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interviewRMC — Face à Face· 2 octobre 2020 21 min

L'invité de Bourdin Direct : Valérie Pécresse - 02/10

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Je vous invite ce matin Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France et du Mouvement Libre. Bonjour Valérie Pécresse, merci d'être avec nous. La crise sanitaire avec Paris et plusieurs départements d'Île-de-France qui sont en alerte maximale, enfin qui seront peut-être en alerte maximale lundi. Ce sont les dernières informations que vous avez, que nous avons tous. Ça veut dire quoi, alerte maximale lundi ? Ça veut dire que les bars fermeront et les restaurants resteront ouverts, si j'ai bien compris ?

0:41
Valérie Pécresse

Aujourd'hui la situation est très préoccupante et vous le savez, les indicateurs se dégradent dans la région. Et donc il va falloir faire preuve, et je le dis très solennellement, d'énormément d'autodiscipline. Parce qu'il est vraisemblable que des mesures plus strictes vont devoir être prises. Nous avons aujourd'hui plusieurs clusters, notamment dans des établissements universitaires qui ont dû d'ores et déjà fermer. Donc il va y avoir certainement des mesures plus strictes, mais je le dis, l'évaluation et l'accompagnement de ces mesures seront indispensables pour les rendre acceptables par l'opinion publique. Parce que les Français ont besoin de comprendre.

Ils ont besoin de comprendre pourquoi on fait les choses, et ils ont besoin aussi d'être soutenus dans ces mesures très difficiles. Vous m'avez posé la question des restaurants, moi je le dis avec tout mon cœur, il faut tout faire pour sauver les restaurants, il faut tout faire pour obtenir le maintien de l'ouverture.

1:34
Présentateur

Vous demandez à ce que les restaurants restent ouverts ?

1:37
Valérie Pécresse

Je demande que le gouvernement examine avec beaucoup d'attention le nouveau protocole qui vient d'être fait par l'ensemble de la profession des restaurateurs, qui est un protocole sanitaire très renforcé, pour essayer... Ce que je vous dis, M. Bourdin, c'est qu'il y a une petite ligne de crête, un petit chemin, un chemin étroit, entre la garantie de la sécurité sanitaire et le maintien de l'activité économique. Il y a un petit chemin. Peut-être qu'on arrivera à tracer ce chemin ensemble.

2:05
Présentateur

Donc, malgré l'aggravation de la situation, vous nous dites ce matin, il faut que les restaurants restent ouverts.

2:14
Valérie Pécresse

Ce n'est pas ce que je dis. Non, ce n'est pas ce que je dis. Je dis qu'il faut tout faire pour sauver les restaurants. Ce n'est pas tout à fait pareil. Il faut tout faire, ça veut dire qu'il faut tout tenter. Et si on n'y arrive pas, et si le ministère nous dit que ça ne marche pas, eh bien, on se résignera. Mais il faut tout faire pour tout.

2:29
Présentateur

Les mesures proposées par les restaurateurs...

2:31
Valérie Pécresse

Doivent être examinées. Doivent être examinées par le ministère.

2:34
Présentateur

Elles le seront, je crois, savoir. Enfin, je ne sais pas, nous verrons bien.

2:37
Valérie Pécresse

En tout cas, c'est ce que j'ai demandé à l'Agence régionale de santé. Parce qu'il faut vraiment évaluer tout ça.

2:42
Présentateur

Et donc, compte tenu de ces mesures, on pourra garder les restaurants ouverts ?

2:49
Valérie Pécresse

C'est le ministre qui nous le dira. Moi, vous le savez, je ne suis pas une autorité sanitaire. Alors, que feriez-vous ? J'examinerai avec des médecins ces mesures pour voir si elles sont de nature à empêcher la propagation du virus. Mais pourquoi je dis qu'il faut sauver les restaurants ? Qu'ils ferment ou qu'ils restent ouverts. Il faut les sauver parce qu'aujourd'hui, ils sont dans une situation absolument dramatique. Et je voudrais y revenir deux secondes. Parce que je crois que les Français doivent se rendre compte que partout en France, la saison touristique a été excellente. Partout. Sauf à Paris.

Parce que les Français ont été confinés, qui sont partis à la campagne, à la montagne, à la mer. Pendant les vacances, il y a eu une super saison touristique. Sauf à Paris, parce que les restaurants n'ont pas pu réouvrir. Il n'y avait pas de touristes. Il n'y avait pas de touristes, oui. Donc c'est la triple peine à Paris. On a eu les gilets jaunes, on a eu les grèves de la RATP, on a eu le Covid, le confinement. Et maintenant, on a eu une saison touristique calamiteuse. Les restaurateurs sont en danger de mort. Les restaurateurs, mais aussi les intermittents de la restauration, les intermittents de l'événementiel, qui n'ont plus de travail.

