Affaire Bétharram : table ronde de collectifs de victimes de violences à l'Assemblée - 20/03/2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Mes chers collègues, donc pour cette première réunion de notre commission, dans le cadre de ces travaux d'enquête sur les modalités de contrôle par l'État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires, nous avons décidé de donner la parole à des représentants de victimes de violence dans les établissements scolaires. Nous accueillons donc aujourd'hui monsieur Esker qui représente le collectif des victimes de Notre-Dame de Betaram. Monsieur Lafit pour les victimes de Notre-Dame du bon du Sacré Cœur de Dax.
Monsieur Lavigne pour les victimes de Notre-Dame de garaison. Monsieur Vincon qui remplace monsieur Frédéric Béneditte pour les victimes du collège Saint-Pierre Relec Kerou. Monsieur Bernard pour les victimes de Saint-Dominique.
Ah, c'est madame Bernard, pardon. Madame, alors tout est faux. Je recommence.
Madame Bertrand pour les victimes de Saint-Dominique de Neï sur scène. Madame Lebri pour les victimes du bon Pasteur d'Anger. Monsieur Parent pour les victimes de Saint-François Xavier du Starritz.
Et madame de la Porte pour les victimes de Riomont de Liévin. Je vous remercie de vous être toutes et toutes rendu disponible dans un délai très contraint. Je ne peux qu'imaginer le courage qu'il vous faut pour être ici devant nous aujourd'hui pour témoigner de moment que vous auriez préféré ne pas vivre.
Et donc vraiment infiniment merci d'être là. Comme vous le savez, notre enquête porte sur les modalités de contrôle de l'État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires. Nous souhaitons donc particulièrement savoir qui était informé des mauvais traitements dont vous avez été victimes et quelles suites ont été données à ce signalement.
Je précise que cette audition est diffusée en direct sur le site de l'Assemblée nationale, puis il sera consultable en vidéo. Elle sera également l'objet elle fera l'objet d'un compte-rendu écrit qui sera publié. Notre échange prendra la forme de questions-réponse.
D'abord les miennes puis celles les premières questions des rapporteurs madame Violette Spilbou et monsieur Paul Vanier. Auparavant, l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires impose aux personnes auditionnées dans le cadre des travaux d'enquête de prêter serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. J'invite donc chacun d'entre vous, un après l'autre, à lever la main droite et à le à dire je le jure.
Je j en appuyant sur votre micro. Voilà. Très bien.
Merci beaucoup. Je le jure, je le jure. Je le jure.
En fait, il faut désactiver le micro pour que la personne d'après puisse être entendue. Voilà. Là, monsieur, je le jure.
Il faut que tu réich d'abord. Non. C'est toujours rouge.
Je le jure. Je le jure. Je le jure.
Je le jure. Je le jure. Je vous remercie.
Nous pouvons donc maintenant passer aux premières questions. Donc ce sera moi qui vous les poserai. Euh alors, pouvez-vous nous rappeler pour chaque collectif de victimes la date et le contexte de création de création de votre collectif ou de votre association ?
Et deuxè question, combien de membres ou de victimes potentielles avez-vous identifié pour chacun de vos collectifs ? Donc, je vous donne la parole. Euh, vous pouvez vous exprimer chacun quelques minutes pour commencer.
Je vais bien je veux bien commencer pour pour Betaram. Mais tout d'abord au nom de l'Union des collectifs, je tiens madame la présidente et monsieur et madame la les rapporteurs à vous remercier pour l'organisation de cette commission d'enquête parlementaire. Euh je l'appelais de mes vœux et vous y avez répondu et c'est très important pour nous et ce dossier collectif nous oblige à tous.
En ce qui me concerne donc j'ai créé le collectif des victimes de Betaram le 10 octobre 2023. Pourquoi j'ai créé ce collectif ? parce que je n'ai trouvé sur internet aucune association ou groupe qui traitait de cette question des victimes de violence scolaire.
Je parle de violence scolaire. Euh et très vite, j'ai un certain nombre d'anciens élèves qui m'ont contacté. Je n'en connaissais aucun au départ.
Ils m'ont contacté pour me faire part souvent d'une façon très dure de ce qu'ils avaient vécu à Betarab. Je voulais faire un recueil de témoignages et petit à petit, je me suis rendu compte que les témoignages étaient si forts, si importants, si graves qu'il fallait que je constitue un dossier pénal. Je me suis posé plusieurs fois la question d'avoir le courage en fait de porter cette parole.
Le contexte c'est que depuis toujours, je me considère comme victime de cette institution de Betaram puisque j'y ai fait ma scolarité entre 1980 et 1985. J'y suis resté 6 ans, j'habite à côté dans le petit village de Monteau. Euh cet établissement pour moi ça représentait beaucoup de choses parce que déjà je suis chrétien à la base et je faisais déjà la messe dans ma dans ma chambre.
J'étais très croyant et intégrer un établissement catholique pour moi, c'était important pour la suite de ma vie. Euh je suis rentré donc à Betaram, j'avais [Musique] euh 10 ans euh et ça a été une période extrêmement difficile au départ assez facile puisque j'étais brillant premier de la classe et puis après ça s'est dégradé par la suite. Donc je voudrais pas mobiliser la la parole plus longtemps.
On reviendra là-dessus, mais le collectif, il compte aujourd'hui plus de 2000 membres. Euh j'ai 180 plaintes mais au-delà des plaintes, j'ai énormément de témoignages parce que ne croyez pas que c'est facile en fait de déposer un CERFA et d'aller ensuite être auditionné devant un officier de police judiciaire, même quand vous avez des traumas liés à des violences physiques subies pendant l'enfance. Parce que à Betaram, c'était la terreur et personne ne pouvait imaginer que nous étions dans des mains à la fois de prêtres agresseur.
J'ai ici d'ailleurs sur les 70 dernières années tous les prêtres, tous ils sont agresseurs, tous ces prêtres directeur et et donc c'est j'ai un certain nombre encore de de victimes qui vont peu à peu évidemment rejoindre le corpus de de plainte déjà très conséquent. Voilà pour Bam. Je vous remercie monsieur Lafit.
Oui. Alors, à la suite d'Alain, le collectif de Notre-Dame du Sacré Cœur à Daxe, donc Cendrillon, est beaucoup plus récent puisque il date d'une quinzaine de jours. Actuellement, nous sommes une trentaine de membres et nous avons euh identifier de façon formelle quatre prêtres et un laïque comme agresseur euh sexuel.
Il y a un prêtre où il y a encore un point d'interrogation. Et nous avons actuellement sur les différents moyens que nous avons mis à disposition, nous avons ouvert une page Facebook, nous avons ouvert euh un compte WhatsApp euh sur les différents témoignages qui arrivent sur donc par ces différents moyens, nous sommes actuellement à une entre 28 et 30 cas de signaler euh Donc soit d'agression sexuelle. Agression sexuelle, il y en a euh donc euh cinq de façon sûre.
Il y en a déjà qui ont déjà porté plainte de toute façon en 2021 qui avaient déjà porté plainte. Et ensuite, ce sont des agressions physiques. Alors nous personnellement dans notre collectif, je ne sais pas si c'est la vie de tout le monde, mais pour ce qui concerne les violences physiques, on voudrait replacer les faits dans le contexte de l'époque.
C'est-à-dire qu'en 58, en Moi, je suis rentré interne à Cendrillon en 1958, j'ai 77 ans. Donc je suis rentré en 1958 et en 1958 c'était pas Cendrillon, c'était pas euh c'était dans les familles, c'était la société où prendre une gifle, c'était un moyen éducatif. De prendre une gifle, c'était un moyen éducatif et tout ça était fait pour notre bien y compris a commencé par les familles.
Dans les familles à l'époque, il y avait le martinet. Euh voilà donc tout ça si vous voulez alors ces violences une gifle on vous différencier parce que il y a une différence quand même entre prendre une gifle et ensuite ce qui se passait à Betaram par exemple qui l'histoire du pon ou autre et nous à Cendrillon c'était pas c'était pas du tout le perron mais c'était ce qu'on appelait le téléphone alors on était au chaud entre guillemets mais enfin on pouvait s'y retrouver jusqu'à 3h du matin tout ça donc si vous voulez dans les dans ce qui est ce ce qui concerne le physique, on veut enfin on voudrait différencier nous bah la gifle. Qu'est-ce que qui d'entre nous n'a pas pris une gifle de ses parents ?
J'en sais rien. C'est bien. Félicitations.
Mais euh voilà. Donc je pense que pour le physique, voilà, pour ce qui est au niveau sexuel, on ne veut pas différencier, que ce soi les attouchements ou les viols. Pour nous, c'est pareil.
Euh voilà, je vous remercie monsieur Lavigne. Oui. Donc le collectif des victimes de notre garaison, c'est créé dans dire la dynamique de celui de Betara.
Mais à ce titre là, on doit remercier Alain Esker pour la la dynamique qu'il a su créée actuellement. Donc ce collectif s'est créé à la mi-février, donc il a à peine un mois d'existence. Actuellement, on a une cinquantaine de membres euh et nous avons recueilli déjà un certain nombre de témoignage.
Donc ces témoignages sur des formulaires serfa ont été écrits et nous allons déposer ces témoignages la semaine prochaine, mercredi prochain, au tribunal de Tarbe. Oui, oui, très bien. Non, c'est pour commencer, c'est très bien.
Merci beaucoup monsieur Vincon. Bonjour et merci encore pour cette pour cette réunion. Oui.
Alors moi je représente le collectif des anciens élèves du du relaxon à Bress, le collège Saint-Pierre qui doit aussi beaucoup à à Betaram pour deux raisons. D'abord la dynamique qu'il a insufflé dans ce devoir de mémoire mais aussi parce que l'un des cfondateurs de notre collectif Frédéric Beneditte est un est un cumular. Il a fait les deux.
Il était à Betaram et au au collège Saint-Pierre du relacéon. Euh voilà. Donc il a décidé avec Joël Lagadec de créer ce collectif qu'on a créé qu'il a créé je pense le 26 février 2025 et depuis on a ce jour donc ça fait un peu plus de 3 semaines on a à peu près un peu plus de 140 aujourd'hui membres et sur le collectif sur notre fil WhatsApp qui s'éveille à 7h du matin et finit vers minuit 1h du matin euh voilà on a à peu près 70 70 participants. les témoignages remontent, je dirais même reflu comme dans des des égouts longtemps longtemps bouchés.
Et voilà, nous c'est essentiellement de la violence. Enfin, je dirais même il y a il y a quelques voilà quelques petits témoignages de d'abus sexuel, pas de violence mais d'abus mais qui sont pas avérés qui malheureusement le seront pas puisque la la vic le le responsable présumé est est mort. Par contre, la violence, moi à titre personnel, je n'ai jamais vu ni entendu euh un niveau de violence pareil.
Voilà, c'est c'était une violence totalement décomplexée par des professeurs. Il y a pas d'internat chez nous. Donc c'est ça, ça peut expliquer aussi peut-être l'absence de de violence et l'abus sexuelle.
Par contre, la violence, on a fait des petites recherches. Je crois que ces professeurs n'avaient pas les diplômes requises, avait pour certains le bac, pour d'autres niveau d'UG éventuellement, mais aucun aucun crédit d'habilitation en terme de pédagogie. Alors, CAPES, ça serait on en euh voilà.
Mais par contre, ils étaient recrutés par le père directeur, le père L, pour leur adhésion à ces méthodes qui était la pédoplégie, c'est-à-dire la pédagogie par les coûts et on en a reçu beaucoup. Alors, je pense que j'aurais dans le dans le au cours de cette réunion l'occasion de vous donner quelques détails, mais c'est atterrant et et affligant. Je vous remercie, madame Bertrand.
Merci. Nous on est on vient dans la suite en fait de Betaram. Ça paraît étrange parce que Betaram est très très loin de nous puisque nous sommes à nuit sur scène.
Mais on a découvert le 3 mars qu'un enseignant enfin pardon qu'un surveillant de Betaram, un des torsionnaires de Betaram faut le dire avait poursuivi sa carrière directement de Betaram à Neuï sur scène à Saint-Dominique de Neuilli. Et quand ce fait nous a été remémoré, on s'est tous souvenu de ce surveillant. On a décidé avec un un petit groupe d'anciens d'ouvrir un une page Facebook, un groupe Facebook qui permettrait aux gens de témoigner.
L'objectif de ce groupe, c'était de recurre des témoignages sur cette personne pour aider nos frères de Betaram. Et là, avec stupeur, on a finalement assez peu de choses sur lui qu'on savait déjà. On savait qui tirait les oreilles, ça on s'en souvenait tous, qui tirait les cheveux et cetera.
Euh mais on a eu euh des témoignages sur sep autres personnes sur une période qui va de la fin des années 80 au début des années 2000 qui ont eu des comportements répréhensibles vis-à-vis d'enfants. Et je je vous parle de choses qui vont de d'une d'abus physique très violent hein, d'une maîtresse de CM1 extrêmement violente. Les gens parlent de sadisme à un maître de CM2 qui caressait des petites filles sous leurs jupes derrière son bureau, à des viols, des viols par des profs de lycée, euh un prêtre mis en cause aussi sur des élèves, des garçons de 5e et cetera et cetera.
Alors là où on retrouve ce surveillant, c'est qu'évidemment il a il a essayé de cacher certaines choses qui se passaient dans dans l'école. Donc ça c'est on a un lien très fort avec nos frères de Betara mais on on est voilà on est le remercie d'avoir ouvert cette porte euh qui voilà et tous les jours j'ai à nouveau des messages. Aujourd'hui on ce groupe Facebook on l'a on l'a on l'a voulu assez ouvert donc on l'ouvre à à des gens qui étaient des anciens.
Parfois il y a même des parents, il y a même quelques professeurs qui sont dedans et tous les jours alors quand j'ai écrit ce document hier, on était 292 et on est ce matin, on est 373. J'ai je ne suis pas seule mais je suis la seule qui visite. Donc je tiens à le dire quand même que je suis pas la seule à tenir cette page.
Et on a reçu des témoignages, je vous dis qui vont de telle personne m'a mis une gifle qui m'a fait me retourner sur moi-même à des abus sexuels extrêmement graves. Donc après quand on parle dans votre question qui est combien de victimes, c'est dur en fait. Et et et moi je j'estime aussi que les gens les enfants qui ont assisté à ça, il y a des enfants qui aujourd'hui encore enfin des enfants, ils sont plus des enfants, mais c'est dur parce qu'ils ont été des enfants qui aujourd'hui sont des adultes de plus de 40 ans et qui me disent "Moi, je vais vivre constante." Et donc ces victimes, elles sont nombreuses.
Après, il faudrait faudrait peut-être les classer mais en tout cas, il y a énormément de gens. Nous, on a à peu près une cinquantaine de témoignages de gens qui vont de "J'ai vécu quelque chose", on m'a fait quelque chose ou "J'ai vu quelque chose être fait à d'autres enfants ou je vivais dans une peur constante de vivre quelque chose." Voilà.
Je vous remercie. Madame Lebr, c'est à vous. Merci.
Alors nous nous sommes les filles du bon pasteur. C'est un système judiciaire et c'est peut-être aussi pour ça qu'on n' pas pu euh se faire entendre un système judi. Alors notre excusez-moi, notre association, elle a été déposée le 9 décembre 2020 et acceptée le 19 juillet 2021.
Alors, on a fait des recherches sur les bons pasteurs parce qu'on on voulait savoir exactement pourquoi on nous avait fait ça. Parce que le système judiciaire c'était pas tout parce queil y avait aussi des petites filles de de 3 4 ans qui étaient là. Qu'est-ce qu'elles avaient fait pour être dans un système pareil ?
