Bonjour chez vous ! du 20 mai 2026
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 29 %Attaque 24 %Défensif 47 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 6:34OuverteRéponse directe
Comment on fait pour respecter à la fois la parole des victimes et la présomption d'innocence de Patrick Bruel ?
- 8:49OuverteRéponse partielle
Pour vous, Patrick Bruel ne devrait plus jouer ? Il devrait annuler sa tournée ?
- 10:15OuverteÉludée
Est-ce que vous pourriez signer une pétition qui demande l'annulation des concerts de Patrick Bruel ?
- 11:08RelanceRéponse directe
Donc avant que la justice se soit prononcée, vous les croyez ?
- 12:45RelanceRéponse directe
Mais qu'est-ce qui change ? C'est le nombre qui fait la force ?
- 13:16OuverteRéponse directe
Par un manque d'écoute de la parole des victimes ou par le fait que Patrick Bruel, c'est une célébrité ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:42Laurence RossignolFait
« La présomption d'innocence, c'est un principe de droit qui permet de dire qu'en France, dans le droit français, chaque accusé bénéficie d'une présomption d'innocence. »
- 8:01Laurence RossignolFait
« il y a une plainte qui a été déposée par une femme au Québec et que cette plainte n'a pas été ouverte au Québec. »
- 11:08Laurence RossignolFait
« Moi, je les crois. »
- 12:51Laurence RossignolFait
« c'est la multiplication des témoignages, c'est la notoriété, c'est la publicité, c'est le fait qu'on en parle. »
- 17:52Laurence RossignolChiffre
« allongement des délais de prescription de 10 ans pour les crimes sexuels sur mineurs. »
- 18:12Laurence RossignolChiffre
« Marlène Schiappa, qui vous a succédé, a porté une loi en 2018, qui les a portées à 30 ans. »
- 18:24Gérald DarmaninPromesse
« Je proposerai au Premier ministre un texte sur l'imprescriptibilité des viols qui touchent évidemment les enfants. »
- 23:03InvitéChiffre
« 73% des 16-24 ans connaissent au moins un influenceur masculiniste. »
- 23:07InvitéChiffre
« 39% consultent leur contenu. »
- 23:11InvitéChiffre
« 19% des 16-24 ans le font même régulièrement. »
- 24:34InvitéChiffre
« Selon le ministère, seulement 66% des écoliers, 48% des collégiens et 35% des lycéens ont bénéficié d'au moins une séance au 31 décembre 2025. »
- 28:16Laurence RossignolFait
« Moi, je compte les féminicides par conjoint, ex-conjoint, en cadre familial. »
- 28:23Laurence RossignolChiffre
« Mais on est à 35-36 déjà aujourd'hui. »
- 33:20Christophe BéchutFait
« L'ouverture d'une enquête, c'est que ça n'a pas forcément débouché sur rien, sinon il n'y aurait pas l'ouverture d'une enquête. »
- 39:37PrésentateurFait
« Il envisageait d'être candidat pour proposer un cap au pays en 2027. »
- 40:05PrésentateurFait
« Un agenda parlementaire particulièrement bousculé, pas de majorité, des difficultés à faire voter un budget. »
- 42:22PrésentateurFait
« Quand à un moment, vous créez un parti politique en 2021 pour dire je ne serai pas candidat parce que le non-cumul des mandats a brisé et cassé une partie du lien avec les maires. »
- 42:40PrésentateurFait
« On n'a pas été suffisamment ferme au cours du premier quinquennat d'Emmanuel Macron. »
- 42:43PrésentateurFait
« Il y a besoin de remettre de l'ordre dans les comptes. »
- 42:47PrésentateurFait
« Autour d'un discours de protection, préparer l'avenir de nos enfants et de nos petits-enfants face à des vertiges du monde. »
- 44:07PrésentateurFait
« C'est quand même un coup dur pour vous. »
- 44:16PrésentateurFait
« Ce ne sont pas 500 maires, ce sont 500 élus locaux. »
- 44:54PrésentateurFait
« Il n'y a pas d'ancrage local réel de Renaissance à l'exception de belles victoires de Thomas Cazenave à Bordeaux, d'Antoine Armand à Annecy. »
- 48:47InvitéFait
« Une concertation n'est jamais une mauvaise chose. »
- 48:55InvitéFait
« La consigne, elle a tout d'une fausse bonne idée ou en tout cas de quelque chose qui peut se retourner y compris contre ses objectifs écologiques. »
- 55:09InvitéChiffre
« On parle de 200 millions répartis sur tous les états membres. »
- 1:08:05PrésentateurFait
« On permette de simplifier certaines formes de répression des comportements qui troublent l'ordre public et la tranquillité. »
- 1:22:15PrésentateurFait
« On pense à cette jeune fille à Marseille qui était dans sa chambre en train de travailler et qui est morte du mal. »
Temps de parole
- Présentateur72 %
- Locuteur non identifié11 %
- Invité6 %
- Invité 25 %
≈ 0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous et très heureuse de vous retrouver en ce mercredi 20 mai pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. Voici le programme. Edouard Philippe dans le viseur du parquet national, financier en quête ouverte pour des soupçons de détournement de fonds publics au Havre, dont il est maire, des faits contestés par Edouard Philippe qui affirme qu'il répondra de façon très sereine aux questions. Quelles conséquences sur sa campagne présidentielle est-il affaibli ?
Christophe Béchut, son directeur de campagne et maire d'Angers, est notre invité dans une demi-heure. Patrick Bourrel, visé par plusieurs plaintes pour viol, dont celle de Flavie Flamand. Trois concerts prévus au Québec en décembre ont été annulés. Hier, le chanteur dément, se défendant de toute agression. Le gouvernement veut encourager les femmes à parler, même des dizaines d'années après la sénatrice socialiste. Et ancienne ministre Laurence Rossignol est avec nous. Bonjour et à tout de suite. L'État est-il impuissant face au narcotrafic ? Les fusillades se multiplient avec des victimes parfois très jeunes. Le gouvernement prend de nouvelles mesures.
La loi Riposte est examinée en ce moment au Sénat. Elle durcit notamment les sanctions contre les consommateurs. Ces mesures sont-elles suffisantes ? Débat dans une heure entre deux sénateurs, Jacqueline Ostech-Brignot, Hussein Bourgie ainsi que la commissaire de police, Anouk Fourmiger. Et puis à la une de nos régions, je vous en mène à Rennes, où les invendus des supermarchés ne sont pas totalement perdus. Ils sont recyclés, valorisés en gaz renouvelable, utilisés par exemple pour faire rouler des bus. Reportage dans 50 minutes. Voilà pour le programme. Nous sommes ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Bonjour. On commence par le journal à la une de ce mercredi 21 mai.
L'alerte de Sébastien Lecornu sur le coût de la guerre en Iran pour les finances publiques.
Oui, un conflit qui a des conséquences très fortes sur les finances publiques. Le Premier ministre s'exprimait hier lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. Il faudrait faire davantage d'efforts. Il faudra faire davantage d'efforts pour compenser le coût de la guerre en Iran. Les 6 milliards d'euros déjà annoncés ne suffiront pas à déclarer hier Sébastien Lecornu, alors que de nouvelles aides seront annoncées ce jeudi. Écoutez le Premier ministre. Votre groupe y est attentif. C'est l'impact sur les finances publiques.
Là aussi, cette chose-là parfois est mise un peu rapidement de côté parce que les taux d'intérêt, parce que l'activité, Madame la Ministre des Armées, de nos forces armées en opération extérieure sur l'ensemble de la zone, inévitablement crée des dépenses, des impacts sur les finances publiques qui n'étaient évidemment pas prévues lorsque nous avons voté le budget. Mais une fois de plus, c'est une guerre. Et je pense que les 6 milliards d'euros que nous avons documentés devront être remis à jour, évidemment, dans les temps qui viendront. Cela va sans dire, on y reviendra.
Et dans ce contexte, l'Assemblée nationale approuve l'augmentation de la loi de programmation militaire.
36 milliards de plus pour les armées. Les députés ont dit oui à la rallonge demandée par le gouvernement dans un contexte de tensions militaires très fortes. Le projet de loi de programmation 2024-2030 a été adopté en première lecture avec les voix du RN et des socialistes.
Le Parlement validera-t-il la nomination d'Emmanuel Moulin à la Banque de France ?
Le grand oral de l'ex-secrétaire général de l'Elysée, c'est aujourd'hui au Parlement. Emmanuel Moulin a été proposé par Emmanuel Macron pour devenir gouverneur de la Banque de France. Il est auditionné ce matin par les commissions des finances du Sénat et de l'Assemblée nationale. Beaucoup de suspense autour de ces auditions alors qu'un vote à bulletin secret aura lieu dans les deux chambres. Pour les députés socialistes, Séniette, écoutez. Les députés socialistes s'opposeront à la nomination d'Emmanuel Moulin en votant contre pour deux raisons. La première de ces raisons, c'est évidemment la question de l'indépendance.
Comment peut-on être à la fois directeur de cabinet du ministère de l'économie, secrétaire général adjoint de l'Elysée et demain responsable de l'indépendance de la Banque de France ? C'est évidemment une première historique, ça serait une erreur, et ça s'inscrit malheureusement dans une série de nominations qui ont posé problème. On peut penser par exemple à Richard Ferrand au Conseil constitutionnel ou à Mélie de Montchalin à la Cour des Comptes, des proches qui sont nommés à la tête d'institutions censées être indépendantes. Vote attendu en fin de matinée. On rappelle la règle, si 3,5ème des suffrages exprimés sont défavorables à la nomination d'Emmanuel Moulin, celle-ci sera rejetée.
Audition à suivre en direct sur Public Sénat à partir de 9h, Auriane.
Et puis la réponse de la ministre de la Culture à la réponse de Canal+.
Maxime Saada, le président du directoire de Canal+, a exprimé son souhait de ne plus travailler avec les signataires d'une tribune dénonçant l'emprise de Vincent Bolloré de l'extrême droite sur le cinéma. Réponse donc de Catherine Pégar hier aux questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. Dans cette économie ambitieuse et fragile, Canal+, a eu une place importante en finançant aujourd'hui environ un film français sur deux. Je regrette que la réponse, disproportionnée à tout le moins, apportée aux inquiétudes bien réelles qui se sont exprimées, les avives alors. Alors même que les films sélectionnés aujourd'hui devraient démontrer des imaginaires dans lesquels ils nous entraînent.
Je serais d'accord pour dire avec moi que nous ne devons pas être les jeux de polémiques qui fragilisent une de nos plus belles réussites en attaque à l'idéologie politique. Je vous remercie.
Merci Steve. A tout de suite et nous allons revenir sur l'affaire Bruel. Laurence Rossignol, vous êtes sénatrice socialiste du Val-de-Marne, vice-présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat, ancienne ministre des familles, de l'enfance et des droits des femmes. Patrick Bruel, visé par plusieurs plaintes pour viol, dont une déposée par Flavie Flamand. Le chanteur Nileffet affirme qu'il continuera à faire son métier. Vous suivez, vous, Laurence Rossignol, ces sujets depuis très longtemps. D'ailleurs, lorsque vous étiez ministre en 2016-2017, vous aviez confié à Flavie Flamand une mission sur le délai de prescription applicable aux crimes sexuels sur mineurs.
Nous allons en parler. L'affaire Bruel, elle fait la une de l'actualité depuis plusieurs jours. Trois une de la presse régionale ce matin. On va aller regarder celle de la Provence, du Midi Libre, de la Dépêche, avec cette question en une de la Dépêche. Patrick Bruel, la chute, point d'interrogation. Comment on fait, Laurence Rossignol, pour respecter à la fois la parole des victimes et la présomption d'innocence de Patrick Bruel ? La présomption d'innocence, c'est un principe de droit qui permet de dire qu'en France, dans le droit français, chaque accusé bénéficie d'une présomption d'innocence.
C'est-à-dire que c'est au procureur, au juge d'instruction, d'apporter les preuves de la culpabilité de la personne, et non pas l'inverse, la personne qui devrait elle-même apporter les preuves de son innocence. C'est ça la présomption d'innocence. La présomption d'innocence, elle indique comment va se dérouler une instruction judiciaire et quelle sera la place de chacun. La présomption d'innocence, c'est un principe, mais qui cohabite avec d'autres principes. Par exemple, celui de la liberté d'expression, et en particulier la liberté d'expression des victimes.
Donc la présomption d'innocence consiste, pour vous, pour moi, à dire que dans cette affaire, Patrick Bruel est accusé par des femmes de viol et d'agression sexuelle, et qu'à l'instant où on parle, il est toujours présumé innocent. Mais les accusations sont là. Mais quand on voit, et on l'a appris hier soir, que trois concerts qui étaient prévus en décembre au Québec ont été annulés suite à cette affaire, est-ce que là, la présomption d'innocence, elle n'est pas bafouée dans les faits ?
