«Je dois parler de la maladie de ma mère sous les cris "Israël assassin"» Enthoven face à Beigbeder
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Cette phrase "Le savoir nous distingue mais l'ignorance nous réunit". On le vérifie chaque jour. On le vérifie chaque jour plus aujourd'hui.
Bien sûr. D'ailleurs, c'est à ch c'est très intéressant de voir dans les dîners que vous connaissez bien mon cher Frédéric. Euh dans les dîners, il y a souvent parfois quelqu'un qui dit "Moi qui n'y connais rien, je peux vous dire que".
Et c'est le moment où la personne s'apprête à enfoncer une porte ouverte. Je suis extrêmement extrêmement heureux de recevoir ce soir Raphaël Antoven pour son livre l'albatros publié aux éditions de l'observatoire et je suis heureux d'avoir des des invités qui manifestent un intérêt en se pliant à ce gimic de début avec courtoisie mais bien sûr c'est la moindre des choses. Merci beaucoup Raphaël.
Salut Frédéric. bientôt 50 ans. C'est vrai.
Alors ça vraiment je vous en êtes un autre. Moi beaucoup plus mais je vous ai connu tout petit. Ça me fait un choc.
Ah oui oui oui oui. Moi-même qui me suis connu tout petit, j'avoue que je reste sidéré que quelqu'un d'aussi jeune que moi a déjà cet âge-là. Euh vous êtes philosophe, essayiste, écrivain, vous êtes éditorialiste à la revue Fran Tireur.
C'est vrai et puis on vous voit souvent dans dans les médias, ce qui vous cause quelques ennuis d'ailleurs, on en parlera. Mais vous n'êtes pas là pour ça. Vous êtes ici pour parler de l'albatros.
Euh et ça va ça va peut-être vous faire bizarre de pouvoir vous exprimer librement pendant 1 heure sans être interrompu par des ordes de euh de vociférateur. C'est un plaisir dont je me délecte, que je devance vraiment avec bonheur. Je suis venu ici, j'étais à vélo et je suis j'ai traversé un paris pacifié pour croiser pour arriver chez vous.
Cette journée jusqu'ici est une merveille. Voilà, nous nous n'avons pas prévenu euh que vous veniez. C'est ça.
C'est peut-être pour ça. C'est ça. Euh bon, alors on se débarrasse tout de suite de la polémique si vous êtes d'accord.
Euh il s'agit d'un tweet enfin sur X. Vous avez dit qu'il n'y avait pas de journaliste à Gaza. Non, j'ai dit qu'il y avait aucun journaliste à Gaza.
C'est pire. Oui, j'aurais pas dû dire ça. Non.
Alors, je sais que vous vous êtes excusé depuis mais euh ou ça partait d'un d'un reportage réel. Ça partait d'un reportage sur le CV de quantité de gens flanqués d'un gilet presse qui était en réalité des cadres combattants du Ramas. Des terroristes.
Tout à fait. des terroristes et ces gens-là étaient comptabilisés dans la liste des journalistes assassinés paral et soi-disant visé en qualité de journaliste. Je suis désolé, j'ai dit je je dénie la qualité de journaliste à quelqu'un qui est un combattant du ramasse même s'il porte un gilet presse.
Par ailleurs, la presse sur place est sous la surveillance du ramass. Bien sûr et les chiffres qu'on donne d'ailleurs sont les chiffres les chiffres sont ceux du ramass. Et et le et le j'en veux pour preuve qu'il n'y a jamais de reportage sur les otages ni sur les manifestations contre le ramass.
Mais mais cette phrase était injuste parce qu'elle faisait peu de cas des gens qui qui font passer de l'info et qui risquent leur vie. Donc donc c'était une phrase que je n'aurais pas dû prononcer. Voilà.
Alors vous êtes marqué au fer rouge quand vous prononcez quelque chose parce que les gens ont tellement envie de vous prendre en défaut que quand vous-même vous commettez une erreur immédiatement ça devient une faute. Mais alors vous êtes quand même très actif sur les réseaux sociaux. Est-ce que c'est pas aussi ça le problème ?
