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interviewBFM TV (sur YouTube)· 3 juillet 2023 25 min

Face-à-Face: Vincent Jeanbrun, maire de L'Haÿ-les-Roses, raconte l'attaque contre son domicile

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] il est 8h30 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV bonjour Vincent Jean Brun merci de prendre le temps de venir ce matin dans ce contexte si particulier venir raconter ce qui s'est passé dans votre ville donner aussi votre regard sur ses émeutes depuis 5 jours vous êtes le maire de là il est rose là il est rose c'est dans la banlieue sud de Paris 30 000 habitants c'est la ville où vous avez grandi c'est votre deuxième mandat vous êtes maire LR et dans la nuit de samedi à dimanche à 1h30 du matin votre domicile a été attaqué est-ce que vous pouvez nous raconter ce qui s'est passé d'abord effectivement après quelques jours d'émeutes des criminels parce qu'il y a pas d'autres mots ont attaqué ma maison avec une voiture bélier une voiture qu'ils ont visiblement volées donc ça montre une vraie après-midi cette voiture a défoncer le portail de la maison ce qui d'ailleurs va provoquer un bruit qui réveillera ma femme et mes enfants le véhicule est fort heureusement arrêté par une grande descente d'escalier en pierre qui qui est juste devant la maison ce qui oblige ses assassins à sortir de du véhicule ils y mettent le feu avec un ce qu'on appelle un accélérateur finalement une de l'essence une certaine manière comment ça asperger également mon véhicule qui est juste à côté et un vélo et des abris vélo qui sont à côté et ce qui est presque le plus choquant c'est que c'est pas que la maison qu'ils ont attaqué puisqu'en fait à partir du moment où la lumière s'allume à l'intérieur de la maison puisque ma femme est réveillée il continue il continue à essayer de ramener le feu jusqu'à la maison en prenant les conteneurs de poubelles qui se trouve là en faisant un espèce de chemin de conteneur de poubelle jusqu'à la véranda en prenant un olivier en pot qui était ouvert elle collé à la véranda tout ça pour pour vraiment que le feu de la voiture aille jusqu'à la maison alors qu'il voit qu'il y a de la lumière à l'intérieur et même avec la lumière il commence à faire des des tirs de mortier en direction en direction de la maison des tiers de mortiers qui certains passeront d'ailleurs au-dessus de la maison et donnera l'impression à ma femme qui à ce moment-là habille enfin mets des chaussures aux enfants en leur disant s'enfu on s'enfuit et elle part à l'arrière de 5 et 7 ans ma petite fille de 5 ans et mon petit garçon qui aura bientôt 8 ans et tout à fait elle les emmène elle sort de la maison elle sort de la maison dans dans la précipitation même les pieds nus il court dans le jardin donc faut imaginer la scène de le noir total avec juste une espèce de lumière rouge immense qui qui est à l'avant de la maison puisque les agresseurs avaient des espèces de fusée de détresse enfin mon fils m'a répété 10 fois il y a cette lumière rouge c'est tout rouge peut passer tout rouge et donc ils arrivent au bout du jardin ça faisait plusieurs jours qu'on discutait de risques éventuel et c'est ce qui fait que la nuit précédente vendredi à samedi ma fameuse enfant est pas dormi à la maison [Musique] ma femme avait eu l'idée de dire si jamais il faut qu'on s'enfuge mais on met un escabeau au fond du jardin le long du monde des voisins et j'ai presque trouvé ça excessif en fait à lui tellement raison et de fait dans la précipitation sous le tir des mortiers qui vous dit passe au dessus de la maison et bien elle a le courage la bravoure on peut le dire de prendre les enfants de les faire passer de l'autre côté du mur puis les enfants passer de l'autre côté dans la panique crie elle se précipite encore plus et effectivement elle va elle va chuter de l'autre côté du mur ce qui fait que c'est brisé le genou et elle a été donc opéré hier et l'opération s'est bien passée et de fait voilà elles sont de l'autre côté du mur ça continue à canarder il y a des cris de partout les voisins se réveillent on entend hurler de tous les côtés effectivement vous imaginez le traumatisme que ça que ça ce matin comme on va à votre femme comment vos enfants je suis ma famille il y a juste quelques instants au téléphone elle est réveillée son