Levée des restrictions sanitaires, Parcoursup, sortie du nucléaire... Le "8h30 franceinfo" d'Anne Hidalgo
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Bonjour Anne Hidalgo. Bonjour à vous. On y voit un peu plus clair ce matin sur le calendrier de lever des restrictions. Il va donc se faire en deux temps pendant le mois de février. Est-ce que c'est le bon tempo qui a été choisi par l'exécutif ?
Écoutez, plus personne n'y comprend rien. Il y a une semaine, on met tout le monde en stress sur le vote du pass sanitaire. Le gouvernement refuse des propositions des sénateurs et des sénateurs socialistes, notamment proposant d'avoir finalement une règle un peu automatique si l'épidémie descend, on ouvre des possibilités de vivre comme avant et puis on se retrouve là avec des annonces. Bon, écoutez, je crois que personne n'est dupe. Tant mieux si l'épidémie recule. Mais enfin, quelle gestion chaotique de cette chose-là ? Quelle gestion tellement difficile ? Pourquoi ne pas avoir travaillé plus précisément avec les maires ?
Pourquoi ne pas avoir écouté un peu plus les parlementaires et travaillé avec eux pour mettre en place...
C'est-à-dire que vous pensez que ça va trop vite, qu'on allège trop vite ? Ah, je ne dis pas que ça va trop vite, je dis que le gouvernement,
dans sa méthode, fait quand même n'importe quoi. Et les Français sont perdus, vous voyez ? Les Français sont perdus. Il y a quelques semaines, le président de la République était en train, y compris de tenir des propos assez vulgaires vis-à-vis des Français. Le gouvernement vient devant le Parlement présenter son projet de passe sanitaire qui passe aujourd'hui au Conseil constitutionnel et refuse des mesures qui sont des mesures qui permettaient d'aller vers un allégement automatique des queues. Et une semaine après, on nous explique qu'il va y avoir des allégements automatiques. Vivement, vivement. Comment vous l'expliquez ? Vous dites, le gouvernement fait n'importe quoi.
Vous l'avez vu sur l'école. C'est un calendrier politique ? Bien sûr, c'est un calendrier politique. Et je pense, la seule bonne nouvelle, d'abord deux bonnes nouvelles, c'est que si ça s'allège, on va pouvoir revivre comme avant et tant mieux et sans prendre de risques, notamment pour les plus fragiles. Il faut, et je le redis ici, continuer à vacciner, vacciner massivement, parce que c'est quand même ce qui peut nous protéger.
Et rendre le vaccin obligatoire, comme le suggère votre parti depuis des mois ou pas ?
Voilà, mon parti avait fait cette proposition.
Elle est toujours d'actualité ou pas ?
Aujourd'hui, de fait, c'est ce qui est proposé. En tous les cas, c'est ce qui est fait.
Il y a une différence entre interdire les cinémas et les restaurants et mettre des amendes.
C'est quand même plus qu'une incitation.
Ce n'est pas ce que propose le PS. Le PS, c'est l'obligation.
C'est l'obligation. Et l'obligation, c'est une piste intéressante. En tout cas, moi, je suis à fond pour la vaccination, évidemment. Obligatoire ou pas ? Voilà, obligatoire. Aujourd'hui, on est dans cette vaccination quasiment obligatoire.
Non, encore une fois, aller interdire les cinémas et les restaurants, ce n'est pas menacé de peine ou d'amende.
C'est vrai, bien sûr. Et je ne suis pas pour des peines d'amende.
Et donc, c'est pour ça que je ne suis pas pour des sanctions.
Je suis pour l'incitation maximale et pour qu'on aille tous se vacciner. Voilà, très clairement. Et c'est d'ailleurs ce que proposent aussi le PS et les sénateurs. Mais surtout, surtout, la deuxième bonne nouvelle, c'est que peut-être, enfin, cette élection présidentielle va pouvoir se dérouler dans un cadre où la crise sanitaire ne viendra pas entraver la rencontre avec les Français et où le gouvernement et le pouvoir en place n'instrumentalisera pas la crise sanitaire pour en faire quelque chose qui mette sous l'été noir la vie politique française.