Alors, l'affaire du Québec, peut-être, n'a pas grand-chose à voir avec la présomption d'innocence, dans la mesure où, si je ne me trompe pas sur le dossier, il y a une plainte qui a été déposée par une femme au Québec et que cette plainte n'a pas été ouverte au Québec. Et que donc, si Patrick Bruel se rend au Québec, il peut être interpellé et interrogé par la justice québécoise. Donc, c'est une décision qui… Je ne sais pas qui l'a prise, d'ailleurs, cette décision sur le Québec. Est-ce que c'est les organisateurs de la tournée ou est-ce que c'est lui-même ? Mais, en tout cas, pour ce qui est du Québec.
Et puis, en fait, il y a un malaise, effectivement, je crois qu'il y a un journal qui titre ainsi, il y a un malaise à voir des hommes qui continuent de nier, de parader et de rechercher l'amnistie du public, en fait. – Quand vous dites parader, c'est-à-dire que Patrick Bruel, en ce moment, il est au théâtre, il continue à faire ses représentations, il prépare une tournée. Pour vous, il ne devrait plus jouer ? Il devrait annuler sa tournée ? – Je pense que… – Pour vous, parader, c'est pour lui, continuer à faire son métier, c'est ce qu'il dit ? – Oui, c'est continuer à faire son métier, mais c'est aussi… Il y a quelque chose de particulier. Ces gens-là ne font pas un métier anodin.
Ils ne font pas le même métier que d'autres. Dans le métier d'artiste sur scène, il y a une rétribution par le public, une rétribution narcissique par le public qui vaut quand même totem d'impunité. Le public vient vous dire, quel que soit en fait ce qu'on dit sur toi, quel que soit ce qu'on te reproche, quel que soit ce que tu es fait, en fin de compte, je t'aime quand même et pour moi, ça ne compte pas beaucoup. Et ça, c'est très gênant. Alors après, chaque artiste, dans la phase dans laquelle on est, est face à sa propre conscience et aussi face aux réactions du public. Je vous rappelle que Bertrand Cantat, c'est différent, il a été condamné.
Bertrand Cantat a dû arrêter la scène quand même à un moment donné, tellement ses concerts paraissaient comme étant une… Comment je ne vais pas dire une givre ? Parce que c'est des coups supplémentaires portés et une espèce de déni de sa culpabilité dans le meurtre de Marie Trintignan. De Marie Trintignan. Est-ce que vous pourriez signer une pétition qui demande l'annulation des concerts de Patrick Bruel ? Moi, je ne signe pas ce type de pétition, mais je comprends que d'autres le fassent. Je comprends que ces pétitions existent et je comprends qu'il y a malaises. D'autant plus qu'à chaque fois, ces hommes se défendent de manière très gênante aussi.
En fait, il n'y a pas un mot pour les victimes parce que pour eux, il n'y a pas de victimes. Ce n'est pas compliqué, il n'y a pas de victimes. Or, je sais bien, il y a la présomption d'innocence, on ne peut pas croire tout le monde encore qu'il arrive à un moment donné. Si, si, il faut croire les femmes qui parlent. Il faut les croire. Quand il y a autant de témoignages, autant de témoignages convergents, autant de process identiques qui se renouvellent, tous les témoignages des femmes qui étaient masseuses, kinésithérapeutes, indiquent quand même un modus operandi dans les agressions sexuelles qu'on retrouve. Donc, moi, je les crois… – Donc, avant que la justice se soit prononcée ?
– Bien, moi, je les crois. Mais oui, parce qu'on vit dans une psychologie judiciaire qui a tellement longtemps été l'inverse, c'est-à-dire ne pas croire les femmes. À chaque fois qu'une femme vient devant la justice, la question, ce qu'on se pose, ce n'est pas qu'est-ce qui s'est passé et comment on va l'aider à apporter les éléments qui vont permettre de poursuivre le violeur ou l'agresseur, on se pose une autre question, on s'est posé pendant des années une autre question, mais pourquoi elle dit ça ? En fait, quel est l'agenda caché ? On se demande toujours quel est l'agenda caché d'une femme qui va déposer plainte ? Quelles raisons elle a ? Est-ce qu'elle est frustrée ?
Est-ce qu'elle a des comptes à régler avec cet homme ? Mais c'est toujours la suspicion de mensonge, il y a une espèce de présomption du mensonge qui pèse depuis des décennies, voire même des siècles, sur la parole des femmes. Et quand cette suspicion, cette présomption de mensonge, elle est dans la littérature, elle est dans le quotidien, mais quand elle se déploie dans la justice, les femmes sont dans une situation de déni de justice. Et si les femmes parlent autant à l'extérieur, c'est parce qu'il y a besoin qu'elles parlent à l'extérieur pour que la justice fasse son travail. Je prends un fait dans cette affaire, Bruel.
On a appris hier que le parquet de Nanterre rouvrait une affaire qui avait été classée sans suite. Donc s'il rouvre, c'est qu'il y a de quoi rouvrir. Donc s'il y a de quoi rouvrir aujourd'hui, on peut se demander s'il y avait suffisamment peu d'éléments pour classer sans suite la première fois. – Mais qu'est-ce qui change ? C'est le nombre qui fait la force ? C'est la multiplication des témoignages ? – Alors, c'est la multiplication des témoignages, c'est la notoriété, c'est la publicité, c'est le fait qu'on en parle.
Moi, je ne voudrais pas ça frappant, cette affaire, le parquet reprend une affaire qu'il avait classée sans suite et se dit, ah ben tout compte fait, il y a peut-être de quoi poursuivre, on va reprendre ce dossier. Je pense, dans ce cas-là, qu'on se dit que le classement sans suite a peut-être été un peu rapide et pas suffisamment travaillé s'il y a possibilité de rouvrir aujourd'hui. – Mais que vous pourriez expliquer comment ? Par un manque d'écoute de la parole des victimes ou par le fait que Patrick Bruel, c'est une célébrité et c'est plus compliqué pour la justice de juger des célébrités ?
– Je pense que les femmes qui dénoncent des violeurs qui sont inconnues ont autant de difficultés que celles qui dénoncent des violeurs connus. Je dirais même peut-être que celles qui dénoncent des violeurs connus peuvent elles aussi avoir accès plus facilement aux médias et qu'elles arrivent à provoquer des enquêtes parce que tout ça se produit grâce au formidable travail que font vos consoeurs et vos confrères, journalistes qui enquêtent sur ces affaires-là. Mediapart, elles ont enquêté pendant des années. En fait, c'est ça toujours qui est un peu gênant, c'est que les auteurs présumés mis en cause se comportent comme si ces dénonciations étaient fantasques.
Elles sont le produit d'un long travail. Mais je voudrais revenir sur Flavie Flamand peut-être. – Oui, on va en parler, mais je voudrais juste vous faire réagir à une phrase qu'a écrite Patrick Bruel sur Instagram puisqu'il a publié une déclaration sur Instagram. « La notoriété et le statut peuvent biaiser une relation de séduction », c'est ce qu'il écrit. On se souvient de ce qu'était dans les années 90 la Bruelmania. Comment vous l'interprétez, comment vous la recevez cette phrase ? – Écoutez, tout ce qui diffuse à partir des entourages de Patrick Bruel se résume en une phrase. Le malheureux, c'est lui qui était sursollicité par les femmes. Elles le voulaient toutes.
Ce à quoi, en plus souvent, on sous-entend ou on ajoute. D'ailleurs, il avait tellement de succès, il a tellement de succès. Pourquoi aurait-il été contraindre d'autres femmes ? Pourquoi aurait-il eu recours aux agressions sexuelles, aux viols ? En fait, ça révèle surtout que les gens ne comprennent pas grand-chose à ce que sont les agressions sexuelles et les viols et au processus psychologique des violeurs. Le violeur n'est pas un homme frustré qui, à défaut de trouver des femmes qui voudraient bien avoir une relation sexuelle avec lui, va être obligé de violer pour compenser.
Le violeur est un homme qui considère que sa domination sur les femmes doit continuellement s'exprimer, se déployer et qu'en fait, le consentement des femmes n'existe pas dans leur représentation. Donc, peut-être que ce garçon pense effectivement, Patrick Gouel pense peut-être effectivement que tout ça, c'est lui la victime. En fait, si je lis bien sa phrase, c'est lui la victime. Non, ce n'est pas lui la victime. Et ce qu'il dit là, c'est que même confronté à de nombreuses accusations, il n'est pas capable d'avoir un mot pour les victimes. On a parlé de Flavie Flamand.
Vous aviez confié, quand vous étiez ministre en 2016-2017, une mission à Flavie Flamand sur les délais de prescriptions applicables aux crimes sexuels sur mineurs. D'abord, est-ce que quand vous avez échangé avec elle, elle vous avait évoqué cette affaire, Patrick Gouel ? Non, j'ai rencontré Flavie Flamand quand elle a publié son livre « La consolation » dans lequel elle narrait les viols qu'elle avait subis de la part du photographe David Hamilton. Et j'avais lu son livre « Entre les mains », je l'avais lu, j'avais souhaité la rencontrer. Et on a eu de longues heures de discussion à partir de son livre.
Et surtout parce que Flavie Flamand racontait son histoire, pas simplement pour raconter son histoire, mais aussi parce qu'elle avait une cause à défendre. Et sa cause, c'était la question de l'insprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs. Et on était mi-2016, je pense, à peu près en 2016. Et je savais que mon temps était compté, enfin mon temps de ministre était compté, et que je n'aurais pas le temps de faire adopter une nouvelle réforme.
Donc ce que j'ai fait avec Flavie Flamand à l'époque, parce que je pense que sa démarche était vraiment très intéressante, elle avait une vraie démarche collective, et d'ailleurs je retrouve la même volonté de participer au collectif dans ce qu'elle a fait cette semaine, en joignant sa plainte aux autres. Et je lui ai confié effectivement une mission avec un magistrat qui s'appelait Jacques Calmette. Et tous les deux, ils ont travaillé sur la prescriptibilité. Et on concluait d'ailleurs à ce que les délais de prescription soient ad minima allongés.
Et en fait, ce qu'on avait dit avec Flavie Flamand, c'est que moi je ne pourrais pas le faire, mais ma successeur trouverait le dossier sur le bureau. Il était là, il n'y avait plus qu'à faire. Et d'ailleurs, c'est 2018, allongement des délais de prescription de 10 ans pour les crimes sexuels sur mineurs. Et je pense que cette modification législative, vraiment, on la doit à l'engagement de Flavie Flamand. – Et c'est effectivement ce qui s'est passé, puisque la mission, vous l'avez dit, elle concluait à ce que les délais de prescription pour les crimes sexuels, c'était 20 ans avant votre mission. Marlène Schiappa, qui vous a succédé, a porté une loi en 2018, qui les a portées à 30 ans.
C'était les conclusions de la mission de Flavie Flamand. Le garde des Sautes, Gérald Darmanin, il veut aller encore plus loin. Il s'est exprimé hier lors des questions d'actualité au gouvernement. – Je proposerai au Premier ministre un texte sur l'imprescriptibilité des viols qui touchent évidemment les enfants. J'espère que ce texte pourra être avant la fin du quinquennat adopté par votre Parlement.
Et je vais mettre en place la constatation qui permettra à l'automne de proposer la fusion du juge des enfants, du juge des affaires familiales et bien évidemment le juge correctionnel qui s'en occupe pour qu'on ait un juge des familles, pour que jamais les enfants ne soient balottés par notre mauvaise organisation judiciaire. – Vous le soutenez ? Il faut aller encore plus loin sur cette imprescriptibilité ? – Oui, c'est inéluctable. Ça fait plusieurs années que moi je suis arrivé à cette conclusion.
Alors il y a beaucoup de discussions parce qu'il y a des gens qui pensent quand même que l'imprescriptibilité doit être réservée aux crimes contre l'humanité, qu'on ne peut pas l'étendre parce que sinon ça relativiserait ce que sont les crimes contre l'humanité. Je pense qu'il y a une demande qui est telle de la part des victimes en particulier qu'on ne peut plus y faire face. Donc c'était inscrit. Et je trouve assez, comment dire, je trouve que c'est assez émouvant que Général Dan Manon, le garde des Sceaux, fasse l'annonce au moment où Flavie Flaman elle-même réintervient dans le débat public sur la question des viols sur mineurs. Je trouve que c'est touchant.
Voilà, c'est bien parce que ça prouve que c'est une femme qui obtient, elle a obtenu son combat. En 10 ans, elle a obtenu ce qu'elle voulait, c'est-à-dire l'imprescriptibilité parce que ce n'est pas elle qui le veut, c'est l'ensemble des victimes. Après, c'est une discussion sur la mise en œuvre. Il faut des moyens, il faut des moyens d'enquête. Il faut des moyens judiciaires également pour traiter les dossiers qui vont arriver devant les… – Mais sur cette question des mineurs, pour rester sur Flavie Flaman, puisqu'elle a rendu les choses publiques, il y a eu David Hamilton lorsqu'elle avait 13 ans, là elle accuse Patrick Bruel de viol lorsqu'elle avait 16 ans.
