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interviewC dans l'air· 21 mars 2023 64 min

Le Pen, Mélenchon : ils s’y voient déjà ! #cdanslair

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:09
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. C'est parfois difficile à réaliser, mais dans moins de trois semaines, les Français vont voter pour le premier tour de la présidentielle. En marge de la guerre en Ukraine, les candidats tentent d'accélérer. Hier, Jean-Luc Mélenchon a joué la démonstration de force, place de la République, le patron de la France insoumise. Se rêve en surprise de cette fin de drôle de campagne où aucun sujet de fond ne parvient à s'imposer, étouffé par la guerre aux portes de l'Europe.

Une guerre qui a percuté les dynamiques politiques, la chute d'Éric Zemmour, les difficultés de Valérie Pécresse et l'avantage d'Emmanuel Macron, le chef des armées devenu candidat. Le président qui reste favori de ce scrutin, mais déjà une partie de la droite ose mettre en cause la légitimité d'un vote qui ferait l'impasse sur les débats. Le Pen-Mélenchon, il s'y voit déjà, c'est le titre de cette émission. Avec nous, pour en parler ce soir, Roland Quairol, vous êtes politologue, je rappelle que vous êtes directeur de conseil de Région Magazine. Enfin, ce soir, sur la chaîne parlementaire, votre documentaire, l'abstention, premier parti de France.

Nous y reviendrons à la fin de cette émission. Neila Latrousse, vous êtes journaliste politique. On vous retrouve tous les matins dans le Brief Politique sur France Info. Votre éditorial ce matin était consacré à l'hypothèse Mélenchon au second tour de la présidentielle. Nathalie Moret, vous êtes journaliste politique pour le groupe de presse régional EBRAS. Enfin, Brice Tinturier, vous êtes directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos. Citons votre dernier baromètre publié samedi, c'était dans Le Parisien. Emmanuel Macron fait la course en tête avec 30,5% des intentions de vote au premier tour. Et puis la suite, on va en parler. Bonsoir à tous les quatre.

Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Logiquement, je me tourne vers vous, tiens Brice Tinturier. Logiquement, à 20 jours d'un scrutin d'un premier tour, vous êtes surchargé d'enquête. Il y a des émissions politiques partout et des débats qui naissent jour après jour et des polémiques qui s'enflamment. Là, on est dans une tonalité, je ne sais pas si de mémoire d'observateurs politiques, vous avez déjà vu ça, totalement singulière à la veille de ce premier tour.

2:09
Invité

Mais c'est l'élection et la campagne qui est effectivement totalement singulière parce qu'on n'a aussi jamais vu une campagne présidentielle se dérouler avec une guerre aux portes de l'Europe et en sortie de pandémie. Donc, on passe d'événement en événement qui congèle ce qui est normalement une campagne où on parle des grandes réformes qui vont se jouer et déterminer l'avenir du pays pendant cinq ans. Donc, tout est atypique dans cette campagne. Malgré tout, il faut se souvenir qu'en 2017, à trois semaines du scrutin, on était encore loin du taux d'abstention finale qu'on a eu. On a eu 22% d'abstention en 2017 et on était à un niveau très élevé.

La mobilisation, elle s'est faite dans les 6-7 derniers jours. Donc, pour le coup, il peut y avoir des éléments qui vont encore fortement bouger. Mais vous avez raison, l'intérêt pour la campagne est faible, 8 à 10 points de moins que ce qu'on avait à la même époque en 2017. Et on sent bien que cette campagne a du mal à accrocher, et qu'il n'y a pas du tout ce qu'on avait en 2017.

3:05
Présentateur

Avec un exercice très, très compliqué, Roland-Cairol, pour les candidats. On met de côté le président de la République, on va en parler ce soir, qui est dans un statut évidemment singulier du fait de la situation internationale. Mais les autres candidats, sur la difficulté de pousser des idées, ils essayent, et on va le voir, ils ne disent pas rien. Ils font des propositions, il y a des débats. J'ai l'impression qu'il ne se passe pas grand-chose. Non, il ne se passe pas grand-chose. Ce n'est pas ça qui va motiver les gens. Je suis un peu plus sévère que vous sur les propositions et les choses qui fonctionnent. Moi, je ne trouve pas qu'on ait une campagne tellement créative.

Ils ont quand même, ici ou là, des places pour faire et dire des choses. Mélenchon, hier par exemple, toute opinion politique mise à part, c'était plutôt réussi. Je n'ai pas compté 100 000, mais personne, comme il dit, mais j'en ai compté beaucoup. Et il a dit des choses, articulé un discours qui avait un sens. Il n'a, comme d'habitude, pas employé une seule fois le mot de gauche. Mais il a voulu faire exister ce slogan de Nyon populaire et lui donner une réalité politique. Il y avait quelque chose. De temps en temps, il y a un candidat qui fait un effort. Mais je trouve que dans l'ensemble, ils n'ont pas beaucoup été créatifs.

De la même façon que leurs partis politiques, ceux qui les ont présentés, donnent l'impression de ne pas avoir beaucoup travaillé depuis ce qu'elle leur est arrivée en 2017. Est-ce que la guerre en Ukraine a influencé les dynamiques de cette campagne ? Quelle lecture vous en faites, Roland Kérol ? C'est évident qu'il y en a un qui a payé, c'est Zemmour. Il nous avait trop dit « Ah, Poutine ! Ah, s'il y avait un Poutine français ! » Il a eu beau essayer de rétro-pédaler à sa façon en condamnant l'agression, il en a rajouté sur le fait qu'il ne voulait pas forcément des réfugiés ukrainiens. Donc lui, il a clairement perdu des points à cause de ça.

Et celui qui en a clairement gagné, c'est le président de la République, vous l'avez dit. Il est en tête, c'est le chef qui chef pendant ce temps-là. Il y a le resserrement autour de celui qui est président de la République et qui le montre tous les jours. Pour les autres, ça n'a pas beaucoup changé. Ça s'appelle l'effet drapeau. Il paraît, oui. C'est ça. Néhla Latrou, j'allais dire ce début, à chaque fois je dis ce début de campagne. C'est comme si elle n'avait jamais démarré. En fait, on est à la fin de cette campagne.

5:24
Invité

Il y a un peu de ça. On est effectivement à trois semaines, on l'oublie un. Le vote, le premier tour, c'est le 10 avril. Moi, dans mon entourage, que ce soit professionnel ou personnel, on me dit encore « Ah bon, mais on vote, mais quand ? » Donc c'est le 10 avril, le premier tour. À quel point la date même n'a pas encore imprimé dans l'opinion publique. Au-delà de ça, au-delà du fait que ce soit une campagne singulière, moi, j'y vois aussi un trend qu'on a pu voir ou une tendance qu'on a pu voir ailleurs en Europe. Je prends l'exemple italien. On avait dit « Mais attention, vous allez voir, ça va être le grand dégagisme, Salvini, l'extrême droite, etc.

» Finalement, l'Italie s'est choisi un profil d'européen très techno, très sérieux, en la personne de Mario Draghi. Et je me souviens qu'à l'époque, les observateurs des deux pays disaient « Vous verrez, en France, vous aurez la même chose. » C'est-à-dire que la phase dégagiste qui a pu avoir lieu, qu'on a vu en 2016 aux États-Unis avec un Donald Trump, par exemple, ou qu'on a pu voir dans d'autres pays avec cette figure du clown, vous ne l'aurez pas en France. Je vous remettais en cause cette analyse-là à l'automne, quand on a vu émerger le phénomène Zemmour.

Il semble que la double crise sanitaire et puis cette guerre aux portes de l'Europe donne une espèce de prime à la crédibilité ou à l'ancienneté des candidats. Les trois qui se dégagent, celui qui bénéficie de l'effet drapeau, Emmanuel Macron, Marine Le Pen, c'est la troisième candidature de mémoire, Jean-Luc Mélenchon, les deux pour Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont beaucoup axé aussi leur discours sur cette crédibilité. On a travaillé à l'Assemblée, on a appris de nos échecs, on a appris de nos erreurs.

On voit que ceux qui sont de nouveaux entrants dans cette présidentielle payent un peu le fait qu'on ne sache pas très bien s'ils seront capables d'avoir le doigt sur le bouton nucléaire.

6:59
Présentateur

Pour revenir et peut-être boucler la boucle sur la crise en Ukraine, on aurait pu imaginer que Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, qui partageaient pas loin des propositions d'Éric Zemmour sur Vladimir Poutine, soient pénalisés par ce positionnement. Ça n'a pas été le cas pour Marine Le Pen, ça n'a pas été le cas pour Jean-Luc Mélenchon. Pourquoi ? Parce que je pense qu'ils bénéficient tous les deux de la prime qui est accordée à ceux qui ont une grande expérience dans la campagne électorale. Toutes les erreurs que commettent les autres, ils ne les ont pas commises. Ils se sont, par exemple, beaucoup protégés, beaucoup économisés pendant cette campagne.

Et je suis convaincue que s'il n'y avait pas de guerre en Ukraine, on serait sur la même atonie de la campagne. C'est-à-dire qu'on aurait un Emmanuel Macron qui arriverait après avoir vécu des crises auréolées de l'image d'un président qui, quoi qu'on en pense, quoi qu'on en dise, a plutôt bien géré les crises. Et puis on aurait ces deux postulants qui se préparent depuis cinq ans, Jean-Luc Mélenchon sur le côté gauche et Marine Le Pen sur le côté droit, qui, effectivement, arrivent très très fort avec des programmes construits depuis longtemps et avec une expérience qui, aujourd'hui, se voit par rapport à leur compte.

