Daniel VALERO : Maire (Horizons) de Genas et Vice-Président au Département du Rhône
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 68 %Attaque 12 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 99 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:21OuverteRéponse directe
Comment vous êtes-vous senti et associé à l'événement tragique d'Arras ?
- 2:18OuverteRéponse directe
Est-ce que le vivre ensemble est devenu plus difficile depuis la Covid ?
- 3:14OuverteRéponse directe
Chloé Morin parle de société de consommateurs : partagez-vous cette analyse ?
- 4:26OuverteRéponse directe
Comment êtes-vous arrivé à l'engagement politique ?
- 5:36OuverteRéponse directe
L'engagement associatif et politique sont-ils complémentaires ?
- 5:54OuverteRéponse directe
Avez-vous plus de moyens en étant maire qu'en tant qu'adjoint ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:41Invité politiqueFait
« C'est une manifestation que j'aurais bien aimé ne pas faire, mais qu'il a fallu faire parce que c'était un devoir. »
- 1:59Invité politiqueFait
« J'avais demandé à la population de venir avec un livre. Et pendant la minute de silence, on a tous levé la main avec un livre pour le savoir, le symbole de la connaissance, contre l'obscurantisme. »
- 2:43Invité politiqueFait
« Leur mentalité, c'est de plus en plus difficile. Les gens ont changé, la population a changé, les ambitions ont changé. »
- 3:39Invité politiqueFait
« Effectivement, c'est tout à fait ça, une vraie société de consommation. »
- 3:56Invité politiqueFait
« Quand on leur dit « Vous n'avez pas une heure à consacrer une fois dans l'année pour aller à l'Assemblée Générale, pour voir comment fonctionne votre club », ah ben non, ils n'ont pas le temps. »
- 6:06Invité politiqueFait
« Quand je suis passé maire, là, j'avais la liberté. La liberté de pouvoir choisir, de mettre en place avec mon équipe un programme, un projet. »
- 6:29Invité politiqueFait
« Le maire a de moins en moins de pouvoir d'action, et de moins en moins de moyens en plus, puisque l'État nous donne de moins en moins d'argent. »
- 6:40Invité politiqueFait
« Encore avec ce qui va se passer sur l'urbanisme, et la préfète qui dit, c'est moi qui vais instruire les permis. »
- 7:06Invité politiqueFait
« Juste à ce sujet, est-ce que c'est normal qu'un locataire, qu'il soit en location privée ou en location publique, est-ce que c'est normal qu'un locataire n'ait plus de lien direct avec sa collectivité, alors qu'il profite de tout ? »
- 8:10Invité politiqueFait
« D'ailleurs, quand le président de la République dit en pleine interview au télévisé qu'il n'a pas augmenté les impôts, ce n'est pas vrai. »
- 8:25Invité politiqueFait
« Depuis l'an 2000, on n'a pas augmenté les impôts, nous. »
- 9:01Invité politiqueFait
« Nous, Jonas, on a été aidé par personne. »
- 9:18Invité politiqueFait
« Derrière, vous ne pouvez plus exister votre programme puisque les règles du jeu ont changé en cours de route. »
- 12:30Invité politiqueChiffre
« J'ai mis plus de 40% des terres en PNAP, zone naturelle et agricole et protégée, en 2010, quand je suis arrivé. »
- 12:42Invité politiqueFait
« C'est la deuxième zone industrielle de France. »
- 14:05Invité politiqueFait
« On n'est pas là pour prendre 10 000 habitants en 3 ans, ça ne sert à rien et on ne pourra pas les accueillir. »
- 14:21Invité politiqueChiffre
« On a un horizon d'habitants sur la ville entre 16 et 16 500. »
- 19:20Invité politiqueFait
« On a respecté nos engagements. »
- 20:32Invité politiqueFait
« On a des gros programmes de replantation. »
- 27:12Invité politiqueFait
« L'indemnité du maire de Jonas, c'est pas l'indemnité que j'avais de la banque. »
- 27:59Invité politiqueFait
« Je suis toujours surpris par des nouveaux habitants qui arrivent à Jonas. Ils viennent, c'est un vrai choix puisque c'est mieux qu'ailleurs et ils payent plus cher. »
- 28:58Invité politiqueFait
« On a un projet de planter une vraie forêt dense et un peu moins dense dans certains quartiers de jeunesse ou sur les périphéries. »
- 29:54Invité politiqueFait
« Le ZAN, c'est un problème... »
- 30:12Invité politiqueFait
« C'est qu'on tient compte des dix dernières années et de la consommation. On peut prendre 50% de cette consommation-là et puis pour l'année jusqu'à 2040, ça sera zéro. »
- 30:34Invité politiqueFait
« Mais pourquoi en France, on va plus vite qu'en Europe ? »
- 31:55Invité politiqueFait
« Pour Lausanne comme pour le reste, pourquoi on appelle les maires pour sauver la situation de la France dans certains sujets pour prendre les gilets jaunes, par exemple ? »
- 33:57Invité politiqueFait
« Conseil municipal des jeunes, dont j'en suis fier, puisque j'étais adjoint au sport, animation et jeunesse quand on l'a créé, et il a existé sans être interrompu une seule fois, une année ou deux. »
- 34:23Invité politiqueFait
« On a refait le parking de la mairie, on a mis des poubelles partout et le matin, quand on arrive à la mairie, il y a des déchets partout. »
- 35:09Invité politiqueFait
« J'ai été invité, il fallait bien un témoignage de quelqu'un qui arrive du département. C'est vrai. J'étais le seul. Et en plus, je suis Horizon, donc c'était un peu plus justifié. »
- 35:18Invité politiqueFait
« Edouard Philippe, il va très bien, très très bien, c'est quelqu'un de raisonnable, de réfléchi, qui écoute, et qui est venu à Lyon pour écouter justement. »
- 35:42Invité politiqueFait
« Il a un avis en tout cas, lui, là-dessus ? Il a déjà un avis, il dit qu'à Lyon, à Paris et à Marseille, en revanche, il est venu à Lyon pour écouter la réflexion des gens qui le vivent. »
Temps de parole
- Invité politique62 %
- Présentateur35 %
≈ 1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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A Lyon, vous écoutez Lyon Première.
Lyon Première !
Lyon Première, l'invité politique du samedi, avec Lyon Positif, Frédéric Duval.
Bonjour à toutes et à tous, je suis heureux de vous retrouver pour cette nouvelle émission de l'invité politique, le samedi de 11h à midi. On va partir dans l'Est lyonnais. Et c'est vrai que c'est un peu plus rare, mais il y a l'Ouest et l'Est avec vous, Daniel Valero. Bonjour. Bonjour. Vous êtes le maire de Jeunasse, notamment, puisque vous avez un certain nombre d'autres casquettes. Vous êtes à l'Interco, vous êtes aussi au conseil départemental du Rhône. Vous êtes élu depuis un certain temps déjà. Votre premier mandat d'élu d'adjuvant, ça remonte à quand ? 1995. Et maire depuis ? 2008.
Voilà, vous êtes aussi au Citral, vous connaissez bien ces dossiers de mobilité, un des plus anciens élus, me disiez-vous.