Alors euh 10 ans de recherche et puis au bout d'un temps, on s'est dit bon bah voilà, on fait l'association et puis après on verra. Alors dans cette association, on peut compter 300 dossiers de victimes, plus de 300 dossiers de victimes. Et on en a encore quelques-uns qu'on vérifie parce qu'on les vérifie.
On vérifie tout ce qu'on dit et tout ce qu'on fait. Il y a pas de surprise. Tout ce qu'on a fait, tout ce qu'on a dit, vous pouvez le vérifier dans partout où vous pouvez.
Alors, 300 dossiers, plus de 300 dossiers sur le bureau de l'avocat, 200 victimes sur des forums différents selon les affinités, on va dire. Et puis il y a des milliers et des milliers de filles qui n'ont jamais rien dit et qui sont dans la nature et qui qu'on ne verra jamais. parce que elles sont comme nous au départ, trop honte, trop culpabilisé, trop humilié et ça vous démolit pour la vie entière, hein.
Alors, qu'est-ce que je pourrais vous dire ? Ça va, je crois. Oui.
Oui. Pour commencer, c'est très bien. Enfin, je crois que là Merci madame monsieur Paran, c'est à vous.
Bonjour. Euh notre groupe des anciens du Staritz, ancien élèves victimes du collège Saint-Fance Xavier Dustaritz a été créé il y a un mois à peu près. Nous avons une centaine de membres.
On commence à recevoir pas mal de témoignages sur les violences qui se sont que vous pouvez juste vous approcher un tout petit peu plus du micro ou le tendre vers votre voilà parce qu'on vous entend pas trop. On commence à recevoir des témoignages qui commencent à nous relater ce qui s'est passé là-bas. Beaucoup de violence physique, on commence à avoir quelques violences sexuelles qui arrivent aussi.
On est une centaine pour l'instant et on va commencer à déposer quelques plaintes dans les jours qui suivent. Voilà. Dire que beaucoup de gens ont leur vie perturbé par ce qui s'est passé là-bas.
Et ça va des années 1960 pour le dernier à 2005 avec un jeune homme qui qui a de grosses difficultés dans la vie. Voilà. Et si vous me permettez de lire un texte que j'ai écrit si ça si je peux don ce gamb blanc en hommage aux victimes.
Ça c'est déjà fait. Arnaud l'a déjà fait à la conférence de presse de monsieur Haer. Et donc je lève mon point recouvert d'un tissu blanc.
Ce n'est pas un signe d'agressivité. Je lève ce point par solidarité envers toutes les victimes. Victimes de violence et de toutes sortes et dans tous les établissements qui soient privés catholiques, privé ou public.
Je tiens à souligner que les premières voléances physiques graves avec blessures que j'ai subi, c'était à l'âge de 9 ans et c'était dans une école primaire publique Jean Joress en Anglette. Elles ont continué ensuite de la 6e à la 3e et au collège privé catholique du Starritz comme pour des dizaines d'autres victimes. À cette époque, tout le monde savait.
Tout le monde savait dans le Béan pour Betaram et tout le monde savait pour Istaris dans le pays vasque. Tout le monde savait au minimum qu'il y avait de la violence physique dans ces établissements et tout le monde a laissé faire. C'est inadmissible.
Si on avait ordonné des enquêtes, on aurait certainement découvert qu'en plus de violences physiques, il y avait aussi des violences sexuelles. Aujourd'hui, rien n'a changé. Quand j'entends les mesurettes proposées par madame la ministre Élisabeth Borne et le gouvernement, je me rends compte qu'ils n'ont rien compris ou plutôt qu'ils ne veulent surtout pas mettre de moyens importants, donc financiers pour qu'il n'y ait plus de violence et de souffrance dans nos écoles.
J'ai honte de mon pays. J'ai honte de voir que des enfants ont été violés, frappés, humiliés dans nos écoles et des centaines d'enfants. J'ai honte de mon pays.
J'ai honte de voir nos étudiants obligés d'aller au resto du cœur ou à la Croix-Rouge voir même pour certains de se prostituer pour pouvoir manger, se chauffer ou payer leur loyer. J'ai honte de mon pays qui préfère nous parler d'économie de guerre plutôt que du bien-être de nos enfants et des Français. On va donner de l'argent pour fabriquer des bombes qui vont certainement tuer d'autres enfants en Europe ou ailleurs alors que cet argent pourrait servir à protéger nos enfants et nos étudiants.
Nous ne voulons pas d'une économie de guerre, pas d'argent pour les bombes. Nous voulons une économie de paix et de bien-être qui protège nos enfants, nos étudiants et les plus fragiles d'entre nous. Par solidarité pour toutes les victimes, pour dire stop à toutes les violences et à toutes les guerres et pour que nos enfants vivent dans la paix et la sécurité, prenez un gamb blanc ou un tissu blanc pour dire stop, ça suffit.
Merci. Je vous remercie monsieur Parent. Madame de la Porte, c'est à vous.
Oui, merci. Alors, je veux juste préciser que donc je ne suis pas victime de cette institution de de la Sainte-Croix de Riomont, plus communément appelé village de Riyaumont, mais je représente donc euh le tout nouveau collectif de victimes et d'anciens du village du Riomont qui s'est créé hier. Ils ont donc un une page Facebook et euh je souhaite juste lire un petit une petite introduction pour pour préciser les choses, expliquer pourquoi ça ça date d'hier.
Euh donc c'est un texte qu'ils ont écrit. Euh mesdames et messieurs les députés, l'Institut de la Sainte-croix de Riyaumont, par le biais d'une déclaration d'un article paru le mardi 18 mars dans la Voie du Nord fait valoir qu'un qu'aucun collectif de victimes de Rioom n'a été officiellement créé. Je précise par ailleurs que euh dans cet article, il est écrit aussi que le village et les moines du village de Riomont ont essayé de faire pression sur votre commission pour que je ne sois pas présente aujourd'hui.
Euh et bien soyez informés que c'est désormais le cas. Donc il y a maintenant un collectif. Notre collectif vise à soutenir et défendre les droits des victimes de maltraitance et d'abus qui se sont produits dans cet établissement depuis sa création en 1960.
Et par l'intermédiaire donc de moi-même, nous vous annonçons la création de ce collectif. Euh pour répondre à vos questions brièvement, le village d'enfants de Riom a été créé en 1960 par le père Albert Rev. Euh c'était un prêtre qui officiait euh précédemment à Liin et donc qui a eu pour idée de proposer à la justice et au juges de Bétune, au juges pour enfants, de d'accueillir des enfants qui étaient en situation de prédélinquence.
Et donc il a ouvert ce lieu-là. Euh c'était tout en haut d'une colline, un lieu extrêmement fermé, boisé euh allié 20 et qui n'était pas du tout construit. Et finalement, c'était une sorte de projet total dans le sens où ce sont les enfants qu'il a recruté par le tribunal de Bétune qui ont construit en fait ce lieu.
C'était donc des travaux forcés. Euh les enfants étaient euh évidemment dès le départ extrêmement maltraités, chose qui était tout à fait assumée par le père revet puisque euh dans toutes les archives que j'ai pu compulser euh depuis que je travaille sur ce sur ce cette histoire, donc ça fait bien 6 ans maintenant, euh tout est consigné et assumé. les les sées physiques étaient considérés comme quelque chose qui allait redresser des enfants qui étaient des enfants perdus, des mines qui étaient dans des familles qui qui partaient à volot.
Et donc euh euh on leur proposait une prise en main idéologique, religieuse euh et donc physique. Donc euh le père Revit le fait d'embrasser les enfants sur la bouche. Le père revet assumait d'enfermer les enfants au pince à l'eau pendant 5 jours nu dans des douches frappées à coup de ceinturon côté boucle.
Euh et j'ai des anciens qui ont des traces, qui ont gardé des traces physiques de ça. Euh les enfants quand ils essayaient de fuguer, on les rasait et on leur mettait une croix au mercureochrome rouge sur la tête pour que on toute le la ville sache euh que ils avaient essayé de fuguer. Donc euh c'était comme une sorte de système carcéral clairement.
Et tout le monde le savait. Tout le monde était au courant de ce qui se passait dans ce lieu. Les enfants fréquentaient les écoles publiques de Riomont.
Les instituteurs voyaient l'état physique des enfants puisqu'ils étaient en culotte courte euh été comme hiver. Donc tout était parfaitement visible. Euh je veux juste pour finir le propos dire que ça a duré de 1960 à 2019, que entre 1960 et 1982, c'était des enfants euh plutôt pauvres en prédélinquence qui était donc reçu à Riomont.
Euh donc la DAS a financé ce lieu pendant pendant plus de 20 ans que en 82 euh quand Mitteran était élu, Robert Badinter a réussi quand même à faire fermer ce lieu euh à coup de lettrre notamment de personnes comme Simon Vale qui a demandé la fermeture de ce lieu et que entre 82 et 1989, il y a eu une une sorte de de zone grise où ils avaient ils étaient officiellement ils avaient pas le droit de recevoir des enfants mais ils ont continué à recevoir des enfants. par le biais de la DAS qui a continué à leur fournir des enfants. Et à partir de 1989, il renaissent de leur cendre puisqu'ils créent une école privée hors contrat Jean Bosc jusqu'en 2019 où ils appliqueront les mêmes méthodes où il y aura des violences physiques, des violences sexuelles, des violences psychologiques euh tout à fait extrême euh et que euh cette école privée au contrat a donc accueilli des garçons qui étaient plutôt euh qui venaient de famille catholique traditionnaliste.
Voilà. Merci. Je vous remercie madame de la Porte.
Je vais donner maintenant la parole à nos rapporteurs pour qu'ils posent leurs premières questions. Merci madame la présidente et permettez-moi d'abord de vous saluer, de saluer votre force, votre courage et de dire pour commencer les travaux d'audition de cette commission d'enquête parlementaire que c'est de votre force, de votre courage de victime que cette commission d'enquête est née. Et je veux au début de nos travaux constater que déjà nous pouvons nous assistons à une forme de de tsunami de de de mur qui est en train de de se fissurer.
Je crois qu'on est au tout début. L'essentiel de vos collectifs ont été constitués il y a quelques jours, quelques semaines à la suite de la création du collectif des victimes de BRAM et que probablement en ce moment même d'anciennes victimes, des victimes nous entendent, vous entendent, nous regardent, vous regarde. Probablement que il et elle se constitueront aussi en collectif de victimes et je veux les encourager à le faire. qu'il et elle prendront la parole et peut-être se présenteront devant la justice.
Et si cette commission d'enquête a une utilité, peut-être dès ces premiers instants, c'est celle-là. Participer avec vous à ce processus de libération de la parole. Ceci étant dit, je veux rappeler que c'est une commission d'enquête parlementaire et que donc nous ne sommes pas dans la recherche de responsabilités individuelles, que c'est là le travail de la justice, qu'il y a des procédures judiciaires, qu'elles sont indépendantes et c'est heureux et qu'il y a nécessité pour nous de pour bien agir et travailler de distinguer les choses.
Et notre objet comme d'enquête parlementaire est de venir identifier d'éventuelles défaillances dans les modalité de contrôle par les différents services de l'État. le ministère de l'éducation nationale, le ministère de la justice, le ministère de l'intérieur, peut-être d'autres administrations, modalité de contrôle au sein des réseaux d'établissements privés sous contrat, notamment de l'enseignement catholique dont il faut rappeler qu'il est largement financé sur fond public et à partir de l'identification de ces défaillances et bien évidemment de proposer des évolutions pour empêcher d'autres BRAM, empêcher d'autres usarites, d'autres dames de guérison, empêcher d'autres drames comme ceux que vous nous avez décrit et protéger tous les enfants. Donc pour venir au cœur de ce que vont être nos travaux pendant plusieurs mois, cette question que j'adresse à chacun d'entre vous.
Est-ce que vous-même comme victime, enfant, adolescents ou certains membres de vos collectifs, est-ce qu'ils ont cherché de l'aide à l'époque où ils étaient victimes ? Si oui, comment ? Vers qui se sont-ils tournés au sein de l'établissement, en dehors de l'établissement ?
Quelles réponses ont-ils eu ? Alors c'est la question pour nous du signalement qui est vraiment au cœur de notre attention. Quand un signalement à condition qu'il qu'il soit prononcé parce que il y a cette omerta très forte.
Quand un signalement est prononcé, qui s'en saisit ? Comment est-ce qu'il est transmis ? Où est-ce qu'il va ?
C'est ça que nous cherchons à reconstituer et votre diagnostic, votre vos témoignages, vos expériences sont absolument indispensables pour nous permettre de bien comprendre comment tout ça s'est passé et continue à se passer aujourd'hui. Oui. Alors moi je veux bien prendre la parole en ce qui concerne donc Notre Dame du Sacrécœur à Daxe.
Donc moi je suis rentré donc en 1958 et tous les abus sexuels qui se passaient à l'époque personne n'en parlait. y compris entre nous, on n'en parlait pas. Euh moi, j'ai passé donc 7 ans internes, j'ai joué dans l'équipe de foot depuis le Benjamin euh Minim Cadé, peu importe, avec trois personnes deux qui ont porté plainte.
Jamais jamais on a découvert maintenant que en fait on a été victime, on en a jamais parlé. Moi personnellement, mes parents sont morts, ils ne l'ont jamais su. La première la première personne à qui j'en ai parlé, c'est mon épouse il y a maintenant on va dire 3 semaines après 50 ans de mariage, mes enfants n'étaient pas au courant.
Maintenant, ils le sont, y compris mes petits-enfants. Donc entre nous, on en parlait pas. Ça c'est absolument.
Pourquoi on en parlait pas ? Parce que personnellement, enfin et je pense que c'était le cas de beaucoup. Moi, j'aurais dit à mes parents, mais alors mes parents, c'est surtout du côté de ma mère.
Ma mère était une bénéoui là, enfin, il y avait que l'écuré qui comptait. Bon, c'était comme ça. Et du moment qu'elle m'avait mis à Cendrillon, j'ai c'est elle m'avait mis au somum de l'excellence.
Toujours est-il que si j'avais raconté ça à mes parents, un, il ne m'auraient pas cru. Ça c'est absolument évident. Et deuxièmement, heureusement que je l'ai pas raconté finalement. avec euh le recul parce que je pense que comme on aurait pris pour un menteur et ben Cendrillon c'était pas assez fort pour m'éduquer onvoyé à Betaram parce que ça à l'époque et ça tout le monde le savait dans la région y compris jusqu'à Bordeaux les bordelets qui étaient à il y avait Grand Lebrun qui volit Saint-Junesse. les bordel qui étaient dans ces institutions à l'époque si ça n'allait pas très bien à Bordeaux, ils avaient une étape qui était Cendrillon.
Si Sendrillon ça allait pas très très bien encore il passait Betaram et il y avait une étape supplémentaire Alain pourra le dire si à Betaram ça n'allait pas il y avait Domzin. Alors Domin c'était un prêtre qui avait monté une école. Apparemment moi personnellement je connais pas Domin mais il y avait pas même pas de cours de récréation.
La cour de récréation, c'était la place du village et c'était un prêtre qui il était à l'avance à l'époque, il y avait la mixité qui était qui était pas partout mais la mixité comment elle se passait ? J'ai un neveu qui a été un garçon parlait à une fille, il y avait aucune discussion possible. Il prenait un coup de bâton.
