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Podcast / conversationFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 8 août 2024 10 minComplaisantDivertissement

Vimala Pons, Nhu Xuan Hua et leurs héroïnes

Au micro : Julie GaconSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:26OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous a fait vous rencontrer l'une et l'autre ?

  • 0:38OuverteRéponse directe

    Quels sont vos goûts communs et centres d'intérêt communs ?

  • 1:36OuverteRéponse directe

    De qui d'ailleurs serait-ce la maison ou la chambre ?

  • 2:49OuverteRéponse directe

    Pourquoi des héroïnes ?

  • 3:22OuverteRéponse directe

    Vous, par exemple, lesquelles de ces neuf femmes vous ont particulièrement marquées quand vous étiez petite ?

  • 3:57OuverteRéponse directe

    Pourquoi Angela Merkel ?

Temps de parole

  • Présentateur41 %
  • Invité40 %
  • Invité 219 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

7h-9h, les matins d'été, Julie Gacon. Bonjour Noussoanois, merci beaucoup d'être avec nous dans ce studio. On attend Vima Laponce également avec qui vous signez une installation photographique, mais ce serait la résumée à peu de choses parce qu'elle est beaucoup plus que ça. Aux rencontres d'Arles, vous allez nous en parler. Vous êtes deux à travailler sur cette installation avec Vima Laponce. Peut-être que je peux commencer par vous demander ce qui vous a fait vous rencontrer l'une et l'autre. Alors en deux mots, elle est comédienne, musicienne, circassienne. Vous êtes photographe. Qu'est-ce qui a fait vous rencontrer ? Quels sont vos goûts communs et centres d'intérêt communs ?

0:42
Invité

Notre rencontre a eu lieu lorsque je suis allée voir le Périmètre de Denver, son spectacle qui a eu lieu au Centre Pompidou il y a deux ans. C'est une conversation qui a commencé il y a deux ans, à la suite de quoi je l'ai contactée parce que j'avais été bouleversée par son spectacle et par cette femme cariatide qui portait le poids des choses sur sa tête.

1:04
Présentateur

Parce qu'elle parle toujours comme une cariatide, des motos, des voitures, des pierres.

1:07
Invité

Et donc en se rencontrant, on s'est rendu compte qu'on avait des obsessions communes et on a décidé de mettre en place ce projet commun où notre point de départ était initialement l'observation de l'espace domestique et du concept de la maison qui était un sujet qui nous tenait à cœur toutes les deux, auquel on rend hommage en tout cas dans nos travaux respectifs de manière avec un langage bien singulier chacune de notre côté.

1:36
Présentateur

C'est vrai que vous êtes à l'église Saint-Blaise où les lumières sont très tamisées, voire obscures. On a l'impression d'être chez soi, que ce soit une maison, une chambre. De qui d'ailleurs serait-ce la maison ou la chambre ?

1:50
Invité

Je pense que ce foyer, en fait, c'est un peu la représentation du foyer de tout le monde. C'est notre foyer à nous, celui qu'on s'est construit. C'est une représentation de ce foyer, de ce que peut représenter l'idée du foyer. Un lieu de refuge, un lieu de confession, un lieu dans lequel on se sent en sécurité, mais aussi qu'on veut fuir parfois. Et je pense que le fait que cette exposition se soit retrouvée dans une chapelle a donné encore plus de sens à l'exposition, en tout cas, parce que c'est un endroit dans lequel on se retrouve avec son soi intime, dans lequel on se confesse et dans lequel on révèle certains secrets et notamment certaines blessures.

2:27
Présentateur

C'est difficile de décrire l'installation dans son entièreté. De toute façon, l'idée est plutôt de donner envie d'y aller. Donc disons que c'est une installation photographique, sonore et multidimensionnelle, comme vous aimez à le dire. Il y a d'abord des portraits, des photos de neuf femmes. C'est vous qui les avez faites. En fait, c'est Vimala Ponce qui s'est transformée en plusieurs femmes. Neuf femmes que vous qualifiez d'héroïnes. Est-ce que ce sont vos héroïnes ? Pourquoi des héroïnes ? Parce que vous pouvez nous dire de quelle femme il s'agit en l'occurrence.

