Urgence mentale : Préserver nos ressources intellectuelles | Gaël ALLAIN | TEDxArtsEtMétiersParis
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Analyse automatique
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Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 100 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:04Invité politiqueChiffre
« nous venons d'augmenter les capacités de traitement de notre cerveau d'environ 15 %. »
- 4:12Invité politiqueChiffre
« un cerveau d'homos sapiens dans sa version fin 2026 chez l'adulte. C'est à peu près 1,5 et 1300 cm³. »
- 7:03Invité politiqueFait
« on passe énormément de temps à reprendre les choses là où on les avait laissé avant d'avoir été interrompu. »
Temps de parole
- Gaël Allain100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir. Bonsoir à toutes et à tous. Je m'appelle Gael Allin, je suis docteur en psychologie cognitive et ce soir, je vous propose de voir comment on peut mobiliser efficacement nos ressources intellectuelles aujourd'hui et puis demain. Alors, pour commencer, je vous propose un petit exercice étrange. Je vais vous demander, s'il vous plaît, de vous lever et nous allons travailler ce que l'on appelle la proprioception. La proprioception pour celles et ceux qui ne connaissent pas, c'est une modalité sensorielle exactement au même titre que la vision ou que l'audition mais on a pas forcément conscience puisque notre cerveau gère ça de manière très automatique.
Pour prendre conscience de données proprioceptive, il suffit par exemple de se mettre en déséquilibre sur une jambe et si c'est trop facile, vous fléchissez légèrement le genou. Et là, on sent qu'il y a de la correction d'assiette à opérer consciemment cette fois. Et on fait ça 5 secondes sur une jambe et 5 secondes sur l'autre. D'accord ? On fait abstraction du ridicule he de la position dans cette posture un peu de flamant rose là. OK, on se remettre tranquillement sur ces deux jambes. Alors jusqu'ici on fait à peu près les malins parce qu'on avait les yeux ouverts et évidemment la vision nous aide très largement à compenser ces déséquilibres. Vous avez bien compris où je veux en venir.
C'est-à-dire qu'on va faire s'il vous plaît maintenant exactement la même chose. Cette fois les yeux fermés sans faire trop de moulin avec les bras. Attention aux gens autour de vous. On fléchit. et on essaye de tenir 5 secondes sur une jambe et puis 5 secondes sur l'autre. C'est toujours plus facile d'un côté que de l'autre ce type d'exercice. Et on se remet tranquillement sur ces deux jambes et vous pouvez bien sûr vous rasseoir. Merci. Alors, vous devez vous demander mais pourquoi je nous inflige cet exercice ?
C'est pas que pour le plaisir d'avoir l'air ridicule ensemble, quoi que je ne recule devant aucune opportunité, c'est que ce faisant, nous venons d'augmenter les capacités de traitement de notre cerveau d'environ 15 %. ce petit exercice hein issu d'une posture de yoga que j'ai adapté et je l'ai fait tester dans un laboratoire montpelierin qui s'appelle epsilon verdict he des groupes d'étudiants à qui on demandait de mémoriser des séries de consonnes de plus en plus longues. Voilà, ils sont capables d'en mémoriser sep he c'est un résultat tout à fait traditionnel en terme de mémoire.
après avoir fait euh le flamant rose là, il passe à un petit peu plus de 8 quand on compare euh bah les performances à des gens qui étaient restés statique entre les deux phases tests. Bref, 10 20 secondes d'exercice et 15 % d'augmentation de la capacité à manipuler mentalement des informations. Ça vaut vraiment le coup en tout cas de ne pas se dispenser de ces 15 % là pour faire face aux engrenages de l'avenir puisque c'est la thématique de la soirée. Alors quand je parle d'avenir, je parle pas forcément d'un avenir très lointain. Je crois qu' aujourd'hui déjà ça n'a pas dû vous échapper.
Nous vivons dans un monde hyper connecté et c'est pas les gens qui vont regarder cette session sur internet qui vont nous dire le contraire. Et on vit aussi dans un monde ultra collaboratif. Non, vous êtes au courant ? Il faut collaborer aujourd'hui. On a des lieux comme celui-ci pour collaborer. On a des outils pour collaborer. Bref, on collabore, on collabore, on collabore. Et la question que j'ai envie de poser moi ce soir, c'est dire chouette, on collabore, mais finalement quand est-ce qu'on bosse ? Qu'est-ce qui nous reste comme moment pour traiter le fruit de tous ces échanges et toutes ces interactions ? C'est un petit peu ça dont j'aimerais vous parler ce soir.
D'autant plus que pour traiter toutes ces informations là, on n pas 50000 solutions. On a que cette chose un peu informe grise là qui se présente à côté de moi. Est-ce que tout le monde voit ce dont il s'agit ? Ouais. Non, il y avait des prérerequis he pour participer à la session. Faut un minimum d'équipement sinon je ne peux rien faire pour vous. C'est bon, tout le monde là ? Ouais. Un cerveau d'homos sapiens dans sa version fin 2026 chez l'adulte. C'est à peu près 1,5 et 1300 cm³. J'essaie de vous apercevoir dans la salle, ça semble être le cas à peu près pour tout le monde. Voilà, 1,G5 1300 cm³, mais surtout ça fait 200000 ans que c'est comme ça. OK.
Et il y a 200000 ans, bah il y avait pas d'école nationale supérieure des arts et métiers pour faire un petit clin d'œil à nos autres et aux organisateurs de cette soirée. Il y avait pas de conférence TEDX. Donc il est pas aberrant de penser que aujourd'hui euh notre cerveau est un petit peu dépassé par ce qui lui arrive, en tout cas saturé. Ce que je vous propose de voir ensemble, c'est comment finalement on peut reprendre du contrôle sur ce qui nous arrive et comment on peut aider nos neurones à faire face à ce monde trépidant. Alors, la première chose, ça va être peut-être de perdre l'illusion que notre cerveau serait capable de faire 36000 choses en même temps.
