LÉGISLATIVES : MÉLENCHON A L’ATTAQUE, LE PEN DÉFAITISTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Marine Le Pen est de nouveau sur les plateaux, mobilisée pleinement dans la bataille pour les législatives, à la fois comme candidate, et comme leader de son parti. Alors il y a un vote qui ne sert absolument à rien c'est le Front national ! À vrai dire elle fait son retour dans un contexte pas facile.
On n’a parlé que de la NUPES pendant 2 semaines, et maintenant c’est la nomination d’Elisabeth Borne qui monopolise l’attention médiatique. Et en effet, Mélenchon a eu le temps d’imposer l’idée de législatives comme match retour des présidentielles. Il a donc choisi le terrain sur lequel vont s’affronter les deux prétendants au titre de premier opposant à Macron.
Dans ces conditions, il faut attaquer, et pour ça elle a préparé un stock de punchlines Jean-Luc Mélenchon ne sera jamais Premier ministre, en revanche si un certain nombre de français votent pour lui, il pourra transformer l'Assemblée nationale en ZAD C'est l'union de qui ? Des pro-black blocs ? C'est ce que j'appelle "la coalition burkini" C'est pas une coalition politique : c'est un syndicat de défense de leurs intérêts personnels La coalition black blocs, la coalition désordre, la coalition chaos Des députés burkini, un coalition burkini Et la meilleure !
Jean-Luc Mélenchon il sera jamais majoritaire dans le pays, mais il est majoritaire dans les rédactions, il est majoritaire Je sais pas pourquoi, je pense toujours à Christophe Barbier ou à la rédaction du Monde dans ces cas-là Il y en a aussi pour Macron. La nocivité des positions d'Emmanuel Macron, l'incompétence d'Emmanuel Macron en matière d'économie, une absurdité écologique, une absurdité politique, une absurdité financière Mais surtout, mais surtout : tout le monde ment, sauf elle Honnêtement on a eu une campagne présidentielle où il y a eu énormément de mensonges qui ont été proférés, c'est mal de la part du président de la République Emmanuel Macron a menti pendant la campagne présidentielle, il a menti sur la croissance, il a menti sur l'inflation Et j'ai surtout vu le mensonge énorme, l'énorme mensonge qu'a vendu Jean-Luc Mélenchon Macron ment sur ses réussites passées, Mélenchon ment sur ses réussites futures. La fable de Jean-Luc Mélenchon opposant d'Emmanuel Macron on va peut-être arrêter maintenant.
Ca a duré 15 jours ça a fait rire tout le monde Eh bien moi je suis la candidate de la vérité Elle veut donner l’image d’une femme politique qui ne promet pas la Lune, c’est un positionnement plutôt malin à première vue. Mais on est frappé par le décalage entre sa combativité, sa tactique agressive à l’encontre de ses adversaires, mais le tout sur fond d’une stratégie électorale peu ambitieuse et résignée. Ses premiers mots en interview, pour son retour après deux semaines de retraite, furent d’acter sa future défaite aux législatives.
Est-ce que vous pensez faire mieux dans un mois aux législatives, et obtenir la majorité ? Je pense que la logique des institutions veut que le président de la République ait une majorité. Tous ceux qui racontent autre chose raconte des fables.
Le Président obtiendra sa majorité à l’Assemblée. Elle cède à cet enchaînement fatal dû à l’inversion du calendrier électoral. Est-ce qu'au fond c'est pas plus mobilisateur quand on est Jean-Luc Mélenchon de dire à ses électeurs "élisez-moi Premier ministre", que de dire "bon bah de toute façon Emmanuel Macron aura la majorité, donc s'il vous plaît 60 députés quand même pour qu'on puisse saisir le Conseil constitutionnel, mais on pourra pas aller au-dessus" ?
Les commentateurs l’ont remarqué : c’est une communication tout flagada C'est pas très mobilisateur, à un peu plus de 4 semaines du scrutin de dire aux gens "ben de toute façon c'est perdu” La manière dont elle fait campagne effectivement ça me laisse penser que le groupe parlementaire est loin d'être assuré parce que là elle fait tout pour démobiliser son électorat Marine Le Pen ne joue pas le jeu. Là Jean-Luc Mélenchon pour le coup il y a un duel pour moi Ca donne pas super envie ! Et ça, en rhétorique politique, c’est ce qu’on appelle... une demi-molle.
