Municipales 2026 : "Une campagne très courte" victime d'une actualité internationale "écrasante", selon Soazig Quéméner
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On en parle ce matin avec Soazie Kemener, bonjour.
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Si on laisse de côté 2020, c'était le Covid, c'était particulier, la participation était plus faible. Mais on est, en 2014, par exemple, plus de 60% de participation. Est-ce que cette actualité peut calmer l'enthousiasme habituel, j'allais dire, et faire baisser la participation ?
- 3:44OuverteRéponse directe
Et est-ce que ça peut avantager les sortants, d'après vous, les maires qui se représentent, qui peuvent souvent compter sur leur base, là où les challengers, on va dire, peinent plus à mobiliser ? On sait qu'il y a toujours, dans les élections locales, sept primes aux sortants. Est-ce qu'elle peut être, dans ce contexte, un peu plus forte ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« C'est à partir de ce moment-là qu'on a eu un début de campagne, qui a été très intense d'ailleurs, autour de la France insoumise notamment. »
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« Alors, effectivement, ça pose un problème démocratique. »
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Il est 6h22, dans dix jours, tous les Français seront appelés aux urnes pour désigner leurs élus préférés, les maires, premier tour des élections municipales le 15 mars. Ah mais oui, c'est vrai, vous dites-vous peut-être ce matin, il faut dire que la campagne est quelque peu éclipsée par la guerre au Moyen-Orient. On en parle ce matin avec Soazie Kemener, bonjour. Bonjour. Éditorialiste politique, rédactrice en chef à la tribune dimanche. Comme en 2022 avec la présidentielle et l'Ukraine, on en oublie les municipales aujourd'hui, même si les enjeux sont très différents, évidemment.
Oui, on a eu une campagne très très courte, finalement. On a l'impression qu'elle est presque déjà arrêtée. Elle a commencé très tardivement, vous le savez, puisque le vote du budget est intervenu simplement le 6 février. C'est à partir de ce moment-là qu'on a eu un début de campagne, qui a été très intense d'ailleurs, autour de la France insoumise notamment, après le lynchage à mort de Quentin Deran, que le militant nationaliste à Lyon, par un groupe lié, enfin par des antifas qui sont appartenant à un groupe qui est lié à la France insoumise. Donc ça, effectivement, ça a été un moment de campagne, un fait de campagne très important.
Et puis, il y a effectivement le déclenchement de la guerre en Iran. Et la campagne nationale a disparu. Ce n'est pas pour autant que les campagnes locales ne sont pas toujours aussi vives, importantes. Mais, par exemple, lundi dernier, on devait avoir une conférence de presse de Jordan Bardella pour parler des municipales. On devait avoir cette semaine aussi plus de débats à la télévision. Et finalement, tout ça a été laissé de côté, effectivement, face à cette actualité écrasante. Alors, effectivement, ça pose un problème démocratique. Parce que vous le disiez, la campagne des présidentielles de 2022 avait déjà été en partie éclipsée par la guerre en Ukraine.
Là non plus, il n'y avait pas eu de débat au premier tour, notamment.
Et donc, on est dans une campagne avec des enjeux nationaux qui auraient pu être très forts. Quand on regarde les préoccupations des Français, il y a une étude très intéressante qui est sortie hier de IFOP pour l'Institut Théra, mais qui rappelle à quel point les questions de sécurité, les questions de narcotrafic, maintenant, sont très présentes. Les questions d'accès aux soins, tout ça, c'est des débats passionnants. Et c'est vrai qu'ils sont un peu laissés de côté, actuellement.
Les municipales, après la présidentielle, c'est d'ordinaire le scrutin où l'on vote le plus. Si on laisse de côté 2020, c'était le Covid, c'était particulier, la participation était plus faible. Mais on est, en 2014, par exemple, plus de 60% de participation. Est-ce que cette actualité peut calmer l'enthousiasme habituel, j'allais dire, et faire baisser la participation ?
