La révolution est-elle souhaitable ? Juan Branco répond.
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Vous avez fait un schéma Ikea, enfin franchement je sais pas comment l'appeler autrement, de comment construire une guillotine étape par étape. Est-ce qu'a fait qu'alors qu'on était au port de l'Elysée et que techniquement on pouvait rentrer l'Elysée, est-ce qu'a fait que nous avons décidé de pas y aller ? Moi je pense sincèrement qu'il faut donner des instruments de contrôle au peuple.
Et ça, ça justifie une révolution. C'est ça que vous voulez pour les Français aujourd'hui ? Un siècle de chaos ?
Je suis un ennemi de l'État. Oui. Ma vie a déjà été menacée.
Oui. La France reste un modèle à suivre à travers le monde. Oui.
Je suis toujours de gauche. Oui. Ron Branco, avocat et écrivain de 35 ans.
La liberté d'expression n'est pas en danger. Non. La violence peut être légitime.
Oui. Les Français ont encore du pouvoir sur leur destin. Il faut essayer.
La provocation est un art qui se perd. La provocation intelligente, oui. Je suis un révolutionnaire.
J'essaie de l'être. Ceux qui sont censés résoudre le problème sont devenus le problème. Ils ont jamais cherché à résoudre le problème.
Le peuple n'a jamais autant été écouté que maintenant. Pas du tout. On sanctionne plus un chômeur qu'un ministre corrompu.
Oui. Mélenchon doit être le prochain président de la République. Non.
Une dictature temporaire est nécessaire. Très, très transitoire et seulement si elle est sous le contrôle du peuple. Le futur, c'est l'Europe.
Pas l'Union européenne. Le peuple est en colère. Oui.
Internet permet l'expression véritable du peuple. Partiellement. Les politiciens ne sont pas plus corrompus qu'avant, c'est juste qu'on en parle plus.
Je pense que c'est vrai. Il existe encore des hommes politiques sincères. Peu.
Et ceux qui le sont n'ont pas forcément les moyens de leur sincérité. Le gouvernement est violent. Oui.
Les politiques se croient au-dessus des lois. Oui. Les policiers sont les ennemis de la République.
Pas du tout. L'histoire prouve que les révolutions finissent toujours mal. Pas du tout.
Je suis optimiste pour l'avenir de la France. Pas du tout. Juan Branco l'affirme.
Je suis un révolutionnaire. Mais jusqu'où est-il prêt à aller ? Faut-il faire tomber le système ?
La violence peut-elle être légitime ? La révolution serait-elle un chaos incontrôlable ? Il dénonce, provoque et critique le pouvoir en place.
Mais propose-t-il une alternative crédible ? Ou est-ce juste de la provocation ? Changer le système ou le détruire ?
Juan Branco répond sans filtre. Une émission. Vous êtes avocat.
Vous avez écrit de nombreux ouvrages, dont certains que nous avons ici. Justement, est-ce que vous êtes vraiment anti-système du coup ? Non, pas du tout.
Ce qu'on essaie de construire, c'est une alternative au système existant. J'ai quand même fait toutes les écoles de République. On ne va pas refaire mon CV à chaque fois.
Mais je suis passé par toutes les cases. Et j'y ai plutôt réussi, voire très bien réussi. Donc le problème n'est pas d'une posture soit romantique, soit revancharde, soit une quelconque forme de frustration.
L'enjeu, c'est vraiment d'essayer de rendre meilleur un système actuel qui, aujourd'hui, ne soigne pas sa population, ne la protège pas, la pousse à des situations particulièrement désespérantes, notamment dans la jeunesse, notamment chez les jeunes femmes en particulier. Je rappelle régulièrement cette statistique. Ces derniers temps, il était révélé que le taux d'hospitalisation pour tentatives de suicide de la part des femmes de 15 à 25 ans avait été multiplié par 8 en 10 ans.
C'est quelque chose qui est énorme, qui est catastrophique, qui s'est ajouté à tous les débats, les enjeux autour des violences sexuelles et ainsi de suite, et qui n'a pas du tout été pris en charge par l'État. Les seules réponses que les politiciens aujourd'hui donnent, c'est qu'on va augmenter justement la prise en charge médicale. Quand vous avez une partie de la population qui est désespérée au point de vouloir se tuer, la solution n'est pas médicale.
La solution est en amont sur les politiques publiques à adopter pour essayer de comprendre qu'est-ce qui rend une société pourtant encore riche si malheureuse et en particulier sa jeunesse. Je pense que nos dirigeants génèrent beaucoup de phobies, d'angoisse, essayent beaucoup de nous diviser et de générer de la violence entre nous. Et ce que j'essaye de faire, c'est à travers mon discours et à travers les actes, que ce soit en tant qu'avocat ou forme de figure politique, j'imagine, c'est d'essayer de purger cette violence et de l'amener là où elle doit se projeter.
C'est-à-dire pas nier la violence parce que sinon on la rabat contre soi ou à l'horizontale, ce qui génère des spectres de guerre civile et d'anomie, mais vers les véritables responsables en acceptant ce préalable, c'est qu'ils doivent assumer leur responsabilité dans la situation qu'ils ont fécondée. Ce ne serait pas peut-être aussi beaucoup, voire plus la faute des réseaux sociaux plus qu'à l'État ? Oui, mais l'État, c'est un peu comme, vous savez, j'avais écrit un livre sur Anouna, tout le monde s'attendait à ce que je détruise dans cet ouvrage, et à l'inverse, j'essayais d'expliquer qu'il n'était rien.
Les réseaux sociaux, c'est la même chose. L'État a une responsabilité sur la régulation de la communication en général et de l'espace public. Le plus terrifiant de ces réseaux, c'est Instagram.
C'est-à-dire que vous avez une projection de l'image de la femme parfaite, parfaite entre guillemets, c'est-à-dire selon des standards hyper commerciaux qui permettent leur introduction dans le système marchand et capitaliste, c'est-à-dire on vend le corps de la femme pour qu'elle puisse à son tour vendre des produits, et on promet à des jeunes femmes de faire fortune en faisant cela, et on l'érige en modèle de société. C'est un peu une dérive et une excroissance de ce qu'on connaissait déjà, par exemple, avec l'industrie du luxe, et avec toutes ces affiches et ainsi de suite, où on montre des corps de femmes complètement refaits ou même naturels, mais qui sont extraordinairement difficiles à atteindre et qui sont du coup extraordinairement complexants pour les adolescents et les adolescentes et les jeunes femmes, parce que ça crée aussi des effets sur les hommes, ça distord leur rapport à la femme, ils se retrouvent dans une situation qui, à mon avis, doit générer une forme d'avidité, voire des comportements quelque part prédateurs, parce qu'en fait il y a une objectivation de la femme et une fabrication du désir à partir de la pure mise en scène d'un corps, donc tout ce qui est la valorisation et d'un corps qui est très stéréotypé, en réalité. Tout ce qui est la valorisation de la différence et ainsi de suite passe à la trappe.
Les réponses des grandes entreprises qui prétendent mettre en valeur des corps de formes différentes et ainsi de suite ne règle pas du tout la question. Le problème, c'est la mise en scène de ce corps de telle façon. Si on essaie de réfléchir un peu historiquement, c'est une question qui m'a beaucoup préoccupé, parce que d'une part c'est un enjeu fondamental, d'autre part parce que j'étais accusé moi-même à un moment de viol dans une procédure politique atroce qui continue depuis quatre ans, donc ça m'a forcé à m'interroger sur qu'est-ce qui générait en fait ces instrumentalisations, ces tensions, ces sous-jacences.
Et j'ai réfléchi notamment au rôle qu'avait pu jouer en amont, si on essaie de remonter historiquement, pas se fixer là sur ces réseaux sociaux, sur le cinéma par exemple. Le cinéma a beaucoup prospéré sur la construction de figures fantasmatiques de femmes, d'icônes, que ce soit Marine Mondreau ou plein d'autres dont on sait d'ailleurs pour beaucoup le destin tragique qu'ils ont eu à connaître. Et ce que ce système avait de favorable, tout de même, malgré tout ce que ça pouvait générer, c'était qu'il ne s'agissait pas simplement d'être, vous voyez, c'était pas on vous met en soutien-gorge ou puir devant une caméra et on vous demande de faire trois mouvements de danse ou assimiler et puis c'est bon, vous devenez une star.
A l'époque, il y avait quand même cette idée que vous deveniez une star à travers ce que vous incarniez, donc à travers un personnage. Et à travers ce personnage, il y avait des valeurs qui étaient transmises. On créait une mise en scène qui cherchait à envoyer des messages qui quelque part avaient une dimension civilisatrice.
Et au sein de ça, le désir qui pouvait en naître ou que les réalisateurs et ainsi de suite essayaient de faire naître s'inscrivait dans une dynamique plus générale qui essayait de nous créer des modèles. Ce qui fait que le cinéma n'a jamais été la pornographie. Et ce qui fait qu'on a toujours séparé, par exemple, la pornographie du cinéma.
C'est-à-dire qu'on a toujours refusé que dans le cinéma, il y a des scènes de pornographie réelle, d'acte sexuel et ainsi de suite. Pour revenir à votre question, en effet, évidemment, ces questions des réseaux, à mon avis, créent une violence extraordinaire, mais aussi l'exposition brutale de l'intimité. Est-ce que l'intimité existe encore ?
Et est-ce qu'on peut avoir du désir et construire des chausses scènes sans intimité ? Ou avec une accessibilité si immédiate dans le rapport à l'autre. Revenant, par exemple, à l'accusation dont j'avais fait l'objet, un des facteurs fondamentaux, c'était qu'on s'était rencontrés sur une brève période, en quelques heures.
Et sans socialisation, c'est-à-dire à partir de... sans intermédiaire, sans tiers de confiance, pour reprendre un vocabulaire de geek.
Et donc, évidemment, ça facilite soit la trahison, en l'occurrence ce que je considère être un compromis, soit soit l'incompréhension, dans certains cas aussi, et l'absence de dialogue, enfin...
Bref, tout ça, c'est des facteurs qui, à mon avis, sont hyper vulnérabilisants pour les femmes, mais aussi pour les garçons. Et pour cette génération, vous rajoutez le Covid, et ainsi de suite, ça a été une sorte de... on les a fracassés, on les a fracassés, et je pense que nos dirigeants politiques ne mesurent pas du tout le niveau de désorientation et d'urgence.
Pire, peut-être qu'ils le mesurent, mais comme ils savent qu'on est un pays où la moyenne d'âge est de, je pense, de 42 ans, c'est-à-dire qu'en gros, leurs électeurs, et en plus, en particulier, ceux qui votent sont dans la franche la plus âgée, c'est pas du tout quelque chose qui leur apparaît prioritaire. Je vous arrête deux secondes, si vous êtes encore là, c'est que la vidéo vous plaît, donc n'hésitez pas à vous abonner, à dire ce que vous en pensez à un commentaire, ça ferait très plaisir, je vous remets la vidéo. Mais est-ce que c'est vous qui rejetez le système, ou c'est pas le système qui vous rejette ?
Non, parce qu'en fait, moi, les portes me demeurent ouvertes, que ce soit...
Moi, il y a toujours des tentatives, on essaie de me placer en garde à vue pour des bêtises tous les quatre matins, on essaie de me faire radier du bar ou de Paris, et ainsi de suite, mais je reste très institutionnalisé. Moi, j'ai un rapport à l'intégrité, à la vérité, qui est très radical. Et donc, j'ai une capacité de me faire des ennemis assez rapides, parce que, dans n'importe quel système où je m'intègre, ça crée du mouvement.
Vous voyez, donc mes rapports avec certains magistrats, certains parquetiers, sont d'autant plus radicaux et violents, qu'eux-mêmes sont dans une forme de complaisance, soit vis-à-vis de formes de corruption passive, rarement d'argent, mais vous voyez, d'acceptation de choses qui ne doivent pas l'être. Et quand vous avez des moments de crise en France, comme l'actuel, ou comme ça a été le cas au moment des Gilets jaunes, ou quand vous engagez sur des causes aussi importantes, comme ça a été mon cas avec Wikileaks et Julian Assange, vous ne pouvez pas être dans la compromission ou le compromis. Et quiconque est dans la compromission est en train de détruire quelque chose de beau que quelqu'un était en train de construire.
Et donc, vous êtes obligés de rentrer dans une rupture pour les secouer, d'autant plus radical, pour refuser en fait les effets délétères qu'ils vont générer. Et ça produit souvent des effets qui sont particulièrement violents, en particulier pour moi, mais aussi pour ceux qui se retrouvent à essayer de faire barrage, justement en jaillissement de formes de beauté, de vérité, et ainsi de suite. Et donc, pour revenir sur ces dernières années, où je suis passé d'être invité à peu près partout de ces news et BFM, en passant par Canal et compagnie, à ce qui est une véritable difficulté à me donner la parole dans l'espace public, c'est lié en fait à des offensives croisées, successives, notamment nées de la part du pouvoir politique, parce que j'ai défendu des gens qui s'y opposaient violemment, on en avait parlé la dernière fois avec Damien Tarel, mais on pourrait citer Piotr Pawlenski, beaucoup de Gilets jaunes, comme Christophe Détanger, le boxeur gilet jaune qui le 5 janvier 2019 avait dégagé le pont à main nue d'un certain nombre de CRS qui bloquaient les Gilets jaunes, qui allaient vers l'Assemblée, où ils essayaient de se faire entendre.
Plus récemment, l'artiste guadeloupéen qui, pour dénoncer un scandale sanitaire immense en Guadeloupe, il faut savoir que les eaux ont été empoisonnées pour les 700 prochaines années par des cultivateurs de bananes, qu'on appelle les béquets, qui sont descendants de marchands d'esclaves, qui sont restés dans un entre-soi, et qui aujourd'hui ont un monopole économique très important, et ils ont utilisé une molécule qui s'appelle la chlordécone, qui est un insecticide très puissant, mais qui a fait exploser le taux de cancer de prostate en Guadeloupe, au point où aujourd'hui, le record mondial de ce type de cancer est en Guadeloupe. On se retrouve dans une situation qui est scandaleuse, 700 ans à devoir subir ça, pour un peuple qui a déjà été martyrisé par le passé, et on a Emmanuel Macron, qui au milieu de tout ça, dit oui, non, mais il doit y avoir des caractéristiques génétiques spécifiques à l'île, il est dans une forme de négationnisme de ce qui s'est passé, ça génère beaucoup de violence, d'autant plus que la justice, qui aujourd'hui en France malheureusement, est rarement indépendante, détermine qu'il n'y avait pas lieu à poursuivre, c'est-à-dire que la procédure n'aurait pas lieu, il n'y aurait pas de procès, et donc cet artiste fait une peinture qui consiste en un Guadeloupéen, avec le symbole de la Guadeloupe, qui tient la tête d'Emmanuel Macron décapité, et il l'appelle non-lieu, donc pour dénoncer cette injustice. Et là, que fait Emmanuel Macron, président de la République ?
