Viser la Lune, ça ne leur fait pas peur
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C'est un nouveau pas vers la conquête spatiale, à l'heure où sortent ces actus du jour, 4 astronautes de la NASA ont décollé vers l'espace et prendront très bientôt la direction de la Lune. La dernière fois que des humains avaient pris cette direction, c'était en décembre 1972 avec Apollo 17. Mais alors comment va se dérouler ce voyage et en quoi consiste réellement cette mission ? Salut c'est Blanche, j'espère que vous allez bien, c'est le sujet à la une de ce format d'actu du jour, disponible sur YouTube et en podcast audio. Comme prévu, la fusée de la NASA, l'agence spatiale américaine, a bien pu décoller ce jeudi à minuit 35, heure de Paris.
Elle emmène à son bord 4 astronautes, 3 américains et 1 canadien. Ce vol vers la Lune constitue plusieurs premières. Il s'agit du premier vol lunaire auquel prend part une femme, une personne non blanche et un astronaute non américain, ici en l'occurrence un canadien. La mission devrait donc durer 10 jours. Dans un premier temps, le vaisseau Orion, dans lequel se trouvent les astronautes, va effectuer plusieurs manœuvres en orbite autour de la Terre. C'est ce que le vaisseau est d'ailleurs en train de faire au moment où j'enregistre ses actus. Ces manœuvres ont deux objectifs. Un, vérifier que tout fonctionne bien avant de s'éloigner de la Terre.
Mais deux, aussi faire en sorte d'obtenir assez de vitesse pour se rendre sur la Lune. En fait, en tournant autour de la Terre et grâce à des manœuvres très précises, le vaisseau va petit à petit aller de plus en plus vite. Et une fois qu'il est suffisamment rapide, il va ajuster sa trajectoire et en quelque sorte se catapulter en direction de la Lune, située à 400 000 km. Ce voyage vers la Lune durera 4 jours, mais attention, cette mission n'a pas pour objectif de se poser sur la Lune. Le vaisseau va en fait survoler la Lune en passant notamment au-dessus de sa face cachée, donc la partie que l'on ne voit jamais depuis la Terre, avant de revenir sur notre planète.
Mais alors, quel est l'objectif de tout ça ? Eh bien, le but de cette mission globale, qui s'appelle Artemis, et qui est pour l'instant surtout un test, c'est de permettre à terme l'installation d'une base permanente peuplée par des humains sur la Lune. En 2022, la mission Artemis 1 avait permis le même voyage qu'aujourd'hui, mais sans humains. Et si la mission actuelle Artemis 2 se passe bien, elle ouvrira donc la voie aux prochaines missions. Parmi elles, on retrouve notamment Artemis 4, prévue début 2028, et qui devrait cette fois-ci faire atterrir des astronautes sur la Lune, une première depuis 1972.
On peut aussi citer Artemis 5, prévue pour fin 2028, qui prévoit elle aussi de se poser sur la Lune, avec le début de la construction d'une base lunaire. Aujourd'hui, le programme Artemis, qui a nécessité des années de travail, et qui pour l'instant estimé à plus de 90 milliards de dollars, a donc évidemment un enjeu scientifique. De telles missions vont permettre d'étudier davantage la Lune et l'espace, et notamment étudier de près le pôle sud de la Lune, où l'on pense pouvoir trouver de l'eau sous forme de glace. Cette ressource, elle serait cruciale, il s'agirait d'une découverte majeure, et l'eau pourrait aussi permettre de développer plus facilement des bases sur la Lune.
Après, cette mission a aussi des enjeux hautement géopolitiques. Sur la Lune, en plus des traces d'eau, les chercheurs estiment que l'on pourrait potentiellement trouver de nombreux minerais, donc des métaux comme le fer et le titane. On pourrait aussi trouver des ressources qui sont bien plus rares sur Terre, comme l'hélium-3, qui pour faire très simple est étudié comme un potentiel futur carburant capable de produire de l'énergie, avec beaucoup moins de déchets radioactifs que le nucléaire actuel.
Et même si on n'en est pas encore là, et que tout ça reste encore hypothétique, évidemment, ça pose des questions environnementales, éthiques et juridiques, dans un contexte où même s'il existe certaines règles dans l'espace, les contours en restent encore assez flous. Selon le traité de l'ONU sur l'espace extra-atmosphérique de 1967, personne ne peut revendiquer de territoire sur la Lune.
Selon le docteur Hélène Charman, une astronaute britannique citée par la BBC, on ne peut certes pas posséder un morceau de Lune comme un terrain sur Terre, mais le cadre actuel du droit international, qui se confronte à de très nombreux accords signés entre différents États, laisse la porte ouverte à l'exploitation et à l'usage des ressources lunaires. Autrement dit, les nations estiment avoir tout intérêt à être les plus rapides, avant que des lois strictes ne soient appliquées pour en quelque sorte obtenir la plus grosse part du gâteau. Et c'est donc peut-être là que tout se joue.