Qu'est-ce que ça dit selon vous ? Est-ce que ça montre la vulnérabilité des mineurs ? – Oui, ça montre la vulnérabilité des mineurs, la manière dont des hommes… Il avait quand même, dans l'affaire Patrick Bruel, il avait quand même le double de son âge. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, une gamine de 16 ans avec un artiste de 32 ans, il n'y a aucun doute qu'il y a un abus. Aucun. Donc, ça montre comment s'organisent des phénomènes d'emprise également. Et puis surtout, j'entends des tas de choses qui sont très… qui ne sont pas acceptables. Mais pourquoi attendre autant de temps ? Pourquoi elle aurait accepté de nouveau faire des émissions avec lui ? Pourquoi elle n'a pas parlé plus tôt ?
En fait, quand on connaît un peu les mécanismes des violences et des agressions sexuelles et des viols, c'est le plus souvent comme ça. Et on dit, elle n'a pas parlé plus tôt. En réalité, les femmes parlent. Toujours. Mais on ne les entend pas. Voilà, le problème, c'est le temps qu'elles mettent à se faire entendre et tant qu'elles ne crient pas très fort, il y a une espèce de surdité de leur entourage et de la justice. Et puis, il ne faut pas oublier quand même une chose, c'est que pourquoi les femmes ne parlent pas davantage, pourquoi elles ne portent pas davantage plainte ?
Parce qu'elles ont intégré l'idée qu'il y aurait de toute façon beaucoup de questions ensuite et que ça allait être parole contre parole. Alors, j'entends que le gouvernement dit, il faut que les femmes parlent. Les femmes parlent depuis toujours, donc il faut qu'on les écoute. Et il faut surtout que les moyens soient mis pour que, quand elles parlent, il y ait des enquêtes, il y ait des instructions et il y ait des… – Et ils ne sont pas suffisamment mis ? – Et il n'y a pas suffisamment de moyens aujourd'hui, ni de moyens d'enquête, ni de moyens de justice.
On a bien, juste un mot, on a bien progressé sur les violences intrafamiliales, c'est-à-dire dans le traitement des dossiers d'intrafamilial. Dans le traitement des violences sexuelles, on n'a pas progressé et c'est toujours l'embolie des violences sexuelles dans les tribunaux. – Nous allons parler des travaux du Sénat, des travaux de la délégation aux droits des femmes à laquelle vous appartenez, Laurence Rossignal, qui mène donc des travaux sur les mouvements masculinistes. Vous constatez leur recrudescence, leur diffusion, notamment sur les réseaux sociaux. Et Steve, les sénateurs sont très inquiets de la montée des discours masculinistes dans les écoles.
– Oui, c'est ce que vous avez dit, c'est surtout sur les réseaux sociaux que le phénomène prend de l'ampleur. Orianne, on parle de contenus qui banalisent la violence sexiste, remettent en cause l'égalité entre les femmes et les hommes. Certains valorisent des rapports de domination et ces discours rencontrent un vrai écho chez les plus jeunes. 73% des 16-24 ans connaissent au moins un influenceur masculiniste. 39% consultent leur contenu. 19% des 16-24 ans le font même régulièrement. C'est le résultat d'un sondage ifop, Orianne.
– Et c'est dans ce contexte que la délégation aux droits des femmes a organisé il y a deux semaines une table ronde consacrée à l'école.
– Avec une question simple, comment l'éducation nationale peut-elle répondre à ce phénomène ? Pour l'instant, on en est surtout au stade de la prise de conscience. – Pour le ministère, la question du masculinisme est relativement récente. Et ce sujet est entré dans l'institution par le biais de la prévention de la radicalisation. – Les premières alertes remontent à 2022. À l'époque, plusieurs académies font remonter des comportements très préoccupants chez des élèves parfois très jeunes. – Des faits de refus de mixité qui émanaient parfois d'élèves très très jeunes dans des classes où par exemple on entrait dans la classe et les filles étaient d'un côté, les garçons de l'autre.
Et malgré les différentes interventions et actions des professeurs, on n'arrivait pas à changer la donne dans la salle de classe. Ou on avait aussi dans des cours de PS des élèves qui refusaient d'avoir des pratiques mixtes. – Pour autant, Steve, on ne peut pas dire que l'État reste en réaction. – Non, depuis 2001, la loi prévoit une éducation à la sexualité obligatoire à l'école. Mais pendant longtemps, cette obligation n'a pas vraiment été appliquée. Un nouveau programme est donc entré en vigueur à la rentrée de l'année dernière, la rentrée 2025. Il prévoit au minimum trois séances annuelles pour tous les élèves. Mais les premiers résultats montrent que la mise en œuvre reste incomplète.
Selon le ministère, seulement 66% des écoliers, 48% des collégiens et 35% des lycéens ont bénéficié d'au moins une séance au 31 décembre 2025. Madame la sénatrice, pourquoi la loi est si difficile à faire appliquer ?
– La loi sur les vies affectives relationnelles et sexuelles, parce qu'elle a été laissée à l'appréciation des établissements, au financement par les établissements également, et que la volonté du ministère de l'Education nationale a dû être obtenue, arrachée à force d'actions, voire même des actions judiciaires, comme ça a été fait l'année dernière dans le tribunal administratif. Mais sur le masculinisme, merci de parler de notre mission, dont je suis une des rapporteurs, que nous allons rendre fin juin. Je voudrais profiter d'être sur votre plateau pour dire deux choses.
Un, pour dire que nous avons rencontré les services de l'État, que ce soit le parquet antiterroriste, que ce soit la DGSI, que ce soit l'éducation nationale, que ce soit la protection judiciaire de la jeunesse. Et je dois vraiment saluer le fait que ces services ont pris la mesure de ce qu'est le danger des masculinistes. Un peu tardivement, peut-être ? Écoutez, pas plus que… Enfin, je ne sais pas si… C'est très récent. Il y a un basculement qui se fait à partir du Covid, et il y a un deuxième basculement qui se fait à partir de la deuxième élection de Donald Trump. Donc après, le temps que les choses arrivent. On expliquera tout ça dans le rapport.
Mais je voudrais profiter de chez vous pour lancer un appel aux familles. Parce que j'ai la conviction, après six mois de travail, que maintenant, les propos des influenceurs masculinistes entrent dans la vie quotidienne des familles. Qu'il y a des garçons sous influence qui essayent de reproduire auprès de leur sœur, auprès de leur mère, les prescriptions que les influenceurs masculinistes.
– Et comment ça se manifeste ?
– Ça se manifeste… Mais tu ne vas quand même pas sortir habillé comme ça, non ? Ce n'est pas possible. Contrôler les tenues de sa mère, de sa sœur, contrôler leur vie, contrôler leurs amours. Et donc, on voit bien qu'il y a une espèce d'influence et aussi d'infiltration des masculinistes via les jeunes garçons qui y sont soumis, dans leur vie et que c'est sur leur sœur et sur leur mère qui s'exercent. Et donc, je lance un appel parce que ce n'est pas encore documenté. J'en ai l'intuition et la conviction.
Donc, si vous connaissez, mesdames qui nous écoutez et messieurs aussi, vous êtes parents, frères, sœurs, cousins, tantes d'un gamin qui essaye de terroriser son entourage avec des propos masculinistes, je suis preneuse de vos témoignages sur mon mail au Sénat, l.rossignol.fr. Ça peut aller plus loin ? Parce que là, vous nous parlez d'injonctions, notamment vestimentaires. Ça peut aller plus loin que ça ? Ah oui, c'est allé déjà plus loin que ça. C'est-à-dire qu'il y a effectivement…
Si le braquet antiterroriste s'est saisi et a fait entrer le masculinisme dans son champ d'études, si la direction de la sécurité intérieure a fait entrer, étudie les masculinistes, c'est qu'il y a effectivement des risques terroristes. Et puis, aux États-Unis et au Canada, il y a eu des attentats terroristes masculinistes. Donc, il n'y a pas de raison qu'on soit indifférent et même inconscient à l'égard de cette menace. Pour terminer, un chiffre toujours aussi alarmant, c'est celui du nombre de féminicides. On est à 54 depuis le début de l'année. Ça fait un décès environ tous les deux jours. On n'est pas tout à fait à ces chiffres-là, heureusement. 49 ? Il y a deux comptages.
Moi, je compte les féminicides par conjoint, ex-conjoint, en cadre familial. Pas tous les meurtres de femmes, c'est un peu différent. Mais on est à 35-36 déjà aujourd'hui. C'est beaucoup avec une accélération sur une séquence très courte. Et écoutez, il y a une proposition de loi qui est la loi intégrale contre l'évidence conjugale. Il y a des besoins de moyens. C'est sur le bureau du gouvernement. Maintenant, il faut passer à l'acte. Justement, passer à l'acte, ça veut dire quoi, pardon ? C'est-à-dire faire adopter une loi et mettre les moyens.
Ce n'est pas inscrit à l'heure du jour à l'Assemblée, je crois.
Non, ce n'est pas inscrit à l'heure du jour. Parce qu'il y a tellement d'art. C'est un gros texte. Et ça ne peut pas être sur l'initiative parlementaire. Nos niches, pour parler de notre jargon, notre temps parlementaire est trop court. C'est au gouvernement de faire. La ministre chargée d'égalité a pris le dossier. Mais je pense qu'il lui a manqué des arbitrages favorables. Quelle part peuvent prendre les élus, les collectivités, dans cette lutte contre les féminicides ? On va aller à Haumont, dans le Nord. Bonjour Stéphane Villemotte. Merci d'être avec nous. Vous êtes maire UDI de Haumont.
Il y a un an, suite à un terrible féminicide chez vous, Aurore Berger, la ministre de l'égalité entre les femmes et les hommes, s'est rendue dans votre commune pour signer un contrat local contre les violences conjugales sexistes et sexuelles. Quelles sont les mesures phares de ce contrat et quel bilan vous en faites un an après ?
Bonjour à vous. Merci de me permettre de parler à votre antenne. Je remercie Mme Rossignol pour tout ce qu'elle a dit auparavant, parce que j'adhère beaucoup à ce qu'elle a pu dire.
Ce que Aurore Berger, la ministre, a pu faire à travers les moyens qu'elle a mis, parce qu'elle a quand même mis beaucoup de moyens depuis quelques temps sur les violences intrafamiliales, c'est de travailler à la fois les moyens matériels, par exemple des logements pour protéger les victimes de violences intrafamiliales, des logements de secours, de permettre aussi aux services de police, aux différents services, d'avoir des formations à l'accueil pour accueillir dans une bulle de confiance les différentes victimes, et puis aussi de travailler l'information, et au niveau d'une commune comme la nôtre, l'information c'est simplement de créer les moyens pour que les personnes témoignent de faits qui peuvent être susceptibles d'être liées à des violences intrafamiliales, parce que le sujet, au-delà des moyens, c'est de libérer la parole, un voisin, un ami, quelqu'un de la famille, parce qu'en fait on se rend compte malheureusement, et notre commune a connu deux féminicides en huit ans, que parfois des proches ou des voisins avaient vu des choses, mais n'avaient pas osé parler quand la porte de la maison est fermée.
Les gens n'osent pas forcément dire les choses, donc un an après, il n'est pas encore possible de faire un vrai bilan, mais je peux vous dire qu'il y a une prise de conscience, la parole se libère, l'information est diffusée, les moyens sont mis, mais je peux vous dire que c'est un travail de tous les jours, et en fait on le fait avec tous les élus du territoire, parce qu'en fait on est conscient que notre territoire est un territoire qui est malheureusement dans les plus mauvais chiffres au niveau des violences intrafamiliales, et donc nous sommes combatifs sur le sujet.
Monsieur le maire a raison, ce qui a changé c'est que maintenant les voisins parlent. En fait en France on a une espèce de trauma, on pense que dénoncer des violences, c'est aller à la commande en tour. Non, ce n'est pas ça dénoncer des violences, c'est protéger les enfants et les femmes autour de vous, donc il faut signaler, mais il faut aussi qu'il y ait des relais pour qu'est-ce qu'on fait des signalements, comment on les traite, et comment on protège après. Et bravo pour l'implication de votre mairie, monsieur le maire, puisque votre commune a été quand même particulièrement durement touchée.
Et merci monsieur le maire, merci Stéphane Villemotte d'avoir été avec nous, merci Laurence Rossignol d'avoir été notre invité pendant cette première demi-heure. Tout de suite on accueille notre prochain invité, c'est le maire d'Angers, directeur de la campagne d'Édouard Philippe, Christophe Béchut qui nous rejoint. Bonjour Christophe Béchut. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation, Édouard Philippe qui est dans le viseur de la justice, le parquet national financier ouvre une enquête pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt au Havre, dont il est maire.