opération c'est bien passé et personne opérée physiquement meurtrie mais ça à la limite c'est pas le plus grave en revanche vous imaginez vous imaginez psychologiquement ce que ça implique pour nos enfants également parce que parce que il y a des questions du type est-ce qu'ils vont revenir est-ce qu'on pourra habiter encore à la maison mais pourquoi pourquoi ils nous en voulaient à nous etc en vous disant tout ça je peux pas m'empêcher de me dire que c'est la fonction que j'occupe c'est les prises de position que j'ai eu en considérant que bah non n'allait pas laisser brûler les équipements municipaux qu'on n'allait pas laisser brûler le toits de vie et c'est vrai que je l'ai dit je l'ai affirmé j'ai voulu dire on tiendra on résistera et j'ai l'impression que c'est ça qui a des plus c'est ça qui fait que des fous furieux sont venus incendiés ma maison essayer d'attenter à nos vies et vous imaginez bien que [Musique] on est tous très affectés à votre domicile et ce qui s'était passé les jours qui ont précédé qu'on y revienne parce que votre votre mairie votre ville je le disais 30 000 habitants vous y avez grandi c'est une ville de la banlieue de Paris plutôt calme habituellement et depuis le début vraiment depuis le 1er jour où ça s'est embrasé dans le pays ah là il est rose votre mairie a été ciblée au point que vous avez été obligé ensuite de la protéger comment ça s'est passé ça a été crescendo la première nuit il y a des métiers un petit peu partout en tout cas des rassemblements mettre le fait des poubelles mettre les feux les voitures mais le gros la vraie violence la casse complètement démesurée elle se fait dans un des quartiers politiques de la ville qui effectivement de temps en temps avec quelques feux de poubelles au moment de du 14 juillet ou et là effectivement on a on assiste à autre chose puisque l'accès au quartier est coupé par par des barrages des checkpoints ils ont été jusqu'à déceler des pierres immenses qui servent à empêcher de guérir les voitures vous savez sur les pelouses donc pour bloquer l'accès aux pompiers et aux forces de l'ordre et ils vont jusqu'à cette première nuit incendie un relais mairie ce qui pour moi est une pure folie puisque le relais mairie c'est le service public de proximité où on est de leurs parents leur famille à faire le calculer le quotient familial à faire toutes les démarches et on distribue les bons alimentaires bref c'est vraiment le le service public de proximité qui fait qu'on tire vers le haut aussi les quartiers et c'est la première chose qu'ils ont cibles je salue d'ailleurs le courage du directeur de l'école qui habite juste en face et quand quelques émetiés ont essayé de se rapprocher de l'école il a eu le courage de descendre d'aller au contact de leur dire ne faites pas ça c'est une école etc Il a il a détourné les émet de l'école ça c'est la première nuit je vais vite je résume puisque évidemment il y a eu plein d'autres actes terribles il y a eu des des garages de pavillon incendié juste en face il y a eu des choses quand même cette première nuit elle surprend tout le monde oui parce que j'aurais jamais imaginé qu'on brûle un équipement public quel que soit la cause en fait il y a des tags absolument partout il y a de la colère il y a de la menace et déjà ce jour-là pour la première fois il y a marqué la police l'Amérique on va vous cramer et ça c'est du jamais vu en fait jamais j'avais vu la mairie souvent eu dans cette cité des attaques contre la police mais jamais contre les l'institution municipale cette nuit là on n'était pas préparé ni des polices municipales ni police nationale enfin c'était mais ça aurait dû servir instantanément de leçon parce que ce qu'on a vécu le lendemain c'était de la folie complète il y avait quasiment entre 180 et 200 personnes sur la ville mais il y avait un bloc un noyau dur d'à peu près 80 personnes qui lui s'est organisé c'est structuré avec des éclaireurs en scooter qui à l'aide d'un point un point B pour savoir si la route était dégagée avec clairement une stratégie ça se voit aux images de caméras de vidéoprotection il y a les éclairs en situation de crise dans la mairie à ce moment-là au poste de police municipale effectivement au pied de la mairie et on regarde évoluer un gang en fait qui est presque l'impression que c'est une milice dans une galerie