SÉBASTIEN CHENU : « La climatisation empêcherait 47 % des décès » (France Info)
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 64 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:06OuverteRéponse directe
Quelles sont vos propositions pour adapter la France aux vagues de chaleur ?
- 0:16RelanceRéponse partielle
Vous citez le GIEC pour critiquer le gouvernement. Marine Le Pen le jugeait alarmiste il y a peu. Vous avez évolué ?
- 0:34RelanceÉludée
Est-ce que vous reconnaissez des maladresses passées sur le GIEC ?
- 0:42OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça signifie que vous citez le GIEC aujourd'hui ?
- 1:25RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous vous sentez co-responsable du déni collectif sur l'écologie ?
- 2:13OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous proposez concrètement dans votre plan climat ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:01Invité politiqueFait
« Le GIEC, moi je l'ai cité parce que je ne l'ai jamais remis en cause, vous ne trouverez pas de remise en cause des analyses du GIEC. »
- 6:14Invité politiqueChiffre
« la climatisation empêcherait, je crois, jusqu'à 47% des décès liés à la chaleur. »
- 8:10Invité politiqueFait
« il y a un hôpital entre Nantes et Saint-Nazaire qui vient d'être construit sans climatisation »
- 9:52Invité politiqueChiffre
« vous avez 3 milliards d'euros qui sont les gains de la fameuse journée de solidarité qui a été imposée, je crois, en 2004 »
- 14:31Invité politiqueChiffre
« Un établissement pénitentiaire, en moyenne, ça dépend du type d'établissement pénitentiaire, c'est 100 millions d'euros. »
- 15:11PrésentateurChiffre
« Il est de 10,7 milliards d'euros aujourd'hui. »
- 19:16PrésentateurFait
« votre mesure phare, c'est la baisse de la TVA, notamment sur les carburants. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu70 %
- Présentateur21 %
- Invité4 %
- Invité 23 %
≈ 4,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Madame. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Merci d'être avec nous sur France Info. Dans un moment où la France étouffe, vous allez nous dire ce que vous proposez au RN pour adapter nos vies à ces vagues de chaleur. Mais d'abord Sébastien Chenu, vous citez désormais le GIEC, le groupe d'experts intergouvernemental sur le climat, pour dénoncer l'impréparation du gouvernement. Vous dites en substance, les alertes étaient là, il fallait anticiper.
Alors entendre le RN reprocher au gouvernement de ne pas assez écouter les scientifiques du GIEC, alors que Marine Le Pen jugeait que ce même GIEC avait toujours été très alarmiste il n'y a pas si longtemps, ça manque pas de sel, non ? Qu'est-ce que ça signifie Sébastien Chenu ? Est-ce que vous avez évolué profondément sur l'environnement, sur le climat ?
Non mais vous savez que nous on a une philosophie qui est tournée vers le localisme, vers la démondialisation. Et cette philosophie-là, elle intègre évidemment le rapport au développement durable et aux modifications de température qu'on peut connaître. Le GIEC, moi je l'ai cité parce que je ne l'ai jamais remis en cause, vous ne trouverez pas de remise en cause des analyses du GIEC. En revanche là où on peut avoir des divergences, et c'est normal, c'est sur les propositions de sortie, en tous les cas les recommandations du GIEC. Merci, on trouvait qu'ils exagèrent comme votre collègue Thomas Ménager.
Non mais il est revenu sur ses propos Thomas Ménager, mais il est revenu peut-être dix fois sur ses propos. Donc il est revenu d'ailleurs sur votre antenne, c'était dans cette maison-là.
Il a reconnu que c'était des bêtises, il dit oui, il y a des bêtises qui ont pu être dites. Est-ce que vous dites la même chose aujourd'hui ? Vous vous rappelez que la députée Katiana Levavasseur avait dit que le GIEC est une catastrophe pour le moral déjà très bas des Français. Elle avait dit ça. Est-ce que vous reconnaissez qu'il y a eu des bourses, des maladresses ?
Dire une certaine forme de vérité, c'est parfois difficile. La vérité peut être compliquée à entendre, et nous on le sait puisqu'on est souvent lanceurs d'alerte. Donc c'est vrai que lorsqu'on lit les recommandations, ou en tous les cas les analyses, puis les recommandations du GIEC, ça peut évidemment ne pas faire plaisir. Il ne faut pas les remettre en cause aujourd'hui. Mais ce n'est pas un sujet de polémique. Les analyses, je ne les remets pas en cause. Je pense que le GIEC fait des analyses intéressantes. Sur les recommandations, je pense qu'on peut évoluer et on peut débattre, parce que justement, ce gouvernement, à mon avis, a manqué sur plusieurs points.