Il décide de porter plainte personnellement contre cet artiste, ce qui est quand même assez rare, et évidemment un acte d'intimidation, et en plus il le fait sur des motifs d'infraction criminelle qui peuvent être assez lourdes, c'est-à-dire qu'il considère que c'est une incitation à la commission de crime et délits, y compris le crime de meurtre. Vous, vous trouvez ça normal d'avoir un tableau qui met la tête du président de la République française décapité ? Bien sûr, c'est extraordinairement important si on veut différencier notre société de celle que l'on dénonce régulièrement, parce qu'il ne respecterait pas les droits de l'homme, mais ainsi de suite, de laisser une liberté d'expression, si ce n'est totale, maximale pour les citoyens, et en particulier pour les artistes.
Cette colère qu'il exprime à travers ce tableau, c'est une colère dont on doit se sentir heureux qu'elle soit exprimée à travers une œuvre d'art. Parce qu'autrement, quand vous n'avez pas de façon justement de purger votre violence, on en revient à ce que je disais tout à l'heure, elle va se projeter sur des corps, elle va se projeter sur, ou alors dans le meilleur des cas sur du matériel, c'est ce qui, pendant les gilets jaunes, les gilets jaunes s'attaquaient avant tout à des devantures de magasins, à des voitures, vous voyez, pour ne pas s'attaquer à des gens. Oui, mais ça n'a pas empêché qu'il y ait quand même eu des blessés, etc.
Et principalement du côté des gilets jaunes, parce que ce n'est pas les gilets jaunes qui ont éborgné et qui ont mutilé. Oui, mais on les fait qu'on les laisserait tout casser ? On les écoute, on les écoute et on essaie de prendre en compte leurs difficultés, ce qui n'a pas été fait.
Vous vous souvenez de ce grand débat qui avait été mis en scène par Emmanuel Macron à l'époque, et les cahiers des doléances qui avaient été, il y a eu 19 000 cahiers qui ont été remplis. C'est-à-dire le besoin que ressentaient les Français de s'exprimer, d'être entendus, ils ont été classés dans les archives, rien n'a été fait. Et le grand discours qu'Emmanuel Macron devait faire a été annulé parce qu'il devait intervenir le soir de l'incendie de Notre-Dame, il n'a jamais reprogrammé, comme si c'était opportun de, finalement ça l'arrangeait.
Enfin, vous voyez, il y a quelque chose qui, pour des gens qui ont pris, parce que c'était risqué de se mobiliser pendant cette période, cette séquence, il y avait une sorte de dureté dans le rapport aux forces de l'ordre, parce que les syndicats avaient décidé de déserter, qu'ils avaient abandonné les gilets jaunes, donc il n'y avait pas d'encadrement, il n'y avait pas d'expérience sur comment organiser une manifestation, s'assurer qu'elle puisse. On s'est retrouvé dans une situation où des gens normaux prenaient des véritables risques pour se faire entendre. Et vous imaginez, quelques mois plus tard, vous découvrez qu'en fait, on a mis tout ça à la poubelle, et circuler, il n'y a rien à voir, il y a eu des événements plus importants, d'abord l'incendie, puis après, évidemment, quelques mois plus tard, le Covid, et toute la détresse sociale, la violence, que connaissent encore ces Français, pas seulement matériels, pas seulement par rapport à leur niveau de vie, qui en effet a été très violemment impacté, mais aussi de quelque chose de plus fondamental, qui rejoint un peu ce que je disais en parlant de cette catégorie de la population en particulier, que sont les jeunes femmes.
La place et la fonction qu'on occupe au sein de ces sociétés, on pourrait rentrer dans des développements assez longs, mais du fait de la mondialisation, et du fait qu'il y a du coup une désindustrialisation très importante. Par exemple, tout le textile qui faisait qu'on s'habillait à partir de vêtements produits en France, à partir de matières premières qui elles-mêmes venaient de France. En général, dans le nord de la France, Macron devrait bien connaître ça, parce qu'il vient d'Amiens, qui était justement une de ces zones qui était complètement structurée depuis un siècle et demi par l'industrie textile.
On a délocalisé tout ça au Bangladesh, et ainsi de suite. Ce qui fait qu'on a désindustrialisé toute une partie du pays qui ne s'en est jamais remis. Jamais.
C'est un point fondamental. Et deux, on a commencé à s'habiller à partir de produits standardisés, stéréotypés, qui étaient fabriqués non plus sur la base de notre culture, de ce que l'on pense, de ce que l'on construit, mais d'une idée du goût un peu cosmopolite, universel, qu'importe. Ce qui fait qu'il y a aussi une crise identitaire qui n'est derrière.
On ne se ressemble plus. Vous voyez ? Alors ça touche moins les classes les plus aisées, parce qu'elles continuent à pouvoir se distinguer en consommant des biens de luxe.
Et je pense que l'explosion de la consommation du luxe depuis une quinzaine d'années est un peu provoquée par ça, le besoin d'avoir des marqueurs identitaires. Et ceux qui peuvent se le permettre, du coup, le font. Les plus pauvres, souvent aussi, essayent de le faire.
Et ils achètent. Alors, malheureusement, ils ont moins accès que les classes aisées, moins le temps aussi à investir dans ces domaines. Donc ils achètent les produits les plus standardisés, Louis Vuitton, enfin vous voyez les choses les plus presque caricaturales.
Au point où finalement, ils sont reconnaissables, paradoxalement, dans leur origine sociale, par leur consommation de biens de luxe. Et donc cette explosion du marché de luxe cherche à compenser un peu cela. D'une part, ce n'est pas simple, parce qu'en fait, on se distingue à travers des choses qui coûtent très cher et qui valorisent aussi à travers cela plutôt la valeur monétaire que des appartenances réelles.
Et d'autre part, surtout, la grande majorité de la population n'y a pas accès. Ce qu'on appelle les classes moyennes et une grande partie des classes populaires se retrouvent sans possibilité de se rattacher à sa société, à son territoire, de montrer qu'elle y appartient. Même quelque part, vous voyez le bleu de travail des ouvriers, c'était un marqueur identitaire.
Donc dans toute la souffrance qu'a pu générer l'industrialisation et le travail à la chaîne et ainsi de suite, vous aviez quand même quelque chose auquel vous raccrochez, qui vous permettait...
Et ça, c'est quelque chose que la gauche, que j'ai appelé de façon critique la gauche institutionnelle, ne prend pas du tout en compte. Je les appelle la gauche Zara, vous voyez. Parce qu'en fait, ils cherchent à accroître le pouvoir d'achat, mais sans changer du tout ces structures de production et de consommation.
Et or, si on veut comprendre pourquoi ce qu'on appelle l'extrême droite existe en France, c'est un élément à prendre en compte. Il y en a d'autres, le stigmate de la guerre d'Algérie, qui explique le vote Zemmour et ainsi de suite. Il y a un certain nombre de facteurs, mais un des facteurs principaux, c'est une crise identitaire qu'il faut pas nier, qu'il faut essayer de comprendre et qui surtout, il faut essayer de résorber.
Donc pour revenir à la question, c'est plutôt vous qui rejetez le système finalement ? Tel qu'il existe aujourd'hui, clairement. Un système qui empêche les citoyens de s'informer correctement, sur ce qui se passe, en multipliant les interventions, les investissements, pour s'assurer qu'on n'aille pas trop loin dans une direction qui pourrait être gênante, qui utilise le bras armé de la police, de la justice, pour essayer de se battre contre des gens qui sont des ennemis idéologiques, intellectuels, pas des gens qui sont en train de frapper, de violer, de tuer, ou d'organiser des offensives à leur rencontre.
Ça, c'est quelque chose que je ne peux pas accepter. Et pour l'avoir vécu aussi personnellement, ce qui est encore plus grave, c'est-à-dire qu'on s'attaque d'abord aux personnes en première ligne, et ensuite on s'attaque à leur avocat. Et ou à l'intellectuel qui écrit des livres sur ces questions.
Dans tous les cas, c'est inacceptable. Il y a quelque chose lors du détournement des instruments de l'État qui ne sert pas le bien commun. Donc vous voulez, du coup, faire une révolution et changer tout ça ?
Je ne crois pas du tout à l'étape intermédiaire. C'est-à-dire, dès le moment que vous rentrez dans le système, en l'état actuel, pour tenter de changer suffisamment radicalement les choses pour qu'en effet, on retrouve un pays qui a sa souveraineté économique, industrielle, politique, et ainsi de suite, vous allez vous faire absorber. Il faut, article 11 de la Constitution, référendum, tout de suite, sur des décisions fondamentales, pour permettre au peuple, sans intermédiation, de prendre des décisions sur son destin, que ce soit sur son appartenance à l'Union Européenne, et à l'euro, sur son appartenance à l'OTAN, sur son appartenance à... enfin, sur l'existence, par exemple, de référendums, d'initiatives citoyennes, c'est-à-dire leur propre possibilité de prendre des décisions sur les sujets qui les intéressent, au peuple, pas aux gens qui sont censés les représenter.
En 2025, la démocratie représentative, avec des assemblées, élues comme on le sait, avec le fonctionnement que l'on connaît aujourd'hui, ça semble quand même relativement archaïque au regard des moyens qu'on a pour pouvoir directement se prononcer sur...
Même si les partis travaillaient ensemble, parce que par exemple, je prends un exemple assez récent, mais en Italie, il y a eu quand même une coalition des droites, donc oui, c'est sûr que l'État n'est pas parfait, mais c'est déjà beaucoup plus stable, et ça va déjà mieux qu'avant. Mais moi, là, on s'adresse à notre...
à notre auditoire de droite ou d'extrême droite, c'est l'exemple parfait pour comprendre ce que le RN va faire s'ils arrivent au pouvoir. Ça aurait pu être une coalition de gauche, j'ai juste pris un exemple. Là, je prends cet exemple, mais c'est-à-dire qu'on a des gens qui se prétendaient anti-européistes au sens de l'Union européenne, qui se prétendaient souverainistes, et ainsi de suite, et qu'est-ce qu'ils font ?
Ils se surintègrent à l'Union européenne, ils deviennent atlantistes, c'est-à-dire complètement adoptant les positions des États-Unis sur le conflit russo-ukrainien, et ainsi de suite. C'est-à-dire qu'ils abandonnent complètement les positions qu'ils avaient quand ils étaient dans l'opposition. Oui, mais peut-être pour prendre d'autres priorités...
D'accord, très bien. Mais dans ce cas-là, on se pose la question de l'utilité de notre vote et du sens...
Moi, je pense sincèrement qu'il faut donner des instruments de contrôle au peuple. C'est-à-dire qu'il faut...
Qu'il y ait des échelons intermédiaires, encore une fois, la politique, c'est fondamentalement ennuyeux. La politique, au sens de la gestion quotidienne d'une cité, c'est-à-dire que c'est prendre tous les jours...
Moi, je ne fantasme pas d'être premier ministre parce que ça doit être horriblement saturant. C'est-à-dire que vous devez prendre des dizaines de décisions tous les jours sur des sujets extraordinairement techniques, vous passez votre journée dans des notes parce que vous n'avez pas le temps et quand vous avez le temps, c'est dans des visites complètement mises en scène. Puis après, il faut que vous fassiez des idées en ville pour essayer d'avoir des soutiens que ce soit économique, oligarchique ou je ne sais pas quoi.
C'est des vies qui sont infernales. C'est pas mal que ça existe parce que ça nous permet de vivre réellement, de construire des choses, d'être créatif, que ce soit dans l'entreprise, dans l'art, de penser. Ça, ça ne me dérange pas.
Par contre, il faut qu'on ait des moyens qui nous permettent de reprendre le contrôle à chaque fois qu'on sent qu'il y a une dérive. Je vous donne un exemple. Les Gilets jaunes naissent à cause de la taxe carburant.
On ne va pas revenir dessus, mais aussi réagissent très vite à la privatisation prévue des aéroports de Paris qui étaient censées rapporter 10 milliards d'euros, ce qui apparemment était une priorité extraordinairement importante en ce qui concernait les finances publiques, les besoins d'investissement et ainsi de suite. 1 000 milliards d'euros plus tard dépensés vraiment n'importe comment pendant la crise Covid, sans aucun fléchage, sans grands investissements, sans tout ce dont la France aurait besoin pour un peu renaître de ses cendres. On comprend bien que la réalité des objectifs qui étaient poursuivis par nos dirigeants n'était pas de récupérer 10 milliards d'euros parce que c'était important pour la République et ainsi de suite.
La réalité, c'était que ça allait permettre de faire des commissions à travers les banques d'affaires et ainsi de suite et de faire tourner le petit Paris et la corruption qui l'alimente. La corruption légale, ce n'est pas une corruption au sens...
C'est une corruption légalisée, c'est d'ailleurs le sens du...
Une corruption légalisée. Oui, c'est la phrase de crépuscule qui est souvent mal interprétée qui consiste à dire qu'ils ne sont pas corrompus, ils sont la corruption. Et les gens souvent l'interprètent pour dire qu'ils sont tous corrompus.
Ce qui n'est pas ça. Ce qui est de dire...
En fait, ils ont réussi à faire que la corruption devienne quelque chose de légal et donc pas au sens définissable du terme de la corruption. Au sens légal du terme de la corruption. Et à Paris, il y a des dizaines de milliers de personnes qui vivent de ça.
Y compris d'ailleurs les journalistes qui travaillent pour des rédactions qui aujourd'hui sont entre des mains d'individus qui ont des intérêts liés à l'État. Il n'y a pas une des personnes que ce soit Rodolphe Saadé, Drahi, et ainsi de suite qui n'ait pas fait sa fortune grâce à ses liens avec l'État. Soit parce qu'ils sont des opérateurs téléphoniques et qu'ils ont besoin de licences d'État pour opérer.
Parce que le marché de la téléphonie en France, c'est un oligopole. C'est normal qu'ils achètent des médias pour avoir de l'influence sur les politiciens pour avoir accès soit à des marchés d'État soit à des faveurs de l'État sous forme de licences et ainsi de suite. C'est ça.
C'est le jeu du capitalisme. Non, c'est le jeu du capitalisme d'État à la française. Ou en fait...