Alors voilà comment enfin nous en tout cas comment on a vécu à l'époque donc 58 60 on ne parlait pas de ça c'était tabou. Bon ensuite très honnêtement je pense que à l'inverse maintenant des jeunes et tout ça je pense qu'on était moins au fait aussi de comprendre sur le moment. Alors, on s'aperçoit maintenant que c'était des choses abominables, mais de comprendre sur le moment, bah que finalement, oh c'était peut-être pas si grave que ça, ce qu'on subissait, tout ça.
Euh voilà. Euh nous, en ce qui concerne le collège Saint-Pierre, aucune aide de toute façon n'aurait pu être sollicitée auprès du de la direction de l'école parce que la violence, il était vraiment systémique. Voilà.
Donc de base en haut, je dirais à part les femmes qui nous servaient à la cantine, tout le monde était dans la violence. Je n'ai pas jusqu'à maintenant, on commence à remonter le fil de de de l'histoire de ce continuum de la violence. On a repéré à peu près tous les professeurs.
Il y en a pas un qui un jour ou deux, c'est rare qu'il n'en ai donné qu'un, n'est pas frappé un élève. Euh, ils étaient recrutés pour ça véritablement. Donc et je dirais qu'à la limite si on avait eu l'heure de se plaindre auprès du directeur ou d'un professeur de la violence, on s'en serait repris d'autres et on aurait eu des des mesures de de rétorsion derrière.
Les parents, on n'en parlait pas parce que pour la plupart, on nous mettait là pour ça. Et je n'arrive pas à croire que le diocèse a pu ignorer ces choses-là puisque le collège était marquété comme on disait ça au aux enfants et les parents disaient ça aux enfants si tu es pas sage ou si tu travailles pas bien, tu vas aller chez les frères quatre bras ou les frères tap dur. Bon euh voilà, je pense que comme slogan, c'est relativement efficace.
Et euh et c'est ça qui s'est passé. Ils ont ils ont massacré toute une génération d'étudiants. Je dirais entre 1960 et 1990.
Bon, les dernières plaintes se se situent du en 96 quand le le collège était devenu mixte. Euh mais voilà le gros la grosse poche de violence mais c'est 1960 1970 avec des sévises mais qui sont qui sont juste euh euh c'est juste hallucinant des séries de séries de gifles qui vous qui vous brisent le tyman. Certains comme moi d'ailleurs ont eu l'audition un petit peu altérée.
Des coups de point dans le dos, dans l'épaule, enfin là où ça là où ça fait pas mal qui font vomir les gens. L'estrade aussi. Alors ça c'est plus peu plus pervers, c'est-à-dire qu'on enterre quelqu'un sous l'estrade, voilà, parce qu'il a pas su répondre à la question.
Alors le mec s'assoit entre les les les serpillères, les balais, les le vieux linge pourri et puis attend que qu'on veuille bien le faire sortir. Euh enfin, c'était ignoble. Voilà.
Euh pas de signalement pendant 30 ans. Ça veut dire que qu'a fait l'État ? Pendant ce temps-là ?
Je m'excuse mais on est à l'assemblée, je on paye des impôts. Euh il y a pas eu en 30 ans un signalement. Est-ce qu'il y a pas eu Est-ce qu'il y a eu les inspections ?
Je n'en sais rien. Euh alors je sais que madame la ministre veut aujourd'hui voilà améliorer ce système de contrôle, le le en en accroître la fréquence. Je pense aussi qu'il faudrait pas que ces gens-là soient prévenus.
Parce que je dirais qu'à la limite si on dit bah on passera dans une semaine, on les profs et le directeur ils sont pas bêtes. Ça aurait été le club mat chez nous. Ils auraient vu des enfants bien habillés à qui on aurait appris des à sourire et cetera.
Mais mais ça se passe Ouais. Ça se ça se passe dans le silence des familles, des autorités de contrôle, du diocèse. Donc je dirais qu'à la limite faut les prendre par surprise.
Voilà. parce que des des des nouveaux BRAM, des nouveaux Saint-Pierres, il y en a peut y en avoir encore, je pense, si on reste à ce niveau de contrôle. Alors, je sais que ça s'est un petit peu amélioré mais je pense qu'il faut faire les choses différemment.
Voilà. Euh, madame Spilbou, si vous voulez poser votre question. Oui, merci madame la présidente.
Merci à vous et comme mon collègue corpporteur, je tiens à saluer votre courage et puis la confiance que vous nous faites malgré ce que vous venez de dire monsieur sur l'inaction réelle ressenti et réelle de l'État et de nombreux pouvoirs publics ou religieux pendant ces années qui ont fait que il y a eu ce silence et cette confiance, on en mesure le poids aujourd'hui sur nos épaules. Et je crois que notre présence deux corrapporteurs de groupe opposés, la présence nombreuse de nos collègues commissairire que je salue de différents groupes politiques, les commissaires de la commission éducation et affaires culturelles qui non seulement poseront des questions mais nous accompagneront en tant que membre de cette commission d'enquête. Elle montre aussi à quel point on a le devoir de d'être à la hauteur de l'espoir qui est en train de naître. vous en parliez, monsieur Esquer, c'est-à-dire c'est c'est un c'est un jour fondateur aujourd'hui parce que vous vous rencontrez, vous les différents collectifs, vous ouvrez par la médiatisation, la libération de la parole à d'autres victimes et surtout euh vous allez nous donner les clés et donner à tous ceux qui ont été acteurs de ce système et qui le sont aujourd'hui euh pour sécuriser et faire en sorte que tous les protocoles, la la le signalement euh la la chaîne de responsabilité devienne efficace, rapide pour empêcher que quand il y a une violence qui commence, elle ne se perpétue pas et elles ne deviennent pas plus graves.
Parce que ce qui nous est apparu dans nos premières visites sur place et dans nos premiers échanges formels ou informels avec des victimes, c'est que lorsqu'on dit un coup, une gifle, finalement à l'époque c'était accepté. Derrière les coups, il y avait des violences physiques. Derrière les violences physiques, il y avait très souvent des violences sexuelles.
Et en fait, lorsqu'on accepte le début, on ferme les yeux sur l'ensemble d'un système. Euh vous venez de dire quelque chose de très important, monsieur, et c'est peut-être là que je j'orienterai ma question sur le fait de prévenir et les méthodes d'inspection. Euh le sujet du contrôle est un sujet qui est le cœur de cette commission d'enquête. c'est comment sont prévus les contrôles par les pouvoirs publics, par le ministère de l'éducation nationale, que ce soit sur des établissement publics ou des établissements privés privés sous contrat ou hors contrat et comment ces contrôles permettent de vraiment signaler les dysfonctionnements, les maltraitances, la souffrance d'un enfant.
Donc vous en avez donné une des clés, le les délais de prévenance. Il y en a plein d'autres que vous avez peut-être envie de nous partager. La modalité d'entretien, euh les entretiens hors cadre scolaire dans la famille parce qu'il y a toutes les responsabilités les enfants au contrôle.
Voilà. Donc ce que je vous poserai peut-être à vous tous comme question si vous avez envie les uns et les autres de prendre la parole, c'est euh quels sont les contrôles que vous avez connu ou dont on vous parle et qui n'ont pas fonctionné ? Comment vous imagineriez le contrôle qui aurait pu en se replaçant dans le passé faire que les faits soient beaucoup plutôt décelés et beaucoup plutôt prévenu ?
Madame Lebrille, allez-y. Madame Lebrille. Ensuite madame Bertrand, pardon.
Euh nous, c'était un peu spécial parce que on avait été placé là par la justice. Alors soit à la suite de viol, d'incestes, familiaux, euh peu importe les filles qu'on avait mis sur le trottoir qui faisaient partie de bandes et autres. Alors, il y avait deux la l'ordonnance de 1945 pour les délinquants et l'ordonnance de 1958 pour la l'adolescence sans danger.
Personnellement, j'ai bénéficié entre parenthèses de celle de 1958. J'ai été violée à 11 ans. Alors le contrôle, mais il y en avait pas de contrôle.
C'était la porte ouverte à toutes les exactions. Nous, on subissait la la clôture que les bonnes sœurs, excusez-moi, je le dis volontairement comme ça, les bonnes sœurs, elles n'avaient rien de bon, rien de bon. Les bonnes sœurs nous nous martyrisaient.
Alors, les rares filles qui arrivaient à prendre le dessus et bien elle fuait. Mais quand elle revenait, on leur tendait les cheveux. à rat et on leur mettait des robes.
Allez, c'était plutôt des chiffons que des robes et on les enfermait au mitard. Moi le mitard, je l'ai connu main de fois parce que j'ai pas changé, je dis tout ce que je pense. Alors bah voilà.
Alors le mitard, une couverture quand il y en avait une, un matelas pourri, un saut hygiénique dans le fond, une cuvette et un saut d'eau. Je suis désolée de vous dire ça, mais le saut hygiénique quand il était plein, à votre avis, comment ça se passait quand on avait des envies pressantes ? On faisait dans un coin de du mitard.
Voilà. Alors, des contrôles, il y en avait pas. J'en ai vu un en 4 ans.
C'était un juge ou un juge pour enfants. J'ai pas su parce que ça dépendait pas de de chez moi. C'était de j'étais au M pour tout vous dire.
Ça dépendait de de la peut parler de la juridiction du M et il est venu mais il est resté quoi ? Allez, on va dire 10 minutes c'est tout. et elles nous ont martyrisé, c'est le cas de dire le travail forcé parce que le jour Venise, des kilomètres des kilomètres de jour Venise et ça avant, il fallait travailler avant d'aller en cours.
Alors voilà, je pourrais je suis soft, je ne veux pas je peux pas en fait je peux pas vous dire le fond de ma pensée ni ce qu'on a vécu, mais ce que je vous dis là c'est déjà pas mal. Merci madame Lebrin. Madame Bertrand, c'est à vous.
Alors moi je suis d'une génération qui a suivi en fait la génération de de mes camarades. Nous il y a eu des contrôles. J'ai j'ai des témoignages de gens qui me disent on parle par exemple d'une maîtresse de ses main torsionnaire sadique les parents se sont plains à la direction plusieurs fois.
Et on parle même d'un contrôle contrôle académique comme on l'a tous connu. Alors moi je me souviens enfant hein une semaine avant de semaines avant on nous dit attention on va être contrôlé. Là tout le monde était sage mais à aucun moment les enfants n'ont été entendus.
Je je vous parle d'une d'une personne qui frappait sur la tête de ses élèves de manière répétée, qui a qui a décollé les élèves les oreilles d'un enfant qui venait de se les faire recoller chirurgicalement. Enfin, des choses d'une violence inouie. Et donc les parents se sont plains, la direction n'a rien fait, il y a eu un contrôle qui n'a servi absolument à rien.
Et ça et vous parlez tout à l'heure d'Omerta, mais de toute façon c'est c'est c'est le c'est le modus opérandi de toutes les écoles privées catholiques. C'estàd il faut pas atteindre à la réputation de l'école. Donc on ne fait pas de bruit, on ne fait pas de vague.
On on m'a même redit il y a pas longtemps, on lâche notre on lave notre linge sale en famille. Pareil, il y a des élèves, il y a un prêtre qui était euh qui posait problème en fait, qui a été qui dont les élèves ont trouvé qu'il avait des gestes très déplacés. Ils sont allés se plaindre au senseur de l'époque qui leur a dit "Ce sont des accusations très graves.
Vous savez bien que les prêtres sont en manque d'affection. Ce sont des gestes d'affection légitime d'un homme de Dieu. Si vous si vous et si vous continuez à dire sur deux choses, il vous arrivera des choses très graves.
Il y aura des conséquences très graves. Le senseur en question euh le le senseur en question, c'est le fournirait de Betan. Écoute, je je oui, je je vais le dire parce qu'en effet les élèves les dates concord.
Donc c'est en effet monsieur Damien Saget qui était senseur à Saint-Dominique de Neuili. OK. qui est resté chez nous 8 ans et et donc c'est dans ce cas très précis.
Donc des enfants ont parlé parce qu'on parle de libération de la parole mais en fait tout le monde a parlé hein sur il y a beaucoup de gens qui parlaient les enfants ont parlé, les enfants ont crié. J'imagine que les hurlements des enfants de Betaram et des autres ont dû être entendus par quelqu'un. Les enfants de Neil ont parlé mais à chaque fois ils sont heurtés à quelque chose qui a été la direction et cetera. et et j'ai des et et ce qui moi me me met en colère, ce qui m'a blessé au début, mais maintenant c'est de la colère, c'est de savoir que par exemple certains professeurs ont été couverts par plusieurs génieurs euh directeurs ou directrices successives et donc voilà, on a continué à couvrir et et en l'occurrence ce prêtre qui a été accusé de choses qui a été condamné ensuite en 2015 pour détention d'images pédopornographiques parce que il y avait une enquête sur lui, malheureusement été prescrit pour des choses de 99 donc en 99 il était plus à Saint-Dau Donc ce type- là a été exfiltré de Saint-Dominique parce que un garçon dans la chambre de laquelle il est rentré pendant une retraite de profession de foi s'en est ouvert à une de ses camarades.
Cette jeune fille donc on était en 5e on avait 13 ans. Cette jeune fille est allée voir sa maman et sa maman est allée voir l'école. Mais si on avait écouté les trois courageux camarades qui qui sont qui étaient allés voir monsieur Saget avant qui lui avait dit attention il nous caresse le dos bizarrement quand on joue au foot. on est très malaise avec lui.
S'il y avait eu un signalement à ce moment-là, si les gens avaient pris leur responsabilité, il n'y avait pas que monsieur Saget dans ce bureau. Il y avait une autre personne, une femme responsable aussi euh de la discipline à Saint-Dominique. Euh donc voilà, donc les enfants ont parlé, les enfants n'ont pas été écoutés.
Il a fallit que les adultes vraiment voilà et même quand les adultes parfois s'exprient, on faisait rien notamment pour cette maîtresse. Voilà, j'ai même un témoignage qui moi me glace d'un d'un sur un maître de CM2 qui caressait les filles les petites filles tous les jours hein. Tous les jours, il y en a qui disent "Je me suis fait caresser tous les jours." Il a mis la main dans ma culotte tous les jours en CM2 de la directrice de l'école primaire qui prévient, je suis désolée, c'est c'est vraiment dur hein, qui prévient une des mamans d'élèves en lui disant "Fais attention à monsieur machin, fais attention".
Donc on savait ce ce type est arrivé avec une réputation et on l'a laissé dans une école de CM2. Donc les contrôles n'ont servi à rien, les enfants ont parlé n'ont pas été écoutés et tout ça pour protéger la réputation de ces de ces établissements. Et alors chez nous pour le coup une gifle à mon époque, moi je suis n 83, si on m'avait mis euh une gifle, si un un surveillant m'avait mis une gifle, si un professeur m'avait mis une gifle, je pense que ma mère défonçait le portail de l'école et voilà, ça sera ça se ça ne se serait pas arrêté là.
Moi-même, j'ai été victime de ce qu'on appelle du grooming. Donc un surveillant qui m'a repéré. J'étais en j'avais 13 ans qui m'a poursuivi toute l'année hein.
J'ai mes parents retrouvaient le courrier qu'ils ont c'est intéressant qu'ils ont envoyé à l'époque à la direction suite aux échanges. Et on voit en fait ma mère retrace que depuis septembre jusqu'à juin, il m'a poursuivi et cetera jusqu'à ce qu'il m'offre il m'offre des objets physiques qui m'ont mis extrêmement mal à l'aise et que ma mère puisse aller avec ses objets devant la direction de dire attention ce type et il a été pareil encore une fois il a été viré tout de suite exfiltré on ne sait pas ce qu'il est devenu donc je ne sais pas pourquoi il y a jamais eu de signalement je veux dire est-ce qu'à l'époque il y avait des des organismes auxquels on pouvait signaler ce genre de fait mais il y a eu aucune traçabilité de ces personnes qui sont venues dont on sait qu'elles ont fait des choses et qui sont qui ensuite poursuiv leur chemin dans d'autres écoles, à agresser d'autres enfants et à faire des choses vraiment terribles. Je vous remercie madame Bertrand.
