Témoin RMC : Véronique Monguillot - 08/07
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Chapitres
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04ComplaisanteRéponse partielle
Véronique Monguillot est avec nous et je l'en remercie parce que ce n'est pas facile pour elle.
- 0:15OuverteRéponse directe
Son état est vraiment catastrophique.
- 1:04OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous en savez plus que nous sur les circonstances de l'agression ?
- 2:01ComplaisanteRéponse directe
Vous témoignerez pour rappeler l'amour de votre mari pour son métier ?
- 3:11OuverteRéponse directe
Votre mari vous avait-il parlé d'une dégradation de la sécurité ?
- 4:19OuverteRéponse directe
Philippe devait prendre sa retraite bientôt ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31PrésentateurFait
« Son cerveau a été tellement touché, il est sévèrement touché. »
- 0:35PrésentateurFait
« On va dire qu'il n'a plus de cerveau, il n'a plus ses fonctions, ses fonctions vitales. »
- 1:17InvitéFait
« Votre mari a été roué de coups. »
- 3:27PrésentateurFait
« Les bus, à cette époque, étaient complètement différents. Il y a eu une entrée, une sortie. »
- 3:32PrésentateurFait
« Aujourd'hui, depuis que le tram existe, je crois qu'il y a trois ou quatre portes entrées ou sorties mélangées. »
- 3:40PrésentateurFait
« Il y a l'incivilité des gens. Et c'est ce qui s'est passé dimanche soir. C'est une incivilité qui a tourné au drame. »
- 4:23PrésentateurFait
« Il restait un an attiré, comme il disait. »
- 5:36PrésentateurFait
« Je voudrais que la justice comprenne tout ce que je peux ressentir. »
- 5:39PrésentateurFait
« Qu'elle tunisse ses lâches à l'enregistreur de Philippe. »
Temps de parole
- Présentateur65 %
- Invité35 %
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Vous écoutez RMC.
Véronique Monguillot est avec nous et je l'en remercie parce que ce n'est pas facile pour elle. En ce moment, c'est même terrible. Véronique Monguillot, bonjour.
Bonjour, monsieur.
Véronique, vous êtes l'épouse de Philippe, le conducteur de bus mortellement agressé dimanche soir à Bayonne. L'état de santé de votre époux est toujours le même, Véronique.
Oui, oui, oui, son état est vraiment catastrophique. Vous savez, son cerveau a été tellement touché, il est sévèrement touché. On va dire qu'il n'a plus de cerveau, il n'a plus ses fonctions, ses fonctions vitales. Donc, c'est une question d'heures, je ne sais pas trop, je suis tellement perdue que, de toute manière, l'hôpital m'appelle, j'y vais, je prends ces nouvelles très régulièrement. Mais bon, ce que j'ai vu en réanimation, c'est terrible. C'est terrible, donc, je ne sais pas aujourd'hui, mais de toute manière, il ne restera pas.
Oui.
Il ne restera pas.
Oui. Véronique, l'agression de votre mari s'est déroulée dimanche. Il était un peu après 19h, il travaillait dimanche à l'arrêt de bus. Balichon, c'est un quartier populaire de Bayonne. Votre mari a été roué de coups. On ne sait pas exactement dans quelles circonstances. Est-ce que vous en savez plus que nous ?
Non. Alors, moi, j'ai deux versions. J'attends vraiment que la police me contacte pour vraiment que je sache la vérité. J'ai deux versions, dont une qui tient un peu plus la route, si on peut dire ça comme ça. Ça serait passé à l'extérieur du bus, apparemment. Mais bon, je ne vais pas m'avancer sur des choses que je ne connais pas trop. Toujours est-il, c'est que le résultat, de toute manière, il est le même, que ce soit une première version ou une seconde. On nous a détruit en l'espace de quelques secondes. Donc, je ne sais pas, monsieur, je ne peux pas vous dire.