Vous, élue, vous mettriez en place, vous auriez annoncé hier, en tout cas, un pass vaccinal. Et par ailleurs, une forme de pass renforcé, des tests, par exemple, pour aller en discothèque. Ça n'existe pas aujourd'hui dans le dispositif ? Moi, je n'aurais pas du tout géré comme cela cette crise.
Vous n'en avez pas fait de pass vaccinal ? D'abord, je n'aurais pas géré cette crise avec un conseil de défense qui ne met pas les Français en première ligne, y compris pour comprendre ce qui se passe. Mais tout est quand même question de méthode, chère madame. J'aurais fixé le cap, bien sûr, de la vaccination pour tous, la plus importante possible. Et puis, j'aurais beaucoup misé sur, notamment, les maires, les élus locaux, pour organiser, organiser beaucoup mieux, sans qu'il y ait ces à-coups, regarder sur l'école, ce qui s'est passé sur l'école. On n'a plus besoin de faire un dessin, quand même.
Ce sont les maires, par exemple, qui sont chargés d'acheter les capteurs de CO2 aujourd'hui. On voit qu'il y a 20% seulement des écoles qui en sont équipées.
Oui, parce que, d'abord, on ne leur donne pas vraiment les moyens. Donc, c'est quand même à leur frais. Un fonds de 20 millions d'euros. Il y a un fonds, mais qui n'est pas un fonds qui permet de rembourser. Et puis, surtout, vous savez, comme tout le monde, les maires ont appris un dimanche soir, le dimanche soir avant le retour à l'école du lundi matin, par le ministre de l'Éducation nationale, le protocole qui s'imposait à tout le monde. Donc, je n'aurais pas du tout géré comme ça. Je ne dis pas que c'est facile de gérer une pandémie et une crise comme celle-là. Soyons clairs. Et je suis très lucide sur la difficulté d'une crise qui a touché le monde entier. Vous parlez d'école justement.
Et franchement, la méthode française, la méthode du président de la République, qui a été toujours cette verticalité et qui infantilise les Français, dans une crise sanitaire, ce que j'ai appris... Anne Hidalgo, puisque vous parlez de l'école... Je vais en arriver à l'école, mais dans une crise sanitaire, ce que j'ai appris avec beaucoup, beaucoup d'infectiologues, de professeurs avec lesquels j'ai travaillé, c'est qu'une épidémie, ça se gère avec la population. C'est une politique de santé publique qu'il nous faut mettre en place et pas en infantilisant la population.
Il y a eu une forme d'écoute, puisque le protocole à l'école a été modifié, qu'il y a eu des annonces. Les enseignants ont notamment obtenu des masques et des renforts humains. Est-ce que vous attribuez à cette écoute le fait qu'hier, il n'y avait pas beaucoup d'enseignants dans la rue, que la grève n'ait pas fait le plan ?
2% de grévistes.
Écoutez, d'abord, je pense que les gens sont fatigués, que les gens en ont marre, qu'ils ont exprimé et leur colère et leur insatisfaction. Et il leur restera, d'ailleurs, pour l'élection qui vient, à s'exprimer aussi par les urnes, pour dire ce qu'ils ne veulent plus et ce qu'ils veulent.
Vous êtes sans doute, de tous les candidats à l'Elysée, celle qui propose le plus pour les enseignants. Vous aviez entamé votre campagne en disant, si je suis élu, je double les salaires. Aujourd'hui, vous dites, personne ne doit entrer dans ce métier à moins de 2300 euros net par mois. Ça ne vous a pas empêché ?
En fonction du niveau de diplôme, ce n'est pas à personne.
Ça ne vous a pas empêché, la semaine dernière, quand vous êtes allé rejoindre le cortège des manifestants, d'être chahuté ?
Chahuté par la France insoumise et par l'extrême gauche, pas par les enseignants.
Chahuté par la France insoumise, ce n'était pas des enseignants ? Non, non, non. Ou alors c'était des enseignants insoumis ?
Non, non, non, c'était vraiment... C'était peut-être des enseignants, mais en tous les cas, ils avaient leur badge Jean-Luc Mélenchon. Donc vous savez ça, que l'extrême gauche essaye toujours de disqualifier la gauche sociale-démocrate que je représente, ce n'est pas un sujet. Ça ne vous a pas touché ? Je suis, vous savez, une femme politique qui assume, qui pose... D'ailleurs, j'ai posé cette question du pouvoir d'achat bien avant tout le monde. J'ai posé cette question de la difficulté de l'école, cette grande, grande, grande institution pour nous qui est à la base de l'égalité républicaine. J'ai posé la question de la considération des enseignants.