Est-ce que c'est pas pareil ailleurs ? Si vous êtes dans un système...
Moi, j'adore parler avec les libéraux de droite les vrais, les sincères. Vous voyez, qui disent il ne faut pas d'État et ainsi de suite. Il faut que ce soit le marché qui s'organise.
Parce que si c'est le marché qui s'organise, vous n'avez pas besoin d'acheter des médias. Vous voyez, parce que vous n'avez pas besoin de corrompre des politiciens. Vous n'avez pas besoin d'acheter leur influence et parce que vous n'avez pas besoin de décisions favorables si, par exemple, il n'y a pas de règles sur le nombre d'opérateurs téléphoniques qui existent en France.
Alors qu'aujourd'hui, ils sont limités par l'État à quatre. Il y a une concurrence qui s'installe. Alors que là, en fait, pour rentrer dans le marché, vous devez faire comme Patrick Drahi, par exemple, vous devez acheter à l'époque pour avoir l'autorisation de racheter des affaires.
Il a dû racheter Libération, RFM, BFM, et L'Express, de sorte que est placé à sa tête un homme qui désormais est mort depuis peu, Bernard Mourad, qui était très proche d'Emmanuel Macron. En échange de quoi, il a eu son autorisation pour racheter des affaires. Il a pu licencier 2000 personnes.
Et du coup, ce qui lui permet, parce qu'ils ne sont que quatre opérateurs autorisés, d'avoir une marge garantie. Mais au détriment de qui ? De nous ?
C'est nous qui l'apprions. Ça, je comprends tout à fait. Mais est-ce que vous ne vous dites pas plutôt que la corruption, ce n'est pas quelque chose de complètement lié plus à l'être humain qu'à un système ?
C'est le principe de la pourriture. Tout organisme vivant va pourrir. Ça, c'est le propre de la vie, de la mort, de la décomposition qui elle-même va faire fleurir de nouvelles formes de vie.
Si vous vous enterrez dans un jardin, il va y avoir des petites larves qui vont manger. Puis après, il va y avoir des petits oiseaux qui vont manger la larve. Peut-être qu'un animal intermédiaire qui va manger l'oiseau.
Et puis, ça va finir dans l'estomac de quelqu'un d'autre. Et donc, ça lui permet de grandir et ainsi de suite. Très bien.
Parce que le problème, c'est qu'on est en phase, à mon sens, dans la société française de dégénérescence. Il y a quelque part, quelque chose de l'ordre de l'Empire finissant. Vous voyez, on n'est pas en phase d'expansion.
Ça, on le ressent tous. Et je pense que ça fait partie des grands facteurs dépressifs aujourd'hui dans la société française. Et donc, moi, ce que je cherche à faire, c'est une sorte d'électrochoc qui permet de redémarrer la société française. de croissance, vous voyez, d'expansion.
Finalement, ce n'est pas si gênant parce que vous prenez une part de la part supplémentaire qui est en train, chaque année, d'être générée pour chacun d'entre nous. Mais quand vous êtes en phase de restrictions progressives, là, ça génère une vraie tension. Et là, il faut s'y préoccuper avec d'autant plus d'attention qu'il faut renverser cette dynamique parce qu'en fait, on va avoir besoin de ressources pour financer à nouveau des hôpitaux, pour financer à nouveau des organismes de recherche.
On ne met pas l'argent là où il devrait être. On ne met pas l'argent en taux. On l'éparpille de façon délirante et ça détruit des vies.
Ça, c'est le premier point. Et deuxième point, ça détruit la société. Quand je travaillais au Quai d'Orsay, j'écrivais des discours et donc ça allait assez vite et donc j'avais du temps et donc j'ai décidé d'être enseignant remplaçant à Saint-Ouen et à Thiers.
Ça, c'est encore aujourd'hui valide. Ça, je l'ai vérifié récemment. Donc, je m'étais inscrit sur le site de l'Académie de Créteil pour être prof remplaçant en SES ou en philo. et j'avais été convoqué dans la demi-heure de ma candidature.
J'y étais allé pour un entretien avec l'inspectrice qui s'en occupait. On était deux à postuler à l'entretien. On n'était que deux candidats.
L'autre candidat était encore en licence d'éco-gestion à la fac et ne savait pas pour quelle matière on lui avait demandé de venir. Donc, moi, j'arrive. Elle me dit « Bon, voilà.
Est-ce que vous connaissez... » Elle me pose trois questions en sciences économiques et sociales.
Je réponds. Elle me dit « Bon, est-ce que vous êtes disponible pour aller demain à Thiers ? » Ça fait deux mois et demi qu'ils n'ont pas eu cours.
C'est cinq classes de secondes et une classe de terminale. Terminale, SP, SES, à l'époque. Donc, coefficient 9 au baccalauréat.
Donc, si ce n'était pas moi, c'était l'autre gamin qui ne savait même pas pourquoi il était auditionné, qu'il serait retrouvé devant eux ou alors il n'aurait pas eu de prof. Ça, c'est la réalité aujourd'hui de la promesse républicaine qui consiste à prétendre que chacun aurait une égalité de chance, que chacun aurait le droit. Pour moi, c'est fondamental, si vous voulez, faire croire que cette société existe et résorber les fractures qui commencent à se développer, que les meilleurs profs ne soient pas tous concentrés sur la montagne Sainte-Geneviève ou des lycées privés des centres-villes, mais qu'au contraire, les meilleurs profs soient envoyés dans les patelains les plus perdus de la République.
Et donc, il faut faire une révolution pour changer ça. Mais voilà. Et ça, ça justifie une révolution.
Ça, ça justifie une révolution. Bien sûr. Ça, ça justifie une révolution.
Les gamins qui étaient dans une banlieue qui était à l'époque un peu difficile, c'est-à-dire que le lycée venait de sortir de zone ZEP. ZEP à l'époque, pardon, parce que je commençais à vieillir. Bon, c'est les lycées prioritaires.
Donc, qui en général, théoriquement, sont un peu agités. Je n'ai pas entendu une mouche voler tellement ils étaient terrorisés parce que je récupérais ceux qui étaient en terminale. C'est-à-dire ceux qui avaient, en terminale générale, qui avaient fait l'effort de s'extraire de tous les conditionnements sociaux.
Et en termes statistiques, ils étaient minoritaires dans leur classe d'âge de très loin. Et donc, ils avaient fait tout ça pour se retrouver depuis trois mois sans cours. Et donc, en fait, en train de se voir obérer leur destin.
Il n'y avait pas l'hypothèse de la rigolade d'un instant. Ils étaient en panique. Donc, on fabrique du traumatisme et on fabrique du dégoût et on fabrique des envies de révolution.
Alors, dans ce cas-là, la révolution, ce serait qui contre qui ? Le peuple contre l'État ? Les riches contre les pauvres ?
Non, il faut prendre l'État. Il faut prendre l'État. Alors là, soit on se présente en 2027 au Fenwick, donc on traverse l'ensemble des institutions et tout de suite, on gagne et on propose des référendums sur des sujets fondamentaux et ensuite, on rend le pouvoir.
Vous voyez ? Et on remodèle la façon dont est structurée la politique française. Donc, quand vous dites redonner le pouvoir, c'est que pendant ce moment-là, c'est plus une dictature et après, vous redonnez dans une démocratie, donc redonnez le pouvoir au peuple.
Vous présumez deux choses. J'essaie de le comprendre. Même s'il est vrai que parfois, l'hypothèse d'utiliser ce magnifique territoire français que sont les îles Guerguelaines pour se débarrasser de quelques-uns de nos oligarques peut nous effleurer, la réalité n'est pas du tout celle-ci.
Au contraire, en fait, le référendum qu'on veut faire au jour 1, c'est pour permettre les référendums d'initiatives citoyennes, pour permettre, au contraire, de tout de suite donner des outils de contrôle au peuple. Tout de suite, c'est la première chose. Comme je le disais sur l'Union européenne, sur l'OTAN, l'enjeu c'est quoi ?
Il y a eu un référendum en 2005, c'est le dernier d'ailleurs. Ce référendum disait qu'il ne voulait pas de cette Union européenne, pour des raisons qui me semblent parfaitement audibles. C'est un binational de parents hispano-portugais et compagnie qui vous parle, donc quelqu'un qui a grandi dans le mythe de l'Union européenne.
On leur dit c'est très bien que vous ayez voté comme ça, mais on va quand même faire ce qu'on vous avait dit qu'on allait faire, et donc on adopte le mini-traité de Lisbonne en 2007. Les jeunes ne le savent pas, mais c'est quand même vachement intéressant. Les Français votent non et quand même à 55%, donc de façon un peu sévère contre ce projet-là, et deux ans plus tard, on le fait adopter par l'Assemblée nationale et le Sénat.
Il faut leur rendre la possibilité de décider est-ce que vous voulez appartenir à cette Union européenne-là ou pas ? Je pense que ce n'est pas un politicien, quel qu'il soit, quelle que soit l'élection qu'il a gagnée, pas gagnée, ainsi de suite, de se prononcer à la place du peuple français. Pareil pour l'euro, pareil pour l'OTAN.
On est à la veille d'une guerre nucléaire si on écoute le président de la République. Je n'ai pas entendu une seule fois le peuple français se prononcer, si ce n'est par des sondages plus ou moins intéressants, sur leur volonté ou non, non pas seulement d'entrer en guerre, parce que ça, c'est pour moi de l'instrumentalisation macronienne, mais même leur volonté de massivement financer un effort de guerre qui touche à l'Ukraine et ainsi de suite. C'est des questions peut-être qui seraient à 70-80% favorables, mais pourquoi est-ce qu'on ne les interroge pas sur ces questions et quelle est la légitimité de ceux qui nous dirigent aujourd'hui, de ce gouvernement en particulier, qui est quand même un gouvernement issu d'élections qui normalement auraient dû les sortir de là où ils sont, pour prendre des décisions aussi fondamentales et aussi potentiellement dangereuses pour la souveraineté française.
On ne peut pas continuer dans un système aussi délirant que celui-là. Ce n'est pas possible. On ne peut pas crisper la population française tous les six mois avec une nouvelle crise qui justifie l'utilisation de pouvoirs extraordinaires, qui justifie le fait que les élections ne soient pas quelque chose sur lequel on puisse compter.
On ne peut pas s'attendre qu'à un moment donné, ne pas s'attendre qu'à un moment donné, il n'y ait pas une réaction si ce n'est violente, radicale, de la part du peuple français. Je ne pense pas être le radical et le violent dans la situation politique actuelle, plutôt l'inverse. J'essaye de...
J'ai fait par exemple récemment quelque chose qui va me valoir encore une fois, je ne sais quel...
À mon avis, c'est peut-être pour ça qu'ils m'ont convoqué en garde à vue de la DGSI, un entretien avec Alexandre Douguin qui est le penseur du Kremlin. Parce qu'il m'apparaît fondamental qu'on les écoute. Vous voyez ?
Non pas qu'il va y croire ce qu'il nous raconte. D'ailleurs, il nous raconte que s'il faut nous envoyer une bombe nucléaire sur la tête, ils le feront. Donc vous voyez ?
Mais c'est important d'avoir une compréhension de ce qui se joue, non pas à travers ce que nos dirigeants veulent que l'on entende, mais à travers ce que l'ensemble des acteurs pensent pour qu'on ait notre moitié. On n'est pas des enfants. Et à un moment donné, on doit avoir le droit à s'informer, à s'exprimer.
Est-ce que ce n'est pas être perçu comme un complotiste et d'être révolutionnaire ? Alors non, ils ont beaucoup tenté, mais ils n'ont jamais réussi. Ça, c'est un des grands, grands pièges.
Le complotisme, c'est la spéculation de citoyens sur des fonctionnements de pouvoir dont la réalité leur est rendue inaccessible. C'est-à-dire qu'un exemple très simple. Pendant le Covid, Emmanuel Macron décide que toutes les décisions prises sur les politiques sanitaires vont être classées secret défense.
Ils organisent des conseils de défense. Comment vous voulez que le peuple français ne se pose pas des questions sur ce qui se joue alors même que vous êtes en train d'organiser l'OMERTA sur le processus de décision ? Et comment voulez-vous qu'on ne soit pas suspicieux sur ce qui est en train de se jouer dans une dynamique comme celle-ci ?
C'est vraiment très simple. Donc, ce qu'on appelle le complotiste, c'est une personne qui n'ayant pas assez d'informations va essayer d'élaborer des hypothèses sur ce qui est en train de se passer réellement. Et la seule réponse qu'on peut lui offrir, c'est de la transparence.
C'est en fait lui donner la possibilité d'à nouveau se ressaisir du réel, en tout cas se rapprocher de la vérité et du réel. Et moi, ils ont beaucoup de mal à me piéger là-dessus. D'une part, parce que je connais très bien ces institutions de l'intérieur, je continue à les voir fonctionner et j'ai une formation notamment grâce à mon doctorat et ainsi de suite qui fait que j'arrive à bien filtrer ce qui est vraisemblable.
Enfin, vous voyez, je ne tombe pas dans le piège parce que parfois, on a tous ressenti une excitation face à une information qui avait l'air énorme et qu'il fallait absolument partager et ainsi de suite. Et c'est facile de se laisser piéger. C'est facile de piéger des gens dans cette dimension-là.
Je pense avoir commis très peu d'erreurs de cette façon-là parce que mon objectif et si je commençais à jouer de cette corde, je serais fini. En fait, tout repose, ma seule force, c'est justement cet attachement à la vérité, à une tentative de construction d'une forme d'intégrité qui fasse qu'au moins mes propos ait une influence. Si je commence à raconter n'importe quoi, ça va être très difficile.
Très rapidement, il va y avoir une désolidarisation de la part du corps social. On reprend les gilets jaunes, les manifestations, on ne peut pas appeler ça un peu des révolutions avortées ? Oui.
Tout mon travail, y compris dans ce magnifique ouvrage que vous avez à vos côtés, part de la question qu'est-ce qui a fait qu'on n'est pas rentré à l'Elysée ? Qu'est-ce qui a fait qu'alors qu'on était au port de l'Elysée et que techniquement on pouvait rentrer à l'Elysée parce que les forces de l'ordre étaient débordées et reculées, parce que selon ce qu'a raconté à l'époque le point, un hélicoptère avait été prépositionné pour évacuer Emmanuel Macron le cas échéant, qu'est-ce qui a fait que nous avons décidé de ne pas y aller ? Et en fait, c'est tout simplement qu'on n'était pas prêts.