Et c'est là où je pense que ça diverge peut-être avec nous. D'abord, ils n'ont eu aucune vision, aucune anticipation. Et on ne le voit pas simplement sur l'isolation, parce qu'on va parler de l'isolation. Évidemment, c'est ce qui intéresse beaucoup les Français. Mais par exemple, vous voyez, il y a eu 71 rames de trains intercités. Et hier, je crois encore, des rames de RER qui ont été arrêtées. Pourquoi ? Parce que les systèmes, justement, de climatisation ne fonctionnent pas. Ça veut dire qu'il y a eu un sous-investissement pendant des années dans le matériel roulant. Or, c'est à l'État de le faire.
Et là, on peut dire, sans qu'il y ait de polémique, que l'État n'a pas anticipé, évidemment, en achetant du matériel. Matériel qui aurait été français, parce que je dois dire aussi que l'État a souvent acheté du matériel espagnol. Il y a eu un déni collectif.
Et est-ce que vous vous sentez co-responsable de ce déni collectif ?
Non, on n'est pas aux affaires. Vous avez des propos, vous étiez responsable politique, vous étiez élu. Je suis élu du Nord. Alstom fait du matériel pour les rames et les trains. Et le gouvernement est allé acheter du matériel en Espagne. Moi, j'aimerais aussi, ça fait partie de notre philosophie, qu'on fasse du patriotisme économique intelligent. Vous dites, est-ce que le déni, il est collectif ? Non, parce que nous, on n'est pas au gouvernement. Et moi, je veux bien qu'on conteste ce qu'on propose.
Mais vous êtes en responsabilité et vous prétendez accéder à la fonction suprême.
On n'est pas encore en responsabilité, selon le terme, malheureusement. Mais en revanche, je vous dis quelque chose d'intéressant. Vous dites en responsabilité. Il y a quelqu'un qui est en responsabilité que je n'ai jamais vu à l'Assemblée nationale. C'est la ministre de l'Écologie et du Développement du Durable, Mme Barbu. Et hier, voyez-vous, je crois que dans son agenda public... Vous n'avez jamais vu l'Assemblée nationale ? Non. Vous ne l'avez jamais vu ? J'ai vu une fois, Mme Barbu. Elle a pris la parole une fois en un an. Alors que c'est un sujet, soi-disant, extrêmement important que l'écologie...
Et je crois qu'hier même, dans son agenda public, il était écrit qu'elle était à l'Assemblée nationale pour les questions au gouvernement. Elle n'était pas là. Et c'est un sous-ministre, je ne sais plus lequel, qui répond à sa place. La ministre de l'Écologie n'est jamais là pour représenter son portefeuille mystériel et répondre à la représentation nationale. Ça pose un problème. Elle est sur France Inter ce matin, en tout cas. Oui, c'est la première fois, je crois, qu'elle fait un média de cette ampleur depuis qu'elle est ministre. Parce que je pense que la pression est trop lourde. Mais Sébastien Le Corneu, le Premier ministre, a fait des réunions.
Le Premier ministre a pris ce dossier en main. Non, mais il n'y a personne à la barre. Si vous voulez, ils n'ont pas de vision. Ils n'ont pas investi. Il y a une ministre qui est absente. Et il y a une idéologie anti-clime qui, moi, m'interpelle. Je veux dire, ces gens-là... Pourquoi je dis une vision anti-clime ? Parce que dans leur programme, le fameux fond vert. La clim, la climatisation, pardon, en était totalement exclue. Pire pour des maires qui demandaient...
Moi, je suis allé dans une école de ma circonscription la semaine dernière, à Wavre-Champs ou Denain, où les élèves, évidemment, se posaient la question, et les enseignants de savoir s'ils allaient pouvoir continuer à travailler dans des chaleurs pareilles. Eh bien, si un maire veut utiliser un fond vert pour rénover son école avec de la climatisation dedans, il ne peut pas. Justement, cette subvention lui sera refusée s'il y a de la climatisation. C'est-à-dire que le fait d'être anti-clime, anti-climatisation, que ce gouvernement ait finalement quelque part, se soit mis sous la tutelle de la gauche, l'extrême-gauche, et eux qui sont souvent anti-climatisation...
