Municipales à Paris, violence à la gare de Lyon, épidémie de coronavirus... Le "8h30 franceinfo" d'Emmanuel Grégoire
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:37OuverteRéponse directe
Est-ce que Paris est prêt face à l'épidémie de coronavirus ?
- 1:28OuverteRéponse directe
La communication est-elle fluide entre l'État et la ville de Paris ?
- 2:04RelanceRéponse directe
Des maires se plaignent de manque d'informations de l'État, est-ce le cas à Paris ?
- 3:42OuverteRéponse directe
La campagne municipale se déroule en parallèle de la crise sanitaire, comment gérez-vous cela ?
- 4:37RelanceRéponse directe
Agnès Buzyn accuse la ville de Paris de ne pas être préparée, comment répondez-vous ?
- 5:18OuverteRéponse directe
Les services de santé à Paris sont-ils suffisants face au coronavirus ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueFait
« Nous nous sommes préparés depuis plusieurs semaines à faire face à un risque majeur et quasi certain, qui est celui de voir une pandémie apparaître suite à ce coronavirus. »
- 0:51Invité politiqueFait
« On n'est jamais totalement prêt, mais en l'occurrence, nous avons préparé activement avec l'Agence régionale de santé, avec la préfecture de police, avec la direction générale de la santé, les moyens pour essayer de faire face. »
- 2:38Invité politiqueFait
« Nous ne sommes pas confrontés à la même situation de Creil puisqu'il n'y a pas de cas déclarés sur Paris avec contamination sur Paris. »
- 3:08Invité politiqueFait
« Désormais, c'est le cas. Il y a une réunion chaque demi-journée autour du préfet de police avec tous les services compétents de façon à ajuster. »
- 4:05InvitéFait
« Il n'y a pas eu de contact avec la mairie de Paris lorsque j'étais au ministère. Il faut que l'ensemble des agents qui travaillent à la mairie de Paris, d'abord, soient préparés et formés de façon à l'épargne. »
- 4:31Invité politiqueFait
« Dans laquelle Agnès Buzyn remerciait la maire de Paris et la ville de Paris de son action pour la prévention du risque de pandémie. »
- 5:49Invité politiqueFait
« Pourquoi ? Parce que nous savons gérer le risque pandémique jusqu'à saturation des capacités, notamment en service de réanimation sur les détresses respiratoires. »
- 6:04Invité politiqueFait
« Pour l'instant, quand on est confronté à quelques dizaines de cas, on sait faire, quelques centaines sans doute encore. »
- 9:31Invité politiqueFait
« Par principe, nous ne pouvons avoir aucune certitude, mais heureusement, d'une certaine manière, la Ville avait pris les devants. »
- 9:46Invité politiqueFait
« C'est-à-dire que nous avons émis immédiatement, dès les remontées, des zones de pays à risque. L'alerte du conseil de confinement à domicile des élèves en retour, notamment de Chine et extension au fur et à mesure à Singapour, à la Corée du Sud, etc. »
- 10:57Invité politiqueFait
« D'abord, ce sont des hypothèses sur lesquelles, heureusement, nous avons déjà travaillé. C'est le cadre des plans hors sec pandémie. »
- 15:52Invité politiqueFait
« La réalité, c'est qu'Agnès Buzyn, elle est la candidate qui a repris le projet de Benjamin Griveaux. »
- 16:13Invité politiqueFait
« J'ai dit à plusieurs reprises que je trouvais incongru que la ministre de la Santé quitte ses fonctions dans un contexte sanitaire si explosif. »
- 16:48Invité politiqueFait
« Elle renoue avec un discours très dur d'une droite très réactionnaire parisienne qui flirte très souvent avec le mensonge, qui a une relation très élastique à la vérité, que ce soit sur les sujets de sécurité, sur les sujets budgétaires, sur les sujets de politique sociale. »
- 16:59Invité politiqueFait
« Elle reproche à la majorité actuelle la ghettoïsation. Peu de gens ont mis autant d'énergie qu'elle pour empêcher les politiques de rééquilibrage territorial. »
Temps de parole
- Emmanuel Grégoire60 %
- Présentateur16 %
- Présentateur 212 %
- Invité9 %
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Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans le 8.30 France Info jusqu'à 9h, comme chaque jour, comme chaque samedi, comme chaque dimanche, comme chaque samedi. Avec vous, Myriam Ancawa, bonjour. Bonjour Mathéo. Vous êtes journaliste à la chaîne parlementaire. Notre invité ce matin est premier adjoint de la maire de Paris et son actuel directeur de campagne pour les municipales. Bonjour Emmanuel Grégoire. Bonjour. 57 personnes contaminées par le coronavirus en France, c'est donc 19 de plus qu'hier. L'épidémie est en train de changer de dimension. Est-ce que Paris est prêt ?