En fait, au-delà du prestige de planter le drapeau de son pays sur la Lune, l'objectif est surtout de choisir des zones d'atterrissage, ou plutôt d'alunissage, riches en ressources pour les futures missions. C'est pourquoi le président américain, Donald Trump, fait aujourd'hui pression pour envoyer des Américains sur la Lune d'ici 2028, dans un contexte où la Chine affirme aussi qu'elle enverra des humains sur la Lune d'ici 2030 et espère aussi la construction d'une base lunaire d'ici 2035.
Pour faire simple, d'un côté on a le programme Artemis, qui regroupe une soixantaine de pays, dont les Etats-Unis, la France, l'Allemagne, le Japon, les Émirats Arabes Unis, l'Inde ou encore le Brésil, et de l'autre on a un programme chinois, qui regroupe une dizaine de pays, dont la Russie, l'Égypte, le Pakistan ou encore l'Afrique du Sud. Pour l'heure, certains observateurs craignent donc le retour d'une certaine forme de guerre froide, avec une nouvelle course à l'espace, où les Etats-Unis et la Chine, ainsi que leurs alliés respectifs, chercheraient à prendre l'avantage du contrôle de la Lune et autres.
Car si pour l'instant, toutes ces missions ont pour objectif la Lune, l'objectif à long terme, que ce soit pour les Etats-Unis ou pour la Chine, serait en fait de se rendre sur Mars les premiers. Les deux puissances souhaitent notamment y envoyer des humains dans les années 2030, même si beaucoup d'experts jugent ces échéances très ambitieuses. Concrètement, là on parlerait plus de quelques jours de voyage, mais de plusieurs mois dans l'espace, sans possibilité de retour rapide en cas de problème. Aujourd'hui, aucune mission aussi longue et lointaine n'a encore été menée, et un tel projet demanderait de résoudre d'énormes défis techniques et humains.
Alors on n'y est pas encore, mais on risque évidemment d'entendre de plus en plus parler de ces sujets à l'avenir. Concernant la mission Artemis, on vous tiendra au courant en temps réel sur Instagram, et sinon je vous laisse avec Samy pour le reste de l'actualité importante du jour. Merci Blanche et bonjour à tous, on commence avec cette première actu. 16% des stations-services en France sont en rupture sur un ou plusieurs carburants, selon France Info, qui s'est appuyée sur des données du ministère de l'économie, publiées ce jeudi matin. Ça représente donc plus de 1600 stations-services, sur les 9800 que compte la France.
Dans le détail, près de 1000 stations sont à court de gazole, qui est le carburant le plus touché par la hausse des prix. Près de 635 stations manquent de 100 plombs 98, soit environ 6% des stations. 484 manquent de 10, soit près de 5% des stations. Et 367 n'ont pas de 100 plombs 95, soit environ 4% des sites. Vous en doutez, ces tensions sont suivies de près, après plus d'un mois de guerre au Moyen-Orient, et le blocage du détroit d'Hormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce mondial, qui ont donc fait augmenter les prix du carburant en France. Toujours selon France Info, les ruptures de carburant concernent plus de 60% des stations du groupe Total Energy.
À titre de comparaison, les enseignes Carrefour et Intermarché, donc une centaine de sites en difficulté. Alors maintenant qu'on a dit tout ça, la porte-parole du gouvernement, Maude Bréjon, a assuré ce mercredi matin sur TF1 qu'il ne fallait pas s'inquiéter, et que ces ruptures totales ou partielles ne sont pas un signe de pénurie de carburant. Deuxième actu, l'eurodéputé La France Insoumise, Rima Hassan, a été placé en garde à vue ce jeudi pour apologie du terrorisme, selon les informations du Parisien. Précisément, le pôle national de la lutte contre la haine en ligne enquêterait sur un tweet que l'élu a publié fin mars, une citation du japonais Kozo Akamoto sur la cause palestinienne.
Sauf que cet homme était membre de l'armée rouge japonaise et il a été reconnu responsable du massacre de 26 passagers à l'aéroport international Ben Gurion en Israël en 1972. Le tweet de Rima Hassan a depuis été supprimé. Rima Hassan est une juriste et militante franco-palestinienne née dans un camp de réfugiés en Syrie et naturalisée française. Elle est notamment engagée sur les questions de droit international. Elle s'est fait connaître comme fondatrice de l'ONG l'Observatoire des camps de réfugiés et elle a été élue au Parlement européen en 2024 sur la liste LFI.
Troisième actu aux Etats-Unis, la Cour suprême, donc la plus haute autorité judiciaire du pays, examine en ce moment la demande de Donald Trump de mettre fin au droit du sol, c'est-à-dire la citoyenneté automatique pour presque tous les enfants nés aux Etats-Unis. En fait, à son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, Donald Trump a signé un décret qui remet en cause le droit du sol pour les enfants d'immigrés en situation irrégulière. L'objectif affiché, c'est donc de réduire l'incitation à l'immigration clandestine dont la répression constitue pour lui une priorité absolue.