Oui, mais c'est un espace que je c'est vrai, mais c'est un espace que je ne veux pas laisser au au paradoxalement au vilainet manière. Alors, j'en ai moi-même de temps en temps parce qu'on est contaminé par l'outil mais c'est un espace que je ne veux pas laisser au préjugés ou au sectarisme. Par ailleurs, moi je vous dis mon opinion c'est que certes la phrase était fausse mais par ailleurs la question de débattre surve dans la bande de Gaza, on doit en parler. ne disait rien de plus que cela, mais je l'ai dit maladroitement et je maintiens qu'il faut qu'il faut pouvoir en débattre.
Des gens ont osé dire que je m'en prenais à la liberté d'expression parce que je disais qu'il y avait pas de journaliste à Gaza. Mais c'est bien c'est bien le contraire. Je me souciais de la liberté d'expression et c'est précisément la raison pour laquelle je je je déignais la qualité de journaliste à des combattants.
Et alors en vous souciant de la liberté d'expression, on vous supprime la vôtre puisque maintenant quand vous allez dans un événement, une rencontre, une conférence, vous avez tout de suite des interruptions. Il faut que je parle de ma mère et de sa maladie de Parkinson au cri de Israël assassin enven complice et avec des cornes de brume et tout. Euh faut que j'aille faut que j'aille dans les festivals sous protection policière, il faut mais je suis heureux de vivre dans ce pays où la police garantit la liberté et que ce sont et où ce sont des des ordres qui la menacent.
C'est ça qui est intéressant, c'est qu'on vit une époque qui est une époque hyper démocratique où la censure a cessé d'être verticale pour devenir horizontale. Vous êtes censuré maintenant par votre voisin. Vous êtes censuré pour délit d'opinion.
Vous n'êtes pas censuré parce que vous avez dit quelque chose qui contreviendrait à des mœurs officiels. Il n'y a plus de mœurs officiel. Il n'y a que l'État qui est seul garant des libertés quand les gens deviennent fous.
Hm. Alors, il y a un autre à faire aussi, c'est vous avez euh un procès pour diffamation contre la France insoumise injure. Ils m'ont attaqué pour injure.
Ils ont pas voulu m'attaquer pour diffamation. France insoumise que vous avez qualifié de organisation antisémite. Oui, j'ai dit qu'ils étaient passionnément antisémites.
Oui. C'était c'est c'était tout l'objet de la plaido de mon avocat Richard Malka qui a plaidé pendant 2h30 la thèse de l'antisémitisme viscéral des insoumis qui d'une certaine manière remonte à baresse et qui prend des formes tout à fait diversifiées. Il en a fait la la recension exhaustive et le texte va paraître en novembre et le le procès aura un résultat, un verdict bientôt le 6 novembre.
La décision est rendue le 6 novembre. Il faut que je diffuse cette émission avant. Il faut diffuser cette émission avant.
C'était la question que j'allais vous poser en off. Non du tout en in. Mais en in nous n'avons pas de secret.
Non, c'est un lieu de liberté. Bon alors maintenant parlons sérieusement de Catherine David, votre mère. Vous êtes le fils de deux journalistes du Nouvelle Ops, hein.
Catherine David pour pas faire comme eux, j'ai fait du journalisme. Et Jean-Paulen. Donc s'il n'y avait pas eu le Nouvels, vous ne seriez pas là.
Vous devez votre vie. Non non, je ne dois pas ma vie au Nouvels, je dois ma vie à Sciencep. C'est là qu'ils se sont rencontrés, qu'ils aient ensuite intégré l'équipe du Nouvels à l'époque Bie Béni où on faisait des longs papiers, où on rentrait tout de suite dans la rédaction, où on avait un job et où on était au milieu d'une équipe merveilleuse.
Euh ben c'est tant mieux pour eux mais ils se sont rencontrés à Sciencep. Je vais vous demander de lire un extrait du livre qui cumule un extrait de la prose de votre mère et puis ensuite votre prose à vous. Les deux sont les deux sont collés et c'est un ça ça donne une idée de à la fois ce portrait et votre style.
