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AutreFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 12 décembre 2025 38 minContradictoireMixteSécuritéJustice

20 ans de violences dans le foot amateur : quelles solutions pour en finir ?

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 12 %Attaque 1 %Défensif 8 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 31:02InvitéFait
    « il y a moins de cohésion sociale, les nous sont moins cohésifs et la régulation qui se fait par le groupe ne s'opère plus de façon aussi efficace qu'auparavant. »
  • 31:12InvitéPromesse
    « la fédération, déjà, a fait beaucoup de choses. Aujourd'hui, les arbitres, le dimanche sur les terrains ou le samedi ou en semaine, a mis à disposition un outil qui s'appelle le ressenti de l'arbitre. »
  • 32:23InvitéPromesse
    « Demain matin, il y a l'Assemblée fédérale de la Fédération. On va à nouveau augmenter le barème disciplinaire pour tout ce qui concerne la violence officielle. »
  • 32:44InvitéPromesse
    « il sera radié. La radiation est à l'ordre du jour de l'Assemblée fédérale demain, c'est-à-dire qu'avant, c'était 15 ans ou 20 ans, et là, on va employer le terme de radiation des instances. »
  • 35:40InvitéPromesse
    « il n'y a pas que ces vidéos au grand large, il y a aussi la caméra embarquée, le district de Seine-et-Marne va mener l'expérimentation sur des matchs dissensibles. »

Temps de parole

  • Invité27 %
  • Présentateur21 %
  • Invité 218 %
  • Invité 315 %
  • Présentateur 26 %
  • Auditeur5 %
  • Invité 44 %
  • Invité 54 %

2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et question ce soir sur les violences dans le football amateur, car c'est un constat inquiétant que dressent les instances, franciliennes notamment, des incidents, des violences. Cette dernière semaine encore, pendant, avant ou après un match, dans la plupart des cas, ce sont les arbitres les premiers visés. De quelle violence parle-t-on ? Verbal d'abord, physique aussi, avec les images choquantes que l'on connaît. De quoi sont-elles, le symptôme ? Le football amateur est-il plus violent qu'auparavant ? Ou sont-ils les incidents qui sont de moins en moins passés sous silence ? On verra quelles initiatives sont prises pour enrayer ce manque de fair-play, ce manque de tolérance.

Faut-il mettre un policier dans chaque tribune ou des caméras de vidéosurveillance un peu partout, pourquoi pas ? Il y a aussi, peut-être surtout, d'autres initiatives à explorer, c'est ce qu'on va voir ce soir. J'attends vos témoignages, vos questions, le standard est ouvert, le téléphone va sonner jusqu'à 20h. Le téléphone sonne, 0145 24 7000. Avec un premier auditeur qui nous appelle, Olivier est en ligne. Bonsoir Olivier.

1:17
Auditeur

Oui, bonsoir Eric Delvaux. Je voulais simplement féliciter ou encourager Radio France et souhaiter que la Maison Ronde, comme on dit, vive le plus longtemps possible.

1:32
Présentateur

C'est très aimable à vous. On prend ça pour un compliment. Merci beaucoup.

1:36
Auditeur

Non, mais je vous en prie. Alors maintenant, bon, c'est gentil, je suis content que ma remarque a été retenue. Et je voulais commencer plus par une réflexion à propos du thème de ce soir. Je veux dire, cette violence dans le football amateur, j'imagine, n'a pas commencé hier. C'est-à-dire, hier, on ne s'est pas dit, tiens, il y a, je ne sais pas, 5000, 6000 ou 15000 agressions dans le football amateur. C'est un truc qui est arrivé petit à petit. Et je me demande, enfin, je me dis que, est-ce qu'on n'a pas laissé ces choses-là de façon consciente, inconsciente, volontaire ou pas, prospérer ?

Et à un moment, ça atteint de telles proportions qu'on se dit, il faudrait peut-être quand même qu'on fasse quelque chose. Et je veux dire, si on prenait un exemple très, très simple, imaginons une famille dans laquelle quelqu'un se met à mal agir. Et puis on laisse passer ça une fois, deux fois, enfin plusieurs fois, jusqu'à ce qu'à un moment, il arrive un drame. On appelle les flics et on se dit, tiens, il serait peut-être temps d'intervenir. Et voilà simplement ce que je voulais dire. – Mais merci beaucoup.

– Et mon propos, pour non pas rassurer les gens, je voudrais simplement que ce ne soit pas interprété comme un propos, comment dire, du style nationaliste, enfin, comment dire, estampillé au Rassemblement National, parce que ça n'est vraiment pas ma tasse de thé.

2:57
Présentateur

– Mais nous n'interprétons rien. Et merci de ce témoignage, Olivier, à Saint-Ouen. Avec ce soir, pour vous répondre, trois invités. Jean-Claude Lefranc, vous êtes le président de l'UNAF, l'Union Nationale des Arbitres de Football. Vous êtes le représentant des arbitres au COMEX, le comité exécutif de la 3F. Philippe Collot, vous êtes président, vous, du district Seine-et-Marne de Football. Et puis à distance, William Nuitens, qui est sociologue, professeur des universités en sciences et techniques des activités physiques et sportives à l'université d'Arthrois. Bonsoir à tous les trois. – Bonsoir. – Je vais peut-être me tourner vers vous, William Nuitens, pour commencer, sociologue.