Je vais peut-être maintenant donner la parole au question. Oui, tu veux reposer une question ? Vas-y, je t'en prie.
Merci. Vous décrivez des huit clos où rien ne peut sortir de l'établissement. Les élèves qui sont victimes ne peuvent pas s'adresser à leurs agresseurs ou à leur risque d'être à nouveau agressés.
Et puis les parents ou certains personnels se renvoyant au fond la responsabilité de de signaler ou de prendre des mesures visant à protéger leurs propres leurs propres enfants. Parce que parfois les enfants mettent dans les établissements, c'était notre cas à tous pour les redresser pour les dresser. Donc à la limite voilà si c'est le prix à payer, ben ben paye-le.
Voilà. Donc il y a un H clos qui à la fois celui de l'établissement, parfois celui de la famille, redoublé par celui de la famille. Il y a un il y a peut-être des enfants qui ont essayé d'échapper littéralement au h closer sur est-ce que dans les établissements qui ont été les vôtres, est-ce qu'il y avait des des enfants qui fugaient, qui s'échappaient, qui fuyaient parce que notamment autour de Betaram, on nous a décrit des fugues très fréquentes pendant très longtemps et des gendarmes qui récupéraient les enfants.
Donc la question est celle-là. Est-ce que des enfants tentaient de fuir ? Par qui étaient-ils rattrapés ?
Et est-ce que est- est-ce qu'il y a eu une réaction avec l'accumulation par exemple de fug ? Qui veut répondre à la question ? Madame Lebri ?
Allez-y. Alors nous euh c'était c'était elle fuguit facilement les filles. Moi j'ai pas voulu parce que je savais pas ce qui m'attendrait dehors.
J'étais pas terrorisée de savoir ce qui ce qui pourrait se passer. Puis j'étais loin de chez mes parents. Les filles fuguaient mais pendant toute la nuit avec les chiens bergers allemands, on était convié à à passer dans tous les bosquets, dans tous les jardins pour savoir si elles étaient pas monté en haut d'un arbre pour se cacher.
Et quelquefois elle fuguit et puis ben elle se ratait, elle tombait par terre comme à nancy où elle a râé toute la nuit et que les chiens lui ont l'ont mangé. En fait, pour bien comprendre manger là, vous parlez de de de des chiens de de de qui ? des chiens d'accord de au sein de l'établissement au sein de l'établissement au matin c'est c'est pas le corbillard qui est venu c'est un tomb avec un cheval et puis ils l'ont bainé dedans et puis ben voilà et puis combien de de de cas similaires comme ça vous savez là je je me lâche mais c'est difficile. difficile parce que je parle au nom de toutes les copines et voilà.
Mais je pourrais vous vous tenir comme ça pendant des heures. Pendant des heures. Madame Lebri, je on va on va continuer la conversation mais j'entends bien ce que vous nous dites et si je comprends bien, vous dites que les enfants eux-mêmes étaient pas témoins mais responsable d'aller chercher les copines.
Oui. Dans les bosquets. Oui.
Très bien. Euh enfin déjà c'est extrêmement choquant et bouleversant, mais le décè cette jeune femme, ça serait peut-être bien aussi de comprendre comment on a pu camoufler un décès qui est en fait provoqué par des chiens qui appartenaient voilà comme vous dites aux bonnes sœurs. Qui veut prendre la parole sur les témoins sur le voilà, allez-y, je vous en prie madame de la porte.
Oui, sur l'aspect systémique, je trouve que euh le village de Riomont est un cas extrêmement grave parce que euh tout le monde était au courant. Euh la mairie de Liévin était au courant, le maire de Liévin était au courant. Mais c'est plus qu'être au courant, c'est des alliances en fait objectives.
Parce que qui voulait de ses enfants ? personne ne voulait de ses enfants. Et donc le père Revre Revis cette occasion pour livrer un un truc clé en main en fait pour prendre en charge ses enfants.
Donc du coup, il avait toutes les institutions avec lui, il a eu les journaux avec lui. Euh il il y a je ne sais pas combien j'ai compulsé d'articles de la Voie du Nord en faisant des papiers tirambiques sur Riomont alors que les gens voyaient passer les enfants dans des états lamentables. Les enfants, ils allaient à ils allaient à l'école, ils ont été dans l'école privée, l'école privée de Lièvin, ils étaient à l'école publique de Liévin, ils ont été au collège public de Liévin.
Il y a une personne qui a écrit une lettre un jour qui était la femme du proviseur du collège, madame Clément, en 1969, première alerte. On en fait quoi de sa lettre où elle dit que elle voit des enfants qui sont mal soignés, mal nourris, maltraités ? on la prend et on la met à la poubelle sa lettre et on lui dit "Retourne à ta cuisine." Et qu'est-ce qui se passe après ?
Pourquoi il y a tout d'un coup l'administration se réveille pour faire un premier une sorte de premier rapport en 1974 ? Est-ce que le père Revut habilitation permanente et qu'on n'ose pas lui donner une habilitation permanente parce qu'on voit que ça dysfonctionne. Il y a des éducateurs qui sont pas formés.
C'est des jeunes personnes qui sont complètement manipulées par le père revet. Euh il y a des moines, même chose, tout le monde est à sa solde et donc du coup le les premiers rapports sont extrêmement timides. Alors on lui donne pas d'habitation permanente, on lui donne que des habitations provisoires de 2 ans, 2 ans, 2 ans.
Mais en fait quand on regarde les rapports, ils sont complètement euh ils sont ils sont fait en sorte que ça puisse continuer. Donc le système il a été protégé, il a été encouragé. euh les institutions publiques, que ce soit du côté de la santé, de la justice ou de l'éducation, tout le monde a fait en sorte que ce lieu existe.
Euh quand j'ai demandé les rapports du rectorat pour la deuxème partie de l'histoire, donc l'école privée hors contrat, le rectorat ne m'a pas communiqué les rapports. Ils ont forcément fait des rapports, ils y sont allés. Euh où sont ces rapports ?
Que disent ces rapports ? Les enfants parlaient les enfants donnaient des petits mots aux assistantes sociales. Il leur disaient "Au secours, il y a tel prêtre qui m'a touché.
Est-ce que c'est normal ? Je suis violentée. Les assistantes sociales, elles ont fait quoi en fait ?
Elles ont rien fait en fait. Donc la chaîne elle est immense parce que parce que les enfants, ils ont parlé, ils ont dit, ils ont parlé à leurs parents, ils ont parlé aux personnes à l'extérieur, la dame qui s'occupait de la piscine à Liin, les personnes les personnes qui faisaient les enfants allaient faire du sport à l'extérieur, il le disait. Mais pourquoi personne n'a bougé jamais ?
En fait, tout le monde était au courant et ça a été un lieu qui a été protégé jusqu'en 2019 où il a fallu une vague de 200 auditions suite à une plainte pour viol déposé en 2013 pour que le rectorat dise à à Riomont de faire partir les enfants. Aujourd'hui, réon il y a des scouts et des louvettes avec des prêtres qui vont passer dans la justice et dont un dont on va savoir ce qu'il va prendre pour détention d'images pédopornographiques pendant 5 ans. Enfin, je veux dire voilà pour moi Riom c'est vraiment ça rassemble tout.
C'est un cas d'école terrible quoi sur l'institutionnalisation de ce lieu. Merci madame de la porte. Monsieur Parent, vous vouliez prendre la parole ?
Oui, je voulais un peu parler de Saint-Fançois Xavier parce que vous avez demandé s'il y avait des élèves qui avaient euh rapporté les faits. Donc euh on pouvait pas trop raconter ce qu'il y avait euh euh à l'école, à l'établissement puisque le directeur de l'établissement était lui-même un agresseur. Donc euh on avait on se taisait et de toute façon quand on rentrait à la maison et qu'on voulait raconter ça à nos parents, il nous avait mis là pour ça.
Donc on nous disait "Ben si tu as pris des coups, c'est que tu les as mérité." Voilà. Il y a un élève, un des derniers témoignage que j'ai eu, c'est pour l'année 2005, un jeune qui a été agressé par d'autres élèves sexuellement, qui s'est plaint à un surveillant. le sauveillant ne l'a pas cru, a mis de la pression sur lui.
Euh et même euh cet élève là s'est senti seul, immensément seul et il a passé ses journées à avoir peur tout le temps parce qu'il était dans sa solitude. Voilà. Donc ça c'est pour l'établissement du star avec beaucoup de victimes comme ça.
Mais je voudrais aussi parler de parce que là on est dans les établissements privés catholiques mais moi les premières violences elles ont commencé dans une école publique primaire et pas dans un petit village du fond du Pays-Basque. C'était Anglette une une grande ville. Voilà, c'était en cours de CM, il y avait un des torsionnaires qui avait peint les vitres de la classe en blanc.
Donc c'était les seules vitres de toute l'école qui étaient peint en blanc. Personne s'est posé la question pourquoi elles étaient peintes en blanc. Parce qu'en fait, il avait fait pour pas qu'on voit de l'extérieur ce qu'il nous faisait à l'intérieur.
Donc il nous cassait des règles en bois sur la tête. Son grand plaisir pervers, c'était de nous faire monter au tableau pour nous faire écrire tout à fait en haut. Et pendant ce temps, il dévissait le tableau qui avait deux faces, il donnait un coup sur le tableau, on était projeté à terre violemment et là il avait un four rire.
Le deuxième agresseur, c'était le directeur de de l'école qui avait une baguette, un espèce de petit fouet qu'il appelait Caroline. Et donc il nous disait "Viens, je vais te présenter Caroline." Et il nous faisait nous allonger sur ses genoux et il nous fouettait avec sa baguette. pour les dicter.
Quand on faisait trop de fautes, il nous faisait venir à côté de lui. Nous prenait l'intérieur de la cuisse, pincer et tourner violemment jusqu'à qu'on corrige la faute. Donc quand on rentrait à la maison, moi j'avais deux trois bleus.
Je disais à mon père qui était médecin en anglais, il était médecin. Je disais mais papa, tu as vu ça ? Ben la prochaine fois tu feras de fautes.
Donc en fait tout le monde savait parce que un établissement public, il y avait un médecin, il y avait des infirmières, tout le monde allit voyait les vitres peintes en blanc et personne n'a jamais rien dit. Donc c'est pire que que simple contrôle dans une école privée quoi. Je veux dire là c'était tous les jours que les gens voyaient.
Voilà. Et je pense pour vous parler de contrôle, je pense que les contrôles ça ne marchera pas parce que même si vous dites pas que vous ne venez pas euh si vous n'annoncez pas votre venue, le prof ne va jamais taper quelqu'un si vous êtes là dans la classe. Non, je pense que il faudrait un moyen, il y a un super moyen pour les personnes âgées qui existent avec un bracelet quand ils sont en danger ou qui tombent, ils appuyent sur le bracelet.
Évidemment, on peut pas donner ça à tous les élèves, ça coûterait une fortune. Mais en mettant un dispositif sur les téléphones, puisque tous les enfants maintenant ont les téléphones en mettant un numéro simple, juste comme on a le 17 pour les pompiers, le 18 pour la pour le 18 pour les pompiers, le 17 pour la police. Si on mettait un numéro simple, 10 pour les enfants et qui tombe directement sur quelqu'un qui puisse euh les soutenir, les comprendre, mais pas des numéros comme on voit enfance machin 840 tout.
On va pas aller chercher ces numéros là. Il faut quelque chose de simple qui soit dans la tête le 10, le 12 comme avant on avait le 12, c'était les renseignements. On pourrait mettre un numéro d'urgence comme ça pour les enfants.
Merci. Merci monsieur Parent. Peut-être alors effectivement oui, il existe des numéros.
Nous allons dans les auditions à venir d'ailleurs auditionner ceux qui gèrent le 119, les associations de protection de l'enfance pour là aussi travailler sur le fonctionnement de ces systèmes d'alerte et voir les améliorations qu'on qu'on peut proposer pour rester sur le le sujet des fugues qui nous a beaucoup interpellé. Pourquoi il nous a interpellé ? parce qu'on a eu un entretien avec Paul Vanier avec le conseil départemental des Pyrénées Atlantiques et on a dans les conventions entre l'éducation nationale et la protection de l'enfance, il y a des points d'alerte sur le sujet de l'absentéisme.
C'est-à-dire que à partir d'un certain nombre de demi-journées ou de journées d'élèves absents, il y a un signalement aux services sociaux pour que le département puisse aller voir dans la famille à l'école ce qui se passe. Et c'est un des moyens de détection. Et dans cette convention, il nous est apparu qu'effectivement il n'y avait pas le sujet des fugues.
Alors que quand on lit l'histoire de de Riomont que je connais maintenant bien, quand on entend les témoignages à Betaram, monsieur Esker, le sujet des fuges était extrêmement fréquent avec comme le disait Paul Vanier, la police ou la gendarmerie qui ramenait les enfants et qui avait donc certainement, on l'imagine, trace de quelque chose en masse. Et donc vraiment sur les fugues peut-être monsieur Esquer, est-ce que vous pouvez nous dire comment ça se passait et si c'est un sujet sur lequel vous avez essayé de recueillir soit des nombres, soit la façon dont ça a pu être suivi derrière. Je vous remercie.
à Betaram. Effectivement euh les enfants fuguaient souvent et notamment le mercredi, moi je me souviens très bien dans les années 80 90 de voir l'Estafette de la gendarmerie de Naï revenir avec des enfants. Parfois c'était aussi la population locale hein, les habitants de l'estel Betaram qui trouvaient des enfants ampleur fuyant l'établissement et qui rappelait et je me rappelle très bien de monsieur Sag qui allait les chercher très rapidement d'ailleurs avec le véhicule de de l'établissement.
Donc cette question des des des fugues, elle est centrale. Les enfants, ils essayaient évidemment de fuguer à tel point même que parfois, moi je me rappelle très bien, on est en 97, le petit Pierre qui va fuir le viol de d'en surveillant euh le mercredi après-midi, il va s'enfuir pendant la nuit avec un copain. Ils vont faire 25 km à pied et ils vont se retrouver donc à la rue Carnoapau où la maman va ouvrir et le surveillant qui l'a agressé la veille vient le rechercher et la maman le laisse repartir.
Cet enfant le jeudi, il va revenir donc le vendredi soir à la maison et le samedi, elle va faire un courrier que j'ai en ma possession en indiquant au médecin que son fils se plaint de douleur anale aigue. Le médecin ne fera pas d'examen clinique, il prescrira une simple pommade. Et la mère qui pourtant visiteuse médicale ne se rend pas compte en fait de parce que pour elle c'est une sidération.
Enfin ce qui arrive à son fils en fait, il ne lui pardonnera jamais d'ailleurs. Euh elle elle ne voit pas en fait parfois vous avez tous les éléments qui vous indiquent que bah il y a un gros souci et en fait quand vous voulez pas voir vous voyez pas. C'est pas qu'elle aime pas son fils, elle l'adore son fils.
Elle l'aime, elle me l'a dit en pleurant. Euh mais euh quand on veut pas voir, on voit pas. C'est ça qui est quand même dramatique parce que euh je je ne sais pas enfin notre société euh on dit c'était il y a 30 45 ans 60 ans.