En fait, on était, on avait cette force extraordinaire qui nous a permis de défier le pouvoir, y compris dans l'expression de sa violence la plus absolue. Par contre, réussir à aller faire le geste qui consistait à rentrer au sein de ce pouvoir et de le remplacer, Mais ça aurait changé quoi ? On ne se sentait pas légitime.
Parce que de rentrer à Matignon et de faire le bazar avec des possibilités d'avoir des meurtres ou des blessés, ça aurait changé quelque chose ? Le seul meurtre, à mon avis, envisageable, si les forces de l'ordre et je pense qu'elles sont suffisamment républicaines pour se tenir, auraient été celles de quelques joyaux du mobilier national qu'il est en effet important de préserver. Mais je ne pense pas qu'il y aurait eu vraiment d'atteinte physique.
Ce n'est pas l'objectif. D'ailleurs, j'assistais...
Avec le Capitole, si on prend le parallèle aux Etats-Unis, il y a quand même eu cinq morts. Et à la base, je pense qu'ils ne souhaitaient pas avoir des morts. Mais on a eu notre Capitole.
C'était ce merveilleux moment du 5 janvier 2019, donc le même jour où Christophe Détarger a fait sa séance de boxe sur le pont, qui consistait à rentrer au Fenwick, au sein du porte-parole de M. Griveaux qui était à l'époque au gouvernement. Tout le monde, je pense, se souvient de ces images.
Les plus jeunes, je vais les inviter à les découvrir. Donc moi, j'étais sur place. Ils sont rentrés avec le Fenwick, les gilets jaunes, relativement joyeux, relativement ivres, relativement tôt dans la journée parce qu'on ne les avait pas laissés, de la même façon, s'approcher de l'Assemblée nationale.
Donc vous voyez, en fait, il y avait des blocages partout. Il y avait des gilets jaunes qui venaient de partout, de toute la France. Un jour, on était l'acte 5, je pense, l'acte 6.
Donc ça avait commencé en novembre, on était en janvier, et tous les médias avaient annoncé que le mouvement était mort. Enfin, mi-décembre parce que le dernier samedi des manifestations, parce que c'était des manifestations tous les samedis, j'essaie un peu de recontextualiser, et le dernier samedi, il y avait eu beaucoup moins de monde et donc tous les jours ils ont dit la crise est finie, Emmanuel Macron est formidable, etc. On aurait pris leur engueil. 5 janvier, ils viennent de partout, mais vraiment de partout.
Les forces de l'ordre sont complètement sidérées, ils ne savent pas quoi faire. Et comme je vous le disais, pas d'encadrement syndical, pas d'autorisation de manifestation, ils ne savaient pas où aller. Donc ils vont vers l'Assemblée Nationale, ce qui est légitime, vous cherchez à vous faire entendre, vous allez vers l'Assemblée Nationale.
Là, dispositif policier d'une violence extraordinaire dès 10h du matin, une main arrachée d'un jeune homme vraiment à 10h du mat', on refoule immédiatement, on refuse qu'il s'approche de l'Assemblée Nationale. Sauf erreur à la fois politique et tactique. Quand vous êtes un gilet jaune qui ne gagne pas beaucoup d'argent et que vous avez soit de nuit, soit la veille, investi du temps, de l'énergie, en général, vous avez un travail qui est plutôt fatigant pour aller jusqu'à Paris, parfois à des tréfonds du pays, pour se faire entendre, est-ce que vous pensez vraiment que si on vous sort à 9h30 du matin, donc avant même que la manifestation ait vraiment commencé et qu'on vous fait refluer sur le boulevard Saint-Germain, est-ce que vous pensez vraiment que vous allez rentrer chez vous ?
Qu'ils allaient dire oui, bon, on ne peut pas manifester, tant pis, genre non. Donc qu'est-ce qu'ils ont commencé à faire ? Ils ont commencé à faire des cortèges sauvages un peu sans savoir où aller, ils ont commencé à rentrer dans des rues et la géographie du pouvoir en France étant ce qu'elle est, ils se sont retrouvés trois rues plus loin face au siège du porte-parole-là du gouvernement, donc symboliquement c'est très important dans une république, celui qui porte la parole théoriquement du peuple, porte-parole qui avait parlé des gilets jaunes en disant ceux qui fument des gitanes et roulent en diesel c'est pas ma France.
Rappelons que si les gens roulent en diesel en France, c'est parce que le diesel a été lourdement subventionné par l'État pendant des décennies avant qu'ils se rendent compte que en fait c'était pas bon pour la santé publique et qu'ils commencent à sanctionner ceux qui roulaient en diesel. Et donc au début, moi je les suis parce que j'étais manifestant lambda et puis surtout j'en défendais beaucoup derrière devant les tribunaux. Et donc on prend la rue on voit qu'il y a un Fenwick qui est là pour refaire le siège d'Yves Saint-Laurent très bien et comme vous imaginez bien dans le 7ème arrondissement on n'a pas peur de se faire voler un Fenwick donc ils avaient laissé les clés sous le paillasson et sur le moment je ne m'en rends pas compte mais ils étaient tous un peu joyeux je ne sais pas quoi et il y en a un qui se met sur le Fenwick et qui fait klaxonner et je me souviendrai toute ma vie d'avoir essayé de penser de me dire mais le klaxon fonctionne sans à l'époque faire de connexion et en fait ils avaient déjà récupéré les clés on avance et là quelqu'un découvre qu'on se retrouve dans le parparole mais au début très gentil il sonne mais vraiment j'ai vu cette scène où il y a un chien qui sonne et qui dit est-ce qu'on peut parler à Benjamin Griveaux on veut lui parler de nos gitanes et je ne sais pas quoi il commence à s'amuser à faire des et là il débarque mais vraiment c'est comme dans Jurassic Park vous voyez tout d'un coup le monstre le Fenwick qui arrive derrière avec des gens perchés dessus dans tous les sens d'un an en train de klaxonner et je pense qu'ils n'ont même pas vraiment réfléchi au truc vous voyez ils ont pris le truc et ils sont rentrés dans les portes du gouvernement pourquoi je vous en parle parce qu'ils rentrent dedans et là vous voyez il y a un effet un peu c'est ça c'est un peu comme vous faites une bêtise quand vous êtes un peu trop bu que vous chantez un peu fort dans la rue ou autre voilà ils se dégrisent et là ils se disent merde ils commencent en fait ils s'enfuient tout de suite parce qu'il n'y avait pas c'était pas des tentatives de coup d'état ces gens là ils cherchaient juste à se faire voir à se faire entendre et à établir un rapport de force c'est vrai avec le pouvoir pour essayer d'obtenir une nation d'un certain nombre de mesures et des changements et donc ils commencent ils sont éparpillés ils sont fait courser par des CRS les pauvres qui étaient surchargés avec leurs armures je ne sais pas comment ils couraient derrière mais vraiment c'était une scène vraiment en fait vraiment joviale c'était vivant c'était une scène joviale mais oui c'était vraiment vivant et il y avait quelque chose de très heureux dans ce moment parce que quand je vous parle de purger de la violence vous voyez votre vie n'est pas très drôle en général quand vous êtes un français qui ne gagne pas beaucoup d'argent on est dans un pays où là on parle toujours des services publics de l'école et ainsi de suite mais il y a aussi les loisirs vous voyez l'accès à des choses qui sont amusantes à faire il y a très peu de services publics liés à la culture en province qui soit vraiment déterritorialisé à moins d'être dans une grande ville quand ils existent dans les grandes villes on dépense des centaines de millions d'euros dans l'opéra mais qui est quand même réservé à une élite donc vous retrouvez devant un Nuna enfin vous voyez ou devant les téléfilms de TF1 tout ça bon c'est pas très stimulant maintenant aujourd'hui devant TikTok et donc à un moment donné il y a aussi le besoin de vivre des choses enfin vous voyez mais on peut faire ça sans faire de violence et sans voir des CRS courser les vous avez raison on peut aller des jeunes qui défoncent des on peut aller à Disneyland mais ils ne pouvaient pas se payer Disneyland et donc du coup ils sont allés manifester dans l'Assemblée nationale ce qui pour moi est très sain et franchement pas très grave ok on a dû remplacer les portes moi à chaque fois que je passais devant du coup il y avait des trucs en métal pendant des années Benjamin Griveaux a dû courir dans les jardins pour aller se réfugier dans un hôtel particulier assimilé et par contre symboliquement je pense que le message est passé le message est passé et qu'en face on a un peu compris qu'il fallait faire attention et vous voyez cette idée que la crise doit être évitée à tout prix parfois il vaut mieux une bonne crise politique mais le plus saine possible le moins de violence possible ça je suis complètement d'accord mais pour repartir sur de bonnes bases c'est comme dans un couple vous voyez à un moment donné il faut sortir ce qui s'accumule et qui finit par empoisonner le quotidien et c'est un peu la situation dans laquelle s'est trouvée la France et je trouve que nos dirigeants n'ont pas réagi de la meilleure des façons et ils n'ont pas été civilisés oui mais quand on est civilisé en France on ne se fait pas facilement entendre encore une fois regardez on est arrivé à des taux d'abstention de jusqu'à 85 moi je suis allé devant le conseil constitutionnel j'ai obtenu l'annulation d'élection devant le conseil constitutionnel dans des circonscriptions il y avait eu 85% d'abstention sur la législative de 2022 dans un pays où vous faites élire sur des pourcentages aussi faibles l'élection même devient une difficulté et ça c'est un symptôme oui mais dans ce cas là le problème c'est c'est les politiques qui se présentent ou c'est le système parce que ça pourrait être juste que le choix des politiques n'est peut-être pas mais le choix des politiques il est organisé en France le problème c'est que n'importe qui peut se présenter c'est faux c'est complètement faux vous savez très bien sinon on aurait une diversité un peu plus heureuse que celle à laquelle on est confronté aujourd'hui parce que vous avez de tels moyens en termes d'information mais moi par exemple je trouve ça fondamental parmi les réformes qu'il faudrait adopter tout de suite si on arrive au pouvoir c'est créer une banque publique de la politique qui permette à n'importe quel mouvement citoyen de se structurer rapidement vous voyez d'avoir accès un peu à des salles à des enfin vous voyez à la possibilité d'imprimer des choses et ainsi de suite pour se faire entendre c'est très important aujourd'hui pour passer à la télévision je suis désolé enfin c'est très compliqué quand vous voulez vous faire entendre à moins justement de générer des mouvements comme ceux des gilets jaunes et ainsi de suite et encore vous utilisez les réseaux sociaux oui voilà et encore les gilets jaunes c'était le moment où il y avait encore une porosité entre réseaux sociaux et télévision c'est à dire qu'il y a eu un espace de transfert où les médias traditionnels ont vu monter un mouvement sociétal important ce mouvement s'est concrétisé en quelque chose de réel avec beaucoup de gens dans la rue et donc à ce moment là ils ont pris le relais mais seulement quand ils ont vu que c'était en amont c'est très difficile donc on est en train de leur faire des injonctions contradictoires c'est à dire à la fois ne faites pas trop de bruit ou ne soyez pas trop radicaux dans vos expressions et compagnie mais quand ils ne le sont pas il n'y a pas de prise en considération de leur situation je parlais de 2022 parce qu'après il y a eu 2024 les élections de juin législatives où là il y a eu un sursaut où les gens pour une raison ou une autre se sont remis à croire et ont participé en masse qui va nous faire croire aujourd'hui que le gouvernement qui en est sorti difficilement il a fallu 6 mois pour obtenir un gouvernement un peu stable et encore ça fait que 3 mois on ne sait pas combien de temps il va tenir et représentatif en quoi que ce soit des opinions qui ont été exprimées par les électeurs c'est à dire très majoritairement Rassemblement National un peu moins majoritairement mais quand même très fortement Nouveau Front Populaire donc plutôt la gauche et vraiment marginalement ceux qui sont aujourd'hui au gouvernement les Lecornus les Bayrou et compagnie ça pose problème vous voyez c'est à dire que quoi que vous fassiez on vous bloque d'une façon vous rentrez par un côté on vous bloque on vous rentrez par un autre côté on vous bloque là vous êtes trop violent là vous n'avez pas voté là vous avez voté mais en fait ça ne nous arrange pas plus que ça bon il y a un moment donné où il faut aussi comprendre que les gens commencent à réfléchir à d'autres façons de s'engager de se mobiliser moi j'essaye j'essaye à la fois de donner les moyens de provoquer un rapport de force qu'ici un nouveau mouvement de gilets jaunes on ne soit pas écrasé cette fois ça c'est un premier point mais de l'autre d'essayer d'éviter qu'on en ait à passer par là mais justement c'est la révolution n'a toujours pas eu lieu est-ce que finalement vous feriez pas de fausses prédictions j'avais pas prédit de révolution j'avais prédit un accroissement des violences et une confrontation de plus en plus violente entre le pouvoir et la population et j'ai pas du tout prédit qu'on allait gagner pourquoi ? parce que moi-même à l'époque je ne voyais pas comment est-ce qu'on pouvait gagner parce qu'on n'avait pas fait ce travail on n'avait pas fait ce travail d'organisation, de structuration de voir quelles étaient les propositions qui faisaient consensus au sein de la société française et il est fait ce travail aujourd'hui ? et c'est un peu c'est l'objet de tous ces ouvrages de tous ces ouvrages bien sûr qui en fait cherche peu à peu à créer des vous voyez pile après pile et à se dire bon ben voilà maintenant on a les armes pour avancer en une direction la bourgeoisie qui a aboli la guillotine s'apprête à la voir ressurgir pour elle et non pour au peuple s'attaquer je rebondis en même temps sur votre dernier ouvrage que vous avez écrit donc comment fabriquer une guillotine très heureux de vous l'entendre lire c'est très touchant j'ai trouvé ça hyper intéressant je pense que je vais garder le terme intéressant je ne sais pas trop comment le qualifier en parallèle de l'extricion de vous lire vous avez fait un schéma Ikea enfin franchement je ne sais pas comment l'appeler autrement de comment construire une guillotine étape par étape et honnêtement je suis restée bouche b parce que je me suis dit c'est je voulais que vous m'expliquiez un peu plus comment vous vous êtes dit tiens je vais conseiller à quelqu'un comment construire sa guillotine comme ça il pourra peut-être aller lui-même guillotiner les gens sans qu'il y ait de loi sans qu'il y ait de possibilités enfin