C'est du dogmatisme, c'est de l'idéologie. Mais alors, qu'est-ce que vous proposez ? C'est quoi votre plan clim ? Parce que ça fait depuis un an que Marine Le Pen en parle, et on a l'impression que vous êtes en train de le construire au jour le jour en ce moment. Non, non, non.
En quoi il consiste ? Je veux dire, ils sont anti-clime, enfin, sauf pour eux. Dans leur bureau, ils ont tous la clim. Vous pouvez regarder, tous ceux qui nous disent qu'il ne faut pas de clim pour les Français, ils ont la clim dans leur bureau.
Vous voulez 40 millions de clim, 20 millions pour les particuliers ?
J'y viens, j'y viens. Et les écoles ? J'y viens. Carabino, c'est beaucoup. Non, mais j'y viens. Pourquoi la climatisation ? D'abord parce que, et là je me réfère par exemple au propos du professeur Juvin, qui n'est pas de ma famille politique, mais qui dit qu'effectivement, et qui nous donne, qui tue sur ces propositions liées à la climatisation, qui dit qu'on a raison, la climatisation empêcherait, je crois, jusqu'à 47% des décès liés à la chaleur. Donc ça a un intérêt humain. Et puis de l'autre côté, c'est un intérêt sur la productivité.
C'est-à-dire que ça coûte très cher aujourd'hui, le fait d'avoir des pics de chaleur dans lesquels les Français arrêtent de travailler, adaptent leurs horaires, ça fait baisser la productivité du pays. Donc un coût humain, un coût économique. Donc il faut la clim.
Vous entendez aussi les arguments de certains scientifiques qui disent que, notamment dans les villes, ça va réchauffer l'air extérieur de cette ville.
Alors j'entends, mais j'ai lu aussi une analyse que je trouvais intéressante. Si on climatisait l'ensemble de l'île de France, tous les bâtiments publics, tous les bâtiments industriels, etc., et bien la température sur la ville de Paris augmenterait d'un demi-degré, mais sauverait un nombre de vies incroyable. Donc vous voyez, le débat, on peut le tenir, on peut l'avoir, mais on ne peut pas commencer en disant non à la clim. Moi je pense que la climatisation, c'est pas politique d'ailleurs ce que je dis, je ne cherche pas à enfoncer un coin, la clim elle n'est pas de droite, elle n'est pas de gauche, j'essaye de trouver une solution.
En tout cas ça plaît, ça plaît aux Français dans une période de canicule, de dire il suffit de tout climatiser et c'est facile. Comment vous faites concrètement ? Parce que peut-être que si c'était si simple, ce serait déjà fait.
J'y viens, mais vous voyez, ce que je veux dire, c'est que dans notre démarche, c'est du pragmatisme. Nous on essaye de trouver une solution qui soulage les Français. Pas une solution idéologique, pas une solution marquée. Concrètement comment vous faites, Sébastien Chenet ? Nous on a un grand plan qui s'appelle le plan 100% Rénov' que Marine Le Pen a déjà présenté. Ce plan ce serait de climatiser évidemment l'ensemble des bâtiments publics de notre pays. Les EHPAD, les écoles, les bâtiments qui reçoivent du public. Ça ne se fait pas en 6 mois, ça ne se fait pas avec un coup de baguette magique et ça ne se fait pas sans rien non plus. Ça fait combien de climatiseurs et combien d'argent ?
Je vais regarder le rapport Pisani, en réalité, dit avec un fonds de climatisation qui permettrait d'isoler et d'adapter. Alors ce n'est pas pareil que si c'est un logement pour des particuliers qui ont besoin d'un climatiseur ou si c'est effectivement un EHPAD ou si c'est effectivement un hôpital, puisque je vous rappelle qu'il y a des hôpitaux, et là aussi, idéologie, attention, danger, il y a un hôpital entre Nantes et Saint-Nazaire qui vient d'être construit sans climatisation, au secours. Et donc ce rapport Pisani-Ferry dit qu'il faut 20 milliards d'euros déjà dans ce fonds. 20 milliards, c'est tout compris sur privé et public.