Notre auditeur disait, il y a des violences dont on ne connaît pas le nombre, mais on a peut-être laissé un peu prospérer. D'abord, est-ce qu'on a des chiffres, les dernières statistiques des actes de violence lors des matchs amateurs ?

3:51
Invité

– Oui, bonjour tout le monde. Oui, oui, on a des chiffres. Alors, on a des chiffres parce que la Fédération Française de Football s'est dotée d'un observatoire depuis le milieu de la première décennie des années 2000. Pour faire vite, chaque année, il y a environ 11 000 matchs avec incidents et 12 000 incidents, qui représentent environ une proportion. Alors, il faudrait réfléchir à cette proportion en fonction des catégories.

4:20
Présentateur

– Sortir les calculettes ?

4:22
Invité

– Oui, mais bon, disons que clairement, il y a 12 000 incidents par an dans le football amateur en France aujourd'hui. Et c'est un chiffre qui est constant depuis que l'on compte le crime.

4:34
Présentateur

– Et on le compte depuis 10 ans ?

4:36
Invité

– On le compte depuis une vingtaine d'années maintenant.

4:38
Présentateur

– Depuis 20 ans. Est-ce qu'il y a encore, William Huitens, des violences passées sous silence par peur d'être stigmatisées ?

4:45
Invité

– Écoutez, j'ai envie de dire assurément pourquoi, parce que, que ce soit, qu'il s'agisse des violences dans le sport ou les violences dans le contexte scolaire ou dans d'autres domaines de la vie sociale, vous savez que c'est un problème social et un problème pour les sociologues que de compter le crime. Pourquoi ? Parce qu'il y a une euphémisation des faits, il y a une dissimulation qui est liée aux instruments de mesure du crime, si je puis dire. Crime avec un C majuscule, on s'entend bien. Puis après, on a peur parfois des représailles. Donc, on dépose pas nécessairement plainte, on fait pas nécessairement remonter les incidents.

Donc, il y a effectivement une problématique du chiffre noir. Donc, en fait, lorsque je vous dis qu'il y a 12 000 incidents par an, on peut estimer qu'il y en a davantage. Alors, si vous me demandez combien exactement, de fait, logiquement, je peux pas vous dire combien.

5:35
Présentateur

J'ai bien compris. On va dire, on va s'en tenir à ces 12 000 incidents par an dans le football amateur. Jean-Claude Lefranc, vous êtes le président de l'Union Nationale des Arbitres de Football. Dans la plupart du temps, ce sont les arbitres qui sont visés.

5:50
Invité

Oui, bonsoir. Écoutez, d'abord, je voudrais compléter le chiffre que vient de donner votre autre invité, puisque nous avons recensé, toujours dans cet observatoire des comportements, en sachant quand même qu'il est renseigné à hauteur de 80-85% par les territoires, donc les instances départementales ou régionales, les commissions disciplinaires. Pour les arbitres, au 30 juin 2025, on recense 4 000 violences, 3 000 violences orales, verbales, des insultes, et puis 250 violences physiques sur les officiels, complétées de 300 violences pour les incivilités, les projectiles, des gestes obscènes, etc., et 450 autres incidents.

Donc, en synthèse, 4 000 violences qui sont recensées dans cet observatoire, 3 000 pour le verbal et 1 000 pour l'aspect, j'allais dire physique, et 250 à peu près violences physiques réelles sur les arbitres, puisque moi, je suis président d'Association des Arbitres, et on a bon an, mal an, une cinquantaine, une grosse cinquantaine de dossiers au tribunal pour dépôt de plainte, puisqu'on a des officiels qui ont été battus. Je vais laisser peut-être la parole à... C'est moi qui vais la distribuer,

7:00
Présentateur

c'est moi qui vais la distribuer, vous êtes bien urbain, mais je vais la distribuer ce soir, en fonction des questions et des thèmes. Philippe Collot, le président du district Saint-Némarne de football, Y a-t-il des profils plus que d'autres à l'origine des violences dans le football amateur ? Je pense aux footballeurs eux-mêmes qui peuvent générer leur propre violence, je pense aux encadrants sur le banc, ou parfois aux parents. On a une situation un peu visible de qui génère cette violence ?

7:26
Invité

Oui, bonsoir. Alors oui, oui, je distinguerai deux choses. Il y a la partie, alors pour rebondir, mais très très rapidement sur ce que vient de dire Jean-Claude, ça représente malgré tout les incidents entre 1,2 et 1,3% de tous les matchs organisés. Alors j'aime bien quand même le rappeler parce que ça permet de replacer un petit peu tous ces incidents dans le contexte. Et puis bon, en termes d'incidents, on va en avoir de deux natures. On va effectivement avoir les incidents sur le terrain et ça, bon, les chiffres sont assez stables parce que ça a toujours un petit peu existé.

Ça part souvent effectivement des bancs avec des dirigeants ou des entraîneurs un petit peu passionnés qui risquent bien évidemment de faire se dégrader le match. Mais aujourd'hui, ce qu'on constate quand même malgré tout sur les départements, alors le mien n'y échappe pas malheureusement, c'est les problèmes environnementaux. Et là, il faut expliquer ce phénomène. Les problèmes environnementaux, ça peut être des spectateurs qui vont venir voir le match parce que vous savez, nous, au sein du football et notamment au sein du football amateur, tout le monde sait l'heure à laquelle on joue, l'endroit où on joue, quelles sont les équipes qui jouent.