Le principe de droit du sol permet que tout enfant né aux Etats-Unis est automatiquement considéré comme un citoyen américain. Il a été adopté en 1868 après la guerre de sécession pour garantir les droits des esclaves affranchis et de leurs descendants. Et concrètement, le décret de Donald Trump ordonne au gouvernement fédéral, donc à l'échelle de tous les Etats-Unis, de ne plus délivrer de passeport, de certificat de citoyenneté ou d'autres documents officiels aux enfants nés sur le sol américain lorsque leurs parents sont entrés illégalement ou n'ont qu'un statut provisoire et qu'aucun des deux n'est citoyen ou résident permanent.
Plusieurs tribunaux fédéraux ont jugé ce texte inconstitutionnel et l'ont suspendu, ce qui a poussé l'affaire jusqu'à la Cour suprême dont la décision est attendue d'ici fin juin. Notez d'ailleurs que Donald Trump a assisté à une partie des débats, ce qui est une première pour un président en exercice. Quatrième actu, on voulait vous parler à nouveau de la situation en Haïti, ce pays situé dans les Caraïbes et qui fait face depuis des années à la violence des gangs.
Depuis ce mercredi, plus de 50 policiers du Tchad, un pays du nord de l'Afrique, sont arrivés à Port-au-Prince, la capitale haïtienne et ils font partie de la nouvelle force multinationale contre les gangs, une mission supervisée par l'ONU. En fait, il s'agit d'un pré-déploiement de la force de répression des gangs qui doit appuyer la police dans ses opérations contre les gangs comme être meurtres, viols, pillages et enlèvements en Haïti. 18 pays se sont engagés à participer à cette force qui comptera jusqu'à 5500 membres. Elle remplace donc la mission multinationale d'appui à la sécurité déployée depuis juin 2024 et dirigée par le Kenya.
Cependant, une centaine de policiers kenyans devraient rester sur place au moins jusqu'en octobre pour assurer la transition entre les deux missions. Et ces déploiements surviennent dans un contexte où les attaques armées de gangs contre la population se multiplient. Vous en parlez hier, au moins 70 personnes ont été tuées ce week-end lors d'attaques de gangs dans le centre de l'île. Cinquième actu, 10 ans après le scandale des Panama Papers, les super-riches dans le monde auraient dissimulé 3550 milliards de dollars au fisc, donc l'administration chargée de collecter les impôts selon l'ONG Oxfam qui lutte contre la pauvreté.
Pour le contexte, les Panama Papers, c'est une immense enquête journalistique révélée en 2016 basée sur une fuite de millions de documents provenant d'un cabinet d'avocats du Panama. Elle avait mis à jour l'utilisation massive de sociétés offshore, donc des paradis fiscaux par des personnalités politiques, des célébrités et de grandes fortunes pour dissimuler de l'argent et échapper à l'impôt. Et selon Oxfam, 10 ans plus tard, malgré quelques avancées en matière de transparence, ces pratiques persistent. Une grande partie de ces montants est toujours concentrée entre les mains des plus riches. Les 0,1% des plus riches de la planète possèdent à eux seuls environ 80% de cette richesse cachée.
A titre de comparaison, ça correspond à la richesse totale détenue par près de la moitié la plus pauvre de la population mondiale, soit environ 4,1 milliards de personnes. Au total, la richesse détenue dans des paradis fiscaux atteindrait même plus de 13 000 milliards de dollars. Face à ce constat, l'ONG appelle à renforcer les mesures internationales, notamment via une meilleure coopération fiscale et la mise en place de taxes visant les grandes fortunes. L'objectif, limiter ces pratiques et réduire les inégalités qu'elles entretiennent. Et on termine avec une bonne nouvelle, les animaux de compagnie ont désormais le droit à la garde partagée au Brésil suite à un vote du Parlement.
En gros, en cas de désaccord, un juge déterminera le régime de garde partagée et la répartition des frais d'entretien de l'animal, un peu sur le même modèle que la garde partagée des enfants. Alors, il y a certaines conditions. L'animal doit avoir vécu la plus grande partie de sa vie auprès du couple et en cas d'antécédent judiciaire ou de risque de violence domestique, la garde partagée ne sera pas accordée. Les parlementaires brésiliens justifient cette mesure par la hausse des conflits liées à la garde des animaux et par l'évolution des modes de vie où les animaux occupent une place de plus en plus importante dans les familles.
Et à l'heure actuelle, le texte doit encore être validé par le président du pays. Le Brésil, qui compte 213 millions d'habitants, abrite environ 160 millions d'animaux de compagnie, principalement des chiens, selon les chiffres de l'Institut Pet Brasil. A noter qu'il n'existe pas de système de garde partagée pour les animaux en France. Merci Samy pour ces actualités en bref et merci à vous d'avoir suivi ce format aujourd'hui. Je vous rappelle qu'il est disponible en version newsletter, donc par écrit. Vous recevez un mail, c'est totalement gratuit, le lien est en description. Je crois que j'ai tout dit, prenez soin de vous, prenez soin de vos proches et je vous dis à plus tard.