20 milliards pour les privés et publics, c'est ce que dit Jean-Philippe Tanguy. Mais Jean-Philippe Tanguy, votre collègue ORN, il estime aussi que le coût de l'installation d'un climatiseur, c'est entre 1000 et 5000 euros. Si on prend la fourchette basse de ce que dit Jean-Philippe Tanguy, disons environ 1500 euros multipliés par 40 millions, ça fait 60 milliards. Ça ne fait pas 20 milliards d'euros. Et d'ailleurs, Jean-François Copé, il dit que votre programme, il estime à 50 milliards. Alors comment vous faites pour en arriver à un ?
Il ne s'agit pas de mettre par exemple un simple climatiseur dans un EHPAD. Chez un particulier, vous pouvez faire justement du prêt à taux zéro, aider les Français avec des prêts pour qu'ils s'équipent avec un climatiseur. Ce n'est pas la même chose lorsqu'il faut équiper un bâtiment public. Et là, lorsqu'il faut équiper un bâtiment public... Donc 20 milliards, c'est juste pour les bâtiments publics ? Non, non, 20 milliards d'euros, c'est chauffage, isolation, c'est le fonds Pizani tel qu'il a été mis pour adapter l'ensemble des bâtiments à des critères d'isolation et de climatisation qui paraissent acceptables.
Sur ces 20 milliards d'euros, vous n'avez pas exactement, vous n'avez pas les mêmes démarches selon que ce soit le privé ou le public. Nous, on considère qu'il y a d'un côté des prêt à taux zéro qui permettent aux Français de s'équiper et de l'autre côté, de la ressource à mobiliser. Moi, j'ai trouvé, vous ne trouvez pas moi, le Rassemblement national, Jean-Philippe, nos députés, ont trouvé de la ressource. Parce que si vous dites 20 milliards d'euros, par exemple, sur 3 ans, c'est jusqu'à 2030, ça fait à peu près 6 milliards et demi par an.
Eh bien, regardez, s'il faut mobiliser de l'argent, vous avez 3 milliards d'euros qui sont les gains de la fameuse journée de solidarité qui a été imposée, je crois, en 2004, c'était sous Jean-Pierre Raffarin. Ça rapporte 3 milliards d'euros.
Ils sont déjà affectés.
Vous avez... Non, mais faire de la politique, c'est choisir des affectations budgétaires. Nous, on choisirait de les affecter. Il faut regarder la façon dont tout ça se construit, mais c'est là...
Vous ne savez pas sur quoi vous prenez l'argent ?
Si, si, si, je viens de vous dire sur quoi on pouvait prendre l'argent. Et pour le reste, pour les 17 milliards, à minimum ? Non, mais vous divisez ça sur 3 ans. Je vous dis, ça fait 6 milliards d'euros, 6 milliards et demi sur 3 ans. Vous regardez, l'ADEME, c'est 1,2 milliard de mémoire. Vous avez déjà à peu près 4 milliards et demi de trouvés.
L'ADEME, vous l'avez déjà affecté à autre chose dans votre programme, il me semble.
Non, non, non, pas du tout. C'est parce que vous l'utilisez pour baisser l'âge de départ à la retraite ? Non, non, non, pas du tout. Au contraire, pas du tout.
Parce que vous nous parlez tout le temps de l'ADEME quand on vous demande où vous trouvez l'argent dans votre programme. Non, non, non. Ah si, vous en parlez souvent de l'ADEME.
Non, on parle par exemple de l'office de la biodiversité, on vous parle des conseils économiques et sociaux. On vous parle de beaucoup d'agences. Donc, l'ADEME, vous n'y avez pas d'argent. Mais par exemple, je vous donne ces deux exemples, parce qu'ils sont précis, qui montrent, et un peu pour changer aussi de ce que nous proposons, ce que nous mettons en général dans le débat public. Quand on veut faire des choix budgétaires, on trouve la ressource budgétaire. Et ces choix, c'est aussi ce qu'on attend d'hommes et de femmes politiques, qu'ils fassent des choix avec des conséquences pour les Français.
Vous voyez, on ne va pas faire les mêmes choix, on ne va pas avoir les mêmes objectifs, et ça n'aura pas les mêmes conséquences pour les Français.
Hier était donc la journée la plus chaude de l'histoire de France. Il fait encore très très très chaud partout en France aujourd'hui. Tout le monde pense à son climatisation. Est-ce que vous avez fait une étude sérieuse sur l'impact sur la consommation électrique ? Parce qu'on sait que c'est le pire pour les centrales. C'est-à-dire que tout le monde aura besoin au même moment de climatiser. Est-ce que vous avez vraiment fait des études là-dessus ?