J'ai posé ces sujets-là et je leur apporte des réponses. Parce que je ne me suis pas contentée de poser ces questions-là, je leur apporte des réponses. J'ai posé aussi la question de la difficulté de notre système de santé, un autre grand service public très, très affaibli. Et j'apporte aussi des réponses. Donc moi, vous savez, mon travail, et je sais que c'est important par les temps qui courent dans un moment où beaucoup de Français sont perdus, un moment où il y a beaucoup de violence. Cette violence d'ailleurs aussi générée par ce pouvoir qui, depuis cinq ans, ne travaille plus avec les syndicats, ne travaille plus avec les corps intermédiaires, ne travaille plus avec les élus locaux.
La violence, elle est générée par le pouvoir en place ?
En tous les cas, elle n'a pas été calmée. Le pays n'a jamais été aussi divisé et aussi fracturé. Et je pense que ça tient aussi à toutes ces inégalités sur lesquelles j'apporte aussi des réponses à travers mes propositions sur les salaires, à travers mes propositions sur le pouvoir d'achat.
On va en parler de vos propositions, Anne Hidalgo, dans un instant. On va parler aussi de la situation compliquée, on va dire ça comme ça, à gauche, en ce moment, à quelques jours de la primaire populaire. Le fil à info, tout d'abord, à 8h41 avec Diane Ferschit. Le Conseil constitutionnel doit se prononcer aujourd'hui sur le pass vaccinal. Sous réserve de cette décision, le Premier ministre annonce qu'il sera appliqué dès lundi. Ce sera aussi le début de la campagne de rappel de la vaccination pour les 12-17 ans. Pour ce qui est de la fin des restrictions, à partir du 2 février, plus de masques en extérieur, plus de jauge non plus dans les lieux accueillants du public.
Et fini le télétravail obligatoire pour aller en boîte de nuit, il faudra attendre le 16 février. Ce sera aussi le retour des concerts debout et de la consommation debout dans les bars et les restaurants. Des annonces en cohérence avec ce que les Français veulent entendre, selon l'infectiologue Gilles Pialou sur France Info. Mais c'est, selon lui, un peu décalé avec la situation sanitaire. Avec un carnet de commandes record de près de 78 milliards d'euros, Alstom recrute 7500 recrutements nets prévus dans le monde en 2022, dont un millier pour la France. Etats-Unis et Russie face à face pour une rencontre sous tension à Genève au sujet de l'Ukraine.
Moscou veut des garanties que l'OTAN ne s'étendra pas à l'Est. Washington menace d'une réponse rapide et sévère si les troupes russes franchissent la frontière. France Info Le 8.30 France Info, Néhila Latrousse, Marc Fauvel.
L'Hidalgo, vous avez présenté votre projet cette semaine, vos 70 propositions. Et vous allez le détailler, ce projet, demain, à Aubervilliers, en banlieue parisienne. Vous y annoncez notamment que si vous êtes élu, vous supprimerez Parcoursup, dont les inscriptions viennent de débuter. Vous le remplacez par quoi, Parcoursup ?
Pourquoi supprimer Parcoursup ? Parce que là encore, c'est vraiment à l'image de ce que ce gouvernement fait depuis 5 ans maintenant. Un système totalement inhumain, qui met en stress non seulement les jeunes, les familles, un algorithme qui choisit votre vie. Et on ne comprend pas du tout, parce que tout ça est quand même très opaque, pourquoi vous avez telle orientation et pas telle autre. Je le remplace par quoi ? Par un système humain, au long cours d'ailleurs, d'accompagnement des jeunes dans leur orientation. Plus de conseillers d'orientation ?
Alors, des conseillers d'orientation, des enseignants formés, des possibilités aussi ouvertes, plus grandes, d'avoir un contact avec le monde du travail. Le stage de 3e ne suffit pas à établir ce lien-là. J'ouvre beaucoup plus les formations en alternance diplômante, qualifiante. Et puis, surtout, j'ouvre le nombre de places à l'université dans l'enseignement supérieur.