C'est la prime à l'expérience de Brice Teinturier, encore une fois, dans un contexte très singulier.

8:21
Invité

Il y a quand même ça. Les trois qui sont aujourd'hui en tête dans les intentions de vote sont précisément les trois candidats qui ont déjà conduit des campagnes présidentielles. Macron, Marine Le Pen et ensuite Jean-Luc Mélenchon. Donc il y a bien une intelligence de la campagne, du temps, une façon de se préparer, de structurer cette campagne qui joue. Mais je voudrais juste ajouter qu'on dit que la campagne peine à accrocher les Français. C'est quand même passé beaucoup de choses. C'est-à-dire qu'il ne faut pas s'imaginer que du côté des Français, on aurait eu des courbes totalement plates. Dans l'opinion, vous voulez dire ? Dans l'opinion, tout à fait.

En décembre, on était quand même sur l'idée d'un match à trois, potentiellement, avec un candidat ou une candidate LR qui pouvait peut-être accrocher le second tour. Aujourd'hui, Valérie Pécresse allait être à 11% des intentions de vote. On avait aussi, il y a encore quelques temps, un Éric Zemmour qui collait à Marine Le Pen et là, qui est décroché. On voit un Yannick Jadot qui était, il y a 11 mois, devant Jean-Luc Mélenchon, dans la zone des 10% et Mélenchon à 8%. Le rapport s'est totalement inversé. Donc il s'est quand même passé beaucoup de choses.

La campagne a du mal à prendre chez les Français, mais ils ne sont pas restés, j'ai envie de dire, comme des spectateurs qui ne regarderaient rien, qui ne tiendraient pas compte de l'actualité.

9:30
Présentateur

Quelle lecture vous en faites de ces changements de position ? Alors, on ne fait pas la courge des petits chevaux, je vous rassure. On va aussi parler du contenu du fond, de ce que proposent les candidats. Mais néanmoins, est-ce que c'est parce qu'on est dans un moment où ça flotte, où c'est un peu gazeux, donc l'opinion peut se retourner en quelques jours à la faveur d'une vidéo, à la faveur d'une séquence mal gérée, d'un meeting, on pense naturellement au meeting de Valérie Pécresse, qui a le sentiment de faire complètement basculer sa campagne. Est-ce que c'est à cause de ça aussi ? Parce qu'il n'y a pas de prise, parce que ça flotte un peu ?

10:03
Invité

Il y a un petit peu de ça, mais je pense que c'est plutôt l'inverse. Allez-y. Les tendances lourdes, en réalité, finalement, on voit qu'elles reviennent et qu'elles sont présentes. Et les tendances lourdes, c'est l'étape 2 de la recomposition politique, qui avait été entamée par Macron en 2017, qui mettaient déjà et le PS et les LR sous tension. Il y a eu un moment régional où beaucoup de gens ont dit « Mais vous voyez, la droite, elle est toujours là. La gauche, le PS, il est toujours là. » Et nous, on essaie de dire « Non, ce sont les sortants qui ont bénéficié de ça.

» Et là, ce qu'on retrouve finalement, après, une possibilité pour les LR qui existait, c'est la tendance lourde d'une droite qui est prise en étau entre les Zemmour et Le Pen d'un côté et Macron de l'autre, et d'une gauche qui, on va quand même vivre un PS, probablement derrière le Parti communiste. On va en reparler. Il s'est quand même passé des choses.

10:46
Présentateur

Alors, en tout cas, lui, il se voit comme la surprise du printemps. Jean-Luc Mélenchon a réuni les siens hier à Paris, place de la République. Le leader de la France insoumise rafle la mise à gauche, se pose en vote utile, et se voit même donc au second tour face à Emmanuel Macron. Théo Manval et Christophe Roquet.

11:01
Jean-Luc Mélenchon

C'est un coup d'éclat soigneusement préparé à trois semaines du premier tour. Jean-Luc Mélenchon devant plusieurs dizaines de milliers de personnes réunies sous le soleil hier à Paris,

11:19
Invité

et qui se prend soudain à rêver comme inspiré par le calendrier. À 16h33, l'équinoxe de printemps a eu lieu.

11:31
Jean-Luc Mélenchon

La durée du jour a fini par rattraper celle de la nuit. Le 10 avril, à vous de faire avec votre bulletin de vote le printemps du peuple.

11:45
Invité

L'éclosion du candidat Mélenchon, qui veut croire en sa présence au second tour, fort de sa dynamique ces dernières semaines. Passé de 10 à 13,5% dans les sondages,

11:56
Jean-Luc Mélenchon

il devance désormais Éric Zemmour et Valérie Pécresse. Ses positions passées sur la Russie n'ont visiblement pas découragé ses soutiens, qui préfèrent retenir le programme social de leur champion.

12:09
Locuteur non identifié

Déjà la retraite à 60 ans, les SMIC à 1 400.

12:13
Jean-Luc Mélenchon

Surtout du point de vue des inégalités, vis-à-vis de l'impôt, des plus riches et des plus pauvres. En tout cas, c'est le seul candidat qui en parle. Mais la marche reste haute pour espérer rester en cours ce soir du 10 avril. L'abstention pourrait atteindre des niveaux records. Alors le candidat Mélenchon se fait à nouveau tribun pour en appeler à ceux qui hésitent.

12:33
Présentateur

Chaque personne, quelle qu'ait été sa vie, quels qu'aient été ses engagements, chaque personne est responsable du résultat, parce que c'est chaque personne qui a la clé du deuxième tour. C'est vous qui faites la décision. Ne vous dérobez pas.

12:57
Invité

Mais loin de la ferveur parisienne,

12:59
Jean-Luc Mélenchon

c'est bien Marine Le Pen qui reste pour l'heure la mieux placée des challengers sur la route vers l'Elysée. Sérénité affichée en déplacement ce week-end dans le Loiret. Après un hiver chahuté, la candidate RN a retrouvé la stabilité.

13:13
Invité

Tous les sondages la donnent présente au second tour, 4 à 5 points devant son rival France Insoumise. Mais pour garder la distance, C'est sympa de démarrer avec un petit café. Elle lâche désormais ses coups contre cet adversaire qui monte. J'en appelle aux électeurs qui sont attachés à la France.

13:32
Présentateur

Parce que Jean-Luc Mélenchon, je vous rappelle, c'est le soutien quand même à des théories racialistes,

13:39
Invité

des théories, des groupements islamistes. C'est vraiment une politique de déconstruction de notre pays. Donc tous ceux qui sont des patriotes doivent regarder cette situation et voter en conscience.

13:55
Jean-Luc Mélenchon

Comme un appel, là aussi, à ne pas se disperser.

13:59
Invité

Quant à droite, Valérie Pécresse peine à tenir la distance. La candidate LR plafonne autour des 10% d'intention de vote.

14:06
Jean-Luc Mélenchon

La faute, selon ses soutiens, à Emmanuel Macron, qui refuserait de faire campagne sur le fond et miserait une nouvelle fois sur son statut de rempart face à l'extrême droite.

14:15
Marine Le Pen

On ne peut pas, pendant 10 ans, faire l'impasse d'un débat démocratique. Et donc il y a la nécessité, aujourd'hui, d'avoir cet échange. Là où il n'y a pas de débat démocratique, eh bien il y a des risques dans la rue.

14:29
Invité

Pendant ce temps, l'ascension d'Éric Zemmour semble elle aussi interrompue.

14:33
Jean-Luc Mélenchon

Mesurée aujourd'hui sous la barre des 10% pour la première fois depuis son entrée en campagne, le polémiste devenu moins audible,

14:40
Marine Le Pen

selon lui, à cause de la guerre en Ukraine. « Ça nous distrait du vrai choc de civilisation. Oui, distraction au sens philosophique. C'est-à-dire que nos problèmes fondamentaux sont au sud. Ils ne sont pas à l'est. Nos problèmes fondamentaux, c'est l'immigration, c'est le terrorisme. » Des thèmes qu'il compte à nouveau marteler.

15:01
Jean-Luc Mélenchon

Dimanche, place du Trocadéro à Paris, là où d'autres candidats par le passé ont déjà tenu leur meeting de la dernière chance.

15:08
Présentateur

Alors nous reviendrons sur la dégringolade d'Éric Zemmour parce que c'est vrai qu'il y a encore quelques semaines, certains l'imaginaient au second tour. Une question d'Olivier, dans l'Aisne. Jean-Luc Mélenchon atteindrait-il le second tour si Yannick Jadot, Anne Hidalgo et Fabien Roussel se ralliaient à lui ou est-ce plus compliqué ? Roland Carole. Alors c'est très possible qu'il serait au second tour dans ces cas-là, mais ça n'est pas possible qu'il se rallie à lui. C'est ça l'éternelle équation de ces gauches désunies. Je rappelais que Mélenchon, il a toujours dit qu'il ne se mêlerait pas de ces histoires d'union de la gauche, que lui, il était désormais sur une autre logique.

Et il le lui rend bien. Ils ont tous envie, ils ont tous dans la tête le fait qu'ils ont passé leur tour pour cette élection. Ils font une candidature pour être là, pour défendre leur boutique. Donc chacun défend sa boutique. Le PS, le PC, les écolos. Et il pense à la suite. Il faut être le plus fort possible pour aller dans les meilleures conditions possibles aux législatives du mois de juin prochain et aller dans les meilleures conditions possibles dans la vie politique d'après. Il pense à l'après, Jean-Luc Mélenchon, ou il croit vraiment qu'il peut gagner ?