Je n'ai pas les moyens de faire l'étude que vous me demandez. Vous avez un plan de climatisation, donc vous avez forcément dû y penser. Permettez, moi j'adorerais pouvoir faire toutes les études et demander à l'appareil d'État de nous aider. Moi je me nourris d'un certain nombre de rapports. Je vous ai présenté, je vous ai parlé du rapport Pisani, qui est un rapport public. Je n'ai pas moi-même fait d'études, nous n'avons pas le Rassemblement d'Ancien de l'État de faire des études. Mais sur la production électrique française, nous on considère qu'il y a eu des investissements qui n'ont pas été faits.
Parce qu'il y a eu des investissements qui ont été faits, par exemple sur l'éolien, sur de l'intermittence. Et nous, nous considérons qu'effectivement, là, ce n'est pas les bons choix qui ont été faits.
Sébastien Chenu, dans un instant, vous allez nous dire ce que vous proposez. D'autres, on parlera aussi de l'affaire Liana et de 2027. Mais pour l'instant, il est 8h46 et c'est l'Info en une minute avec Marie-Marty Rossian.
La France entre dans le huitième jour de cette vague de chaleur, avec encore aujourd'hui de très fortes températures qui sont attendues. Selon la ministre de la Transition écologique, il y a de fortes probabilités pour que la France vive une autre vague de chaleurs extrêmes jusqu'au 14 juillet. Un animateur d'un centre de loisirs de D'Yvonne-les-Bains dans l'Ain, mis en examen pour un viol présumé sur une enfant de 4 ans dans une école maternelle. L'homme est âgé de 20 ans. Il a été placé en détention provisoire conformément à ce qu'avait requis le parquet. L'hommage de la nation à Marc Bloch, historien, écrivain et résistant entré au Panthéon hier aux côtés de son épouse Simone.
La cérémonie s'est tenue hier soir en présence d'Emmanuel Macron. Le chef de l'État a évoqué les enseignements de Marc Bloch qui, je cite, nous oblige encore. Il aurait pu au Mondial de football. Une minute de silence observé lors de l'entraînement des Bleus après l'annonce du décès de la mère de Didier Deschamps. Le sélectionneur va rentrer en France pour assister aux obsèques. Il sera absent pour le match France-Norvège après-demain. C'est son adjoint Guy Stéphan qui prend donc le relais.
France Info.
Le 8.30 France Info. Agathe Lambret, Paul Larouturou.
Avec Sébastien Chenu, vice-président Rassemblement National de l'Assemblée députée du Nord. Paul, on parle de l'IANA après le meurtre de l'IANA. Un rapport de l'Inspection Générale de la Justice et de la Gendarmerie a mis en lumière de graves défaillances.
Avec un document qui relance la question des moyens et du fonctionnement de la chaîne judiciaire, vous demandez, M. Chenu, davantage de magistrats, davantage d'enquêteurs, davantage de places de prison, comment vous financez tout cela ?
Vous savez, ce sont des logiques budgétaires qui seront différentes si nous arrivons au pouvoir. Ce qu'on voit en la matière, c'est une longue dérive. Une longue dérive de notre appareil judiciaire. Des carences et des défaillances. Elles n'ont pas toutes les mêmes origines. Des carences parce qu'il n'y a pas eu assez d'investissement. Et quand on parle de places de prison, nous, effectivement, on considère que c'est très important de considérer les places de prison. Emmanuel Macron en avait promis, je crois, 15 000 et on aura construit 3 500. Un établissement pénitentiaire, en moyenne, ça dépend du type d'établissement pénitentiaire, c'est 100 millions d'euros.
Voyez-vous, si nous fermons ce que nous souhaitons, le Conseil économique, social, environnemental, ainsi que ceux qui sont en région, vous pouvez en 5 ans faire 2 prisons déjà. Donc vous voyez, quand on mobilise la ressource publique différemment, on peut remplir des objectifs différents et atteindre des objectifs différents. Vous me dites, où est-ce que vous trouvez l'argent ? Je vous dis, en fermant un certain nombre de structures qui coûtent beaucoup d'argent français, qui n'ont aucune utilité, eh bien vous pouvez, de l'autre côté, construire des prisons. Vous voulez augmenter le budget global de la justice, qui a déjà considérablement augmenté pendant la décennie, Macron ?
Oui, il a augmenté, mais pas forcément uniquement dans les bonnes directions.