Écoutez, nous nous sommes préparés depuis plusieurs semaines à faire face à un risque majeur et quasi certain, qui est celui de voir une pandémie apparaître suite à ce coronavirus. On n'est jamais totalement prêt, mais en l'occurrence, nous avons préparé activement avec l'Agence régionale de santé, avec la préfecture de police, avec la direction générale de la santé, les moyens pour essayer de faire face. Il y a deux dimensions. Il y a la dimension des services hospitaliers qui ne relève pas de nous et il y a la dimension qui relève des communes et notamment de toutes les missions qu'elles ont dans l'accueil et l'organisation des services publics.
Un, il faut pouvoir continuer à accueillir le plus longtemps possible avant que l'État soit amené le cas échéant à prendre des mesures plus coercitives et également assurer le fonctionnement des services publics critiques le temps que l'épidémie baisse.
Celui qui pilote, c'est le préfet de police de Paris, la chaîne de commandement. Est-ce que la communication est fluide avec les services de la ville ?
Elle est désormais totalement fluide. Oui, désormais. Vous savez qu'il y a eu quelques petits ajustements à faire, mais en l'occurrence, sur ce sujet, la communication est parfaitement fluide. La coordination entre le préfet de police et la maire de Paris est totale parce qu'en l'espèce, il y a l'espace pour, un, ni aucune polémique, deux, ni aucune feuille de papier à cigarette entre les pouvoirs publics en exécution des ordres de prévention du risque épidémique.
On vous pose la question évidemment pour une bonne raison. Ce matin, sur notre antenne radio, le maire de Creil dans l'Oise dit qu'on n'a pas beaucoup d'infos de la part de l'État ni de l'armée, alors qu'il y a 18 cas qui se situent dans son secteur et qui cherchent toujours le fameux patient zéro. On a vu des maires, notamment dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et Lyon, avant le match Lyon-Juventus de Turin, notamment la maire de Dessine, où est situé le stade, se plaint de ne pas avoir été informé des décisions de l'État, de l'agence régionale de santé, des préfets.
Encore une fois, vous nous confirmez que la communication est optimale dans la capitale puisqu'on parle quand même d'un bassin de plusieurs millions de personnes.
Absolument. Nous ne sommes pas confrontés à la même situation de Creil puisqu'il n'y a pas de cas déclarés sur Paris avec contamination sur Paris. Mais enfin, il faut, disons-le, s'y préparer. Donc oui, la communication, il faut savoir que les maires sont inquiets pour une raison très simple. C'est que ce sont les premiers interlocuteurs de nos concitoyens lorsqu'ils sont inquiets, les parents d'élèves, les personnes âgées, les professionnels qui concourent à l'organisation du fonctionnement des villes. Et donc les maires, et nous-mêmes, on s'est tourné vers l'État en disant ce serait bien d'ajuster, de préciser, etc. Désormais, c'est le cas.
Il y a une réunion chaque demi-journée autour du préfet de police avec tous les services compétents de façon à ajuster. Évidemment, on tiendra compte de tout ce qui sera décidé ce matin peut-être avec le Conseil de défense et le Conseil des ministres exceptionnels. Voilà. En tout cas, vous dire que du point de vue de la ville de Paris, nous mobilisons tous les moyens pour mettre en exécution les ordres qui seront donnés par l'État pour prévenir l'épidémie. Et deuxièmement, pour faire fonctionner le service public et l'information et aller sur paris.fr, pour ceux qui sont parisiens, pour retrouver toutes les informations utiles en temps réel.
Alors, tout va pour le mieux à vous entendre entre l'État, la municipalité, n'empêche qu'il y a une campagne municipale qui se joue en même temps que cette crise sanitaire qui gagne le pays progressivement. Il ne faut pas forcément inquiéter ce matin nos auditeurs, ceux qui nous regardent. On va quand même écouter Agnès Buzyn, puisqu'elle a créé une polémique en jugeant que les agents de la ville n'étaient pas préparés. C'était sur Europe 1 le 24 février.