Et absolument ! Deux stratégies opposées, donc : d'un côté JLM, qui se voit déjà gagnant et chef de la majorité (il appelle déjà Elisabeth Borne sa "prédécesseure”), et de l'autre côté Marine Le Pen, qui se contenterait du titre de première opposante à Macron, et qui dit que le Rassemblement National fera ce qu’il peut. Mais elle croit pouvoir faire la différence sur l’image ou la posture, en dénonçant l’irréalisme de Mélenchon.
La carte "magouilles" de Jean-Luc Mélenchon, je trouve ça honteux et irrespectueux à l'égard des électeurs. C'est pas Premier ministre qu'il veut, c'est Premier menteur pour l'instant qu'il est. Et je suis désolée de vous dire que je crois que le Rassemblement National véritablement est un pilier de droiture dans cette élection législative Sur le plan factuel et historique, elle a plutôt raison : la probabilité de voir advenir une majorité NUPES n’est pas très grande.
Mais on comprend aussi qu’anticipant son faible score, elle préfère prendre les devants, et réduire ses prétentions. Et en effet, le RN vise modestement la soixantaine de députés. Les sondages et projections (qu'il faut vraiment prendre avec des pincettes) sont encore moins optimistes, en leur donnant tout juste un groupe.
Notre objectif est simple : en faire élire un maximum Mélenchon au contraire sait que même si la probabilité d’avoir la majorité n’est pas grande, il aura un nombre conséquent de députés, ce qui lui permettra de dire “j’y étais presque”. Chez Marine Le Pen politique n'est pas égale à mensonges, à magouilles, je suis désolée de vous le rappeler, c'est peut-être ce qui fait ma spécificité d'ailleurs. Donc venir mentir aux électeurs en disant "nous allons avoir 290 députés" alors qu'il sait pertinemment Jean-Luc Mélenchon qu'il n'aura pas 290 députés.
Donc il n'aura pas la majorité, donc il ne sera jamais Premier ministre. Mais surtout, ce qu’il ne faudrait pas rater c’est que ce qu’elle appelle ici mensonge ou manipulation, c’est peut-être l’essence même de l’art politique. La rhétorique politique cherche à persuader l’auditoire que l’évènement improbable peut se produire, si les gens en sont suffisamment convaincus et agissent dans ce sens.
Vous votez pour un député de l'Union populaire, tac ! vous avez un gouvernement d'Union populaire. On parle de "performativité" ou de "prophétie autoréalisatrice".
Pour y parvenir, il faut se mouvoir dans une fenêtre où ce que vous dites paraît au moins plausible. Trop ambitieux et irréaliste, et les gens ne vous croient pas. Trop gagne-petit mais réaliste, et les gens ne se motivent pas.
En cherchant à “hacker” une phase médiatique et électorale qui est d’ordinaire une formalité pour le parti présidentiel, Mélenchon cherche à faire surgir ce cygne noir. Et puis, au pire, avoir le plus possible de députés. Cela elle devrait le comprendre puisqu’elle-même partait perdante face à Macron à la présidentielle, mais elle prétendait le contraire pour motiver ses troupes.
Le rôle d'une opposition efficace, ferme, convaincue, c'est d'éviter au président de la République précisément de faire ce qu'il veut. Car ce qu'il veut va beaucoup nuire aux français. En réalité, c’est elle qui ment : avec le peu de députés qu’elle aura, elle se contentera de faire du témoignage, elle ne pourra pas contrer la politique de Macron.
A fortiori si elle considère que les moyens extra-parlementaires de mobiliser le peuple (la grève, la manifestation) sont antirépublicains. La coalition désordre, la coalition chaos, c'est-à-dire des gens qui, au passage, se détournent du fonctionnement républicain, puisque eux ils considèrent que quand ils perdent les élections il faut qu'ils jouent le 3e tour dans la rue. Les Gilets jaunes apprécieront, ainsi que le mouvement contre la réforme des retraites.
Menteuse...
Bref Le Pen se montre combative, mais en partant défaitiste. Son bellicisme peine à cacher qu’elle est bel et bien fataliste face à Macron, et sur la défensive face à Mélenchon. À la semaine prochaine
Marine Le Pen