Il est de 10,7 milliards d'euros aujourd'hui. À combien vous le portez si vous êtes au pouvoir dommage ?
Je ne vais pas vous donner un chiffre, mais simplement parce que si vous considérez qu'il faut 80 000 places de prison, ça dépend du nombre d'établissements bancaires, combien faut-il de greffiers en plus ? Il faut, de toute façon, ça se fait sur 5 ans, il faut considérablement augmenter le budget de la justice.
Mais votre programme n'est pas prêt, Sébastien Chonu ?
Si, mais on est en train de le détailler, on est en train, budgétairement, on est en train de l'affiner. Parce qu'un programme, on ne va pas vous dupliquer le programme de 2022 en 2022. Je viens de vous expliquer que, par exemple, un établissement pénitentiaire, c'est en moyenne 100 millions d'euros. Donc combien faut-il d'établissements pénitentiaires ? De quel type ? Moi, je veux bien qu'on devienne immédiatement les experts à devoir vous annoncer immédiatement le coût du nombre de places de prison, exactement la virgule près. Je ne l'ai pas. Vous avez le droit de réfléchir. Un établissement pénitentiaire, c'est 100 millions d'euros. Je vous dis, par exemple, l'enfermement.
Je l'aurais dit, le Conseil économique et social, sur 5 ans, ça permet d'en faire 2. Mais il y a aussi des carences. D'un côté, vous avez les moyens, donc trouver de la ressource pour donner des moyens à la justice, mais aussi, pas uniquement d'ailleurs des places de prison, parce qu'on a l'impression qu'on s'enferme aussi dans un débat qui serait celui de construction de places de prison. Pas seulement. Moi, je suis fils d'une greffière. J'allais dire, le monde de la justice, c'est aussi des agents administratifs, c'est aussi des greffiers.
Et on l'a vu dans la problématique administrative, je ne parle pas de la carence judiciaire, de la défaillance absolue de l'IANA, mais on voit dans des problématiques administratives que souvent, les dossiers sont empilés et ne trouvent pas, ou n'arrivent pas au bureau d'ordre et ne trouvent pas leur vitesse de croisière adéquate, parce qu'on manque de greffiers, notamment. Mais il y a aussi des carences, parce que c'est un enjeu de civilisation, sur les peines. Et ça, c'est aussi quelque chose qui n'a pas évolué. Et vous voulez faire évoluer la loi.
Et là encore, je dois dire que quand vous avez un ministre de la Justice, c'était Éric Dupond-Moretti, dont la logique était le classement sans suite. Une logique assumée, désengorgée les tribunaux par le classement sans suite.
Il faisait exprès de demander de classer sans suite les affaires ?
Oui, c'était sa logique. Et bien là, je vais vous dire, non, non, ça a été sa logique. Et bien là, vous éloignez la victime du centre de la problématique. Moi, je pense qu'il faut remettre la victime, les victimes, au centre de la problématique.
Et justement, Sébastien Chenu, une loi dite intégrale va être examinée en septembre, a annoncé le Premier ministre hier. Intégrale, parce que c'est une loi globale qui a vocation à traiter de tous les domaines concernés par les violences sexistes et sexuelles, la justice, la police, la santé, l'éducation, le travail, l'enfance. Est-ce que le RN votera cette loi ?
On va regarder ce qu'il y a dedans. Moi, je ne suis pas fermé à ça. Mais un, tous les spécialistes nous disent qu'elle n'aurait rien changé à la problématique, aux problématiques que nous connaissons aujourd'hui, diverses et variées, et gravissimes, notamment de pédocriminalité. Beaucoup disent que ça n'aurait rien changé, en tous les cas, sur l'affaire Liana, sur le scandale de l'affaire Liana, ça n'aurait rien changé. Ce n'est pas pour ça qu'il ne faut pas la regarder et pas la voter.
Je note quand même, j'ai une petite réserve dans ce que j'ai cru voir, mais tout ça peut bouger dans cette loi intégrale, c'est que les rédacteurs font beaucoup porter la responsabilité, et je peux l'entendre, sur les familles ou sur les hommes. J'entends que les problématiques de pédocriminalité, souvent, sont dans les familles et sont dans une immense majorité, le fait d'hommes. Attention, moi je pense qu'il faut embarquer tout le monde dans ce sujet, dans cet enjeu de civilisation qui est la lutte, la protection de l'enfance. Non mais c'est-à-dire qu'il ne faut pas, d'un côté, faire peser sur les hommes une responsabilité qui n'est pas la leur.