L'effet présumé remonte à 2020, fait contester par Édouard Philippe, désormais lancé dans la campagne présidentielle. Et nous allons donc en parler avec vous, Christophe Béchut, maire d'Angers, secrétaire général d'Horizon et directeur de la campagne d'Édouard Philippe. Une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Stéphane Vernet de Ouest France. Le parquet national financier qui demande donc l'ouverture de cette information judiciaire. Comment réagit Édouard Philippe ? Avec beaucoup de sérénité parce que, j'allais dire, qu'il n'y a rien de nouveau.
C'est une vieille affaire, vous venez de le rappeler par rapport aux dates et avec une soi-disant danseuse d'alerte qui, parce qu'elle s'est constituée partie civile, quand vous vous constituez partie civile, il y a automatiquement un nouvel acte de procédure et c'est cet acte de procédure qui a été annoncé hier par le parquet national financier. Je rappelle qu'il y a eu près de deux ans d'enquête avec le fait d'essayer de trouver les traces de ce que cette dame était susceptible d'avancer qui n'ont débouché sur rien et c'est la raison pour laquelle elle a relancé la procédure.
L'ouverture d'une enquête, c'est que ça n'a pas forcément débouché sur rien, sinon il n'y aurait pas l'ouverture d'une enquête. L'ouverture d'une enquête, elle est consécutive au fait de vous constituer partie civile et donc il y a eu un nouvel acte de procédure par la plaignante déplorant manifestement sans doute que la justice, justement, n'ait rien trouvé et donc en posant un nouvel acte disant je me constitue partie civile, vous avez l'obligation, la justice a l'obligation à ce moment-là d'ouvrir une nouvelle face judiciaire et c'est juste ce qui s'est passé. On ne le dit pas assez mais c'est automatique en fait. Donc ça déclenche un acte, c'est la procédure.
Ceci dit, ça intervient à un moment qui est quand même compliqué. Là, on est en plein dans le début de la campagne ou la future campagne d'Édouard Philippe, la concordance des temps est mauvaise pour lui. C'est vrai, mais j'ai deux réflexions par rapport à ça, M. Bernay. D'abord, la concordance des temps globalement dans cette affaire est mauvaise depuis le début. C'est au moment où Édouard Philippe lance son parti politique qu'on va surgir une plainte. Aujourd'hui, la campagne s'accélère, hop, la plainte est entre guillemets remise sur le devant de la scène. Mais qu'est-ce que vous voulez dire ?
Ce que je veux dire, c'est qu'on est entré aussi dans un temps où il y a une forme de judiciarisation de la vie politique, où vous avez des dépôts de plainte dont on parle toujours plus que des non-lieux qui arrivent à la fin des process et souvent, les débuts de procédures judiciaires arrivent dans des moments qui ne sont pas des moments politiquement neutres. On verra. Ce que je veux dire, c'est que je pose juste le fait qu'il y a eu une relance au début du mois de mai dans un contexte qui était consécutif aux élections municipales. Je n'accuse pas, je constate.
Et je constate encore une fois que dans cette affaire, mais comme dans beaucoup d'affaires qui peuvent viser des politiques, il peut y avoir aussi des plaignants qui jouent avec un calendrier électoral politique et qui font en sorte, et à la limite, je peux les comprendre, mais d'utiliser des moments politiques pour avoir des caisses de résonance sur les plaintes qu'il dépose. Vous êtes son directeur de campagne. Est-ce qu'aujourd'hui, néanmoins, Édouard Philippe est un candidat à la présidentielle affaibli ? Très sincèrement, absolument pas. Encore une fois, il n'y a rien de nouveau. C'est une affaire qui date d'il y a 7 ans.
Vous en avez déjà parlé sur les plateaux, dans les journaux, à la radio au cours de ces dernières années. Les électeurs au Havre qui l'ont largement reconduit, on n'ont y compris entendu parler parce que ça a pu être instrumentalisé par une partie de ses adversaires. Il n'y a rien de nouveau sur ce sujet. Il n'y a pas d'enrichissement personnel. La mise en cause, ce serait sur le fait qu'une délibération n'aurait pas dû être votée.
Mais on est sur quelque chose qui, encore une fois, non seulement ne nous trouble pas, mais n'affecte pas la sérénité d'Édouard Philippe qui aura l'occasion, comme il l'a toujours fait, de répondre aux questions qui lui seront posées, qu'elles soient posées dans le cadre de la justice ou qu'elles soient posées dans le cadre des médias pour lesquelles il y aura des occasions dans les prochains jours de s'exprimer. Donc il va s'exprimer dans les prochains jours ? Il me semble qu'il a effectivement à son agenda des rendez-vous médiatiques qui sont prévus d'ici la fin de cette semaine.
Lesquels ?
Je ne vais pas vous donner le nom de vos confrères ou de vos consoeurs sur lesquels... Je vous trouve bien curieuse, Yann Monsigny, vous étiez là. Moi, ce que je peux vous dire, c'est qu'à ma connaissance, il a des rendez-vous médiatiques prévus au cours de ces prochains jours. Mais je crains que ce ne soit pas effectivement... Vous êtes son directeur de campagne et là, vous vous retrouvez néanmoins à devoir expliquer, justifier quelque part cette mise en cause. Est-ce que ça va changer la tournure que prend la campagne d'Edouard Philippe ? Au moins à l'instant T. Mme Monsigny, moi je suis un garçon bien élevé. On me pose une question, j'y réponds.
Vous décidez de m'interroger sur le PNF, je vous réponds sur le PNF. Non mais c'est de l'actualité d'Edouard Philippe. Mais je suis en train de vous dire, si vous souhaitez qu'on parle de sujets écologiques, de sujets politiques, de la présidentielle, je le ferai. Ça n'est pas la question que me posent ni les adhérents d'Horizon, ni les gens que je rencontre au cours de ces dernières semaines. C'est bien plutôt quels sont les points de programme sur lesquels Edouard Philippe va nous mobiliser, quel va être le cap qu'il va proposer au pays ?
Mais si vous soupçonnez une politisation de l'affaire, ça veut dire que vous imaginez que les adversaires politiques d'Edouard Philippe vont se servir de l'ouverture de cette enquête ? Je suis en train de vous dire, Mme Monsigny, que c'est une affaire ancienne dans laquelle il n'y a rien de nouveau avec une ouverture d'une phase qui est automatique à partir du moment où vous avez des actes qui ont été posés et je ne crois absolument pas au fait que cette histoire va prospérer d'une quelconque manière dans les jours et dans les semaines qui viennent compte tenu de la sérénité, de la clarté, de la transparence qui a été faite et au Havre et par Edouard Philippe sur ce sujet.
Mais pardon, ça peut être... On est quelques heures après cette annonce. Oui, mais ça peut être l'épée de Damoclès au-dessus de la campagne d'Edouard Philippe. Mais ça ne sera pas le cas. Mais comment vous pouvez l'affirmer ? Mais parce que tout simplement, encore une fois, ça fait sept ans. Donc moi, ma question, c'est comment est-ce que vous, vous pouvez affirmer que ce sujet va être une épée de Damoclès alors même que dès ce matin, ce n'est plus le premier titre dans les journaux ou sur les matinales parce que c'est du réchauffé et que passé l'effet d'annonce, il y a une ouverture quand on s'est rendu compte que c'était la même histoire qui revenait il y a des années.
Merci de le souligner. Il n'y a pas eu de décision de justice. Il n'y a pas eu de mise en cause formelle. Il n'y a pas de fait qui est fait aujourd'hui l'objet d'une date d'audiencement, etc. Il y a un dépôt de plainte avec une constitution de partitiville. Donc il y a une enquête. Très bien. Ça permettra que les choses soient transparentes.
Moi, j'ai une question pour le directeur de campagne d'Edouard Philippe. Vous avez parlé de points de programme, de cap. Ce sont les questions que vous posent
les militants horizon et vos électeurs. Edouard Philippe, on s'attendait à ce qu'il présente son grand projet pour la France juste après le municipal. Là, aujourd'hui, le calendrier, c'est un grand meeting de lancement de campagne le 5 juillet. Pourquoi est-ce qu'il y a autant de retard à l'allumage ? Il fait partie des gens qui se sont déclarés très très tôt et en fait, on a l'impression qu'ils tardent énormément à entrer très concrètement en campagne. C'est une stratégie derrière ? Il y a un problème ? Il n'est pas prêt ? Qu'est-ce qui se passe ? D'abord, M. Verne, merci de souligner le fait qu'il n'a pas fait semblant d'hésiter à être candidat, faire savoir dans un pas de deux, etc.
Il a dit très tôt, dans un calendrier qui même parfois a surpris, sans aller réunir une espèce de kermesse à flonflon pour dire figurez-vous que j'ai décidé d'être candidat avec les applaudissements qui arrivent sur un truc qui est attendu depuis tout le monde. Il a de manière très sobre assumé le fait qu'il se préparait pour l'élection présidentielle et qu'il envisageait d'être candidat pour proposer un cap au pays en 2027. Ça, ça a déjà eu lieu il y a plusieurs mois et donc on n'est pas dans un lancement de campagne. Il y a quasiment deux ans mais ça fait deux ans qu'il nous promet un projet massif. Il est où le projet massif ?
Je vous découvre d'une impatience ce matin alors Yann qui me surprend. Je reviens. Rassurez-vous. Ça, c'est la première chose. La deuxième, c'est que 2027, c'est 2027. Ce qui s'est passé depuis deux ans avec la dissolution.
Vous en conviendrez avec moi un agenda parlementaire particulièrement bousculé, pas de majorité, des difficultés à faire voter un budget, des gouvernements qui ont tenu six mois, un socle commun qui s'est constitué, fissuré et avec des sujets au quotidien qui ont été de surcroît relayés par des sujets internationaux qui fait qu'aujourd'hui le premier sujet de préoccupation que ce soit des habitants dans ma ville ou des Français, c'est le prix à la pompe, c'est la question de l'inflation, ce n'est pas au fait qu'elle sera la nature du programme présidentiel.
Venir devant les Français en disant voilà dans le détail ce que je vais vous proposer dans un an, je pense que c'est faire une faute de temps, lancer les thèmes dans le débat, faire en sorte de les prendre à témoin, aller à leur rencontre sans les tromper en disant qu'on vient les rencontrer, qu'on fait un tour de France des sous-préfectures, qu'on va leur prendre des... C'est ce qu'il est en train de faire, y compris pour aller puiser des idées, repérer des innovations, entendre ce que peuvent être des bonnes idées, saluer des agriculteurs. C'est une question de timing. Il faut trouver le bon tempo, c'est le début de l'été, c'est le 5 juillet ?
Le bon timing, c'est que cette élection présidentielle, elle va commencer à l'automne. Si on se dit les choses de manière claire, le 7 juillet au soir, parce que ce sera le soir du verdict du procès concernant les assistants parlementaires et le Parlement européen, on saura quel est le candidat du RN qui est celui qui endosse le costume de favori si on en croit les sondages. Tant qu'on n'est pas le 7 juillet, le casting n'est pas stabilisé. Mais qui a lancé la campagne présidentielle il y a deux ans, si ce n'est Édouard Philippe ?
Et le moment où réellement les choses se poseront, ce sera effectivement à la fin de l'été, où là on entrera dans une phase où tout le monde sera tourné vers la présidentielle. Je me permets de vous dire que bien avant Édouard Philippe, d'autres ont commencé à être candidats à l'élection présidentielle de 2027 quasiment dès le soir de la présidentielle de 2022. Que ce soit M. Mélenchon ou que ce soit Marine Le Pen, vous ne me ferez pas croire qu'ils ne sont pas eux entrés en campagne présidentielle dès le lendemain du début du quinquennat. Le premier qui a dit je serai candidat à la présidentielle de 2027, c'est Édouard Philippe. C'est vrai. C'était en septembre 2024.
En toute transparence et en toute honnêteté avec les Français. Pas trop tôt ? Parce que vous dites faute de temps, on est trop impatients. Je ne crois pas. Ce que je crois, c'est que la politique... On n'était même pas à la moitié du quinquennat que lui, il a annoncé qu'il serait candidat à la présidentielle en 2020. Il a annoncé qu'il se préparait et qu'il serait candidat et je vais vous dire, dire aux Français autre chose que ce que vous faites, c'est qu'ils sentent que vous êtes insincères. Quand à un moment, vous créez un parti politique en 2021 pour dire je ne serai pas candidat parce que le non-cumul des mandats a brisé et cassé une partie du lien avec les maires et on en a besoin.