Et moi, je propose plusieurs choses au gouvernement. Je propose que tous les seuils pour les aides au restaurant soient abaissés ou relevés selon la situation. C'est-à-dire que les pertes de chiffre d'affaires soient abaissées.

3:58
Présentateur

Oui, de 80% qu'on abaisse, oui.

4:01
Valérie Pécresse

Qu'on abaisse. Parce que de 80%, c'est trop. Et pareil, le nombre de salariés, c'est 20 salariés. En Ile-de-France, une grande brasserie, un foot court, ça peut être 40, 50 salariés. Donc il faut revoir tous ces seuils qui ne sont pas adaptés à la restauration, et notamment pas à la restauration de Paris. Et puis, par ailleurs, moi je souhaite qu'on neutralise les périodes Covid pour les intermittents de l'événementiel. Vous savez, il n'y a plus un salon en Paris. Il n'y a plus une grande activité touristique. Nous avons des dizaines, peut-être 100 000 personnes qui travaillent dans ces métiers. C'est des gens qui travaillent dur, M. Bourdin.

C'est des gens qui sont durs à la tâche, durs à la peine, mais qui ont un statut précaire. Et ils doivent être traités comme les intermittents du spectacle.

4:42
Présentateur

Est-il vrai que selon les prévisions, dans 10 jours, 50% des lits de réanimation dans les hôpitaux d'Ile-de-France seront occupés par des malades du Covid ?

4:50
Valérie Pécresse

C'est malheureusement, si on projette les chiffres que nous avons aujourd'hui, c'est malheureusement ce qui risque de se passer. Ça veut dire qu'il faut mettre un coup d'arrêt, maintenant. Et c'est pour ça que j'appelle à l'autodiscipline. Donc, fermeture, débarque ! Notamment, pardon, autodiscipline notamment pour les jeunes, je le dis parce que nous avons beaucoup de clusters dans les universités. C'est pour ça qu'hier, j'ai...

5:10
Présentateur

Beaucoup de jeunes et beaucoup de jeunes dans les hôpitaux en Ile-de-France. C'est une particularité d'ailleurs de la région Ile-de-France.

5:15
Valérie Pécresse

Parce que vraiment, il y a une contamination de la jeunesse. Et j'ai reçu les présidents d'universités il y a quelques jours et ils m'ont dit leur désarroi et leur solitude. Donc, nous avons annoncé au Conseil Régional un plan d'urgence d'aide pour la continuité pédagogique et l'aide sociale aux étudiants. Continuité pédagogique, ça veut dire quoi ? C'est-à-dire qu'on va leur donner un chèque numérique de 100 euros pour les étudiants en difficulté, pour qu'ils puissent avoir des abonnements à Internet, qu'ils puissent les payer. On va aussi leur donner des masques. On va aussi s'arranger avec les universités pour mettre des assistants.

Des assistants, vous savez, on a beaucoup d'apprentis dans les CFA du numérique qui n'ont pas de stage en ce moment. Donc, je vais mettre 100 apprentis des CFA du numérique dans les universités pour pouvoir faire du téléenseignement, de la conférence virtuelle avec les professeurs.

6:05
Présentateur

Est-ce que vous êtes... Parce qu'apparemment, d'après ce que dit Olivier Véran, Bordeaux, Nice, Marseille, il y aurait un début d'embellie. Est-ce que vous avez demandé à la métropole d'Aix-Marseille si la fermeture des bars et restaurants avait été utile ?

6:22
Valérie Pécresse

Alors, il y a une clause de revoyure, vous le savez, qui a été prévue à Marseille et qui a été demandée par mon collègue Renaud Muselier. C'est très intéressant. C'est pour ça que je vous parlais de l'évaluation des mesures. Ce dont nous avons besoin, ce dont les Français ont besoin, c'est de comprendre ce qui se passe et de comprendre si c'est efficace. Si les efforts qu'on leur demande sont efficaces. Et donc, ce sera intéressant de savoir si la fermeture des restaurants et des bars à Marseille a eu un effet direct au bout de huit jours.

6:48
Présentateur

Au bout de huit jours. Les Marseillais qui se sentent exclus de la République, qui pensent que Paris est traité, mieux traité que Marseille.