urbaine avec avec les je dirais l'infanterie qui était armé de baramine de il y avait quelques piolets il y avait une hache d'ailleurs ils sont servis pour abarthe des arbres pour les mettre dans le feu bon ils sont pas très malins puisque des arbres verts dans le feu c'était pas franchement un combustible idéal mais il y avait je vous dis piolet bahramine etc vous aviez visiblement des véhicules qui les réapprovisionné en mortier et puis il y avait il y avait les artificiels avec des types qui avait des bouteilles prêtes à l'emploi de cocktail Molotov dans le sac à dos et il s'organise donc c'était très structuré et des tout-petits qui étaient à l'arrière pour monter des barrages de 11 12 13 14 ans c'est à peu près stage là en tout cas on voit qu'ils sont plus petits que les autres ils sont à l'arrière et eux ils sont chargés de mettre plein de sur la route pour empêcher force de l'ordre aux pompiers de passer derrière eux ce que vous nous racontez c'est un véritable plan de bataille c'est comme ça qu'on l'a vécu en fait et là on se dit on est on est on est pas préparé et je dois vous dire que j'ai une immense fierté en tant que merde d'avoir la chance d'avoir des policiers municipaux de la qualité que ce que nous avons à la Heroes qui ont été pour moi héroïques puisqu'ils ont été au-delà de tout ce qu'on est en droit légitimement de leur demander ils se sont mis de manière raisonnable mais en risque sens où ils ont été défendre tous les équipements publics qui étaient sur le chemin la bibliothèque qui est suivie des tirs de mortiers dans un premier temps la halle de marché qui a qui a été attaqué pour le coup les émotics ont brisé les premières vitres moi ceperger la l'essence la plus municipale arrive à les disperser et à ce moment là si vous voulez j'ai en tout et pour tout pour défendre le marché la mairie les commerces centre-ville cette policiers municipaux cette police [Musique] rendez-vous et tout ce qui tourne autour et c'est vrai que la police nationale était mobilisée elle pour défendre le commissariat qui était également attaqué national mais de fait on manquait terriblement d'effectif sur le terrain et à 7 ils ont réussi parce qu'ils sont bien équipés bien formés parce qu'ils sont extrêmement courageux à protéger en tout cas empêcher l'incendie de la halle ce premier soir là la mairie aussi est victime d'attaque on voit les images toutes les brise les vitres du hall de la mairie qui saccage un tout petit peu le haut même si on arrive à les en faire sortir très rapidement par des pies ils vont dans le centre-ville ils brise toutes les vitrines du centre-ville et particulièrement les agences immobilières et ce qui est fou c'est que il brise les vitrines ils rentrent dedans et il y a pas de ils veulent pas c'est pas il y a des ordinateurs portables ils veulent pas ils détruisent il y a de la haine il y a de il y a une espèce de folie meurtrière qui est complètement dans les arrachent détruit il casse tout et puis continuent ils attaquent le commissariat de police nationale et puis la police nationale les faire reculer donc ils remontent ils refont le parcours à l'envers et pareil recombat etc ça dure ça dure des heures interminables et rien que devant la mairie nos policiers municipaux vont les tenir pendant au total avec les allées les retours c'est 40 minutes en fait de combat incessants et vraiment bravo à eux c'est un siège quasiment c'est une vécu un état de siège vous savez [Musique] que vous mettez régulièrement votre votre main sur le torse on a presque l'impression que c'est pour vérifier que tout ça est réel j'ai l'impression d'avoir face à moi quelqu'un qui qui se réveille en se disant mais est-ce que tout cela est bien réel c'est un sacré cauchemar je confirme on n'a pas envie qu'il revienne oui on a vécu un état de siège absolument en fait ils nous ont tiré dessus avec des Molotov ils nous asperge enfin nous pardon je dis nous c'est évidemment le policier municipaux mais ils ont aspergé d'essence en fait je fais des bidons d'essence là de 48 litres vous savez les tout petits là et il voulait pas juste casser des bâtiments il voulait tuer du flic et c'est inintable il y a pas de mots pour expliquer ça il voulait tuer le mot Eddy il est pas dit que par vous il est dit aussi par l'enquête qui a été ouverte notamment après si c'est passé à