Marine Le Pen
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:24OuverteÉludée
Est-ce que ça correspond à votre hiérarchie, à vos priorités de fin de campagne ?
- 0:31RelanceRéponse partielle
C'est pas Nicolas Sarkozy, le candidat le plus détesté de vos militants et sympathisants ?
- 1:22FerméeRéponse partielle
Donc en France, Nicolas Sarkozy n'est pas votre principal adversaire ?
- 1:56OuverteRéponse partielle
Et Jean-Luc Mélenchon, il est en système aussi ?
- 2:31FerméeRéponse partielle
Le MEDEF défend l'immigration ?
- 3:42ComplaisanteRéponse partielle
Je reviens aux Zéniths et aux cris de vos sympathisants.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:07Invité politiqueFait
« imposer et autoriser des SMIC différenciés, c'est peut-être une avancée pour la Bulgarie, mais en l'occurrence pour la France, c'est un recul. »
- 1:14Invité politiqueFait
« ça va permettre de mettre en place des SMIC à 600 euros ou à 500 euros dans des secteurs qui sont particulièrement tendus. »
- 2:41Invité politiqueFait
« le MEDEF défend régulièrement une immigration supplémentaire parce que le MEDEF sait que ça pèse à la baisse sur les salaires. »
- 2:51Invité politiqueFait
« la partie du MEDEF de la restauration qui réclamait la régularisation en masse des clandestins qui travaillent dans les restaurants de ces messieurs. »
- 4:27Invité politiquePromesse
« Un Mohamed Merah qui a 18 ans, a 15 condamnations à son casier judiciaire, il ne serait jamais devenu français si j'avais été au pouvoir. »
- 4:43PrésentateurFait
« Les parents étrangers d'un enfant né en France peuvent demander la nationalité française dès l'âge de 13 ans. »
- 4:44PrésentateurFait
« L'enfant lui-même peut le demander dès 16 ans. »
- 5:48Invité politiqueFait
« tous les grands réseaux terroristes, et 95 ou 97 ou 98, peut-être pour cent, des attentats qui sont commis aujourd'hui dans le monde entier, sont le fait du fondamentalisme islamique. »
- 6:52Invité politiqueChiffre
« quand on est en situation économique affaiblie, continuer à faire venir et à entretenir des gens qui ne peuvent pas travailler, puisqu'il y a 5 millions de chômeurs. »
- 7:00Invité politiqueChiffre
« 200 000 étrangers légaux par an, c'est énorme. C'est beaucoup plus que sous Jospin, je le rappelle. »
- 7:50PrésentateurChiffre
« il y a 15 millions d'étrangers qui sont rentrés ces dernières années sur le sol français. »
- 8:26Invité politiqueChiffre
« il y a 15 millions de Français qui sont entrés en France, d'étrangers plutôt, d'étrangers qui sont entrés en France dans notre pays. »
Temps de parole
- Marine Le Pen78 %
- Présentateur22 %
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Marine Le Pen est donc l'invité de France Inter jusqu'à 9h. Marine Le Pen, j'ai suivi votre dernier grand meeting, c'était donc avant hier soir au Zénith de Paris. Une heure et demie de discours devant 6000 sympathisants très réactifs. Et à l'applaudimètre, si je puis dire, sur le podium de ceux qui déclenchent les plus fortes huées, on trouve numéro 1 champion au la main Nicolas Sarkozy, puis Jean-Luc Mélenchon, et en numéro 3 seulement, assez loin derrière, François Hollande. Est-ce que ça correspond à votre hiérarchie, à vos priorités de fin de campagne ?
Non, pas du tout.
Non ? C'est pas Nicolas Sarkozy, le candidat le plus détesté de vos militants et sympathisants ?