On a besoin des hommes pour protéger les enfants, on a besoin des familles pour protéger les enfants. Je ne voudrais pas qu'à la fin, on dise simplement, c'est les hommes et les familles qui sont problématiques, et l'État qui est la solution. Il faut embarquer tout le monde dans la protection de l'enfance.
Sébastien, je vous ai dit, on parlait d'écologie tout à l'heure. Ça va coûter de l'argent, votre Blanquim, pour la justice aussi, ça va coûter de l'argent. Il y a aussi, sur le fond, la philosophie du Rassemblement National. Donc aujourd'hui, vous proposez la climatisation, mais qu'est-ce que vous proposez dans votre programme pour lutter contre le réchauffement climatique ? On sait que votre mesure phare, c'est la baisse de la TVA, notamment sur les carburants. Est-ce que c'est dans l'ordre des choses ? Est-ce que, vous avez vu, il fait 40 degrés dehors, vous maintenez cette mesure, subventionnez le carburant ?
Oui, bien sûr, c'est encore autre chose. Nous, notre logique, c'est celle d'une hostilité au libre-échange et à la mondialisation telle que nous la connaissons aujourd'hui. C'est-à-dire qu'effectivement, importer des produits qui viennent du bout du monde, ça a un coût très fort en matière de dérèglement climatique et de développement durable. Eh bien, nous, nous souhaitons effectivement, par le localisme, par la proximité, par l'industrie de proximité, par le patriotisme économique, changer de logique.
Et en même temps, vous avez voté il y a quelques jours un moratoire sur tous les nouveaux projets éoliens et solaires. Donc, ça veut dire que vous allez importer de l'énergie du bout du monde ?
Non, madame, parce que l'éolien... L'éolien en France, le solaire aussi ? L'éolien en particulier est une énergie intermittente. Ça veut dire que quand il n'y a pas de vent, tu n'as pas l'issade que de le dire, ça ne fonctionne pas. C'est une énergie qui coûte beaucoup, qui est très subventionnée et pas du tout à la hauteur des enjeux de demain. Il faut évidemment continuer à aller vers le nucléaire, vers le développement du nucléaire.
Sébastien Chenu, Jordan Bardella a été critiqué pour avoir été aperçu au Grand Prix de Monaco avec Maria Carolina de Bourbon des Deux Siciles le jour de la marche blanche pour Liana. Pour se justifier, il a eu cette réponse. Des marches blanches, il y en a tous les jours. Une réponse qui a fait réagir Gabriel Attal, ancien Premier ministre, qui était à votre place il y a quelques jours sur France Info.
Vous savez, ce qui m'a le plus interpellé et heurté dans tout ça, c'est plutôt la réaction quand la question lui a été posée et qu'il a répondu « Non mais des marches blanches, il y en a tous les jours ». C'est-à-dire comme si c'était quelque chose de banal, ce qui s'est passé avec Liana qui a été tuée. Je trouve qu'il y avait une forme de désinvolture sur ce sujet-là. Ça mérite quand même un peu plus de sérieux quand on en parle.
Est-ce que c'est de la désinvolture comme dit Gabriel Attal ? Et est-ce que vous, vous avez compris la réponse de Jordan Bardella ?
Non mais est-ce que ce n'est pas un peu minable qu'un ancien Premier ministre en soit là ? Il va s'en remettre que Jordan Bardella soit allé au Grand Prix de Formule 1 ?
Vous même vous expliquez qu'il y a eu un avant et un après Liana. Vous même vous dites ça, donc ce n'est pas une marche blanche comme une autre. Il y a eu un avant et un après Liana. Gabriel Attal ne critique pas le fait qu'il est au Grand Prix de Formule 1.
Il dit que dire « Il y a des marches blanches, il y en a tous les jours ». Cette phrase, Sébastien Chenu. Est-ce que Marine Le Pen, interrogée, elle aurait dit « Oh, des marches blanches, il y en a tous les jours ».
Mais j'en sais rien, chacun réagit.
Vous ne savez pas vraiment ?