Moi, quand je vais voir Romain Cler en février avec h plaintes criminelles qui visent le surveillant de Betaram qui est actuellement en détention, des plaintes criminelles que je vais déposer le lendemain au procureur de la République et le directeur actuel de Betaram me dit "Je n'ai rien à reprocher à ce surveillant." Et euh moi je veux lui lire les pls tribunels, il ne le souhaite pas. Il ne veut même pas les entendre.
Donc quand on dit c'était il y a 30 40 ans, bah je crois que notre responsabilité, il faut que je saisisse via l'article 40 les maires d'Igon et de Montau, le préfet qui est alerté qui dit qu'il ne peut rien faire. On est en grande difficulté en fait. C'est-à-dire que s'il y a pas un Allin Esquer qui se lève et qui euh hurle en fait euh euh auprès de la presse et c'est la presse qui va faire pression pour que ce surveillance soit suspendu, ça dit long sur les dysfonctionnements de l'État aujourd'hui en fait parce que là on parle de de il y a 30 40 ans, mais aujourd'hui on a encore des choses à faire parce que il y a un trou dans la raquette.
Les dispositifs d'alerte, ils ne marchent pas. La preuve, on en est à créer des pauvres pages Facebook. Enfin, c'estàdire que si il y a pas des citoyens qui prennent le le le taureau par les cornes, le système il continue, il est bien huilé ça.
Tout continue à tourner et et le pas de vague, il est toujours là en 2025. Il faut pas faire de vague. On protège l'institution. euh l'enseignement catholique Philippe Deorme qui me dit euh "On a trop protégé l'institution au détriment des élèves. 20 % des élèves de France sont dans des établissements privés.
Euh, il est temps d'agir et moi, j'ai des propositions à faire et je le ferai cet après-midi sans euh euh sans sans sans sans sans problème à euh madame Borne. On a l'idée de créer un office national de prévention et de contrôle des établissements scolaires et ça sera autre chose que les mercenaires, les septenaires qui sont allés à Betaram. Ça sera des contrôles inopinés.
J'en ai vécu puisque euh j'ai été directeur des pades pendant 17 ans euh avec le conseil départemental et l'agence régional de santé euh qui déboulait dans l'établissement et qui interrogeait les personnes âgées et les personnels sans d'ailleurs mon consentement et c'était bien normal, il nous finançait euh à 6h du matin. Donc pourquoi on pourrait pas dupliquer ce modèle en fait à l'éducation nationale et surtout à cette question de la vie scolaire ? En tout cas aujourd'hui, les parents d'élèves, ils sont derrière nous, donc on va pouvoir agir mais terminer l'omerta, quoi.
Enfin, on est en 2025 vraiment c'est un cri du cœur que que que à tous vous, on est dans le le berceau de la démocratie ici. On a besoin de contrôle dans les établissements. On le demande à coré à cri, ça ne fonctionne pas.
Nous, on considère que il faut partir des victimes et les victimes, elles ont des solutions et je peux vous dire que ça va être autrement efficace. Euh et notamment la possibilité d'interroger les enfants parce que s'ils sont préparés, les enfants, ils se livrent pas. Évidemment, il faut que ce soit spontané.
On est comme ça quand on est gaminé de les protéger aussi. Je dirais qu'à la limite pourquoi on fonctionnerait pas comme ça existe aujourd'hui pour les lanceurs d'alerte. Je veux dire, pourquoi on ferait pas ça avec des enfants qui témoignent de violence ? parce que souvent ils jouent leur peau aussi.
Nous, il y a quasiment pas eu de fugue. On prenait trop cher derrière. Je veux dire, il y en a eu un qui a été ramené par un gendarme, il s'en est il s'est pris une oraclé énorme par le directeur.
Il y en a un autre qui lui a fait de l'absentéisme. Parce qu' fait la la différence. L'absentéisme, on ne veut pas aller à l'école, on est mieux chez soi.
Donc, on reste avec maman. La fugue, c'est on n pas confiance dans les parents, il y a pas d'issue, on s'en va. Euh lui, il était resté chez lui, il voulait plus aller à l'école. et ben le directeur est arrivé, l'a frappé devant sa mère et l'a ramené au Bau.
Voilà. Donc je veux dire pour qu'on pour qu'on puisse interroger les enfants, il faut aussi qu'on soit en état de les protéger. Voilà.
Monsieur Vincent, merci. Juste alors moi je je j'entends tout ce que vous me dites et votre colère est totalement légitime. Euh nous là nous sommes dans une commission d'enquête parlementaire donc je vous demanderai de ne pas citer de nom et surtout quand il y a des procès en cours.
Je non c'est monsieur Esker qui l'a fait mais je parle en général de toute façon pour que les débats se passent correctement et qu'on ne qu'on ait pas de souci par la suite. Nous on veut faire la transparence. C'est pour ça qu'on commence par les victimes.
C'est pour ça qu'on vous écoute. Pour ensuite à la lumière de ce que vous nous dites, on entendra ensuite l'État par l'État, l'éducation nationale, les l'inspection, les inspections, comment elles fonctionnent. Voilà, c'est vraiment notre objectif.
Donc je sais pas, je crois que monsieur Lafite voulait prendre la parole. Allez-y, monsieur Lafite, je vous en prie. Il faut éteindre votre micro. que disait Alain là à ce qui se passe actuellement.
C'està-dire que nous ce qu'on a vécu donc il y a 50 ans, 60 ans peu importe quelque part j'ai envie de dire c'est malheureux mais peu importe. Alors quand je dis peu importe c'est que malheureusement on est tous conscients que personne n'y peut rien. Soit les prédateurs sont morts, soit il y a la prescription.
Donc on est parfaitement conscient que pour nous c'est fichu entre guillemets. Ce qu'il faut, ce qui est inadmissible, c'est qu'à l'heure actuelle les autorités ecclésiastiques ne prennent pas en compte notre malheureuse expérience pour agir maintenant. Qu'est-ce qui se passe actuellement ?
Vous avez des évêques, des directeurs duocésin. Je les en remercie. Bien entendu, première dans leur déclaration, ah ben ils compatisent quand même.
Ils compatisent avec les victimes. Bon, ils sont sympas, je les en remercie. Mais derrière ce discours, qu'est-ce qui se passe derrière ?
Immédiatement derrière, ils attaquent la médiatisation qu'on en a faite grâce à grâce à la presse et grâce à vous, je vous en remercie. Ils attaquent cette médiatisation parce que ils ils considèrent que nous attaquons l'église. Nous n' pas l'impression d'attaquer une institution.
On attaque des prédateurs. C'est il se trouve que dans ces prédateurs, il y a des prêtres. C'est pas notre faute.
Nous, on y est pour rien. Nous, on est les victimes. Ce sont les prêtres qui font du mal à l'église.
C'est pas nous. Là, il faut pas se tromper de combat. Euh alors que à l'heure actuelle, je dis bien à l'heure actuelle, le les autorités diocésenes alors qui sont encore ecclésiastique ou peu importe laïque hein, puisque les directeurs diocésin, il y a il y a beaucoup de laïques et tout ça, que ces gens-là euh fassent le ménage chez eux.
Ce sont les prêtres parce que comme disait un collègue tout à l'heure, on n'est pas certain que ça se passe ça continue pas actuellement hein. Faut pas et je vais plus loin, il y a pas que les établissements privés non plus. Pour être très précis, vous avez les associations sportives, vous avez les associations culturelles, vous avez vous savez je sais pas si actuellement il faudrait je parle sous avec beaucoup de prudence parce que sur l'axe, il y a un bruit qui court.
Alors c'est à vérifier. Euh je sais pas comment il faut appeler ça, un prof de de dessin ou de musique d'une association, pas pas d'un collège, d'une association a eu un problème euh sexuel avec des gamins ou ou une attitude déplacée. Mais que croyez-vous qu'on a fait ?
Que croyez-vous qu'on a fait ? Et ben ce monsieur Ah, il est pasxe, on l'a déplacé dans un département à côté. Mais moi à l'époque le prêtre qui m'a le prêtre qui m'a agressé, il a été exfiltré de Cendrillon à l'époque.
Il s'est retrouvé curé à Biscaros et après curé de Biscaros, il s'est retrouvé directeur à Tartase. Et est-ce que vous croyez moi par exemple dans dans le le la récolte entre guillemets des des témoignage pardon, j'ai aucun j'ai aucune personne j'ai aucun paroissien de Biscos qui m'a parlé hein, ni aucun élève de tartasse dans dans toutes les victimes. la face faut pas croire il faut pas croire et ce qui est enfin absolument impensable pour nous mais et impensable encore une fois c'est que qu'on veuille défendre l'église.
Mais mais l'église très honnêtement voilà encore une fois moi moi je connais des victimes et ils vont toujours à la messe. Donc voilà je vous remercie. Nous allons passer maintenant aux questions peut-être des collègues présents dans la salle.
Nous avons madame Melker qui veut poser une question. Allez-y madame Melker. Merci madame la présidente.
Juste on va prendre plusieurs questions à la fois comme ça et on donnera la parole aux victimes. D'accord. Mesdames, messieurs, au nom du groupe Ensemble pour la République, je veux vous remercier sincèrement pour vos témoignages et saluer votre courage qui force notre admiration.
Les récits de souffrance et les traumatismes que vous avez relayés mettent en lumière un système de violence systémique insupportable qui ont laissé des traces dans vos vies à tous. La commission d'enquête que nous avons créée ici à l'Assemblée nationale à l'initiative de notre collègue Paul Vanier a fait l'objet d'une unanimité. J'espère qu'à travers ell et les auditions que nous aurons amené, nous pourrons nous pourrons apaiser un peu de votre douleur et surtout faire en sorte que plus jamais aucun établissement comme ce cité ce matin n'existe et que plus aucune vie ne soit ainsi brisée.
Député de la 5e circonscription du Finistère où se trouvait le collège Saint-Pierre du relac Kéru. J'ai eu l'occasion d'échanger avec deux représentants du collectif des victimes la semaine dernière dont le représentant monsieur il n'était pas là mais il est le collectif est représenté aujourd'hui par monsieur Vincent. Je tiens à dire ici que j'ai été profondément atteinte par la dureté des témoignages édifiants que j'ai reçu et que j'ai transmis à la commission.
J'ai aussi été touchée par la force et la justesse des mots du collectif et je souhaite avec vous comprendre pourquoi le collège Saint-Pierre a été vécu par certains comme un bagne et non comme un lieu d'épanouissement. Pour monsieur Benedict le que j'ai rencontré, il s'agissait, je le cite, d'une véritable institutionnalisation de la violence sur des enfants à Saint-Pierre. Spécifiquement, j'ai été effaré de constater qu'il y avait eu autant de professeurs dans les années 70 et plus qui appliquaient des méthodes violente d'enseignement.
Même à l'époque, comment imaginer que le fait de frapper ou d'humilier des élèves pouvait être bénéfique à leur apprentissage ? Alors, selon vous, est-ce que c'est l'emprise du directeur qui a conduit à rendre les enseignants et les surveillants violents ou bien est-ce qu'il y a eu des failles dans le système de recrutement ? Et vous, tous, membres des collectifs, avez-vous constaté des processus similaires ?
Enfin, comme souvent dans les des affaires de violence et on en a parlé, on reste surpris du silence qui semble s'imposer aussi bien dans les établissements que dans les familles. Rétrospectivement, selon vous, quelles ont été les raisons ou les mécanismes qui ont pu conduire à une telle OMERTA ? Et au milieu de ce silence, aviez-vous seulement quelqu'un à qui vous confiez ?
Je vous remercie. Je vous remercie madame Melkor. Madame Adisad.
Merci madame la présidente. Euh tout d'abord, je tiens avec mes collègues à m'associer à je veux également saluer votre courage mais surtout je veux vous remercier. Je pense que vous l'avez dit monsieur Esker, vous n'êtes pas juste là pour éclairer ce qui s'est passé il y a 30 40 50 ans.
Vous êtes là pour que ça n'advienne plus jamais. Vous êtes là pour éclairer le présent et surtout éclairer l'avenir. Moi, j'aimerais vous donner mon point de vue avant de vous poser la question sur possible, pourquoi ce silence et pourquoi cet omerta est possible ?
Je dis est possible au présent. Il y a une idéologie encore très forte dans la société selon laquelle un enfant né par définition mauvais, par essence mauvais et qu'il faut le remettre sur le droit chemin. C'est le rôle de l'éducation.
Tout problème est un problème d'autorité et ce discours-là, il est encore très présent dans notre société. Toute crise de la société est une crise d'autorité et on entend encore des responsables politiques au plus haut niveau analyser le problème sous cet angle-là. La crise de l'école, ce n'est pas un problème de moyens, c'est un problème d'autorité du maître dans sa classe.
On a même des responsables politiques qui en viennent à espérer le retour à l'école d'avant. Donc ce que vous faites là, c'est une œuvre d'utilité publique pour le présent. Vous êtes là et j'espère qu'après vous, il y aura enfin ce que moi j'appelle de mes vœux un mitou des violences faites aux enfants.
Ce n'est pas uniquement dans les institutions publiques privées, ce n'est pas uniquement dans les institutions publiques publiques scolaires, c'est également dans tous les lieux où il y a des enfants. Madame Lebr, vous l'avez dit, les foyers de la protection de l'enfance et même les familles d'accueil ne sont pas exemples de ces violences. Vous avez soulevé la question des contrôles, il manque des instances de contrôle beaucoup plus fermes, beaucoup plus active sur tous ces lieux-là.
Et tant qu'on ne mettra pas ça en place, moi je suis convaincu que ça se reproduira. Ma question, elle est celle-ci. Je sais parce que j'ai étudié le sujet que vous avez également vous portez les stigmat physiques de ces violences là.
La science l'a prouvé. Quand on subit des violences à ce niveau-là, on emporte des stigmax physiques. Vous avez développé sans doute tous des problèmes de santé assez lourds.
Est-ce que vous envisagez dans les recours que vous faites et dans les plaintes que vous déposez que ces souffrances physiques là soient également reconnu ? Et si vous ne le faites pas, je ne peux quand que vous encourager à le faire. Il y a une dimension de réparation qui vaut encore le coup monsieur de d'être reconnu.
Monsieur Lafit, euh oui, tout ça est passé mais tant qu'on ne reconnaîtra pas et qu'on ne s'excusera pas au nom de l'État des violences qui vous ont été faites, cela pourra se reproduire. Il faut qu'il y ait des excuses publiques qui vous soient faites au nom de la puissance publique. Et ces excuses, je pense qu'elles peuvent venir parce que vous portez encore l'estigmat des violences qui vous ont été faites.
Voilà. Je vous remercie madame Disad. Je je vais vous proposer de prendre pas plus de 2 minutes pour vos questions.
Merci monsieur Arenas. Et puis ensuite on passera aux réponses. Merci madame la présidente.
Merci à vous. Je pense que grâce à cette commission et et vos interventions, votre courage, il n'y a aucun de nos concitoyens, aucune de nos concitoyennes, quel que soit l'âge aujourd'hui, qui n'est pas révolté sur ce que tout le monde savait, que nous savions tous et sur lequel la société française fermait les yeux parce qu'elle ne voulait pas affronter ce que vous dites aujourd'hui. J'ai été président d'une première de la première fédération de parents d'élèves pendant quelques années.
Ce que vous dénoncez, j'ai essayé de le faire aussi avec les parents d'élèves bénévoles et l'omerta dont vous avez fait état pour le l'enseignement privé était aussi une réalité dans l'enseignement public. Et il est vrai que l'inconcevable, on le met sous le tapis, on essaie de pas l'affronter euh parce qu'après tout, c'est plus commode de arriver à l'âge adulte, d'oublier ses ses souvenirs d'enfants euh que nous avons quelque part mis dans notre inconscient, mais qui de toute façon revient inévitablement. Donc encore une fois vous vous remercier pour pour ce que vous faites.