6:57
Valérie Pécresse

Il ne faut pas importer le classico dans la crise Covid. Vous l'entendez ça, vous l'entendez. Je suis une supportrice du PSG, même si j'aime tendrement les Marseillais. Mais non, le sujet aujourd'hui, ce n'est pas ça. Le sujet, c'est qu'on a des indicateurs. Ils doivent être transparents.

7:12
Présentateur

Il n'y a pas de différence entre Paris et Marseille. Le gouvernement ne fait pas de différence entre Paris et Marseille.

7:17
Valérie Pécresse

Il y avait une différence de propagation du virus il y a quelques semaines. Donc, le gouvernement ne fait pas de différence. Le gouvernement traite les deux régions de la même façon, avec le même soin et la même attention. Simplement, on va apprendre de Marseille. On va apprendre. Parce que si on s'aperçoit que la fermeture des bars et des restaurants est efficace,

7:36
Présentateur

je crains que le gouvernement en tire des conclusions. Est-ce que vous auriez fait comme Renaud Muselier, qui a porté l'affaire devant la justice ?

7:41
Valérie Pécresse

Ce que je n'ai pas aimé, et on est plusieurs à ne pas avoir aimé, c'est d'apprendre. Nous, c'était la fermeture des bars à 22h. C'est un lapsus révélateur de mes inquiétudes pour l'avenir. On a appris la fermeture des bars à 22h. On l'a appris, évidemment, par la presse. Alors que nous avions eu une réunion avec les politiques et les préfets avant. Donc ça, ça n'est pas acceptable. Les collectifs...

8:08
Présentateur

Vous auriez agi comme Renaud Muselier ou pas ?

8:12
Valérie Pécresse

Je ne crois pas parce que moi, je suis pour qu'on respecte les normes. Mais je le comprends. Je le comprends parce que dans le contexte, la brutalité de l'annonce de la fermeture des bars et restaurants était telle qu'il a réagi avec son cœur. Et le problème, ce que j'ai ressenti, c'est cette défiance vis-à-vis du politique. Quand on a dit, quand le gouvernement a dit, de toutes les façons, il ne fallait pas les prévenir. Il ne fallait pas les prévenir parce qu'ils n'auraient pas été capables d'endosser des mesures impopulaires. Ça, ce n'est pas vrai, M. Bourdin. Parce que quand nous avons déconfiné... Vous assumez. Mais c'est pire que ça.

Quand nous avons déconfiné, souvenez-vous, qui a demandé l'attestation employeur dans les transports en Ile-de-France ? C'est la région, c'est moi, parce que je voulais redonner confiance aux voyageurs et je voulais qu'il n'y ait que dans les transports que ceux qui devaient les prendre nécessairement. Et le gouvernement s'est réfugié derrière ma demande pour la demander. Donc, pardon de vous le dire, moi j'assume les responsabilités, y compris les mesures impopulaires.

9:08
Présentateur

Nous allons parler du séparatisme. Je vous cite. « La France est menacée dans sa souveraineté et son autorité. Nous devons relever la République, c'est ce que vous avez dit. Construire un avenir. Je suis prêtre, avez-vous dit, vous voulez faire entendre la voix d'une femme libre. Ça veut dire quoi ? En étant candidate à la présidence de la République ?

9:29
Valérie Pécresse

D'abord en témoignant. Vous me parlez du séparatisme.

9:32
Présentateur

Oui, on va en parler du séparatisme. Mais je vous pose ces deux questions. On va évacuer les questions politiques. Alors, vous avez posé deux questions.

9:38
Valérie Pécresse

Vous m'avez parlé du séparatisme.

9:39
Présentateur

Reposez votre question. Je repose ma question. Est-ce que vous serez candidate à la présidence de la République ? Elle est simple.

9:45
Valérie Pécresse

Écoutez, franchement, le temps des campagnes n'est pas venu. Donc, même le temps des campagnes régionales n'est pas venu.

9:51
Présentateur

Mais vous avez vu Bruno Retailleau hier matin, à votre place ? Mais moi, pardon, je suis présidente. Vous avez entendu Xavier Bertrand ?

