinaire.
Je sais pas si vous le connaissez l'autre Rolin donc beau goss appelle ça les branleurs de ciboulette. Bah voilà et ça n'a aucun intérêt. C'est très énervant le petit trait de sauce à la petite gclé de sauce mais j'en peux plus ça.
Et puis en fait c'est une cuisine pour gens qui s'emmerdent. C'estàdire comme ils ont rien à se dire et ben on leur fait des trucs un peu vous voyez puis on fait de la mousse aussi un peu d'azote liquide des trucs. Ça ça comble la conversation c'est dîner spectacle.
Moi, j'estime que quand la cuisine est belle, qu'on est heureux d'être ensemble, qu'on a des choses à se dire, on a pas besoin que ce qu'il y ait des florriture. Mais donc le dîner gastronomique classique inspiré de la nouvelle cuisine, ça vous bon ? Ouais.
Ouais. Mais bon, il y a des sensations quand on fait un restaurant étoilé qu'on a pas ailleurs, qu'on qu'on découvre des émotions, des choses, des associations de goût à hallucinant. Mais évidemment, mais j'adore la cuisine de de chef de certains chefs qui ont des restaurants étoilés bien entendu, mais je n'aime pas ceux qui s'amusent à transformer les choses.
Par exemple, je me souviens d'un documentaire que j'avais vu, c'était avant de connaître Peréicot, donc ça date. Ouais. Sur Ferran Adria, j'en étais sorti, j'en étais sorti traumatisé.
Le mec était là, il expliquait "Regardez, je trouve ce fo gras. Alors, c'est un foie gras, c'est le meilleur foie gras du monde. Je le prends chez un petit producteur et cetera." Après je le broie donc il le passe au mixeur et je le broie je le mets, j'en fais un granité et cetera et ça donne.
Mais pourquoi il prend le meilleur foie gras du monde ? Il y a un éleveur qui s'est donné du mal que le foie gras et la texture parfaite pour qu'il soit avec un goût et cetera et l'autre arrive avec son mixeur et il broie. Mais enfin quel intérêt c'est ridicule.
Mars Michel qui lui aussi à ses débuts était philosophe du goût mais bien sûr et qui nous disait "Mais aujourd'hui on s'est plus mâché. C'est des des des émulsions, des petites sauces, des c'est ce qui écrit le Pericot depuis 20 ans. C'est ce qu'il appelle le dou, c'est-à-dire on met du sucre partout et c'est mou justement parce que voilà, il faut c'est fatiguant de machin la cuisine française, elle se traduit par l'acidité.
Les vins français aussi, c'est pas le sucre, c'est l'acide. Et il y a une certaine texture parce que ce qui est intéressant c'est justement le mariage des textures. C'est vous allez avoir du là vous voyez que votre frut elle a pas elle a pas du tout la même matière quand vous la mâchez que la chair.
C'est ça qui est intéressant. Et vous allez aller sur la gelée, ça va donner autre chose sur le vin. Et les vins français ils ont vous voyez le en fait vous avez un âge des goûts.
C'est ce que disait toujours Jacques Puiset et c'est tout à fait ça. Le premier goût le goût facile c'est le sucré, c'est le goût de l'enfance. que vous avez dès le lait de votre mère parce qu'en fait le lait maternel, il est sucré.
Il y a du lactose, il y a donc c'est sucré. Ensuite, vous allez passer au salé qui affirme un peu plus et vous avez des gens qui sont plus ou moins sensibles au sel qui vont le ressentir différemment. Mais quand vous progressez dans votre initiation, vous vous mettez à aimer l'acide.
C'est un peu plus compliqué l'acide. Alors les il y a des enfants qui adorent hein. Moi j'ai un fils par exemple qui depuis tout petit attrape les morceaux de citron et les mâches.
Il adore ça. Après il y a des gens qui déteste ça. Moi par exemple j'adore l'acidité dans le vin mais je suis pas particulièrement j'aime pas quand il y a trop d'acidité dans un plat.
J'aime pas une trop de vinaigre. Vous voyez il y a des gens qui adorent le vinaigre. Bon et puis le le goût ultime, la sagesse, c'est l'amertume.
Ouais. Là c'est vraiment il faut avoir un on aime les ordives. Ça y est là c'est bon.
Encore les endives, elles sont plus du tout amer. Mais vous voyez l'amertume c'est un c'est extrêmement intéressant. Alors vous avez de l'amertume qui se marie par exemple le chocolat c'est de la mer un peu sucré.
Le café si vous le succrez vous avez la mer sucrée. Si vous le succrez pas là vous êtes dans la mertume. Le pamplemousse il y a des choses extraordinaires.
Voyez ? Et donc vous allez comme ça marier ces goûts là. Mais nous on est dans une société où on fout du sucre partout parce que tout simplement parce que c'est une mar principe là aussi consumériste.
C'est facile, c'est infantile donc c'est une drogue. Donc on va vous tenir avec ça. Il y a une appétence en ce moment, on se voit sur les réseaux sociaux et quand on voit les audiences de Top Chef pour la gastronomie.
Mais est-ce que les gens savent vraiment bouffer ? Il y a une perte de culture absolument terrifiante là aussi. C'estàdire d'abord parce que peut-être parce que ce que je vous disais tout à l'heure sur sur la couture, si on cuisine pas, on sait pas ce qu'on Bien sûr, ça s'apprend.
Moi, j'avais des parents qui trouvaient que c'était la chose la plus importante. Donc, on était pas, voyez, on allait assez peu au cinéma, on allait même pas au restaurant. En revanche, ouais.
On achetait les produits au marché et on faisait de de la cuisine. J'avais une grand-mère qui était une pâtissière hallucinante. C'estàd que elle était moitié moitié savoyard, moitié alsacienne.
L'Alsace c'est et c'était une maniaque totale. Alors elle-même, elle était anorexique, c'est-à-dire qu'elle détestait manger, mais elle aimait rechercher les mariages de goût. Et donc elle faisait tous les dimanches, elle faisait un gâteau différent.
Et bon, tous les dimanches, elle faisait le gâteau et à chaque fois, elle disait "Je crois qu'il est raté là, vraiment ça va pas du tout". Bah ça c'est le principe d'une bonne cuisin dès que ça arrive. Ah je l'ai raté.
Non c'est pas bon. et et elle n'en mangeait quasiment pas parce que en fait alors que nous évidemment voilà et quand par hasard au bout d'un an il y avait la même recette qui revenait c'était jamais le même parce qu'elle avait essayé d'améliorer donc et alors elle retirait beaucoup de sucre pour avoir vraiment la pureté du goût et ça donnait des choses mais extraordinaires. Et en fait on a perdu cette culture là même dans les restaurants maintenant les pâtissiers de restaurant ils vous font des trucs avec 250 goûts dans l'assiette c'est des sculptures en sucre en chocolat machin.
Et en revanche, moi j'ai toujours entendu ma grand-mère dire ça son grâ. Vous voyez vraiment le truc qu'elle essayait d'atteindre, c'était la texture parfaite de pata et la texture parfaite de meringue italienne. Et elle était capable de recompenser des centaines de fois.
Voilà, c'était hyper la bonne température à 78°. C'est ça. Il faut maîtriser son jour.
Il faut voilà. Et donc elle faisait ça et elle avait par exemple un dessert, c'était je à chaque fois que je croise un pâtissier, je lui dis faudrait je vous lance un défi, c'est de retrouver ce gâteau là. C'était des plaques de meringu au praliné mais d'une meringue croustillante he pas meringue molingue croustillante mais des plaques avec de la crème au beurre, des couches de crème au beurre au pralinet recouvert de crème au beurre au praliné.
Elle faisait le pralinet avec les noisettes du jardin. Elle faisait le même. Et de la crème au beurre au pralinet.
Mais c'était une tuerie et et d'une légèreté. Je vous jure la crème au beurre, c'est quand même l'invention la plus belle de l'histoire de l'humanité. Alors Natacha, votre dernier repas du condané en entrée, vous choisissez quoi ?