j'aimerais vraiment vous entendre là-dessus parce que j'ai trouvé ça vous voyez ça m'a vraiment surprise en fait est-ce que ça vous a fait rire ? j'avoue que ça m'a fait rire après que je me suis dit non c'est pas ça au début je me suis dit c'est pas possible et après je me suis dit en fait on pourrait le prendre au second degré parce que honnêtement je ne savais même pas comment le prendre tellement c'était surprenant on travaille sur des sujets tellement sérieux tellement graves moi je défends des gens qui jouent leur vie dans ce qu'ils font quand j'étais au Sénégal et je défendais celui qui est devenu premier ministre et qui était à l'époque dans l'opposition il y avait 1000 personnes qui étaient en prison et qui avaient vu leur vie détruite des gens de toute catégorie sociale des jeunes parfois mineurs de 15 ans des médecins des élus donc j'ai dû prendre des risques et chaque par exemple chaque publication que je pouvais faire sur ce sujet était de nature soit enflammer la situation soit provoquer des dégâts y compris des morts il y a eu 60 morts dans la répression des manifestations avec le soutien de l'Elysée quand même c'est à dire que quelqu'un qui a été recruté le président de l'époque avait été recruté par l'Elysée avant même la fin de son mandat comme on vous voyait spécial d'une initiative d'Emmanuel Macron qui en fait validait un comportement qui avait consisté à tirer sur sa population et on m'envoyait des vidéos je passais mes journées à voir des vidéos de blessures de morts à essayer de recompiler les faits pour faire des procédures auprès de la CPI et ainsi de suite avec des gens qui parfois dans les vidéos criaient mon nom en disant envoyez-les à Ron Brog donc on est sur des situations qui sont extrêmement dramatiques et l'enjeu c'est quand même parfois s'alléger un peu un peu faire du second degré de type Emmanuel Ikea sur une guillotine pour essayer de respirer ou ce que j'ai fait quand j'ai parlé beaucoup du livre planter des guillotines dans votre jardin comme ça le message sera compris c'est une façon de dire c'est fort quand même décrire ça ça fait quand même parler énorme avec la révolution française bien sûr donc c'est fort parce que c'est sérieux parce qu'en fait tout ce qu'on fait même le livre est particulièrement je sais pas si dangereux mais en tout cas particulièrement inflammable il est radical parce que parce que justement je sais ce qu'on joue à travers ce qu'on joue notre vie moi je joue la mienne au quotidien au Sénégal ça avait été rappelé je suis passé moi-même par la prison dans des épisodes assez rocambolesques ça n'a jamais arrêté en réalité depuis de façon plus ou moins indifférente et les gens qui s'engagent jouent leur vie et d'ailleurs moi un principe éthique de base c'est de me mettre au même niveau d'engagement que ceux que je défends ça c'est quelque chose qui est souvent pas compris qui fait que souvent il y a une confusion les gens ont pensé que j'étais Zoé Sagan les gens ont pensé que j'ai été Piotr Pawlenski les gens n'ont pas supporté que je défende Damien Tarell celui qui avait mis un souffle à Emmanuel Macron comme je l'ai fait j'étais emprisonné sur les mêmes fondements les mêmes accusations que mon client au Sénégal attentat, complot et ainsi de suite j'en croirais la perpétuité parce que la vocature très rapidement ça vous transforme dans le meilleur des cas en un Dupond-Moretti c'est-à-dire quelqu'un qui finit sa vie au théâtre parce qu'il a un tel égo lié à à sa fonction de représentation de personnes qui ont des destins extraordinaires au sens littéral du terme le plus souvent en ce qui concernait ses clients dans le pire sens du terme que vous finissez par croire que vous êtes soit tout puissant soit que vous êtes extraordinaire vous-même et la meilleure façon d'inhiber ça c'est en fait de vivre ce que vivent vos clients évidemment ça ne permet pas de défendre des narcotrafiquants ou des violeurs ou des pédophiles ou ainsi de suite enfin ce qui restreint du coup mon activité ce qui est très bien c'est-à-dire que je ne défends que des gens en qui je peux croire ça ne veut pas forcément dire avec qui je suis d'accord c'est pour ça que j'ai défendu des gens d'extrême droite d'extrême gauche et ainsi de suite c'est ça un vrai état de droit et c'est ça un vrai être démocrate au sens pas délavé tel qu'il existe aujourd'hui c'est cette idée de se dire je suis complètement je ne suis pas d'accord du tout avec cette idée-là ça me fait trembler etc mais à un moment donné je vais être prêt à sacrifier le nécessaire pour m'assurer que je vais protéger la personne qui l'a portée parce que je pense que x, y, z c'était quoi votre question ? la question c'était par rapport à la guillotine plantez une guillotine personne ne va faire justice personne ne va guillotiner qui que ce soit enfin vous voyez pourquoi faire un manuel pour que les gens construisent une chez eux ? mais parce que si vous avez besoin de tuer quelqu'un vous n'avez pas besoin d'une guillotine vous y allez au couteau enfin on a tous à mesure il y a peut-être des gens qui prennent ça au premier degré non ? oui ils le prennent au premier degré comme un symbole politique et un signal envoyé à nos dirigeants qui consiste à dire continuez sur ce chemin continuez à nous ignorer et ça va finir par exploser ça va finir par exploser et donc cet instrument qui a été dévoyé par la république française qui au départ était censé purger les élites à l'époque déjà qu'on considérait comme pendant la révolution française corrompue allant contre les intérêts du peuple et ainsi de suite cet instrument va ressurgir sur cette forme là et pas sous la forme qu'il avait fini par adopter jusqu'à ce qu'elle soit abolie c'est à dire d'instrument de maintien de l'ordre contre les pires criminels de notre temps c'est à dire comme un instrument politique c'est comme un avertissement vous voyez mon objectif c'est de purger la violence systématiquement vous voyez je suis pas humoriste donc je suis obligé de le faire avec mes armes d'intellectuel et éventuellement de finir politique ça va finir par créer une explosion tout ça donc vous participez à cette explosion je participe au rapport de force vous voyez la différence c'est à dire que je participe au fait que la prochaine fois non c'est fondamental la prochaine fois qu'il y a un rapport de force on se fasse pas écraser si l'explosion est inévitable parce que on a des élites autistes qui continuent à aller sur le chemin qui est le leur qui n'entendent pas leur peuple et qui ne font rien pour répondre aux désespoirs qui sont en train de toucher notre société il faut que ce peuple soit en mesure de se faire entendre donc en effet j'appuie du côté mais j'appuie du côté de gens qui n'ont rien vous voyez c'est quand même pas qu'ils ne sont rien contrairement à ce que Macron pense visiblement on a besoin d'armes ils ont besoin d'armes et si on peut leur donner des armes symboliques c'est-à-dire le langage dans le pire des cas un petit atelier menuiserie qui va faire qu'ils vont se rencontrer entre eux qu'ils vont s'amuser c'est une façon aussi d'éviter que la confrontation soit directe c'est aussi une façon de gagner du temps pour essayer d'élaborer des choses à travers ces ouvrages ce que j'essaye c'est de nous amener dans une élaboration politique mais ils sont forts vos ouvrages pour avoir lu en grande partie le table vous utilisez quand même des vocabulaires d'ennemis de révolte de violence c'est quand même c'est quand même très fort ma thèse c'est sur les violences de masse et donc tout l'enjeu de ma thèse et de ma réflexion politique c'est qu'est-ce qui génère de la violence en politique et qu'est-ce qu'il faut faire pour l'éviter et à un moment donné la négation de l'existant et la négation de la violence du système génère une surviolence donc c'est très important de donner aux gens cette sécurité qui consiste à dire vous êtes entendu vous êtes entendu de transcrire ce qu'ils rescandent ce qu'ils projettent et de leur dire voilà on va vous accompagner sur ce chemin parce qu'on considère qu'il est juste ne vous sentez pas humilié quelqu'un qui souffre une injustice du fait d'une procédure par exemple judiciaire X ou Y vous avez de fortes chances de le transformer en monstre s'il n'y a personne derrière pour lui dire ne t'inquiète pas je suis à tes côtés c'est pour ça que la justice est non seulement crainte mais haï parce que des simples mots de la part de l'appareil judiciaire peuvent générer des traumatismes ou à l'inverse malheureusement de moins en moins en réparer vous voyez et donc on se tourne vers la justice en général pour avoir une forme d'apaisement à travers des mots la réalité est qu'aujourd'hui ce système là ne fonctionne plus et donc quand vous êtes face à un étau judiciaire institutionnel politique vous essayez de trouver les chemins de traverse vous essayez de trouver des façons qui ne faillent pas renoncer à exister parce que sinon vous sombrez en dépression si vous renoncez à la dépression elle est souvent le fruit d'une privation que vous n'arrivez pas enfin voyez que vous êtes dans une incapacité à vous faire entendre à exister et vous rentrez dans une situation où du coup soit vous faites violence à l'autre soit vous faites violence à vous même et comme la plupart des gens sont relativement sains et ont grandi dans des environnements non violents souvent ils retournent ces violences contre eux même là je parle de la dépression mais après selon le niveau de violence qu'elle va générer ça peut être scarification tentative de suicide et ainsi de suite admettons que la révolution elle ait lieu si on prend l'exemple de ce qu'on a vécu en France en 1789 on arrive jusqu'en 1870 événement choquant événement quand même choquant et marquant de notre histoire on arrive jusqu'en 1870 avec la troisième république entre les deux il y a quand même un siècle de chaos c'est ça que vous voulez pour les français aujourd'hui un siècle de chaos mais vous êtes monarchiste non je pose la question il y a un coming out extraordinaire là je m'intéressais donc vous considérez qu'entre 1789 et 1870 il y a eu un chaos et le chaos s'arrête en 1870 oui en tout cas une paix en écrasant la commune Napoléon il y a quand même une guerre il y a une autre révolution en 1830 moi j'appellerais ça une paix avec la troisième république plus vivable pour nos construits alors nous sommes des pas des ennemis mais des adversaires idéologiques alors parce que moi pour moi 1870 c'est un moment catastrophique parce que c'est l'écrasement par le sang par la république française de ses enfants c'est à dire de la commune par ce cher Adolphe Thiers et d'ailleurs mon cher client Piotr Pawlensky vous savez connu pour de mauvaises raisons connu auparavant pour de bonnes raisons il avait mis le feu à la porte du FSB c'est quand même plutôt courageux il a fait moins de prison là-bas pour ça que pour la prison qu'il a fait en France pour avoir mis le feu à la banque de France ça devrait quand même nous interroger et pourquoi est-ce qu'il avait mis le feu à la banque de France il venait de recevoir l'asile politique en France quelqu'un de raisonnable comme vous devrait dire ça va tu te tiens tranquille tu es reconnaissant de ton statut etc lui gauchiste invertéré ou pire artiste décide de continuer son oeuvre et s'attaque à la banque de France pourquoi il fait ça ? il fait ça parce que il découvre que place de la Bastille donc symbole de la révolution française symbole de la prise de pouvoir par le peuple de ses institutions on a installé cette banque de France alors même que la banque de France a été l'instrument de la république pour écraser la commune c'est à dire qu'on a vidé tout l'or de la banque de France qui était à Paris on l'a amené à Versailles pour financer les armées qui ont encerclé Paris qui sont rentrées dans Paris pour commettre les massacres contre la commune et donc cet homme c'est un russe qui a visiblement une connaissance beaucoup plus approfondie que la moyenne des français de notre propre histoire décide de faire un geste symbolique un siècle et demi après en honneur de la commune et décide symboliquement donc de mettre le feu à la commune ce pourquoi il a passé comme je vous le disais plus de temps en prison que quand il avait fait la même chose contre les services secrets russes à Moscou ça aussi c'est scandaleux et ça justifie des peines très sévères beaucoup de méchanceté et ainsi de suite moi je trouve ça intéressant merveilleux en tout cas merveilleux à défendre est-ce que si on avait été au pouvoir la réponse aurait été autre oui probablement on aurait sans parce que ça aussi ça fait partie un peu de la bêtise du système bourgeois tel qu'il existe aujourd'hui c'est de penser que parce que lui s'en serait sorti alors qu'il a réfléchi son geste il n'a pas fait ça il n'était pas ivre à 3h du matin il a décidé d'envoyer un cocktail mot de teufs sur la banque de France il y aurait potentiellement un risque de réitération soit de sa part soit d'autres personnes qui fait qu'il fallait le mettre doucement en prison c'est ridicule vous voyez et nous on a c'est ridicule que la loi punisse quelqu'un qui a mis une infraction de cette façon oui il était réfléchi ce geste il était symbolique c'est pas parce qu'il est réfléchi qu'il est mieux c'est des limites qu'il est légal le but c'est d'avoir des règles quand même dans une société non ? donc de question quel est le niveau de liberté c'est très intéressant comme débat quel est le niveau de liberté que vous allez donner d'abord à l'expression politique premier point ce qui a justifié que pendant très longtemps par exemple il n'y a pas de poursuite judiciaire pour les incidents qui intervenaient en manifestation on considérait que ça faisait partie du politique y compris lorsque ça partait de façon beaucoup plus violente que ça le fait depuis quelques années vraiment dans des périodes de tensions très importantes deuxième question de la liberté la liberté de création artistique et d'utilisation de formes considérées comme artistiques pour exprimer moi je pense que quand quelqu'un fait usage de sa pensée on ne l'envoie pas en prison quand quelqu'un commet un geste symbolique de dénonciation c'est un peu ça rejoint la question du tableau sur la clore des connes c'est d'une bêtise crasse d'autant plus parce que lui il le fait pour mettre le système judiciaire français face à ses contradictions parce qu'ils savent très bien que ça ne sert à rien d'envoyer en prison ça n'a aucun sens non mais c'est qu'importe que ce soit légitime ou pas c'est le concept d'avoir des règles et d'avoir une loi si on ne