L'écriture, assurit-elle, est faite pour nous, les lents, les pâteaux, les inadaptés, les gaffeurs, les timides. Elle nous permet de mesurer nos paroles, de trouver enfin la réplique singlante, de freiner nos impulsions, de cacher nos ridicules, de rendre comestible cette infame brouet qui nous sort des tripes. L'écriture ça sert à dégueuler poliment sans trop gêner les voisins.
Ne surtout pas fermer les yeux, interroger le canivau, le reflet de l'immeuble d'en face dans la vitre, le boulanger, la couleur des chaussures, le murmure des moteurs, la mousse sur le café tranquille, écrire au hasard comme on se verse du rosé, remplir l'instant à rabord. Tant que la plume trace ses petits oiseaux à pâte noire sur la feuille, l'angoisse est tenue en respect. Voilà.
Alors, la première partie était de Catherine David et la deuxième moitié de ce que vous avez lu Oui, j'ai truffé j'ai truffé le texte de de de passages qui sont d'elle-même, ce que je n'ai eu aucune peine à faire parce que nous étions quasi gémélèir dans nos réflexes, nos façons de penser ou bien ceux qui attirraient notre attention. Donc, on s'entendait si bien que j'ai eu aucune aucune peine. Il y a il n'y a rien d'artificiel.
Tout tout m'est venu naturellement à greffer quelques textes de ma mère à l'intérieur du mien. Oui. Et c'est très beau d'ailleurs parce que vous vous dites le au fond le message de ce livre, s'il y en a un, c'est que euh vous portez le nom de votre père Jean-Paul Anthoven, qui est un écrivain très certes très important et brillant, mais vous avez peut-être plus un style euh proche de celui de votre mère.
C'est-à-dire que j'ai des affinités philosophiques beaucoup plus proches de celle de ma mère. C'est vrai, c'est vrai. Je suis infiniment proche de la façon dont ma mère était ma mère était une spiritualiste.
Euh c'était quelqu'un qui qui en toute chose recherchait l'esprit. Euh ça pouvait être le le trait d'humour, ça pouvait être le refus que tout puisse être mécanisé. C'était quelqu'un qui et et et qui musicalement traquait la perfection et le geste parfait. et et et nous avions ces scrupules en communément et par le plus grand des hasards, je m'en suis aperçu quand j'avais 25 ans.
Je me suis aperçu en lisant un de ces livres qu'en réalité on était quasiment jumeaux euh d'une certaine manière plus que mère et fils. Bah, je lis l'extrait. Page 199.
Ma mère et moi étions jumeaux de soucis, cousins, voisins, parents, obsédés par les mêmes questions, saisis des mêmes vertiges, tentés par la même modalité de l'insaisable, le même matérialisme enchanté, la même façon de ne pas croire en Dieu. Euh c'est une déclaration d'amour, c'est aussi un récit de guerre contre la maladie de Parkinson. C'est un récit de guerre contre la maladie de Parkinson.
C'est une guerre guerre tout à fait perdue d'avance que je comparais à la charge à la charge des officiers polonais à cheval contre les tanks des divisions allemandes parce que c'est vraiment ça qui s'est passé. Oui, moi j'ai j'ai vécu la même chose hein. Mon père est mort de la maladie de Parkinson également et la différence c'est que votre mère étant pianiste, évidemment pour elle c'était terrible que c'est doit c terrible et en même temps elle s'en est aperçu plus tôt probablement parce que on s'en aperçoit très tôt quand on joue régulièrement et qu'elle s'est aperçue elle s'est aperçue d'abord que la main tremblait un peu et ensuite qu'elle s'enquistait après avoir joué ce qui était pas normal.
Et on l'a donc tôt diagnostiqué. Elle a pris de la dopamine rapidement et pendant ce temps-là c'était la drôle de guerre. C'était la drôle de guerre, c'est-à-dire il ne se passe rien, on attend l'ennemi, il ne se passe rien ou presque rien.
Elle combat l'arthrose, elle prend ses médicaments et elle se fabrique toute une série de réflexions autour des neurones de miroir, de la plasticité cérébrale. Oui. Parce que elle était une vraie grande journaliste et donc elle s elle était très cultivée.