2:55
Invité

Ces héroïnes, en fait, ça a été nos points de départ de construction physique parce que Vimala a été forcément une muse pour moi, mais il a fallu trouver des attraits physiques pour constituer tous ces personnages qui nous construisent. Et on s'est donné des points de départ d'héroïnes fictives et réelles qui nous ont aidé à nous construire dans notre vie d'adulte comme dans notre vie d'enfant.

3:19
Présentateur

Vous, par exemple, lesquelles de ces neuf femmes vous ont particulièrement marquées quand vous étiez petite et vous ont aidé à vous construire, nos soinnois ?

3:26
Invité

Moi, j'ai répondu, en fait, à la liste que m'avait donnée Vimala qui était principalement une liste de femmes réelles auxquelles j'ai voulu y associer des femmes de la fiction, du cinéma, du petit écran avec lesquelles on a grandi. Donc, il y a Fran Fein de la série Nounou d'Enfer. Il y a Piper de la série Charmed.

3:49
Présentateur

Allez-y, Vimala Ponce, je viens d'arriver dans ce studio. Vous avez eu du mal à trouver le studio, mais tout va bien, vous êtes là. On continue juste sur les femmes dont vous parlez. Peut-être celles qu'on connaît tous et toutes, Angela Merkel. D'ailleurs, pourquoi Angela Merkel, c'est amusant, vous nous direz. Florence Artaud, Melcy des Space Girls, ça parle à toutes celles qui sont nées dans les années 80. Julia Roberts, Amélie Moresmo, Drew Barrymore. Pourquoi vous les avez choisies, elles ? Donc, vous dites, c'est parce que...

4:14
Invité

C'est des héroïnes qui nous ont aidés, effectivement, à nous construire. Parce que quand on grandit, on fonctionne par mimétisme. On imite les personnes qu'on voit. On prend des attraits. On s'en sert comme point de départ. Et on se transforme personnellement et physiquement à partir de ces choses-là.

4:34
Présentateur

Et c'est Vima Lapons qui se transforme, qui vient d'arriver. Vous installez tranquillement la photo. Donc, vous êtes transformé en Angela Merkel, Florence Artaud, Moresmo, etc. La photo devient plus loin portrait en mouvement. Le spectateur est invité à le regarder avec un son. Et c'est votre voix, Vima Lapons, qui nous invite à entrer dans la tête du personnage. Bonjour Vima Lapons. Bonjour. Qu'est-ce que vous dites, là, dans cet extrait audio, qui est censé donc être la voix d'Angela Merkel ?

5:27
Invité

En fait, c'est vrai que pour reprendre ce que disait Nuchenne aussi, je pense un peu à la manière de note de sleeve, note de chevet de C.I. Chenagon. Où elle fait des listes, en fait, comme ça, des choses qui font battre le cœur, les choses qui rendent heureuses, les choses qui sont agaçantes, irritantes. Nous, on a un peu établi une liste de tout ce qui nous inspirait chez ces personnages, qu'ils soient de fiction ou de réalité. En l'occurrence, Angela Merkel, avec sa douceur, son élégance et son autorité. Et avec son traumatisme. J'adore Angela Merkel, même si, bon, voilà, il y a eu des accords nucléaires compliqués.

Mais justement, durant ces accords nucléaires, il y avait Vladimir Poutine qui savait qu'elle avait eu un traumatisme avec un labrador femelle noir et qui a donc loué ce chien pendant leurs entretiens pour réactiver ce traumatisme. Mais le texte et les photos et les discussions qu'on a eues avec Nuchenne ont été un ping-pong sans cesse entre la réalité de choses qui sont réellement arrivées à ces personnages qui nous ont portés et des choses aussi qui s'entrecroisées et s'entremêlées dans nos histoires à nous, personnelles.