Pour être parfaitement concret, Anne Hidalgo, s'il y a 200 000 demandes dans une formation, quelle qu'elle soit, et 100 000 places, vous en ouvrez 100 000 supplémentaires. En fonction de la demande, ce sera...
Mais non, ce n'est pas en fonction de la demande.
Donc, il y aura de la sélection, forcément, quelque part.
Aujourd'hui, vous savez à quoi sert Parcoursup, en fait, au-delà du fait que ça désespère ? Ça sert à sélectionner et à gérer une pénurie. Est-ce qu'il y aura encore la sélection ? Ça sert à gérer une pénurie de quoi ? De places dans l'enseignement supérieur. Parce que ce gouvernement n'a pas du tout misé sur, justement, l'enseignement supérieur. Dans mon programme, et c'est aussi une des propositions qui est en conséquence de ce que je dis sur Parcoursup, je mise sur l'enseignement supérieur, il y aura bien sûr plus d'ouverture de place dans les universités.
Je souhaite qu'on mise sur l'intelligence, sur la qualification et sur le diplôme de nos jeunes et qu'on se fixe un objectif de 60% d'une classe d'âge pouvant aller vers l'enseignement supérieur.
Mais personne ne se verra refuser une formation. Il n'y aura pas l'ombre d'une sélection.
Mais ce n'est pas l'ombre d'une sélection. Tout le monde pourra avoir une possibilité.
Vous savez qu'avant Parcoursup, c'était à des admissions post-bac, pardon, il y avait un tirage au sort. Oui, qui n'est pas non plus la bonne solution. Tirage au sort d'un côté, sélection de l'autre.
Non, moi ce que je propose, c'est facile à comprendre Marc Fauvel, c'est un système qui accompagne les jeunes dans leur choix tout au long de leur scolarité. Qui leur permet, vous savez, on arrive à gérer aussi l'orientation vers les filières et il faut que tout jeune puisse avoir une possibilité. En dehors d'ailleurs des possibilités d'enseignement supérieur, il y a aussi des possibilités et des ouvertures plus grandes, par exemple sur des services civiques, par exemple sur des possibilités données aux jeunes. C'est une de mes propositions aussi. Ce capital de 5 000 euros que je donnerai à chaque jeune de 18 ans. Tout le monde, quels que soient les revenus.
Quels que soient les revenus, tout le monde aura ce capital de 18 ans. C'est aussi cette possibilité qui sera donnée à un jeune à 18 ans. Vous ne savez peut-être pas ce que vous voulez faire de votre vie, ni même dans quelle filière vous voulez rentrer. Mais vous avez peut-être un projet. Vous vous dites peut-être, j'ai envie de partir à l'étranger, apprendre une langue, j'ai envie de revenir ensuite avec cela. C'est une donation, c'est un prêt, juste pour bien comprendre. Non, non, c'est une dotation. Il n'y aura rien à rembourser, c'est 5 000 euros que l'État donne. Mais il faudra quand même porter un projet.
Mais non, vous aurez 5 000 euros et vous pourrez, bien sûr, à partir de ces 5 000 euros, élaborer votre projet. Moi, si vous voulez, je trouve que nous sommes dans un pays, d'ailleurs je ne suis pas la seule à le dire, c'est analysé aussi comme ça de l'extérieur, qui est très malveillant avec sa jeunesse, qui est très très dur avec sa jeunesse. On les met en stress, on les met en difficulté, on veut les obliger à aller vers telle filière uniquement parce qu'on ne veut pas ouvrir des places dans d'autres filières. Je pense qu'il faut qu'on inverse. C'est d'ailleurs ce que nous dit aussi l'OCDE sur l'analyse de notre système éducatif.
Notre système éducatif n'est pas du tout accompagnant de nos jeunes, ne les prépare pas suffisamment au monde qui vient, dans lequel il faut des compétences nouvelles, les compétences sur le numérique, qui sont des vrais nouveaux langages qu'il faut apprendre, les compétences qui sont aussi celles d'un monde plus collaboratif, où il faut apprendre à coopérer. Tout cela, ce sont des choses qui ne sont pas enseignées et portées par l'école.
Et donc je souhaite vraiment une profonde réforme de notre système d'enseignement dans laquelle on redonne toute la place aux enseignants et dans laquelle on accompagne les jeunes, pas dans la brutalité, mais vraiment on les accompagne pour qu'ils puissent choisir leur avenir. Et on ouvre plus de place à l'enseignement supérieur sans rendre l'université payante.