les respecte pas forcément qu'on finit par se faire punir c'est comme un enfant qui fait une bêtise les parents sont censés le gronder est-ce que vous remarquez que c'est un concept fondamentalement bête mais au sens ontologique du terme c'est vraiment c'est-à-dire qu'en fait parce que c'est un concept qui arrête la pensée c'est-à-dire ce que vous faites c'est vous dire je refuse de penser au-delà de la règle il y a la règle non on peut avoir un avis dessus mais dans ce cas-là ça n'empêche pas qu'il faut quand même respecter la règle parce qu'elle est là la règle et vous ne pouvez pas la contester ou la réfléchir ou la réintégrer mais tant que la règle elle est là c'est la règle qu'il faut suivre et tant qu'il n'y a pas une nouvelle règle établie et comment vous la changer si on ne vous laisse pas la possibilité de la changer je ne sais pas c'est pas mon métier c'est la grande question des gilets jaunes c'est la grande question de tous ces mouvements sociaux comment est-ce qu'on fait quand on a vu nos eaux empoisonnées pendant 700 ans par des cultivateurs de bananes qui eux-mêmes sont parmi les plus riches de l'île alors qu'ils sont descendants des slavagistes qui déjà peuvent être ressentis comme une forme d'injustice et qui en plus restent dans un entre-soi ou ils ne se mélangent pas trop avec le reste de la population ce qui est un peu violent donc on vous empoisonne pendant 700 ans en conscience de ce que c'est en conscience c'est quand même important en effet que ce produit était très toxique et la justice décide c'est même pas on refuse de les sanctionner c'est on refuse d'organiser un procès pour savoir si ces gens devraient être punis ou non est-ce qu'à ce moment-là la règle qui théoriquement vous empêche de faire un symbole qui consiste à dessiner la tête d'Emmanuel Macron tranchée avec non-lieu est-ce que voilà vous voyez si on rentre dans une démarche réflexive on se rend compte qu'en fait ce qui origine la violence qui origine la radicalité parfois pas systématiquement s'inscrit dans une dynamique politique qu'il est bon de prendre en compte là vous voyez le Parisien a fait un article scandalisé outragé je vous le recommande sur des dégâts qui ont été commis contre le malheureux bus du stade Rennais qui était à Montpellier après un match et donc on m'envoie cet article et moi je comprends pas comment c'est un long article qui dit dégradation dans l'hôtel sur le bus et compagnie et à la fin de l'article presque pudiquement le Parisien qui appartient à des gens qui m'aiment beaucoup précise que la dégradation consistait en un tag de 3 mètres sur 2 sur l'ensemble du bus branco 2027 donc en fait il y a un gamin qui à un moment donné s'est dit que ce serait malin à cause du boycott et de l'omerta médiatique et du fait qu'évidemment on ne laisserait pas s'exprimer et exister de taguer un bus qui allait faire Montpellier-Rennes donc être vu par beaucoup de monde avec sur une institution qui par ailleurs a probablement les moyens de le faire nettoyer sans trop difficulté parce que les clubs de foot comme vous le savez ont beaucoup beaucoup d'argent et qui appartient en plus un oligarque sauf erreur de ma part monsieur Pinault non seulement ils permettent que quelques automobilistes soient au courant qu'il y a cette démarche mais de façon intelligente ils font cette démarche et ils la comprennent comme il faut comprendre ce manuel Iker c'est à dire comme une provocation à l'égard du système de dire on ne va pas jouer avec vos règles on va vous remettre et en plus ils déclenchent un article dans le parisien qui nous déteste et qui ne parlera jamais de nous que pour nous détruire pas parce qu'il y a des raisons objectives de me détester mais parce qu'il y a des instructions descendantes et parce qu'il ne faut pas déplaire au patron donc efficacité maximale est-ce que je vais faire un tweet en disant je condamne fermement les dégradations lourdes qu'a subi le stade Rennais et les conséquences que son pauvre propriétaire milliardaire va devoir subir alors que formellement c'est illégal et peut-être que le pauvre et le parisien se plaignait beaucoup de ce que les caméras de surveillance n'aient pas réussi à identifier l'auteur des faits donc une impunité vraiment scandaleuse dans notre démocratie mais parlons-en de façon un peu plus sérieuse parce que c'est un vrai sujet de fond vraiment vraiment de fond qui en fait a déchiré l'espace politique pendant des décennies parce que ça touche à la question de ce qu'on appelle l'action directe c'est ce que les anarchistes appelaient l'action directe au 19ème siècle qui consiste à dire est-ce que le sabotage ou pire sont des instruments légitimes pour se faire entendre à un moment où il faut se rappeler les manifestations étaient réprimées à tir à balle réelle où il y a eu dans mon souvenir des manifestations qui ont fait plus de 1000 morts de par la répraction de la république en ce moment de stabilité merveilleuse que vous louez il y a un instant je ne voulais pas je vais poser la question et donc naissent ces débats sur l'action directe qui ont finalement été enterrés à cause de l'échec des organisations d'extrême gauche terroristes dans les années 60-70 où en fait leur action était contre-productive elles les isolaient elles les marginalisaient politiquement et ça ne faisait pas pousser ça défendait enfin ça ne permettait pas de pousser leurs idées quelques temps auparavant sous la résistance ou en Algérie avec le FLN le terrorisme avait été utilisé de façon efficace pour déstabiliser l'appareil de pouvoir en face rappelez-vous que la résistance en tant que mouvement intérieur naît après l'assassinat du colonel Fabien je ne suis pas en train de donner des idées je vous regarde vous me voyez je vois dans votre regard une inquiétude je ne fais pas de comparaison qui est quelque chose d'horrible c'est à dire que on est à je pense que c'était station Barbès de métro il y a un gamin qui était sous-lieutenant ou sous-officier de la Wehrmacht ou de l'armée de l'air allemande qui se fait assassiner par un militant communiste et la répression délirante que l'appareil de pouvoir nazi va appliquer contre les communistes et ainsi de suite à partir de ce moment-là va faire naître en réaction par l'indignation qu'elle va susciter des mouvements de résistance qui vont contribuer à la libération de la France vous voyez le FLM on pourrait revenir sur ce qu'ils ont fait et la légitimité de le faire bref ces débats s'éteignent dans les décennies qui suivent et là qu'est-ce qui s'est passé il y a un peu moins d'un an est-ce que vous avez entendu parler de Luigi Mangione non Luigi Mangione ça a été un phénomène social giral énorme il y a quelques mois parce que c'est un jeune homme particulièrement beau très très beau de 27-28 ans qui a fait quelque chose d'absolument hallucinant il a assassiné le PDG d'un grand groupe d'assurance aux Etats-Unis et donc il y a une vidéo oui oui j'en ai entendu parler d'abord en fait au début il y avait juste la vidéo de quelqu'un qui avec une arme qu'il avait fabriquée en 3D tue quelqu'un dans la rue comme ça puis il disparaît il y a une track pendant quelques jours les photos commencent à apparaître les gens découvrent qu'il est très beau les gens ne sont pas forcément très fins et ils commencent à se dire que c'est rigolo amusant etc alors que c'est un sujet très grave comme quoi juste parallèle vous voyez que fabriquer quelque chose en 3D peut finalement finir par tuer quelqu'un je dis ça moi je suis plutôt menuiserie que 3D mais c'est mon côté arché le résultat peut malheureusement être le même donc on il fait non elle n'est pas très transportable j'ai choisi mon symbole de façon très réfléchie le jour où ils arriveront à amener un oligarque dans un jardin je peux vous dire que peut-être que la révolution aura déjà eu lieu et qu'on n'aura pas besoin de passer à l'acte donc on se retrouve avec avec ce garçon qui génère une forme d'excitation un peu dans la culture internet vous voyez du troll et ainsi de suite et il finit par se faire arrêter et en fait il a mis sur le devant de la scène la question du scandale des assurances privées aux Etats-Unis qui laissent mourir des gens parce qu'ils n'ont pas payé des primes et ainsi de suite et qui font payer des fortunes pour les soins pour les maladies graves combinés à la façon dont il a commis son geste ça a généré ce qui était hallucinant vraiment ce qui était complètement inattendu une vague de soutien populaire mais c'est à dire qu'il a des cagnottes qui font énormément d'argent il y a des gens qui considèrent que ce qu'il a fait est légitime quand vous arrivez à ce niveau où même le meurtre est considéré par des gens normaux comme quelque chose de légitime vous êtes à un moment de bascule très dangereux et donc c'est un avertissement qui est envoyé au pouvoir en l'occurrence états-unien consistant à dire vous êtes allé trop loin dans la prédation en l'occurrence la privatisation des profits et ainsi de suite sur des questions fondamentales faites attention et j'imagine que celui qui a pris son poste qui a suivi ne l'a pas pris le coeur léger et va intégrer ce qui s'est passé et malheureusement dans sa vie privée mais aussi j'imagine dans l'action de sa société on n'en est pas là en France heureusement en France on en était à quelques vitres cassées espérons qu'on réussisse à sortir de l'impasse dans laquelle ce pays se trouve et cette absence de dialogue entre des blocs entiers de la société sans que ça dérive sans que ça dérape et encore une fois j'essaie de réfléchir à chaque fois les façons qui permettront d'éviter cette confrontation il y a un autre extrait dans votre livre qui m'a marqué aussi je me permets juste de le dire vous avez dit certes il y a encore des lignes de CRS des fils de policiers des agents de renseignement et tout un appareil de pouvoir symbolique et réel prêt à tout pour les protéger là dans votre livre vous parlez principalement de l'élite et de la bourgeoisie et parce que les policiers ne protègent pas le peuple aujourd'hui ? malheureusement de plus en plus mal mais parce qu'on ne leur en donne pas les moyens c'est une question de moyens notamment et d'objectifs politiques j'ai eu des tensions très fortes avec la gauche pendant les Gilets jaunes parce que la gauche n'arrêtait pas de dénoncer des violences policières je trouvais ça insupportable parce que c'est pas du tout ce à quoi on était confronté on était confronté à des violences politiques la violence policière c'est soit une institution qui fait usage de son droit à la violence à des fins qui ne sont pas légitimes soit au sein de cette institution des individus qui dérivent et qui commettent des faits inacceptables typiquement l'affaire Michel Zéclair la violence politique c'est autre chose c'est donner instruction à des policiers des forces de l'ordre des gens d'armes des gens qui sont censés défendre la société d'aller faire défendre le pouvoir et utiliser tous les moyens nécessaires pour s'assurer que les intérêts de ce pouvoir soient préservés vous pensez qu'on leur dit qu'ils peuvent utiliser tous les moyens nécessaires c'est un ordre qui est donné non seulement c'est un ordre qui a été donné mais le préfet de police de Paris qui a refusé d'appliquer cet ordre a été exfiltré au profit de Didier Lallement c'est acquis le monde a révélé sur les premiers actes des Gilets jaunes les instructions qui avaient été données par la hiérarchie politique aux policiers pour impacter comme ils s'appellent l'explosion si vous regardez les courbes sur les éborgnements et les mutilations elle suit ces instructions là décrire le policier comme quelqu'un d'assoiffé de violence ou qui par lui-même prendrait plaisir à éborner quelqu'un ou ainsi de suite c'est ne rien comprendre à ce qui s'est joué pendant cette période là ce qui s'est joué pendant cette période là c'est qu'à un moment donné ce pouvoir politique refusait de concéder aux demandes que faisait une partie de la population qui à l'époque au début des Gilets jaunes avant qu'il y ait toute la dérive y compris la violence médiatique qui a essayé de le fracasser il y avait quand même 85% d'approbation populaire même les mouvements sur la retraite et ainsi de suite c'est 20% de moins enfin vous voyez c'était exceptionnel donc c'est quelque chose qui mettait en tension mais pourquoi est-ce que le pouvoir ne voulait pas l'entendre parce que le fondement même de ce qu'il faisait était remis en question la taxe carburant ça avait vocation à financer le CICE et le CICE c'est un cadeau qu'Emmanuel Macron a fait aux élites qui lui ont permis d'arriver au pouvoir donc c'était en fait impossible il était dans la quadrature du cercle et donc on a fait usage de la police pour fracasser et inhiber un mouvement populaire les policiers je pense vous savez c'est ce que Pasolini disait sur mai 68 justement il y avait tous ces discours CRS égale SS et tout ça des étudiants à l'époque Pasolini qui est un des plus grands intellectuels réalisateurs poètes italiens du 20ème siècle vraiment quelqu'un de merveilleux en tant qu'artiste et qui était catholique marxiste vous voyez une sorte de très italien avait dit moi quand je vois mai 68 je vois des fils de bourgeois qui s'attaquent à des fils de prolo ou à des prolo c'est à dire que les policiers pour lui incarnaient à ce moment là la force prolétaire et ceux qui revendiquaient la liberté sexuelle ou je ne sais quoi à l'époque étaient du côté de l'ordre paradoxalement vous voyez et donc il ne faut pas les forces de l'ordre à ce moment là on aurait tous aimé qu'elles même réfrènent les instructions qui leur ont été données et disent soit on dépose les boucliers soit on refuse de faire telle ou telle chose soit on refuse d'utiliser les LBD vous imaginez utiliser des LBD dans la foule dans une foule en mouvement c'est nécessairement provoquer des catastrophes qu'un policier devrait faire et je pose vraiment la question sans arrière-pensée qu'est-ce qu'un policier devrait faire s'il se fait attaquer par un manifestant juste avant de répondre à ça qu'est-ce que les syndicats à ce moment là notamment de policiers auraient dû faire pas demander des primes comme ils l'ont fait parce qu'ils ont profité de ce moment de rapport de force qui leur aurait été favorable et si vous reprenez les mesures prises par Emmanuel Macron à son retour d'Argentine où il était un G20 au moment où ça avait le plus chauffé c'est immédiatement aligné de l'argent pour ajouter au salaire des forces de l'or pour acheter leur fidélité là il y a une forme de trahison du peuple français par contre le policier qui est en train de se