C'est difficile ça. Oui. Bah c'est difficile mais là c'est le dernier repas, il y a plus le choix.
Donc demain vous serez plus là. Il faut se faire plaisir une dernière fois. En entrée.
En entrée. Euh on va le garder mais vous pouvez enchaîner. Euh je pense qu'on peut aller sur un quelque chose comme un un pâté en cou.
Non non non, je sais je sais je sais ce qu'on va prendre en entrée. Un oreiller de la Belle Aurore. Alors je sais que normalement c'est pas c'est pas une entrée, he c'est un plat mais moi je le prends en entrée comme ça on peut prendre d'autres choses derrière.
L'oreiller de la Belle Aurore c'est un des plus beaux plats de la cuisine française. D'accord. Donc c'est quel coin ?
Alors c'est un plat de chasseur en fait et Paul Bocus on faisait par exemple des merveilleux. On prend vraiment tous les produits de la chasse. Ouais.
Donc vous allez avoir du pair, vous allez avoir de la belle. Et on met ça dans un feuilleté en forme d'oreiller. Et alors l'histoire est très belle parce que pourquoi ça s'appelle oreiller ?
Ça ça c'est une forme de toure. C'est une sorte de pâté en croûte de tour. Voilà. que vous servez avec une sauce.
Merci beaucoup. Hop, je vais vous prendre la nuit sur Merci beaucoup. C'est un déchir d'une finesse extraordinaire puisque donc c'est les plus beaux oiseaux de la chasse et il faut un savoir-faire pour cuire ça.
Mais on trouve c'est dans Paris par exemple, on peut trouver ça. De temps en temps, vous avez des des chefs cuisiniers qui en font. OK, je vais aller essayer d'en trouver une.
OK. En fait, il faut que je me souvienne de l'histoire parce que là, tout à coup, j'ai un peu de mémoire mais celui qui a créé ce plat était amoureux en fait de la mère d'un chef cuisinier très célèbre, j'ai le nom m'échappe, qui s'appelait Aurore. Et donc, il avait fait ce plat, cet oreiller de la belle Aurore qui était extrêmement suggestif pour lui dire que voilà, c'était donc c'est ce plat est magnifique.
Donc bon appétit. Merci. L'oreiller de la Borentra.
Exactement. Moi, je prends la soupe au pistou de ma grand-mère. Mais je comprends.
Une soupe au pistou quand c'est très bien fait, c'est absolument génial. Avec un jarré dedans pour que ça s ou oui. OK.
Alors le plat. Alors le plat, bah d'abord on va prendre un poisson quand même poisson et viande, on est d'accord. Ah oui, vous faites Ah oui, d'accord.
Oui oui, vous êtes le condamné un peu un peu Ouais, c'est c'est le dernier. Il autant que ce soit beau. Ouais, d'accord.
D'accord. Donc ensuite ensuite on va se mettre alors peut-être tout simplement une très belle seule menière parce que quand c'est bien fait une seule menière c'est absolument splendide. Bon ensuite sinon si vous voulez me remplacer la seule menière par un homar à la nage tout simplement moi je suis pas contre mais une simple seul menière c'est voilà alorsico par exemple ouais fait des bisqu c'estàd que quand on mange des gants bass il récupère les voilà et il fait de la vis il fait de la visque avec absolument tous les crustacés qu'on mange.
Et c'est génial c'est divin. Et ça veut dire là aussi économiqueou le plat il vous resserre deux ou trois fois quoi. C'est bien sûr c'est ça qui est bien.
Vous comptez les si je fais choisis les pâtes à la vongole mais bien les belles belles coques. Ça ça marche dans les poissons ou pas ? Oui ça marcher.
OK. Bon ben moi ce sera ça. OK.
Alors après la viande après la viande bah alors il y a des choses absolument magiques. Mais voyez dans dans le le répertoire de la cuisine française vous avez la coularde dans Vessi par exemple. C'est quelque chose de fabuleux.
Ah oui vous y allez. Ouais. Ah mais c'est beau ça.
C'est très très beau. Puis vous imaginez, moi je trouve ça absolument génial de se dire qu'il y a un mec un jour qui a eu l'idée d'utiliser une vessie vess de porc pour faire cuire sa coulardde dans les tuber mais je trouve ça fabuleux. Vous imaginez le le les siècles de de civilisation pour arriver à la poularde d'envessi ?
Ouais. Ouais. C'est en plus poular essou de demi parce que je vais tenter un truc.
Ben c'est ça. Poulard de demi-deœuil. C'est-à-dire que on glisse des lamelles de truffe sous la peau.
Alors sinon, on peut faire plus simple parce que dans mon repas du condamné, il pourrait y avoir un plat qui est servi dans un des plus grands restaurants du monde pour moi qui est l'auberge du pont de Louise à la cave. La cave, c'est près de Souyac. D'accord.
Et c'est une petite auberge familiale et ils font des plats. Alors vous avez le par exemple le foie gras en cocotte façon grand-mère le pied de porc truffé et alors il y a un plat qui est absolument génial. Une pomme de terre en pétale de truff.
Donc la pomme de terre elle est creusée à l'intérieur. Il y a je sais pas ce que c'est à l'intérieur une sorte d'appareil un peu lacté. Elle est recouverte de pédales de truffe dans une sauce périgourdine, c'est-à-dire à la truffe aussi.
C'est un chef-dœuvre. Je pleure à chaque fois. Chaque fois que je goûte ça.
Et alors, vous savez que ce platl n'est plus à la carte de ce restaurant. Pourquoi ? Parce qu'ils ont des problèmes de personnel comme tous les restaurants de France.
C'est très difficile de trouver des jeunes qui ont qui ont envie de bosser le soir, le weekend, c'est pendant que leurs amis s'amusent. Et du coup, le chef est obligé de vraiment de d'aider en cuisine. Or, ce plat est très compliqué.
Il y a que lui qui peut le faire. Mais comme il est obligé de s'occuper du reste, il peut plus le faire. Donc il faut le commander à l'avance quand on y va.
Et ça, je trouve que c'est un crève cœur. Et ça raconte voilà une déperdition, une perte de savoir-faire parce qu'évidemment comme il est plus à la carte, les gens qui connaissent pas vont pas le demander. Donc au bout d'un moment, ça disparaîtra.
C'est c'est triste mais vous voyez tout le monde peut pas se payer des restaurants. Mais ceux qui ont un tout petit peu de moyens s'il décident d'y aller un peu moins souvent mais de s'offrir une belle voilà un resto où on mange des plats authentiques des c'est vous voyez les l'impact qu'on a sur l'économie mais c'est la même chose que les vêtements. Tout le monde peut pas se payer des vêtements médine France évidemment, mais ceux qui peuvent s'ils font le choix de basculer une part de leur consommation vers des produits fabriqués en France, mais vous sauvez l'économie française.
Il y a plus de problème de retraite, il y a plus rien. C'est bon. Et ceux qui les fabriquent pourront gagner plus d'argent et donc se payer des frins, et donc et donc il y aura moins de chômage.
Donc vos charges sociales sur votre fiche de paye seront moins élevées. Vous voyez, elle est où votre marinère là ? De quoi ?
Elle est où votre marinière ? Ah mais j'ai pas besoin d'une marinière. Moi j'ai fait j'ai fait moi-même tout ça.
Mais évidemment que vous voyez par exemple ma ceinture, bah elle est elle est fabriquée en France par un artisan. Mon parapluie, il est fabriqué en France. Moi, j'ai les moyens.
Donc je passe mon argent là-dedans plutôt que de le passer dans des conneries. Voilà, c'est un choix. Et ben si tous les gens qui ont un peu de moyen faisaient ça, l'économie française serait florissante.
Ça s'appelle le patriotisme économique. Quand vous allez en Italie, vous voyez que les gens pratiquent ça spontanément. D'abord, il y a beaucoup moins de grande distribution.
C'est hors la grande distribution, le problème c'est que pour prétendre sauver votre pouvoir d'achat, ils font venir des produits du reste de la planète. Donc il vous ruinent. En Italie, les gens, ça leur viendrait pas à l'idée dans l'épicerie d'aller acheter des produits qui viennent du beau du monde.