Anne Hidalgo, un point qui est important sur le nucléaire. Vous dites dans votre programme, je le cite, il faut aller vers le 100% d'énergie renouvelable, j'ouvre les guillemets, aussi rapidement qu'il sera possible de le faire. C'est quand ?
D'abord, vous avez des différents scénarii de RTE, dont un qui va vers cela. Il le fixe à 2050, ça peut être peut-être un peu au-delà. Sur le nucléaire, très clairement, c'est un choix qu'a fait la France et on ne peut pas s'en passer. Je dis que ce, et Yannick Jadot dit qu'en 20 ans, on peut sortir du nucléaire, c'est faux, ça n'est pas possible.
Vous, c'est ce qu'on devient 30 ans au mieux ?
Au moins à 2050. Pas avant 2050, en tout cas.
La fin du nucléaire, pas avant 2050.
Pas avant 2050, parce qu'on a besoin de cette énergie, parce qu'on va avoir encore besoin d'énergie et d'électricité.
Mais du coup, pour tenir le coup d'ici 2050, vous gardez Flamanville, qui devrait ouvrir si tout va bien en 2023, vous en ouvrez d'autres ?
Non, non, je n'ouvre pas de nouvelles centrales. Donc vous prolongez la vie des centrales existantes jusqu'en 2050 ? En revanche, je suis pour le grand carénage, ce qui est cette prolongation. Et ce grand carénage, c'est sous l'autorité de sûreté nucléaire, mais aussi, bien sûr, avec le Parlement, que doit se décider la possibilité de prolongation d'un certain nombre de centrales. Vous savez que beaucoup d'entre elles ont déjà une vie assez ancienne. Il y en a d'autres qui sont plus récentes. Certaines sur lesquelles il y a déjà ces études et ces analyses sur le grand carénage.
Mais surtout, surtout, surtout, je mise pour qu'il y ait 100% d'énergie renouvelable, qu'on fasse vraiment le pari et qu'on s'engage très fortement, y compris en réorientant nos investissements publics, en réorientant aussi les investissements qui sont ceux du plan de relance et qui viennent notamment de la politique européenne vers les énergies renouvelables pour deux raisons. D'abord, parce qu'on a besoin de ces énergies renouvelables pour lutter contre le changement climatique, le dérèglement climatique. Et deuxièmement, parce que les marchés porteurs de demain, ils sont dans ces énergies renouvelables. Anne Hidalgo, est-ce que vous renationalisez EDF ?
Ce n'est pas le sujet pour moi aujourd'hui. Il faut que l'État joue son rôle au sein d'EDF. La priorité, vraiment la priorité... Mais le sujet, ce n'est pas de passer
à 100% de possession de l'État dans EDF ? Vous savez, avec une minorité,
vous pouvez avoir le contrôle et c'est l'État. Et surtout, ce que l'État doit faire, c'est une politique industrielle et une politique énergétique transparente, beaucoup plus transparente, dans laquelle, effectivement, ils misent sur les énergies renouvelables d'une façon beaucoup plus forte. Et d'ailleurs, vous avez vu dans les rapports qui sortent et qui analysent les cinq ans qui viennent de s'écouler, ce gouvernement n'a pas du tout soutenu ses promesses en matière d'augmentation du renouvelable.
Le numéro 2 de votre gouvernement sera un ministre du climat. On peut envisager que ce soit
un écologiste et de l'économie. Et vous pouvez ouvrir jusqu'aux écologistes, par exemple, si vous gagnez la présidentielle. Ça peut être Yannick Jadot. Je suis, bien sûr, pour le rassemblement jusqu'au plus large. Heureusement. D'ailleurs, je suis chef d'un exécutif dans la capitale de la France où ma majorité va bien au-delà, d'ailleurs, des écologistes.
Anne Hidalgo, candidate investie par le Parti Socialiste et l'invité de France Info. On s'interrompt le temps du fil Info à 8h50 avec Diane Ferschit. Il n'y aura pas d'augmentation des droits d'inscription à l'université. La précision de la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédéric Vidal, dans Libération ce matin, mise au point après les propos d'Emmanuel Macron la semaine dernière. Il estimait le système actuel pas durable. Deux étapes à retenir pour l'allègement des mesures sanitaires. Le 2 février d'abord, avec notamment la fin des jauges dans les lieux accueillants du public, le télétravail ne sera plus obligatoire.