Non mais je ne sais pas, chacun réagit avec son émotion sur le moment. Jordan Bardella ne sous-estime pas le traumatisme, parce que moi je pense qu'il y a eu un traumatisme dans le pays lié à cette affaire, ce scandale horrible de Liana. Je pense qu'il ne le sous-estime pas du tout. Maintenant, essayer d'en faire un objet de polémique matin, midi et soir, sincèrement. Je veux dire, la vraie polémique, c'est que Gérald Darmanin soit toujours garde des sceaux et toujours de la justice. Vous avez changé de la justice ? Non mais au bout d'un moment, il faut mettre les choses au niveau qu'elles doivent être mises.
Que Gérald Darmanin soit toujours garde des sceaux, avec des défaillances, des carences, et qu'il fasse demain sauter un en piste.
Vous, vous auriez dit des marches blanches, il y en a tous les jours, Sébastien Cheneu ?
Mais peut-être que j'aurais dit autre chose. Il se trouve que je n'ai pas dit ça, mais j'aurais pu peut-être dire que ce n'est pas une boulette.
Il y a un malaise au sein du RM. Plusieurs articles de presse ont rapporté qu'il y avait un malaise.
Non, mais je trouve qu'on essaye de faire déplacer, sur une expression de Jordan Bardella, un scandale qui est celui d'un système judiciaire totalement défaillant, totalement carencé, et un ministre de la justice qui va faire sauter quelques lampistes pour préserver ses fonctions. Il était à votre place hier, vous demandez toujours sa démission. Parce que Marine Le Pen a changé d'avis, monsieur. Il serait remplacé par quelqu'un qui serait probablement de la même couleur politique que lui. Mais s'il avait un peu de grandeur, s'il était l'homme politique qu'il dit être, Gérald Darmanin, eh bien il aurait remis sa démission, évidemment.
La question qui fait une bolette, Sébastien Cheneu. Laurent Jacobelli, votre collègue du RN, a beaucoup fait réagir en disant à votre place il y a quelques jours que si les Français demandaient un référendum sur la peine de mort et que son rétablissement était approuvé, votre parti respecterait la volonté populaire. Pourtant Marine Le Pen en 2022 disait que c'était inconstitutionnel. Alors c'est la ligne de votre parti aujourd'hui ?
Non, non, non. La ligne de Marine Le Pen c'est toujours la même. D'abord, ce serait très compliqué, il faudrait changer énormément de choses, sortir d'un certain nombre de traités. Donc ce n'est pas techniquement possible. Vous parlez à quelqu'un ? Moi qui suis abolitionniste en plus.
Mais donc c'était une bolette de la part de Laurent Jacobelli ?
Non, je pense que ce que voulait dire Laurent Jacobelli, c'est qu'il faut toujours entendre la volonté populaire. Mais Marine Le Pen avait indiqué que... C'était une bolette ou pas ? Comment ? C'était une bolette ou pas ? Non, ce n'est pas une bolette, c'est une expression qui veut dire qu'il faut entendre la volonté populaire.
Non, il n'a pas dit ça. Il a dit que si les Français disent qu'il faut rétablir la peine de mort,
à ce moment-là, on respectera leur volonté. Ce n'est pas dans notre programme que de rétablir la peine de mort.
Ça veut dire qu'il faut respecter la volonté populaire, mais si les Français demandent quelque chose avec lequel vous êtes fondamentalement en désaccord, à ce moment-là, vous ne respectez pas la volonté populaire.
Non, ça veut dire que lorsque ce n'est pas possible, et lorsqu'il faut faire évoluer constitutionnellement les choses ou à travers un certain nombre de traités, et qu'on ne peut pas le faire, eh bien on ne peut pas le faire. Donc ce débat ne mérite pas d'être posé pour vous ? Non, ce n'est pas un débat qui mérite aujourd'hui d'être posé. Moi j'entends, en revanche, j'entends ce que disent les Français, je ne suis pas sourd, j'entends ce que disent beaucoup d'habitants de Français qui disent qu'il faudrait la peine de mort pour des gens pareils, tellement l'horreur du crime saute aux yeux de tout le monde.
Ce qu'il faut c'est une perpétuité réelle, c'est que ces gens ne ressortent pas, car s'il y avait une perpétuité réelle, il n'y aurait pas ce débat, ou en tous les cas cette expression populaire qui dit qu'il faut revenir à la peine de mort. Si on était sûr que ces gens qui ne peuvent pas s'amender, des délinquants et des malades ne ressortent pas, alors ce débat n'aurait pas lieu de s'ouvrir.
Merci beaucoup d'avoir répondu à la question de France Info. Merci Paul. A demain.
Sébastien Chenu