Il n'y a pas eu de contact avec la mairie de Paris lorsque j'étais au ministère. Il faut que l'ensemble des agents qui travaillent à la mairie de Paris, d'abord, soient préparés et formés de façon à l'épargne. Ils le sont ? À mon avis, ils ne le sont pas aujourd'hui. Ah bah, c'est inquiétant. La question, il faut la poser à Madame Hidalgo.
Alors, vous avez contre-attaqué en publiant une lettre dans laquelle vous expliquiez qu'Anne Hidalgo avait été remerciée par Agnès Buzyn.
Enfin, dans laquelle Agnès Buzyn remerciait la maire de Paris et la ville de Paris de son action pour la prévention du risque de pandémie.
Comment ça se passe dans cette campagne ? Est-ce que vous avez le sentiment qu'Agnès Buzyn, ces équipes, instrumentalisent cette crise ?
Disons qu'il peut y arriver dans les campagnes électorales qu'il y a un peu de fébrilité et que des adversaires pensent malins de s'aventurer sur le terrain de la polémique et en l'occurrence, plus singulièrement, du mensonge. Je crois qu'elle a bien compris que c'était une très mauvaise idée. La page est tournée et maintenant, on est concentré à la préparation et à s'organiser pour affronter cette pandémie.
Emmanuel Grégoire, vous vous doutez bien qu'on va revenir sur les municipales et vos adversaires et le programme de votre candidate, Anne Hidalgo. Mais encore une fois, sur l'attente, l'approche, la gestion du coronavirus à Paris, on compte 39 hôpitaux dans la capitale. Est-ce que la crise que connaissent actuellement les services de santé et cette gestion qui se surimprime finalement du coronavirus, ça ne vous inquiète pas sur des problèmes de manque de moyens, des problèmes de manque de lits ?
D'autant qu'encore une fois, on ne veut pas être anxiogène évidemment sur France Info, on est là pour informer, mais un cas peut apparaître à tout moment, ce qui nécessite forcément une réorganisation.
Bien sûr que la crise très durable et très profonde que connaît notre système de santé peut avoir un rôle en la matière. Pourquoi ? Parce que nous savons gérer le risque pandémique jusqu'à saturation des capacités, notamment en service de réanimation sur les détresses respiratoires.
On parle du nombre de lits et des machines qui permettent dans les hôpitaux une assistance respiratoire.
Pour l'instant, quand on est confronté à quelques dizaines de cas, on sait faire, quelques centaines sans doute encore. Mais quand ce sera quelques centaines ou quelques milliers, ce sera plus compliqué. C'est l'occasion de rappeler le gouvernement à sa responsabilité et sur la nécessité urgente de mobiliser les moyens. C'est dommage que ces moyens soient mobilisés à l'occasion d'un risque pandémique, mais si c'est le cas, dont acte. Et donc vraiment, je ne veux pas donner le sentiment qu'il y a la place pour la polémique sur ce sujet. Il faut s'y préparer collectivement. Si après l'heure vient au bilan, on le fera.
Si nous avons des choses à dire au gouvernement et il nous arrive fréquemment d'avoir à en dire, nous lui disons directement. Mais honnêtement, je ne crois pas que ce soit dans les médias que l'on règle ce genre de sujet en ce moment.
Est-ce qu'Anne Hidalgo va arrêter de serrer la main des Parisiennes et des Parisiens dans cette campagne ?
Ce n'est pas évident quand on est en campagne de ne pas serrer la main, mais je crois que d'une certaine manière, ce serait le meilleur moyen d'en faire la pédagogie. Donc je vais essayer de me l'appliquer à moi-même aujourd'hui, puisque je vais faire campagne aujourd'hui. Parce que c'est important, ces petits gestes sont tout à fait essentiels pour la prévention de la diffusion du virus, ce qu'on appelle les gestes barrières. Se laver les mains fréquemment, ne pas serrer les mains. Et quand on est malade, rester à domicile et appeler le SAMU.
Encore quelques questions sur Paris et sur le coronavirus, si vous le permettez, dans un instant, Emmanuel et Grégoire. Les écoles, le cas de la communauté asiatique de Paris également, certains commerces fermés, certains quartiers désertés. Et puis la campagne en elle-même et vos adversaires politiques. 8h40, le fil info Edouard Marguier.