Mélenchon, il a cette capacité à se dynamiser lui-même en remettant la batterie, que je crois qu'il y croit au fur et à mesure que ça se passe et qu'il en parle. Je crois qu'il se dit, après tout, le coup est jouable. Non pas seulement le deuxième tour, mais qui c'est ? L'élection. C'est à ça qu'il pense. Oui, oui, je crois qu'il est de ces personnages qui sont capables d'habiter tellement leur rôle qu'ils deviennent leur rôle et qu'ils y croient. D'ailleurs, il faut être un peu comme ça si on veut gagner une élection. Si on fait un parallèle avec... Il y avait déjà eu une dynamique Mélenchon lors de la précédente présidentielle. Si on croise...

Alors peut-être que je me tourne vers Brice Sintorié. Si on croise ces deux courbes-là, est-ce qu'on est en train d'assister à la même chose avec Jean-Luc Mélenchon que ce qu'on avait vécu lors de la précédente présidentielle ? Ou est-ce que c'est un peu différent ?

17:07
Invité

C'est différent. D'abord pour la raison qu'a indiqué Roland Quairol à l'instant. C'est-à-dire qu'en 2017, il ne faut pas oublier qu'il n'y avait pas de candidat écologiste et qu'il n'y avait pas de candidat communiste. Donc pour avoir Jean-Luc Mélenchon au second tour, il faut non seulement qu'il arrive dans la zone des 16%. 15,5%, c'est pas impossible. Il peut détacher effectivement peut-être un peu de Jadoïs, peut-être un petit peu de Roussel qui est à 3%, 3,5%, bon mettons qu'il prenne un ou deux points par-ci, un ou deux points par-là. Un petit peu d'abstentionniste. Mais tout ça vous l'amène à 15,5%.

Alors qu'en 2017, il y avait moins de concurrence et la dynamique, elle était plus forte. À la même époque, il n'était pas à 12 ou à 13%. Il était déjà à plus de 15%, à 15 ou 16%. Et il a fini à 19,6%. Donc l'équation est beaucoup plus compliquée aujourd'hui qu'hier. La seule chance, la seule espérance, je crois, de Jean-Luc Mélenchon, c'est que le seuil de qualification pour le second tour a semblé baisser. Et là, il remonte un peu avec une Marine Le Pen, malgré tout, plutôt à 16, 17%.

18:05
Présentateur

Est-ce qu'il peut apparaître comme le vote utile à gauche, ce qu'avait dit Ségolène Royal, Naïla Latrousse ?

18:10
Invité

Il essaye, en tout cas, c'est le message qu'il essaye de faire passer, non pas au parti qui, effectivement, Roland le disait très bien, lui explique évidemment qu'il n'est pas le vote utile puisqu'il n'a pas de réserve de voix au second tour. On est en train de parler d'une éventuelle qualification dans un second tour. Yannick Jadot, Anne Hidalgo et Fabien Roussel. Très bien, mais s'ils le rejoignent dès le premier tour, il y a qui ensuite pour le rallier au second et où sont les réserves de voix ? Donc, si on écoute les partis de gauche, il ne peut pas être le vote utile, pour ces raisons-là. Il se qualifiera et puis il ne se passera rien derrière.

Lui pense qu'il peut l'être en disant aux électeurs de gauche, n'écoutez pas les partis, vous avez besoin d'être présent au second tour, ne serait-ce que pour que la gauche ne disparaisse pas du paysage politique. Et c'est à ces électeurs-là qu'il parle, à ceux qui ne souhaitent pas que la gauche disparaisse du paysage politique. Donc, ceux qui sont effectivement réfugiés dans l'abstention. Il se dit pourquoi pas aussi ceux qui aujourd'hui ne sont pas sûrs de leur vote. C'est-à-dire qu'ils disent je vais voter Anne Hidalgo, je vais voter Fabien Roussel, mais je ne suis pas sûr à 100% encore de mon choix.

Et même quand on discute avec l'entourage de Jean-Luc Mélenchon, on se dit pourquoi pas, pourquoi pas aller décrocher des points chez Marine Le Pen. Jouer la porosité entre les électorats des extrêmes, c'est-à-dire cette part d'électorat de Marine Le Pen qui ne vote pas pour l'immigration, mais qui vote pour le pouvoir d'achat et qui vote pour la retraite à 60 ans. Après tout, pourquoi pas essayer de la décrocher aussi pour atteindre ce seuil de qualification au second tour.

19:26
Présentateur

Sur le fond, sur quoi il fait la différence par rapport à d'autres candidatures de gauche ? On pense naturellement à celle d'Anne Hidalgo ou à celle de Fabien Roussel. Sur quoi se fait la différence ?

19:35
Invité

Alors, avec Fabien Roussel, le grand sujet c'est le nucléaire, c'est la question de l'énergie, sortir du nucléaire. Les 60 ans qu'il martèle depuis sa première candidature, je crois, l'expérience, ça reste un point important. L'expérience de dire, j'ai été capable de faire monter une nouvelle génération, j'ai été capable de rallier à moi des proches de Sandrine Rousseau par exemple, qui était elle dans la primaire écologiste, de dire, regardez, au final, je ne raccroche pas des grandes personnalités de gauche, mais j'arrive quand même malgré tout à faire l'union autour de moi.

20:06
Présentateur

Mais avec quel message ? C'était ça que je veux dire, avec quel message ? Qu'est-ce qu'il dit à la France de gauche que les autres ne disent pas ?

20:12
Invité

Qu'est-ce qu'il leur promet ? Il dit qu'il est capable de renverser la table. Les autres candidats de gauche aujourd'hui disent, on va essayer de modifier des paramètres, on ne va pas tout renverser. Lui dit, je veux renverser la table. Et au fond, c'est ce qui se dégage de la présidentielle plus globalement. Jean-Luc Mélenchon dit, un autre monde est possible. Marine Le Pen dit, c'est un choix de civilisation. Emmanuel Macron ne dit pas autre chose. Alors chacun avec ses solutions. Mais c'est trois modèles de société complètement différents et trois trajectoires complètement différentes. Et effectivement, il n'y a pas beaucoup de place à côté pour les réformes paramétriques.

Moi je crois que ce qu'il dit, c'est une radicalité beaucoup plus forte dans un combat riche-pauvre. Il réactive l'idée qu'il faut, quand il dit par exemple, au-dessus de 12 millions, je prends tout, il est sur une opposition beaucoup plus frontale et sur une vision de deux France, peuple d'un côté, et puis bien loti ou gentil de l'autre. Et ça, ni Yannick Jadot, ni Anne Hidalgo ne le disent en ces termes. Donc là, il a trouvé un terrain qui est beaucoup plus structuré, qui est beaucoup plus fort.

Et puis il donne le sentiment, aussi à gauche, mais qu'il a un corpus plus solide, plus travaillé, avec beaucoup plus de mesures, plus travaillé depuis longtemps, même si elles ne sont pas d'une originalité dingue, disait Roland Quirole de tous les candidats. – Ce n'est pas lui, je vous le disais. – Mais il y a quelque chose, en tous les cas, qui apparaît aux Français comme étant là et comme étant solide.

21:32
Présentateur

– Aux Français, il séduit davantage, on le voyait dans les images du reportage, la Place de la République, il y avait beaucoup de jeunes. Est-ce qu'il séduit plus les jeunes ?

21:40
Invité

– C'est une de ses grandes victoires, je trouve, de ces dernières semaines. Il était dominé par Yannick Jadot chez les jeunes, et maintenant c'est lui qui domine Yannick Jadot dans cette tranche d'âge. Donc il est en train de refaire partiellement le coup de 2017, de faire revenir des jeunes à lui. – Mais il a la trousse. – Je voulais dire aussi qu'il est disruptif dans sa façon de faire campagne, avec le paquet mis sur les réseaux sociaux, mais aussi ce meeting immersif. Donc on avait tous parlé, on disait, mais qu'est-ce que c'est que ce meeting olfactif, immersif, etc.

Il se dit, en janvier, il y a un carrefour, en pleine crise sanitaire, je me souviens des débats, est-ce responsable de tenir un meeting ? Il dit, je tiendrai mon meeting, ça fait partie des cases à cocher sur une campagne électorale, je tiendrai mon meeting, il y aura du monde, je vais rassembler, ce sera disruptif, et ça marque les esprits, et c'est là aussi une différence avec les autres candidats de gauche. – Nathalie Moret ?

22:25
Présentateur

– Il marque les esprits dans la forme, vous l'avez dit, Néla, avec des meetings qui sont réussis, la semaine prochaine ce sera au Prado, donc avec des belles images à Marseille sur fond de mer, etc. et puis aussi sur la forme et sur le fond. Sur le fond, vous dites Jean-Luc Mélenchon, vous avez tout de suite la réponse, 6ème République, retraite à 60 ans, des marqueurs extrêmement forts. – D'ailleurs, il y a une question de Martin, en haut de sa voix, qui n'a peut-être pas compris, en quoi consiste la 6ème République proposée par Jean-Luc Mélenchon ?

– Alors, Jean-Luc Mélenchon, il veut une 6ème République, c'est-à-dire qu'il veut surtout la fin du fonctionnement actuel de la 5ème République, donc il veut créer une constituante, pour qu'effectivement, les gens construisent une 6ème République qui serait beaucoup plus horizontale. C'est ça qu'il veut, il veut totalement renverser la table. Et ça, c'est un marqueur fort. À côté, les autres candidats de gauche, y compris Yannick Jadot, n'ont très peu de marqueurs forts. – Avec l'idée qu'il a fait un discours très écolo, il avait une conversion écolo il y a quelques années, Jean-Luc Mélenchon.