Donc, malheureusement, le football est un petit peu victime de son succès. Nous sommes une fédération avec 2 400 000 licenciés, donc forcément, les ennuis, on pourrait les avoir un petit peu au prorata de ce nombre-là. Et puis, bon, il y a des rendez-vous des jeunes, par exemple, c'est un exemple, sans vouloir stigmatiser, qui vont souvent à l'école ensemble et puis qu'ils viennent voir le copain ou la copine qui joue et puis, ben voilà, ils se donnent rendez-vous autour du terrain et puis, bon, ben forcément, ces mouvements de foule peuvent générer des soucis et ce chiffre-là, par contre, lui, augmente de saison en saison, malheureusement.

9:15
Présentateur

Et on ne comprend pourquoi il augmente, est-ce qu'on le lit avec la violence qu'on voit à l'école, la violence qu'on voit qui se développe aussi sur les réseaux sociaux, tout ça est lié ? On va poser la question aux sociologues tout à l'heure, mais d'un point de vue... Oui, oui,

9:26
Invité

alors pour nous, tout ça est totalement lié. Je dirais que, malheureusement, les problèmes de la société actuelle se répercutent sur le football pour les raisons que je viens d'évoquer. Et puis, ben bien évidemment, la société elle-même, parfois, a un petit peu de difficulté à les gérer. Bon, ben le football, lui aussi, forcément. Alors, ben, c'est pour les raisons que vous venez d'évoquer. Des raisons souvent, voire même exclusivement pour les problèmes environnementaux qui ne sont absolument pas liés au football à la base.

9:54
Présentateur

0,1,45, 24,7,000 au standard. Il y a André. Bonsoir, André. Oui, bonsoir. On vous écoute. André. Voilà. On vous écoute. Voilà. Donc, en tant que papa de footballeur, tout d'abord, en premier lieu, je tiens à rendre hommage à toutes ces équipes et au staff des petits clubs. Mon gamin, il joue en R1. C'est juste en dessous au niveau national. à Aurillac. Et je voulais dire que tout ce staff qui est autour fait un énorme travail pédagogique, justement, concernant la violence. Et je vois à l'entrée des matchs comment les joueurs, d'abord, se saluent entre eux. c'est pour mettre une note positive. Bien sûr, mais ça existe aussi, il faut le dire. Voilà.

Donc, je voulais rendre hommage à tout ce staff, des bénévoles, à la mi-temps et en fin de match, comment les casse-croûtes sont offerts aux joueurs de l'équipe adverse. Merci d'avoir apporté cette note positive. On s'arrête là ? Vous aviez un deuxième volet ? Voilà. Le deuxième volet, c'est qu'effectivement, mon gamin, lui, il est black. C'est un enfant que j'ai adopté, il avait trois mois. Bon, c'est un enfant qui est de très forte corpulence. À 17 ans, il fait 1m80, il a d'énormes capacités physiques. Et il est arrivé qu'il me relate des réflexions qu'il a eues au bord du stade. Alors, l'un m'a dit que dans l'adversité, on entend des parents dire des choses, des gens.

Mais, hé, le Renoir, vas-y, vous voyez, c'est des choses comme ça qui sont là. Alors, c'est pour faire... Qui sont racistes, on va le dire clairement. Oui, ça peut l'être. Ou juste, une histoire de déstabiliser le joueur, vous voyez. Voilà, quoi. Mais, donc, ce que je voulais dire par là, bon, alors, le gamin, lui, le foot, il adore ça. Il a des balles dans les pieds depuis l'âge de 3 ans. Pour lui, il adore le football. Il aime cette mentalité. Vous voyez, c'est un garçon qui n'a pas pris de carton encore, de carton jaune. Mais, effectivement, sur le terrain, on peut voir des gestes à l'autre. assez surprenant. Alors, je pense que ça déteint. Je pense que ça déteint.

Merci beaucoup de ce témoignage. Et je vais me tourner vers William Newtens, qui est sociologue. vous avez beaucoup étudié, je crois, les clubs de supporters des professionnels, à Lens et à Lille, notamment. On entend des cris de singe, parfois. Il y a, ça déteint, disait notre auditeur Andrés à l'instant. Dans quelle proportion, ça déteint ? Dans quelle proportion le comportement des professionnels doit être à un impact sur les amateurs ?

13:04
Invité

C'est une question qui est très difficile. Pourquoi ? Parce qu'on sait qu'il y a une espèce de... Ce qui fonctionne dans la pratique du spectacle sportif, c'est l'identification. Lorsque vous regardez un spectacle sportif, lorsque vous le consommez, ce qui se passe dans le haut niveau, on a toujours tendance à dire que ça rejaillit un petit peu sur le monde amateur. Ce qui est possible. Je vous mets au défi de trouver un document dans la littérature scientifique qui vient mesurer expressément, précisément, cette influence du haut niveau. Sur le terrain, le verbatim, les productions discursives vous le disent.

Maintenant, il n'y a pas de référence scientifique qui vous permettent de dire précisément quelle est l'influence du haut niveau. Par contre, je voudrais revenir sur les chiffres de tout à l'heure. Pourquoi ? Parce que ce qui est important quand même de dire, c'est que c'est l'une des premières, voire la première pratique sportive des Français. Il y a 2 millions de licenciés, le football. Il y a 30 000 matchs par saison. Il y a grosso modo 17 arbitres qui se font agresser physiquement chaque semaine. Ce qui est important de dire aussi en termes de chiffres. Vous parlez des professionnels ou des amateurs ou le tout ?