Pour Adèle Haenel, le César de meilleur réalisateur remis à Roman Polanski, c'est la honte. L'actrice a décidé de quitter la cérémonie qui avait lieu s'alpleyelle à Paris en prononçant cette phrase. Le cinéaste accusé de viol récompensé malgré la polémique pour son film J'accuse. Autre César Marquand, celui de meilleur film pour les misérables du réalisateur Lajli. Toujours plus de malades du coronavirus en France. 19 de plus annoncés hier soir. Une nouvelle étape est franchie. C'est ce que dit le ministre de la Santé face à la situation. Un conseil de défense est organisé à 10h tout à l'heure autour d'Emmanuel Macron.
Conseil de défense qui sera suivi d'un conseil des ministres exceptionnel. L'OMS relève à son degré maximum le niveau de menaces dans le monde. La propagation du coronavirus s'accélère, notamment en Corée du Sud où près de 3000 personnes sont affectées. Et l'économie mondiale est également déstabilisée. La Chine annonce ce matin que son activité manufacturière tombe à son plus bas niveau historique. Du vent, beaucoup de vent dans le nord-est aujourd'hui. 110 km heure annoncés à la mi-journée par Météo France. 16 départements sont donc placés en vigilance orange de l'île de France à la Champagne-Ardenne en passant par la Lorraine et le nord de la Bourgogne.
France Info, et tout est plus clair.
Emmanuel Grégoire est l'invité du 8.30 France Info ce matin. Parlons des écoles. Les élèves ont repris, c'est la zone C Paris, ils ont repris les cours après les vacances d'hiver lundi dernier. C'est un peu le cas par cas, on a l'impression, et les mesures, surtout sanitaires, les conseils sanitaires, notamment de quarantaine, ou en tout cas de quinzaine, quand on revenait des zones à risque, l'Asie évidemment, mais également l'Italie, la Vénétie, la Lombardie. C'est un peu le cas par cas, on a l'impression, dans les écoles. Dans certains établissements, certains sont revenus, ils sont allés en classe lundi, des enseignants également. Ensuite, on leur a demandé d'aller plutôt chez eux.
Comment vous pouvez être certain, dans ces conditions, que le virus ne se soit pas transmis déjà dans la capitale ces derniers jours, sachant qu'il peut se déclarer encore au bout de deux semaines ?
Alors, par principe, nous ne pouvons avoir aucune certitude, mais heureusement, d'une certaine manière, la Ville avait pris les devants. Ce n'était pas un peu tard quand c'est arrivé ces consignes-là ? En tout cas, la Ville les a anticipées de près d'un mois par rapport au rectorat, donc nous l'avons fait beaucoup plus tôt. C'est-à-dire que nous avons émis immédiatement, dès les remontées, des zones de pays à risque. L'alerte du conseil de confinement à domicile des élèves en retour, notamment de Chine et extension au fur et à mesure à Singapour, à la Corée du Sud, etc. Avec l'Italie, on a été tous un tout petit peu surpris. Pourquoi ? Parce que la nouvelle est tombée d'un coup.
Et deuxièmement, avec des volumes de retours touristiques immenses. Voilà. Et donc, des mesures ont été appliquées. Désormais, les consignes, nationalement, sont plus claires. Et donc, je l'espère, appliquées avec plus de célérité et plus de contrôle. Parce que, par ailleurs, en la matière, ça repose sur des déclarations volontaires. C'est-à-dire que chacun soit renvoyé à sa responsabilité, qui est de ne pas prendre de risque pour soi-même et de ne pas en faire prendre aux autres. Voilà. C'est essentiel. Et donc, c'est pour ça qu'y compris, dès qu'on commence à être un peu malade, qu'on a des symptômes, sans paniquer, parce qu'on continuera à être malade de plein d'autres choses. Mais voilà.
Avoir quelques réflexes de vigilance pour essayer d'éviter la contamination trop rapide.
Emmanuel Grégoire, est-ce qu'il est possible de confiner une ville comme Paris ?