votre domicile le mot d'assassinat tentative d'assassinat a été prononcé vous utilisez aussi le mot de criminel est-ce que vous savez qui ils sont dans mon domicile l'enquête est en cours j'espère que ça m'enc on les retrouvera le ministre de l'Intérieur hier m'a assuré que tous les moyens seraient mis en place pour que il réponde de leur de leurs actes mais je suis la certitude que si font partie des gangs des premiers jours puisque vraiment même mode opératoire la voiture brûlée le même type d'accélérateur pour que fait se propage plus vite les mêmes mortiers d'artificier le comment dire les mêmes etc donc tout ça c'est ce qu'on a vécu pendant tout le toutes les immeubles et après ce qui est fou c'est que et là c'est c'est dur en tant que mère mais c'est dur aussi en tant qu'enfant des quartiers chez l'homme de la ville sur les images de caméras de vidéosurveillance on voit en fait que les regroupements se font au pied des quartiers c'est pas un afflux massif qui viendrait de d'autres villes c'est un point de ralliement il y a des points de radio avec la volonté d'aller en découdre exactement et ils viennent effectivement de chez vous certaines sont pas ce que voulait dire c'est que ce qui s'est passé à L'Haÿ-les-Roses ce sont des jeunes de L'Haÿ-les-Roses tout indique que c'est le cas et objectivement ça me ça me fera le coeur de le dire parce que [Musique] parce que encore une fois moi j'ai grandi dans des quartiers comme ça à L'Haÿ-les-Roses de barres de Tours et on était modeste et on n'avait pas grand chose mais on avait envie de s'en sortir on avait le l'espoir on y croyait on serait à l'écoute il y a toujours eu des trafics dans les quartiers moi je les ai connus il y avait toujours un dealer au pied de la tour n'empêche qu'il ouvrait la porte au maman qui ramenait leur course quoi ça fait pas de lui un symptôme mais je veux dire il y avait un respect pour ses voisins et tout ça a totalement disparu je vous le disais je fais vos confrères hier soir c'est c'est même au sein du même famille en fait l'autorité des parents a acheté considérablement à l'école on respecte plus le professeur face c'est cette jeunesse là cette petite partie de la jeunesse il faut rappeler que c'est une toute petite partie mais oui je comprends une demi-heure qui me situe pour la République assez sûr c'est que aujourd'hui ils ne comprennent même plus que c'est que la République vous savez ça me fait penser à ce très beau texte Victor Hugo là qui a beaucoup tourné ces derniers jours sur sur Internet c'est à qui la faute vous savez c'est c'est un intellectuel qui dit révolutionnaire qui a une torche à la main devant une bibliothèque mais tu peux pas brûler une bibliothèque les livres c'est merveilleux les livres c'est la liberté c'est l'émancipation c'est ce qui va toi pauvre te libérer et à la fin le type lui dit mais moi je sais pas lire donc il comprend pas en fait il comprend même pas ce que de quoi on lui parle et en fait c'est jeune là qu'on leur parlerait public ils comprennent même pas ce qu'on met derrière comme mot en fait il y a presque un problème de vocabulaire de concept et donc on a on a un défi gigantesque le sursaut dont je parle depuis quelques jours il est là-dessus c'est comment on accepte nous de redéfinir des éléments fondamentaux qu'on prend pour acquis qu'est-ce que c'est la République qu'est-ce que c'est la démocratie qu'est-ce que c'est la liberté qu'est-ce que c'est l'égalité et l'égalité la fraternité ça peut pas être la somme de toutes les individualités de chacun fait ce qu'il veut etc non il y a un vivre ensemble il nécessite des concessions il nécessite qu'on travaille ensemble et il nécessite qu'on dise à la jeunesse il y a un ordre républicain il y a des lois et il y a de l'autorité et c'est pas des villes un mot et c'est parce qu'il y a tout ça qu'on peut ensuite avoir de la liberté de l'égalité Vincent Jean Brun chez nous il n'y a plus de commerce plus de services publics plus de mixité il faut remettre debout la République mais en fait si je vous écoute c'est même pas la remettre debout c'est la recrée quoi on a l'impression qu'on repart de zéro il y a quelques jours j'aurais je vous aurais pas dit ça aujourd'hui je vous le dis oui je crois que dans certains quartiers auprès de certains habitants de nos pays notre pays la République n'est plus