Je parle de tout mais précisément du monde amateur parce que le football, c'est comme les autres pratiques, la masse des pratiquants se trouve dans le monde amateur. Donc là, je parle précisément de ce qui se déroule dans le monde amateur. 9 fois sur 10, les auteurs sont des joueurs. 4 fois sur 10, les victimes sont des arbitres. Et lorsque les arbitres sont des victimes, 8 fois sur 10, c'est verbal. Donc on pourrait se dire finalement, ce n'est pas si grave. Mais je reviens au chiffre que j'ai évoqué il y a quelques secondes. 17 arbitres agressés physiquement chaque semaine. Et j'ajoute, parce que les chiffres, c'est de la description, mais ça révèle et ça permet de comprendre.

la majorité des faits se déroutent dans la catégorie des 18 ans et plus. La majorité des faits. 60% des faits. Et là, c'est important de le dire. Pourquoi ? Parce que, en fait, ça veut dire que plus vous pratiquez, plus vous avez d'ancienneté, plus statistiquement et tendanciellement, vous vous comportez de façon déviante à l'égard des arbitres. Ce qui pose quand même la question de l'apprentissage et de la socialisation que vous devez avoir à l'égard des arbitres. On pourrait se dire en vieillissant, je gagne en ancienneté, en expérience et je vais me comporter d'une façon beaucoup plus pacifiée à l'égard des arbitres. Les chiffres démontrent que c'est l'inverse.

15:33
Présentateur

Merci de cette réponse et je vais me tourner vers Jean-Claude Lefranc, le président de l'Union Nationale des Arbitres de Football. Comment les arbitres des matchs des petits clubs amateurs sont-ils formés à cette violence ?

15:47
Invité

Alors, ils sont déjà formés mais ce qu'il faut surtout dire en préambule, c'est que, et comme vient de le rappeler votre interlocuteur, c'est que la première cause d'abandon des arbitres, c'est la violence. Donc ça, c'est pas nouveau. Vous avez mal à recruter en ce moment, c'est ça que vous voulez dire ? Ce que je veux dire par là, c'est que quand on en forme, on en perd 100 la première année, on n'en retrouve plus que 70 ou 80 l'année suivante donc on est en permanence en train de faire de la formation initiale. Donc on a un module de formation initiale, sportif, loi du jeu et effectivement, on a aussi un module de gestion des conflits.

Mais on a aujourd'hui 25 000 arbitres sur le territoire, on a à peu près 18 000 arbitres seniors, on a 6 000 jeunes arbitres et on a des féminines, on a presque 1 500 féminines l'année dernière et à peu près 1 000 très jeunes arbitres. On a de plus en plus de très très jeunes arbitres de 13-15 ans. C'est difficile pour ces jeunes qui vont sur un terrain de pouvoir se sentir en sécurité lorsque les parents, et comme vient de le dire Philippe, il y a un environnement un petit peu hostile ou contestataire où les parents voient que leur gamin c'est le futur Mbappé et qui en perdent toute la lucidité.

Ça, c'est la difficulté qu'on a en formation de pouvoir préparer l'ensemble de nos effectifs à cette gestion des conflits. Mais on essaye de faire que, mais ma génération fait que, en toutes circonstances, celui qui incarne la règle, il doit être respecté. Voilà.

17:20
Présentateur

Daniel nous appelle Dugers. Bonsoir Daniel. Oui, bonsoir. Vous êtes à l'antenne.

17:26
Invité

Oui. Je voulais savoir si vos invités pouvaient nous donner des éclaircissements sur les raisons pour lesquelles ces violences sont peut-être spécifiques au monde du football. Je prends un autre sport de grande audience qui se passe aussi dans des stades combles, le rugby, qui est un sport de... qui est le sport de combat par équipe, avec des règles du jeu, des règlements qui sont autrement plus complexes et davantage sujets à interprétation. Et lorsque l'arbitre siffle une faute, il explique aux joueurs les raisons pour lesquelles il a sifflé, quelle est la faute en question. Les joueurs des deux équipes écoutent et retournent dans leur camp et prennent pour argent comptant...

Ils respectent

18:14
Présentateur

la décision.

18:15
Invité

Ils respectent la décision, exactement. Dans les tribunes, il n'y a pas de débordement de supporters. Chaque supporter défend son équipe de façon raisonnable. à la fin du match, l'équipe gagnante fait parfois, en tout cas dans les matchs internationaux, une haie d'honneur aux joueurs de l'équipe qui a été battue. Donc, je me demandais si le fait que le monde professionnel du rugby donne cet exemple-là, cette attitude ne redescend pas dans les divisions inférieures, ce qui n'est pas le cas au football où on voit dans les matchs de Ligue 1, de Ligue 2 ou internationaux, des contestations d'arbitre, de la violence, des fautes simulées, etc.

Et puis, des supporters qui ne respectent tout simplement pas l'équipe adverse.