Alors, d'abord, ce sont des hypothèses sur lesquelles, heureusement, nous avons déjà travaillé. C'est le cadre des plans hors sec pandémie. Depuis de très, très nombreuses années, ces fameux plans hors sec sont travaillés, actualisés. La difficulté, typiquement, sur un cadre pandémique, c'est que la nature du virus, ces modalités de contagion, etc., sont différentes. Et donc, nécessitent des ajustements à chaque fois. Mais c'est sur la base de ces travaux préparatoires que le préfet de police documente, en dialogue avec tous les acteurs. Mais comprenez la difficulté pour une ville aussi dense que Paris. D'abord, d'isoler un seul quartier est extrêmement complexe.
Et deuxièmement, la conurbation extrêmement dense fait que c'est quasiment illusoire. Donc, la recommandation, c'est plutôt dans la philosophie de faire du maintien à domicile et dans les cas où il y a des complications de santé en hospitalisation. Mais il est peu probable qu'un scénario de confinement soit déclenché. Mais il est incontestablement sur la table si les autorités estiment nécessaire.
Vous avez réfléchi aux événements publics, aux événements sportifs. On peut évidemment aussi penser aux municipales et aux votes. Mais bon, on n'en est pas encore là. Mais demain, par exemple, je sais que vous êtes sportif. Le semi-marathon, est-ce qu'il est maintenu ? Est-ce que vous avez réfléchi à l'annuler ?
Alors, oui, bien sûr qu'on réfléchit à ça. Alors, ce n'est pas une décision que nous prenons seuls. C'est une décision qui relève de l'État d'annuler les grands événements. Et évidemment que ce sont des options qui sont sur la table. Mais on ne va pas annuler des événements pour le principe de se couvrir, entre guillemets, parce que tout ça a d'immenses conséquences, évidemment, et notamment économiques. Vous le sous-entendez dans votre propos introductif. Et donc, ce sont les spécialistes qui sont amenés à s'exprimer. Et les spécialistes, ce ne sont ni les policiers ni les élus. Ce sont notamment les médecins de santé publique, les épidémiologistes.
Et pour l'instant, ils considèrent que ce n'est pas nécessaire. Mais ne doutez pas que si jamais ça le devenait, des événements seraient annulés.
Les conséquences économiques, justement, sont très importantes. Et notamment dans la capitale, elles touchent l'hôtellerie, il y a moins de touristes. Les restaurants, notamment les restaurants chinois, qui sont quasi déserts dans le 13e, même si ça reprend un petit peu. Vous avez des chiffres à nous annoncer ce matin. Est-ce que vous avez réussi à quantifier le manque à gagner ?
Non, nous n'avons pas de chiffre pour le moment, parce que ce qui est toujours difficile, c'est la question du chiffre d'affaires et des conséquences moyen terme de la perte de ce chiffre d'affaires. Mais ce qu'on sait, c'est que des mesures de confinement sur un risque pandémique, telles que par exemple, elles ont été déployées en Chine, dans un format assez extrême, eh bien l'impact sur l'économie est majeur. Et donc, il est normal qu'il y ait une proportionnalité dans les mesures qui soient prises pour ne pas aggraver la situation sanitaire par une crise économique. Donc, laissons tous les spécialistes en discuter, mais nous ne prendrons collectivement aucun risque sur la santé publique,
c'est le plus important. Pour refermer sur ce sujet, pardon, parce que l'heure tourne, Emmanuel Grégoire, vous conseillez aux gens qui auraient des a priori de retourner dans un restaurant dans le 13ème et à Belleville, parce qu'aujourd'hui, les commerçants sont très inquiets.
Les chiffres d'épidémi... Enfin, la réalité épidémiologique montre que c'était plus dangereux d'être sur la base militaire de Craig que dans un restaurant chinois du 13ème. Donc, il faut se retirer toute la psychose, puisque de toute façon, il n'y a pas d'explication rationnelle à tout ça. Allez au restaurant, profitez-en, et puis on verra, on adaptera au fur et à mesure les décisions et l'organisation de notre vie collective dans les semaines qui viennent.
Emmanuel Grégoire, revenons à la campagne des municipales à Paris, puisque évidemment, c'est qu'une affaire de jour désormais. Il s'est passé beaucoup de choses ces derniers jours, ces dernières semaines. Nos confrères du Monde ont publié mercredi un article titré « L'éclatement des candidatures favorise la mère sortante, Anne Hidalgo ». J'imagine que vous l'avez vu, vous l'avez lu. Tout va bien alors, pour vous ?