– Oui, c'est-à-dire qu'il a fait un mélange assez étonnant, qui est arrivé à rimer une dimension écologique permanente chez lui, avec le discours communiste des années 30, l'union à la base contre les partis, la retraite à 60 ans, je prends tout aux riches, et tous ceux d'entre vous qui n'avaient rien, vous pouvez avoir tout, c'est possible avec moi. C'est-à-dire que c'est vraiment le discours le plus incroyable par rapport aux traditions de la gauche. C'est un retour en arrière de la gauche qui dit on va vraiment liquider les inégalités de façon puissante. Il y en a marre de ces petites réformettes qui ne changent rien à vos vies. On va, pour le coup, changer vos vies.

Et en même temps, voilà, une espèce de modernité qui lui vient de la touche verte, qu'il est arrivé à faire passer. Beaucoup de gens disaient au début, Mélenchon, le sénateur Mélenchon, comme on disait jadis, rallier à l'écologie, ça va être compliqué pour lui. Ça paraît assez naturel, finalement, puisque tous les autres ont échoué. Comme Jadot fait une campagne qui n'imprime pas beaucoup. Pourquoi d'ailleurs ça n'imprime pas ? Pourquoi ça n'imprime pas ? Un, parce que je crois que c'est compliqué d'imposer un thème central d'écologie à un moment où il y a la guerre en Ukraine, de la même façon que quand il y avait la pandémie. Je crois que c'est compliqué d'installer ça.

Les gens disent oui, d'accord. C'est comme quand on disait le plus important aujourd'hui dans le monde, il y a quelques années, c'est la fin dans le monde. On disait mais qu'est-ce que vous voulez qu'on y fasse ? C'est trop compliqué là. Là, le climat produit un peu ça. Oui, c'est très très grave. Ça nous inquiète beaucoup, mais qu'est-ce que vous voulez qu'on y fasse ? Il faut vraiment quelqu'un comme Mélenchon pour arriver à arrimer ça, encore une fois, à un discours contre les inégalités. La grande force de Jean-Luc Mélenchon, c'est aussi qu'il parle concret.

Yannick Jadot va dire il faut investir massivement, il faut investir massivement dans les écologements, dans les énergies renouvelables. Tout ça reste des concepts. Jean-Luc Mélenchon, il dit moi je veux supprimer Parcoursup. Il y a tout de suite devant lui des générations de lycéens et d'étudiants à qui ça parle. Alors, ça ne dit pas forcément grand-chose, mais ça parle Parcoursup, c'est quelque chose de concernant. Or, Yannick Jadot, il n'y a rien de vraiment de concernant. C'est intéressant ce qu'il dit, c'est même cohérent, mais par contre, ça ne parle pas à quelque chose qui est facile. Enfin, au-delà du slogan, c'est quand même difficile.

25:48
Invité

Je crois que la difficulté des écologistes, c'est qu'ils produisent une réponse complexe à une situation complexe, la transition écologique, qu'en plus, ils disent il va falloir malgré tout changer nos comportements, donc ce n'est pas quelque chose de très attrayant. On va demander des efforts aux Français, et puis là, ils sont pris à revers par la montée du pouvoir d'achat. L'Ukraine, l'énergie, la montée du pouvoir d'achat qui a refavorisé le nucléaire, tout cela n'est pas très favorable.

26:10
Présentateur

Mais ça veut dire que ces amitiés, encore une fois, on est dans un contexte où l'actualité internationale a été très présente, très commentée, ils ont dû se positionner les uns les autres. Et ça veut dire que ces amitiés et sa vision du monde avec le Venezuela ou la Russie, tout ça n'impacte pas. Les Français se disent bon, au final, son anti-américanisme primaire n'impacte pas.

26:33
Invité

Quand vous prenez les différents électorats, que vous regardez leur rapport à l'Ukraine, l'électorat de Jean-Luc Mélenchon et l'électorat d'Éric Zemmour sont ceux qui minimisent le plus l'importance de l'Ukraine. Quand vous interrogez les Français sur leurs émotions, par exemple, ils nous disent colère par rapport à l'Ukraine. Il y a de la peur, mais il y a aussi de la colère. Ceux que ça mobilise le moins en termes de colère, c'est l'électorat d'Éric Zemmour électorat de Jean-Luc Mélenchon. Donc oui, ils sont sur autre chose. D'ailleurs, même Zemmour, au début, ça a gêné Éric Zemmour, mais ça ne l'a pas déstructuré.

Il a fallu du temps et d'autres éléments que simplement l'Ukraine pour qu'il passe de ces 13% à plutôt une zone à 10-11%.

27:11
Présentateur

C'est le scénario rêvé pour Emmanuel Macron, en second tour avec Jean-Luc Mélenchon ? S'il regarde les sondages, oui. Mais ce n'est pas forcément

27:19
Invité

le scénario rêvé parce qu'il y a quand même la question du débat d'entre-deux-tours, que Jean-Luc Mélenchon reste un tribun, qu'il faut essayer de mesurer dans quelle mesure est-ce qu'il peut y avoir porosité ou non avec un électorat de Marine Le Pen qui décidait dans un anti-macronisme primaire d'aller malgré tout voter pour celui qui permettra de se débarrasser d'Emmanuel Macron.

Là où ça pose on va dire un peu moins de difficultés d'un point de vue politique, c'est qu'aujourd'hui autour d'Emmanuel Macron, on vous dit mais si c'est une redite de la campagne de 2017, il n'est pas à exclure car un second tour Marine Le Pen et Emmanuel Macron mobilisent moins les électeurs donc abstention plus forte au second tour qu'au premier, l'électorat de gauche qui reste à la maison et puis au final une élection avec un certain nombre de Français qui disent puisque c'est comme ça, puisqu'on me resserre un plat que j'ai déjà rejeté, moi je n'y retourne pas.

Donc le second tour avec Marine Le Pen porte ce danger-là là où bon, Jean-Luc Mélenchon encore une fois il n'aurait pas forcément beaucoup de réserve de voix dans un second tour mais il y aurait cette question à régler du débat d'entre-deux-tours et de la porosité avec l'électorat Le Pen. Bon débatteur Jean-Luc Mélenchon ? Très bon débatteur alors cela dit bon, on entend un peu tout dans l'entourage d'Emmanuel Macron il y a ceux qui disent qu'effectivement très bon débatteur et qu'il est redoutable face au président de la République il y a ceux qui disent qu'il ne sait pas garder ses nerfs et que là-dessus

28:36
Présentateur

ça a été préjudice. Ça on l'a constaté à plusieurs reprises et c'est un sujet y compris pour son entourage l'équation personnelle qui lui aussi est redoutable en débat.

28:47
Invité

Ce n'est pas tant d'un point de vue électoral d'un point de vue électoral face à Jean-Luc Mélenchon a priori il l'emporte et il l'emporte largement. Moi je pense que c'est un bon scénario pour Emmanuel Macron parce que ce n'est pas le même scénario que 2017 qui pourrait se prévaloir ensuite d'avoir battu et l'extrême droite et la France insoumise.

29:02
Présentateur

Roland-Carroll ? Je ne sais pas parce qu'il faut d'un point de vue électoral l'un de l'autre c'est pareil Macron va gagner il n'y a pas de suspense. C'est vraiment ça ? Oui. Face à Marine Le Pen ou à Jean-Luc Mélenchon ? Oui.

Il faut faire comme les candidats il faut dire rien n'est joué jusqu'à la dernière minute une élection il peut y avoir un événement voilà il peut y avoir un candidat qui se met à se faire offrir des costumes il n'y a rien prévu ça peut arriver d'accord mais une fois qu'on a dit ça toutes choses égales par ailleurs comme disent les mathématiciens l'élection est faite là de Macron donc qui l'a en face pour l'élection c'est pas très important le problème est de savoir pour la suite pour gouverner à nouveau ce pays qui vaut mieux avoir eu en face de soi et avec quels arguments l'extrême droite ou l'extrême gauche ?