Eh oui, élu au Citral depuis 2014 et bizarrement le plus ancien des élus.
Comme quoi, voilà. Alors, on va parler de plein de choses. Vous connaissez un petit peu le principe de l'émission. On va découvrir votre commune. On va parler aussi de l'aéroport qui n'est pas loin. On va parler de transition. On va parler de politique, etc. Mais on va aussi commencer, comme à chaque fois, par une actualité qui n'est pas, on va dire, on ne va pas se mentir, une actualité très joyeuse en ce moment. On peut dire que le monde ne va pas forcément bien. Et il y a un impact. Et on a tous été concernés, on s'est sentis concernés.
Et vous, en tant que maire, je veux dire, au premier chef, par les incidents dramatiques qui sont arrivés à Arras et le décès de ce professeur qu'on a enterré il y a quelques jours, Dominique Bernard. Vous avez été amené, comme un certain nombre d'élus, à faire une cérémonie, à faire une minute de séance. Comment est-ce que vous vous êtes senti et concerné et associé à ce tragique événement ?
Écoutez, c'est quelque chose, comme j'annonçais à ma population, puisqu'on était presque 300 personnes. C'est une manifestation que j'aurais bien aimé ne pas faire, mais qu'il a fallu faire parce que c'était un devoir. Et il y avait beaucoup d'émotions dans mes mots. Je n'ai pas voulu faire un grand discours parce que ça ne servait à rien. Mais symboliquement, j'avais demandé à la population de venir avec un livre. Et pendant la minute de silence, on a tous levé la main avec un livre pour le savoir, le symbole de la connaissance, contre l'obscurantisme. Et c'était un moment assez fort, mieux que des discours.
Quand on est maire comme ça d'une commune, on la découvrira un petit peu mieux dans la deuxième partie de notre émission. Je veux dire, ce fameux vivre ensemble, c'est, je suppose, une préoccupation du quotidien. Est-ce que vous sentez que c'est devenu plus difficile dans le monde dans lequel on est, peut-être depuis la Covid, peut-être depuis les crises ? Comment est-ce que ça vit et comment les gens reçoivent tout ça ?
Écoutez, j'ai fait beaucoup d'associatifs. J'ai été élu depuis 1995. Et l'avantage, c'est que j'ai vu l'évolution des uns et des autres. Leur mentalité, c'est de plus en plus difficile. Les gens ont changé, la population a changé, les ambitions ont changé. Et on a de plus en plus de gens qui ne font que demander, que réclamer, et qui ne se posent pas toujours la question de savoir si eux-mêmes, tout seuls, peuvent y arriver. Il faut toujours un fautif. Et je crois que quand on est maire, le plus difficile, c'est ça. C'est d'être l'homme ou la femme qui doit répondre à toutes les attentes de tout le monde. Répondre et rappeler la règle, et rappeler comment ça marche.
Parce que, j'entendais, il n'y a pas longtemps comme vous, certainement, une politologue qu'on voit beaucoup en ce moment, Chloé Morin, qui disait « On est passé d'une société de citoyens à une société de consommateurs. » C'est-à-dire que les gens ont oublié au passage, j'allais dire, les devoirs qui sont les leurs. Vous avez l'impression que c'est un peu ça aujourd'hui ?
Oui, alors Chloé Morin que j'ai rencontré également la veille du Congrès des maires du Rhône et de la Métropole. Et puis le lendemain, elle est intervenue également. Effectivement, c'est tout à fait ça, une vraie société de consommation. Pour preuve, un exemple, vous avez des parents qui ont des enfants dans une association de garderie, de foot, de musique, peu importe, et qui vous racontent qu'ils n'ont pas le temps d'aller à l'Assemblée Générale parce qu'ils travaillent. Quand on leur dit « Vous n'avez pas une heure à consacrer une fois dans l'année pour aller à l'Assemblée Générale, pour voir comment fonctionne votre club », ah ben non, ils n'ont pas le temps.
En fait, c'est ça la société de consommation. On pose les gamins et on vient les chercher. Pendant ce temps, on fait ses courses ou autre. Je dirais même pire. Des fois, l'animateur n'est pas là, mais on pose les gamins quand même. C'est souvent le gardien du complexe sportif qui garde les gamins pendant deux heures parce que l'animateur n'est pas là.
Une société aussi peut-être un peu plus à la fois consommatrice et un peu plus individualiste aussi. Ça ne doit pas être évident. Comment est-ce qu'on fait pour garder la foi de l'engagement ? Parce que comment est-ce que vous êtes arrivé à être élu ? Est-ce que vous étiez de cette ville-là ? Vous êtes né là ? Comment est-ce que vous êtes arrivé à Jonas ? Et comment est-ce que vous êtes engagé, en fait ?
Alors, en fait, j'ai un parcours que beaucoup de maires connaissent. Ceux qui font de la vraie politique municipale. C'est-à-dire que mes parents ont acheté à Jonas quand je suis né. Et j'y ai fait toute ma carrière, dans le bon sens du terme. Et puis, j'ai joué au foot, j'ai joué au rugby. J'ai été dans le monde associatif. Mes enfants sont à l'école. Je suis rentré au sous-des écoles. Mes parents avaient fait la même chose. Je suis un peu comme Abélix. Je suis tombé dedans quand j'étais tout petit. Et puis, un jour, on est venu me chercher en 1994 pour me dire « Ça t'intéresserait de venir avec nous ? » On fait une liste. Et naturellement, un parcours qui a continué.
C'était comme un prolongement de votre engagement et de votre attachement à la commune. C'était naturel, en fait.
Oui, mais moi, j'aime à dire que quand on est maire ou adjoint, mais quand on est maire ou quand on est président d'association, c'est le même combat. On a en face de nous des gens qui sont difficiles, qui sont toujours en train de réclamer. Et il y a la passion qui compte quand on est président, quand on est maire. Le jour où il n'y a plus la passion, il faut arrêter.
Parce que là, on commence à faire des bêtises. Toujours l'attachement et la passion de votre commune, évidemment. Pour l'instant. Est-ce que, justement, c'est intéressant, parce que c'est un point commun avec beaucoup des élus qu'on reçoit, entre l'engagement associatif, et je vais dire l'engagement politique au sens noble du thème, de l'organisation de la vie de la cité. Est-ce que vous avez eu l'impression d'avoir ensuite un peu plus de moyens en étant, je vais dire, aux manettes de la commune ? Est-ce qu'on a encore le pouvoir d'agir vraiment sur le quotidien des gens quand on est maire ?
Je vais dire oui au démarrage. Alors, j'ai eu la chance d'être adjoint, où j'avais une liberté, pas forcément budgétaire, mais une liberté d'action. En revanche, quand je suis passé maire, là, j'avais la liberté. La liberté de pouvoir choisir, de mettre en place avec mon équipe un programme, un projet. Et sur le vivre ensemble, on a fait beaucoup de projets dans ce sens-là. Mais en fait, au fil des années, il y a les gouvernements qui passent, qui se succèdent, les présidents qui se succèdent, et c'est là où ça change. Parce que le maire a de moins en moins de pouvoir d'action, et de moins en moins de moyens en plus, puisque l'État nous donne de moins en moins d'argent.