Ils achètent des produits italiens, c'est tout. Oui, peut-être parce qu'ils ont même pas le choix. Parce qu'ils veulent pas avoir le choix, c'est tout.
Ils ont pas envie. Et ils considèrent que ça fait partie du mode de vie. Nous en France, on nous a expliqué que c'était beaucoup plus moderne.
Voilà. Bon, on continue. Moi, je pense que je prends des abass.
Soit du foie, soit des Je pas trop riau, mais les roignons. Alors, c'est très simple. Soit de veau.
Ouais. très épais pour qu'il puisse pour qu'il puisse être croûté à l'extérieur et il faut pas le démarrer sur une poêle chaude. Fait la froid avec une petite periade simple.
Je suis pas d'accord. Ah ok. Moi c'est moi c'est ma grand-mère qui m'a toujours dit il faut commencer à froid et tu la pas d'accord.
Au contraire très chaud chaud snack justement snacké c'est-à-dire qu'il est croûé à l'extérieur. Oui mais alors en effet là il faut qu'il soit épais parce que si sur un fois fin là c'est le plus croûé c'est terminé. Bien sûr on est d'accord.
Bon alors la suite le fromage pas tout le plateau. Non non là c'est trop simple. Allez je vous deux choix.
Alors si j'ai deux choix. Ah c'est mais c'est un cr de cœur. Trois.
Vous en mettez trois. Allez trois. Tror grand prince.
On prend un camemberber avec un verre de cidre. Ouais mais un cidre vous voyez vraiment c normal qui sont la ferme. Exactement.
Et avec un camemberamber. de Normandie, c'est-à-dire euh aucru de de vaches Normande. D'accord.
Et si possible du pas le le celui qu'on trouve au supermarché qui commence par trait et qui finit par Zan. Voilà. Donc avec du du cidre parce que en fait le bonheur du fromage c'est le mariage des terroirs.
Il faut prendre le terroir. Il y a pas de vin en Normandie. Votre camember il est heureux sur le site.
D'accord. Ensuite, j'irai sur un compté avec un vin jaune. Ah, le compté c'est devenu comme dirait aujourd'hui un peu mainstream quoi.
Il est en train de remplacer les mentales quasiment. Oui, mais partout partout. Compé un peu vieux si vous le mariez avec un vin jaune.
Alors, c'est très particulier le vin jaune hein, faut tout le monde n'aime pas mais ça a des arômes de noix de sous-bois, c'est incroyable. Et le mariage entre les deux, c'est complètement. D'accord.
Ça c'est le deuxième. La deuxème et troisième obligé une pâte persillée. Et alors la pâte persillé, on peut prendre là, il y a différentes choses mais pâes persillé vindou naturel c'est-à-dire si on va sur un rockfort on prend un sa.
Ouais. Mais on peut aussi faire on peut aussi se promener. On n'est pas obligé de rester en France.
On prend Attention attention vous sortez de vos bases. Mais parce Oui, mais parce que il faut Moi, je suis ouverte. Ouais ouais que je suis pour que on exploite tous les terroirs.
Chacun a son terroir. Et ben vous prenez un Ston. Il y a des merveilleuse fersiller en Angleterre.
Stton Schropshire et ça d'accord. Mais là vous le mariez avec un Porto. D'abord parce qu'on sait très bien ce sont les anglais qui ont inventé le vignoble de Porto.
D'accord. Et à mon avis ils l'ont inventé pour pour le Stop. D'accord.
Et là essayez franchement vous allez voir le mariage pas persiller v tout naturel mais c'est un truc mais bonheur absolu. Sinon vous si vous préférez on peut faire fourme d'amenber avec un bagnous. Ouais je vois l'idée.
Non mais j'ai l'idée. J'ai l'idée. OK.
Moi je me contente d'un mais faut le c'est un hectaire au reblocchon. Moi je suis je suis de j'ai j'ai grandi à haute de Savoie la capitale du Roblochon qui est T. Donc je voilà, c'est un peu alors là faut le c'est là pour le coup c'est il faut défendre le reblochon.
L'air d'appellation se réduit comme de chagrin. Donc au contraire faut aider les producteurs. Allez reblochon.
Dessert dessert. Bah le gâteau de ma grand-mère évidemment le fameux les plaques de moringue. La crème au beurre au praliné.
De toute façon, il faut de la crème au beurre dans le dessert, c'est obligé. Maintenant on essaie d'avoir un peu de fraîcheur quand même ce que après tout ce qu'on vient de se manger. Non, c'est justement c'est léger, c'est frais, c'est du beurre.
Alors si on ensuite si on veut Ouais faire des voilà écoutez une une très bonne pavlova c'est bien aussi hein. OK on se met d'accord sur la paova. Bah oui.
Allez mais il faut que la meringue soit à la fois croustillante et moi j'aime bien quand elle est un peu collante à l'intérieur. Bien sûr. Oui oui l'autre jour mon frère a fait une fruit rouge ou plutôt fruits mangue kiwi et tout.
Alors pas mangue kiwi mais en range fruit de saison. Ah fruit de saison. faire fruits rouge en été, pêche et cetera et on peut aller vers la poire.
Non, la pomme non, il faut un fruit fondant. Bah oui, c'est ça. Fondant et juteux.
La poire. La poire. Très bien.
La poire, j'avais fait. Bah si. D'accord.
Bon ben voilà, on a un joli repas du cours d'année. C'est ça. Là, je pense qu'on peut partir en beauté.
C'est parfait. Je voulais reparler un peu de l'audace. Comment ça va marcher là ?
Parce que vous lancez une revue, il faut de l'argent. Oui. Vous avez de l'argent ?
Non. Ah, soyons clair, on est quatre coactionnaires. Il y en a un qui est entrepreneur dans la tech, il est installé en Allemagne, il a gagné un peu d'argent et il avait envie de l'investir, d'accord, dans un projet qui correspond à ses idées.
OK. Donc il apporte une somme de base et ça nous permet de démarrer la revue. Ensuite on lance un crowdfunding parce que l'idée c'est que la revue doit vivre de ses lecteurs.
Donc on fait appel à ceux qui vont à la fois s'abonner et donner s'ils veulent un petit peu plus parce qu'ils soutiennent le projet. Et une fois qu'on aura consolidé notre modèle grâce à ça, grâce à nos abonnés, là on pourra éventuellement accueillir des investisseurs s'ils ont envie de nous soutenir mais ils ne déstabiliseront pas le capital. Le but c'est de garder les quatre coactionnaires de départ parce que c'est comme ça qu'on peut avoir une revue indépendante.
Si c'est pour dépendre à nouveau d'un actionnaire qui du jour au lendemain peut dire "Non mais ça me plaît pas, je veux pas que ce soit écrit." C'est non. Euh comment ça marche ?
C'est sur quoi ? Ulleul. Il y a une page Ule.
Ouais, vous pouvez vous pouvez taper la page Ulul, vous tapez Ulul l'audace et vous nous trouvez revue l'audace. D'accord. Vous nous trouvez tout de suite.
Et là et là on peut contribuer quoi ? Vous pouvez contribuer. Est-ce que vous allez faire de la concurrence au Figaro ?
Non. Bah c'est pas la même chose. C'est une revue trimestrielle donc vous pouvez contribuer sans aucun problème.
D'accord. Et ben je contribuerai à hauteur de pour la liberté d'expression. Ça c'est beau.
Voilà. Oui, parce qu'il y a une contribution pour ceux qui peuvent pas forcément donner beaucoup, qui peuvent pas s'abonner mais qui ont envie de soutenir de d'une démarche citoyenne. Puis après, vous pouvez vous abonner pour 1 an, vous abonner pour 2 ans, vous pouvez donner un peu plus.
Nous en échange, il y a des il y a le principe d'une campagne de crowdfunding, c'est que quand vous donnez plus, vous avez des choses, un petit cadeau. Donc mais parce que j'ai vu votre vidéo, enfin vous me dites que vous faites pas de pas d'engagement politique, mais il y a quand même des moments où c'est un programme quoi. Attendez, notre pays n'est pas condamné à la puissance. communauté politique qui décide librement de son destin.