C'est physiologiquement pas possible. Et la deuxième, c'est de pratiquer ce que j'appelle moi l'écologie mentale, he c'est-à-dire d'essayer de remettre un petit peu en adéquation la quantité d'informations que j'aimerais être capable de traiter d'un côté avec celle que mon cerveau est réellement capable de traiter de l'autre. Et on voit que la le delta fait un petit peu mal. On a tendance tous à se voir un petit peu plus beau que nous le sommes réellement ou en tout cas un peu plus performant. intellectuellement que nous le sommes réellement. Alors, très de manière très pratique, hein, je vous propose euh d'explorer trois stratégie pour reprendre le contrôle.
La première va consister à pratiquer ce que j'appelle l'art du compromis, hein. C'est d'être rigoureux et très attentif dans la manière avec laquelle on sélectionne les flux d'information que l'on traite. D'accord ? On peut être passionné pourquoi pas par la margarine et passer 3/4 d'heure dans le rayon frais de son supermarché pour choisir la meilleure composition, le meilleur rapport qualité- prix. C'est juste que quand on fait ça, évidemment on fait pas autre chose. Alors je sais pas comment vous vous en sortez mais moi je choisis toujours le même beur. Il y a peut-être le même un peu moins cher à côté.
J'accepte des alléas, j'accepte des erreurs sur ce type de décision en espérant allouer des ressources sur des informations qui me passionnent plus. D'accord. Euh donc ça c'est la première stratégie. La deuxième stratégie va consister à euh essayer de fabriquer une bulle de concentration euh et notamment de travailler dans des séquences durant lesquelles nous ne disposons que des informations dont nous avons besoin pour notre dossier du moment. par exemple. Euh il faut aussi se méfier très largement euh des interruptions. D'accord ?
Ces bulles de concentration, ça doit être des moments dans lesquels on n'est pas interrompu, qui par une notification, qui par un collègue qui nous tape sur l'épaule parce que on passe énormément de temps à reprendre les choses là où on les avait laissé avant d'avoir été interrompu. D'accord ? Donc on fait du sur place pendant ce temps-là. Donc il faut qu'on soit très exigeant sur les conditions dans lesquelles on travaille. Et puis 3è et dernière stratégie euh qui vont être associé à la régénération qui va être associée pardon à la régénération de nos neurones et qui est en lien avec le kil et demi de notre cerveau d'homo sapiens.
Euh 1,5 c'est à peu près 2 % de la masse chez l'adulte mais c'est 20 % de la constation d'énergie métabolique. C'est énorme. Plus surprenant encore, parmi les 20 % d'énergie consommée par notre cerveau, il y en a une énorme partie qui est consommée à des moments où on n'est pas en focalisation intentionnelle, c'est-à-dire que notre cerveau consomme énormément d'énergie à des moments où on laisse tranquille, des moments qui sont proscrits he évidemment dans le monde très productif dans lequel nous vivons. Euh mais voilà, c'est fondamental euh d'avoir des petits moments de relâche. D'accord ? Parce que pourquoi notre cerveau consomme autant d'énergie à des moments où on le laisse tranquille ?
C'est parce qu'il va utiliser ses petits moments pour faire plein de choses. Il va utiliser les moments de relâche intellectuel pour gérer, digérer des émotions. Il va utiliser ses moments de relâche intellectuel pour faire de la mise à jour en mémoire. Ça c'est très vrai la nuit pendant qu'on dort notamment, mais c'est pas suffisant hein pendant les phases de sommeil paradoxal, les phases de rêve mais c'est pas suffisant. Il faut aussi que la journée nous ayons des petits moments de relâche intellectuel pour que les informations se structurent correctement.
Et puis enfin euh il faut que nous ayons ces petits moments-là parce que c'est aussi dans ces moments-là qu'on n'est pas à l'abri d'avoir une bonne idée. D'accord ? L'analogie, c'est véritablement la bonne idée sous la douche. C'est parfois quand je m'octroie un petit moment de relâche, les anglais parlent de mindering, de divagation intellectuelle, que je peux avoir potentiellement deux idées qui se télescopent en prendre conscience et commencer à en faire quelque chose. D'accord ? Et ça c'est fondamental dans un avenir très très proche dicté par une surstimulation, dicté par une intelligence artificielle de plus en plus prnante.
Finalement la plusvalue d'un cerveau humain, ça va véritablement être de capable d'être capable de structurer les informations, d'être un peu créatif et ça ça ne peut se faire qu'au prix de petits moments de relâche. Plus on sera stimulé, plus il faut qu'on soit capable d'être détendu. Alors, les trois stratégies, je les reprends juste pour conclure. La première, c'est choisir très très attentivement les informations que l'on traite et surtout sélectionner également celle que l'on ne souhaite pas traiter, que l'on peut déléguer. C'est fabriquer des petites bulles de concentration sans trop d'interruption et enfin octroyer à son cerveau des de véritables moments de relâche intellectuel.
En gros hein, moi j'accepte tout à fait de déléguer la conduite de ma voiture à une intelligence artificielle. J'ai aucun problème avec ça. Je sais qu'elle fera probablement beaucoup mieux que je ne fais. Mais si c'est pour pendant ce temps-là être stimulé et bombardé d'informations que je n'ai pas choisi, je préfère garder le volant parce que ça sera meilleur pour ma santé mentale. Merci. [applaudissements]
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