Et donc, du coup, le maire devient quasiment, je vais être un peu vulgaire, mais un fonctionnaire de l'État. Encore avec ce qui va se passer sur l'urbanisme, et la préfète qui dit, c'est moi qui vais instruire les permis. Déjà, il faudrait peut-être qu'elle ait des employés pour instruire les permis, mais ça, c'est un autre problème. Voilà, on est de moins en moins autonome. En revanche, tous les risques sont pour nous.
Oui, c'est ça qu'il faut comprendre. C'est-à-dire que, non seulement, d'abord, il y a un contexte budgétaire, économique qui est difficile. On vous a retiré la possibilité de lever l'impôt à travers les impôts locaux, sauf sur le foncier.
Juste à ce sujet, est-ce que c'est normal qu'un locataire, qu'il soit en location privée ou en location publique, est-ce que c'est normal qu'un locataire n'ait plus de lien direct avec sa collectivité, alors qu'il profite de tout ? Ça, c'est quand même quelque chose qu'on ne m'a pas expliqué comme il faut, alors que je n'ai pas compris. Et c'était censé, normalement, être compensé à l'europrès ? Ce n'est pas forcément le cas ? Alors, c'est compensé, parce qu'il faut aussi dire ce qui lui appartient. C'est compensé, alors à l'europrès, je n'en sais rien, mais les calculs sont tellement alambiqués, mais c'est compensé.
La seule chose qu'il y a, c'est qu'aujourd'hui, c'est compensé avec une année de référence qui est de 2020, et comme on n'a plus la main sur cet impôt, avant, une ville pouvait augmenter l'impôt local, et comme on ne peut plus. Donc aujourd'hui, on a perdu cette attractivité-là. Si je prends l'exemple de Jonas, on avait un taux de taxe locale qui était à 7,09. C'est ce que je disais, c'est aussi faire du social avec un taux d'imposition à 7,09. C'est peut-être pas un taux d'imposition à 15 ou à 20, comme dans d'autres communes.
Parce que les bases étaient aussi assez importantes au égard au prix du foncé chez vous, peut-être.
Alors, les bases sont telles qu'elles sont, mais en tous les cas, les bases, ce n'est pas nous qui les augmentons, c'est l'État. D'ailleurs, quand le président de la République dit en pleine interview au télévisé qu'il n'a pas augmenté les impôts, ce n'est pas vrai. À Jonas, si je prends toujours l'exemple de Jonas, les bases ont augmenté de 7,1 %, mais le taux de la ville est toujours le même. Depuis l'an 2000, on n'a pas augmenté les impôts, nous. Mais les impôts augmentent quand même chaque année. Parce que ce sont les bases de l'État qui font augmenter les impôts, mais ce n'est pas la ville.
Et en même temps, il y a une inflation qui est aussi une inflation que vous subissez en tant que collectivité. C'est-à-dire que vous avez moins de marge de manœuvre. Et j'allais dire, peut-être, de plus en plus de choses à faire. On en parle aussi souvent. Les élus nous racontent ça. Il y a de plus en plus peut-être de choses, de normes, de réglementations, de mesures à prendre qui compliquent votre quotidien pour gérer des priorités par rapport à vos projets, en fait.
En fait, on est comme un des mortels. On a les mêmes augmentations, les charges électriques et autres. On a subi de plein fouet, comme tout le monde. Nous, Jonas, on a été aidé par personne. Donc, il faut à tout prix qu'on s'en inquiète et faire des travaux qui vont bien. L'idée, c'est qu'il faudrait que l'État arrête de changer les règles en cours du jeu. C'est-à-dire qu'en 2020, 2021, 2022, il y a des élections, vous êtes élu sur un programme. Derrière, vous ne pouvez plus exister votre programme puisque les règles du jeu ont changé en cours de route. Et là, comment on fait ? Et comment on explique ça à la population ?
Alors, comment vous l'avez expliqué, du coup ?
Moi, j'en suis à 188 réunions publiques. Donc, ça ne m'effraie pas. Au contraire, je crois que j'ai des... Comme je dis, je suis comme oblique. J'ai été piqué depuis ma plus jeune enfance. Donc, ce n'est pas un souci. Encore faut-il que les gens aient envie de comprendre quand on l'explique, quand on l'écrit. L'information, il faut aller la chercher aussi. Elle ne tombe pas tout crue. Donc, du coup, l'idée, c'est d'essayer d'expliquer, d'avoir des magazines municipaux qui l'expliquent également et autres. Mais encore faut-il que les gens les lisent.
La pédagogie, c'est quand même un élément important de votre quotidien justement pour parler de tous les projets qui sont les vôtres dans la ville. Et c'est ce qu'on va regarder ensemble dans une deuxième partie de notre émission. A tout de suite. On se retrouve pour la deuxième partie de notre émission, l'invité politique, le samedi de 11h à midi. Toujours avec vous, Daniel Valero, toujours dans l'Est lyonnais, toujours à Jeunas. Vous parlez de votre attachement à cette commune et à ce parcours qui vous a amené à devenir maire. On parlait aussi de l'importance des réunions publiques. Le terrain, c'est vraiment ce qui fait la spécificité de l'engagement politique local aujourd'hui ?
Pour tous les élus, je ne sais pas.
Mais pour moi, oui. J'ai toujours été au contact du public par le sport, par mon métier de la banque, par mon activité dans le monde associatif. Associatif, pardon. Et donc du coup, c'est naturel. Avant de travailler dans la banque, j'ai vendu du poisson sur les marchés. J'ai toujours été dans un contact proche des gens. Et je crois que ça se sent et ça se voit. D'ailleurs, on le voit bien quand un élu se force pour aller quelque part ou quand il ne se force pas.
Ce qui explique aussi, peut-être, on ne l'a pas dit, mais c'est vrai que c'est suffisamment rare pour être signalé. Vous avez été élu au premier tour avec plus de 70% des voix, ce qui montre peut-être aussi que les gens se retrouvent dans ce que vous leur proposez. C'est une satisfaction, je suppose.
J'ose l'espérer, qu'ils se retrouvent dans ce qu'on dit, mais le succès n'est qu'éphémère. Et ça nous engage. 70%, ça nous engage plus que 51%. Donc, il faut être à la hauteur. Et d'ailleurs, j'ai déjà dit à mes élus, pour ceux qui voudraient se représenter, le moment venu, si vous êtes élu au premier tour avec 55%, ça sera très bien déjà.
Alors, on va partir, je le disais, à la découverte de votre commune. Comment vous en parlerez à quelqu'un qui ne la connaît pas ? Comment on la décrit, Jonas ? À part que, évidemment, c'est la plus belle ville du monde. À tous les mariages, je dis que vous êtes bienvenue
dans la plus belle ville de l'Est lyonnais, de la France et du monde. Non, Jonas, c'est une ville qui a une particularité, mais comme celles qui sont au nord et au sud, on faisait partie de l'Isère avant, avant que l'aéroport arrive. Et donc, on faisait partie du territoire du nord-Isère et Jonas, pour les Lyonnais d'origine, c'était la campagne. Personne ne voulait venir habiter à Jonas tellement c'était la campagne. Et pourtant, on est à 15-20 kilomètres du centre de Lyon. Et puis, Jonas a évolué. Moi, je trouve qu'on a une ville qui est un joli partage d'un territoire hyper intéressant. C'est-à-dire qu'on est à la frontière de la métropole. N'en déplaise à M. Mercier, M.