19:00
Présentateur

Merci beaucoup. Merci beaucoup de ce témoignage. On a un peu répondu dans la deuxième partie de votre question sur la façon dont ça pouvait infuser en venant du haut, comme vous dites, et c'est très difficile visiblement d'en voir l'impact. Mais je me retournais tout de même vers William Snuiten, notre sociologue, parce que quand l'auditeur dit que les violences sont plus spécifiques au football qu'au rugby, pour reprendre l'exemple de Daniel Dangers, vous êtes d'accord avec ça ?

19:28
Invité

Alors, la remarque de l'auditeur est intéressante, mais il y a une confusion entre le haut niveau et le monde amateur. Là, la thématique, c'est dans le monde amateur, pour parler spécifiquement du rugby. Je ne conteste pas ce qu'il a dit. Effectivement, il y a une régulation des comportements des pratiquants du spectacle sportif dans le rugby qui ne correspond pas du tout à ce qu'on constate dans les stades, mais ce n'est pas le thème d'aujourd'hui. Je pourrais en parler, j'ai travaillé un peu dessus, il y a des collègues en France qui l'ont fait aussi à l'étranger, mais ce n'est pas le thème.

Dans le monde amateur du rugby, là aussi, je le mets au défi de trouver une documentation statistique sur ce qui se passe effectivement sur les terrains du dimanche dans le monde du rugby. Croyez-vous, effectivement, qu'il y ait une si grande différence ? C'est difficile de répondre, il n'y a pas de statistiques. Nous, on a essayé de travailler sur ce qui se passait dans le monde du rugby il y a une dizaine d'années. Ça a été très compliqué de le pénétrer.

Maintenant, il y a des témoignages, mais là, on est dans une espèce d'empirisme irréductible qui montre que dans le monde du rugby, il y a des règlements de comptes et il y a aussi des violences dans les matchs de série ou les matchs départementaux et les matchs régionaux. Mais on ne peut pas comparer. On n'a pas de statistiques fiables, notamment parce que, et c'est important de le dire, le football, c'est la thématique d'aujourd'hui, parce que c'est la seule pratique qui s'est dotée d'un observatoire et donc qui a pris en charge le problème.

Maintenant, s'il faut revenir sur, encore une fois, parce qu'on a tendance toujours à vouloir le faire, la correspondance qu'il y aurait entre le haut niveau et le niveau amateur, il faut bien distinguer ce qui se passe dans les tribunes de ce qui se passe dans la pratique. Or, je l'ai dit tout à l'heure, dans la pratique amateur, la majorité des faits de violence sont le fait des joueurs. Tandis que dans le haut niveau, la majorité des faits de violence sont le fait des pratiquants du spectacle, c'est-à-dire des supporters. C'est la grosse différence.

21:18
Présentateur

Merci d'avoir reprécisé tout ça. Je vais me retourner vers Philippe Collot, le président du district Saint-Émarn de football. On parlait des statistiques qui sont difficiles à avoir dans le rugby. Dans le football, il y a un observatoire, on en parlait tout à l'heure avec Jean-Claude Lefranc, il y a un observatoire des comportements. Il faut expliquer comment ça marche ce conservatoire. Il y a des QR codes à proximité des terrains de football et on peut comme ça annoncer, sensibiliser, prendre avec le QR code, dénoncer un incident assez rapidement.

21:48
Invité

Alors, on distingue deux choses. Il faut expliquer ça. L'observatoire des comportements est cet observatoire qui permet d'avoir des chiffres, des tendances. Ça se fait au sein d'un district en fonction des dossiers disciplinaires qui sont traités avec des statistiques qui sont entrées dans cet observatoire. Ça, je dirais que c'est le travail quotidien d'une instance départementale, mais y compris régionale.

Et vous avez des initiatives locales et on l'a en Ile-de-France où les, comment dirais-je, le système de QR code que vous évoquez existe, où les spectateurs, alors il est plutôt, comment dirais-je, dédié aux spectateurs ou aux personnes dirigeantes, mais qui ne seraient pas joueurs ou joueuses, elles ont possibilité de flasher et de faire remonter un incident ou une violence qui est traité par soit une commission disciplinaire en fonction de la nature de l'incident, soit par une commission d'éthique. Parce que ça peut être aussi de l'éthique, on n'est pas encore dans la violence ou dans l'incident disciplinaire. Bon, on est un peu un laboratoire sur ce type de dossier, mais ça existe.

23:02
Présentateur

Quelle violence dans le football amateur et comment y remédier, on en parle ce soir jusqu'à 20h. France Inter, le téléphone son. Avec Catherine qui nous appelle de Nîmes. Bonsoir Catherine.

23:17
Invité

Bonsoir.

23:17
Présentateur

Vous êtes à l'antenne.

23:19
Invité

Oui, alors voilà, moi je voulais vous appeler parce que ma fille fait du foot, donc c'est le football féminin et depuis quelques années on constate également la montée de la violence également dans le football féminin et moi j'avais une question parce que dans le football féminin il n'y a jamais d'arbitre officiel parce qu'il n'y a pas assez d'arbitre et je trouve que, je remarque que certains coachs dans certains clubs se permettent des choses, de dire des choses sur un terrain qui n'ont pas lieu d'être et l'arbitre n'étant pas officiel ne peut pas les exclure du terrain sauf si le coach accepte mais c'est rarement le cas.

donc j'aimerais savoir ce que la Ligue compte faire pour essayer d'éviter la surenchère qu'au niveau de la violence et notamment des arbitres qui ont un peu plus de pouvoir face à des coachs qui ne sont jamais sanctionnés de toute façon. Donc on entend les paroles et quand on dit que les joueurs sont violents ou agressifs, je pense que le coach a son rôle à jouer pour apaiser son équipe et non pas pour la pousser à commettre ou à être agressif envers les autres joueuses. Notamment les insultes, c'est vraiment, c'est très courant sur les terrains.