Voilà moi j'ai tendance à penser comme l'extrême droite aujourd'hui il n'y a pas que Marine Le Pen il y a une bonne trentaine de pourcents de français qui sont là je trouve que c'est peut-être plus rassurant pour le pays d'avoir une confrontation avec une partie de pays plus importante pour gérer ensuite les contradictions savoir y répondre savoir organiser le débat pour le coup dans la société c'est mon point de vue mais je ne sais pas si c'est celui de Macron il n'y a pas de dynamique en faveur de Jean-Luc Mélenchon en termes d'opinion

30:19
Invité

il n'y a pas de dynamique au sens propre du terme où une dynamique c'est un mouvement fort qui va s'accélérant il y a malgré tout une lente et assez régulière progression de Jean-Luc Mélenchon donc moi je trouve que dynamique non c'est pas approprié progression c'est incontestable

30:37
Présentateur

si on passe puisque ce soir nous avons choisi de titrer Le Pen Mélenchon il s'y boit déjà au second tour Marine Le Pen elle c'est une grande stabilité en fait qu'il a défini dans cette campagne depuis qu'elle a réussi effectivement à laisser derrière elle le candidat Zemmour elle est d'une résilience assez incroyable avoir fait le débat qu'elle a fait en 2017 qui était mais catastrophique un suicide en direct et être là en position de force pour être au second tour c'est quand même assez protigieux moi je suis en train de préparer justement un dossier qui s'appellera comme ça Marine Le Pen la résiliente parce que moi je l'ai suivi quand même pas mal de fois en campagne jamais on ne me parle en mal de ce débat c'est à dire qu'elle a réussi à en faire une force elle a réussi à dire attendez moi j'ai déjà fait ça je me suis plantée royalement elle assume sa défaite et elle en fait une force et aujourd'hui Marine Le Pen elle est c'est plus la peine qu'elle parle d'immigration si vous voulez elle s'appelle Marine Le Pen donc son nom fait déjà beaucoup et à sa droite il y a un candidat qui est beaucoup plus radical qu'elle et qui donc dans les faits la recentre donc aujourd'hui elle fait une campagne d'image où on voit qu'elle a en racontant quoi qu'est-ce qu'elle raconte elle raconte qu'elle va gouverner chaque fois qu'elle a un micro devant elle elle dit moi je suis prête j'ai de l'expérience j'ai un programme et je vais vous rendre l'argent elle fait depuis le début une campagne sur le pouvoir d'achat et elle a senti avant beaucoup de gens que ça allait être le thème le plus important de cette élection et c'est le cas avec des marqueurs forts encore une fois réduire le prix de l'énergie à 5,5% ça commence à infuser je vais vous rendre l'argent etc donc ça fonctionne son seul problème mais il est important c'est qu'elle ne sait pas si les gens qui votent majoritairement pour elle c'est-à-dire les classes populaires et les jeunes qui sont majoritairement abstentionnistes vont se déplacer c'est ça son problème Néhile Alatreuse vous me disiez tout à l'heure que c'est une dynamique aussi autour de cette l'idée de protection ce que défend aussi Jean-Luc Mélenchon protection sur une notion qui est une préoccupation des français naturellement le pouvoir d'achat

32:51
Invité

c'est exactement ça et pour rebondir juste sur ce que vient de dire Nathalie dans l'équipe de Jean-Luc Mélenchon la qualification au second tour on la conditionne aussi à un accident de participation dans l'électorat de Marine Le Pen ça c'est le petit delta voilà si les événements jouent en notre faveur mais le sujet de la protection il est effectivement enfin majeur il s'incarne sur le pouvoir d'achat c'est pour ça que la question de la guerre en Ukraine est importante mais il faut voir sa traduction électorale est-ce que sa traduction électorale c'est de dire on veut un chef de l'Etat qui nous représente bien dans les sommets de l'OTAN ou dans les sommets de l'Union Européenne ou est-ce qu'on veut un chef de l'Etat qui nous protège des prix à la pompe c'est la grande crainte d'ailleurs dans l'équipe d'Emmanuel Macron si demain il y a un embargo sur le pétrole si demain il y a un embargo sur le gaz que les prix à la pompe s'envolent qu'on est à 4 euros par exemple du litre de gazole à qui ça profite ?

est-ce que ça profite à Marine Le Pen qui se retrouverait avec une encore plus forte dynamique au premier tour et qui elle joue la victoire qui elle ne joue pas le match retour de 2017 elle, ce qu'elle joue c'est pouvoir gagner elle y croit vraiment ? elle y croit vraiment mais alors dur comme fer

33:53
Présentateur

vous n'avez pas vu la mou à ma gauche de Roland Kérol mais il a fait la mou je ne suis pas sûr qu'elle y croit mais bon si vous me le dites en tout cas avec vous le slogan ce qui est vrai quand même c'est qu'elle est quand même pas elle a fait tout ça mais elle revient de loin elle a eu chaud alors on va continuer d'en parler Roland Kérol mais je voudrais qu'on voit le deuxième reportage je disais qu'avec vous avec vous Roland Kérol mais avec vous c'était le slogan aussi de Macron 2 qui donne le ton le président critiqué pour son exercice solitaire du pouvoir veut mettre son deuxième mandat sous le signe de la concertation du dialogue une formule qu'il a déjà éprouvée et qui a montré parfois ses limites en tout cas pour ceux qui ont été associés à ces grandes concertations à ces grands débats Julien Lhonnet Dominique Lemarchand

34:38
Marine Le Pen

c'est un village de 315 habitants situé en Normandie petit bout de territoire rural administré depuis 2008 par cette mer sans étiquette dans sa vie d'élu Claire Carrère Godbout 59 ans garde un souvenir marquant c'était le 15 janvier 2019

35:00
Présentateur

bonjour monsieur le président de la république mon intervention va porter sur la transition énergétique et l'écologie

35:07
Marine Le Pen

ce jour là elle a l'occasion de s'adresser directement au chef de l'état Emmanuel Macron cherche à désamorcer la crise des gilets jaunes il lance alors un grand débat dans une commune proche de la sienne près de 7 heures à échanger avec plusieurs centaines de maires

35:21
Invité

il y avait un vent d'espoir

35:26
Présentateur

je pense qu'il naissait parce que les maires on avait quand même l'impression que les maires ruraux enfin les maires en général et les ruraux en particulier allaient être un petit peu écoutés parce que quand même le président de la république était venu nous chercher à la rescousse quand il y a eu la crise début de la crise des gilets jaunes on s'est un peu retourné vers les maires ruraux de tous les villages en disant essayez de faire quelque chose voilà donc là on avait l'impression d'être écoutés bon l'impression est vite retombée je crois

35:55
Marine Le Pen

la déception de Claire Carrère Godbout d'autant plus frustrant pour elle que ses habitants expriment à l'époque leurs préoccupations les fameux cahiers de doléances

36:05
Présentateur

il faut tout faire pour rester en bonne santé dans notre département car manque alarmant de médecins généralistes et spécialistes trois ans après on en est toujours au même point donc voilà et compter on peut sur nous les élus pour aussi transmettre la parole donc c'est ce qu'on a fait puisqu'on les a scannés il y a eu des remises officielles de cahiers de doléances à Paris à la présidence de la République enfin voilà qu'on en soit toujours au même point sur le pouvoir d'achat enfin je me dis c'est pas possible ça peut pas durer et moi je suis honnêtement je suis un peu surprise quand même que bon c'est sûr qu'il y a eu le Covid qui est passé par là bon là il y a la guerre en Ukraine mais enfin les gens sont calmes là je trouve étonnamment calmes je sais pas si ça ce que ça veut dire mais ouais je suis pas certaine que ce soit bon signe quoi

37:00
Marine Le Pen

les limites de la concertation mais Emmanuel Macron persiste et signe nouvelle démonstration récemment dans une ville des Yvelines le président candidat choisit l'échange organisé avec les français plutôt que les meetings ou les débats avec ses adversaires

37:17
Invité

employés en assurance

37:18
Présentateur

tout à l'heure je suis parti prendre donc mettre de l'essence dans mon véhicule et j'ai vu plus de 2 euros monsieur le président est-ce que vous vous rendez compte que plus de 2 euros c'est juste énorme pour un français moyen

37:32
Auditeur

il y aura une mesure supplémentaire sur la partie essence que le gouvernement est en train de terminer à laquelle je suis favorable

37:39
Marine Le Pen

la consultation pour faire campagne et parfois pour faire la loi c'est en tout cas ce qu'avait promis Emmanuel Macron en 2019 avec la convention citoyenne pour le climat 150 personnes tirées au sort dont Sylvain Burkier lui se souvient que le chef de l'état avait pris l'engagement de reprendre leur proposition sans filtre

38:00
Invité

c'est une réussite d'un point de vue de la loi puisque 25% en gros des mesures qui ont été proposées sont passées dans les textes de loi mais c'est clairement pas suffisant au regard de l'enjeu donc il y a différentes manières de voir la réussite ou l'échec c'est pas un échec c'est pas un échec du tout c'est les prémices de ce qui pourrait être fait par contre il va falloir donner un cadre à tout ça parce que les histoires de sans filtre etc à un moment on ne peut pas juste déranger les gens les questionner et ne pas retenir ce qu'ils demandent

38:31
Marine Le Pen

Emmanuel Macron envisage une nouvelle convention citoyenne en cas de réélection elle portera cette fois-ci sur la fin de vie