Parce que sur le régalien, on n'a pas été suffisamment ferme au cours du premier quinquennat d'Emmanuel Macron. Parce qu'il y a besoin de remettre de l'ordre dans les comptes. Parce qu'il faut, autour d'un discours de protection, préparer l'avenir de nos enfants et de nos petits-enfants face à des vertiges du monde qui peuvent être démographiques, qui peuvent être technologiques et qui nécessitent du temps pour penser, pour se préparer, pour comparer ce que d'autres pays sont en train d'essayer de trouver pour toute une partie de la population. Pour marquer aussi la rupture avec Emmanuel Macron, c'est pour ça qu'il s'est déclaré aussitôt ?
Ça fait partie évidemment des raisons pour lesquelles il a créé un parti politique au lieu de rejoindre En Marche au Renaissance. C'est parce qu'il y avait ces différences, ces divergences d'approche sur la conception de ce que pouvait être la présidence du pays. Mais encore une fois, s'il avait une obsession présidentielle, il aurait pu, avec des sondages flatteurs, être candidat dès 2022. Ce n'est pas le choix qu'il a fait parce que l'idée n'était pas d'ajouter du chaos au chaos. qui était compliqué et avec déjà un risque populiste qui existait.
En revanche, on ne peut pas se résigner à se dire que tout à la fin, on a un concours de beauté ou un casting dans la dernière ligne droite et reproché, entre guillemets, à des femmes ou à des hommes politiques de préparer une campagne de loin, de la penser, d'aller à la rencontre des Français, d'essayer de rejeter des idées nouvelles. C'est ce que nous faisons. François Béchou, il a aussi créé un parti politique, Horizon, pour s'appuyer sur les élus locaux. C'était l'ambition initiale d'Horizon, de s'appuyer sur les maires. Dimanche, c'est Gabriel Attal qui a sorti un appel de 500 maires et élus locaux en faveur de sa candidature à la présidentielle. C'est quand même un coup dur pour vous.
D'abord, j'ai beaucoup d'amitié pour Gabriel Attal, j'ai beaucoup d'amitié pour les signataires de cette tribune, mais la vérité m'oblige à vous dire que ce ne sont pas 500 maires, ce sont 500 élus locaux. Par exemple, 4 conseillers municipaux de ma propre ville, il y a donc bien 4 élus d'Angers, mais il n'y a aucun maire d'Angers dans les signataires par exemple de la tribune en question. C'est quoi un effet de communication ? Bien sûr, il faut lui reconnaître dans ce domaine un certain talent et je suis le premier à le reconnaître. Mais est-ce que vous aussi vous allez publier une tribune des maires en faveur d'Hénoir Philippe ?
Si nous le faisons, nous aurons besoin d'un peu plus de place dans le journal que la place qui a été occupée parce que si on applique le même principe qui consiste pas seulement à faire signer nos maires, on n'a plus de 500 maires, je ne parle que des maires. Donc si on y ajoute les conciliers municipaux, ce sont des milliers de signataires. Il n'y a pas d'ancrage local réel de Renaissance à l'exception de belles victoires de Thomas Cazenave à Bordeaux, d'Antoine Armand à Annecy qui sont des amis mais qui sont des victoires collectives avec des chefs de file Renaissance mais de listes d'union dans lesquelles il y avait par exemple des amis d'Horizon, du Modem ou d'ailleurs.
C'est aussi le cas pour les victoires des maires Horizons. Bien entendu mais ce que je veux dire c'est que si vous comparez nos effectifs et ce n'est pas le sujet et ce n'est pas le sujet qui intéresse les Français mais Renaissance n'arrivera pas à faire croire qu'il est le parti des illeux cause ça ne correspond ni à son histoire ni à sa réalité. Ils ont d'autres qualités et moi j'ai la faiblesse de penser qu'on est complémentaires dans le bloc central et on est clairement dans la com. Mais vous ne croyez pas que l'ouverture de l'enquête donne un avantage à Gabriel Attal ? Absolument pas.
Vous parliez de la dernière ligne droite tout à l'heure le bloc central il y a le fameux comité de liaison qui a été créé à la mi-avril dont vous faites partie vous représentez Horizon dans ce comité de liaison c'est quoi la stratégie ?
C'est que vous attendez le début de l'année 2027 janvier ou février pour décider si oui ou non il y a un rassemblement
autour d'une seule candidature de l'ancien camp présidentiel et si oui comment on le choisit ?
D'abord tout le monde a conscience et j'allais dire pas seulement dans ce comité de liaison qui a un scénario qui n'est pas de la politique fiction et qui est qu'à la fin s'il y a trop d'émiettement C'est d'avoir Jean-Luc Mélenchon contre Jordan Bardella C'est de se retrouver avec un Mélenchon Bardella ou un Mélenchon Le Pen en deuxième tour de l'élection présidentielle et un sacré cauchemar pour des quantités de républicains modérés se disant comment je choisis entre deux formes de populisme qui soufflent de manière différente mais sur les braises de la division du pays qui jouent sur le chaos et qui se réjouissent de ces problèmes plutôt que de proposer Ça ce sera le déclencheur du rassemblement ou pas rassemblement C'est ça ?
Ce que je veux dire c'est que ça c'est quand même globalement la boussole qui fait que tout le monde se dit on a une part de responsabilité et il faudra quoi qu'il arrive être capable de se rassembler En revanche aujourd'hui il y a pléthore d'ambitions et elles sont légitimes et on n'est pas nous qualifiés pour aller dire toi t'as pas le droit d'être candidat en démocratie il y a à la fois une liberté il y a un process qui est prévu qui fait que vous devez trouver des parrainages et des signataires pas 500 élus 500 maires que vous devez faire en sorte de pouvoir vous faire accompagner budgétairement etc.
Bref quand je pose ça aujourd'hui il y a plusieurs candidats possibles dans ce segment dans ce bloc on se parle une primaire elle n'est ni possible ni souhaitable Pardon mais qui se parle ? Les discussions elles ont d'où à où ? On a un comité de liaison qui globalement réunit le Modem Renaissance l'UDI Horizon Est-ce que vous parlez avec les Républicains ?
Je vous confirme j'aurai l'occasion pas plus tard que la semaine prochaine de déjeuner avec le secrétaire général de LR ça réunit en gros les secrétaires généraux des différentes familles ce comité de liaison et puis en parallèle j'ai avec Ottoman Nasroud qui est le secrétaire général des Républicains nous instaurons aussi un cycle de dialogue à partir de la semaine prochaine Donc vous réfléchissez à une candidature commune qui aille jusqu'à Bruno Retailleau ?
C'est pas une candidature commune à ce stade c'est se parler exactement comme nous l'avons fait pour les élections municipales Mais pour aboutir à un seul candidat Pour faire en sorte qu'en fonction des endroits ce soit le mieux placé qui puisse être candidat ce qu'on a fait pour les élections municipales notre souhait c'est d'être dans un chemin qui nous permette à terme de faire la même chose à court terme c'est d'abord un moyen d'éviter les noms d'oiseaux et d'oublier qu'on est peut-être rivaux mais qu'on n'est pas ennemi C'est une campagne présidentielle Toujours C'est un moment de recomposition politique On va s'adresser à l'ancien ministre de la Transition écologique qui est maire d'Angers Hier Emmanuel Macron a demandé au gouvernement d'engager une concertation sur une consigne sur les bouteilles en plastique afin de réduire l'usage du plastique en France Les collectivités s'opposent à cette solution Vous l'avez vu même enterré en 2023 lorsque vous étiez ministre Comment vous réagissez à l'annonce du chef de l'État ?
Une concertation n'est jamais une mauvaise chose On est sur un début de mandat municipal et je pense que c'est bien d'avoir cette concertation En revanche, pour moi la consigne, elle a tout d'une fausse bonne idée ou en tout cas de quelque chose qui peut se retourner y compris contre ses objectifs écologiques On est sur un taux aujourd'hui de collecte de ces bouteilles en plastique pour les recycler qui est un peu supérieur à 50% quand nous devons aller vers 90% Sauf que derrière ce chiffre il y a des réalités hyper différentes Vous avez des territoires presque tous ruraux qui sont déjà à 85 ou à 90% et qui atteignent déjà les standards européens Puis vous avez les territoires urbains Paris Grenoble Lyon Marseille très en retard et qui sont plutôt aux alentours des 40-45% Dire regardez on a un taux moyen qui n'est pas bon c'est scandaleux il faut qu'on change le système c'est oublier que dans ces territoires en particulier ruraux les collectivités locales ont fait les investissements dans les centres de tri ont rendu partout la collecte sélective effective et donc que demain on va leur dire écoutez puisque le taux national n'est pas bon on va vous reprendre un gisement qui aujourd'hui nous permet d'amortir une partie de nos dépenses pour le passer au privé parce qu'il y a des gens qui n'ont pas fait le job premier sujet deuxième sujet comment ça fonctionne j'achète une bouteille en plastique que je vais donc payer plus cher avec une inflation au début parce qu'il va falloir augmenter le prix de la bouteille de 15 à 20 centimes pour que vous puissiez en récupérer 10 ou 15 à la fin il y a un delta entre les deux parce qu'il faut bien financer la chaîne mais le vrai problème c'est pas l'inflation que ça apporte ce qui peut quand même être un sujet dans le contexte ce qu'on est en train de vivre c'est que le seul endroit où vous mettez le déconcilieur l'endroit où vous rapportez votre bouteille c'est sur les parkings de supermarchés avec un risque pointé là pas par les élus locaux par les fédérations commerciales par les acteurs du commerce en ville disant attention vous allez pousser les gens à aller sur les parkings des supermarchés avec leur voiture pour aller ramener leur bouteille quand ils y seront ils vont faire leur course et donc vous allez accélérer une situation un phénomène qu'on constate déjà dans lequel aujourd'hui on a des commerces de centre-ville ou de centre-bourg qui souffrent donc quand vous prenez ces deux éléments là vous vous dites que derrière un objectif il y a un sujet je termine par l'écologie le souci de la consigne pointé par un certain nombre d'associations c'est de dire si quand je ramène ma bouteille en plastique on me donne de l'argent ça veut dire que j'aurai le sentiment que j'ai fait un acte écolo or le vrai sujet c'est pas comment on recycle plus de plastique c'est comment on en diminue l'usage et en fait vous vous accoutumez une partie de la population qui se dit c'est positif puisqu'on me donne de l'argent quand je rapporte ma bouteille donc il faut que je continue à en acheter donc vous vous y opposez donc mauvaise idée pour Emmanuel Macron d'avoir déterré cette affaire de consigne super s'il y a une concertation pour une raison c'est que je partage l'idée du ministre Mathieu Lefebvre le statu quo n'est pas possible en revanche je plaide pour quoi je plaide pour que le milliard milliard et demi de pénalités que nous versons à l'Europe on arrête de le payer sur le plan national et qu'on le fasse payer aux territoires qui sont en deçà des chiffres vous ne pouvez pas à la fois
donc au maire
donc aux collectivités donc à Paris à Lyon les villes que vous avez cités je suis pour la responsabilité le territoire qui a fait les investissements qui a financé un centre de tri qui assure une collecte toutes les semaines il n'est pas normal que indirectement aujourd'hui les habitants de ce territoire en tant que contribuable nationale payent alors qu'ils sont déjà à 90% de recyclage et demain je considère qu'on devrait faire ce qu'on appelle la critérisation on ouvre les sacs c'était l'engagement qui avait été pris au moment où nous avons décidé de ne pas faire la collecte on ouvre les sacs mais pas pour faire payer un exercice aux collectivités ça va coûter cher on regarde quel est le pourcentage de bouteilles plastiques qui ne sont pas recyclées et donc quel est le taux de collecte et en fonction de ça on répartit les choses je vous signale qu'il était théoriquement prévu d'avoir une taxe sur le plastique à 30 euros la tonne qui devait justement au fur et à mesure être capable de couvrir ça et qu'elle a été arrêtée par les députés en considérant dans le cadre de l'examen budgétaire que c'était de l'écologie punitive le plastique c'est à la fois un problème pour notre environnement c'est un problème pour la faune c'est un problème pour la flore c'est un problème pour les océans au rythme où nous allons il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans 10 secondes Christophe Béchus ça va coûter cher au camp macroniste pour les sénatoriels c'était pas le moment de se mettre les mers à dos on est dans une phase de concertation je ne critique pas la concertation on est au début d'un mandat municipal je dis attention ça a tout de la fausse bonne idée Merci Christophe Béchus merci beaucoup d'avoir été notre invité Stéphane, l'a une de Ouest-Fange ?