9:59
Valérie Pécresse

Chacun son calendrier, chacun sa stratégie politique. Je suis présidente d'une région de 12 millions d'habitants qui risque de passer dans deux jours en situation écarlate. J'ai aujourd'hui la perspective d'avoir un million de chômeurs dans la région. Parce que notre structure économique nous rend particulièrement fragile à une crise qui ferme les frontières. Nous sommes une région au monde. Nous vivions de cette ouverture au monde. Et aujourd'hui, la situation est dramatique. Je suis un capitaine de tempête à la barre d'un bateau. Pardon de vous dire, je n'ai pas le temps de me poser la question de quelle sera ma prochaine traversée.

10:32
Présentateur

Vous, vous la posez peut-être.

10:34
Valérie Pécresse

Je me la poserai en temps utile.

10:36
Présentateur

Avec des primaires ? Avec des primaires à droite ?

10:40
Valérie Pécresse

Mais écoutez, si, au moment des présidentielles, sujet qui a l'air de vous passionner, mais qui, à mon avis, ne passionne pas les Français. Je voudrais l'évacuer vite. Eh bien, alors, je l'évacue vite. S'il y a plusieurs candidats à droite, il faudra un processus de sélection. Je l'ai dit dix fois, je le redis.

10:53
Présentateur

Bien. Valérie Pécresse, parlons de séparatisme. Parlons de... D'abord, vous vouliez réagir aux révélations faites dans Le Parisien à propos de Mickaël Harpon. Je rappelle, l'assassin de la préfecture de police.

11:07
Valérie Pécresse

Oui, parce que le gouvernement parle, le président de la République parle de séparatisme pour parler de la menace islamique radicale. Les islamistes radicaux sont une menace qui, effectivement, parfois, se traduit par une coupure de la société, un retrait de la société. Mais moi, ce que je constate, et qui est beaucoup plus dangereux, et c'est le cas de Mickaël Harpon, c'est l'antrisme islamiste radical. Pas le séparatisme, l'antrisme. C'est-à-dire... Dans les services publics. Dans les services publics. Mais bien, mais partout, la présence de personnes qui sont radicalisées, dont on connaît la radicalisation.

Et c'est ça qui m'a frappé ce matin en lisant l'enquête du Parisien sur Mickaël Harpon, le terroriste de la préfecture de police, qui a tué ses collègues. C'est que beaucoup de gens avaient repéré ses comportements. Alors, il y a quelque chose que je ne comprends simplement pas. Nous avons 20 000 personnes radicalisées et fichées comme telles par l'unité centrale de la lutte antiterroriste. C'est un fichier déradicalisé. Ils sont 20 000 en France. C'est des chiffres officiels. Qu'est-ce qu'on en fait ? Qu'est-ce qu'on fait de cette liste ? Est-ce qu'on continue de laisser déradicaliser ? On les surveille ? Non. Mais enfin, est-ce que c'est normal qu'ils puissent enseigner dans les écoles ?

Est-ce que c'est normal qu'ils puissent animer des clubs sportifs ? Mon vice-président vient de sortir un livre noir sur le sport pour parler justement de ce qui se passe, la radicalisation des clubs sportifs. Faire la prière dans un club sportif, est-ce que c'est normal ? Donc, je suis désolée, on a un entrisme dans les services publics. Il faut changer la loi. Alors comment ? Donc, il faut légiférer. Moi, j'ai plusieurs propositions. Alors, allez-y. J'ai plusieurs propositions. D'abord, je pense que quand on est fonctionnaire, quand on est agent public, quand on est élu de la République, parce que l'entrisme, il s'est fait aussi aux municipales, sur les listes.

Vous avez des personnes qui, sur les listes municipales, prendront des postes, des postes importants. Comme ça, c'est des postes où ils donneront des subventions aux associations, des postes où ils donneront des logements sociaux. Ça s'appelle l'entrisme. Et donc, contre l'entrisme, il faut faire un serment. Un serment que la loi de la République est au-dessus de votre loi religieuse, au-dessus de toutes les autres. Un serment quand on rentre dans la fonction publique. Et s'il y a radicalisation, c'est-à-dire s'il y a rupture de ce serment, eh bien, on devrait pouvoir être écarté de la fonction publique, écarté des postes de contact avec la jeunesse, écarté des services publics.

Je vous rappelle que le terroriste des Buttes-Chaumont, vous vous en souvenez, on l'avait retrouvé à l'assistance publique hôpitaux de Paris. Il était en train de faire un stage dans un hôpital. Donc, il faut qu'on lutte avec armes égales. Vous savez, monsieur le président de la République, s'était engagé. Il s'était engagé à donner aux maires dans leur ville la liste des personnes radicalisées, fichées à l'antiterrorisme. Il ne l'a pas fait. Donc, il faut qu'on lutte à armes égales contre l'antrisme. Et ce phénomène, personne n'en parle. Moi, je vais l'ouvrir. C'est ça la voix d'une femme libre.