Paul Vanille lisait tout à l'heure le tsunami qui va faire tomber tous les tous les murs, tous les silences finalement me paraît inévitable. Nous avons en tant que député un droit qui est le droit de visiter tous les espaces de privation de liberté. Et à vous entendre madame de la porte quand vous décrivez le système carcéral dans lequel vous étiez ou madame Bris aussi avec le mitard dont vous avez fait courageusement état.
Je vous en remercie. Il me semble que il est il peut peut-être envisageable que finalement les députés aient cette liberté aussi, ce droit parce qu'il est inconcevable qu'une école soit un lieu de libre de privation de liberté. Il est inconcevable que comme l'écrit d'ailleurs monsieur Salondon dans son livre l'enragé qui fait état de d'un bagne pour enfant ce cela puisse continuer tout simplement.
Ça sera peut-être une question transitoire mais il me semble qu'elle est nécessaire. Nous avions porté avec cette fédération de parents dont je faisais état tout à l'heure le fait que aucun enfant ne devait ne pas voir un médecin ou une infirmière scolaire à chaque cycle de sa scolarité parce que la maturité de l'enfant aussi compte et il s'avère que dans les écoles publiques ce n'est pas un cas, ce n'est pas une réalité. Et je voulais vous demander dans les propositions que vous avez fait, monsieur Esker, est-ce que cette solution vous paraît aussi une idée acceptable ?
Nous savons les uns et les autres l'état de la prévention médicale en milieu scolaire pour que aucun enfant que ce soit dans le système public ou privé ne puisse être entendu par quelquun quelqu'un d'extérieur, quelqu'un non pas de neutre parce qu'il n'y a pas de neutralité à écouter un enfant mais de faire en sorte que les enfants soient écoutés et qu'enfin les adultes cessent de faire subir aux enfants ce que eux-mêmes n'accepteraient pas pour eux. Donc je vous remercie encore une fois de de votre courage, de votre présence ici parce qu'il en faut. Je sais que Sarah Lin qui est à mes côtés porte aussi ces combats-là au-delà des enfants notamment sur les questions des violences sexuelles sur femmes.
Donc c'est une question sociétale. On dit souvent qu'il faut 20 ans pour qu'une mentalité euh évolue. La loi euh de d'interdiction de frapper un enfant existe depuis 1991.
C'est la fameuse loi sur la gifle. Elle s'est interdit mais pour autant et manifestement il nous a fallu 20 30 ans pour que d'un point de vue de mentalité on arrive à cette commission qui nous donne l'espoir que nous nous allons pouvoir avancer. Je vous remercie.
Merci monsieur Arenas. Et vous voyez que les députés sont bavards mais ce sont des questions utiles. Juste si je peux me permettre, on va demand donner la parole à 4e député comme ça vous aurez l'occasion de répondre à quatre questions et ensuite il y en aura quatre autres.
Voilà. Madame Bourouis, allez-y. Oui, merci de me donner la parole.
En effet, je vais devoir partir. Donc, j'écouterai les réponses par la suite. Euh merci mesdames et messieurs.
Tout d'abord, vous dire à quel point vos témoignages m'ont bouleversé. vraiment euh je tiens à vous remercier surtout saluer votre courage comme nous tous ici, saluez votre courage pour euh ces témoignage très très forts, cette prise de parole qui qui me paraît essentielle pour pouvoir euh justement euh avoir des réponses des réponses à et surtout avancer sur le sujet. Euh ce que vous avez dit euh dans vos témoignages sont d'une violence rare, insupportable, difficile à entendre mais aussi à comprendre et euh ça ça laisse des traces.
Vous avez certainement des vies complètement dévastées par toutes ces humiliations. Ces mots étent forts pour raconter ces violences que vous avez subi, enfant, adolescent, c'est des violences physiques, sexuelles, psychologiques. C'est des enfin voilà, c'est incompréhensible.
Alors que les institutions étaient là normalement pour pour protéger. Donc vous l'avez dit, c'était ça se passe dans les écoles privées mais pas simplement dans les écoles privées par votre témoignage, on a vu aussi que ça pouvait exister dans l'école publique. Moi j'ai pas beaucoup de questions.
C'est simplement je m'interroge comme beaucoup d'entre nous, c'est sur cette omerta qui est difficile à comprendre et elle est encore plus en tant que parent. Moi, je suis maman. Je suis très à l'écoute de mes enfants.
Alors, c'est quelque chose qu'on peut comprendre dans les il y a 50 60 ans parce que c'était une autre époque, mais vous avez quand même cité des faits qui se sont passés récemment et j'ai du mal à comprendre que encore maintenant ça puisse encore exister. Donc je m'interroge comme nous tous sur comment vous analysez l'absence de ces réactions de la part des parents qui auraient pu alerter la justice. Merci madame.
Merci madame Bourois. Donc qui veut prendre la parole ? Oui, monsieur Vincon. si jeis prendre Excuse-moi.
Euh je voulais remercier à tous pour vos questions toutes très pertinentes et particulièrement euh celle de madame Melkior qui me permet de revenir un petit peu sur le de répondre à toutes les autres questions et de revenir sur le système qui s'est mis en place effectivement couvert par l'église. Je pense pas que ce soit elle qui l' conçu mais par le père L qui a été le le le directeur de ce collège. Alors le père L, il était né à Maans en 1922.
Donc il a connu la montée du nazisme. Alors s'en est-il inspiré, je ne sais pas pour accoucher de son de sa nouvelle méthode pédagogique qui n'avait rien de révolutionnaire qui s'appelait la pédoplégie là la l'éducation par les coûts. Voilà, il était secondé par un homonier qui lui était un un un militant de du Front de libération de la Bretagne et en cours de catéchisme nous parlait de de de la grande du 3e rage et de la de sa nostalgie pour pour la grande Allemagne nazie.
Voilà, donc ça situe déjà un peu le débat et je pense que a-t-il vendu ce concept ? Je ne pense pas quand même ce serait gros au diocèse, mais en tout cas, il l'a mis il l'a mis en place et je dirais attiré par l'argent, je pense, parce que ce collège a eu du succès très vite, voilà, parce qu'on y était des gens qui n'arrivaient pas à travailler ailleurs et à l'époque, c'était en 60, moi j'étais en 778 jusqu'en jusqu'en 79 euh il fallait avoir le brevet. Voilà, c'était le le BEPC.
Alors certains c'était mon cas, venaient de la bourgeoisie et moi j'étais voilà sur un truc un peu un peu difficile et mon père voulait absolument que j'ai mon bac donc il fallait me redresser d'autres il fallait avoir le concours de l'arsenal parce que c'était l'avoir rêvé pour pour Brest pour les gens qui voulaient être un peu un peu ouvriers mais il fallait avoir le brevet donc il a il a pris il a pris les gens qui sortaient euh bah qui sortaient du bac éventuellement un ou 2 ans d'université euh qui ont adhérer à ces méthodes et euh voilà, consciencieusement, méticuleusement, ils ont massacré toute une population de d'innocent. Voilà, je vais me permettre de vous faire passer. Voilà, on nous appelait euh des enfants difficiles, voir des primos délinquants.
Voilà les primaux délinquants de 4e. Voilà le corps professoral. Vous imaginez que cela donne des coups à cela toute la journée ?
Et on était pas des primaux délinquants parce qu'aujourd'hui tout remonte sur le fil euh et on s'aperçoit en échange sur nos vies, sur nos familles, sur l'après qui effectivement a été extrêmement dur. Moi pas tout de suite mais quand j'ai enfin eu mon bac et que tout ça s'est arrêté, j'ai perdu 16 kg. J'ai fait une anorexie mentale.
J'ai toujours pas bon, j'ai un peu regrossi mais mais pas beaucoup. Euh j'ai eu des problèmes sentimentaux. Euh j'ai eu des problèmes de de confiance en moi, de mes estimes.
Ça n'en finit pas. Euh et euh je pensais avoir réglé le problème de la violence de mon père parce que moi j'étais cumulard, je me prenais des coups là-bas et le soir me fait mon père me faisait travailler, je m'en reprenais et des grosses. Mon père n'a jamais voulu s'excuser, il n'a jamais voulu le justifier non plus.
C'était l'époque. Voilà. Et puis je pense qu'il avait peur.
Il avait peur que son son fils de grand bourgeois n'arrive pas à à faire comme lui comme il avait fait Sciencep à MBA à à Boston et cetera et cetera. Donc mais quand je j'étais pas guéri et depuis la le la la création de ce collectif, je sens que voilà tout est en train de se vider. Il me restait ça pour être sec.
Alors maintenant, peut-être à 61 ans et peut-être pouvoir réussir à à vivre ma vie convenablement et en et en levant la tête. Mais on s'est rendu compte, voilà, je je reviens, je fais une longue digression, on s'est rendu compte que nous étions tous 10 troubles de l'attention euh hyperactif. Euh c'est souvent héréditaire, je vais vous faire une confession.
J'ai un fils, il est hyperactif, il a des troubles de la tension, il est dyspraxique, les troubles de la motricité fine. Mais lui, il a eu droit à un AVS en classe, il a eu droit à des séances de d'ergothérapie, il a eu il a droit à des aménagements, il est bâchelier et personne, parce que je je je l'empêcherai de toutes mes forces, personne n'a jamais levé la main sur lui. Jamais.
Et pourtant, je tiens à le dire, c'était dans le privé. Nous, on s'est fait massacrer pendant 30 ans. 30 ans.
Et beaucoup ne sont pas là pour témoigner parce que dépendance à l'alcool, à la drogue, du fait aussi de cette ultraviolence. Après, c'est des parcours particuliers, c'est des milieux sociaux parfois compliqués. Moi j'avais la chance d'avoir une mère qui m'aimait et qui m'a donné le peu de confiance que j'ai en moi.
J'avais au moins ça en rentrant à la maison. Mais d'autres n'avaient pas ça. Donc dépendance à l'alcool, mort prématurée de maladie et suicide aussi.
On a eu des suicides. Voilà, on nous a cassé. Voilà.
Et c'était un système qui reposait effectivement sur un homme, le père elle, mais qui a été couvert par le diocèse. Voilà. Je je n'arrive pas à à concevoir que ça puisse autrement.
Ça n'aurait pas duré 30 ans. Voilà. Euh et pour les je dirais les façons de d'éviter ça, je j'en sais rien où effectivement il y a il y a un effectivement interroger les enfants, les protéger comme tout à l'heure, créer des dispositifs d'alerte euh user friendly, c'est-à-dire facile à utiliser pour les enfants, euh les les protéger, encourager aussi les euh, je veux dire les témo témoignage des parents euh et puis faire un et je et je suis chrétien hein, je suis resté malgré tout euh je veux dire que que l'église nettoile les écuries d'OGAS vraiment.
Merci monsieur Laon. Monsieur Lavine, vous vouliez prendre la parole ? Oui, je voulais poser la question du recrutement des personnels puis ça a été évoqué hein.
Peut-être que d'autres l'évoqueront. Ce qu'on ce qu'on se rend compte dans le cas de garison, mais je pense qu'on peut retrouver ça ailleurs, c'est que les recrutements, contrairement à l'éducation nationale où il y a où il y a des concours, où il y a des recrutements qui sont soit régionaux, soit nationaux, les recrutements sont faits en en micro local et par copinage. Donc souvent des gens sont recrutés parce qu'ils habitent dans un village voisin. que ces gens-là n'auraient peut-être pas d'opportunité d'emploi s'il n'y avait pas garaison et que donc ils s'y trouvent bien, ils y restent, ils s'incrustent et on a beaucoup de gens qui sont restés comme ça 30 ans 40 ans.
On a on a actuellement un surveillant qui est encore vivant, qui a commencé dans les années 60 que les les les élèves ont surnommé le crabe parce qu'il avait pour habitude de soulever les élèves du sol par les joues. Et donc ce monsieur alors qu'il a plus de 80 ans, donc soi-disant, il n'y a plus aucune violence à guison, continue à fréquenter l'établissement et également à des responsabilités religieuses. Il y a aussi le cas des des élèves surveillants qui qui est très spécifique, je crois, à ces établissements.
C'est-à-dire que en première ou en terminale, si on est choisi par la direction, on peut devenir surveillant tout en continuant ces études de première ou de terminale. Ces élèves, le choix de ces élèves, il est, je pense, largement lié à leur apparence physique. Donc, il faut un imposer, donc il faut une certaine force.
On aime bien dans notre pays du sud-ouest, on aime bien les gens qui sont dans le rugby, donc des des pratiquants du rugby et qui sont capables d'exercer cette violence. Et donc il y a ça constitue tout ça une espèce de famille où chacun se couvre. Donc on a parmi les témoignages le cas d'un donc chez nous il y a eu des condamnations pour viol he d'un surveillant qui a été condamné à 14 ans de prison.
On a un témoignage d'un ancien euh qui un jour est allé chercher un petit qui apparemment avait été agressé sexuellement, qui est en pleur, qui vomissait et euh donc le le camarade donc a ramené cet enfant et apparemment le surveill l'autre surveillant qui n'était pas le violeur a trouvé ça logique et bon, il fallait étouffer l'affaire, c'était normal, ça faisait partie partie du jeu. Donc il y a tout ce système où tout le monde se tient et donc c'est je crois tout ce système qu'il faudrait remettre en question en imposant d'autres règles de recrutement que ces recrutement par copinage. Je vous remercie.
Oui madame Bertrand je rallume votre micro. Pardon excusez-moi. C'est quand Gill raconte quand même qu'à son époque je sais pas quel âge tu avais quand tu étais à l'école primaire.
Le maître avait pas en blanc. Comment ? 9 ans 9 ans ?
Ben voilà, 9 ans avait pas en blanc les vitres de l'école, de la classe. C'est que déjà à cette époque-là, ça n'était pas normal parce que j'entends beaucoup mes camarades me dire à cette époque-là, c'était une autre époque. Mais non, c'était pas normal de se prendre des baffes et cetera.
Pas forcément partout. Et et nous, on a à Saint-Dominique de Nui, je n'ai pas été mis là parce qu'on voulait que je sois maltraitée. Au contraire, mes parents ont mis dans cette école-là parce que c'était une école privée.
J'étais une fille en plus fille née pour être en sécurité avec une éducation de bonne de bon niveau et cetera. Donc c'est bouleversant de savoir qu'il y a des parents qui ont mis leurs enfants dans des écoles pour qu'ils soient redressés, je le dis entre guillemets, avec beaucoup de douleur. Mais voilà, mais c'était pas le cas en fait.
C'est pas pas le cas partout, mais il y a 30 ans, moi les affaires dont ce dont je vous parle c'est il y a 30 ans. Il y a 30 ans, c'était pas normal de gifler des enfants. C'était pas normal d'agresser sexuellement des enfants.
Donc je voudrais pas qu'on qu'on s'arrête sur c'était une autre époque où c'était acceptable de se prendre des baffes et de se faire tirer les oreilles parce que ça n'a ça n'est pas normal depuis très longtemps. Tout ce qui s'est passé. Je si le maître a peint, je trouve ça je trouve que ce témoignage est extraordinaire.
Il a peint les vitres de la classe pour qu'on ne voit pas ce qu'il faisait. Le maître qui caressait les sous les jus des petites filles, il hier, j'ai quelqu'un qui m'a raconté comment était disposé la classe. Il avait mis son bureau de façon à ce qu'il soit légèrement caché.