Des prisons françaises toujours plus surpeuplées Merci beaucoup Stéphane on regarde ce qu'elle a une de nos autres quotidiens régionaux La presse régionale ce matin essaie de l'affaire Bruel
Oui, oui le chanteur est accusé de viol et d'agression sexuelle par au moins 13 femmes dont l'animatrice télé Flavie Flamand Patrick Bruel conteste ces accusations qui font la une de plusieurs quotidiens ce matin Auréane, la Provence parle de malaise Bruel La dépêche du midi se demande si on assiste tout simplement à la chute de l'artiste Midi libre on va le voir face à une sur Ophélie une jeune femme qui a rencontré le chanteur à Montpellier c'était en 2015 elle avait 19 ans et affirme avoir été violée sa plainte avait été classée sans suite en 2022 mais elle vient de faire l'objet d'une réouverture par le parquet de Nanterre ce parquet qui centralise désormais tous les dossiers dans cette affaire
Le gouvernement sert la vis autour du bac
Le ministre de l'éducation nationale a déroulé hier ses ambitions pour le bac c'est à la une de l'Alsace Edouard Geffray a annoncé un durcissement des consignes sur l'orthographe une lutte renforcée contre la faune ou encore un âge planché pour pouvoir se présenter à l'examen le baccalauréat professionnel il commence aujourd'hui pour les filières générales et technologiques première épreuve de philo ça sera le 15 juin
Et l'actualité dans nos régions ce sont aussi les agriculteurs Bonjour Quentin Le Guillaume merci beaucoup d'être avec nous vous êtes secrétaire générale des jeunes agriculteurs Quentin Le Guillaume la commission européenne a présenté hier un plan pour aider le monde paysan à faire face à la flambée du prix des engrais ils ont augmenté de 60% entre 2020 et 2024 depuis 2024 ils ont de nouveau augmenté de 70% est-ce que ce plan va vous aider ?
Nous aider c'est un grand mot on parle de 200 millions répartis sur tous les états membres aujourd'hui la commission nous a dit peut-être abonder un petit peu plus ce montant alors même si on faisait x2 répartis sur le nombre d'agriculteurs sur l'état européen malheureusement c'est insuffisant après derrière ils nous ont dit qu'ils allaient pouvoir nous alléger sur les méthodes d'application les quantités les dates sur les effluents d'élevage très bien sauf que bon là on arrive dans la fin des épandages on va avoir les récoltes qui vont démarrer d'ici un mois et demi donc en gros c'est des choses peut-être sur la rentrée septembre-octobre ou pour le printemps prochain nous ce qu'on demande c'est d'agir rapidement efficacement il va falloir qu'on anticipe les stockages stockage d'engrais de pétrole et de gaz parce que même si demain on vient souverain sur le territoire européen dans la production des engrais très bonne chose malheureusement c'est fait avec des gaz et du pétrole donc on sera toujours malheureusement obligé d'importer donc il faut qu'on puisse s'anticiper il faut qu'on puisse se renforcer voilà donc nous on demande du soutien direct il y a des taxes aujourd'hui qui existent on demande un minimum que ces taxes-là soient mis en pause sur un court terme de manière à pouvoir soulager les exploitants parce que malheureusement on vend du blé en ce moment à 180-190 euros en achetant de l'engrais à 500 pour rappel en 2020 on vendait du blé à 200 et on achetait de l'engrais à 200 voilà c'était en face là aujourd'hui vous voyez le gap et malheureusement depuis trois ans on est dans le rouge là on risque vraiment d'aller encore plus dans le rouge voire dans le noir
autre sujet qui vous concerne de très près Quentin Le Guillou c'est le Parlement l'Assemblée Nationale qui examine en ce moment même la loi d'urgence agricole elle avait été annoncée par Sébastien Lecornu au moment où les tracteurs étaient dans les rues où les agriculteurs étaient en colère est-ce que ce texte tel qu'il est examiné aujourd'hui il est une bonne réponse à vos préoccupations
C'est une avancée c'est une réponse maintenant j'ai l'impression qu'on en fait tout un grand schéma un grand brouard tout autour j'ai l'impression que certains veulent rajouter tout un tas de choses qui traînent un petit peu partout nous ce qu'on demande c'est la cohérence de la logique et une vision nous c'est simple chez Jeunes Agriculteurs ce qu'on demande c'est qu'on a des jeunes qui veulent s'installer sauf qu'on n'est pas capable de leur dire qu'est-ce qu'on veut d'eux dans 5 ou 10 ans est-ce qu'on continue de produire quelle méthode de production comment on produit on nous parle d'effluents d'élevage par exemple pour les engrais sauf que ça fait des années depuis 4 ou 5 ans on doit être à moins 8 ou moins 10% de production sur la viande bovine donc rendez-vous compte on est en manque donc derrière comment vous voulez qu'on se retourne vers des effluents d'élevage si derrière on baisse les élevages donc renforçons redynamisons notre agriculture anticipons le changement climatique il faut pour ça qu'on puisse stocker une partie on n'est pas en train de demander de stocker la quantité totale d'autres pluies qui tombent à l'année mais ne serait-ce que 3 à 4% qui seraient stockés en plus sur le territoire national permettraient aux agriculteurs de pouvoir peut-être amener de nouvelles cultures pouvoir irriguer pouvoir les accompagner tout au long de l'année c'est comme sur les enjeux phytosanitaires on nous dit non on ne veut pas de nouvelles solutions on ne veut pas plus on ne veut même moins ok pas de problème on n'a aucune solution en face donc à un moment il faut se dire la vérité nous ce qu'on demande aujourd'hui c'est qu'on puisse à minimum produire avec nos voisins allemands italiens portugais espagnols belges peu importe mais qu'au moins l'union européenne soit harmonisée qu'elle soit harmonisée sur ses moyens de production sur ses méthodes sur ses prix voilà que l'agriculteur se reconnaisse et puisse produire
Merci Quentin Le Guillou secrétaire général des jeunes agriculteurs d'avoir été avec nous Steve la une également de la presse régionale un tout autre sujet comment reprendre la main sur le narcotrafic
Une question brûlante effectivement après une série de règlements de comptes dans plusieurs villes de France et notamment dans la métropole de Lyon le progrès revient sur ses derniers développements et détaille la riposte des autorités dans la région plus de 1000 forces de l'ordre ont été mobilisées hier 200 contrôles ont été effectuées dans une opération lancée par le tout nouveau préfet du Rhône Étienne Guyot en poste depuis lundi et qui a déclaré l'union sacrée contre le banditisme
Le plastique c'est pas fantastique ?
Peut-on vraiment se passer de plastique ? se demande l'Est républicain Emmanuel Macron a demandé hier au gouvernement d'engager une concertation sur la consigne pour les bouteilles l'idée c'est d'installer des bacs dans les supermarchés pour récupérer les bouteilles usagées en échange de quelques centimes pour les consommateurs actuellement la France est 17ème au niveau européen en matière de recyclage des déchets plastiques
Et justement c'est le thème de notre reportage en région comment réduire notre dépendance aux énergies fossiles et notamment aux gaz fossiles à Rennes vous allez le voir les biodéchets des supermarchés autrement dit les produits invendus et impropres à la consommation sont valorisés en gaz renouvelable utilisé par exemple pour faire rouler les bus c'est un reportage de nos partenaires de Téberen il est signé l'or petit avec Tristan Maé dans ce supermarché ces fleurs invendues sont déposées
dans ces bacs verts réservés aux biodéchets
on ne mélange pas les produits organiques et les produits gérés emballés et on dissocie les deux et le camion récupère toutes les semaines les différents bacs
les bacs rejoignent ce site de traitement une fois passé le contrôle qualité et sanitaire les biodéchets sont revalorisés ils deviendront de l'engrais pour les champs ou du gaz renouvelable les déchets qui arrivent ici sont préparés c'est à dire qu'on va enlever tout ce qui est emballage plastique on va en réaliser une soupe elle va subir par exemple un broyage de 12 mm on va la chauffer à 70 degrés pendant une heure donc ce qu'on appelle l'étape d'hygiénisation et ensuite une dernière étape qui va être la surfiltration qui va nous permettre de garantir qu'il n'y ait pas de plastique dans les soupes parce que c'est un sujet très important on ne veut pas derrière polluer nos sols pour que cette filière reste durable ensuite après cette étape de surfiltration elle est envoyée en méthanisation ce gaz vert issu de la méthanisation permet de réduire l'utilisation de gaz fossiles importés d'autres pays il faut savoir par exemple que Rennes Métropole fait rouler 50% de sa flotte de bus métropolitaine au bio GNV donc qui est le carburant issu du biogaz en île-et-vilaine 12% de gaz renouvelable sont consommés c'est trois fois plus qu'au niveau national
et place au débat le gouvernement tient-il ça riposte contre le désordre projet de loi riposte est examiné en ce moment au Sénat riposte pour réponse immédiate au phénomène troublant l'ordre public la sécurité la tranquillité de nos concitoyens lutte contre le narcotrafic contre les rodéos urbains les rêves partis le protoxyde d'azote ce texte se veut une réponse à la sécurité du quotidien est-ce vraiment un choc d'autorité et d'efficacité comme le dit le gouvernement vous allez en débattre bonjour Arnaud Foumiseguet merci beaucoup d'être avec nous vous êtes secrétaire générale adjointe du syndicat des commissaires de police et puis deux sénateurs bonjour Essane Bourgie bonjour merci d'être là sénateur socialiste de l'héros et Jacqueline Nostage-Brignot bonjour bonjour sénatrice LR du Val d'Oise Jacqueline Nostage-Brignot avant de rentrer dans le détail de ce texte j'ai un peu cité la liste des thématiques qu'il ballait alors ça cible beaucoup de préoccupations des français et de leur sécurité mais est-ce que c'est un peu une loi fourre-tout ?
alors je vais pas être aussi sévère que je pourrais l'être d'abord cette loi elle a le mérite d'exister elle a le mérite d'écrire un certain nombre de choses et elle a le mérite de donner des moyens nouveaux pour essayer d'extensionner après c'est pas ça qui va complètement voilà écrire un choc d'autorité parce que c'est plus compliqué que ça nous sommes face à une partie de la société française qui refuse toute autorité c'est-à-dire que je fais ce que je veux où je veux quand je veux il y a ça et puis il y a le narcotrafic à côté donc c'est pas cette loi qui va régler ce choc d'autorité comme le gouvernement le dit moi je pense que c'est bien je pense que c'est un début mais ça pose d'autres problèmes beaucoup plus fondamentaux dans notre société c'est est-ce qu'on va continuer à d'une manière générale dans tout que ce soit dans l'éducation dans le sport dans la relation qu'on a les uns aux autres à être dans une société où le non est banni de toutes les bouches on a aujourd'hui face à nous des générations de jeunes en particulier qui n'ont pas été construits du tout avec le sentiment de frustration et qui veulent faire ce qu'ils veulent quand ils veulent et donc c'est quand même compliqué à gérer c'est ça et puis quand vous avez énuméré tous les sujets narcotrafic qui est un sujet particulier mais qui en fait partie et on y reviendra probablement mais les rodéos la f-partie c'est quand même ce qui au quotidien pollue pour rester poli la vie de bon nombre de nos concitoyens qui sont à la fois qui subissent qui subissent ça au quotidien et qui sont complètement démunis vous voyez dans les quartiers un peu compliqués vous avez un bon nombre d'habitants quand vous les entendez qui disent moi je veux partir je n'en peux plus le droit à la liberté c'est le droit de vivre tranquille là où on est quel que soit l'endroit dans ce pays qu'on soit dans un quartier un peu plus difficile que d'autres un peu moins privilégié c'est une liberté c'est un droit de vivre tranquille là où on vit alors voilà j'espère que ça va donner des outils donc bien mais peut mieux faire bien mais ce n'est pas suffisant
Hussein Bourget est-ce que vous êtes de cet avis est-ce que ce texte crée le choc d'autorité dont se vante Laurent Nunez je pense que le texte à lui seul ne suffit pas il faut inscrire le texte dans un continuum de travaux parlementaires qui ont été effectués notamment ici au Syrah depuis quelques années on a eu d'abord la loi d'orientation et de programmation pour les ministères de l'intérieur qui vise à donner plus de moyens aux forces de l'ordre et aux services de police et de gendarmerie sur le terrain on a eu la loi d'orientation et de programmation pour la justice qui vise à doter davantage les cours d'appel et les juridictions de magistrats et de greffiers on a eu la loi contre le narcotrafic on a cette nouvelle loi qui arrive
et il me semble que c'est une boîte à outils lorsqu'on a mené ici les travaux
sur le narcotrafic on s'est rendu compte qu'en aval du narcotrafic et en amont du narcotrafic il se passait des choses mais pardon c'est une boîte à outils mais c'est un texte utile ou c'est un texte de plus dans la longue liste des textes que vous avez numérés ?