Ça passe par le redressement de l'école, le renouveau des territoires, une économie tournée vers la production. Excusez-moi là on est dans un club de campagne là défend les intérêts de la France revue engagée. Oui.
Non mais là là je suis en train de me dire où il est où le bulletin Polonie pour les prochaines élections quoi. Écoutez déjà je vais vous dire avec ça on va faire ce que ne font plus les partis politiques et c'est bien un des problèmes que nous avons. C'est-à-dire tout simplement se poser réfléchir au temps long.
Voyez on essaie de comprendre comment on en est arrivé là. Donc décrypter tous les mécanismes qui ont abouti à une situation où on a une crise économique, une crise démocratique, une désindustrialisation. On est le pays le plus désindustrialisé d'Europe.
Il y a juste la Grèce qui est en dessous de nous et encore on va finir par voilà. Donc on essaie, il faut analyser pourquoi vous avez des gens qui vous expliquent, c'est c'est la compétitivité et cetera. Vous avez la gauche qui vous explique, c'est pas grave.
Ce qui compte, c'est de mettre des impôts supplémentaires et ça va tout sauver. Pour ma part, je considère que le problème de la France, c'est certes qu'on dépense mal l'argent, mais c'est surtout qu'on en gagne pas assez. Et qu'on en gagne pas assez parce que ça fait 40 ans qu'on laisse le pays se désindustrialiser parce qu'on n pas réfléchi et d'ailleurs, on est en train de faire sur l'agriculture exactement la même chose hein parce queon l'a pas dit sur la gastronomie mais pour notre repas du condamné là, mais si on veut qu'il y ait des beaux produits pour notre repas, ben faudrait peut-être se soucier un petit peu des filières agricoles.
Ouais. de ce que font les paysans. Alors là, on est en train de les laisser crever totalement et on va se réveiller dans 10 ans, dans 15 ans en disant "Oh là là, mon dieu, faut recréer des filières agricoles exactement comme on fait sur l'industrie.
Si on prenait le problème maintenant, ce serait peut-être pas mal." Donc l'idée c'est vraiment de réfléchir sur le temps long, c'est-à-dire sortir de l'écume du commentaire d'actualité, machin à torpiller truc, regardez, il y a la petite phrase de bidule. Voilà, on essaie de comprendre et de se dire qu'est-ce qu'il faut planifier. sur les 10 20 prochaines années pour être indépendant.
Moi ce qui m'importe c'est l'idée que on n'est pas libre si on dépend du reste. Vous avez vu, j'ai pas envie de dépendre de l'industrie textile donc j'apprends à faire moi-même mes vêtements. Voilà, je sais cuisiner comme ça au moment où il faut, ben je sais faire.
Si je pouvais bricoler, je C'est presque du survivalisme quoi. Alors je je dois avoir un petit fond survivaliste. C'estàdire que je crois profondément, ça veut pas dire que je pense qu'on peut réussir tout seul.
Et d'ailleurs, je suis pas de ceux qui pensent que la France peut réussir toute seule. Il y a des trucs qu'on saura jamais faire. Donc on a besoin des autres.
Il faut commercer. En revanche, pour commercer de façon équilibrée, il faut pas dépendre des autres. Il faut pouvoir faire un accord d'égal à égal.
Donc pour ça, il faut soi-même produire ce vraiment l'essentiel et après on peut créer des liens. C'est un mot, je sais pas si on l'a vraiment utilisé souverainisme. Ça c'est votre c'est votre parce que ça veut tout dire et ind il y a 1 souverainist.
Non mais c'est surtout que voilà maintenant le mot a été. Est-ce que Trump est-ce que Trump est souverainiste et dans votre camp ? Alors il y a pas de moi j'appartiens à aucun camp déjà.
Ensuite vous voyez vous voyez l'absurdité du mot souverainisme. Les mot en isme sur manger la t bon. Je sais que vous parlez mais par on une dernière étape.
Oui oui puis surtout voilà on va mourir de faim après c'est il faut pas non non mais mot abîmé mot abîmé parce que dans la tête des gens d'abord les gens ne comprennent plus ce que ça veut dire. Moi je suis pour la souveraineté du peuple parce que c'est la définition de la démocratie. Je suis démocrate c'est tout.
La démocratie c'est le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple. Donc c'est le peuple souverain qui décide de son destin. Mais pour qu'il puisse décider de son destin librement, il faut que la nation ne soit pas entravée dans un pays occupé.
Le peuple n'est pas souverain. Donc il faut une nation qui soit indépendante. D'ailleurs, mais surtout les penses en fait ce que vous me dites, c'est économique, politique, démocratique, moral, enfin quoi.
Voilà, on devrait définir. Exactement. Et vous voyez, c'est vrai à l'échelle de l'Europe.
L'Europe sert à quelque chose si elle nous garantit de ne pas dépendre du reste du monde sur des éléments fondamentaux. L'énergie, l'armée, la monnaie, l'alimentation, le numérique. Ce sont les cinq éléments essentiels où on devrait s'assurer de ne pas dépendre.
Vous voyez que c'est évidemment le contraire de ce qu'on fait. On est en gros sur depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale euh une grande trajectoire de mondialisation, de globalisation en terme qu'on veut, mais est-ce que là il y a pas un petit enfin un petit retour de bâton et le on se rapproche du grand soir souverainiste. Il y a de plus en plus de gens qui disent "Bah il faut être souverainiste après le Covid avec l'arrivée de Trump." Ça y est, c'est le moment là.
C'est votre moment. Ben c'estàd que on a arrêté de croire que la division mondiale du travail était un truc génial parce que la mondialisation c'est un fait. Je veux dire les l'augmentation des échanges, c'est un fait, mais la globalisation, c'est-à-dire l'idée d'unification du monde dans un grand marché où on organise la dérégulation parce que ça arrange des multinationales qui du coup peuvent faire fabriquer par des semi-esclaves au bout du monde.
Ça, on s'aperçoit que c'est une dinguerie, c'est-à-dire que ça crée du chômage chez nous et à la moindre crise internationale, on se retrouve incapable de se de s'en sortir. Imaginez un petit peu ce qui se passerait là. Si on entrait dans un conflit ouvert avec la Chine, on tient combien de temps exactement sans les produits chinois, sans tout ce que la Chine voit chez nous ?
Voilà, faut se faire le film de temps en temps. Or, on a construit l'Union européenne autour de cette idée de la libre circulation des hommes, des capitaux et des marchandises. Ce qui permettait aux entreprises, aux grands groupes multinationaux de contourner les droits sociaux qui ont été conquis pendant de siècles parce que c'est ça le but, c'est de dire on faire on va faire fabriquer ailleurs parce que ailleurs ils ont pas de droits sociaux.
Et on a réussi à organiser, ce qui est complètement fou, un dumping extérieur avec la Chine maintenant, le le Bangladesh, le Vietnam et cetera, mais aussi un dumping intraeuropéen, dumping social avec les pays de l'Est, dumping fiscal puisqu'on a des paradis fiscaux en Europe, l'Irlande, les Pays-Bas, surtout le Pays-Bas, le plus grand paradis fiscal à l'intérieur de l'Europe. Et si vous regardez la balance commerciale des Pays-Bas en 2022 par exemple, 120 milliards de déficit commercial des Pays-Bas vis-à-vis de la Chine. C'estàd que ils font rentrer mais des milliards de produits et ensuite 326 milliards d'excédents commercials vis-à-vis du reste de l'Europe.
Ça veut dire qu'il refourgue à tout le reste de l'Europe les produits chinois. accessoirement, il touche puisque c'est le la règle du de l'article 28 du traité de fonctionnement de l'Union européenne, il touche 25 % des droits de douane. Le reste va à l'Union européenne, c'est le principe.
Le premier pays entrant touche 25 % des droits de douanes. Donc c'est leur modèle économique. Ils vivent de notre désindustrialisation.