Autre date, le 16 février, là, on pourra à nouveau consommer debout dans les restaurants et les bars. L'ouverture aussi des boîtes de nuit, le gouvernement envisage également d'alléger les protocoles à l'école pour la rentrée des vacances de février. Et le pass vaccinal entrera en vigueur lundi si le Conseil constitutionnel rend aujourd'hui un avis favorable. Lundi, ce sera aussi le début de la campagne du rappel du vaccin pour les 12-17 ans. Un million de canards, poules et dindes vont être abattus dans le sud-ouest. Objectif, assainir la zone. Alors que la grippe aviaire progresse de façon fulgurante, nous avons l'impression d'une injustice cruelle.
Réagis sur France Info, la présidente de la Chambre d'agriculture des Landes. France Info. Le 8.30 France Info, Néhila Latrousse, Marc Fauvel. Anne Hidalgo, les députés ont adopté hier à la quasi-unanimité une résolution socialiste non contraignante qui dénonce le génocide de la minorité ouïghour en Chine. Les députés insoumis qui étaient présents hier se sont abstenus, contrairement aux autres. Quelle est votre réaction ?
D'abord, je soutiens pleinement cette proposition qui a été votée et qui a été présentée à l'initiative des socialistes sur les ouïghours. Et d'ailleurs, même à Paris, j'ouvre une maison des ouïghours qui est une forme de reconnaissance de ce peuple qui est en train d'être massacré dans une grande indifférence. Franchement, les insoumis qui donnent beaucoup de leçons en matière de droits humains et beaucoup de leçons en matière de démocratie qui sont contre ce vote, cette résolution qui ne veulent pas soutenir les ouïghours parce qu'ils ne veulent pas se mettre en difficulté avec la Chine, je trouve ça indigne.
Et d'ailleurs, c'est très représentatif de ce que pourrait être une politique internationale de Jean-Luc Mélenchon. Ses amis seraient qui ? La Russie et la Chine. Ses ennemis, ça seraient qui ? L'Europe, les États-Unis. Vous imaginez ? Vous imaginez le sérieux, la crédibilité de notre pays dans une situation comme celle-là ? Eh bien, ils ont tort parce que c'est bien le mot génocide qu'il faut utiliser. Et bien sûr que j'ai un grand respect pour l'histoire de la Chine, pour le peuple chinois et que bien sûr qu'il faut continuer à discuter mais être vraiment aussi dans la vérité.
Je l'ai dit à plusieurs reprises vis-à-vis de tous nos interlocuteurs et notamment là, en Chine, avec ce génocide des ouïghours, lorsque l'on a affaire, lorsque l'on rencontre des interlocuteurs chinois, il faut leur dire la vérité, il faut leur dire ce que nous pensons et faire pression comme nous le faisons pour permettre justement de sauver ce peuple qui fait l'objet aujourd'hui d'un génocide. Et je trouve cette attitude de Jean-Luc Mélenchon absolument indigne, indigne des valeurs que nous portons nous dans notre pays qui sont des valeurs universelles.
Puisqu'on parle de Jean-Luc Mélenchon et de l'ensemble de la gauche, il y a cette question de la primaire populaire avec deux des candidats à la présidentielle, Yannick Jadot et celui de la France Insoumise qui demandent à ce que leur nom soit rayé de ce scrutin. Est-ce que vous le réclamez aussi ?
Moi, vous savez, j'ai demandé, j'ai proposé même qu'il y ait des débats. Ils sont refusés. Vous savez qu'il y avait un débat proposé ce week-end sur le service public. Ils refusent. Donc moi, je souhaitais qu'il y ait du débat, qu'il y ait même un vote transparent et ouvert. Mais je vais vous dire une chose. Vous dites les conditions aujourd'hui n'y sont plus. Mais du coup... D'abord, les conditions n'y sont pas parce qu'effectivement, Yannick Jadot, notamment, a refusé une vraie primaire avec un vote des citoyens. Mais je suis très choquée par cette vidéo que j'ai vue d'un des organisateurs de la primaire populaire. Alors,
vidéo qui date du mois d'octobre dernier. Oui, peut-être. J'explique pour les auditeurs, les téléspectateurs, Anne Hidalgo, pardon, qui était destinée aux organisateurs de cette primaire populaire et dans laquelle l'un des organisateurs dit on est là pour faire barrage, ce n'est pas exactement les bons mots, Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot.