c'est pas que salut parfois il y a une guerre on se dit ah ça fonctionne comme ça mais je suis pas totalement d'accord ou carrément j'y suis opposé c'est pas le sujet c'est que je ne comprends même pas de quoi tu me parles je sais pas ce que c'est que la République aujourd'hui de France puisque moi j'ai toujours grandi au pied de ma tour dans mon quartier avec énormément de violence le sentiment d'être laissé à l'abandon j'ai attention je n'excuse pas je dis juste que ils ne comprennent pas les concepts qu'on emploie nous et ça c'est terrifiant et c'est des jeunes qui ont pourtant été à l'école mais qui ont un peu traversé les classes parce que maintenant on double plus donc finalement même un élève qui suit pas c'est pas grave il passe de classe en classe et bon il maîtrisera pas très bien les savoirs fondamentaux mais c'est pas grave il avance parce que c'est il a interdit maintenant d'interdire on peut plus sanctionner un mauvais comportement réellement j'ai des gamins qui ont frappé des directrices d'école sur la commune pas de vagues surtout pas de vagues et le gamin il est même pas exclu une semaine le père du gamin qui vient cracher sur la directrice en disant tu as pas touché à mon enfant et c'est aussi pour ça que même le concept de laïcité qu'un concept qui me tient énormément à coeur qui pour moi est une des conditions fondamentales du vivre ensemble il est complètement abîmé parce qu'on n'est pas capable de le défendre et pas capable de le définir clairement dans ce que vous manquez d'outils c'est à dire que quand vous racontez cette scène on comprend bien que pour vous tout est lié que ce qui arrive aujourd'hui n'est finalement que l'explosion de ce qui était de ce qui pouvait en réalité depuis quelques temps quand vous raconter cette scène quand vous racontez cette directrice d'école qui est menacée l'enfant qui est censé être excluquillée à moitié le père qui vient qui crache sur la directrice qu'est-ce qui vous a manqué dans ces moments là en fait dans tous ces moments qui ont jalonné une sorte de de défaite d'abord on te met on peut pas tout mais typiquement dans ce cas là c'est l'éducation nationale qui avait ce fameux slogan interne pas de vagues quoi et c'est là où en fait l'autorité de l'État n'est plus moi j'ai mis en place au niveau de la police municipale le fait vous savez de convoquer des jeunes qui clairement on fait une bêtise mais qui n'ont pas été dans un délit ou un acte de délinquance grave et certains me disaient mais franchement tu vois les convoquer c'est un peu comme si tu veux convoquer dans le bureau du directeur ça va pas changer grand chose moi je posais sur que ça change quand on voit que ces jeunes là d'ailleurs on voit s'ils viennent pas déjà c'est un signe que c'est bien plus grave que ça mais s'ils viennent ils viennent avec leurs parents beaucoup de parents s'excusent beaucoup de parents prennent conscience que ils doivent être plus présent dans ces entretiens c'est des choses qu'on doit pouvoir faire aujourd'hui on convoque plus dans le bureau du directeur d'école aujourd'hui on convoque plus dans le bureau du principal et encore moins de du proviseur parce que la société et là je parle vraiment le la société en dans son ensemble au niveau de l'État à considérer un moment donné que l'autorité c'était un vilain mot que l'autorité l'ordre c'était des vilains mots seringueurs mais c'est ce qui nous manque le plus aujourd'hui et l'autorité encore une fois c'est vrai pour un parent vis-à-vis de ses enfants et on parle pas d'autoritarisme on parle pas de violence on parle juste de il y a des règles elles doivent être respectées elle vient aussi des parents écouter [Musique] [Musique] d'abord parce que évidemment que les parents ont une immense responsabilité et j'ai même envie de vous dire au-delà des parents chacune et chacun d'entre nous nous sommes citoyens de la République française si on redéfinit bien la République c'est qu'on l'a choisi c'est qu'à un moment donné on se dit c'est un bien commun qu'il faut défendre et partager et donc chacun a sa part à chacun son niveau en disant bonjour quand on rentre dans un magasin en laissant traverser la rue et remercions la personne qui voulait se traverser c'est c'est des petits gestes du quotidien déjà ce que vous disiez sur ces dealers quand vous vous étiez enfant qui