Non, écoutez, c'est vrai que c'est une campagne qui est un peu curieuse. Elle est curieuse et par sa densité d'événements assez improbable, et puis parce qu'elle intervient dans un contexte auquel vous rajoutez désormais le coronavirus, tout à fait inédit. Après, nous essayons de mener une campagne qui renoue avec les fondamentaux d'une campagne municipale. C'est-à-dire qu'on parle d'un projet pour des politiques publiques municipales. On parle de transition écologique, on parle d'éducation, de pouvoir d'achat, de mobilité. Et on espère pouvoir faire la pédagogie de ce projet auprès de nos concitoyens. Et c'est eux qui en décideront le 15 et le 22 mars.
Qu'est-ce qu'elle a changé concrètement, l'arrivée d'Agnès Buzyn, dans cette campagne ?
Je ne vais pas vous dire que c'est un fait secondaire, dans la mesure où quand même un candidat important a dû se retirer. Mais sur le fond, ça ne change pas grand-chose. Agnès Buzyn, les porteurs du projet...
Mais car c'est un peu resserré quand même dans les sondages.
Oui, les sondages, vous savez, il faut essayer de les prendre avec sérénité. Vous ne les regardez pas ? Si, on les regarde, mais on les prend avec sérénité quand ils sont bons. Ça nous permet de les prendre avec sérénité quand ils sont moins bons. La réalité, c'est qu'Agnès Buzyn, elle est la candidate qui a repris le projet de Benjamin Griveaux. Donc le casting change, mais le projet reste le même. Et j'ai tendance à penser que ce qui importe le plus, c'est moins l'incarnation que le projet qu'il porte. Donc voilà, on considère cette candidature avec respect. Elle est très tardive.
J'ai dit à plusieurs reprises que je trouvais incongru que la ministre de la Santé quitte ses fonctions dans un contexte sanitaire si explosif. Et les jours qui ont suivi, ils n'ont pas démontré le contraire. Mais voilà, nous nous souhaitons bienvenue à Paris.
En tout cas, vos adversaires dans le camp d'Agnès Buzyn considèrent que si vous montez un peu en gamme du côté des attaques, c'est qu'il y a un peu de fébrilité. Il y a une autre adversaire dans cette campagne qui monte, c'est Rachida Dati. C'est la plus coriace ?
Oui, c'est la plus coriace Rachida Dati parce qu'elle renoue avec un discours très dur d'une droite très réactionnaire parisienne qui flirte très souvent avec le mensonge, qui a une relation très élastique à la vérité, que ce soit sur les sujets de sécurité, sur les sujets budgétaires, sur les sujets de politique sociale. Je vais vous donner un exemple qui illustre cette duplicité. Elle reproche à la majorité actuelle la ghettoïsation. Peu de gens ont mis autant d'énergie qu'elle pour empêcher les politiques de rééquilibrage territorial.
Elle empêche la construction de logements sociaux dans les quartiers riches de Paris parce qu'elle considère que ce n'est pas digne des arrondissements de l'Ouest. Et donc, nous allons aussi essayer de dénoncer cette duplicité.
Dans un instant, on reparle ensemble. Emmanuel Grégoire, il est 8h50. On retrouve le fil info d'Edouard Marguer sur France Info.
Sur le coronavirus, nous n'avons que des informations parcellaires. Dénonce sur France Info le maire de Creil, dans l'Oise, département le plus touché par la maladie. 19 personnes de plus sont infectées depuis hier, selon le tout dernier bilan du ministre de la Santé. Les conséquences sont également économiques dans le monde entier. Important ralentissement de l'industrie en Chine. L'activité manufacturière atteint en effet son plus bas niveau historique dans le pays. Roman Polanski est récompensé du César de meilleur réalisateur pour son film J'accuse, malgré les protestations car le cinéaste est accusé de viol.
La honte réagit l'actrice Adèle Haenel avant de quitter la cérémonie hier soir à Paris. Parmi les autres récompenses marquantes, celle du meilleur film pour Les Misérables de Lajli. Plus de 70 personnes interpellées à Paris après une manifestation non autorisée près de la gare de Lyon. Des scooters ont notamment été incendiés par des opposants au chanteur congolais Fali Ipupa avant son concert à la Corotel Arena. Ses opposants l'accusent d'être trop proche du pouvoir en place en République démocratique du Congo. L'attaquant de l'Olympique de Marseille, Dario Benedetto, s'offre un premier triplé et permet à son équipe de s'imposer à Nîmes. Victoire 3 buts à 2.