À un moment, vous avez entendu un politique français vous dire là, il y a un problème, on l'a identifié, on va pas sortir de l'Union européenne, on va pas sortir de l'euro, mais on on va faire valoir nos intérêts. Donc on engage un bras de fer pour mettre fin à ce système là. Il y a de plus en plus de patrons, des patrons, des économistes qui demandent à l'Europe d'être plus protectionniste.
Est-ce que ça c'est déjà une première victoire pour vous ? Je sais, c'est pas une victoire pour moi, c'est une victoire pour l'ensemble des citoyens des pays européens. C'est-à-dire que encore une fois le protectionnisme, encore un mot enme qui est devenu un gros mot.
La question n'est pas là. Moi je suis libéral. Je crois à la concurrence libre et non faussée.
La dérégulation crée une concurrence faossée. C'est-à-dire que on explique au producteurs français, vous avez pas le droit d'utiliser tel pesticide, vous avez pas le droit, vous devez organiser votre usine de façon à ce qu'elle respecte l'environnement. C'est très bien, je suis pour.
Mais en revanche sur les étales des supermarchés, il y aura des produits qui vous feront concurrence qui n'ont respecté aucune de ces règles et qui du coup seront moins chèes. Donc vous vous allez crever parce que les gens vont aller acheter les produits moins chers. À quel moment on croit que c'est normal ?
C'est c'est d'abord c'est irresponsable. Si on considère que ces produits sont dangereux pour la santé, bah on les fait pas rentrer comme ça. On on naaccepte pas de les de les faire venir chez nous.
Sinon, c'est que c'est une c'est que c'est c'est qu'on ment aux gens. Donc et puis surtout le principe c'est quand même que on veut financer notre modèle social. Donc on a conscience que pour financer notre modèle social, il faut éviter le chômage de masse.
Donc on évite de se ruiner bêtement en acceptant des produits qui créent du chômage de chez nous. C'est c'est du bon sens à l'état pur. Mais tout le monde parle du bon sens.
Non mais voilà, mais je je sais pas le bon sens est devenu un slogan. Mais concrètement, vous êtes d'accord que Ouiou mais là ça paraî évident, c'est A + B. Enfin oui, ça paraît évident et pourtant ça fait 40 ans qu'on fait le contraire.
Je rien à voir mais comme je vous entends parler de l'indépendance, vous avez parlé de l'indépendance pour votre vue, l'indépendance de la France, vous avez vous voulez plus d'actionnaire vous parce que vous avez eu un problème à Marianne, faut que vous nous expliquez il s'est passé quoi à la fin avec Marianne ? Ben écoutez, j'ai été remercié voilà parce que oui parce que Ah oui oui, c'était pas très clair. C'était on discute mais vous êtes fait écarter.
Mais c'est la c'est la loi du genre, c'est l'actionnaire l'actionnaire est tout-puissant. On le sait tous. Nous savons que les entreprises de presse sont des entreprises et que donc ell n en général elles n'appartiennent pas aux journalistes, on le sait.
Après, j'ai été embauché par Daniel Schrettinski qui a racheté Marianne après un dépôt de bilan en 2018 et qui a considéré à l'époque que j'étais celle qui était la plus à même parce que je connaissais le journal de l'intérieur. J'avais c'était toute ma vie Marianne donc il a considéré que j'étais la plus à même de conduire ce journal de lui faire retrouver son identité. OK.
Je l'ai fait pendant 6 ans et demi. Sauf qu'évidemment bah un journal comme Marianne, c'est un journal qui critique le pouvoir en place quand il doit être critiqué, qui euh s'est fait une vocation de de ne pas se cacher derrière son petit doigt et de dire certaines vérités. C'était ça qu'avait voulu Jean Swan.
Bah oui. Donc vous savez un actionnaire quand il reçoit des coups de téléphone comme ça pendant 6 ans de gens indignés parce que il y a eu un article qui déplaisait, au bout d'un moment ça devient compliqué et il a tenu 6 ans et demi et c'est admirable et je le remercie. Donc vous êtes pas parti fâché.
Mais non. Ah oui, d'accord. Bah non, je ne peux pas être fâché contre quelqu'un qui m'a fait confiance pendant 6 ans et demi.
OK. et qui a tout fait pour ne pas intervenir. Il m'a laissé faire le journal que je croyais devoir faire.
Au bout d'un moment, ça pose un problème. Je trouve ça triste. Ça relève du système français.
En effet, certaines personnes considèrent que ce qui est écrit dans un journal est scandaleux et qu'il faut le faire terre. Bon, on en est là, c'est comme ça. Mais ça veut dire que il vaut mieux être indépendant et pouvoir vivre de sélecteur comme ça, on évite ce genre de problème.
Vous avez pas fini mais là, il va falloir qu'on aille à notre dernière étape hein. Oui, je sais mais j'ai pas fini mais vous me faites parler. Oui, oui, je j'ai plein de questions.
Vous savez que normalement un repas, je vous le disais, c'est une cérémonie et on se consacre justement à ce que le cuisinier s'est donné la la peine de faire. On peut le faire comme les comme les Japonais où ils ne parlent pas pendant longtemps. Exactement.
Puisqu'on communitie par ce qu'on est en train de goûter. Ben oui, c'est une nouvelle religion en fait. Alors il y a quelque chose de spirituel.
Ouais. Oui. Mais une spiritualité immanente.
Il y a pas besoin d'une transcendance. Il y a pas besoin de Dieu. Mais quand on quand on goûte des plats qui en plus ont été qui sont des ce sont des produits qui ont une histoire, vous savez, il y a tout un savoir-faire.
Je veux dire, les vins français, ils viennent, ils existent parce que des moines de clun ont planté de la vigne partout en France et ont testé pendant des siècles pour savoir à quel endroit il fallait planter quelle sépage. Et ils ont transmis ça au fur et à mesure. Et nous quand on goûte ça, on a on a toute cette histoire là.
On a le travail du vigneron qui a planté des vignes et qui a fait un vin sans savoir s'il serait encore vivant quand on boirait ce vin. Donc c'est une transmission. Donc c'est vrai que quand on partage ça, bah on se raccroche à un cycle de vie.
Voyez, c'est pour ça que je le les végétariens par exemple, je ne pas moi je ne peux pas être végétarienne parce que je sais que pour se nourrir, il faut détruire du vivant. Pour créer du vivant, il vous mangez pas des cailloux, vous mangez du vivant animal ou végétal. Donc vous appartenez à un cycle de vie et de mort.
Il faut l'assumer. Donc j'assume qu'il a fallu que du vivant meure pour que moi je perpétue ma vie. Donc le mon rôle c'est de faire en sorte que ce vivant n'ait pas été tué pour rien, que cet animal ne soit pas mort pour rien, que ce végétal est respecté dans sa dans sa nature, qu'il puisse donner le meilleur de lui-même.
Donc il est pas passé 15 jours dans un camion frigo. Voilà. Et là je rends hommage à ça.
Et donc j'appartiens à un cosmos, c'est-à-dire un cycle qui se met en place. Voyz c'est une spiritualité mais sans la transcendance. On y va ?
Ouais, on y va. Bon, allez. Et d'ailleurs, ça me fait penser mais faut que je pose la question parce que là je vous écoute.
Vous lui parlez toujours à Emeric Caron ou pas ? Euh, écoutez, on s'est pas croisé depuis depuis des années. Ouais.
Bah je sais que je comprends parfaitement le le combat des végétariens et je le rejoins sur le respect des animaux de la cause animale. Oui. Et après je vous ai expliqué ma différence.
Merci beaucoup. Vous az passé une ag un agell. Ça s'est bien passé.
Très bien. Merci. Magnifique.
Merci. Un très beau magnif et j'adore votre vision. Bah à une prochaine alors.
Ouais bah oui à une prochaine. Je cherché. Oui mais avec Emric Caron on est au-delà maintenant.
Alors justement c'est tout le problème c'est de se retenir de toute forme de sectarisme et quand en fait la pensée devient je vais prendre ça ça ira. C'est une agréable. Merci beaucoup.