Collomb, qui me demandaient dans la métropole, j'ai dit non en 2014. Mais la frontière entre la métropole et l'aéroport et la gare, Saint-Exupéry, c'est chez nous qu'il y a le plus d'agriculteurs dans l'Est lyonnais. J'ai mis plus de 40% des terres en PNAP, zone naturelle et agricole et protégée, en 2010, quand je suis arrivé. C'est une zone industrielle mi-pleine avec Chassieux et le nord-Saint-Priest, c'est la deuxième zone industrielle de France. Donc, on a de l'emploi et j'ai fait un choix très fort en arrivant, c'est que j'ai refusé toutes les installations des grandes surfaces. Donc, on a un commerce de proximité très important.
On a juste accordé un agrandissement du petit Carrefour Market qui est passé de 600 à 1000 m² en sachant que ce Carrefour Market fait partie de la solution des commerçants.
Ça, c'est important de garder à la fois une identité. Est-ce que vous êtes de ces maires qui souhaitent garder leur identité et éviter peut-être de grandir trop vite ? Il y a quoi ? Il y a 12-13 000 habitants aujourd'hui ? 13 445. Et vous l'évoquiez quand on parlait et on préparait ensemble cette émission, c'est un territoire qui attire de plus en plus de monde. Est-ce que c'est facile à gérer ? Parce qu'il y a derrière des questions sur le foncier, il y a le problème des terres agricoles, il y a la question qui a fait débat beaucoup en Ovalian-Rhône-Alpes du ZAN, le fameux zéro artificialisation nette. Comment est-ce qu'on protège les terres ? Comment est-ce qu'on construit ?
Est-ce qu'on a assez de logements ? Comment on gère cette espèce de contradiction entre je suis une terre et un territoire attractif et en même temps je veux garder mon identité ?
Alors, c'est un sujet qui n'est pas simple à traiter, mais l'avantage c'est que quand on a des idées, on n'y déroge pas. Donc, depuis 2008, je dis à qui veut l'entendre que Jeunas sera amené à grandir, à grossir, mais de façon harmonieuse. Et donc, on n'est pas là pour prendre 10 000 habitants en 3 ans, ça ne sert à rien et on ne pourra pas les accueillir. Dans le PLU qu'on a voté en 2018-2019, le plan local d'urbanisme, on a un horizon d'habitants sur la ville entre 16 et 16 500. Ce qui veut dire que ça nous permet de monter régulièrement. On a environ entre 150-160 nouveaux habitants chaque année. Ce qui permet d'absorber dans de bonnes conditions ces nouveaux habitants.
On n'a jamais eu pour prétention de devenir plus grande que les villes qui sont autour de nous. Et on leur laisse bien ce privilège et on n'a pas du tout envie. D'ailleurs, les gens qui viennent à Jeunas viennent chercher un confort et une qualité de vie qu'ils ont fui dans les territoires voisins. Ça devient de plus en plus difficile de gérer cela. C'est de plus en plus difficile de faire accepter tout ça.
Le prix du foncier à Lyon étant de plus en plus important, les gens s'éloignent de plus en plus du centre et vont donc, y compris vers l'Est lyonnais qui est un endroit où il y a encore de la place. Notre foncier est aussi cher qu'à Lyon.
Donc, les gens qui viennent chez nous, les jeunes couples, par exemple, maintenant, quand on cherche un appartement ou une maison, on fait sur Internet. Et même quand on vient dans tout Paris, on regarde avant. Et les jeunes couples ou autres qui viennent chez nous, ils viennent parce qu'il y a une qualité de vie et parce qu'il y a des services en complément. Quand on a des crèches, quand on a des écoles, quand on a des centres de loisirs, quand on a des équipements sportifs, ils viennent chercher ça. Et ils font l'effort financier d'acheter un peu plus cher leur appartement ou leur maison, mais ils savent qu'ils seront dans des conditions qui seront plutôt favorables.
Est-ce que le fait d'avoir, on l'évoquait rapidement, parce que les gens situent bien l'aéroport, un aéroport sur le territoire de la communauté de communes, ce n'est pas directement sur votre commune ou un petit bout peut-être, mais est-ce que c'est aujourd'hui un avantage ? Est-ce que c'est un inconvénient par rapport à la qualité de vie que vous évoquez au moment où on parle un peu de tous ces enjeux de transition qu'on évoquera dans une troisième partie ? Est-ce que c'est bien d'avoir un aéroport finalement pas loin en termes de richesse, en termes d'attractivité ?
Si je vais être égoïste, un maire ne devrait pas être égoïste. Mais quand il parle de sa ville, il a le droit de le dire. Pour nous, c'est du bonheur puisqu'on est à 10 minutes de l'aéroport, on n'a pas le bruit des avions. Donc une fois qu'on a dit ça, on a dit pas mal de choses. Quand les gens vendent leur maison, c'est à cause de l'aéroport. Ben non. Et quand j'en venais ma maison, c'est moi qui m'en suis occupé, les gens venaient, je dis, si vous venez acheter ma maison, regardez, j'ai acheté le terrain qui était juste derrière. Vous pensez que si le bruit nous effrayait, j'allais rester ? Donc voilà. L'aéroport nous apporte beaucoup d'avantages par rapport au monde économique.
C'est exceptionnel. On a une zone qui s'appelle Everest Park qu'on fait avec la communauté de communes sur Jeunas qui se développe. Aujourd'hui, on refuse du monde. Tellement on est bien situé à côté de la rocade, à côté des autoroutes, à côté de l'aéroport, à côté de la gare qui n'est pas assez utilisée. Mais j'espère que ça va venir. Et donc du coup, c'est une richesse pour nous. C'est un avantage exceptionnel. On s'entend plutôt bien avec l'aéroport, avec les dirigeants. Et donc du coup, on est en train de regarder en ce moment pour mettre en place des pistes cyclables qui permettraient d'aller de Pusignan à l'aéroport, de Jeunas à l'aéroport.
Ce qui autrement dit rendrait service aussi aux gens de mes yeux qui passeraient par Pusignan ou par Jeunas pour aller à l'aéroport aussi. Donc voilà, on a vraiment une chance pour nous de notre côté. Et je pense que, surtout d'autant plus que l'on sait que la troisième et quatrième piste ne sont pas prêtes de se faire.
Donc c'est plutôt intéressant de ce point de vue-là. Vous vous évoquiez tout à l'heure le fait que vous êtes le territoire qui a le plus d'agriculteurs. Est-ce que là aussi, c'est une chance ? On parle beaucoup aujourd'hui des ruralités, du développement de la ville à la campagne, de tous ces néo-ruraux qui arrivent, etc. Et en même temps, dans les débats, c'est comment est-ce qu'on préserve un peu l'agriculture ? Comment est-ce qu'on s'en sert ? Est-ce que peut-être, par exemple, en termes de production, quand on parle de circuit court, alimentation, est-ce qu'il y a des enjeux pour vous ? Ou c'est un peu comme une utopie d'imaginer que c'est quelque chose de possible ?