C'était c'était une érudite. C'était une érudite. Elle avait vraiment une érudition au sens que que de que l'honnêtet homme peut avoir.
Elle était extrêmement savante et elle le faisait là à dessin pour essayer de comprendre ce qui lui arrivait et pour édifier une sorte de rempart spirituel à l'agression qu'elle pressentait. Et évidemment tout ça a été balayé par les premiers symptômes. Mais il il est pas impossible que bientôt la génétique, les cellules souchent, les implants électroniques dans le cerveau puissent guérir cette maladie.
Donc c'est terrible. C'est terrible. Crois je crois pas qu'on puisse guérir d'une maladie neurodégénérative.
On peut peut-être la soigner mieux ou retarder les effets voilà, c'est-à-dire mieux la soigner mais guérir de ça. Passons au grand jeu célèbre de l'émission Devine tes citations. Vous êtes déjà venu donc je n'ai pas besoin de vous rappeler que je vais vous lire des phrases de vous et vous devez me dire dans quel livre vous avez écrit ceci.
Oh mon dieu ! Ma mère était un cœur vaillant, né dans un silence de tombe. Silence tombe.
Il connaît par cœur son livre. H après il y a quoi ? Euh entre un père absent et une mère endormie.
Exact. Qui a mis 4 ans le père à reconnaître qu'il reconnaîre qu'il l'avait reconnu. Oui.
Oui. Oui. Oui.
Alors qu'est-ce c'est pourquoi qu'est-ce qui bon déjà le style le style est plutôt de droite. Moi je trouve vous avez un style de droite en fait. Oh quel plaisir.
Je sais pas. Non mais c'est je relis. Ma mère était un cœur vaillant né dans un silence de tombe.
Oui, ça a un côté euh c'est un côté presque château brillant. Enfin, vous voyez. B J'aimerais bien l'ancienne.
Alors, non, c'est en fait elle est née euh Oui, c'est c'est c'est post tombe. Euh elle est elle est née euh mon grand-père avait deux enfants euh déjà et il était marié quand ma mère est née. Donc il l'a reconnu mais il l'a reconnu du bout des lèvres quoi.
Euh et quant à ma grand-mère, elle était endormie. Donc ma mère est est née dans un silence de tombe entre une mère endormie et un père qui n'était pas là ce jour-là. Autre phrase de vous.
Ah ça, j'aime beaucoup. Madame, sauf votre respect, allez vous faire par un parapluie ouvert. Oui, absolument.
C'est ce que j'ai dit à un des docteurs de ma mère qui était une femme épouvantable qui l'avait fait attendre pendant 1 heure et3 dans une salle d'attente congelée avant de lui reprocher de pas avoir pris son dossier médical. Donc c'est toujours dans dans l'albatros mais je je ne retire bah je je il y a des médecins qui sont non seulement blasés parce qu'il donne des diagnostics froidement en plus vous font poiroter. Alors font poiroté c'est je pars avec ma mère, on avait rendez-vous à 5h30, je pars avec elle, elle avait pas envie d'y aller et elle était au moment du Parkinson où la jambe gauche ne refusait d'avancer donc il fallait la stimuler à chaque fois donc si mauvaise volonté plus jambe gauche qui renacle, c'était un calvaire et la transporter jusqu'à chez son médecin, prendre le taxi et cetera et cetera, arriver, remarcher, un supplice.
On arrive à l'heure et je découvre à ce moment-là qu'il y a six patients avant nous et dont chacun prend un quart d'heure. Et je me retrouve donc à devoir attendre pendant 1 heure et3 dans une salle d'attente congelée. Et quand la médecin débarque enfin, la première question qu'elle pose à ma mère, c'est "Madame, avez-vous votre dossier médical ?" Mais ma mère savait même plus comment elle s'appelait.
Elle savait même plus d'où elle venait, ni ce qu'elle et et et le médecin pose cette question. Et là, je je je j'étais chauffé à blanc, partant de froid. Je je l'ai je l'ai je l'ai mal pris et j'ai et j'ai j'ai proposé à la médecin de Oui.