faire fracasser soit il recule soit il parle avec sa hiérarchie pour voir comment réagir mais enfin c'est pas sa responsabilité individuelle il doit se défendre il doit se défendre pour se dégager de la situation comme un tout être humain qui se fait attaquer mais par contre il ne faut pas qu'il profite du fait qu'il va être par exemple armé avec des armes létales enfin vous voyez cette proportionnalité doit rester à tout moment oui mais est-ce que tous les policiers aujourd'hui tapent les manifestants ou agressent les gens c'est exactement ce que je dis c'est que quand ça arrive à 90% il y a quelques on a été confronté à tellement ça a été tellement long qu'on a fini même par connaître ce qui est vraiment pas très drôle enfin je connais même les commandants de police à Paris enfin je veux dire de nom et de visage parce qu'à fort de travailler sur ces dossiers et d'avoir même été il y en a quelques-uns qui sont clairement des gens déviants et quand vous nommez Didier Lallement à la tête de la préfecture de police de Paris vous envoyez un petit signal qui consiste à dire on va plutôt récompenser ceux qui ont une sorte de petite tendance à la méchanceté à la cruauté à la violence plutôt que des gens qui sont un peu normaux quelque part donc ça ça existe mais le véritable problème encore une fois ça a été un pouvoir politique débridé qui a décidé de faire usage de ces forces de police pas comme il aurait dû le faire et pour empêcher que ça se résolve autrement voilà bonjour Juan après avoir pu lire plusieurs de vos écrits notamment Crépuscule évidemment et avoir pu voir plusieurs de vos interventions je me demandais en fait et ce qui est souvent quand même une question qu'on se pose dans toutes les démarches révolutionnaires et qui visent à dénoncer un cadre juridique qui est censé fixer les limites de l'action politique quelles limites morales fixeriez-vous à l'action révolutionnaire par exemple est-ce que le meurtre politique serait une action légitime aujourd'hui pour essayer d'abattre cette oligarchie qui menerait une guerre de prédation en réalité contre les français essayerait de s'accaparer leurs ressources et aurait trouvé dans Macron son plus grand avatar j'espère qu'on pourra l'éviter de part et d'autre de la société parce que encore une fois il ne faut pas oublier que la violence politique elle vient aujourd'hui principalement de la part du pouvoir en place à chaque fois qu'il y a des manifestations qui sortent un peu du cadre qu'il souhaiterait faire respecter très rapidement ça monte très vite en régime en face et parfois avec des dérapages importants et je pense qu'il est fondamental de protéger encore une fois toute société de tout rapport à la violence au maximum mais encore une fois il ne faut pas oublier que réprimer la violence ou la nier alors qu'elle est existante et latente peut générer des monstres et il faut faire attention à la purgée donc moi je pense qu'il faut une répression je crois fondamentalement au fait qu'il faille une répression ferme à l'égard d'un certain nombre non pas tant de politiciens qui ne sont à mon sens que des instruments mais encore une fois d'oligarques de propriétaires de médias qui ont interféré dans l'espace public pour favoriser tel ou tel politicien au détriment de la sincérité et de l'écoute des citoyens quand vous votez notre seule arme en tant que citoyen dans un système républicain c'est le vote or notre vote est complètement déterminé par ce qu'on pense et donc par ce qu'on voit ce qu'on entend et donc cette prise de contrôle par des gens qui ont un intérêt de la fabrique de l'information c'est quelque chose qui pour moi est très grave c'est criminel donc il faudrait les sanctionner il faut les sanctionner il faut les poursuivre mais pour ça il faut arriver au pouvoir et pour arriver au pouvoir c'est pas en abattant individuellement x ou y qu'on va résoudre quoi que ce soit moi j'ai aucun problème avec Xavier Niel Bernard Arnault Patrick Drey Rodolphe Saadet en tant qu'individu j'ai un problème avec le rôle qu'ils ont décidé de jouer j'ai même pas j'ai pas de problème avec le fait qu'ils soient riches j'ai un problème avec le rôle qu'ils ont décidé de jouer au sein de la société en interférant dans la fabrique de l'information c'est ça mon véritable problème et ce contre quoi j'essaie de me battre de façon systémique je veux un les empêcher de pouvoir faire ce qu'ils font les empêcher en conséquence d'interférer dans le système démocratique existant et empêcher que qui que ce soit puisse le reproduire ce qui me gêne beaucoup par exemple dans le discours anti-Bolloré de la gauche c'est que ça ne leur pose aucun problème pour les autres oligarques ils ne dénoncent que celui-ci pourquoi ? parce qu'ils défendent des idées aux antipobles de la leur moi je veux pas qu'il y ait des oligarques qui soient de notre camp je veux qu'il n'y en ait pas enfin voyez il y a forcément des gens à qui donc dans ce cas là pour vous les propriétaires des médias ou des moyens de communication devraient être le peuple ? le peuple à travers des scopes soit des sociétés privées qui ne sont que médiatiques c'est à dire que qui sont dans leur secteur ce qui existait en France pendant très longtemps des gens de droite mais Robert Ersan c'était un groupe médiatique et il faisait que de la presse vous voyez il n'essayait pas de lier des intérêts dans les télécoms ou autres à l'influence qu'il pouvait tirer et donc du coup ça neutralisait quand même un peu l'influence qu'il pouvait avoir pareil pour les algorithmes parce qu'on parle beaucoup des médias les médias c'est très important parce que ça produit du contenu mais les réseaux sociaux qui les répercutent et qui les amplifient ou pas doivent aussi être transparents dans leur fonctionnement et ça ça peut pas être un vœu pieux ça ça doit être quelque chose où on dit on vous met en taule si vous ne vous rendez pas transparents ces algorithmes parce que vous n'avez pas touché à notre souveraineté c'est la chose la plus sacrée qu'on est la possibilité de se faire entendre et d'éviter justement ce genre de dérive et de violences politiques alors très concrètement quelle limite morale on mettrait à l'action révolutionnaire les îles Kerguelen les îles Kerguelen c'est ma limite alors j'avais pensé à un moment à des jeuls dans Place de la Concorde parce que vous savez il y avait des fausses qui étaient des lieux de prostitution à l'époque on aurait pu déblayer la base de la Concorde et créer des géoles ça aurait été un peu cruel donc je pense que les îles Kerguelen c'est le pire qu'on puisse faire et que contre des individus ciblés c'est vraiment des gens qui ont trahi la nation française il n'y a pas de pulsion de violence dans ce qu'on fait moi ce que j'essaie de faire c'est d'essayer de trouver des moyens de protéger le peuple français et par contre ce que je sais c'est que malheureusement parfois il faut engager le rapport de force avec ceux qui cherchent à vous faire du mal pour vous protéger de la même façon que vous disiez quand quelqu'un fait une bêtise il faut le gronder il faut pouvoir à un moment donné sanctionner des comportements déviants qui soient véritablement dangereux pour la société je ne pense pas que Puyat-Pavlensky était véritablement dangereux pour la société par exemple je pense que par exemple certaines des personnes que j'ai citées elles ne sont pas ontologiquement enfin je veux dire s'ils arrêtaient de le faire s'ils se contentaient de faire de l'argent dans des conditions qui soient légales et ainsi de suite il n'y aurait aucune difficulté ce n'est pas le cas aujourd'hui ils tirent l'argent de leur concupiscence et de leur amitié avec l'Etat protéger le peuple français en créant du chaos ce n'est pas vrai de l'ordre mais de l'ordre c'est de l'ordre c'est remettre de l'ordre dans un système il y a une anarchie au sein du Petit Paris qui n'est pas du tout acceptée dès qu'on sort de nos quartiers c'est quand même quelque chose d'un peu sidérant c'est-à-dire qu'il faut pourquoi forcément le Petit Paris c'est vrai que vous êtes très centré sur le Petit Paris c'est malheureusement pas moi c'est là où l'argent et le pouvoir se trouvent aujourd'hui en France c'est la capitale mais ce n'est pas pour autant dans un pays très centralisé dans un pays très centralisé je vous donne un exemple je ne sais pas que vous pâchez avec qui que ce soit mais Rodolphe Sade propriétaire de CMA CGM donc c'est le plus grand transporteur maritime au monde on pourrait se dire il est légitime il a un groupe énorme qui rend des services à la société très bien il a beaucoup d'employés c'est un peu le discours que tient Bernard Arnault à chaque fois j'ai 40 000 employés en France et ainsi de suite la réalité c'est que Rodolphe Sade a obtenu son groupe grâce à l'état français son père c'est la famille Sade qui est propriétaire à 75% de CMA CGM l'état français du fait de ses effets d'amitié au sein du Petit Paris a offert pour 20 millions de francs ce groupe à sa famille qui était déjà dans le secteur mais en tout cas la grande partie qui aujourd'hui prospère pour 20 millions de francs alors qu'il venait d'y injecter 1,2 milliard nous venions d'y injecter 1,2 milliard de francs donc on fait un cadeau à quelqu'un et ça c'était le système ancien qui consistait à se dire on va créer des grands capitaines d'industrie avec l'appui de l'état parce qu'ils vont rendre des services à la France en retour on ne veut pas le faire de façon étatisée parce qu'on est plutôt de droite libérale et on considère qu'il faut que l'initiative privée et ainsi de suite en réalité on subventionne un lardement ok première étape deuxième étape cet homme se rapproche d'Emmanuel Macron de façon toujours croissante Emmanuel Macron qui a un problème parce que certains des oligarques qu'il avait soutenu commencent à partir en l'occurrence Patrick Drahi qui avait 50 milliards d'euros de dette et qui ne pouvait plus soutenir en fait et qui est obligé de vendre BFM RMC et ainsi de suite Rodolphe Saadé accepte de les acheter grâce aux 50 milliards d'euros de profits je ne sais pas si vous mesurez la folie 50 milliards d'euros de profits qu'a fait son groupe depuis le Covid 50 milliards d'euros d'un groupe qui nous appartenait à nous et qui du coup se retrouve à 75% entre les mains d'une famille c'est à dire quelque chose qui n'a même aucun sens aucune rationalité d'un point de vue même économique de droite enfin vous voyez ça ne sert à rien c'est contre-productif complètement d'accumuler autant de ressources entre les mains de quelques-uns alors qu'elles pourraient être tellement utiles pour le relancer investissement qu'importe il va utiliser cet argent pour racheter ces médias pour permettre à Emmanuel Macron de continuer à avoir des relais oligarchiques au sein du petit Paris ce qui à son tour va lui permettre d'avoir l'appui de l'état français dans toute une série de dispositions ça c'est une supposition parce que c'est pas forcément le fait est que quand l'état redonne pour 20 millions de francs un groupe dans lequel il vient de mettre 1 milliard d'eux enfin ou alors peut-être qu'on a des gens peut-être qu'on a des infos il y a des infos qu'on a pas mais oui non c'est surtout peut-être qu'ils sont complètement enalphabètes et qu'ils comprennent rien et qu'ils confondent 9 chiffres et 6 chiffres mais en réalité non c'est des compromissions et vous pouvez et en fait c'est un phénomène de corruption légale qui est très étendu très étendu et qui n'est pas régulé et en fait malheureusement on a des personnes qui sont de plus en plus avides dans cette dynamique là et qui refusent de reconnaître leurs responsabilités y compris sociales du fait de la réussite qu'on leur a obtenu et leur presse ensuite nous vend tout ça en nous expliquant que c'est des extraordinaires entrepreneurs super héros qui ont réussi à tirer des fortunes du néant comme Bernard Arnault c'est scandaleux c'est scandaleux parce que ça ça prive aussi les citoyens français d'une compréhension de comment fonctionne le monde et ça donne l'illusion qu'en fait n'importe qui sans aucun capital pourrait du jour au lendemain se lancer dans des opérations comme celle-ci ça brise des destins enfin bref ça produit toute une série d'effets de bord avec lesquels il faut être très attentif donc ces gens-là il faut réprimer ce genre de comportement il faut s'assurer qu'il y ait des limitations très fortes entre ces différentes activités qu'il n'y ait pas de porosité possible et ce faisant du coup on rend la possibilité au peuple français de se déterminer avec soit des sociétés citoyennes des médias qui appartiennent au peuple soit des entreprises privées mais qui elles aussi voilà vous voyez ait une pleine liberté d'action parce qu'elles ne soient pas dépendantes de voilà de ce genre d'action est-ce que même de faire une révolution ne peut pas susciter après une vraie peur au sein du peuple vous avez vu mais j'étais en train de me dire mais qu'est-ce que je dois je dois être tellement ennuyeux quand je dis ça en contraste avec l'apparence de radicalité ainsi de suite enfin finalement vous voyez ce qui est proposé est relativement rationnel raisonnable c'est pas c'est pas ça vous semble enfin vous voyez c'est quand même je vous pose la question pour vous c'est raisonnable de faire une révolution en France je parle des objectifs que l'on cherche à atteindre vous voyez que ce soit sur sur l'indépendance des médias sur la possibilité pour le peuple de contrôler ses élites à travers un certain nombre d'instruments et ainsi de suite c'est des choses qui devraient pouvoir être adoptées enfin qui devraient c'est des idées qui doivent être débattues et discutées c'est le concept de la démocratie pourquoi est-ce que ça n'arrive pas c'est un vrai sujet vous voyez pourquoi est-ce qu'on n'y arrive pas et donc pourquoi est-ce qu'on est obligé de réfléchir à des formes alternatives pour après c'est à vous de voter pour des politiques qui vont ensemble dans ce cas-là et s'il n'y en a pas présentez-vous peut-être qu'on va y aller peut-être que vous irez effectivement peut-être que vous voterez pour moi peut-être que je voterai pour vous et peut-être que dans ce cas-là vous verrez à quel point ça rassemble ou non les français votre proposition de révolution on ne sait jamais parce que vous pensez que la compétition électorale en France est parfaitement organisée de façon sincère et honnête c'est-à-dire que quelqu'un qui aurait des idées similaires aux miennes aurait les mêmes chances que quelqu'un qui défendrait le fait de ne pas toucher du tout les médias puissent continuer à l'être et avoir de...