Alors pour l'agriculture,
c'est vrai que j'ai une chance extraordinaire, c'est comme je bossais avant au Crédit Agricole, donc je les connais tous de près ou de loin, et qu'on peut avoir un langage sincère et intéressant. Il y a plusieurs lectures, plusieurs langages. Si j'écoute nos nouveaux voisins qui sont dans la métropole, l'agriculture céréalière, comme ça se passe sur Genas, soit à 80-90%, ce n'est pas bon. Ce n'est pas bon pour la planète, ce n'est pas bon pour le réchauffement climatique et compagnie. Mais il faut quand même qu'on cultive du maïs, du blé et autres, parce que sinon, de quoi on va manger ? Ou alors on va reporter le réchauffement climatique dans d'autres régions.
Donc on en a quelques-uns qui commencent à faire du maraîchage ou autres, mais on n'a pas non plus les terres idéales pour ça. On n'est pas sur les plateaux de Caluire ici. Donc il faut aussi s'adapter, il faut accompagner. Et c'est ce qu'on fait puisque naturellement, tous les trois mois, je reçois les agriculteurs dans mon bureau. Et on en discute et on voit comment on peut évoluer en face.
Alors quand on est maire d'une commune comme la vôtre depuis un certain temps déjà, qu'est-ce qu'on a ? Vous parliez de votre plan de mandat. Vous avez été élu sur un plan de mandat. C'est quoi la priorité de développement ? C'est quoi les grands projets qui étaient importants pour vous ? Là, vous allez bientôt faire un bilan de mi-mandat, je suppose. Qu'est-ce qu'il y a d'important à raconter sur votre commune en termes de projet qui vous tient à cœur ? C'est toujours la question piège parce que tous les projets
me tiennent à cœur. Donc c'est difficile mais on a déjà passé trois ans, on est pile poil dans le plan de mandat, c'est-à-dire qu'on a respecté nos engagements. Il y a plusieurs enjeux qui sont différents. Il y a des enjeux qui sont déjà importants, c'est-à-dire on s'est mis depuis 2008 à faire des travaux qui sont pharaoniques et qui coûtent très cher mais que personne ne voit. C'est-à-dire qu'on sépare les réseaux unitaires, c'est-à-dire qu'on met l'eau pluviale d'un côté et l'eau usée de l'autre. Et ça, c'est aussi bon pour la planète. Mais personne n'en parle et ça coûte très cher.
On attaque en ce moment le changement de tous les candélabres et on passe tout en l'aide avec des modems qui nous permettront de choisir demain si on est clair qu'il y a 50% de la puissance ou si on met un radar qui allumera le candélabre que quand on passe devant. Ça, c'est important.
Dans votre gestion, par exemple, si j'entends bien, c'est à la fois un moyen de faire face à la forte inflation ou au coût de l'énergie mais aussi peut-être d'anticiper les questions de transition énergétique. que vous n'avez pas attendu des écologistes pour devenir écolo ? Écoutez, je vais peut-être vous dire
une chose qui va peut-être vous surprendre ou pas mais Jonas, avant que j'arrive, c'était Jonas la vie ce qui était très bien. Aujourd'hui, en 2008, dès que je suis arrivé, j'ai transformé le logo de la ville en Jonas la ville nature. Et effectivement, je n'ai pas attendu que certains gouvernements ou certains voisins de la métropole arrivent pour nous appeler Jonas la ville nature. Donc, on a des gros programmes de replantation. ma rue principale, il y avait un platane qui était mort. J'ai planté 56 érables à la place. Voilà, donc on est dans cette phase-là où on va plus loin. On a un projet, on a trois projets qui nous restent très importants.
On a le projet d'un aménagement du quartier de Vuret, un petit quartier qui est une centralité qui est au sud de Jonas. Dans le dernier mandat, on a acheté tous les terrains et maintenant, on a fait les réunions publiques. On en a fait la deuxième il y a 10 jours, 15 jours, je ne sais plus. Et puis, on est en train de travailler avec le PAC du Rhône qui nous sert des ménageurs fonciers pour créer une petite centralité comme on a sur Jonas et comme on a sur un autre quartier qui s'appelle Asieux. Donc, ça, c'est une promesse et on y est, on y travaille. On travaille aussi le rapprochement du groupe scolaire Joannicollon. On a la maternelle d'un côté, l'école primaire de l'autre.
Donc, séparée par une départementale. Donc, c'est un projet assez intéressant qui va coûter en faisant 12 millions d'euros. Donc, ce n'est pas neutre. Et puis, on a un projet très important. C'est ce qui s'appelle la zone du fort.
Oui. Qui est un sujet un peu parfois polémique, d'ailleurs. Oui, oui, oui.
Racontez-nous un peu l'histoire du fort de Minas. Je vais vous raconter mais je vais essayer d'être bref parce que sinon, je n'en aurai pour trois heures. L'histoire du fort, c'est quoi ? C'est un fort. Pourquoi le fort ? Parce que c'était un fort qui existait à l'époque et qui avait été tenu pendant la guerre 39-45 par... Ça fait partie de la chaîne des forts qu'on a à Brons et autres. Qui étaient les avant-postes pour défendre Lyon. Et donc, ce fort, les Français l'ont tenu. Ensuite, les Allemands sont arrivés et quand il a fallu partir, ils ont fait exploser le fort. Et en faisant exploser le fort, toutes les munitions n'ont pas explosé.
Et donc, du coup, dans le fort, il y a des bombes, des obus, des grenades et quelques munitions qui sont encore en bas, dans les soutes, je ne sais plus comment on appelle ça, qui restent et qui,
comme les cailloux
quand vous faites votre pelouse, remontent régulièrement à la surface. Et un jour, j'ai voulu faire un terrain de bicross là-bas. Et le gars est venu me voir l'après-midi dans mon bureau et il m'a apporté un panier avec des bombes et des obus. C'était normal pour lui, pas vraiment normal pour moi. Je voulais savoir s'il ne voulait pas me couper la gorge. Et donc, du coup, il y avait d'autres municipalités avant moi qui avaient dit il faudrait qu'on fasse parce que ce fort il est juste à côté d'un collège mais un collège qui est dans un cul-de-sac. C'est-à-dire que vous avez presque 900 collégiens qui rentrent dans une rue mais qui ne débouchent sur rien.
Donc, les municipalités avant moi avaient pour objet, en projet, pardon, d'aménager un peu et de passer à travers ce fort et de faire une route qui permettait de le désenclaver et de construire des logements qui allaient bien. Mais ils ne traitaient pas la partie des pollutions. Et donc, quand j'ai découvert en 2010 que les bombes remontaient à la surface parce que personne ne me l'avait dit, j'ai dit mais qu'est-ce qu'on fait ?