6:31
Présentateur

Donc vous racontez, il y a des petits textes aussi qui accompagnent tout ça. Ce chien qui a attaqué Angela Merkel dans son enfance, ce labrador noir. C'est impossible de tout décrire, mais peut-être comment opère votre travail commun à toutes les deux ? Votre dialogue de la musique et de l'image, par exemple, à laquelle précède l'autre ? Qui vous répond, nous soit noire ?

6:50
Invité

Je pense qu'on a commencé, notre point de départ, c'était la série d'images pour la construction des personnages. Et on a établi des tableaux pour chacune dans lesquels on a associé une héroïne à un objet domestique ou à une partie de la maison. Et on a construit notre narration à partir de ça. Donc comme a dit Vimala, une partie de l'histoire réelle des personnages imprégnée d'une sorte de mythologie issue de nos propres souvenirs ou de nos propres expériences personnelles. Et à la suite de quoi, ces tableaux ont vu des textes apparaître et ensuite, après les textes, les sons sont apparus. Mais ça a été des dialogues vraiment constants entre Vimala et moi.

7:39
Présentateur

Et comme vous disiez tout à l'heure que le point de départ, c'était l'idée de la domesticité ou de l'intime de la maison. En fait, on est comme dans la chambre d'une adolescente qui se construit ces modèles, Vimala-Ponce ?

7:51
Invité

Bah oui, la maison aussi comme vêtements un peu. La maison et puis les vêtements comme maison aussi. Et du coup, cette chose-là, en fait, ça nous a fait beaucoup porter sur le fait que le déséquilibre qui est au centre du projet aussi, mais plutôt grâce aussi au dialogue que j'ai eu avec Nussuan, qui est parti aussi plutôt vers le déséquilibre émotionnel, en fait, de chacun de ces personnages. Et comment est-ce que dans la vie, on arrive à porter, en fait, tout ça, quoi, tout le transgénérationnel, comment on arrive à porter un canapé, comment on arrive à porter un bouquet de fleurs, comment on arrive à porter nos idéaux, nos jogging.

Donc, on a un peu mis nos chapeaux, on a mis tout ça au même endroit, en fait, et on a observé, en fait, ce qui s'entrechoquait.

8:36
Présentateur

Tout est affaire de déséquilibre dans, souvent, vos œuvres, et on en parlait en votre absence tout à l'heure, le fait que vous êtes toujours en train de porter des choses très lourdes. Là, vous remettez ces objets-là très lourds à ces personnages, que ce soit un bouquet de fleurs qui, tout d'un coup, devient très encombrant. Donc, vous apportez le déséquilibre et vous, vous rééquilibrez, c'est ça ? Comment ça se passe entre Vimalaponce et vous, photographe ? Dans la photo, on rééquilibre toujours ?

8:59
Invité

Non, je pense qu'on est très complémentaires. Je pense que lorsque l'une arrive à trouver l'équilibre, elle devient la jambe droite de l'autre. Et dans des moments de crise où c'est l'autre qui perd l'équilibre, c'est l'autre qui lui vient en aide. Et je pense que c'est pour ça que le projet s'appelle Heaven and Hell. C'est que dans tous les cas, on ne peut pas faire l'un sans l'autre, qu'on est obligé d'avoir les deux, que ces moments d'équilibre sont temporaires et que le déséquilibre amène justement cet équilibre. Oui, c'est Heaven and Hell, c'était le titre.

9:39
Présentateur

Merci beaucoup Heaven and Hell. En effet, à retrouver aux rencontres photographiques d'Arles en l'église Saint-Blaise. Merci Vimalaponce et Noussois-Noua. Votre installation, votre travail commun est donc exposé aux rencontres d'Arles jusqu'au 29 septembre dans cette église Saint-Blaise. Merci d'avoir été avec nous.