Les Marseillais toujours 2e au classement de la Ligue 1. La 27e journée du championnat se poursuit à 17h30 avec le coup d'envoi de PSG Dijon.
France Info et tout est plus clair.
Le 8.30 France Info avec Emmanuel Grégoire et Myriam Ankawa. Oui on parlait de Rachida Dati, elle cogne la candidate des Républicains et notamment sur votre bilan en matière de sécurité. On va l'écouter, elle était sur France Info vendredi dernier.
La police municipale armée, aujourd'hui il faut qu'elle soit dans la lutte contre la délinquance du quotidien. Elle est armée parce que quand vous êtes face à des bandes de voyous, il vaut mieux être armée. A ce dispositif, je souhaite quoi ? Compléter par un système de vidéoprotection.
Voilà, ça c'est pour son programme, la police municipale armée, la vidéoprotection. Et en creux, elle vous attaque d'avoir laissé ou passé à côté de ces questions si essentielles, si fondamentales pour les Parisiens.
Alors, Rachida Dati était souvent absente du Conseil de Paris, donc sans doute a-t-elle manqué du coup des débats essentiels aux Parisiens, notamment sur les sujets de sécurité. La sécurité, elle le sait, c'est là que je dis qu'elle est d'une démagogie assez choquante. Elle sait, ce n'est pas la compétence de la ville de Paris. Et aucun policier municipal, d'ailleurs c'est le cas aussi dans les autres communes, n'est compétent pour faire une intervention, pour arrêter la délinquance. Il faut arrêter de mentir aux gens.
Sauf qu'Anne Hidalgo reconnaît elle-même que les chiffres de la délinquance sont problématiques à Paris.
Bien sûr, c'est justement, nous le dénonçons nous-mêmes, nous-mêmes depuis des années. Et c'est encore plus choquant quand vous savez que c'est sous le gouvernement auquel elle appartenait quand elle était garde des Sceaux, que les effectifs de police ont fondu comme neige au soleil. Donc si la situation sécuritaire à Paris est préoccupante, c'est en partie de la responsabilité de la majorité à laquelle Rachida Dati participait lorsqu'elle était ministre. Et ça, c'est très simple de retrouver les chiffres. Aujourd'hui, c'est vrai qu'il y a un problème de sécurité à Paris. Il relève de la compétence de la préfecture de police.
D'ailleurs, que j'excuse au moins sur un point, c'est que les forces de police ont été détournées massivement de leur mission. À cause des attentats, à cause des mouvements sociaux qui cannibalisent les gilets jaunes, etc. Qui cannibalisent les forces tous les week-ends de façon spectaculaire. Ou encore hier soir, on a vu sur une intervention autour d'une manifestation illégale dans le quartier de Bercy, où j'ai passé la nuit sur le terrain parce que des dizaines de véhicules ont été brûlés. Et donc cette situation, ce qui consiste à faire de Paris le terrain d'affrontement, des colères et des frustrations, est particulièrement choquant.
Les Parisiens le payent en termes de qualité de vie et ils le payent en termes de flamber des chiffres de délinquance.
Puisque vous êtes tête de liste dans le 12e, ce qui s'est passé à la gare de Lyon, des voitures, des scooters brûlés en marge d'un concert, qu'est-ce qui s'est passé ?
C'est impensable. Ce sont des oppositions congolaises, pro ou anti-régime, qui choisissent le 12e arrondissement pour venir s'affronter. Franchement, on atteint un très haut niveau d'irresponsabilité et de colère de la part des habitants. Bonne nouvelle, 70 interpellations, dont un certain nombre de meneurs incendiaires qui, y compris, empêchaient les pompiers de venir éteindre les incendies. J'espère que les condamnations seront exemplaires pour expliquer que Paris, ce n'est pas le terrain de jeu des opposants politiques d'où qu'ils viennent.
Pour en revenir au municipal, le message est passé. Vous avez intérêt finalement à mettre en scène un affrontement Hidalgo Dati plutôt qu'Agnès Buzyn, parce que sans allier, la candidate LR a moins de chance au deuxième tour. Est-ce qu'à l'inverse, Emmanuel Grégoire, une alliance, je caricature, anti-Hidalgo qui réunirait Agnès Buzyn, Rachida Dati et Cédric Villani au second tour ? C'est une hypothèse que vous redoutez, ou en tout cas que vous prenez au sérieux.