C'est vrai que c'est malheureusement banal hein d'attendre dans des salles d'attentes de médecins débordés. Ça j'ai vécu des expériences similaires et c'est vrai qu'on on a des envies attendre. Je veux bien mais attendre il y a pas de problème mais à ce moment-là être accueilli d'une certaine manière madame pardon pour l'attente.
Peu de choses suffit. Oui oui oui oui oui oui. Le savoir nous distingue mais l'ignorance nous réunit.
Oui, ça c'est c'est où ça ? Ça c'est dans le dans je dirais dans le philosophe de service ou dans voilà le philosophe de service en 2011 c'est ça ce qui ne vous rajunit pas. Ce qui ne me rajunit pas.
Je retire pas un mot d'ailleurs de ce texte que j'avais écrit qui était très barthésien dans son inspiration et qui date d'une époque où je faisais le malin à la télévision. Oui, mais attendez, cette phrase "Le savoir nous distingue mais l'ignorance nous réunit". On le vérifie chaque jour.
On le vérifie chaque jour. Pour plus aujourd'hui. Bien sûr.
D'ailleurs, c'est à ch c'est très intéressant de voir dans les dîners que vous connaissez bien mon cher Frédéric. Dans les dîners, il y a souvent parfois quelqu'un qui dit "Moi qui n'y connais rien, je peux vous dire que". Et c'est le moment où la personne s'apprête à enfoncer une porte ouverte.
Moins on connaît un sujet, plus on balancera, plus on en parle et plus on balance la chose la plus banale à dire à son sujet, c'est la connaissance du sujet qui nous permet d'affiner notre opinion. Donc le savoir nous distingue et l'ignorance nous réunit. Et l'ignorance aujourd'hui, ce sont deux menaces, l'une à droite et l'une à gauche.
Disons le trumpisme d'un côté, populisme et de l'autre le wisme. Et vous combattez les deux avec le même acharnement. Est-ce que c'est le même acharnement ?
Oui, c'est tout à fait le même acharnement parce que ce sont des dangers différenciés, ce sont des dangers distincts. D'un côté l'islam gauchisme tout simplement sous sa forme la plus la plus élémentaire désormais avec les masques qui tombent à mesure que le temps passe et de l'autre côté une une union des droites qui est en fait une absorption de la droite républicaine par l'extrême droite euh qui met au pouvoir un peu partout en Europe des gens complotistes, des fous euh et des îles libéraux qui criminalisent l'adversité politique, qui mettent la main sur la justice ou qui mettent la main sur la presse. Donc oui, c'est très dangereux.
C'est très dangereux et nous combattons les deux avec la même ardeur. Bon, très bien. Je avec cette nuance peut-être que la gauche est pas prêt d'arriver au pouvoir alors que la droite oui.
Oui. Alors, il y a une épidémie de tombeau en ce moment dans la dans la rentrée littéraire. Arnaud Viviant au masque et la plume a dit que c'était pas une rentrée mais un cimetière.
Je je donne la liste he sur les maires Emmanuel Carer, Amélie Noton, Justine Lévi, Régry, Yakuta Ali Kavazovic, Catherine Milet, Paul Gasnier, Mathilde Matthéo, c'est quand même c'est fou. Est-ce que vous avez une explication à ce phénomène ? Pourquoi est-ce que tout le monde s'est mis à écrire en même temps sur la mort de sa mère ?
C'est tout à fait mystérieux. Il y aurait une explication si on avait tous le même âge. Alors, peut-être qu'on a à peu près tous le même âge.
C'est-à-dire en gros qu'on est dans la décennie où les parents meurent et les enfants se droguent. Je ne sais pas. Il y a peut-être peut-être de ça mais c'est c'est peut-être de ça.
Mais mais je ne sais pas. Je ne sais pas. C'est un mystère.
Tiens. Alors, je vais vous donner ma théorie. C'est notre guerre à nous.
Nous, on n' pas connu de guerre. On n pas connu de violence. On a grandi dans un monde enfin vous êtes plus jeune que moi, mais dans un monde protégé.