14:03
Présentateur

Oui, c'est ce que vous attendez du président de la République dans son discours aujourd'hui au Mureau, en Ile-de-France.

14:09
Valérie Pécresse

Mais nous, nous avons déjà fait une charte de la taxité. On n'a pas attendu. Ça fait trois ans

14:12
Présentateur

qu'il y a des territoires perdus qui ont été perdus par la République elle-même, perdus par l'État, par négligence, abandon de l'État, cynisme de certains élus qui se sont servis du communautarisme pour être élus. Justement, Valérie Pécresse.

14:28
Valérie Pécresse

Moi, j'ai une...

14:30
Présentateur

Mais vous savez que parfois dans certains quartiers, les islamistes vous trouvent une place en crèche ou proposent un emploi dans une entreprise proche de la mouvance radicale. Je viens de vous le dire. Oui.

14:40
Valérie Pécresse

Je viens de vous le dire. Le sujet... Oui. J'étais hier avec Jean-Louis Borloo à Chanteloup-les-Vignes. C'est très intéressant. On a parlé de rénovation... J'ai vu ce que disait Jean-Louis Borloo. On a parlé de rénovation urbaine. Oui. On peut se donner dix ans et détruire tous les ghettos urbains parce que derrière, il y a de l'apartheid. Le séparatisme, il se nourrit de cet apartheid et de ces ghettos. Qu'est-ce que je propose ? Et d'une forme de misère sociale. Mais... Et économique. Mais qu'est-ce que je propose ? Un plafond anti-ghetto dans chaque quartier. Le plafond anti-ghetto, c'est qu'il faut de la vraie mixité sociale dans chaque quartier.

Pas plus de 30% de logements sociaux par quartier. Parce que ce que vous dites, c'est ça. L'apartheid urbain, c'est concentrer la misère sociale à un endroit, faire en sorte qu'il y ait une désespérance et évidemment, dans ces quartiers, comme il n'y a pas de revenus, il y a la délinquance. Comme il y a la délinquance, il y a le réflexe du repli communautaire pour se protéger et tout ça dérive vers la haine de la France. C'est ça le sujet.

15:36
Présentateur

Est-ce qu'il faut supprimer les salles de prière, par exemple, dans les entreprises de transport ? Comme pense le faire le gouvernement, d'après ce que je crois savoir. Plus de nettoyage de postes là où une femme s'est assise, par exemple.

15:50
Valérie Pécresse

Ça existe ? Non, mais ça, c'est des comportements qui témoignent d'une forme de radicalisation. Est-ce qu'il est normal qu'on fasse conduire un bus par une personne qu'on soupçonnerait d'être radicalisée ? Donc, il faut protéger nos services publics, il faut protéger nos concitoyens et partout, il faut réaffirmer que la loi de la République est au-dessus de la loi religieuse, la loi au-dessus de la foi. C'est ce qu'on a demandé, vous vous souvenez, aux Juifs, il y a des siècles, c'est ce que Napoléon leur avait demandé, c'est ce qu'on a demandé aux chrétiens au moment de la séparation

16:21
Présentateur

de l'Église et de l'État. C'est une nouvelle loi qui ne va concerner que les musulmans ? Non, justement, même droit, même devoir. Parfois, et j'ai écouté le maire de Sarcelles le dire, François Puponi, que certains Juifs demandaient des horaires décalés pour les femmes à la piscine.

16:41
Valérie Pécresse

Il faut que la même loi s'applique à tous et c'est mon discours.

16:45
Présentateur

Est-ce qu'il n'y a pas le risque loi anti-islamisme ? On est d'accord.

16:52
Valérie Pécresse

Islamisme radical. Islamisme radical.

16:54
Présentateur

Est-ce qu'il n'y a pas un risque de stigmatiser tous les musulmans ? Là aussi, la ligne est étroite, non ? Je ne le crois pas.

17:03
Valérie Pécresse

En tout cas, moi, je suis vraiment très claire dans ma tête. Tout ce qu'on a demandé aux autres religions, on doit pouvoir le demander aujourd'hui aux musulmans de France. Les mêmes droits, les mêmes devoirs, les mêmes obligations. Respecter la loi de la République et la mettre au-dessus de la loi religieuse. S'il y a un précepte de la loi de la République qu'il y a en contradiction avec votre loi religieuse, on applique la loi de la République. C'est ce qu'on a dit sur l'avortement, par exemple. La loi s'applique même si certains sont contre, quelle que soit leur religion.