24:30
Présentateur

La violence aussi dans le sport amateur féminin, dans le football amateur féminin. Merci beaucoup de ce témoignage Catherine. J'aimerais retourner vers Jean-Claude Lefranc qui est le président de l'Union Nationale des arbitres de football. Donc effectivement, il n'y a pas d'arbitre officiel dans les clubs féminins de football amateur ?

24:46
Invité

La Fédération Française de Football a beaucoup de défauts, mais elle a beaucoup de qualités parce qu'elle essaye de faire pour tout le monde. Donc on fait le foot garçon, le foot féminin, le foot sale, le foot net. Et aujourd'hui, effectivement, on se pose un problème dans les compétitions départementales, c'est qu'on n'est pas toujours en capacité de pouvoir désigner un arbitre officiel sur toutes les rencontres. Alors le foot féminin, ça dépend des régions. Comme je l'ai dit tout à l'heure, au 30 juin 2025, on avait à peu près 1 400, 1 500 arbitres sur l'ensemble du territoire arbitre féminine. Et il y a moins de 10 ans en arrière, on était à... Avant le Covid, on était à 750.

Donc on a quand même multiplié par deux les efforts. Mais effectivement, et c'est là que vous voyez quand même la nécessité d'avoir un arbitre, c'est parce qu'aujourd'hui, en garçon, en fille, en foot sale, en foot net, tout le monde veut des arbitres. En U11, en U13, en foot réduit, etc. et on n'est pas en capacité. Effectivement, parce que je crois qu'il y a 50 000 matchs par week-end sur l'ensemble du territoire national et on a 25 000 arbitres. Donc mathématiquement, on comprend très rapidement qu'on ne peut pas mettre un arbitre sur tous les matchs.

Mais la volonté quand même, c'est de promouvoir l'arbitrage féminin pour justement permettre aussi, pour assurer la régularité des rencontres. Madame a raison dans ce qu'elle vient de dire. Et c'est le coach parfois qui en profite pour remplacer un peu l'arbitre. Parce que que vous soyez au foot féminin ou au foot garçon, quand vous rentrez sur le terrain, vous avez la volonté de ne pas vouloir perdre, en tout cas de gagner. Donc vouloir gagner mais accepter de perdre, c'est plus difficile.

Et effectivement, la problématique aujourd'hui, parce que c'est partout, même chez les garçons, c'est quand il n'y a pas un arbitre officiel, parce que l'arbitre officiel c'est le juge, c'est le garant de la règle. Il a une tenue noire ou rouge ou jaune ou bleue, peu importe. Mais en tout cas, il y a un officiel qui n'appartient pas aux deux équipes. Et ça sécurise déjà dès le départ la rencontre. Effectivement, quand il n'y en a pas, c'est un peu plus délicat, mais c'est aussi la vie du foot, mais c'est aussi le rôle des éducateurs et des dirigeants d'assumer leurs propres responsabilités et d'envoyer aussi des gens en formation initiale.

26:49
Présentateur

Question également sur l'appli Radio France à propos des bandes. Et là, je vais me tourner vers vous, Philippe Collot, président du district Seine-et-Marne de football. Voyez-vous des bandes de mineurs qui viennent spécifiquement soutenir et perturber, soutenir leur équipe et perturber le match

27:06
Invité

si possible ? Alors malheureusement, oui. Malheureusement, oui. Et c'est pour cela qu'aujourd'hui, dans le fonctionnement d'une instance, il est absolument nécessaire d'avoir une collaboration, une étroite collaboration avec les autorités. C'est le cas en Seine-et-Marne. Ça nous facilite grandement les choses. Bon, parce qu'on parle souvent des incidents et bon, voilà, parce qu'ils sont médiatisés, parce que, bon, voilà, ça fait un peu parler. Néanmoins, on ne parle pas... Il faut aussi trouver des solutions, surtout. Alors, voilà. C'est pour ça qu'on en parle. Mais on ne parle pas suffisamment de tout ce qu'on fait, justement, pour éviter tout ça. Et parlons-en ici.

Et le fait d'évoquer ces relations avec les autorités, alors préfectorales, ministères des Sports via les services départementaux, nous avons des relations très régulières qui sont réglementées. D'ailleurs, Seine-et-Marne, nous avons signé une convention de partenariat qui nous permet d'anticiper et d'organiser à titre préventif des rencontres.

Si toutefois, les informations qu'on a recueillies, soit de la part des clubs qui vont nous dire attention, nous, on a entendu ça, il risque de se passer ça, les réseaux sociaux qui ont pu nous alerter, mais également les renseignements territoriaux qui vont nous dire attention, il y a eu des problèmes cette semaine dans le train, il y a eu des problèmes dans les villes, et on regarde si les deux communes se rencontrent, et bien, à titre préventif, bien évidemment, on va délocaliser un match, on va l'organiser à huit clots, on va modifier l'horaire.

28:29
Présentateur

Ça vous est arrivé combien de fois cette saison ?

28:31
Invité

Ça arrive de plus en plus, c'est un gros travail de prévention. Ma question, elle n'est pas anodine, c'est-à-dire que c'est régulier maintenant.