Écoutez, ce n'est pas à moi ni de redouter, ni de donner mes conseils sur les alliances de nos adversaires. Je sais, mais je vais vous dire. Simplement, si la seule chose que ces gens entendent vendre aux Parisiens, c'est de l'anti-Hidalgo, ça ne fait pas rêver comme projet. Mais la réalité, c'est qu'on gagne une campagne municipale sur un projet. Et notre bilan n'est peut-être pas parfait, mais les gens comprennent le sens de l'action qui a été menée. Ils ont d'ailleurs le droit de ne pas être d'accord, mais au moins ils comprennent le sens de ce que nous avons engagé. Et nous souhaitons trouver les conditions pour pouvoir le poursuivre, parce que ce travail n'est pas achevé.
Quand vous dites que notre bilan n'est peut-être pas parfait, qu'avez-vous appris, au fond, de toutes les critiques qu'a essuyées Anne Hidalgo, il y a encore un an ? Rappelez-vous des journaux, rappelez-vous ce que disaient les Parisiens. Au fond, on essaye de diminuer le nombre de voitures, mais on crée des bouchons, la saleté. Il y a eu énormément de critiques. Qu'est-ce que, au fond, dans cette campagne aujourd'hui que vous menez, vous tirez comme bilan pour avancer de ces critiques ?
Il y a deux sujets. D'abord, c'est que les gens ont aussi un peu changé d'avis, c'est-à-dire une transformation, ça demande toujours des efforts. Et simplement, il faut faire la démonstration que les efforts que nous demandons servent à quelque chose. J'ai bon espoir qu'ils aient compris que ça servait à quelque chose. Quand vous faites des travaux...
Au risque de la brutalité ?
Non, ce n'est pas de la brutalité. Au risque, effectivement, de forcer un peu le mouvement. Mais Anne Hidalgo, elle revendique ça. Elle dit, elle assume que l'urgence environnementale nécessite des actes forts. Parce que c'est toujours gênant. Et on peut toujours trouver d'excellentes raisons de repousser tous ces chantiers de transformation. Simplement, si on ne le fait, on n'est pas au rendez-vous de l'histoire.
Dans le projet, si on regarde en matière d'écologie, la fin du diesel d'ici 2024, la suppression de 60 000 places de parking, on a l'impression qu'au fond, vous n'avez pas forcément tiré les leçons de la méthode. Vous continuez dans le vite et fort.
Mais oui, il faut continuer. Il faut continuer. On ne peut pas tenir de double discours. On ne peut pas dire, je veux respecter les accords de Paris et en même temps ne pas se donner les moyens concrets. Et il faut que les Français comprennent, les Parisiens, mais que nous-mêmes, enfin, je veux dire, ce que nous imposons aux Parisiens, nous l'imposons à nous-mêmes, comprennent que lorsque nous prenons des engagements de sobriété, d'essayer de changer notre modèle de développement dans lequel l'écologie est centrale, ça impose des efforts.
La question, c'est est-ce que ces efforts sont utiles collectivement et est-ce que finalement le retour que nous en avons collectivement n'est pas infiniment supérieur aux petites contraintes personnelles que ça crée ? Et l'exemple, que tous ceux qui peuvent se priver de leur voiture individuelle s'en privent, ça permettra à tous ceux qui ne peuvent pas s'en priver, les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite, les commerçants, les artisans, de pouvoir les utiliser dans des situations beaucoup plus confortables qu'aujourd'hui. C'est le chemin que nous allons faire. Nous allons faire ça progressivement dans le dialogue. Vous disiez qu'est-ce qu'on a appris ?
Sans doute qu'il faut faire plus de pédagogie dans la façon d'associer les citoyens et nous le ferons.
Bon, voilà, vous vous êtes arrêté juste à temps. Merci beaucoup Emmanuel Grégoire d'être venu ce matin. À France Info, merci beaucoup Myriam Ancawa. Merci à vous. Passez tous les deux et tous et toutes une excellente journée avec France Info. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info, Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis, un podcast à écouter sur franceinfo.fr, disponible aussi sur l'application Radio France. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Emmanuel Grégoire