non mais moi je considère que c'est un texte utile il vient compléter tout ce que j'ai énuméré auparavant ce que j'ai énuméré auparavant ce sont des moyens supplémentaires en termes de policiers d'enquêteurs de gendarmes de magistrats et de greffiers ensuite lorsqu'on travaille sur le narcotrafic on se rend bien compte que cette drogue elle arrive de quelque part elle arrive souvent de l'étranger et il a fallu casser l'idée selon laquelle cette drogue arrivait uniquement par voie terrestre elle arrive aussi par voie maritime elle arrive par voie aérienne une fois que cette drogue est arrivée en France elle est vendue elle est consommée et il y a le blanchissement de l'argent qui commence le blanchissement de l'argent c'est quoi ?
ce sont les épiceries de nuit qui pullulent et qui sont des véritables lessiveuses et donc c'est la raison pour laquelle il a fallu lutter contre chaque type d'infraction avec un outil précis un outil particulier on va longuement s'attarder sur la question du narcotrafic mais à nous que fourmigué je voudrais vous entendre parce que vous représentez les commissaires de police vous êtes sur le terrain les lois elles sont votées elles doivent être ensuite appliquées concrètement choc d'autorité choc d'efficacité dit aussi le ministre de l'intérieur amélioration des outils à la disposition des forces de l'ordre il y en avait besoin les outils dont vous disposez actuellement ils ne sont pas suffisants ?
sur ces thématiques ils ne l'étaient pas effectivement alors les travaux parlementaires ont fait progresser les choses sur le plan narcotrafic avec la loi qui a été votée on aurait aimé quelques compléments qui n'ont finalement pas pu passer certains cap mais il y a eu des avancées concrètes après sur ce qu'on appelle la délinquance du quotidien les forces de police et les commissaires à leur tête se heurtent régulièrement à une forme d'impuissance pour effectivement faire respecter la tranquillité et la paisibilité dans les quartiers pour avoir participé à beaucoup de réunions de quartier avec les habitants ils nous parlent de problèmes et de nuisances qui sont hétéroclites donc peut-être que le projet de loi à première vue riposte peut paraître hétéroclite mais ce que subissent les habitants ça l'est aussi on ne peut pas serrer certains quartiers qui sont confrontés au rodéo d'autres à la consommation de protoxyde d'azote d'autres au trafic de stupéfiants c'est souvent un tout donc il faut effectivement s'attaquer au haut du spectre et au bas du spectre entre guillemets de la délinquance donc y compris ce qui peut paraître moins problématique dans la vie en commun mais qu'il est quand même donc effectivement des infractions de moindre intensité que le narcotrafic mais qui pour autant sont un sujet de difficultés et de perturbations de la vie commune mais quand vous dites impuissance ça se traduit comment ?
C'est quoi ?
C'est un manque de moyens humains c'est un manque de moyens financiers c'est les policiers qui sont sur le terrain et qui n'ont pas les armes les armes pas forcément matérielles mais les moyens suffisants la réponse judiciaire derrière qui n'est pas suffisante Il y a les deux mais il y avait d'abord les outils juridiques donc le fait qu'on permette de simplifier certaines formes de répression des comportements qui troublent l'ordre public et la tranquillité c'est intéressant pour les policiers parce que comme vous le savez nos services d'investigation sont complètement débordés par un nombre de procédures affolants c'est d'ailleurs une des stratégies des narcotrafiquants que de saturer les services de police donc dès lors qu'on a par exemple des amendes forfaitaires délictuelles ça permet quand même d'apporter une réponse pénale immédiate concrète sans pour autant saturer les services d'investigation Allez parlons du narcotrafique puisque ce texte il dit entre autres à lutter contre le narcotrafique les fusillades se multiplient on l'a vu encore ces derniers jours dans le quartier des Moulins à Nice à Nantes un adolescent de 15 ans a été tué il y a quelques jours on va écouter ce que disait hier Laurent Nunez à ce sujet dans l'hémicycle au Sénat
La majoration encore une fois de l'AFD consommateur c'est une mesure qui est assumée de culpabilisation des consommateurs voilà ce sont quand vous êtes comme moi quand vous allez comme moi à Nantes où un enfant de 15 ans a été tué sur un point de stup je suis désolé
mais s'il n'y avait pas de consommateur il n'y aurait pas de règlement de compte il n'y aurait pas de règlement de compte il n'y aurait pas
toutes les violences qui se déroulent autour du narcotrafique donc cette mesure elle est évidemment totalement assumée
Les sénateurs pour bien comprendre qui ont augmenté hier la remonte forfaitaire délectuelle pour consommation de 200 à 500 euros c'était nécessaire il faut durcir les sanctions contre les consommateurs
D'abord oui franchement ça ne me choque pas et on en parle d'ailleurs on en parle depuis peu de temps des consommateurs il a fallu quand même arriver à un phénomène qu'on ne générait plus du tout pour parler des consommateurs parce que c'est une réalité pas de consommateurs pas de trafiquants et puis on parle rarement de ce sujet mais consommer de la drogue c'est juste aussi consommer un produit qui met en jeu votre santé il ne faut pas croire que dans le quartier et moi je suis de cauchemar parce que j'étais mère et il y a un quartier politique dans ma vie quand on sait ce qu'ils fument parfois certains gamins avec des produits coupés quand même et puis des produits toxiques je veux dire quel est le parent qui rêve que son enfant consomme de la drogue quand des parents constatent que leur enfant se drogue je peux vous assurer que les trois quarts du temps ce sont des parents démunis et qui ont peur pour l'avenir dans leurs enfants parce que se droguer c'est juste mettre sa vie en danger alors évidemment après aujourd'hui on a en plus une consommation de la cocaïne qui a parfois dépassé la consommation du cannabis enfin la cocaïne on sait les ravages de la cocaïne quand même personne n'en parle ça d'ailleurs c'est un reproche que je fais à ce gouvernement comme à d'autres c'est de ne pas avoir vraiment une politique de lutte au niveau de la santé contre cette consommation donc moi à titre personnel je suis contre la légalisation ça c'est clair parce que ça ne règle aucun problème sur le trafic hier et tellement a pris la parole au niveau du Sénat et il l'a bien démontré donc oui c'est un vrai sujet sénateur LR oui c'est un vrai sujet et moi je pense qu'il faut que les consommateurs comprennent qu'à chaque fois qu'ils consomment ils favorisent un trafic qui met en danger aujourd'hui la vie d'adolescents qui sont rentrés là-dedans pour l'argent facile parfois pour s'acheter une paire de chaussures enfin je veux dire on est rentré dans un système qu'on n'aurait même pas imaginé il y a 5 ans vraiment
il fallait durcir les consommations envers pardon les sanctions envers les consommateurs je vais y arriver Sène Bourget alors durcir les sanctions contre les consommateurs pourquoi pas ce que je retiens c'est que les AFD qu'on présente les amendes forfaitaires délectuelles les amendes forfaitaires délectuelles qu'on présente comme étant la méthode la réponse miracle ne sont pas recouvrées donc moi ce que j'aime bien c'est que lorsqu'on adresse un procès verbal lorsqu'on adresse une amende forfaitaire délectuelle j'aime bien qu'elle soit recouvrée sinon ce sont des mesures qui s'appliquent et qui sont recouvrées à peine à 35 ou 40% il y a un rapport qui vient de sortir de la cour des comptes qui justement interpelle le gouvernement sur cette question et c'est la raison pour laquelle hier le ministre de l'Intérieur a présenté des amendements en vue d'améliorer le pourcentage de recouvrement donc moi je dis augmentant le quantum de la sanction c'est pas ça qui me gêne ce qui me gêne c'est que lorsqu'on inflige une sanction à quelqu'un si jamais elle n'est pas réellement appliquée la personne va penser que c'est juste du cinéma donc moi je veux des sanctions plus lourdes des sanctions plus fermes mais surtout des sanctions appliquées et respectées dernière chose que je voulais dire la lutte contre le narcotrafic c'est contre les consommateurs mais il manque singulièrement un volet prévention dès le plus jeune âge auprès des adolescents et des lycéens parce que je dis systématiquement que la consommation de protoxyde d'azote c'est l'antichambre de la consommation de shit qui est ensuite l'antichambre de la consommation de cocaïne on va y revenir on a encore un quart d'heure de débat on a le temps sur ces amendes forfaitaires délictuelles Usain Bourgie dit elles ne sont pas recouvrées c'est-à-dire dans les faits ce n'est pas effectif elles sont insuffisamment recouvrées après ça ça relève de la DGFIP et pas des services de police mais ça reste un outil intéressant moi je suis toujours quand même un petit peu étonnée d'entendre qu'on durcit les sanctions sur les consommateurs en l'état de notre droit la loi elle prévoit que l'usage de stupéfiants est passible d'une peine allant jusqu'à un an de prison l'AFD elle permet quand même aux consommateurs d'échapper au placement en garde à vue et à une peine d'emprisonnement ferme ou avec sursis donc certes on a rarement vu des consommateurs condamnés à un an de prison mais l'état du droit c'est celui-là donc je pense qu'une amende de 500 euros ça reste quand même une réponse certes pragmatique mais assez clémente donc quand on parle de durcissement je suis très étonnée par rapport à l'état de notre droit qu'on dise qu'on durcit les condamnations des consommateurs alors qu'honnêtement on leur permet plutôt d'échapper à une sanction beaucoup plus ferme mais est-ce que vous regrettez qu'il faudrait des sanctions plus fermes non c'est impossible en fait vu le nombre de consommateurs c'est impossible de mettre tout le monde en garde à vue les juridictions n'ont pas les moyens de condamner autant de personnes ni de les emprisonner et puis je pense que ça n'a pas de sens voilà il y a des réponses plus fermes à porter mais la réponse elle doit être ferme vis-à-vis d'eux et comme l'a dit madame je partage son avis sans consommateur il n'y a pas beaucoup moins de trafic clairement c'est une loi basique de marché
le trafic c'est vrai que l'AFD elle peut être insuffisante en termes de sanctions maintenant vu l'ampleur du phénomène et en France en particulier parce qu'en France le pays au niveau de l'Europe c'est le pays où on consomme plus de drogue quand même c'est juste une réalité donc il y a un tel sujet que l'amende elle permet de sanctionner tout de suite et sur les amendes apparemment les AFD consommation de drogue apparemment c'est 55% aujourd'hui le taux de recouvrement d'après ce qu'a dit le ministre c'est ce qu'il a dit en tout cas moi je pense que c'est déjà un premier point et puis de responsabiliser on ne peut pas aller plus loin en raison de l'embolie de la justice oui et puis une sanction immédiate c'est une sanction immédiate quand même parce qu'une amende elle est quand même immédiate voilà donc c'est un outil qu'on a donné aux forces de police pour pouvoir sanctionner immédiatement et non pas se dire je te renvoie dans un an et demi quoi enfin en gros si j'exagère un peu
vous l'avez dit vous avez un peu commencé à aborder le sujet mais on va s'y attarder hier en séance s'est invité la question de la légalisation du cannabis on va écouter justement un extrait de séance à ce sujet qu'on ne devrait pas prendre des leçons de nos voisins est-ce que quand on voit le Portugal qui au contraire de ce que prune notre ministère notre ministre de l'Intérieur a dépénalé l'usage je parle bien que de l'usage je ne parle pas du trafic je parle de l'usage et qu'il a des résultats que ce pays a des résultats inédits dans l'Europe vous pensez que ce ne serait pas plus intéressant qu'il y a moins de morts qu'il y a
moins d'usagers qu'il y a moins de trafic et nous nous on continue à essayer de faire quelque chose qui finalement ne prouve que le contraire
voilà la sénatrice écologiste Anne Suelis vous n'êtes pas d'accord j'imagine ?