Donc déjà, c'était pas normal. Et sur l'Oerta, sur l'Oerta de toute façon, moi en plus dans dans notre milieu un peu privilégié, il y avait pas que des enfants privilégiés à Saint-Dom de Neïi, mais dans un milieu privilégié, on fait en sorte de pas faire de vagues. On est éduqué à ne pas faire de vagues.
Les enfants sont éduqués à respecter les adultes. Donc quand un adulte vous demande de faire quelque chose, bah vous y allez. quand il vous demande d'aller dans son bureau, un adulte, vous y allez en fait.
Donc il y a ça aussi, il y a une forme d'éducation. Moi, je suis très contente quand les enfants de mes amis sont un peu rebelles. Ah, il arrête pas de répondre mais très bien qui répondent les enfants.
Nous, on a été élevé à ne pas répondre. Euh sur l'histoire du médecin scolaire, nous on avait des visites tous les ans avec un une infirmière ou un médecin scolaire. Voilà.
Donc ça euh voilà, le il faudrait quand même je je il faudrait aussi aller voir ce qu'a fait la la Civis là-dessus sur justement euh dépénaliser euh en tout cas ne que les les médecins qui dénoncent des choses ne puissent pas être inquiétés. Voilà, il y a il y a il y a quand même moi ce qui nous ce qui nous unit tous quand même c'est le manque de courage de ceux qui ont vu et qui n'ont rien fait. Il y a eu un manque de courage des adultes.
Alors, il y avait les bourreaux, mais j'en veux presque plus à ceux qui étaient là qui avaient des responsabilités et qui ont vu quand les villageois voyaient les gosses avec des croix au mirochrome sur la tête et qu'ils n'ont rien fait. quand les les autres professeurs de l'école voyaient les vitres euh peintes, quand on voyait les les gamines défenestrées, euh voilà, tous on on peut tous, il y a eu des gens qui n'avaient absolument aucun courage. Quand une maîtresse de CM1, on nous dit, elle était élue du comité d'entreprise, tout le monde avait peur d'elle, même les adultes.
Donc deux directeurs successifs l'ont couverte alors qu'elle ça disait ses élèves. Comment est-ce qu'aujourd'hui, moi j'ai 42 ans aujourd'hui, si j'entendais parler de quelqu'un qui fait comme ça, je n'aurais pas peur d'aller voir la police. Alors, je ne sais pas pourquoi c'était une génération où tout le monde avait peur de tout le monde, mais il faut que ça cesse et et encore une fois, ça n'était pas normal, même à cette époque-là.
Et il y avait une autre question, je crois que c'était votre question sur les conséquences physiques. Moi, je sais qu'il il y a beaucoup de gens qui qui ont qui ont quitté l'école et avec et qui ont aujourd'hui des problèmes. Alors, on parle de cancer, on parle d'endométriose, on parle de gens qui redécouvrent aujourd'hui pourquoi est-ce que toutes ces années ils ont eu des choses physiologiques qu'ils ont pas compris.
Donc ils font des psychothérapies, on a énormément énormément d'amnésie traumatique chez les gens chez nous. Nous, il y a je le petit garçon dans la chambre duquel le prêtre est rentré ne s'en souvient pas aujourd'hui. Voilà, il s'en souvient pas aujourd'hui.
Et donc je pense qu'il y a aussi besoin de ce temps. On a besoin que ces gens aient le temps et les conditions pour retrouver la mémoire. Et c'est vrai qu'aujourd'hui mais notamment les délais de prescription font que si vous ne retrouvez pas les mémoires très vite, vous n'aurez jamais justice.
Donc il y a ça, il y a il y a plein de choses à faire. Je pense que quand on parle du recrutement, comment est-ce qu'on peut ne pas tracer euh les les professeurs qui m truc ? Il y a des professeurs aujourd'hui dont moi j'ai j'ai je sais qu'ils sont encore en poste.
C'est des gens qui ont fait des choses très graves et on m'écrit des gens qui étaient en responsabilité à l'époque dans les dans l'établissement me disent tout le monde savait pour un tel et un tel. Un des deux est en poste aujourd'hui dans un lycée privé. Donc il y a quand même un truc qui qui qui est très inquiétant.
Je veux dire est-ce qu'il faut une blockchain des enseignants et du personnel encadrant ? J'en sais rien. En tout cas, c'est sûr qu'il y a des défaillances de l'église.
Alors, moi, je dois dire que dans les hautes scènes, on a été extrêmement bien accueilli par l'évêque et le vicre général qui ont fait tout de suite un signalement et qui nous ont accueilli vraiment de la meilleure manière possible. Mais j'encourage quand même l'église de France à normaliser ce genre d'accueil. Il y a une ligne d'écoute des victimes dans les hautes scènes.
Ça n'existe pas dans le dos de siè de peau puisque j'ai été cherché, on en parlait avec Gill justement, ça n'existe pas. Ils ont pas été accueillis du tout de la même manière. Donc je il y a vraiment eu des défaillances partout.
Et et je pense que on a raison, ils ont tous voulu couvrir les choses mais nous c'était un peu culturel dans les beau dans les beaux quartiers. On met un mouchoir surtout ne faisons pas de bruit, pas de vague pour la réputation des familles, des écoles et cetera. Mais voilà mais nous on va faire du bruit maintenant.
Ça y est, c'est fini. Merci madame Bertrand. Allez-y monsieur Vincon.
Et ensuite on on ah madame de la porte veut prendre la parole aussi. D'accord. Alors monsieur madame de la porte et monsieur Vinçon ensuite.
Ouais pardon. Oui, je voulais juste quelques mots pour dire que euh le village d'enfants de Ron Monst, il a été fermé en 2019. Il a aujourd'hui un agrément jeunesse et sport puisqu'il reçoit du des scouts, des jeunes scouts.
Voilà. Comment est-ce possible ? Enfin, je veux dire, le dossier de Riomont, il va jusqu'au ciel.
Comment est-ce possible qu'il ait un agrément jeunesse sport ? Quand vous tapez sur Google, il y a marqué que c'est un foyer de jeune travailleur. Est-ce qu'il touche de l'argent public ?
Voilà. Comment est-il possible que ce lieu touche de l'argent public aujourd'hui ? Comment est-il possible que parce qu'il y a eu une pression médiatique parce que Arnaud Galet est allé faire un un opening devant Riomont ?
Je ne sais pas si c'est pour ça, mais le timing est troublant. La préfecture a décidé de de empêcher Riomont d'avoir des des séjour courts à Riomont pour l'année 2024-2025 et ils prennent cet arrêté en janvier 2025. Pardon mais il y a quelque chose qui va pas là quand même.
Sur la question de l'église, le diocèse d'Aras était au courant. Riomon ne dépend de personne et de tout le monde. Moi, j'ai vraiment eu beaucoup de mal à comprendre cette nébuleuse.
Le diocèse d'Aras dit "Non, ils sont pas vraiment de droit diocésin. S'ils l'ont été quelques années puis après ils l'ont plus été." Et puis j'ai écrit au Vatican et le Vatican dit "Ah non, ils font pas partie vraiment du Vatican, c'est ils font partie de ce ce qu'on appelait ecclésiad qui était donc le l'instance qui qui gérait les communautés traditionnalistes à au Vatican." Donc rien rien à voir au Vatican.
Mais alors à qui faut-il demander des comptes ? Alors j'ai contacté l'abaye de Fontgombo qui est leur tuteur spirituel. L'abaye de Fontombo me dit "Mais rien à voir, circuler, qu'est-ce que vous venez chercher là ?
C'est quoi le problème ?" Donc en fait donc Riomont est en roue libre. Riyaumont ne dépend de personne.
Euh le diocèse d'Aras savait parfaitement bien ce qui se passait à Riomont. Il le savait. Comment est-il possible que le diocèse d'Aras me réponde ? que ils ont été un peu mais pas très longtemps.
Mais enfin, mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Mais de qui dépend Riomont ? C'est pas possible en fait.
C'est c'est une c'est une omerta, une en roue libre totale. Par ailleurs sur les la question du recrutement à Riomon, ça n'a été que ça. C'est que des gens qui sont à moitié formés.
Ils n'ont jamais été formés complètement. Il y a des effectivement il y avait une emprise terrible du père revet qui faisait ce qu'il voulait qui a terrorisé tout le monde. Mais pardon, la relève a été parfaitement bien prise par le père Argouach et maintenant aujourd'hui.
Comment est-il possible que quelqu'un qui est va être a été jugé pour détention d'images pédopornographiques, la justice est assouplie sa mise à sa mise à l'écart pendant 7 ans et qu'aujourd'hui cet homme il est là aujourd'hui dans la communauté avec des enfants et ça pose de problèmes à personne et à la justice non plus en fait. On sait très bien que les gens qui regardent des images pédopornographiques, c'est quand même un sujet quoi. C'est un problème et c'est une un principe de précaution qu'il faudrait prendre et il n'y en a pas de principe de précaution.
J'aimerais aussi dire que à Riomont la question de l'organisation permettait en fait au plus forts de tabasser les plus jeunes et que c'était donc aussi à l'image de ce que faisaient les propres religieux, les propres éducateurs qui réglaient les problèmes en tabassant les gens. Mais je parle de tabassage. C'est des coups de pieds, des coups de point, c'est des chaises jetées au visage, c'est des poussées dans les escaliers.
C'est que les enfants étaient obligés de se défendre physiquement pour euh ne pas ne pas sombrer complètement. Et donc évidemment ça fonctionnait en forme d'esquad puisque le scootisme c'est le maître Moomont. Et donc les enfants étaient dans des chambres avec des âges différents et donc c'est celui qui était chef qui décidait qui allait manger quoi en fait.
C'estàd que le chef il mangeait plus, son second mangeait un peu plus et le cul de pâte il mangeait bah ce qui restait quoi en fait. Et en plus, moi je suis tout à fait d'accord, on dit c'était des méthodes d'avance, c'est faux. Dans les années 90, 2000, ils allaient récupérer ce qui restait dans les grands magasins pour faire à manger les la récupération de de la nourriture.
Donc il mangeaient des choses avariées en fait. Ils n'étaient pas soigné. les infirmiers et ceux qui étaient censés faire ce travail- làà de de soigner en fait c'était des prédateurs sexuels parce qu'on sait on sait où vont les prédateurs sexuels pour abuser d'enfant en fait.
Donc c'était pas du tout un un lieu sécurisant en fait. Ils n'étaient pas soigné. Il y a des enfants qui sont restés qui ont eu des accidents et je ne comprends pas comment il y a eu pas eu plus de morts en fait parce que il y avait des accidents très graves.
Il faisaient des grands jeux. Il se promenaiit avec des hachettes, il se promenaient avec des couteaux sur eux, il ils jouaient à la guerre et c'est à ça qu'on les entraînait. À Riomont, il y a aussi cette dimension idéologique très forte qui est incroyable et qui les a détruit.
La majorité des témoignages, ils disent tous, on est sorti de là, on était inadapté en fait. On était pas on était pas adapté à la société, un mauvais regard et je mettais un coup de point. En fait, ils sont ils ont beaucoup d'addiction.
Il y a eu des suicides. Les relations avec les femmes, c'est une catastrophe. Voilà, c'est c'est ça que je voulais dire.
Je m'arrête. Pardon. Je vous remercie madame de la porte.
Alors, si vous le voulez bien, on a deux questions. J'aurais voulu de sur l'argent. Sûr.
Alors, d'abord peut-être alors monsieur Vincon qui voulait prendre reprendre la parole et ensuite madame Lebri. Oui, je rebondis un peu sur ce que disait Constance. Je trouve qu'effectivement on parle beaucoup prévention mais pourquoi pas parler dissuasion et notamment revenir sur la prescription voilà des violences qui s'appliquent au suspects de de violence faites sur mineurs.
Voilà, je pense que c'est un vrai un vrai sujet d'actualité parce que ça empêcherait beaucoup de dérives. C'est pas vu, pas pris. Aujourd'hui, on est là-dedans.
Donc je te planque, je me planque, je te passe d'un parce que les torsionnaires de Saint-Pierre et sûrement d'autres établissements quand ça commence à à sentir un peu trop mauvais, on les met ailleurs, on les fait remonter dans un dans dans dans un autre lycée. On en a vu euh des des des gens sont allés et comme par hasard après ils sont arrêtés de taper parce que c'était pas le même truc et que là bon c'était c'était pas la même voilà le même le même marketing on va dire. Il y a aussi une chose que je visais dire et je m'arrête là.
Euh j'ai fait une fois un signalement pour un peu harcèlement sur mon fils dans une école publique. J'ai été reçu tout de suite par le commissariat. La fil a été géniale.
Euh j'étais même reçu, j'étais très étonné après je pensais que ça restait l'utre me à la brigade des mineurs. Bon, il m'a dit ça n'ira pas plus loin. Mais voilà, au moins, elle aura elle aura un dossier, ça ne se reproduira pas.
Je pense que ça va lui passer l'envie. Je ne suis pas persuadé que on aurait dentter aussi vite et aussi bien quelque chose, une petite action si j'avais été dans le privé. J'ai quand même l'impression euh que moins l'État s'occupe des affaires de l'église et mieux il se porte.
Voilà, on est on paye mais on contrôle pas, on les laisse gérer à peu près. Euh voilà. Moi je sais qu'à une une époque on a eu besoin d'AVS pour mon fils.
Je je ça a mis du temps. Ça a mis beaucoup de temps, beaucoup de temps pour que ça remonte et qu'on l' enfin voilà et je vois je peux pas m'empêcher de faire le rapprochement avec l'absence de de signalement et de contrôle pendant 30 ans dans cet établissement. Voilà cette OMERTA, je pense qu'elle est elle vient de là aussi.
Merci monsieur madame Lebri. Allez-y. Pardon.
Moi, je voudrais te dire quelque chose. C'est pas du courage qu'on a, c'est des actes citoyens. C'est de la colère.
La colère. Bon, ça met de côté. Je reviens sur l'argent.
C'est le nerf de la guerre tout ça parce que nombre de bons pasteurs qui ont été fermés sur entre 40 et 70 selon selon les époques sur le territoire français. Voyez le nombre de filles, il y avait un roulement d'environ 800 personnes. 800 filles.
L'argent, les allocations familiales, la pension que qu'on demandait aux parents. Moi, mes parents, ils ont payé pour moi. Ils ont rien demandé.
Ils ont pas demandé à ce que j'aille là-bas. Le travail qu'on faisait parce que ça quand on avait pas fini la nuit, on le faisait aussi. et le la serie sur le gâteau en 1950, excusez-moi, je suis en 1954 21 bons pasteurs ont reçu la modicum 54, la modique somme de 1 milliard de l'époque et ça avait été dénoncé par un monsieur qui était président.
Alors, je peux donner le nom si vous voulez parce que certainement qu'il est plus là maintenant. Qu' il était président de la Ligue de l'enseignement. il avait déjà dénoncé ce genre de chos et tous ces bons pasteurs là, y compris même encore à l'heure actuelle celui d'Orléan, il recevait des subsistes de la prison d'Orléan et tous ces contrats de travail parce que le tout ce travail qu'on faisait, il y avait des contrats de travail.
Nous, on en a jamais vu la couleur ni les retraites. Alors, ils ont été condamnés. La maison a été créée en 1835.
Dès 1902, elle était sur la scellette. Elle a été condamnée. Il y a eu Cholet en 1902, Tour en 1903, euh le M, Limoge, Doll dans le Jural, Oslé Lille, Reince et puis Jean-Passe, Orléan, Bourge et autres.
Tous condamnés, n'ont jamais fermé, jamais. Et nous on a continué à faire notre jourise coute des boutons sur les cartons et cou des dessus de mocassin. On avait les mains en sang.