Et donc, on a essayé de travailler un projet et on a présenté un projet, on a pris des bureaux d'études, on a pris des dépollueurs et compagnie et c'est là où, on n'est pas là pour faire un procès à personne mais que mon opposition m'a dit que ma délibération n'était pas bonne et autre. Et d'ailleurs, si mon petit doigt ne me trahit pas, il me semble qu'hier le juge nous a donné raison. Mais bon, ce n'est pas très grave.
Vous savez que c'est des débats sur l'aménagement, en fait, derrière ça, c'est querelle d'opposition, j'imagine que c'est aussi un enjeu d'aménagement, d'occuper les logements dont on parlait, il faut bien les mettre à des endroits.
Ce n'est même pas ça, il faut sauver la forêt. Mais aujourd'hui, je veux bien, mais ce n'est pas une vraie forêt et surtout, c'est vrai que c'est presque 8 hectares mais ce n'est pas que les arbres remarquables et compagnie, ça fait quelques années, les fougères ont poussé, les trucs ont poussé mais qu'est-ce qu'on fait dessous ? Mais comme tous les maires de France, je me pose la question, ok, je ne fais rien, on laisse un périmètre barbelé tout autour parce qu'on n'a pas le droit de rentrer comme il y a des munitions qui peuvent péter. Donc on laisse des barbelés tout autour, on n'a pas le droit de rentrer, on est content, on a de la verdure au milieu et qu'est-ce qu'on fait après ?
L'idée, c'est de dire on va prendre une partie de ce pourcentage de 8 hectares, environ 30% pour construire et pour faire la route et les 70% qui restent, on le laisse en nature verte.
Et bien justement, ça tombe bien, on parlera aussi un peu dans la troisième partie de notre émission des enjeux de transition écologique et de la vie de nature. Du coup, à tout de suite pour la suite. On se retrouve pour la troisième et dernière partie de notre émission L'Invité politique le samedi de 11h à midi. Toujours avec vous, Daniel Valero, je vous rappelle, vous êtes maire de Jeunasse mais vous êtes aussi premier vice-président de votre communauté de communes de l'Est lyonnais et aussi d'ailleurs vice-président au département, ce qui fait des journées bien remplies. Est-ce que ça, c'est un sujet ?
Parce qu'avant, vous aviez une activité professionnelle que vous avez souhaité maintenir pendant un moment. Est-ce que le fait d'avoir comme ça plusieurs mandats, c'est possible, c'est facile ? Est-ce que parfois, vos citoyens ne vous disent pas dis donc, vous faites peut-être un peu trop de choses ou vous arrivez à tout gérer ? Pour vous, c'est des choses complémentaires et nécessaires pour bien faire votre travail ?
Je suis partagé. J'étais à plein temps à la banque et j'étais déjà à la Comcom et à la mairie. Ça faisait des belles journées. En 2015, j'ai été élu au département donc je me suis mis à mi-temps et même à mi-temps, c'était trop compliqué donc j'ai arrêté et je me suis mis en disponibilité de la banque et avec l'accord de mon patron, bien sûr, et j'ai fait de la politique dans le bon sens du terme à plein temps. J'ai moins de vacances que quand je travaillais à la banque. En fait, l'engagement, il est total et je vais être un peu dur avec certains de mes confrères.
Je ne citerai pas de nom mais les gens à Jonas ne me disent pas que je fais trop de choses parce qu'ils savent que je suis à fond et que quand je dis que je vais faire quelque chose, c'est pas le cas de tous les élus en France et c'est peut-être pour ça que cette histoire de cumul de mandats a mal tourné parce qu'en fait, aujourd'hui, on a à l'Assemblée Nationale des gens qui sont hors sol qui ne savent même pas comment il faut faire pour reboucher un trou dans une route ou des choses comme ça et on aurait peut-être moins de problèmes quelles que soient les parties et on est bien d'accord. On aurait moins de problèmes si des gens ne faisaient pas aussi hors sol.
Un des enjeux, c'est souvent d'ailleurs ce que certainement vous demandent vos habitants c'est de prouver l'efficacité, et l'efficience des services publics et de ce qu'on assure derrière.
On est bien d'accord. Sur mon engagement, on peut être d'accord ou pas avec mes idées, mon plan de mandat, avec mon équipe ou autre, ça c'est pas le souci. Mais même ceux qui ne votent pas pour moi savent que je m'engage et que je suis à fond. Les journées commencent plutôt à 8h moins qu'à le matin et finissent plutôt vers 22h le soir. Et donc, celui qui a des envies d'être maire un jour, il faut qu'il sache que la vie de famille n'est plus la même.
Et puis, c'est aussi intéressant parce que parfois dans les idées reçues, nous, ça nous intéresse toujours ici parce que c'est aussi un moyen de montrer combien, et on l'évoquait au début de notre émission, les élus, notamment les élus locaux, sont indispensables à la vie de notre République, etc. C'est d'abord un engagement qui n'est pas là ni pour faire forcément une carrière ni pour gagner beaucoup plus d'argent puisqu'il y a plein de maires qui souvent perdent de l'argent quand ils s'y mettent entre guillemets par rapport à leur activité.
L'indemnité du maire de Jonas, c'est pas l'indemnité que j'avais de la banque.
Donc l'engagement est ailleurs et la passion est ailleurs. On a parlé aussi un peu, et on va poursuivre cette voie, sur la question des transitions écologiques de l'urgence climatique. Est-ce que, j'ai bien compris que vous vous étiez emparé de ces sujets, est-ce qu'aujourd'hui vous sentez une demande de vos habitants ? Est-ce que c'est un vrai sujet ? Est-ce qu'il faut aller plus vite ? Ou est-ce que quelque part ce qu'on entend au niveau national ne se reproduit pas localement ?
Je suis un peu partagé dans cette question parce que la population dans son ensemble a bien compris, comme les élus d'ailleurs, qu'il fallait faire des choses et qu'il fallait avancer dans le bon sens du terme, sans être des yens, des ayatollahs, de l'économie ou de la verdure. Mais je suis toujours surpris par des nouveaux habitants qui arrivent à Jonas. Ils viennent, c'est un vrai choix puisque c'est mieux qu'ailleurs et ils payent plus cher. Et alors que c'est mieux qu'ailleurs et qu'ils ont fait un vrai choix, même pas un an après leur arrivée, ils disent que c'est pas bien.
Donc là, je me demande ce qu'ils auraient dit s'ils avaient été allés dans une autre ville qui était encore moins vieux qu'à l'autre.
Ils imaginaient quelque chose d'autre ? Non,
peut-être parce qu'on ne va pas assez vite ou peut-être que... Voilà, donc... Ou le nouveau jeune ancien qui habite à côté d'un champ et qui se plaint parce que le dimanche, l'agriculteur moissonne. Mais oui, mais si le lundi, il pleut, il est obligé de moissonner le dimanche. Il n'y a pas de jour férié pour l'agriculteur.
Et le coq chante ?
Vous avez des coqs qui chantent ? On a des coqs, on a des vaches qui apprennent un peu de mouche. On a encore ces choses-là. Et je suis leur premier défenseur.
Vous êtes, on a compris, un défenseur de la nature et vous travaillez sur toutes ces questions qui sont importants ?