38:39
Présentateur

et cette question qui nous est posée ce soir en cas de réélection d'Emmanuel Macron ne risquons-nous pas un quinquennat en proie à la colère des Gilets jaunes à la puissance 10 Nathalie Moret c'est en tous les cas ce que veut essayer de faire croire une partie de la droite on voit bien on entend bien cette petite musique depuis on va dire une petite dizaine de jours depuis que le président Macron en gros est rentré dans l'arène et qu'il a décidé de ne pas débattre avant le second tour il y a toute une partie de la droite et non des moindres parce que je vous rappelle que c'est quand même Gérard Larcher qui ont dit ah oui il ne faudra pas s'étonner s'il n'y a pas un problème de légitimité sous-entendu que le président élu et réélu Emmanuel Macron serait illégitime et donc que quand il y a un problème de légitimité les choses se règlent dans la rue ça c'est ce qu'il essaie de faire passer comme idée une partie de la droite c'est pas ce qu'essaye de faire passer Marine Le Pen c'est pas ce qu'essaye de faire passer Éric Zemmour ni Jean-Luc Mélenchon donc on voit qu'il y a deux positionnements par rapport à ça moi je ne suis pas certaine en règle générale qu'il y aura une crise des gilets jaunes bis parce que moi j'ai le sentiment en tous les cas quand je rencontre mes lecteurs ce que je fais beaucoup en cette période d'élection qu'il y a une espèce de fatigue démocratique énorme dans l'opinion qui d'ailleurs inquiète beaucoup les équipes du président de la République et on ne répond pas forcément à la fatigue par une mobilisation ça c'est ce que mais après on verra tout dépend de ce qui va arriver en partie de l'inflation vous avez raison d'insister sur cette phrase qui a beaucoup fait parler et qui a d'ailleurs une réplique du président de la République qui disait un président du Sénat ne devrait pas dire ça aussi parce que ça sous-entend que comme il n'y a pas eu de campagne comme au final il n'y aura pas eu de vrai grand débat entre Emmanuel Macron et d'autres opposants et bien il n'y aura pas de vrai président en tout cas il n'aurait pas le mandat pour agir Roland Quirole est-ce que c'est est-ce que c'est grave est-ce que c'est un poison lent ce genre de phrase je crois qu'il y a deux choses il y a celle-là d'abord la légitimité politique on a souvent dit ça dans les élections ça ne s'est jamais avéré d'accord une fois qu'on est élu on est élu il y a quelques quelques auteurs chaque fois qui essayent de dire ouais mais il a été élu on l'a fait pour Macron dans ces cinq dernières années et même les gens ne disent pas il a été élu par 24% c'est ce qu'avait fait Jean-Luc Mélenchon par 18% des inscrits pour montrer que c'est ridicule mais en vérité à part quelques auteurs ou quelques politices ça ne marche pas auprès de l'opinion publique l'élection a eu lieu ils ont en général pas de mal participé ça va le problème c'est une autre chose qui est une vieille habitude de notre vie politique c'est le troisième tour social ce qu'on n'a pas réussi à avoir dans les urnes est-ce qu'on va l'avoir autrement par des gilets jaunes par des manifs et ça je dirais évidemment c'est imprévisible et évidemment ça dépendra beaucoup de la gestion du pouvoir par celui qui a été élu regardez en 2002 Chirac est élu face à Jean-Marie Le Pen 82% il est élu par des voix de gauche et droite alors vraiment là sans les avoir cherché au départ lui il a vraiment réussi la réunion des troupes massives de la gauche et de la droite il aurait dû dans la logique de cette élection essayer de donner des satisfactions à l'ensemble de ses électeurs il a fait une campagne RPR de sa famille politique et ça a été une immense déception quand on est élu dans des conditions extraordinaires dans un match qui est un match où ne participent pas un grand nombre des forces politiques républicaines je crois qu'il faut prendre ça en compte et qu'il faut avoir une gestion du pouvoir et à mon avis c'est une des raisons pour lesquelles Macron dit il faudra qu'il le fasse dit qu'il va appuyer sur le côté participatif citoyen débat mettre les gens dans le coup je crois que c'est ça c'est pour éviter cette espèce de risque tout le temps d'un troisième tour social plus ou moins larvé ou plus ou moins éruptif Brice Tinturier avec cette idée qu'il a présenté son programme la semaine dernière certains de ses proches avaient dit vous verrez c'est quand même le Macron transgressif sur un effet waouh au final c'est un programme il n'y a pas eu d'aspérité en tout cas ça n'a pas fait le débat comme on aurait pu l'imaginer pourquoi ?

43:07
Invité

parce que c'est un mélange de continuité avec un certain nombre d'ajouts mais il n'y a pas effectivement une rupture phénoménale entre ce qu'il a fait depuis 5 ans et puis ce qu'il nous dit qu'il ferait dans un second mandat donc là-dessus il n'y a pas énormément non plus de nouveautés mais si vous me permettez sur la question de la légitimité

43:24
Présentateur

allez-y je vous en prie

43:25
Invité

c'est quand même quelque chose de récurrent à droite que de contester la légitimité d'un président élu ça avait été le cas en 2012 avec François Hollande souvenez-vous Nicolas Sarkozy expliquait qu'avec 15 jours de plus il l'aurait emporté où François Fillon ne cessait de dire que François Hollande devienne enfin président il avait été élu ça a été le cas en 2017 avec ce thème d'une victoire volée François Fillon n'a pas accédé au second tour et là on sent que ça affleure et moi je crois que c'est malgré tout très grave parce que c'est malsain dans le débat ça ne produit pas forcément d'effet puissant effectivement dans l'opinion mais c'est quand même très malsain de commencer à l'avance à dire qu'un président élu ne serait pas légitime

44:04
Présentateur

c'est surtout une façon d'anticiper la défaite

44:05
Invité

et en plus ça donne ce sentiment tout à fait tout à fait mais l'autre aspect malgré tout ensuite c'est que la force propulsive que donne normalement l'élection pour conduire après à des réformes elle est de moins en moins vraie et ça j'ai envie de dire quel que soit d'ailleurs le taux d'abstention ou le taux de mobilisation parce qu'on voit bien que l'électorat est beaucoup plus fracturé qu'on n'a pas deux grands blocs gauche et droite avec un schéma classique qu'on avait avant et bien ils se sont exprimés puis la gauche ou la droite a gagné puis du coup on accepte on a une France quand même beaucoup plus inflammable beaucoup plus fragmentée politiquement et oui la question de la résurgence d'une forme de violence dans la rue ou de contestation elle est toujours possible surtout avec des réformes

44:46
Présentateur

telles qu'il les a annoncées on pense naturellement à la réforme des retraites la retraite à 65 ans c'est pas le type de sujet sur lesquels on peut faire de la concertation si ?

44:55
Invité

c'est quand même un petit peu compliqué comme vous avez dit regardez les sondages sur la durée il y en aura il y en aura mais le risque c'est que ça soit perçu comme une fausse concertation comme ça l'avait été justement auparavant donc sur les retraites moi je pense ça sera extraordinairement compliqué et c'est pour ça que ça reste inflammable parce que vous avez encore notamment sur cette question là des Français qui sont opposés à ce qu'on recule l'âge de la retraite à 65 ans

45:18
Présentateur

majoritairement ?

45:19
Invité

ah oui sur le recul de l'âge de la retraite non ils préfèrent encore cotiser davantage plutôt que de reculer l'âge de la retraite donc il y aura des sujets extrêmement explosifs il peut y avoir de la contestation sociale le troisième tour social mais ce n'est pas la même chose que la légitimité il faut totalement déconnecter ces deux idées

45:37
Présentateur

je cite Marine Le Pen sur la présentation du programme d'Emmanuel Macron qui dit on avait le sentiment qu'Emmanuel Macron se débarrassait d'une corvée est-ce qu'il est vraiment entré dans cette campagne Néhila Latrousse est-ce qu'il peut vraiment entrer dans cette campagne et est-ce qu'il y a une crainte ça fait beaucoup de questions nulles mais je sais que vous allez y arriver est-ce qu'il y a une crainte au sommet de l'État de voir émerger un sujet comme on a vu la semaine dernière avec le sujet corse qui n'était pas prévu dans quel état d'esprit sont-ils ?

46:02
Invité

Alors l'état d'esprit c'est de dire que bon a priori la qualification pour un second tour est acquise mais l'interrogation c'est de savoir à quel seuil est-ce qu'il reste au-dessus des 30% qui lui sont accordés pour l'instant ce qui permet d'avoir un socle assez puissant dès le premier tour ou est-ce qu'il reflue est-ce que ce qu'on appelle l'effet drapeau justement finit par s'estomper dans 15 jours trois semaines est-ce que enfin dans 15 jours plus que trois semaines parce que trois semaines on sera au premier tour et on le rappelle encore dans 15 jours parce que les prix du carburant ont augmenté j'ai regardé il y a trois semaines précisément on était le 28 février on était quatre jours après le déclenchement de la guerre en Ukraine on a l'impression qu'aujourd'hui c'est ce qui a pris le pas sur la campagne il y a trois semaines on ne savait pas quel serait l'effet sur la campagne donc tout ça pour dire que trois semaines c'est extrêmement long dans une campagne électorale sur les craintes pour un second mandat avant même la présentation du programme avant même la présentation des 65 ans un ministre me disait que de toute façon depuis la réélection de Jacques Chirac il y a une crise majeure par quinquennat les banlieues en 2005 sous Nicolas Sarkozy il y avait eu toutes les manifestations dans la rue la crise de l'EHPAD etc enfin bon il y a eu un quinquennat qui était pour le moins agité les bonnets rouges la crise économique la crise économique 2008 les bonnets rouges et ses conséquences les bonnets rouges sous François Hollande et puis là les gilets jaunes et le terrorisme sous François Hollande j'en rajoute des crises qui s'attendent de toute façon à ce qu'il y ait une crise majeure dans le prochain quinquennat la question c'est pas si elle aura lieu c'est quand elle aura lieu et comment on fait pour retisser le lien entre les français et la politique et là on en arrive

47:29
Présentateur

à la méthode et bien justement justement on va continuer sur cette ligne là et sur cette idée là parce que dans cette dernière ligne droite à peu près tous les candidats vont avoir un seul objectif amener les français aux urnes les convaincre que la politique peut encore quelque chose pour eux encore quelque chose pour leur quotidien 5 ans après nous sommes retournés sur le site de Whirlpool vous vous souvenez à l'époque tous les prétendants étaient venus faire des promesses Léa Dermidjan et Emmanuel Bach

47:55
Invité

Frédéric et Patrice font partie des trois derniers salariés de l'usine Whirlpool ils sont chargés des reclassements les irréductibles comme ils aiment se surnommer 25 ans qu'ils passent ces tourniquets aujourd'hui plus d'activité sur le site

