Présidentielle 2027 : les ambitions contrariées de Sébastien Lecornu (l'édito de Carl Meeus)
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9h Europen matin. [musique] Lesdito politique sur Europe 1 avec le Figaro. Bonjour Carl Meus.
Bonjour Jacques. Bonjour à tous. Carl ce matin vous revenez sur la visite du premier ministre en Gironde après les incendies de juillet.
Visite qui a marqué hier la la rentrée politique d'un Sébastien Lecornu dont vous nous dites que les ambitions présidentielles réelles ou supposé brouille son message. Oui, le premier ministre est dans une situation particulière voire paradoxale. Il est arrivé à Matignan en moine soldat expliquant que sa mission était d'assurer la stabilité politique du pays.
Près d'un an plus tard, il a été nommé rudaren le 9 septembre 2025, il semble avoir endossé un autre habit, celui de possible candidat à l'élection présidentielle de 2027. On l'a déjà évoqué ici en juillet, l'entretien à Paris Match a été pour beaucoup d'observateurs le révélateur de ce qui était jusqu'ici plutôt discret. Depuis, il n'a pas échappé à ces mêmes observateurs qu'il y avait d'autres indices qui allaient dans ce sens.
À quels indices faites-vous allusion Jean-Car Alors deux principalement Jacques, le premier c'est les derniers chiffres du chômage qui sont tombés le 8 août dernier. Édouard Philippe a regretté sur le réseau social X qu'il ne soit pas bon ajoutant "Et pourtant faire baisser le chômage n'est pas une énigme, c'est une affaire de détermination, de cohérence et de bon sens." Alors c'est sibilin, ce n'est pas nominatif, mais c'est pas non plus très sympathique pour le Premier ministre dont les mauvais esprits pourraient penser qu'Edouard Baladur estime qu'il n'a pas fait preuve.
Edward Philippe pardon [rires] estime qu'il n'a pas fait preuve de détermination, de cohérence ni de bon sens. D'ailleurs, Sébastien Lecornu lui a répondu le lendemain sur le même réseau social X. Pas de déni face à la hausse du chômage, mais pas de caricature non plus.
Plus de 2 millions d'emplois ont été créés depuis 2017. Jamais autant de Français n'ont travaillé. Alors Battignon s'en défendra évidemment en expliquant que le Premier ministre est dans son rôle.
Mais difficile de ne pas y voir une réponse du berger à la berère à la bergère. Le deuxième indice est la présence du premier ministre à l'université d'été du laboratoire de la République à la fin de la semaine prochaine. Un débat est programmé entre Édouard Philippe et François Hollande l'après-midi du 29 août.
Et bien Sébastien Lecornu participera à une table ronde le matin du même jour avec l'organisateur Jean-Michel Blanquer. C'est ce qu'on appelle dans le jargon sportif marquer son concurrent à la culotte. Mais est-ce que cette stratégie de Sébastien Lecornu peut-être véritablement efficace ?
C'est une excellente question. On on en a eu un aperçu hier des difficultés qui l'attendent et des difficultés pour un premier ministre de concilier son action gouvernementale et son ambition présidentielle. Hier au Porsge, Sébastien Lecnu a été durement ramené à la réalité de l'exaspération de certains de ces concitoyens qui l'ont copieusement sifflé excédé par ce qu'ils pensent à être des défaillances et des lenteurs des pouvoirs publics.
Or, celui qui incarne l'État en l'occurrence, c'est le Premier ministre. Que restera-t-il de cette séquence ? les annonces du chef du gouvernement ou l'accueil des habitants.
Qu'est-ce que les Français qui ont suivi attentivement et avec effar la progression de ce mégafeu en juillet retiendront au final ? [grognement] Autre difficulté devant le premier ministre, c'est la préparation du budget 2027. L'équation de cette année est autrement plus compliquée que celle de l'année dernière où il avait passé un accord avec les socialistes.
Qui sera prêt à faire des concessions quelques mois avant la prénontielle ? Et au sein du bloc central Édouard Philippe comme Gabriel Atal ne vont pas laisser le premier ministre tenter de les supplanter dans la dernière ligne droite de la candidature et donc ne vont pas lui faciliter la tâche. Sébastien Lecnu se retrouve confronté au mêmes problèmes qu'on connu avant lui Jacques Chirac en 1987, Eddouard Baladur en 1994 et Lionel Jospin en 2001.
Tous ont été rattrapés par la réalité quotidienne des Français qui ne voyait en eux que le Premier ministre quand ces derniers voulaient être perçu comme un futur président de la République. Ces exemples passés rendent d'ailleurs difficilement crédibles les dénégations du Premier ministre sur une possible ambition présidentielle. Combien de ces prédécesseurs ont aussi prétendu ne pas vouloir y aller avant de finalement céder à l'amicale pression des Français et de déclarer leur candidature ?
Comme tous, plutôt que de penser que les électeurs pourraient le suivre dans ses rêves, il devrait méditer cette phrase du philosophe Lacan Le réel c'est quand on se cogne. Le réel, c'est quand on se cogne. L'édito politique signé Carl Meus du Figaro.
Merci Carl à la une du Figaro ce matin, on en parlait justement dans l'arvue de presse. Retraite niche fiscale. Ce que prépare le gouvernement.
Il est 8h-5. M.