Sur la nature, on a des nouveaux projets qui arrivent. Et notamment, on a racheté quelques terrains puisqu'on ne fait pas que vendre, on achète aussi. Et on a un projet de planter une vraie forêt dense et un peu moins dense dans certains quartiers de jeunesse ou sur les périphéries. Donc c'est en train de se mettre en place. Je pense que l'année 2024 sera intéressante à ce niveau-là.
Est-ce que vous comprenez les enjeux qu'il y a autour de ces questions ? Parce qu'on est souvent soit avec des gens qui sont dans une forme d'éco-anxiété, c'est-à-dire qu'ils sont très très anxieux, l'avenir du monde, etc. Et d'autres qui, à l'inverse, il y en a de plus en plus, ce qui m'étonne, je l'avoue, de gens un peu climato-sceptiques qui imaginent que tout ça n'est pas lié à l'activité humaine. Est-ce que c'est aussi parfois le rôle d'un maire que de rappeler la pédagogie ? On rappelait tout à l'heure que rappeler la règle, rappeler la norme, ce n'est pas toujours facile.
Est-ce que vous avez aussi une responsabilité quelque part dans la pédagogie sur ces questions pour ne pas céder à une forme de démagogie justement sur ces questions ?
Il y a du travail. J'aimerais bien être ni l'un ni l'autre, être au milieu des deux parce que je pense qu'en France, on va trop vite. On va beaucoup trop vite. Le ZAN, c'est un problème...
Alors le ZAN, pour rappel, c'est le zéro artificialisation nette des sols. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, pour protéger notamment les terres agricoles ou le foncier, pour aller dans le centre de la sobriété, on ne peut plus construire sauf qu'on a donné un hectare aux communes pour faire un peu ce qu'ils voulaient. Mais bon, c'est un schématisme.
C'est qu'on tient compte des dix dernières années et de la consommation. On peut prendre 50% de cette consommation-là et puis pour l'année jusqu'à 2040, ça sera zéro.
Ce qui n'est d'ailleurs pas très juste parce qu'un certain nombre de maires qui ont beaucoup soit profité ou encore plus et d'autres qui ont été déjà très sérieux n'ont presque plus rien. Mais bref, c'est la question de l'utilisation quand même des terres et des ressources quelque part.
Ça, on ne peut pas le contester. Mais pourquoi en France, on va plus vite qu'en Europe ? C'est la question que je pose. À chaque fois, c'est comme ça. Pourquoi on va plus vite ? Pourquoi la métropole voulait mettre en place la ZFE plus vite que ce qu'avait demandé le gouvernement ? C'est toujours comme ça. On ne se met pas à la place de la population, des gens qui ont peut-être des moyens d'autres qui en ont moins et pourquoi allons-nous beaucoup plus vite toujours ? Pour ceux qui voyagent, ce n'est pas la peine d'aller dans les pays en Asie ou autre.
Vous allez dans des pays européens, ils ne vont pas aussi vite que nous mais ils ont la conscience qu'il faut le faire mais ils donnent le temps aux collectivités de le faire. Ça coûte beaucoup d'argent tout ça. Et comme de l'argent on a de moins en moins, comment on fait ? C'est-à-dire que demain, on va peut-être faire quelque chose qui ait un rapport avec l'écologie ou tout ce qu'on vient de se dire mais peut-être qu'on ne fera pas l'école alors parce qu'on n'aura pas les moyens de faire les deux. Donc, quel choix on fait ? Et en France, c'est ça la problématique. Quelle que soit l'origine politique du maire, ça va trop vite. Et on accélère, c'est comme les normes.
L'Europe met des normes en place, la France en met en plus. Vous allez en Allemagne ou autre, ce n'est pas comme ça. En Italie, ce n'est pas comme ça.
Vous avez l'impression que ça contribue à la difficulté de lecture et de compréhension de votre pouvoir d'agir. C'est-à-dire que, est-ce que vous diriez comme un certain nombre d'élus que parfois il y a peut-être assez confiance à l'élus de terrain dans une forme de subsidiarité ? On se dit, après tout, la décentralisation, ce serait vraiment de donner le pouvoir au maire. Moi, je vais vous dire une chose toute bête,
c'est que pour Lausanne comme pour le reste, pourquoi on appelle les maires pour sauver la situation de la France dans certains sujets pour prendre les gilets jaunes, par exemple ? Et pourquoi, pour le reste, on ne fait pas confiance aux maires ? Donc, c'est à géométrie variable. Et celui qui connaît mieux le terrain, est-ce que ce n'est pas le maire et son conseil municipal plutôt que le technicien qui se trouve dans un bureau à Paris qui n'est jamais venu et qui n'a jamais mis un pied à jeunesse et qui ne sait même pas comment ça se passe ? C'est juste ça ce qu'on dit, nous, les maires.
Et on ne peut pas nous demander beaucoup sur des sujets qui ne sont pas de notre cause, mais plutôt des choses régaliennes de l'État, comme la sécurité des Français, je le rappelle. Ce n'est pas le maire. Mais qu'est-ce qu'on fait avec tout ça ? Donc, l'idée, c'est de dire ou alors le maire devient un fonctionnaire de l'État. À ce moment-là, donnez-moi le salaire du fonctionnaire de l'État. Je serais peut-être content d'être fonctionnaire.
Quand on parle de vous, quand vous avez envie qu'on vous décrive en parlant de vous, est-ce que vous dites que vous êtes un homme politique aujourd'hui ? Ou vous êtes un citoyen qui fait de la politique locale ? Est-ce que vous n'avez pas l'impression aussi parfois que la connotation politique peut desservir ? Elle est un peu péjorative. Aujourd'hui, la politique, c'est sale. Aujourd'hui, on fait un peu le bébé avec l'eau du bain. Les élus sont tous soit pourris, soit ceci, cela. Vous sentez un peu cette aussi difficulté parfois de votre fonction et de votre mission ?
C'est souvent le cas quand il y a des effets de presse ou autre où tout le monde dit tout et n'importe quoi. Mais si on parle des jeunassiens, si on parle des gens du département, moi, je suis un élu engagé, quel que soit le sujet, que je défends, et je suis là pour le concitoyen. Quand je suis au Citral, par exemple, je vote pour ou je vote contre, mais ce n'est pas parce que c'est politique, c'est parce que je sais que ça va intéresser la population ou pas. Donc, après, une fois qu'on a dit ça, je suis plutôt engagé dans la défense des projets et du citoyen plutôt que dans la défense d'un parti.
Est-ce que vous dites, un peu comme certains aussi, que c'est aussi par votre jeunesse et les jeunes qu'on va pouvoir de nouveau remettre de la citoyenneté ? Je crois que vous avez un conseil municipal des jeunes. Vous croyez aussi à cette puissance des générations futures dans une nouvelle manière de faire ?
Conseil municipal des jeunes, dont j'en suis fier, puisque j'étais adjoint au sport, animation et jeunesse quand on l'a créé, et il a existé sans être interrompu une seule fois, une année ou deux. C'est rare parce que ça n'existe pas beaucoup dans la région lyonnaise. On espère, en tous les cas, qu'avec ces jeunes, dans le conseil municipal des jeunes, mais également dans le service de jeunesse, on a fait des passeports solidaires, on a fait tout un tas de choses, on espère que ces jeunes-là prennent conscience qu'il y a du boulot. On a refait le parking de la mairie, on a mis des poubelles partout et le matin, quand on arrive à la mairie, il y a des déchets partout.