28:39
Présentateur

Oui. Vous délocalisez des matchs pour des mineurs, pour des risques,

28:44
Invité

pour des équipes mineures. Absolument, et sur un match délocalisé qui est organisé à titre préventif, nous n'avons pas de problème. William Newtons,

28:55
Présentateur

ce à quoi nous faisons allusion, ces bandes rivales qui viennent soutenir ou perturber un match, c'est une guerre de territoire ? Je m'adresse au sociologue.

29:05
Invité

Oui, écoutez, ça veut dire qu'en fait, une partie des violences correspond à une identité territoriale et un sentiment d'appartenance. Mais moi, là-dessus, j'ai envie de dire, parce qu'il y a des faits qui sont attestés sur l'influence de l'environnement, donc il y a une dimension écologique qui rejaillit sur ce qui se passe sur le terrain. Pour l'instant, même si on a l'impression que c'est un fait qui se généralise, ce sont des faits marginaux, c'est-à-dire que ce n'est pas encore documenté suffisamment. Moi, je ne peux pas parler de quelque chose qui n'est pas stabilisé.

Par contre, ce qui est intéressant dans ce qui est dit, c'est que la notion d'appartenance territoriale compte beaucoup. Or, ce que l'on sait dans le monde du football amateur, c'est qu'il y a une augmentation du nombre de concentration de clubs, c'est-à-dire des jumelages de clubs. Parce qu'il y a des clubs en milieu rural qui manquent de licenciés, donc qui s'associent avec un club d'à côté. Là, on pourrait se dire que c'est ce qui va contribuer à un petit peu casser cette appartenance territoriale et donc, on pourrait se dire assez directement à minimiser le nombre de violences qui sont liées à cette appartenance territoriale. Or, il y a un effet pervers à ça.

C'est que lorsque vous n'avez plus d'attache territoriale, vous n'avez plus de régulation qui se fait par l'appartenance territoriale. Donc, les gens qui vont vous dire de bien vous comporter, en fait, vous ne les connaissez pas vraiment parce que vous êtes dans un club qui ne correspond pas à l'endroit où vous vivez. Donc, la régulation dans les clubs ne se fait plus. Donc, vous voyez, ce sentiment d'appartenance territoriale, il est explicatif de faits liés à des violences qui seraient commises par des violences ou des rivalités entre bandes de jeunes ou groupes de jeunes. Donc, ça, c'est documenté.

C'est un sociologue Marouane Mohamed qui a étudié ça dans la logique des bandes territorialisées. Ça rejaillit sur le monde du football. Mais l'autre effet qui est pervers, c'est que s'il n'y a pas d'appartenance territoriale, il y a moins de cohésion sociale, les nous sont moins cohésifs et la régulation qui se fait par le groupe ne s'opère plus de façon aussi efficace qu'auparavant.

31:02
Présentateur

Jean-Claude Lefranc, président de l'Union des arbitres de football en France. Vous souhaitez que les instances de football durcissent le ton. Qu'attendez-vous précisément ? Ça passerait forcément

31:13
Invité

par des sanctions ? Alors, écoutez, la fédération, déjà, a fait beaucoup de choses. Aujourd'hui, les arbitres, le dimanche sur les terrains ou le samedi ou en semaine, a mis à disposition un outil qui s'appelle le ressenti de l'arbitre. C'est-à-dire que lorsqu'ils ont terminé leur match, ils vont recevoir un petit mail ou un questionnaire, je ne sais plus comment ça fonctionne, mais peu importe, on leur pose deux questions. Est-ce que vous avez été victime, est-ce que vous avez, dans la direction de votre match, est-ce que vous avez remarqué des comportements injurieux, hostiles ? Ça, c'est systématique. Oui, à tous les matchs, ça s'appelle un outil de ressenti.

C'est l'outil de ressenti qui est un outil parmi tant d'autres. Et puis, est-ce que vous êtes senti en insécurité ? Voilà, les deux questions qui sont posées, ils répondent, oui, non. Et éventuellement, s'il y a eu des problèmes, ils font des rapports, mais s'il n'y a pas eu de problème, mais qu'il y a quand même une hostilité, il y a eu une remontée. Et aujourd'hui, avec cet outil, eh bien, ça permet d'identifier les matchs à risque ou pas à risque, etc. Et puis, de définir. Également, ça permet aussi à la Fédération, dans son plan de lutte d'action, c'est aussi d'aggraver le barème disciplinaire. Demain matin, il y a l'Assemblée fédérale de la Fédération.

On va à nouveau augmenter le barème disciplinaire pour tout ce qui concerne la violence officielle.

32:29
Présentateur

Le barème disciplinaire, ça veut dire qu'il y a des sanctions, un club peut très bien ne plus faire de compétition pendant quelques jours. Voilà, tout à fait,

32:34
Invité

on retire des points, un arbitre qui aura été agressé avec un certificat médical de plus de 8 jours d'ITT, si ça passe demain matin, il sera radié. La radiation est à l'ordre du jour de l'Assemblée fédérale demain, c'est-à-dire qu'avant, c'était 15 ans ou 20 ans, et là, on va employer le terme de radiation des instances. Mais le barème, ça peut aller du pic au gros coup à arbitre, mais ça reste un coup à arbitre, et la sanction peut aller de 5 ans à la radiation.