non mais ça c'est le visounours du problème du consommation et du trafic de drogue moi j'aime bien les visounours parce qu'ils sont mignons enfin la réalité de la société on n'en est plus là et puis quand on dit que ça a marché ça a marché nulle part parce que le trafic existe voilà le trafic existe donc voilà donc ça c'est vraiment une vision complètement erronée de la réalité quand on légalise les pays qui ont légalisé ça a pratiquement marché nulle part donc voilà on ne peut pas on ne peut pas dire à la fois c'est un produit toxique c'est un produit qui rend malade c'est un produit qui peut détruire et légaliser enfin je veux dire à un moment on ne peut pas participer à ça moi je suis totalement opposée à la légalisation voilà ça c'est un point de vue parce qu'on en connaît on vérifie les ravages de ces consommations parce que vous savez la consommation de drogue et les cocaïnes la cocaïne utilisée dans les milieux bobos parisiens voilà c'est pas la réalité des méfaits et des conséquences de la consommation de drogue il faut juste dire ça et on devrait d'ailleurs communiquer énormément ça et le protoxyde d'azote j'en reviens à ça aussi par rapport à ce que disait mon collègue moi dans ma propre ville il y a deux moments en chaise roulante aujourd'hui après avoir consommé le protoxyde d'azote ils sont en chaise roulante mais le drame c'est que les propres cobains de ces gamins là n'ont même pas mesuré les conséquences c'est ça qui est terrible c'est ça qui est terrible vraiment
qu'est-ce que vous voyez sur le terrain des effets justement de ces consommations de drogue on voit effectivement alors dès le protoxyde d'azote vous le dites mais effectivement des accidents de la roue des accidents mortels des jeunes qui ont des comportements à risque pour eux-mêmes pour autrui et puis sur l'usage de stupéfiants c'est la même chose donc clairement il manque je pense une politique de prévention aussi parce que je pense que le fait de culpabiliser consommateurs ça me paraît être nécessaire mais ça n'empêche pas effectivement qu'il faille par ailleurs une politique de prévention après sur la dépénalisation en général qu'est-ce que permettent les pays c'est simplement le cannabis entre guillemets simplement c'est pas la cocaïne or en France on a aussi un phénomène de consommation massive de cocaïne les expérimentations de légalisation de dépénalisation qui ont été faites notamment aux Etats-Unis leurs résultats sont quand même pas très enthousiasmants on a une hausse globale de la consommation des intoxications en masse un phénomène écologique déplorable et puis surtout un marché noir qui persiste parce que le coût d'un marché légal c'est des charges patronales le paiement des salariés le paiement des locaux etc là où le marché noir lui il s'exonère évidemment d'un salaire minimum pour ses petites mains donc voilà je pense que ça ne peut pas tenir et ça ne doit pas tenir et puis comme vous l'avez dit effectivement est-ce que les uns et les autres on a envie que nos enfants puissent parfaitement librement fumer du cannabis je ne suis pas sûre que ce soit un projet de société très enthousiasmant non plus à titre personnel j'ai toujours été hostile à la légalisation je vais du principe que si demain on venait à légaliser il y a toujours la tentation d'aller essayer tester ce qui est plus fort demain vous légalisez par exemple la vente la consommation et l'usage du shit en France vous aurez des gens qui seront tentés d'aller consommer de la cocaïne et on est dans une forme de surenchère il y a le goût de la transgression la transgression de l'interdit et finalement ça banaliserait le mot drogue dans son ensemble et c'est la raison pour laquelle je suis à titre personnel hostile je suis d'accord avec monsieur et je pense qu'au-delà de la tentation d'aller tester d'autres drogues le cannabis que fument actuellement les français il est extrêmement dosé en THC c'est-à-dire le principe actif du cannabis il est autour de 35% ce qui est considérable donc c'est pas du tout le joint que fumaient les gens il y a 20 ou 30 ans et l'état ne peut pas légaliser à un niveau pareil de THC donc il y aura forcément un cannabis entre guillemets doux que les consommateurs dans lequel les consommateurs ne se retrouveront pas parce qu'ils sont habitués à fumer autre chose donc ils continueront
à aller vers le marché noir ce qui pose aussi le problème de la psychiatrie parce que combien de jeunes qui fument des cochonneries se retrouvent dans une dépendance assez rapide une dépendance rapide ça c'est quand même un vrai sujet c'est plus le pétard des années 70 aujourd'hui qu'on fumait devant sa cheminée avec ses potes on n'en est plus là du tout donc il y a une dépendance très rapide et puis il y a le cerveau qui commence à aller moins bien avec des jeunes qui ont des troubles psychiatriques de plus en plus tôt et qu'aujourd'hui on le voit d'ailleurs dans le comportement d'une partie de cette jeunesse dépendante de ça donc ça pose vraiment un problème de santé et il va falloir s'y acceler en le montrant et en le disant la prévention ça passe par là et je regrette je le dis une nouvelle fois qu'on n'a aucune politique de prévention sur ce sujet alors moi il y a parfois des responsables politiques qui me disent oui mais comme c'est un problème interdit comme c'est des des c'est interdit il ne faut pas qu'on en parle mais si si montrons que ce qui est interdit est mauvais pour la santé et que on espère autre chose pour notre jeunesse aujourd'hui vraiment
j'en ai parlé mais c'est vrai que les drames liées au narcotrafic se multiplient le narcotrafic qui s'étale qui gangrène de plus en plus l'ensemble du territoire y compris des zones rurales Anouk Fourmégué est-ce qu'aujourd'hui l'État a perdu la bataille contre le narcotrafic ?
je pense qu'il ne l'a pas perdu mais qu'il a pris du retard dans la fermeté de la réponse à apporter dans l'arsenal législatif les règlements de compte qu'on voit moi je les ai connus en Seine-Saint-Denis quand j'étais chef de circonscription il y a plus de 10-15 ans avec déjà des gens qui se tiraient dessus à l'arme lourde au milieu des quartiers et sur le passage des mamans qui revenaient de l'école avec les enfants donc c'est pas très nouveau la prise en compte ça prend de l'ampleur ou pas ?
ce qui a changé c'est qu'on a des groupes criminels qui ont une volonté claire d'expansion clairement la DZ mafia mais d'autres aussi qui s'étalent sur le territoire et qui ont cette volonté de prendre de plus en plus de points là où auparavant on avait plutôt des groupes qui tenaient leur point le gardaient quitte à faire usage d'armes mais qui le gardaient la deuxième chose c'est qu'on a recours aussi à une main d'oeuvre bon marché des mineurs isolés qu'on n'avait pas avant des mineurs en errance des mineurs en rupture de foyer etc qui sont payés pour démission qui vont du guet ou de la vente de stupéfiants jusqu'au contrat et à l'homicide et puis voilà la troisième chose qui a changé c'est aussi que ces groupes criminels s'en prennent à des personnes qui n'ont rien à voir avec le trafic donc qui ne sont pas impliquées dans leurs activités criminelles on pense à médiquer celle-ci mais on pense aussi aux attaques de prison l'an dernier enfin voilà plusieurs phénomènes assez récents qui font qu'effectivement la réponse de l'Etat doit être forte je pense qu'on a pris du retard et puis avec des victimes collatérales c'est à dire on pense à cette jeune fille à Marseille qui était dans sa chambre en train de travailler et qui est morte du mal exactement et ça c'est des phénomènes qu'on voyait avant non ça c'est des phénomènes qui datent des dernières années clairement il a pu y avoir des victimes collatérales il y a 10-15 ans mais là leur nombre se multiplie de manière extrêmement inquiétante donc effectivement on a pris du retard je pense que la bataille doit continuer à être menée et qu'on peut la gagner mais ça prendra du temps c'est le temps long le narcotrafic une enquête de narcotrafic elle ne se fait pas en un mois donc on ne verra pas les résultats ou l'efficacité de la loi dans les 6 semaines ou dans les 3 mois qui viennent c'est forcément du temps long Vous reprendriez le terme de Bruno Retailleau qui parlait de mexicanisation ?
Non je ne pense pas qu'on en soit arrivé à ce point même si de fait il y a des phénomènes particulièrement inquiétants effectivement
Moi je partage tout à fait ce que dit madame la commissaire parce que moi je suis élue du 95 et ces phénomènes de hauls squattés par des trafiquants de drogue de gamins qui prenaient des chaises pour trafiquer enfin nous en Ile-de-France ça fait 15 ou 20 ans qu'on connaît ça donc ce n'est pas nouveau dans le fonctionnement aujourd'hui ce qui est nouveau c'est l'étendue du phénomène voilà et cet argent facile pour des gamins oui et vous avez raison de parler des méniers isolés ou des gamins qui sont en rupture familiale c'est clair que ce sont des cibles des narcotrafiques Donc une économie parallèle Ah mais c'est complètement une économie parallèle donc c'est l'ampleur du phénomène aujourd'hui c'est pas voilà alors c'est vrai que vous avez raison on ne connaissait pas les fusillades encore que il y avait déjà des règlements de compte en Ile-de-France il y a 15 ou 20 ans il y avait déjà des morts quand même bon alors ce n'était pas médiatisé tellement en fait en fait on n'en parlait pas quand je disais ça avec mes collègues de province je lui ai dit vous savez vous connaissez ce que nous on a vécu subi moitié de personnage je l'ai subi donc je sais de quoi je parle mais donc du coup voilà mais c'est l'ampleur du phénomène et c'est en ça qu'on est un peu dépassé mais moi je pense qu'il ne faut pas non plus se dire on n'y arrivera pas D'autant qu'évidemment
ce n'est pas un phénomène cantonné à la France il y a des connexions européennes il y a des connexions internationales comment du coup on peut lutter contre ça ?
Je crois qu'aujourd'hui la loi narcotrafic sur laquelle on a beaucoup travaillé ici donne des outils nouveaux il y a un parquet enfin aujourd'hui je pense qu'on a bon peut-être ça il y a un parquet spécialisé le parquet national anticrime je pense qu'il n'est jamais trop tard enfin je veux dire si on dit que c'est trop tard à ce moment-là on reste à la maison et on attend que ça se passe je pense que ce n'est pas trop tard je pense qu'il faut aussi mais est-ce que les narcotrafiquants n'ont pas un temps d'avance sur les lois que vous votez ?
Mais on peut les rattraper et c'est ce qu'il faut se dire on va les rattraper parce que c'est quand même un père de famille qui était à côté d'un café l'autre à la trottinette on ne peut pas accepter ça ça veut dire que dans certains quartiers les gens vont tellement vapeur qu'ils ont pu sortir chez eux ça ce n'est pas la vie ce n'est pas la France et ce n'est pas la liberté donc il va falloir qu'ensemble on se dise que ce combat on va le gagner ça va être compliqué mais il faut le gagner et on le gagnera voilà ce n'est pas un projet ni droite ni gauche c'est un problème pour ce pays pour protéger les habitants des quartiers qui sont les plus victimes de ça
et ce n'est tellement pas un projet de droite ni gauche qu'on le rappelle que la proposition de loi à narcotrafic qui a repris le gouvernement c'était une proposition de loi transpartisane entre Étienne Blanc sénateur LR et Jérôme Durin sénateur socialiste bien sûr alors je voudrais rejoindre ce que vient de dire Jacqueline Eustache-Brignot pour dire que j'y souscris il n'est jamais trop tard ni résignation ni renoncement ni défaitisme ni fatalité je donne juste un exemple la loi sur le narcotrafic est votée l'année dernière et on avait ces situations qui empoisonnaient la vie des habitants de certaines cités HLM on avait le dealer qui était installé là qui faisait son business qui occupait les parties communes avec les revendeurs etc.
depuis le vol de la loi sur le narcotrafic qui permet aux bailleurs sociaux de résilier de demander la résiliation judiciaire du bail ça veut dire on va devant la justice on dit cette personne cette famille ne respecte pas le règlement de la résidence ou du bailleur social et on demande à casser le contrat de bail et on sort cette famille vous savez à Montpellier Michael Delafosse le maire de la ville de Montpellier et le bailleur social ont eu recours à cette disposition à plusieurs reprises et lorsque vous faites ça vous envoyez un message aux habitants que nous ne sommes pas dans l'impuissance nous ne sommes pas dans la fatalité et finalement les élus locaux s'engagent dans ce combat contre le narcotrafic aux côtés de l'État le combat contre le narcotrafic ce n'est pas uniquement le ministère de l'Intérieur le ministère de la Justice les commissaires de police les officiers de la gendarmerie c'est toute la société ensemble et c'est la raison d'autant qu'on le disait les territoires visés s'étendent de plus en plus les territoires visés s'étendent de plus en plus et moi je l'ai observé à l'occasion de la pandémie du Covid on a assisté à une ubérisation du marché de la drogue c'est-à-dire comme les gens n'avaient pas le droit de sortir de leur village ou de leur commune à plus d'un certain nombre de kilomètres finalement c'est les livreurs qui venaient et qui vous livraient à domicile la consommation que vous aviez commandée sur les messageries cryptées sur WhatsApp Telegram etc et c'est singulièrement pendant le Covid pendant très longtemps les points de l'église étaient dans les grandes villes dans les grandes aires urbaines et pendant le Covid finalement ça a été l'ubérisation de ce marché de la drogue de la livraison à domicile de ces stupéfiants et donc aujourd'hui il n'y a plus de territoire épargné aujourd'hui le commerce de la drogue les points de deal ne sont pas l'apanage exclusif des grandes villes c'est partout c'est dans le périurbain c'est dans le monde rural c'est dans le périurbain où résident les CSP++ parce que je le dis souvent le shit est la drogue du pauvre mais la cocaïne est la drogue que prises un certain nombre de professions un certain nombre de CSP++ moi je le vois dans l'arrondissement de Montpellier dans la métropole de Montpellier dans la banlieue de Montpellier dans les communes huppées effectivement à la base c'est plutôt la cocaïne qui fonctionne bien merci beaucoup merci à tous les trois pour ce débat l'examen de la loi Riposte se poursuit on le vote ce sera mardi prochain le 26 mai merci beaucoup merci à tous de nous avoir suivis très bonne journée public Sénat public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour chez vous l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme public Sénat Sénat