Alors, on pourrait penser que oui, et en même temps, si on s'en réfère encore à cette étude qui a été faite auprès de 10 000 personnes, 78% des Français disent que les élections les intéressent aujourd'hui. C'est le plus important chiffre à un mois, enfin, à un mois ou à 15 jours depuis 1965. Donc, il y a quand même quelque chose qui se passe. Alors, pourquoi ? Parce que, comme les élections de 2020 avaient été éclipsées par le Covid, vous vous souvenez, premier tour au mois de mars, second tour au mois de juin, très peu de participation, et surtout, la question des électeurs les plus âgés qui ne s'étaient pas déplacés.
Certains ont pu penser que ça avait faussé certains résultats, en tout cas changé certains résultats. Et donc, il y a comme quelque part un match retour qui peut se jouer là, en 2026, avec la question, évidemment, on va regarder de très près, ce sera un des points très importants, quid des maires écolos ? Vous vous souvenez de cette vague de maires écolos élues en 2020 ? Et puis surtout, quid du RN qui espérait en faire un momentum important avant la présidentielle ?
Et est-ce que ça peut avantager les sortants, d'après vous, les maires qui se représentent, qui peuvent souvent compter sur leur base, là où les challengers, on va dire, peinent plus à mobiliser ? On sait qu'il y a toujours, dans les élections locales, sept primes aux sortants. Est-ce qu'elle peut être, dans ce contexte, un peu plus forte ?
Alors, elle est intéressante, cette question, parce qu'effectivement, on s'est posé la question, il y a un mois, est-ce que ça n'allait pas être les grandes élections du dégagisme ? Les élections locales du dégagisme, alors que c'est vrai, vous avez raison, les maires, en général, sont plutôt appréciés, reconnus de leur population, et il y a cette prime aux sortants. D'ailleurs, on a des maires qui font des mandats, des mandats et des mandats. Et là, effectivement, cette grosse inquiétude, d'ailleurs, qui s'est matérialisée mardi soir, 15 millions de personnes en tout devant la télévision pour regarder le président de la République, c'est considérable.
Donc, ça montre quand même une inquiétude. Et effectivement, la conséquence que ça peut avoir sur ces élections locales, c'est effectivement aider un peu plus les sortants. Certains sont en très grande difficulté. Je pense à Grégory Doucet, par exemple, à Lyon, qui est fortement challengé par Jean-Michel Aulas. Mais dans certaines autres villes, effectivement, ça peut jouer pour le sortant, mais plutôt dans les grandes villes.
Et rapidement, pour finir, tout de même, les municipales, ça reste le quotidien des Français. Le logement, la petite enfance, les espaces verts, finalement, sont sans doute des sujets qui intéressent plus ceux qui vont aller voter que ce qu'on voit sur les chaînes info qui ne sont pas sorties de la guerre au Moyen-Orient depuis plusieurs jours.
Alors, je pense que c'est deux sphères très différentes. Mais ce qui me frappe quand même dans les années qui viennent de s'écouler, c'est que ces deux sphères se sont rencontrées. C'est-à-dire que quand vous regardez ce qui s'est passé en 2022, la guerre en Ukraine, finalement, ça a eu des conséquences sur notre vie quotidienne, puisqu'on a parlé d'énergie, on a parlé de restrictions d'utilisation d'énergie, d'électricité pendant plusieurs mois. En 2020, le Covid, c'est pas la peine de rappeler à quel point ça a eu des conséquences sur notre vie quotidienne. Donc, il y a quand même maintenant le sentiment dans la population que ce qui arrive loin peut avoir des conséquences tout près.
Donc, il y a cette corrélation-là. Mais d'un autre côté, oui, il y a la sphère, effectivement, éminemment locale, avec des préoccupations éminemment locales, comme on peut le voir dans les enquêtes d'opinion.
En tout cas, les élections municipales seront bien sûr à suivre sur France Inter, les 15 et 22 mars, soirée spéciale, évidemment. Merci, Soazie Kemener, rédactrice en chef à la tribune dimanche, d'être passée par le studio du 5-7 ce matin.