48:17
Marine Le Pen

là vous pouvez constater que vous êtes sur une friche ça n'a plus rien à voir avec ce qu'on avait

48:23
Jean-Luc Mélenchon

il y a quelques années qu'on voit ce site-là

48:26
Marine Le Pen

dans cet état-là c'est beaucoup d'amertume beaucoup de regrets et tout ça pour rien Whirlpool

48:33
Invité

leur usine leur combat et en mai 2017 devant les caméras le lieu de la bataille de l'entre-deux-tours à l'époque Emmanuel Macron promet des reclassements pour tous Marine Le Pen que l'usine ne fermera pas

48:47
Marine Le Pen

moi là quand elle dit ça ne fermera pas je suis parti j'ai dit l'augmenter et je suis parti rallumer

48:57
Invité

Patrice lui avait voté Rassemblement National

49:00
Auditeur

je vais vous dire il y a très peu de chance pour que je vote pour Le Pen parce que

49:09
Jean-Luc Mélenchon

si on revient sur la fermeture de Whirlpool elle est venue ce jour-là depuis pas un mot pas un mot sur l'affaire rien du tout rien du tout

49:18
Marine Le Pen

alors vous savez on verra bien on verra bien pour qui on votera

49:24
Présentateur

Marine Le Pen vous avez été les acteurs

49:28
Marine Le Pen

de cette propagande politique là forcément

49:31
Invité

ce sont servis nous pour se voir leur popularité ce sont servis de la tristesse des gens de la misère la misère sociale elle a servi à une campagne à quelques kilomètres du site la vie hors de l'usine Fabien Dantin ne l'avait jamais imaginé

49:54
Jean-Luc Mélenchon

moi je suis une dorée les Amiens

49:55
Invité

comme ses parents avant lui il se voyait travailler toute sa vie à Whirlpool

50:00
Jean-Luc Mélenchon

ça va aller ?

50:01
Locuteur

oui ça va aller une bonne journée

50:03
Invité

après son licenciement des mois de chômage il décide que l'industrie c'est du passé

50:08
Jean-Luc Mélenchon

être patron d'un bar c'est déjà un climat beaucoup plus chaleureux beaucoup plus sympathique et puis c'est surtout de voir qu'à soi-même

50:17
Invité

ancien chef de production Fabien Dantin ne compte pas voter en avril prochain les candidats la politique pour lui c'est loin des yeux et loin très loin du coeur

50:28
Jean-Luc Mélenchon

je viens faire mon travail je déclare mes impôts en fin d'année je paye mes impôts je sais pas s'ils sont bien utilisés aujourd'hui mais je les paye point j'attends rien d'eux

50:38
Invité

par contre je suis toujours révolté sur les 200 personnes chez Walpool mais sur les combien en France les Goodyear les continentaux il y en a combien qui sont sur le carreau aujourd'hui il y en a combien qui se sont foutus en l'air il y en a combien mais ils n'en ont rien à foutre ces gens là comment voulez-vous qu'on s'intéresse à eux alors qu'ils n'en ont rien à foutre de nous les hommes politiques ne s'intéressent pas à vous

50:57
Auditeur

bien sûr que non on est juste un bulletin de vote dans une enveloppe aujourd'hui

51:02
Invité

la politique les déçus et ceux qui veulent encore y croire c'est le cas de Christophe Beaugrand 44 ans son histoire à lui c'est 25 ans chez Whirlpool et depuis la galère

51:15
Auditeur

et toi qu'est-ce que tu fais là du coup ? moi je suis au chômage 3 licenciements en 3 ans ça commence à...

51:26
Invité

le quotidien avec seulement 1200 euros d'endemnité chômage et des offres d'emploi pour des missions d'intérim pas question de se résigner lui veut croire en la politique locale et pour les législatives fait campagne pour François Ruffin il faut gagner mais pas trop parce que...

51:43
Auditeur

on va voter on essaye d'avoir des gens qui peuvent faire changer les choses c'est quand même l'essentiel il n'y a que eux qui peuvent faire changer les choses c'est pas moi petit ouvrier qui vais faire changer les choses donc oui j'y crois encore à demi mot à demi mot

52:07
Invité

en 2017 dans la Somme au second tour après la bataille de Whirlpool Emmanuel Macron arrivait en tête avec 54% des voix contre un peu plus de 45% pour Marine Le Pen

52:19
Présentateur

Nathalie Morin je voudrais qu'on revienne ensemble sur cette séquence avec ce monsieur qui était derrière son bar et qui disait il faut rien pour nous sans doute qu'il a reçu des aides du gouvernement il a sans doute il fait partie des heureux qui ont reçu des aides pendant le confinement et qui ont fait qu'il n'a pas perdu son outil de travail c'est quelque chose enfin nous en presse quotidienne régionale on le voit vraiment beaucoup parce que tous les bars restos ont fermé et quand ils ont ouvert objectivement ils étaient tous plus ou moins et pourtant il a l'impression que la politique ne peut rien pour lui mais c'est normal parce que quand il reçoit les aides pour refaire son bar pour avoir déjà le chômage partiel et pour et sans doute des aides qui lui ont permis aussi de remettre un petit coup de peinture dans son restaurant parce qu'il y a quand même beaucoup de restaurants qui ont été dans ce cas là on n'a pas le sentiment que c'est les politiques qui vous aident il y a une distorsion entre le discours politique auquel on ne croit plus et les aides qui arrivent quand il y a un coup dur qu'on attribue à l'État c'est l'État d'un côté et les politiques de l'autre ça a forcément corrélé l'État et les politiques et ça c'est grave parce que l'État c'est pas seulement des fonctionnaires qui font leur travail c'est aussi des politiques qui dirigent des administrations en théorie au moins Roland Quairol vous qui avez travaillé sur les abstentionnistes pour votre documentaire je trouve qu'il résume assez bien ce que j'ai vu un peu partout et entendu partout en France il y a ces décalages en effet entre l'État et une croyance toujours très forte dans le fait que l'État peut tout on attend énormément de l'État ça continue quoi qu'il en coûte ça a été ça voilà et donc il doit faire ce qu'il fait il a fait son devoir c'est tout les politiques c'est ce qu'ils disent là ce qui revient quand même le plus souvent c'est ça ils viennent dans les périodes électorales faire le beau devant nous tout à coup ils font comme s'ils s'intéressaient beaucoup à nos vies et puis dès qu'ils ont été élus c'est seuls leur carrière les intéresse ils s'en foutent de nous ils nous méprisent ils nous prêtent pas c'est pour ça que je voudrais ça résume bien un espèce d'état d'esprit qui est devenu extrêmement massif dans la jeunesse rendez-vous compte que dans les élections de l'année dernière dans les élections de l'ensemble du quinquennat les jeunes de 18 à 30 ans se sont abstenus de 70 à 82% c'est-à-dire que vraiment on peut parler d'un phénomène systémique et ça devient aussi presque aussi important dans les catégories populaires pas dans les catégories populaires les plus âgées parce qu'elles ont encore un sentiment qu'il y a un devoir civique donc même si les élections ne les intéressent plus même s'ils ne croient plus beaucoup aux partis politiques ils y vont parce que c'est le devoir civique mais cette notion de devoir civique elle a disparu pour les autres au contraire elle est chez pas mal d'abstentionnistes remplacée par l'idée que l'abstention devient un devoir civique puisqu'ils se foutent de nous puisqu'ils ne s'occupent pas de nous puisqu'ils ne sont pas capables de nous avoir un avenir notre devoir c'est de ne pas y aller c'est-à-dire qu'on est arrivé à un point de dangerosité très grave un ami me disait pendant mon tournage le suffrage universel va finir par réussir à revenir à avant la révolution et avoir fait le suffrage transitaire c'est les gens qui sont les plus aisés financièrement qui votent ou pour l'éducation qui votent vous avez fait un livre je le rappelle la crise de la démocratie plus rien à faire plus rien à foutre vous parliez déjà de ces gens qui s'étaient détournés de la politique

55:38
Invité

oui c'était en 2016

55:39
Présentateur

c'est ça

55:40
Invité

je crois que là ce qui s'est accentué c'est tout simplement le mantra de toutes les campagnes électorales qui était le changement et bien ce n'est pas le mantra de cette campagne électorale on avait toujours des variations autour du changement du changement dans la continuité jusqu'au il faut changer maintenant et c'est ce à quoi les français et votre reportage je le montrais très bien ne croit plus il ne croit plus que les politiques peuvent changer fondamentalement les choses et pourquoi est-ce qu'il y a cette disjonction ensuite avec mais pourtant l'état a fait des choses justement parce qu'on est dans la protection pas dans le changement alors dans la protection on estime que oui l'état nous protège sans doute mais ce n'est pas la politique donc celui qui gagne

56:15
Présentateur

à la fin c'est celui qui promet le plus d'état le plus de protection

56:18
Invité

c'est celui qui mais tous sont passés dans ce régime de la protection quand vous êtes dans la protection vous n'êtes pas dans la politique qui change les choses et c'est ça je crois qui nourrit aussi fondamentalement changer la vie

56:30
Présentateur

c'est plus un rêve pour personne

56:32
Invité

ça pourrait être un rêve parce que le pays est mécontent parce qu'il y a quand même des aspirations très fortes ce qui n'est plus du tout crédible c'est que les politiques puissent changer la vie