Ferm les petits les petits comment on appelle ça ? porte-clés, trois petits maillons, on fermait avec les doigts, puis quand on pouvait pas, on fermait avec les dents. Pas de visite médicale scolaire, pas de visite médicale du travail puisqueon éétait pas reconnu.
Alors, vous savez euh on a de plus en plus, moi j'ai 78 ans, j'aurais certainement autre chose à faire avec mes petits-enfants mais ça, j'irai jusqu'au bout. Et elle le savent. On leur a dit tant qu'on aura un souffle de vie, on sera là.
On sera là et on vous poursuivra jusqu'à tant que vous nous donniez des excuses sincères tant au niveau du gouvernement qu'à leur niveau. Alors, elles sont plus beaucoup, elles sont cloîrées à Anger là-bas parce qu'il y a plus de bon passeur. Ils ont été fermés au fur et à mesure avec la avec le la majorité à 18 ans plus ou moins.
Voilà. Alors, je vous parais peut-être un petit peu excessive. Pas du tout madame Lebri, mais je suis en colère.
C'est la colère mais bon, je me calmer aussi. Pas du tout. Moi, je vous trouve juste sincère et ça enfin bien sûr ça ne peut que nous toucher.
Voilà. sans compter la prière pour les gens qui étaient au Vietnam en pleine nuit et que fallait aller à l'école le lendemain matin. Alors, si vous le voulez bien, on devait finir à 12h30, on peut prendre 15 minutes de plus.
On va laisser nos trois collègues poser des questions. Mais alors des questions très courtes, s'il vous plaît, vraiment très courtes. Je je vous fais confiance.
Et ensuite, on vous on écoutera vos derniers propos. Voilà. Et on se quittera dans une quinzaine de minutes.
Je vous remercie. Donc monsieur Bonet, allez-y. Bonjour madame la présidente, mesdames et messieurs les représentants de l'association.
Je tiens évidemment à vous remercier d'être de votre présence ici et vous êtes la preuve que notre colère peut être une force positive, une force de vie et une force d'humanisme. J'espère, j'ose espérer que enfin cette affaire va permettre une prise de conscience de l'ensemble de notre société. Mais évidemment pour cela, il est indispensable que ces actes qui ont été silenciés pendant tant de temps et qui ont pu perdurer puisse ne plus avoir lieu.
Vous avez parlé tout à l'heure du statut de lanceur d'alerte et vous l'avez évoqué pour les médecins. J'aimerais l'évoquer moi pour les enseignants. On a vu dans le rapport d'inspection de 96 dans l'affaire BRAM que peut-être l'une des rares qui avait porté témoignage était mise en accusation et menacé de mutation.
C'est encore le cas actuellement, je pense qu'on doit pouvoir le dire. Peut-être qu'on en aura des témoignages d'ailleurs. Et donc peut-être que encore actuellement, lorsque l'on doit dénoncer des faits dans l'éducation nationale, il nous est demandé de passer par la hiérarchie, mais peut-être que c'est un problème.
Donc voilà, c'est une question que j'ai. Une deuxième question bien sûr, vous avez commencé à le dire un petit peu madame de la porte, ce système de l'entreoit sans donner de nom comme on l'a dit. Est-ce que vous dans vos associations vous avez des retours d'élus de de responsables de l'éducation nationale, de responsables dans les domaines de la de l'enfance, de la justice euh qui étaient au courant et qui ont silencié ces faits, qui n'auront pas fait ce qu'ils auraient dû faire ?
Est-ce que vous dans vos associations, vous avez eu des retours de cette nature ? Merci à vous. Je vous remercie monsieur Courbon.
Oui, merci madame la présidente. Merci pour la solennité de ce moment et et vos témoignages non pas courageux mais nourris voilà d'une d'une légitime colère et qui sont aussi poignants que que glaçants. On a été un certain nombre à évoquer la question du contexte sociétal d'un certain nombre d'événements qui se sont produits il y a plusieurs décennies avec cette logique finalement qui disait "Bah voilà, à l'époque une gifle mais c'était c'était tout à fait normal.
Je pense qu'il ne faut pas du tout laisser monter ce discours-là qui serait finalement le meilleur moyen de ne pas permettre la libération de de la parole euh vis-à-vis d'un certain nombre aujourd'hui de personnes qui qui se posent qui se posent des questions. D'autant plus que ça a été aussi évoqué. La situation actuelle n'est pas aujourd'hui exemple de situation sans doute comparable avec des formes de violence qui ont pu évoluer, qui sont diverses mais qui existeraient toujours bel et bien aujourd'hui.
Et finalement, la preuve c'est que il n'est pas normal qu'en 2025, on en soit finalement réduit à regarder des groupes Facebook sur des réseaux sociaux pour pouvoir recueillir la parole d'un certain nombre de personnes qui de toute évidence ne semblent pas connaître ou n'ont pas connaissance ou ne veulent pas ou ne se sentent pas à l'aise dans d'autres cadres pour faire entendre leurs paroles. Et et je le dis aussi même si je pense qu'ici nous en sommes tous convaincus, il faut bien évidemment que dans ces groupes et des sans instances de dialogue et de concertation que vous avez pu créer, encourager bien évidemment systématiquement au dépôt de plein de prescription ou pas parce que c'est fondamental. Trois questions extrêmement brèves.
Vous avez évoqué voilà les les cas horribles dans les établissements que vous avez fréquentés. Est-ce que vous pouvez préciser si ces ces violences physiques et sexuelles concernaient une majorité d'enfants qui les fréquentaient voire tous les enfants ou au contraire une minorité qui était quelque part voilà les souffres douleurs d'un certain nombre d'enseignants, de surveillants et cetera. Deuxème sujet, c'est que vous avez voilà évoqué les atrocités physiques, les sévises sexuels en parlant peu des violences psychologique.
Euh est-ce que bien évidemment elles étaient évidemment lié mais est-ce que vous pouvez donner peut-être voilà quelques illustrations sur ces ces violences là qui peuvent aussi parfois laisser des traces et des séquelles beaucoup plus violentes et beaucoup plus dures que les violences physiques ? Et enfin, ça a été évoqué là aussi un certain nombre d'établissements dont il est question sont toujours ouverts. Est-ce que les témoignages que vous avez pu recueillir laisse entendre que aujourd'hui ouvert ou sous d'autres formes ou existe sous d'autres formes n'existe réellement plus ou est-ce que au contraire on est encore ici en train de parler d'établissement dont la situation aujourd'hui à l'heure où on se parle serait loin d'être irréprochable.
Merci pour Merci madame Lein. Merci merci à toutes et tous pour cette audition très importante. C'est vrai qu'on a envie de saluer votre courage mais on entend aussi que ce n'est pas qu'une affaire de courage et que c'est une affaire de survie et une affaire de colère aussi.
Donc merci de faire entrer cette colère à l'Assemblée nationale et merci de montrer euh toute la défaillance de d'une école dont normalement la mission est de protéger euh et puis d'éduquer et d'élever. Et vous parlez de lieux éducatifs qui n'ont pas protégé, qui ont mis en danger, mais aussi qui ont rabaissé des élèves qu'il devaient élever et qui ont éduqué à la violence. Et je suis saisie par ce continuum là. ce que vous racontez sur la perpétuation de la violence.
C'est-à-dire que c'est pas seulement un système qui profite de la vulnérabilité des enfants pour pour commettre des violences, mais c'est un système qui est éduque à la violence et qui en faisant ça, brise des générations entières, mais aussi brise une société et n'aide pas la société à aller mieux. Et je crois que c'est toute la question que vous nous posez là, c'est comment on répare ce qui a été brisé et comment on évite que tout ça puisse se reproduire parce que en fait il en va de l'avenir de la société parce qu'on peut pas continuer à éduquer des enfants, à briser des vies, à éduquer des gens à la violence. Euh donc moi, je me demandais en tant que tout simplement en tant que député, peut-être aussi pour les élus locaux que vous aviez des recommandations à faire, mais comment est-ce qu'on peut aider voilà accompagner ce travail de cette commission d'enquête ?
Très concrètement, évidemment, on va avoir envie de de proposer des mesures législatives, mais déjà est-ce que en tant que collectif de victimes et en tant que victime, est-ce que vous considérez que vous avez tous les moyens euh nécessaires euh pour mener votre combat ? Vous parlez de page Facebook et ça ? Est-ce que euh voilà, est-ce que on peut aussi demander à ce que débloquer soi débloqué des budgets pour vous aider à ce que les victimes puisse aller en justice pour avoir les jurisnelles pour avoir l'accompagnement psychologique ?
Ça ça peut être un un premier aspect. Ensuite, est-ce qu'on peut vous aider aussi à dans la saisine de la justice ? Je sais qu'il y a ça fait débat le fait de en tant qu'élu se saisir de notre pouvoir de saisir le procureur parce que quand voilà les victimes ont toutes subi le non respect de leur consentement et donc la première des étapes c'est de respecter leurs consentement aussi dans les démarches qu'on prend et donc c'est très important de vous consulter sur ce qui vous semble juste qu'on fasse nous vis-à-vis de la justice.
Est-ce que vous pensez que des articles 40 sont nécessaires ? À quelles condition ? Comment est-ce qu'on s'assure que ce soit toujours fait pour aider les victimes et pas que ça les embarque dans des dans des procédures judiciaires auxquelles elles sont pas forcément prête ?
Donc comment est-ce qu'on peut nous aussi se faire le le renfort dans ces démarches judiciaires et puis et puis après plus largement quel type de discours vous voulez qu'on tienne en sortant de cette commission d'enquête. Voilà, on va on va nous dire alors qu'est-ce que vous avez entendu ? Puis il va y avoir un certain sensationnalisme.
C'est sûr, c'est sûr que vous êtes déjà sans doute votre parole est déjà en train de circuler. C'est très important pour que tout le monde prenne conscience. Mais il faut qu'on arrive à en sortir aussi avec un discours sur ce qu'on veut euh pour l'avenir, pour l'école.
Et euh on a besoin de voilà de votre aide là-dessus pour être dans le ton juste par rapport aussi à ce que vous nous demandez et ne pas redoubler les les violences par la violence du voyurisme aussi. Enfin, je fais attention à ça. Voilà.
Merci madame le Grain. Merci. Donc je je vous laisse prendre la parole et ce sera en une conclusion pour chacun d'entre vous.
Je vous remercie madame Bertrand. Allez ici, je vous en prie. Alors il y a plusieurs questions qui sont intéressantes sur l'histoire des des enseignants lanceurs d'alerte.
Franchement, quand vous voyez un enfant maltraité, est-ce qu'en tant qu'enseignant en France aujourd'hui, vous pensez que l'éducation nationale est est un système tellement oppressif comme une grande corporation, comme les laboratoires pharmaceutiques que vous n'ayez pas le courage d'aller faire ce qu'il faut, appeler le 119. Moi, je demande du courage à ces gens-là. Alors, s'il faut un statut de lanceur d'alerte, OK, moi je veux bien, mais n'attendons pas ça.
Non. Si vous êtes enseignant et que vous voyez enseignant, éducateur et cetera, vous voyez un enfant maltraité par un adulte ou un enfant maltraité tout court, s'il vous plaît, un peu de courage. Ensuite, sur l'histoire de déposer des plaintes, prescription ou pas, c'est un bon point.
Avez-vous déjà essayé de porter plainte ? Avez-vous déjà essayé de porter plainte ? Faut faut Alors, moi j'ai de la chance, hein.
J'ai j'habite dans une ville où la police la police nationale est extrêmement bienveillante et accueillante. Donc, j'ai pu facilement porter plainte. quand j'ai eu à le faire.
Mais il faut déjà il faut déjà savoir qu'on peut porter plainte. Ça veut dire savoir que ce qu'on a vécu pourrait un pourrait être condamné à un moment à un autre. C'est pas le cas de tout le monde hein.
Je veux dire quand on s'est pris une gifle et c'est intéressant vous parliez de la loi de 91. Donc les gifes qui ont été donnés à Saint-Domic de Neuilli, ben elle tombe sous le coup de la loi. Du coup, elle tombait en tout cas au moment où elles ont été données.
Donc déjà faut ça et après il faut se dire que aller porter plainte en sachant que c'est prescrit, en sachant que ça n'aboutira jamais. Vous imaginez quand même le voilà donc encore une fois on demande beaucoup aux victimes et je vous remercie de nous demander en tant que député ce que vous pouvez faire pour nous parce que jusqu'ici c'est vrai on a eu beaucoup de chance parce qu'on a cette solidarité entre nous mais peu de gens sont venus se mettre à notre service. En tant que député déjà vous pouvez retourner dans vos dans vos circonscriptions et aller interroger dans vos circonscriptions parce que je peux vous garantir qu'il y en a eu partout.
Il y a eu des Saint-Dominiques de Neil partout, c'est-à-dire avec ce qu'on a vécu nous. Il y a eu des betarames partout. Donc allez dans vos circonscriptions, interroger les gens et essayez de utiliser tous vos pouvoirs de députés.
Je dire vous êtes nos superhéros de la nation. Allez-y ensuite euh sur le discours. Mais continuez à je vous en supplie, on on connaît le temps médiatique.
Aujourd'hui, on a répondu quasiment tous à des sollicitations de journalistes qui sont là aujourd'hui nombreux et et on l'en ça nous fait chaud au cœur. Mais je sais très bien que s'il se passait quelque chose au niveau international et on vous imaginez très bien ce que ça peut être si le président américain monsieur Trump décide de faire une grosse bêtise, on ne parlera plus de nous. Ça va s'éteindre ça parce que personne n'a envie d'en parler.
C'est horrible comme sujet. Personne n'a envie d'entendre à l'adf agressés sexuellement ou tabassé dans des écoles. Donc je vous en supplie, ne laissez pas le sujet s'éteindre.
Je vous en supplie, allez dans vos circonscriptions, aller poser des questions, aller le bordel, alleer déranger les gens parce que ça dérange. Personne n'a envie de parler de ces sujets-là. Nous aussi hein.
Moi quand je quand j'ai quand je reçois des appels pendant 2 3h euh le soir dans après ma journée de travail sur des sujets comme ça, j'ai pas très envie d'entendre ce genre de choses. Mais aujourd'hui, on ne peut plus faire comme si on ne savait pas. On est obligé, je vous remercie encore une fois aujourd'hui euh en tant que parlementaire d'avoir vraiment, on est au jour 1, vous êtes au jour 1 et j'espère que l'histoire se souviendra que vous étiez au jour 1, mais il faut qu'on continue.
Il faut que que qu'on ait le jour 2, 3 et cetera. Et malheureusement, Alain peut le dire. Tous les jours, il y a des nouveaux collectifs de victimes qui se montent, qui vont nous rejoindre dans cette union des collectifs.
Mais rendez-vous compte, il n'y a pas un établissement scolaire où il n'y a pas eu quelque chose. Alors, je ne dis pas que ça a eu lieu tout le temps partout, mais à un moment ou un autre, ça a eu lieu partout. Donc, s'il vous plaît, ne nous oubliez pas et surtout allez dans vos circonscriptions.
Je vous remercie madame Bertrand. Je crois que là on pense qu'on peut s'arrêter sur ce que sur ce message. Euh merci beaucoup à chaque collectif de victimes de d'abord d'avoir été sincère euh d'avoir laissé exprimer le votre colère qui est vraiment importante pour nous à entendre et euh enfin nous on est au travail cet après-midi.
On voit la civise, la SIAZ, monsieur sauvé. Donc voilà, ça vous avez parfaitement raison, c'est vraiment le début.
Xavier Bertrand