Au revoir. Encore une fois c'est pas lui d'ailleurs et je voyais au revoir. Je refuse de de parler des individus.
Je c'est pas un problème de c'est la question du courant euh végan parce que c'est ça qui est intéressant. Ça devient une forme de religion. Merci.
Merci beaucoup. Bonsoir. Quelle religion ?
Le véganisme. Le véganisme. Voilà.
Au revoir. Bonne soirée. Bonne soirée.
Oui, mais en fait ECON aujourd'hui, il ne parle plus jamais de ça. Il est il est entré dans autre chose. Non, mais c'est autre chose.
C'est pour ça on va J'ai pas envie. Vous voyez le problème c'est que depuis des années, on m'interroge sur lui parce que nous avons été ensemble, on n'est pas couché et derrière c'est repris sur des sites internet qui seisent des petites phrases. Donc moi ça m'intéresse pas de de nourrir les sites internet.
Em Caron de points, ça m'intéresse pas. On va pouvoir le sortir comme ça. Très bien.
Voilà. Ben c'est exactement ça, vous voyez. Mais en général, c'est ça.
Donc non, j'ai pas envie d'entrer dans une polémique. Ce qui est intéressant, c'est le les les grands mouvements. Et donc donc le la question par exemple, je comprends vers où vous voulez aller.
Je comprends c'est la question de la place qu'a pris le conflit israélo-palestinien dans l'espace politique français bien entendu. Et là je pense qu'on lui ne parle plus que de ça. enfin lui et d'autres d'ailleurs mais c'est comme en effet il y a un lien et avec lui je vous pose la question si vous avez lu tout ce que j'ai écrit et notamment ce que j'ai écrit dans Marianne quand je dirigeais encore la rédaction euh je pense avoir tenu on va dire avoir tenu les debouts comme on dit c'est moi j'ai passé vraiment toute ma carrière de journaliste à alerter sur la montée de l'antisémitisme en France vraiment et à l'époque on m'expliquait que C'était pas vrai.
J'ai été la première journaliste à écrire sur le livre Les territoires perdus de la République et mes premiers reportages de jeunes journalistes, c'était dans des collèges et lycées de banlieu justement pour essayer de comprendre ce qui se passait, comment l'islamisme faisait naître un nouvel antisémitisme. Je dire, j'ai écrit au moment de de du massacre de l'école aux aratora et au moment où en fait voilà tout le monde a regardé ses pompes. C'est c'est à ce moment-là qu'il aurait fallu 4 millions de personnes dans la rue.
C'était la première fois depuis la seconde guerre mondiale que des enfants juifs étaient tués en France parce qu'ils étaient juifs. Il y a un petit garçon de 3 ans avec sa tétine dans la bouche. Donc j'ai écrit toute ma vie là-dessus parce que je voyais le truc monter.
Et ça ne m'a pas empêché de dénoncer les crimes de guerre commis par Benjamin Netaniaou. et je les ai dénoncé à un moment où je m'en suis pris plein la figure d'avoir dénoncé ça et d'avoir dit d'avoir nommé le fait que c'était un crime c'était des crimes de guerre que à la fois le les bombardements massifs le fait de couper l'eau, l'électricité à une population civile le fait d'aller bombarder le Liban, un pays souverain, voilà, je crois qu'on peut dénoncer les deux. Hm.
En fait, je ne vois pas pourquoi il faudrait choisir ses victimes et je refuse ça. Donc, je suis consterné de la façon dont euh tourne le débat sur la scène française parce qu'en effet chacun choisit ses victimes. On est camp contre camp dans une espèce de guerre de religion.
Tout ça instrumentalisé par un clientélisme électoral et c'est profondément dangereux. C'est profondément dangereux parce que ça nourrit le communautarisme. C'est-à-dire que la République repose sur le fait qu'il n'y a qu'une seule communauté, c'est la communauté nationale.
H Sinon, nous sommes des individus. Nous sommes libres de ne pas appartenir à une communauté et de ne pas ressembler à notre supposée identité. C'est fondamental.
C'est le fondement même de la République française. Or là, vous avez des partis politiques qui renforcent les uns et les autres dans leur supposée identité parce que ça fait des des des parts de marché électoral, c'est tout. Et c'est en train de de d'aboutir à une des des tensions, des violences qui vont se payer, qui vont à un moment donné se payer.
Donc il faut arrêter cette dinguerie. Et je crois profondément qu'on peut à la fois considérer que Benjamin Netaniau est un criminel de guerre, que il est en train en plus, je veux dire, de de conduire Israël à sa perte. C'est-à-dire que si vous considérez qu'Israël a été un projet euh formidable, un projet de démocratie émancipatrice, si vous adhérez à cela, vous ne pouvez pas considérer que cette que que la guerre qu'il mène est est juste et bonne pour pour Israël.
Et d'ailleurs dans la société israélienne, il y a des débats. Si vous lisez, je dire les mots de de quelqu'un comme Eli Barnavi, c'est ils sont extrêmement violents. Voilà.
Et on peut dire ça et alerter sur le fait qu'il y a en France une vague d'antisémitisme totalement dingue. Mon pharmacien de quartier se fait taguer sa plaque avec des croix gamés à l'envers en plus parce que ce sont des abrutis incultes. Mais parce que tout ça parce qu'il a un nom juif.
Non mais c'est c'est complètement fou. Donc arrêtons cette dinguerie. Arrêtons d'importer tout cela.
On sort. C'est un lieu qui va poursuivre ce que vous êtes en train de nous dire. Ouais.
Ouais. Lieu magnifique mais tragique terrible. Saint-Germain Loxerrois.
C'est de là qu' a été sonné le début de la Saint-Barteléie. C'est et c'est une date tragique dans l'histoire de France. Donc vous avez un petit peu plus loin la statue de l'amiral Colini qui a été assassiné.
C'est le premier, c'est le c'est le premier acte. Il est massacré et tous les protestants qui était dans Paris qui était réunis pour les noces de Henri I et de et de la reine Margaot sont massacrés. la scène était rouge.
C'est ça a été une horreur. Donc il faut imaginer, vous aviez ici évidemment des tas de de construction de petites maison hein puisque tout ça était était construit et les les gens entraient dans les maisons, poursuivaient les poursuivaient les les gens qui se cachaient, les femmes, les enfants, tout le monde. Voilà, c'est une horreur la Saint-Bartéie.
Et en fait les guerres de religion, il faut lire les textes, il faut lire Agrippadinier, il faut pour comprendre ce que ça a été parce que on ne comprend pas l'histoire de France si on ne comprend pas que nous avons connu ça, le fait de s'égorger pour un même Dieu. Et le problème, c'est que d'abord nous sommes restés un peu irrités de ça. C'est que moi ce qui m'est frais, c'est que c'est de voir revenir dans le débat politique le la question existentielle.
C'est qu'on n plus dans des débats. Vous voyez la démocratie c'est du conflit civilisé. C'est-à-dire que en gros on appartient à une même société, on débat, on n'est pas d'accord, on peut s'affronter, on s'engueule même.
Mais à la fin, il y a un principe majoritaire. C'estàd que sur tel sujet, c'est telle majorité qui se dégage. Sur tel autre, ça va être une majorité différente et on accepte parce que on appartient à une à une même communauté nationale.
Là, on revient à une forme de guerre de religion, c'est-à-dire le combat existentiel. L'autre est un ennemi et on a rien de commun et il faut le vaincre parce que sinon on se dit qu'on va disparaître. Oui, mais c'est-à-dire que moi j'ai du mal à imaginer en 2025 que puisse y avoir une nouvelle Saint-Barteléie.
Alors, il y aura pas ça tout de suite bien sûr, mais vous voyez les haines monté, vous voyez le la je dire les invectives sur des sujets. On parlait du conflit israélo-palestinien, je veux dire la violence des des discussions des enfin c'est absolument terrifiant et ça et ça monte. On voit que on a de plus en plus une incapacité à se parler entre gens qui ne sont pas d'accord.
Et vous savez, c'est la négation de la politique pour moi. C'est par exemple la phrase de Jean-Paul Sartre. Quand je dis un homme de droite, je veux dire un salot.