On est des enfants gâtés de des tr glorieux si vous voulez. Et là tout d'un coup un parent meurt. On voit un cadavre.
Vous décrivez le cadavre de votre mère. Son visage jaunit. En fait on on avait pas de mort.
C'est la première c'est la mort de votre mère. C'est la première mort qui vous touche et et donc c'est votre guerre à vous. Non ce ce ce que vous dites serait vrai si c'était ma première mort.
Mais malheureusement, je suis j'ai j'ai déjà croisé quantité de de perte cardinal de cette façon j'ai eu j'ai eu ma dose. Euh non, je reste je reste sidéré que tout le monde parle de sa mère ou reparle de sa mère. Je je trouve ça est-ce que c'est pas aussi pour analyser une génération qui nous a précédé qui a voulu Il y a rien de délibéré dans tout ça.
Il y a rien de délibéré dans tout ça. En ce qui me concerne, ma mère meurt en janvier 2023. Je me plonge dans ses livres pour éponger mes larmes.
Je lis, je lis, je lis, je lis, je lis, je lis passionnément ce qu'elle écrit. Je tise des liens entre chacun de ses livres. Je fais un travail de cagneux, de tésard sur son œuvre et je me console, enfin je me console, je gère ma peine de cette façonlà.
Oui, vous restez avec elle pendant le temps de mes Je reste avec elle, je retrouve sa voix dans ses livres parce qu'elle ne trichait pas. Euh, je me sens proche d'elle et cetera et cetera. Et puis j'avais pris quelques notes pendant sa maladie et au bout d'un moment, j'amalgame ce savoir à qui dans ses livres et et l'expérience de sa maladie.
Et j'avais là la matière d'un livre. Ça s'est fait comme ça. J'ai pas choisi le calendrier, je n'ai rien décidé.
Non non non mais c'est ça qui est étonnant. Je vous pose une question de sociologue en fait. Mais je je faut-il une théorie ou bien ou bien peut-être suprême merveille ce serait un pur hasard.
Oui, peut-être aussi. Un pur hasard. Pourquoi faut-il trouver un sens à cette convergence d'intérêt ?
C'est un pur hasard. Après tout, pourquoi pas ? Alors, vous faites un portrait de Catherine David qui est assez émouvant parce que elle était très distraite.
Vous la décrivez comme une sorte de Annie Hall. Vous vous souvenez de ce personnage de Woody Allen ? Elle est à la fois une écrivaine truculante mais une grande pianiste.
Mais aussi elle est tout le temps maladroite avant même d'avoir Parkinson. Elle était déjà très maladroite. Toujours maladroite gaffeuse malatifée qui s'arrangeait mal la vie.
Elle s'arrangeait mal la vie. Magnifique. Elle mais elle s'arrangeait mal la vie.
Elle s'était mal arrangé l'existence incontestablement. Mais ce qui est vrai, c'est qu'à l'intérieur même de la solitude, du désarrois euh euh ou de ce qu'elle pouvait traverser, elle se retrouvait parfois à son piano ou à son bureau et là vraiment elle prenait sa revanche. Et c'est ça qui est beau dans l'histoire, c'est qu'elle était capable d'envol sublime.
Euh elle était quand elle déployait ses ailes capable de merveille. C'est pour ça que je l'appelle l'albatros parce qu'elle a elle a elle a cette ambivalence de l'oiseau que ses ailes de géants empêchent de marcher mais qui euh mais qui prend son envol. et ce rit de l'archer.
Ouais. Dans l'albatros, l'humour vous protège de l'émotion. Souvent, on sent que même ça décuple l'émotion de de de sourire, de plaisanter.
Je pense à cette scène où votre mère vous saisit le bras en disant "ça de la bonne fabrication." Oui, c'est vrai. Mais c'est-à-dire qu'elle avait ses idiotes qui revenaient très souvent comme ça.
Donc, elle m'attrapait le bras, elle disait "ça c'est de la bonne fabrication." Et elle le disait chaque fois. fait oui mais elle le disait chaque fois avec gourmandise comme si elle le disait pour la première fois et elle éclatait de rire toujours de la même manière c'était comme elle disait mieux vaut entendre ça que d'être sourde.