Oui, bien sûr. Pour l'instant, vous n'avez pas encore été reçu par les enquêteurs, mais vous le serez. Et évidemment, dès que les enquêteurs auront des précisions à vous donner, non, si vous témoignez, c'est pour rappeler d'abord l'amour qu'a votre mari pour son métier. Je crois que c'est important parce que, Véronique, je pense que c'est un hommage que vous lui rendez là.
Oui, tout à fait. Philippe adore son métier, adore conduire, que ce soit des bus, que ce soit des camions. C'est sa passion. Son papa était routier. Il a gardé ça de son papa. Et vraiment, il était heureux. Il était très spontané. Il ne manquait jamais son travail, jamais malade.
Vous voyez, c'était vraiment sa passion. C'était sa passion. Il vous avait parlé de, pas de peur, parce que ce n'est pas quelqu'un de craintif, pas de peur, mais d'une situation qui s'était un peu dégradée sur le terrain de la sécurité, sur le plan de la sécurité. Vous en avez parlé ?
Oui, oui, oui. Je connais Philippe depuis 1993. Les bus, à cette époque, étaient complètement différents. Il y a eu une entrée, une sortie. Aujourd'hui, depuis que le tram existe, je crois qu'il y a trois ou quatre portes entrées ou sorties mélangées, vous voyez. Et les gens font un peu n'importe quoi. Donc, un chauffeur de bus, il me disait, nous, on est chauffeur, on n'est pas policier ou on n'est pas agence de sécurité. Donc, on ne peut pas leur demander de tout faire. Vous voyez ce que je veux dire ? Il y a l'incivilité des gens. Et c'est ce qui s'est passé dimanche soir. C'est une incivilité qui a tourné au drame. Et il avait plus ou moins la crainte de ça.
Sauf que Philippe est quelqu'un qui ne montre pas sa crainte, sa peur ou sa tristesse. Il garde beaucoup en lui. Moi, je parle avec lui beaucoup, mais lui, il ne le montre pas, vous voyez. Mais je savais que, de manière tôt ou tard, ça devait arriver. Vraiment. Pourtant, on est une région où il ne se passe rien. Les gens sont sympas. On est tranquilles, vous voyez. Et là, c'est une bombe qui a explosé, mais c'est une bombe. Et la bombe, elle nous a atteint à tous.
Véronique, Philippe devait prendre sa retraite bientôt, je crois.
Oui. Il restait un an attiré, comme il disait. Il me restait un an attiré, Véro. Et après, on va profiter, même si moi, je suis toujours en activité. Il avait le projet d'acheter un camping-car d'ici la retraite. Mais finalement, on devait l'acheter en septembre. On s'est dit, on va aller, on se fait plaisir, on va l'acheter en septembre. On partira le week-end, comme je ne travaillera pas. Et puis voilà. Il voulait qu'on fasse plein de choses. On avait plein de projets. On est encore jeunes tous les deux. Et il n'y a plus rien, quoi. Il n'y a plus rien.
Véronique, vous avez vos trois filles.
Oui, oui, oui. J'ai mes trois filles. Ma petite Marie de 18 ans, ma petite Marie de 21 ans, et ma grande Mélanie de 24 ans, bientôt. Elles sont là, elles sont avec moi, on est les quatre. Mais vous savez, il nous manque l'essentiel. Il nous manque notre oxygène.
Je ne vais pas vous embêter plus longtemps, Véronique.
Oui, merci beaucoup.
Dans tous les cas, qu'est-ce que vous avez envie de dire ce matin ?
Moi, ce que j'ai envie de dire, c'est que mon mari, vous voyez, je vais l'accompagner jusqu'au bout, le mieux que je puisse faire. Mais je voudrais que la justice m'entende. Je voudrais que la justice comprenne tout ce que je peux ressentir. Et qu'elle tunisse ses lâches à l'enregistreur de Philippe.
Oui, c'est d'une immense lâcheté. Frapper un homme à terre qui ne peut pas se défendre, c'est d'une immense lâcheté. Merci, merci Véronique.
Merci à vous.