Donc, ce ne sont pas des excuses, le fait que ça a été tourné en octobre. Je n'ai pas dit ça. Non, non, je sais. Mais je le dis. Ça disqualifie, en fait, le scrutin ? Pour moi, c'est totalement contraire. C'est le pire, le pire qu'on puisse imaginer en politique. Vous savez, les idées sont pipées. Moi, j'ai beaucoup de respect, même si je suis en profond désaccord avec Jean-Luc Mélenchon, je viens de le dire. J'ai du respect, même si j'ai des différences grandes avec Yannick Jadot. Je leur reconnais la légitimité à prendre les positions qui sont les leurs et y compris à dire qu'ils sont candidats jusqu'au bout, comme moi, j'ai cette légitimité aussi.
Donc, tout ce qui vient disqualifier, abîmer la politique, alors que normalement, c'était censé être quelque chose de frais, de positif, d'une immersion, d'une arrivée des citoyens et c'est très, très bien que les citoyens se mêlent aussi des processus de choix. Mais ça, franchement, c'est totalement disqualifiant. Si vous gagnez l'espace quoi ?
Si vous la gagnez, cette primaire,
pour moi, vous savez, je l'ai dit, j'ai tourné la page, j'avance, je mobilise et on l'a fait hier avec des collectifs partout en France qui se constituent avec des élus... Et pour revenir à la question
à Néhila Latrousse, pardon, à Nidalgo, est-ce que vous demandez comme... En tous les cas,
je n'en tiendrai aucun compte. Donc, voilà.
Est-ce que vous demandez qu'on retire votre nom ?
Ils peuvent retirer mon nom ? Je sais qu'ils ne le feront pas puisqu'ils ont déjà répondu à Yannick Jadot et à Jean-Luc Mélenchon. Mais en tous les cas, je pense que là, il y a quand même cette vidéo et cette prise de position qui est inquiétante et qui n'est pas, je dirais, ce qu'on pourrait attendre aussi d'un mouvement citoyen pour redonner des couleurs
à la vie politique française. Anne Hidalgo, cette semaine, Arnaud Montebourg a annoncé qu'il jetait l'éponge, que finalement, il ne sera pas candidat à la présidentielle. Est-ce que vous vous parlez ? Est-ce que vous vous êtes parlé depuis en tout cas ? En tout cas,
je lui ai adressé un message pas du tout pour lui demander quoi que ce soit mais pour lui dire mon amitié parce que ce sont des décisions pas encore. Mais en tous les cas, on discute beaucoup et je rencontre beaucoup de ses soutiens et de personnes qui ont envie de continuer maintenant l'aventure. Et vous discutez encore aussi avec Christiane Taubira ? Christiane Taubira est partie dans autre chose. Vous savez que vous parlez beaucoup avant. Aujourd'hui, les liens sont coupés ? Ce n'est pas les liens coupés, chers journalistes, politiques. Vous savez que quand on est... C'est comme un sportif de haut niveau quand vous êtes dans votre couloir.
Les sportifs, parfois dans les vestiges, ils se parlent. Oui, ils se parlent mais pas en général quand ils vont rentrer sur le terrain. quand vous rentrez sur le terrain, vous êtes concentrés sur votre match. C'est mon cas.
Donc, pas de dialogue avec Christiane Taubira mais oui, pourquoi pas ? Le dialogue,
c'est Christiane, voilà, tu sais très bien qu'ajouter une candidature supplémentaire ne fait que créer de la confusion supplémentaire. donc je pense qu'il vaut mieux s'unir et qu'à ce stade, voilà, j'ai aussi cet appui, pas simplement du Parti Socialiste, vous savez, de beaucoup de femmes et d'hommes, y compris de la société civile qui viennent, qui s'engagent et qui vont aussi redonner à la politique ces lettres de noblesse à partir de quoi ? De la rencontre, de la proximité des élus, de cette équipe de France des maires qui m'entoure aussi.
Merci Anne Hidalgo.
Merci à vous.
Bonne journée à vous.
Merci.
Anne Hidalgo