malgré tout tenait la porte c'est la base du vivre ensemble et puis derrière il y a effectivement l'autorité parentale il y a beaucoup de parents qui ont laissé tomber il y a des parents qui parfois même eux-mêmes avaient été délinquant il y a quelques années ou en tout cas faisait la petite délinquance donc ils se tournent dans un essai aller total de leurs enfants c'est possible cela il faut il faut les réactiver mais derrière ce qu'a dit Emmanuel Macron d'abord c'était quand même pas vraiment le bon timing parce que nous on était en train de vivre des scènes de guérilla sur le sur le terrain et effectivement la réponse c'est tension les parents prenaient un peu son de vos enfants c'était quand même pas tout à fait le niveau qu'on attendait qu'on était sur le terrain mais bien sûr qu'il faut pas responsable vous êtes vous êtes dans une émotion immense parce que il y a effectivement ce stade qui a été franchi avec votre femme vos enfants votre domicile qui ont été clairement ciblés par des assassins mais Vincent Jean Brun au début de ses émeutes vous avez estimé que l'État avait failli moi je réclamais un état d'urgence ou en tout cas un état hors du commun puisque ce qu'on vivait était hors du commun pour avoir des moyens supplémentaires moyen humain juridique on avait plus de munitions l'état d'urgence aurait permis de réquisitionner des munitions ça servait de plusieurs commissariats qui disaient nous n'avons plus de munitions de police nationale était arrivé au bout les polices municipales 80 la cartouche de flashball le soir ou la mairie est attaquée c'est à dire 100% du stock qui était à notre disposition donc tout ça moi le lendemain je me dis bon est-ce que je prends un arrêté de couvre-feu et je me dis non le président de la République va parler à 14h avec les scènes qu'on a vécu la nuit précédente il ne peut pas ne pas annoncer quelque chose donc je vais laisser la démarche nationale se faire et on a eu le droit à bon faut que les parents se responsabilisent et puis attention les jeux vidéo c'est pas bien non c'est pas au niveau à ce moment-là par rapport à ce que nous on vivait sur le terrain et en l'occurrence qu'au moins toute cette crise nous servent de leçons et que la prochaine fois on est les outils et juridiques et matériels et humains a déclenché instantanément si ça devait recommencer parce que la vérité c'est que quand bien même ça s'appelle actuellement quand bien même les forces de l'ordre font un travail extraordinaire d'interpellation d'enquête etc il faudrait encore une fois le saluer et les remercier du fond du cœur on a on a un enjeu c'est que les ingrédients de départ ils sont toujours là ça fait plusieurs années maintenant que tous les thés on a des tirs de mortiers tous les soirs dans les cités qui empêche les gens de dormir qui les rendent fous qui les poussent certains à faire des bêtises à essayer de se entre guillemets de se faire justice eux-mêmes etc et on est impuissant été après été donc c'est aussi ça qui montre que finalement l'impunité là donc ça c'était pas au niveau il faut aller plus loin et objectivement l'état également doit aller beaucoup plus loin les budgets politiques de la ville ont beaucoup baissé et dans des endroits qui ont pas de sens j'ai la chance dans le quartier plus difficile ou tout a commencé d'avoir ce qu'on appelle un programme de réussite éducative en plus de l'école on les on fait de la dose on a des orthophonistes qui accompagnent les enfants les plus en difficulté on a des psychologues etc ça l'état payé 60% nous quarante qu'on a commencé ça c'est inversé aujourd'hui et l'État continue à désengager vous avez besoin que ce travail de fond soit fait en attendant il s'agit d'abord déjà de reconstruire au minimum et tenter de maintenir l'ordre il y aura ce rassemblement auquel vous appelez d'abord un rassemblement à L'Haÿ-les-Roses chez vous ça ce sera à 15 heures pour soutenir les mers et la police et puis dans toutes les mairies de France aujourd'hui à midi merci d'avoir pris le temps ce matin Vincent Jean Brun de revenir sur ce qu'il vous est arrivé et sur votre regard aussi sur ces émeutes je rappelle que vous êtes le maire de là il est rose il est 8h54 sur RMC

Face-à-Face: Vincent Jeanbrun, maire de L'Haÿ-les-Roses, raconte l'attaque contre son domicile — Vincent Jeanbrun · Pourquijevote