56:40
Présentateur

et nous revenons maintenant à vos questions existe-t-il un seuil d'abstention trop haut pour invalider une élection non non j'ai l'impression de ne voir que de vieux programmes sans idées nouvelles suis-je la seule Sandrine dans le Haut-Rhin

56:58
Invité

Néhla Latroux ah non non elle n'est pas la seule effectivement nous aussi on a l'impression de revoir certaines recettes qui ont déjà été utilisées ailleurs à ceci près qu'elles ont tellement été répétées pour celles de Marine Le Pen pour celles de Jean-Luc Mélenchon et même pour celles d'Emmanuel Macron il y a certaines des propositions qui étaient déjà dans le programme de 2017 qui sont des promesses non tenues je pense par exemple au versement à la source des prestations sociales mais encore une fois comme on est dans l'idée non pas de changer mais de protéger et de voter pour celui qui est le plus crédible et bien si on a répété quatre fois qu'on allait faire quelque chose et qu'on le répète une cinquième fois on se dit que peut-être ça peut marcher le ralliement de Marion Maréchal

57:33
Présentateur

n'a-t-il rien à rapporter à Éric Zemmour et pourquoi ?

il n'a rien à rapporter il n'a rien à apporter mais absolument rien à Éric Zemmour on le voit parce qu'aujourd'hui la personnalité même d'Éric Zemmour est un problème dans cette campagne électorale et au bout d'un moment Marine Le Pen c'est vrai que c'est une icône à droite mais est-ce qu'elle amène des troupes est-ce qu'elle amène un parti est-ce qu'elle amène non Marion oui pardon Marion Maréchal pardon effectivement non donc elle arrive je pense qu'elle-même le savait d'ailleurs je pense qu'elle vient pour l'après pour construire l'union des droites et pour construire ce qui arrivera de la droite après le second tour mais l'objectif ce n'était pas vraiment elle est peut-être arrivée un peu trop tard aussi non ?

il y a une histoire de tempo

58:15
Invité

il y a une histoire de tempo il y a l'Ukraine aussi qui est arrivée à ce moment-là

58:18
Présentateur

un président élu par seulement un tiers ou un quart des français on peut dire au revoir aux réformes non non je ne crois pas je ne crois pas je pense qu'au contraire si on prend l'hypothèse de la Macron réélu je crois qu'il est devant ce double objectif qu'il a dit dans sa conférence de presse je veux bien que rien n'ait été nouveau il a annoncé un certain nombre de réformes nouvelles et il a annoncé deuxièmement cette méthodologie nouvelle laquelle réforme nouvelle a retenu votre attention ?

un peu toutes l'école par exemple d'accord c'est pas rien ce qui s'est mis comme dossier sur la table tout seul donc je crois qu'il s'est mis dans les conditions telles qu'il se les impose il veut être candidat à un deuxième mandat ça veut dire quelque chose bonsoir on a bien travaillé non on part pour un deuxième mandat c'est différent et donc je crois qu'il s'impose d'en faire et qu'il s'impose de les conduire différemment et je crois qu'il est très important que les citoyens l'entendent parce qu'il faut ensuite être exigeant envers les pouvoirs il ne faut pas se contenter de râler et de dire j'y vais plus j'y crois plus exigeant par exemple sur la méthode comme on l'a montré tout à l'heure sur dire on concerne on est là on nous demande notre avis absolument exigeant sur la méthode et exigeant sur les réformes

59:32
Invité

les deux attentes aujourd'hui à l'égard d'un président de la république c'est sa capacité à écouter et à comprendre les français premier critère pour les français et la deuxième attente c'est sa capacité à faire face à des crises graves Emmanuel Macron il coche la deuxième case il ne cochait pas il ne coche pas la première case c'est pour ça qu'il met beaucoup d'assistance à dire il n'est pas très crédible là-dessus parce qu'il a donné le sentiment d'une présidence verticale je vais écouter et puis parce qu'il sait aussi que ces réformes elles vont être difficiles à conduire s'il ne répond pas à cette demande

1:00:00
Présentateur

d'où son slogan

1:00:00
Invité

d'où son slogan et encore une fois ça montre aussi que ce n'est plus le critère d'un bon président c'est quelqu'un qui est capable de changer des choses

1:00:07
Présentateur

Pourquoi Jean-Luc Mélenchon ancien sénateur socialiste septuagénaire incarne-t-il pour beaucoup l'espoir d'une gauche renouvelée ?

1:00:14
Invité

Là encore on a évoqué évidemment tout ce qui permettait de le différencier des autres candidats de gauche sur la méthode il y a un point intéressant c'est que Jean-Luc Mélenchon il dit je gouvernerai différemment alors effectivement il tape sur la verticalité d'un Emmanuel Macron encore hier dans son discours en évoquant les décisions du conseil de défense etc lui il dit on fera l'union populaire donc horizontalité on fera le principe de la révocation des élus vous n'êtes pas content vous pouvez les révoquer il dit qu'il veut reprendre aussi le référendum d'initiative citoyenne des Gilets jaunes donc il est sur cette espèce d'horizontalité qu'on retrouve aussi chez les autres candidats avec des mesures différentes Emmanuel Macron il dit moi je ferai un grand débat permanent je ferai le droit d'amendement citoyen c'est réservé normalement aux députés et au gouvernement les citoyens pourront demain pourquoi pas apporter des amendements à la loi Marine Le Pen dit référendum donc on voit bien que là aussi

1:01:03
Présentateur

on voit qu'on essaye

1:01:06
Invité

d'aller en tout cas vers davantage d'horizontalité dans la prise de décision et c'est aussi pour ça c'est l'une des raisons pour lesquelles Jean-Luc Mélenchon apparaît comme tranchant par rapport aux autres à gauche une question de Franck à Paris

1:01:15
Présentateur

Marine Le Pen ne va-t-elle pas être accusée de dépendre de la Russie et de la Hongrie à cause des prêts contractés auprès de ces pays c'est déjà le cas mais pour l'instant elle n'en souffre pas c'est un constat elle est effectivement c'est un argument qui pourrait être porté contre elle mais pour l'instant elle n'en souffre pas

1:01:30
Invité

parce qu'elle est restée sur la thématique du pouvoir d'achat elle a soigneusement évité elle a condamné l'invasion d'Ukraine et puis ensuite elle est revenue tout de suite au pouvoir d'achat contrairement à Éric Zemmour c'est là où elle a une intelligence de la campagne et du tempo qui est plus forte

1:01:42
Présentateur

et une connaissance de son électorat aussi

1:01:44
Invité

qui est beaucoup plus populaire beaucoup plus sur la question du pouvoir d'achat et puis qu'elle a quand même

1:01:48
Présentateur

clairement condamné l'invasion russe et approuvé l'accueil de réfugiés ukrainiens ce qui pour elle n'était pas évident le programme d'Emmanuel Macron ne le situe-t-il pas définitivement à droite ? alors il y a des choses il y a des marqueurs de droite la retraite à 60 ans il y a des choses qui sont 65 65 pardon des choses qui sont plus de gauche notamment plus d'argent pour les femmes qui élèvent leurs enfants seules des choses comme ça moi ce qui me paraît plus de gauche entre guillemets c'est pas de gauche mais le marqueur fort de sa campagne c'est qu'il fait campagne beaucoup en proximité on avait dit qu'il veut parler aux gens qu'est-ce qu'il fait ?

il a déclaré sa compagne enfin sa candidature chez nous en presse quotidienne régionale et ses premières interviews face à des vrais journalistes ça va être sur France Bleu et sur France 3 qui sont aussi des médias de proximité et ça je vois que c'est une signature très forte de sa campagne si Jean-Luc Mélenchon est élu sait-il comment financer son programme ?

si Jean-Luc Mélenchon est élu ça c'est un mystère je me suis posé la question tout l'après-midi d'hier et vous n'avez pas la réponse pour le moment je n'en ai pas sauf qu'il nous a dit je récupère tout en prenant les patrimoines de plus de 12 millions Sébastien dans le Calvados nos hommes et nos femmes politiques n'auraient-ils pas oublié de nous faire rêver tout simplement ?

pas tous regardez quelqu'un comme Fabien Roussel a une campagne beaucoup plus positive puisqu'il fait campagne sur les jours heureux je note que dans son discours hier Jean-Luc Mélenchon a eu des tonalités plus positives donc c'est vrai qu'on a beaucoup vu dans le premier parti de cette campagne des choses très négatives avec un Jean-Luc Mélenchon Eric Zemmour qui imprimait et là peut-être que finalement on va aller vers des choses plus...

1:03:25
Marine Le Pen

est-ce que c'est bien

1:03:26
Présentateur

de faire rêver ?

histoire qu'on se réveille en plein cauchemar moi je trouve qu'il vaut mieux dire les choses clairement sérieusement ce qu'on peut faire c'est sûr que quand on regarde l'actualité c'est sûr que c'est pas très facile de rêver en ce moment merci à vous tous il est l'heure vraiment de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne et toute l'équipe de CETA bonsoir Anne-Elisabeth bonsoir Caroline au menu ce soir la situation en Ukraine la campagne de Valérie Pécresse qui ne décolle pas mais aussi les bleus du 15 de France qui décrochent leur premier grand chelème depuis 12 ans et qui ont fait rêver les français autant de sujets qu'on évoque avec nos invités ben voilà c'est ça il nous reste les bleus allez merci à vous tous je vous rappelle que vous pourrez retrouver C'est dans l'air quand vous le souhaitez en podcast et en replay on se retrouve demain 17h50 pour un nouveau C'est dans l'air