Benah ça c'est pas de la politique ça. Ça c'est de la guerre de religion voyez. Donc le respecter l'autre, sa vision du monde et se dire qu'on va essayer de discuter et de faire un pas chacun parce que à la fin on est dans le même pays et qu'on a donc un destin en commun me semble absolument essentiel.
Non, ça veut dire que je sais pas, je donne un chiffre comme ça, à 50 ans, on pourrait avoir une guerre ouverte. Vous pensez que c'est possible si on suit cette trajectoire, la trajectoire que vous dénoncez ? En tout cas, je vois mon TDM.
Oui. Et je sais pas, je ne je prédis pas l'avenir et j'ai aucune envie. Mon but, c'est d'éviter que ça puisse un jour possible.
Voilà, c'est tout. Donc, je refuse d'entrer dans cette logique là. Or, on le voit bien et on voit en plus que ce n'est pas seulement en France que ça monte.
On voit très bien des dans aux États-Unis par exemple une société de plus en plus clivée des gens qui ne se parlent plus, qui ne vivent plus dans le même monde. Et il faut ajouter à ça que il y a un facteur qui aggrave les choses. Là aussi c'est ce sont les réseaux sociaux, les intelligences artificielles qui permettent aux gens de ne plus vivre dans la même réalité.
H c'estd que vous avez des gens qui qui sont convaincus de ce qu'ils des vérités qui leur sont racontées dans les médias qu'ils regardent qui ne sont pas ceux des autres et qui du coup ne perçoivent plus le monde de la même manière que ceux d'à côté. Donc au bout d'un moment vous entrez dans ce combat existentiel. Vous vous savez pour moi le le plus grand roi de France c'est Henry VI qui a eu le courage justement de tenter de rassembler ceux qui font la paix ont beaucoup plus de courage.
Izaak Rabin avait été un combattant violent. Il a eu le courage de faire la paix. Il en est mort et c'est un intégriste de son propre camp.
Un intégriste juif qui l'a tué. C'est et c'est un alors euh Henri I, lui c'est un c'est un intégriste catholique qui l'a tué mais il s'est fait des ennemis dans son propre camp. Voilà, je pense que le le Mais il s'est renié d'une certaine manière.
Non, il s'est pas renié, il a il a réconcilié la France. Raconte bien sûr. Oui, mais il peut il a pu réconcilier la France en renant une partie de sa personne et de ce qu'il était.
Non, en se en tenant compte du fait d'ailleurs c'est tout aussi bien sûr, mais en tenant compte en acceptant le fait que dans l'histoire de France à ce moment-là le roi de France devait être catholique et donc s'il voulait accomplir son œuvre, il devait se plier à quelque chose qui lui préexistait. C'est-à-dire que il a effacé sa personne au nom non seulement de ce du statut royal mais de l'idée qu'il se faisait aussi de de l'avenir de la France et donc de la nécessité de de réconcilier le pays. Vous parliez tout à l'heure de du clivage aux États-Unis, d'une violence qui monte.
Vous auriez donné la parole à Charlie Kirk dans dans l'audace, vous savez, je pense que Alors Ah Charlie Kurerk, voyez. Oui, oui, oui. Non, mais si sur un sujet euh précis, un Charlie Kerk avait des arguments à faire valoir, quelque chose de une vous voyez une logique à défendre.
Oui. Oui, bien sûr. Argument contre argument.
Vous savez, je je crois pas du tout que on qu'on combatte les idées en les en les en les étouffant. J'ai au contraire ça fait 30 ans que j'entends dans des rédactions ah non faut pas parler de ça ça va faire le jeu du Front national. En moralité le Rassemblement national est à 35 %.
Belle réussite. Donc c'est pas comme ça qu'on fait. Donc non la censure ça ne marche pas. les je crois profondément que les raisons pour lesquelles des gens votent pour des partis dit populiste, d'ailleurs ce terme est idiot.
Je vais fait cadeau du peuple à des partis à ces parties là, c'est complètement idiot. Mais si les gens votent pour un parti comme le Rassemblement national, c'est parce qu'ils ont l'impression qu'ils se sont fait avoir et que on ne les a pas écouté. Donc faisons en sorte de répondre aux demandes des citoyens et je peux vous assurer que il y aura il y aura aucun problème.
Est-ce que vous C'est un peu provoque ma question mais est-ce que d'une certaine manière vous êtes une influenceuse d'une cause comme vous n'êtes pas engagé politiquement ? C'est un peu la même chose. Alors je déteste le terme influenceur.
On disait que par exemple Charlie K influenceur conservateur. Est-ce que vous êtes une influenceuse souverainiste ? Alors, je suis pas souverainiste et je suis pas influenceuse.
Oui, je vous l'ai dit, je suis pas souverainiste. Je suis je suis démocrate. Oui.
Je crois viscéralement en la démocratie. Oui. Voilà.
C'est tout. Donc en la souveraineté du peuple et la souveraineté de la nation. Mais c'est pas, je veux dire, le mot souverainisme, je sais pas ce qu'il recouvre.
Quant à influenceuse, non parce que je cherche pas à influencer les gens, je cherche à les convaincre par de l'argumentation à partir de quand ? et à surtout à leur permettre de se faire leur propre idée. C'està-dire moi je je l'idée le rôle de l'audace, c'est de donner des clés de compréhension, des propositions diverses.
C'està-dire que il y aura des arguments d'un côté, de l'autre vous avez des gens qui peuvent être ultra jacobains, d'autres ultra chirondin. Vous pouvez avoir des gens qui sont fédéralistes européens, d'autres qui sont pour une confédération d'étatnation, d'autres qui sont pour pas d'Europe du tout et cetera. Vous les mettez et quand c'est bien expliqué, replacé dans un contexte, voyez, prendre un fait et expliquer comment on en arrive là, l'explorer du point de vue économique, historique, géopolitique, et bien là votre lecteur se fait sa propre idée, c'est qu'il construit sa propre argumentation.
Vous savez Jean-François Cann quand j'ai commencé à Marianne me disait en fait quand le lecteur lit le journal il doit être d'accord avec 60 % de ce qu'il lit au-dessus de ça doit être plus que 50 % parce que sinon il achète pas le journal. Mais si il est d'accord avec 100 %, c'est que vous avez pas fait votre boulot. Parce que les 40 % restants, il faut le titiller, faut le surprendre, faut l'énerver.
Et c'est là où il va se faire sa propre idée. Parce que si ça l'énerve, il dit "Mais pourquoi ça m'énerve ? Avec quoi je suis pas d'accord ?" Ah ben je pense que c'est pas comme ça qu'il faut le dire ou le penser.
Et là vous avez forgé un citoyen. À partir de quel moment je vous parlais de l'influence ? Vous avez senti que vous avez eu une influence ?
Parce qu'au début vous faites de la presse écrite ou à Marianne au Figaro et après il arrive la télé. Là c'est un moment où d'un seul coup j'imagine il y a une notoriété, vous commencez à avoir du du poids. On doit venir vous chercher.
J'imagine que des politiques essayent de vous récupérer. Enfin d'un seul coup là il y a un Alors d'abord quand vous avez enseigné Ouais. vous savez que vous pouvez avoir une influence sur des gens et que vous avez donc une responsabilité immense.
Vous savez quand j'ai enseigné donc alors d'abord j'ai mes 9 ans à la fac Léonard de Vincy m'ont appris énormément sur puisque je voyais au fur et à mesure des années les jeunes évoluaient et dès dès mon commencement à Épin sur scène je me souviens j'avais fait étudier euh Antigone d'Aouille enfin classique évidemment mais c'était il y avait eu le le procès pap élèv entendu J'ai parlé du procès pap. Oh non, c'est un salot. Il a tué les juifs.
Je non, c'est plus compliqué que ça. Regardez, vous voyez dans le dansigon, le personnage des des soldats, les gardes, ils veulent pas savoir, elle est emprisonnée et tout et ils veulent pas qu'elle leur parle parce qu'ils veulent surtout pas se mêler de ça, c'est compliqué, ils ont pas envie de prendre partie et cetera. Ma Papon a expliqué pour sa défense que non mais il avait fait son devoir, c'était les ordres et cetera.