33:03
Présentateur

William Newton, sur les sanctions, ça serait un grand volet de la réponse qui serait attendu ?

33:11
Invité

Alors, moi, je comprends ce volet répressif, et il faut sans doute le mener. Maintenant, moi, j'ai plutôt envie de pointer quelque chose qui, là encore, est documenté. Il se trouve que les faits de violence se concentrent en de... Plus vous descendez dans la hiérarchie du football amateur, plus il y a de faits de violence. C'est un fait, incontestable. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que plus vous descendez dans les compétitions où il y a un problème de recrutement des arbitres, un problème de recrutement des dirigeants, un problème de formation des dirigeants, plus vous avez de faits et plus il y a aussi un problème de régulation des comportements des joueurs.

Je vais juste dire deux choses. D'abord, la première, c'est que les joueurs ont le niveau des arbitres qui les arbitrent. Les joueurs ont le niveau des arbitres qui les arbitrent. Et les arbitres ont le niveau des joueurs qui les arbitrent. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que lorsque vous êtes un footballeur de niveau départemental ou cantonal, vous avez, sauf qu'à isoler, les spécialistes qui sont là sur votre plateau pourraient le dire, il y a des jeunes arbitres de ligue, etc. Mais grosso modo, un footballeur amateur de niveau cantonal, il a un arbitre de niveau cantonal. Et je vais vous prendre une anecdote.

J'ai suivi un club pendant une saison, un club d'un quartier prioritaire de la politique de la ville dans les Hauts-de-France, réputé comme étant le plus violent de la ligue. Et une fois, lors d'un match à risque, on s'est retrouvé avec un arbitre d'un niveau fédéral qui est venu arbitrer un match à risque.

34:37
Présentateur

Et ça ne causait pas pareil sur la pluie.

34:39
Invité

Il connaissait, il connaissait, il est venu en avance et il a utilisé un petit peu des routines et des ficelles du métier, des ficelles qui consistaient par exemple à apprendre par cœur très vite, très vite, le nom des joueurs qui étaient associés aux numéros. Ce qui fait que dès que la rencontre démarrait, ils pouvaient s'adresser aux joueurs par leur nom de famille. Et ça, ça crée quelque chose, une ambiance et un climat social très particulier. Ça, c'est l'une des mesures. L'autre mesure, je ne veux pas mobiliser la parole, mais on sait que les arbitres de haut niveau, ils régulent les situations en regardant plusieurs choses en même temps.

Et ça, c'est difficile de l'avoir dans les niveaux amateurs. Or, les joueurs et les dirigeants des petites compétitions du dimanche, et ce n'est pas péjoratif, j'étais un joueur du football du dimanche, j'étais un pied carré. eh bien, ils pensent qu'eux, d'un petit niveau, devraient être arbitrés par des arbitres qui ressemblent à ceux qu'ils voient lorsqu'ils regardent Canal Football Club ou Téléfoot. Or, ce n'est pas comme ça que ça marche. Et donc, il y a une information à faire circuler.

35:42
Présentateur

C'est le monde idéal, dit Jean-Claude Lefranc, le président de l'Union des arbitres de France. Mais vous validez, j'imagine, tout de même, tout ce qui vient d'être dit ?

35:49
Invité

Oui, on valide, bien sûr, mais moi, j'ai bien aimé quand notre William a rappelé qu'effectivement, quand on est en D5, on a un arbitre D5, D5, c'est départemental 5, en D4, ainsi de suite, parce que c'est notre rôle de formateur d'arbitre aussi, de faire progresser les arbitres qui veulent faire carrière et on commence en bas et puis on gravit les échelons petit à petit. Philippe Collot,

36:10
Présentateur

équiper les stades amateurs de vidéosurveillance, mettre des caméras sur les arbitres comme on le voit dans le sport professionnel, c'est une piste que vous souhaitez explorer ?

36:20
Invité

Absolument, d'ailleurs, ça fait partie du plan d'action fédéral visant à protéger justement les officiels et les arbitres en particulier et d'ailleurs, il n'y a pas que ces vidéos au grand large, il y a aussi la caméra embarquée, le district de Seine-et-Marne va mener l'expérimentation sur des matchs dissensibles. Oui, on croit beaucoup à ces évolutions. Les caméras, ça coûte cher, j'imagine, pour un club de district. Oui, mais la fédération est prête tout à fait, d'ailleurs, elle l'a fait à financer et à aider. 185 caméras embarquées qui sont arrivées dans 39 districts et 3 ligues.

36:50
Présentateur

Eh bien, merci à tous les trois d'être venus répondre aux questions des auditeurs de France Inter. Il y avait beaucoup d'auditeurs encore en ligne, mais nous avons été très volubiles tous et chacun ce soir à ce micro. Pardon aux auditeurs qui attendaient, mais j'espère qu'on a fait tout de même le tour de la question. Le téléphone sonne s'est terminé. À suivre leur philo de Patricia Martin à propos ce soir de l'art, de la sagesse. Ça tombe bien, on va parler de philo et de sagesse ce soir. On en parlera dans le football aussi. Ce sera après le flash de 20h et après les petits bateaux qui ont toujours, c'est Boutchou, une bonne question à poser. Bonjour, je m'appelle Paul et j'ai 8 ans.

J'aimerais savoir qu'est-ce que c'est être heureux ? Merci de répondre à ma question.