17:30
Présentateur

Les mineurs isolés, je me souviens, les migrants, les mineurs migrants isolés, je me souviens de ce que vous disiez ici même, il y a deux ans, et je vous cite, plus de la moitié de ces jeunes ne sont pas de vrais mineurs. Ils vont renégocier leur retour dans leur pays. Il est temps de tirer des signaux d'alarme. Vous dites la même chose ce matin, j'imagine. Mais M. Bourdin,

17:49
Valérie Pécresse

j'avais raison déjà à l'époque.

17:50
Présentateur

Oui, je me souviens, c'était ici même.

17:51
Valérie Pécresse

Mais on ne nous entend pas, nous les élus de terrain, on ne nous écoute pas. On ne nous écoute pas.

17:56
Présentateur

Mais ce n'est pas nouveau, ça pourquoi d'ailleurs ?

17:58
Valérie Pécresse

Écoutez, c'est pour ça que je viens chez vous, c'est pour essayer de pousser mon cri. Mais nous n'avons pas de pouvoir législatif, nous les élus de terrain, mais nous voyons la réalité. La majorité, et on le sait, parce que depuis l'attentat, tout le monde a regardé ce que je disais il y a un an. Il est toujours vrai, la majorité de ces soi-disant mineurs isolés qui viennent pour avoir un statut protecteur qui a été fait pour les enfants des rues, qui a été fait pour les réfugiés, ils détournent la loi. Ils détournent la loi. C'est une loi qui est devenue, qui permet des...

Enfin, comme l'asile est détourné, aujourd'hui, la protection des mineurs est détournée en filière d'immigration clandestine. Et il y en a de plus en plus. Et vous savez combien il coûte par an ? Un mineur isolé pris en charge par l'aide sociale à l'enfance départementale. Et toi ? 50 000 euros. 50 000 euros par mineur. Il y en a 40 000 en France, c'est 2 milliards d'euros. Donc le sujet, aujourd'hui, il est simple. Il faut, au niveau européen, parce que c'est des lois européennes, il faut qu'on se remette autour de la table et qu'on négocie des protocoles de retour, notamment, et évidemment, d'abord, pour ceux qui ne sont pas mineurs. Et il faut généraliser la josseux.

Il y a des départements qui le font. Je pensais au département de l'Essonne. Mon collègue, le président de l'Essonne, me disait qu'il avait trouvé un mineur qui avait 41 ans. Vous voyez ? Bon. Il faut généraliser la josseux. Il y a des départements qui refusent de le faire.

19:14
Présentateur

Même si la josseux n'est pas toujours, toujours totalement fiable. Eh bien,

19:16
Valérie Pécresse

s'il n'est pas fiable, prenons une marge. Prenons une marge. Vous savez, on a toujours des excuses pour ne pas faire. Et la ville de Paris refuse. Donc, il y a maintenant à généraliser des mesures beaucoup plus strictes.

19:27
Présentateur

Bien, je termine sur les propos d'Éric Zemmour tenu mardi soir sur CNew. Je cite, il n'y a pas de juste milieu. Les migrants mineurs devraient tous être expulsés. Tous, tous, parce qu'ils n'ont rien à faire ici. Ils sont violeurs, assassins, voleurs. C'est tout ce qu'ils sont. Il faut les renvoyer. Il a un peu édulcoré ses propos ensuite, mais est-ce que vous les condamnez ?

19:47
Valérie Pécresse

Les provocations Les provocations récurrentes, permanentes d'Éric Zemmour sont totalement irresponsables. Parce qu'elles ne servent qu'à radicaliser les positions des uns et des autres, à cliver la société française, à nous déchirer entre nous. On a besoin de cohésion. On a besoin de cohésion. On a besoin de réussir ensemble. En Ile-de-France, un enfant sur deux qui naît. Un enfant sur deux qui naît au moment où je vous parle à un parent qui est né à l'étranger. Un enfant sur deux. Et on va opposer les uns aux autres. C'est totalement irresponsable. Il y a une responsabilité morale d'Éric Zemmour dans ce qui se passe.

Et de sa chaîne, d'ailleurs, puisqu'on ne doit pas laisser diffuser ce genre de propos.

20:26
Présentateur

Merci Valérie Pécresse d'être venue nous voir ce matin. Merci. Il est 8h54. Vous êtes sur RMC et BFM TV.