Ah bah ça c'est après c'est une stratégie de communication mais oui par contre je pense que c'est pas du tout les votes etc. ne sont pas trafiqués Non pas que les votes soient trafiqués mais que la perception et l'influence que vous pouvez avoir dans l'espace public donc ce qui vous permet d'arriver au vote soit trafiqué Ça c'est très l'influence aussi après c'est à vous de faire une campagne politique Non mais pourquoi pas C'est ça qui d'ailleurs différencie les candidats c'est la campagne politique à la fin en fait C'est pas le fait qu'ils sont le soutien de Havas Bolloré celui important a en effet le soutien d'une partie de ce système Mélenchon également Et Mélenchon est en résistance partielle Mélenchon Partiel Oui parce qu'il s'est beaucoup vanté de sa amitié avec Dassault par exemple qui est donc propriétaire de Chidéro et ainsi de suite et il a toujours défendu ce modèle hybride sur ce point là donc on voit bien que Mélenchon n'est quand même pas traité avec la même gentillesse que les autres candidats après il peut y avoir des justifications sur certains points mais honnêtement dans l'ensemble on voit bien qu'il y a une forme d'agressivité dont il faut s'interroger sur le fait soit on essaie de rendre monstrueux Mélenchon en disant c'est un fou soit on essaie de se dire à force de provocation à force de harcèlement médiatique et ainsi de suite le rapport enfin l'image qui en transparaît est celle de quelqu'un parce qu'il est en réaction qui apparaît agressif pas gentil et ainsi de suite il faut la fabrication de l'information c'est quand même en fait le pouvoir c'est l'information en démocratie dans un système libéral électif et représentatif si vous contrôlez ça vous n'avez pas besoin de trafiquer les votes c'est la différence avec une dictature c'est qu'en fait si vous construisez un huis clos suffisant et aujourd'hui il y a peut-être une chance pour une candidature parce que les maîtres des réseaux sociaux ils s'indiffèrent un peu de ce qui va se passer en France que ce soit Zuckerberg Musk et ainsi de suite que ce soit l'un ou l'autre qui soit élu ça ne va pas toucher directement leurs intérêts et donc en effet il y a une sorte de de brèche qui s'est ouverte qu'on va peut-être saisir mais ça va être beaucoup plus compliqué vous imaginez bien que pour quelqu'un qui va avoir le soutien de X de Y enfin Bolloré Niel et ainsi de suite parce que c'est les agences de communication c'est les médias mais c'est aussi les instituts de sondage c'est intéressant par exemple on pourrait se dire les instituts de sondage sont indépendants non ils sont entre les mêmes mains oui mais après c'est pas vous c'est vous qui disiez je crois que Emmanuel Macron était très soutenu par les médias par tous justement ces oligarques comme vous dites mais justement aujourd'hui vous avez l'impression qu'il est toujours autant soutenu non parce qu'il n'a plus aucune valeur pour eux il est président de la république il n'a plus aucune valeur il est fini non mais dans deux ans il part donc en fait à quoi bon dépenser de l'énergie toute l'obsession depuis un moment c'est fabriquer un nouveau candidat vous avez vu la passion qu'a généré Gabriel Attal jusqu'à jusqu'à jusqu'à l'échec des européennes ce qui est en fait quelque chose qu'avait évité Emmanuel Macron il n'avait pas eu à se confronter à une élection intermédiaire dans sa montée vers l'élection présidentielle il avait été à chaque fois à aucune élection d'ailleurs il avait été promu systématiquement par ces effets du petit Paris que je décris et donc il n'avait jamais eu à se confronter au suffrage populaire et donc on avait pu fabriquer l'illusion d'un homme plus que parfait extraordinaire en tout domaine le pauvre le pauvre Gabriel lui à un moment donné très rapidement en fait il s'est retrouvé confronté à une sanction électorale qui fait que tout cet effort oligarchique pour essayer de le propulser c'est un peu échoué et là on se retrouve dans une situation un peu compliquée pour le pouvoir un peu similaire à celle qui avait finalement bénéficié à Emmanuel Macron parce que rappelez-vous Emmanuel Macron enfin vous voyez les oligarches ce n'est pas des gens même s'ils habitent pas très loin les uns des autres souvent à la ville à Montbrancier et ainsi de suite ce n'est pas des gens qui se réunissent en conclave tous les 6 mois en se disant là ça va être celui-là le prochain président de la France ils mettent un peu leur bille à droite à gauche ils s'assurent que l'espace raisonnable est plus ou moins soutenu chacun et après au moment donné l'appui se renforce Xavier Niel raconte toujours qu'il avait par exemple donné de l'argent à François Fillon comme don de campagne Macron a bénéficié de l'effondrement de tous les candidats successifs du système Nicolas Sarkozy parce qu'il a perdu lors des primaires à l'époque puis Alain Juppé face à François Fillon a perdu Manuel Valls François Hollande il y a eu un vide qui a fait qu'à un moment donné de façon unique dans l'histoire de France il y a eu une coagulation parce que souvent en plus ces gens-là se fritent vous voyez il y a eu des guerres homériques entre Bernard Arnault et Bolloré par exemple et après entre Lagardère et Bernard Arnault entre Xavier Niel et Bernard Arnault ça a été beaucoup romancé et donc souvent il y avait des clans et puis des gens qui avaient plutôt une sensibilité gauche enfin centre-gauche plutôt centre-droite plutôt droite dure pour Bolloré et cette circonstance historique qui a provoqué ce qui m'apparaît comme une catastrophe démocratique au regard de ce qui s'est passé en France depuis 7 ans et que je pense avoir annoncé était assez unique et là aujourd'hui on se retrouve à nouveau dans un quelque chose d'un peu d'un peu confus mais par exemple pour Bolloré je pourrais vous expliquer comment il a soutenu très violemment Éric Zemmour pendant des mois avant 2022 en 2021 y compris en lui donnant un temps d'antenne extraordinaire et qu'au moment où en fait il a fini par trouver un accord avec l'Elysée sur la vente de ses ports en Afrique de l'Ouest il l'a débranché et donc Zemmour est passé de 17 à 5% je veux dire peut-être que Zemmour était un garçon brillantissime et qu'il a fait un AVC à mi-campagne et qu'on s'en est pas rendu compte et qu'il a perdu tout le charisme qu'il avait en réalité ces jeux là ne déterminent pas à 100% mais affectent beaucoup c'est pas forcément lié aussi à ces prises de position par rapport à la Russie cette baisse de pourcentage un peu bien sûr ça joue aussi c'est des facteurs et l'instrumentalisation grossière par Emmanuel Macron à l'inverse de sa fonction de chef de l'Etat à des fins électorales avec ses allers-retours en Russie qui évidemment il le savait lui-même ne servirait à rien Poutine lui-même semble-t-il n'était pas dupe d'où la mise en scène avec la longue table et ainsi de suite évidemment que ça a joué ça a joué et d'ailleurs pour moi c'était un peu indécent de la part d'Emmanuel Macron parce que les enjeux étaient quand même graves et n'auraient pas dû se prêter à ce genre de cérémonie mais bon pour lui peut-être c'était plus important de se faire élire que de se montrer sincère à ce moment-là Il y a un truc qui m'a marqué quand vous êtes arrivée c'est le petit symbole que vous avez là L'abeille Exactement L'abeille et également aussi j'ai plusieurs fois vu un autre symbole qui était le siège des présidences c'est sur votre interview avec Idriss Averkane justement et qui sont quand même des symboles qui sont quand même très reliés à Napoléon Non alors oui alors ça c'est intéressant je vais vous surprendre peut-être que vous allez finir par bien m'aimer à la fin de cet entretien parce que Je n'ai jamais dit que je ne vous appréciez pas L'abeille et avant d'être napoléonien Napoléon l'a récupéré parce que l'abeille était le symbole des mérovingiens des premiers rois de France de Clovis et ainsi de suite c'est-à-dire qu'on a trouvé dans la tombe de Childerick toute une série de joyaux en abeilles qui étaient visiblement donc en fait c'est une façon de d'avoir un petit peu de monarchie avec vous ? Non plutôt de s'inscrire dans le temps long de mon pays enfin se rappeler qu'on est un en fait on s'est construit ce qu'on est et le résultat de 1600 ans de construction politique elle-même héritière de l'Empire romain et ainsi de suite vous voyez mais donc on a sédimenté beaucoup de choses à travers les âges parfois contradictoires idéologiquement monarchistes, républicains, révolutionnaires et ainsi de suite mais qu'à un moment donné il faut qu'on il faut qu'on on a quelques on a une identité et il faut qu'on qu'on prenne appui sur cette identité pour essayer de refaire peuple voilà j'essaie de reconstruire quelque chose à partir d'un symbole qui par ailleurs renvoie aux jaunes et gilets jaunes auxquels enfin qui ont été fondateurs politiquement à la fois pour la France d'aujourd'hui je pensais et pour moi personnellement ça renvoie quand même beaucoup à Napoléon à Napoléon aussi qui est un autre épisode important de l'histoire de France pour le meilleur et pour le pire mais qui a qui a sédimenté le régime républicain ouais mais qui est quand même qui est adoré par beaucoup de gens et qui est aussi perçu comme un tyran par d'autres et qui a rétabli l'esclavage enfin qui a ça vous dérange pas d'être associé à un tyran également je suis associé à un peu non mais c'est à dire qu'on non parce que l'abeille sans vouloir faire injure à Napoléon qui n'a pas déposé son brevet à l'INPI comme il aurait dû le faire reste quand même un symbole qui renvoie à l'écologie qui renvoie au collectif à la coopération au fait de ne pas nuire sauf en dernier recours vous voyez qu'il ne pique qu'au risque de sa propre mort pour défendre sa ruche où y compris la reine n'a pas un statut particulièrement désirable vous voyez elle est au service de la collectivité elle n'a pas un instant de repos on essaye en fait de faire valoir ces valeurs cette inscription dans l'histoire beaucoup et Napoléon s'inscrit à l'intérieur de ça mais pas du tout de façon exclusive et pas du tout comme un clin d'oeil direct à son égard c'était un moment où on essayait de réfléchir à quelque chose qui pourrait faire symbiose à l'égard de nos engagements récents et notamment dans le rapport justement à la violence c'est à dire c'est pas une guêpe et ça m'a semblé important ça m'a semblé important et puis peut-être un point d'équilibre voilà c'était plutôt dans cette dynamique qu'on a choisi à un moment vous avez dit avant de redonner le pouvoir au peuple il faudrait passer sûrement par une dictature temporaire moi je pense qu'il faut faire autorité sur ces forces dissidentes ces forces anti-républicaines auxquelles on est confronté et ils vont pas se laisser faire de plein gré c'est aussi simple que ça il faut qu'il y ait en fait une période de transition où on puisse établir des juridictions qui permettent de les juger de les condamner mon objectif c'est pas de sanctionner par rapport à des comportements passés tant qu'ils ne peuvent pas se reproduire ça me va je vais pas essayer de faire payer ce qui s'est passé les années précédentes ça m'intéresse par contre purger au sein d'appareils policiers ceux qui auraient cherché à générer ces violences ou qui se seraient montrés en accord avec ces violences qui ont été commises ceux qui ont volontairement interféré dans l'espace public mettre un peu fin à tout ça il va falloir pendant quelques mois avoir une démarche de manœuvre qui soit importante j'ai répondu comme j'ai répondu à la question avec les termes que vous me l'aviez posé mais en réalité ce que je veux dire par là et c'est quelque chose qu'il faut que les gens qui nous soutiennent comprennent il va falloir faire autorité à un moment pas sur le peuple moi j'ai pas vocation à gouverner le peuple français j'ai pas vocation à lui dire c'est ça qu'il faut pour toi dans tel domaine et ainsi de suite vraiment l'enjeu c'est comment est-ce qu'on encore une fois on lui rend la parole et le pouvoir c'est aussi simple que ça qui serait le chef représentant de ça ce serait vous ? l'objectif de ces ouvrages aussi c'est un peu de faire que je sois plus nécessaire c'est à dire que en gros j'essaie de redistribuer c'est pour ça j'en ai publié 15 en tout je pense l'objectif c'est d'essayer de transmettre au maximum les instruments que j'ai pu accumuler du fait de ma formation de mes expériences et ainsi de suite de sorte que s'il m'arrive quelque chose ça ne s'arrête pas vous voyez ça c'est ma grande peur c'est que on est très vulnérable en tant qu'individu a fortiori lorsque l'on prend des positions aussi radicales contre des gens qui sont très puissants tout peut vous arriver ça m'est ce dont je parlais en ouverture en est à mon sens un exemple mais il y a eu mille autres exemples similaires j'aurais pu me retrouver pendant des années au Sénégal dans cette prison si on n'avait pas réussi à provoquer cette bascule le Sénégal est très important parce qu'il montre que c'est possible de provoquer cette bascule y compris lorsque vous êtes un peuple particulièrement pauvre l'avantage du Sénégal c'est que la moyenne d'âge là-bas n'est pas de 42 ans mais de 19 ans c'est à dire qu'en fait quand vous êtes jeune vous avez évidemment beaucoup plus d'envie de changer les choses et vous avez peu à perdre en France ça va être plus compliqué de bouger ce peuple mais j'espère qu'on y arrivera et qu'on n'aura pas besoin justement d'en passer par un rapport de force avec le pouvoir qui fasse que beaucoup des nôtres tombent en chemin Dernière question et après je vous laisse tranquille qu'est-ce que vous dites aux français qui ne veulent pas de révolution aux français qui vivent déjà bien aujourd'hui et qui ont un travail une famille et qui en fait auraient beaucoup plus à perdre qu'à gagner Moi non je pense qu'ils en gros je pense que même ceux qui dépendent directement de nos ennemis c'est à dire des oligarques aujourd'hui vivront mieux à mon sens parce que je les vois relativement misérables à Paris parce qu'en fait même gagner des sommes plus importantes que ce qu'on gagnerait en moyenne dans une société comme la nôtre qui notamment est traversée par une violente spéculation immobilière qui fait qu'il est très difficile quand on est jeune à Paris de fonder une famille d'avoir un appartement suffisamment grand qui fait qu'on est en train de perdre le rapport au désir mais aussi justement au fait d'avoir des enfants et ainsi de suite rompre avec ça c'est essayer de chercher à rendre de la joie en fait donc moi je pense qu'on va tous gagner et être plus heureux et je pense que les quelques solutions qu'on propose parce que là on a beaucoup parlé des oligarques mais typiquement la question de l'euro elle est fondamentale par rapport à la spéculation immobilière parce que c'est l'argent qui est investi en masse pour des appartements qui sont à chaque fois plus vides à Paris et qui inhibe là je parlais de la famille mais aussi la création d'entreprises et ainsi de suite c'est le fruit d'une masse monétaire massive qui elle-même le fruit de politiques monétaires qui sont adoptées à Francfort et qui parce qu'elles sont adoptées à l'échelle du continent font qu'elles sont pas forcément suffisamment bien fléchées pour notre pays et du coup on est un peu coincé dans cet entre-deux on n'ose pas en sortir parce qu'on a peur des conséquences que ça pourrait avoir et en même temps du coup notre quotidien est à chaque fois moins heureux un autre domaine la bureaucratie extraordinaire dans laquelle on vit pour créer de l'activité pour créer dans le vocable libéral de la valeur en France c'est extraordinairement compliqué l'URSSAF c'est quand même pour moi l'URSSAF c'est l'anarchiste couronné c'est à la fois des énormes fascistes et en même temps des bordéliques à un niveau tellement sans nom vous retrouvez parfois avec des appels de cotisation de 30 000 euros qui sortent de nulle part ou à l'inverse il faut à un moment donné reprendre en main tous ces sujets or nos hommes politiques aujourd'hui n'ont jamais été confrontés à ces difficultés ni ceux qui les entourent parce qu'ils ont toujours vécu dans des espaces très protégés et donc naturellement ils vont pas mettre leurs priorités sur des choses qui empoisonnent les français au quotidien et ça c'est le fruit de ce système dont je vous parlais d'auto-sélection qui réduit à chaque fois plus la diversité du pool sur lequel on puise nos dirigeants donc en fait c'est des choses qui in fine vont vraiment bénéficier à tout le monde il faut juste en passer par une phase où on va purger quelques éléments qui en fait génèrent ce blocage c'est aussi peu radical que ça paradoxalement et en même temps aussi nécessaire parce qu'encore une fois je pense qu'on a un pays qui a beaucoup d'atouts et dans lesquels on est malheureux et ça c'est un carburant légitime pour la révolution j'espère que la vidéo vous aura plu alors n'hésitez pas à me dire si la révolution est souhaitable et puis évidemment à continuer à nous soutenir en vous abonnant en likant la 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Juan Branco