Ça ça revenait comme un comme un light motif et et ça l'éclatait toujours de la même façon. Le le le génie des sentences de ma mère notamment il n'y a qu'un seul dieu et nous n'y croyons pas ou bien des choses comme ça. Il et son féminin.
Il avec un e. Le génie des sentences de ma mère s'est longtemps perdu dans le psyhacisme de ma mère et dans sa capacité à les énoncer de façon constante. Euh et c'est avec le silence de ma mère que j'ai fini par retrouver ces phrases et par leur trouver une intelligence plus particulière.
Euh donc que la guerre en Palestine ne vous empêche pas de lire l'albatros et en écoutant les morceaux parce que vous citez énormément de morceaux de musique que votre mère interprétait au piano. Du coup, j'ai fait ça, moi j'ai lu le livre en écoutant les morceaux à chaque fois et c'est ça marche très très bien. C'est vraiment très agréable.
C'est aussi un livre qui éduque l'oreille à la musique classique. On enchaîne avec le questionnaire de Bec BD. C'est moi.
Et oui. Pourquoi un jeune devrait-il lire votre livre au lieu de scroller sur TikTok ? Oh, quelle bonne question !
Parce que vous aviez publié un livre sur qui s'appelait l'esprit artificiel. C'est vrai. C'est vrai.
C'était sur la notion d'esprit et puis sur l'intelligence artificielle. Euh, il y a de l'IA dans les algorithmes, hein. Mon mon livre est est beaucoup moins amusant qu'un scrolling sur TikTok.
Alors, pourquoi pourquoi doit-on lire l'albatros ? Néanmoins Néanmoins, il contient plus de musique. Euh il contient plus de musique.
Donc il y a plus de musique dans mon livre que sur TikTok. Je dirais ça. Avez-vous déjà écrit en état d'ivresse ?
Oui, bien sûr. Euh un roman doit-il réparer le monde ? Alors euh je vous aurais bien volontiers dit que non, mais je suis bien obligé d'admettre que certains récits ont des vertus réparatrices.
On sa Oui, c'est pas leur mission, mais ça peut ça n'est pas leur mission. Ça n'est pas leur mission. Ils ont des vertus réparatrices.
Ils peuvent réconcilier des êtres avec eux-mêmes ou avec d'autres. Exemple, vous quand vous vous avez lu La recherche du temps perdu, ça ça Ah mais ça c'est je m'en sers tous les jours. Je m'en sers tous les jours.
Vous savez quand vous lisez La recherche du temps perdu, vous apprenez un truc très important. Vous apprenez que d'abord le bonheur est un fécond. Le bonheur est stérile.
Donc les années heureuses, c'est sympa, mais c'est pas avec ça qu'on fait des bons romans. Ouais. Le bonheur est un fécond.
Adâage numéro 1. Et vou voulaz dire qu'il faut être malheureux pour avoir du talent. Si on est proustien.
Oui, c'est un c'est un c'est un ça marche comme ça. Ça marche au malheur. Néanmoins, dit-il, la vie est toujours plus intéressante que douloureuse.
Et c'est ça qui est formidable. C'est-à-dire qu'on a toujours la ressource par l'écriture d'adopter ce pas de côté, de faire ce pas de côté sur le malheur qui nous accable et de le trouver plus intéressant que douloureux. Et c'est là d'ailleurs en général qu'on trouve quelque chose à dire.
Donc il faut se respecter l'originalité de ces souffrances, sinon on nécrit rien. Euh quel est pour vous votre chef-dœuvre ? Je sais pas, j'ai pas de chef-dœuvre.
Je suis pas là. Ah le le plus important c'est celui que vous avez en main là, c'est l'albatros. Oui.
Incontestablement. Euh incontestablement c'est presque le plus touchant, le plus personnel ou c'est le plus voilà. Mais non, j'ai moi j'ai une j'ai une tendresse parmi mes livres pour un livre qui a fait un four et dont je maintiens qu'il est le plus intime de tous qui était une fable animalière politique qui s'appelait Krasnaya et qui était une fable sur la sur une démocratie qui pourrit sur elle-même totalementienne.