Vous savez ce que je fais maintenant ? Le soir, quand je pars à 22h, je vois des jeunes sur le parking, vous êtes bien là, je ne vous mets pas dehors, mais demain matin, s'il vous plaît, mettez tout à la poubelle. Quand je reviens, comme ça, ce sera propre. Oui, monsieur le maire.
Et le matin, ça a marché plus ou moins, ça dépendait.
Vous savez ce qu'on me dit ? Mais nous, on est partis à 23h, mais ce n'est pas nous qui sommes venus après.
Alors, vous faites de la politique sans faire de la politique, vous êtes néanmoins engagé, je crois, depuis peu, depuis deux ans, je crois, au parti Horizon, qui est le parti d'Edouard Philippe. Je crois qu'il était il y a quelques jours à Lyon, il a invité un certain nombre d'élus, je crois, de la métropole d'ailleurs, et bien que n'étant pas dans la métropole, vous y êtes allé, c'est ça ? Comment il va,
Edouard Philippe ? J'ai été invité, il fallait bien un témoignage de quelqu'un qui arrive du département. C'est vrai. J'étais le seul. Et en plus, je suis Horizon, donc c'était un peu plus justifié. Edouard Philippe, il va très bien, très très bien, c'est quelqu'un de raisonnable, de réfléchi, qui écoute, et qui est venu à Lyon pour écouter justement. Après, il est venu voir ses sympathisants également.
Mais là, il avait fait quelque chose d'assez intéressant, je crois qu'il avait invité les élus et représentants de la métropole pour discuter un peu, y compris de la gouvernance. C'est un sujet dont on parle souvent, est-ce qu'il faut faire changer ou pas la métropole ? On a reçu là-dessus les parlementaires.
Il a un avis en tout cas, lui, là-dessus ? Il a déjà un avis, il dit qu'à Lyon, à Paris et à Marseille, en revanche, il est venu à Lyon pour écouter la réflexion des gens qui le vivent. Donc c'est vrai que moi, j'étais le trouble Lyon parce que je ne le vis pas ou je le vis en voisin. Et il a écouté toutes les personnes qui ont bien voulu prendre la parole, qui venaient d'horizons différents. D'ailleurs, il y avait vraiment des horizons complètement différents, c'est le cas de le dire. Mais en tous les cas, il a écouté tout le monde et il a promis d'y travailler.
Est-ce que vous avez le sentiment que c'est quelqu'un qui est déjà en train de se projeter ou se préparer à un ami ? Parce qu'on est dans une région qui n'est pas anodine. Ici, en Nouvelle-Rhône-Alpes, tout le monde aura le souvenir que le président du conseil régional a aussi des velléités pour 2027. Est-ce que vous l'avez senti, lui aussi, Edouard Philippe, prêt pour ce grand destin ?
Alors, pour l'instant, je crois que ni l'un ni l'autre n'ont fait de déclaration. La seule chose qu'il y a, c'est qu'Edouard Philippe a monté son parti de façon à pouvoir réfléchir ensemble. Et l'avantage, c'est qu'il s'appuie sur les maires. Et lui, il est maire. Donc, pour moi, quand un maire a des velléités peut-être de cet ordre-là, au moins, il parle un peu
le même langage que vous. On est d'accord. Alors, c'est assez facile puisque logiquement, à ce moment-là, je vous demande un petit peu ce que vous faites de vos week-ends. Je sais que c'est très, très engagé, mais vous avez aussi parfois le temps de lire. Je suppose qu'Edouard Philippe vous a dédicacé son ouvrage. Pour lire. Le dernier, les lieux qui disent.
Oui, les lieux qui disent, effectivement. Donc, j'en ai profité, je ne sais plus, c'était mercredi, je crois. J'en ai profité pour lui faire signer mon livre, mais que je n'ai pas commencé, mais qu'il va falloir que je commence quand même parce que si je veux être un bon soldat, il faut que je sache lire son livre.
Est-ce qu'on a le temps, d'ailleurs, de s'occuper un peu de soi, d'avoir une... Vous le disiez, un ancien rugbyman, vous avez, comme tout le monde, des passions, etc. Qu'est-ce qu'on fait le dimanche quand on arrive à essayer de prendre quelques heures pour soi hors de la fonction de maire ? Si c'est possible.
Je dois être un cas à part puisque le dimanche, je passe mon temps au marché. Je suis le seul élu et donc, du coup, je suis au marché, je suis au sport, j'étais encore dimanche au rugby, mon club local qui jouait. Le samedi, je suis par Mons et par Vaud. En fait, je suis... C'est ce que me disent les gens, même les gens qui ne votent pas pour moi, le maire, on le voit partout.
Ça, c'est important. Alors, l'ancien rugbyman que vous êtes, je suppose, a moyennement vécu la défaite de la France. Non, on n'en reparle pas. Non. On a fait ça avant l'émission, mais ce n'est peut-être pas la peine. En revanche, on va parler musique un peu puisque vous savez aussi, on se quitte à chaque fois avec un morceau que vous avez choisi. Alors, vous avez hésité entre deux ? Oui, alors, j'ai plusieurs morceaux,
mais il y en a deux dont je parle tout le temps chez moi, partout. C'est Versailles. La bande originale du film ? La bande originale du film ou du feuilleton, je ne sais pas comment on dit, du groupe Outreau. Et puis... Un truc un peu plus personnel. Vous parlez de votre mariage à l'instant. N'en déplaise à certains. Également Michel Sardou. L'an 1000 de Michel Sardou. Mais dans sa version instrumentale, parce que vous pouvez y aller.
Ça vous rappelle un souvenir particulier ?
En fait, je me suis marié et en rentrant dans l'église, j'ai mis la version instrumentale et pas chantée, parce que chanter, ça aurait pu choquer le curé. Mais j'ai mis la version instrumentale de Sardou, l'an 1000.
D'accord. Et voilà, ça vous fait des beaux souvenirs. Merci beaucoup, en tout cas, M. le maire, d'être venu nous parler de votre commune. La semaine prochaine, on continuera sur ces questions, y compris de sécurité, qui avaient fait l'objet de notre début d'émission, puisqu'on recevra Renaud Pfeffer, le maire de Mornan, mais qui est par ailleurs aussi vice-président du Conseil Régional en charge de cette question. Merci beaucoup. Et quant à vous, je vous dis à très bientôt pour une nouvelle émission. Merci à vous. Au revoir.
C'était l'invité politique du samedi sur Lyon Première, en partenariat avec Lyon Positif, la plateforme inspirante des acteurs engagés dans la transition du territoire. Retrouvez tous les invités politiques en podcast sur lyonpremière.fr et lyonpositif.fr. Écoutez votre radio Lyon Première en direct sur l'application Lyon Première, lyonpremière.fr, et bien sûr à Lyon sur 90.2 FM et en DAB+. Lyon Première
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