Hm hm. Bien sûr. Là, je vois une élève dans la classe qui fait "Eh madame, mais c'est dégueulasse ça à l'heure de le condamner s'il a exécuté les ordres." Et là, vous dites "Voilà, là si je rectifie pas tout de suite, ouais.
Euh c'est la les ce sera catastrophique." Et donc vous comprenez que vous avez une influence et vous expliquez vous voilà, il y a une responsabilité. Donc en fait après quand je suis arrivée à la télévision et cetera, j'avais c ce sens de la responsabilité, voyez le fait qu'on dit pas n'importe quoi, que quand on a une parole publique, on on doit se respecter et respecter les autres.
C'est comment vous avez pris la notoriété ? Parce que avant on avait jamais vu votre tête. Non en bon avant la télé mais là il y a un peu de télé très vite on n'est pas couché et là c'est un truc énorme en plus vous remplacezour enfin vous êtes concrètement vous êtes juste après lui.
Oui. Et bon d'abord c'est c'est très violent. Ouais c'est pas forcément agréable mais en même temps on va pas se plaindre non plus.
Vous savez c'était mon Charles Rou qui disait à Gaston de fer quand il se plaignait de la la mairie de Marseille. Tu l'as voulu que tu le manges. Voilà.
Donc bon, il y a un moment on va pas se plaindre non plus. Enfin, on fait des choix dans personne vous a mis le couteau sous la gorge. Si vous aviez du nom à Rutier ou vous C'est ça.
Donc donc il y a en effet des aspects moins amusants, moins agréables et ben c'est pas très grave et on fait avec. Mais encore une fois, ça donne surtout une responsabilité énorme parce que enfin on peut pas euh faire comme si tout ça était un jeu. C'est pas un jeu, c'est pas un spectacle.
Enfin, moi je le crois pas. Je n'ai jamais considéré que c'était un spectacle. Non, non, non.
D'ailleurs si vous savez très bien que quand vous arrivez dans cette émission là, oui, c'est de l'info mais mais à un moment si vous clashez pas le mec qui vient vendre son livre en face de vous, ça va pas marcher. Si vous si vous regardez, moi j'ai jamais clashé les gens. Ce terme ce terme est absurde d'abord.
C'est d'ailleurs j'étais peut-être pas bonne en fait parce que je voyais très bien que justement il y avait des gens qui avaient du talent pour ça. J'adorais moi aussi voir Éric Nolo sortir des phrases ciselées pour détruire tel ou tel. Enfin, j'adorais.
Non, justement ça ça me faisait mal mais je saluais le talent. Il y avait un talent. Moi, j'ai pas le sens de la répartie comme ça.
Je sais pas. Donc moi, j'y allais avec mes convictions, ma vision des choses et mais vous voyez, je par exemple, je me suis jamais permis de dire à un invité qui avait un disque ou un livre, votre truc est nul et cetera. C'est pas c'était pas mon rôle.
Moi, j'étais là pour débattre politique, idée, voilà. Et donc face aux autres types d'invités, j'essayais de trouver des questions qui faisaient un pas de côté, des questions de plus sociétal, des choses comme ça. Voilà.
Mais euh vous voulez finir ici ? Mais oui, vous candidatez ? On candidate pas ici.
Faut surtout pas candidater. Non non mais mais un peu quand même. Vous imaginez la comment dire ce que ce que ça nous raconte en terme d'histoire de civilisation la masse d'intelligence et de savoir qu'il y a là entre les différentes académies. l'académie des sciences morales et politiques, l'académie des des beauxarts.
Voilà, il y a des gens extraordinaires et personne ne le sait, personne n'en fait rien. Je trouve ça absolument fou. Que oui, c'est vrai qu'on a l'impression que c'est un vieux truc poussiéreux.
Mais oui, ouais. C'est complètement. Vous en feriez quoi ?
Mais un centre de conférence, des accueils, un accueil de de des en fait qu'il y a que devant soit ouvert. Voilà. Bien s parce que ça ça fait partie de notreire parce que il y a les plus grandes intelligences françaises et autant autant que les gens en profitent.
Vous voyez c'est il faut au contraire renouer avec tout cela valoriser le savoir. Vous savez le si aujourd'hui on a du mal à à recruter des enseignants, c'est parce que d'abord ils sont horriblement mal payés. C'est absolument effarant, beaucoup plus mal que dans les autres pays comparables et sur une société qui respecte le savoir, respecte les professeurs.
Donc c'est toute une chaîne entre un institut comme celui-là, voyez, des académiciens qui sont des gens qui réfléchissent sur la langue, c'est-à-dire sur ce qui forge notre pensée et ce qui transmet notre culture. Donc c'est quelque chose que nous devons absolument préserver, non pas comme un truc. Moi je considère que langue ça évolue, mais simplement elle doit évoluer en fonction d'un usage et pas dictée par une mécanique ou des des processus.
C'est marrant parce que Franck Ferrand ici même nous a dit moi je ne dis pas Wesh. Non non plus. Bah non, je dis pas Wesh.
Non non non. Bah alors déjà, il y a rien de plus pathétique que les gens qui utilisent des mots à la mode pour pour essayer de se rajouter. Vous dites dingré vous. [Rires] Oui, c'est vrai.
Vous l'avez dit deux fois, je noté. Ah oui oui. Non, mais ça fait partie j'ai des tques de langage comme tout le monde mais j'essaie de respecter la la grammaire.
Vous savez ce qui m'a frappé dans j'ai en tout en tout j'ai enseigné pendant 10 ans et ce qui me frappait c'était que on avait des débats sur les réformes de l'orthographe. Est-ce qu'il ne faudrait pas simplifier et cetera ? Et le problème c'est que les élèves que je voyais moi n'avaient pas de de problème d'orthographe dans le sens où savoir si on écrit rationnel avec un N ou 2 N franchement c'est pas très grave ça.
En revanche ils écrivaient pour certains le pluriel des noms communs en ENT. C'était l'orthographe grammatical qui leur manquait. C'est-à-dire qu'il n'avait pas compris la structure même de la langue.
Et là, quand vous n'avez pas compris la structure même de la langue, ça veut dire que vous distinguez pas un objet d'une action, d'une qualité. Vous ne ma Alors évidemment, il maîtrisez même pas le subjonctif par exemple qui est en train de disparaître. Or, c'est fondamental.
Le l'indicatif c'est le mode du réel de ce qui est. Vous décrivez ce qui est, ce qui a été, ce qui sera. Le subjonctif, c'est le mode de ce qui pourrait être.
Donc là, on commence à rentrer dans les nuances, dans l'imagination. Voyez, par exemple, vous êtes en train de me donner un cours. Ça y est, vous êtes réparti, vous êtes vous êtes une prof dans l'âme.
Regardez bien que la concession c'est fabuleux. Pourquoi vous mettez du subjonctif derrière ? Bien que justement parce que vous essayez d'effacer ce réel.
Bien qu'il fasse froid, je me sens merveilleusement bien. J'efface le froid. Donc je mets un subjonctif, le mode de ce qui de ce qui est irréel.
Voyez, c'est formidable quand même. Merci Natcha Polonier. Merci d'avoir passé la soirée avec nous.
La couture, la gastronomie et puis bonne chance pour l'audace. Mais oui, de l'audace. L'audace c'est peut-être de se baigner dans la scène maintenant.
C'est Vous y êtes allé ou pas vous ? Non. Vous irez pas ?
Non. Ouais. Non.
D'accord. passer j'adore la scène. J'adore la regarder réciter tous les poè regarder.
Enfin franchement ça va le imaginez la beauté la beauté de cette ville. Ah ouais magnifique. La la chance que nous avons de porter toute cette histoire.
Enfin c'est c'est extraordinaire. Ici c'est quand même c'est le plus bel endroit de Paris. Bah c'est une des plus belles vues en effet.
Mais c'est bouleversant. M.