C'était totalement ferme des animaux mais complexifié à l'infini. J'avais inventé des langages nouveaux. J'écrivais la moitié du texte en russe et je m'y suis livré mais alors vraiment mes corps et âmes et ça dans l'indifférence général un flop un accident industriel l'indifférence de tous et cetera et j'avoue que alors aujourd'hui je me marre avec ça il faudrait que je le reprenne parce que j'allais dire je n'ai rien compris mais mais oui mais c'est mais c'est c'est un très bon livre c'est un très bon livre il ne méritait pas ce sort mais bon c'est la vie c'est comme ça êtes-vous un oin oin non la question pharon de 451.
Si nous vivions dans un monde où les livres étaient interdits, Oui. Quel livre apprendriez-vous par cœur pour le transmettre ? Alors ça c'est facile à la recherche du temps perdu.
Oui non mais alors attendez 3000 pages. Bah oui, vous allez apprendre par la mémoire la mémoire n'est pas un stock, la mémoire est un muscle et les plus beaux textes sur la recherche ont été écrits par des gens qui s'en sont souvenus. Le texte de Joseph Tchapski par exemple, le colonel polonais qui est dans un camp et qui pour distraire ses camarades leur parle de prou.
Il leur parle de prou uniquement avec le souvenir qu'il en a. Dans Primo Léevévi, si c'est un homme, il récite du dente et de façon fragmentaire morcelé quelques verres en bordel parce que c'est tout ce qu'il a dans la main et rien n'est plus important que d'opposer. Ça c'était toute ma mère, sa petite mémoire à la au tsunami de l'oubli.
Y a-t-il un livre qui vous a sauvé la vie ? Ça c'est vraiment une question un peu peu démagogique. Le réel et son double de Clément Rosset m'a sauvé la vie.
Parce que j'avais en le lisant, je faisais en le lisant l'expérience incroyable d'y trouver consigné mes propres intuitions, des idées à l'état latent, larv, gestationnel, naissant, des idées toutes petites, minuscules, miniatures qui soudain étaient déployé dans toute leur capacité sous mes yeux. Et donc j'ai fait des bons de cabris en lisant ce texte parce que j'ai j'ai vieilli de plusieurs années en en une seule lecture. Et j'ai ajouté une nouvelle question à mon questionnaire aujourd'hui.
C'est y a-t-il un de vos livres que vous regrettez d'avoir écrit ou que vous écririez différemment ? Ah, je pense que j'écrirai le temps gagner différemment. Euh je pense que j'écrirai le temps gagner différemment.
Oui, parce qu'il était trop violent et que la la violence a un effet d'hypnose et capte le regard. Donc, je pense que je l'écrirai différemment. Peut-être vous auriez dû le laisser reposer quelques mois comme une comme de la pâte à crêpe.
Enfin, pas quelques mois la pâte à crêpe, mais vous pouvez laisser reposer ce manuscrit dans un tiroir 6 mois plus tard. C'est vrai, c'est vrai. La théorie de la pâte à crêpe est assez marche bien.
Oui. Oui. Peut-être peut-être j'aurais dû faire ça.
Bon ben écoute, merci infiniment d'être d'être venu passer ce moment en ma compagnie. Je dit je n'ai dit que la vérité. Euh et je voulais terminer en faisant ça.
Ça c'est de la bonne fabrication. Merci beaucoup. Je remercie l'équipe du Figaro télé.
Euh, abonnez-vous s'il vous plaît en cliquant partout sur la chaîne YouTube mais aussi en likant les trucs Instagram, TikTok et compagnie. C'est important sur Spotify aussi. Oui, parce que plus plus vous vous abonnez et plus vous recevez des nouvelles de nous euh et du coup vous serez au courant des invités des semaines prochaines.
Alors, je vais recevoir bientôt Marc Wetzman, par exemple. Oh, c'est bien. Oui, formidable sur Philip R.
Et n'oubliez pas bien sûr, lisez les livres sinon vous mourrez idiot. Bonsoir. Rien de mieux.
On a fait combien de temps ?