Non, non, non, pas du tout. Mes sympathisants et mes militants, ils détestent le système, voilà. Dans lequel ils sont enfermés, ils l'ont crié, d'ailleurs, ils sont ni de droite ni de gauche. Et ils considèrent que la droite et la gauche mènent la même politique. C'est en quoi je partage tout à fait leur analyse. On est en train de nous balader depuis des années, notamment avec la commission sociale, ça continue l'Europe sociale, ça continue ce matin. D'ailleurs, on nous explique que la commission propose des choses pour aller vers le social. Moi, j'ai une analyse exactement inverse à celle-là.
Parce qu'imposer et autoriser des SMIC différenciés, c'est peut-être une avancée pour la Bulgarie, mais en l'occurrence pour la France, c'est un recul. C'est un recul puisque ça va permettre de mettre en place des SMIC à 600 euros ou à 500 euros dans des secteurs qui sont particulièrement tendus. Donc en France, Nicolas Sarkozy n'est pas votre principal adversaire ? C'est le système qui est mon principal adversaire. Moi, je suis adversaire de tous ceux qui sont pour un fédéralisme européen. C'est vrai que Nicolas Sarkozy et François Hollande sont pour un fédéralisme européen.
C'est-à-dire qu'ils sont pour l'abandon de la structure nationale, des défenses nationales, qu'elles soient les frontières à la circulation de l'immigration ou des réseaux, qu'elles soient les frontières à la spéculation des capitaux, qu'elles soient les frontières à la concurrence des loyales que nous font un certain nombre de pays. Et Jean-Luc Mélenchon, il est en système aussi ? Oui, puisqu'il est un internationaliste. Et d'ailleurs, c'est si vrai, M. Cohen, que le but de Jean-Luc Mélenchon, c'est de lutter contre Marine Le Pen. C'est ce que fait le système depuis 30 ans, lutter contre le Front National. Ça n'a rien de très nouveau, vous l'admettrez.
L'appartenance au système se définit par le combat contre vous.
Non, il y a deux éléments qui m'apparaissent fondamentaux. Ceux qui défendent l'Europe, or c'est le cas de M. Mélenchon, et ceux qui défendent l'immigration, à côté du MEDEF. Eh bien, ces deux éléments-là, effectivement, c'est une grille de lecture pour savoir si quelqu'un participe du système économique ultra-libéral qui est imposé aujourd'hui, ou s'il n'y participe pas.
Le MEDEF défend l'immigration ?
Bien sûr, le MEDEF défend l'immigration. Il demande de la irrégularisation, mais bien sûr, en permanence. Vous faites l'étonner ? C'est quand même grave que vous ne sachiez pas ça, M. Cohen. Oui, le MEDEF défend régulièrement une immigration supplémentaire parce que le MEDEF sait que ça pèse à la baisse sur les salaires. Et je vous rappelle, le débat il y a encore quelques mois, avec la partie du MEDEF de la restauration qui réclamait la régularisation en masse des clandestins qui travaillent dans les restaurants de ces messieurs. Eh bien, en cela, ce combat, M. Mélenchon, le partage, c'est vrai, avec le MEDEF, le partage avec la CGT, c'est très différent, par exemple en Allemagne.
C'est intéressant de le voir. Les syndicats allemands, lorsque le gouvernement allemand réclame plus d'immigration, les syndicats allemands hurlent. Hurlent parce qu'ils accusent, à juste titre, le gouvernement de vouloir récupérer des points de compétitivité en utilisant l'immigration pour peser à la baisse sur les salaires. Ça veut dire que les syndicats allemands ont compris très exactement quel était l'intérêt de la part du système de faire entrer l'immigration. Alors, les syndicats français, je ne crois pas qu'ils n'aient pas compris. Je pense qu'ils sont complices de cela.
Je reviens aux Zéniths et aux cris de vos sympathisants. Quand vous avez parlé d'immigration et du cadre de Mohamed Merah, la foule a crié « On est chez nous ».
Oui, quelle extraordinaire preuve de bon sens. C'est qui « on » ? On, nous, les Français, on est chez nous, oui. Non, ils ne sont pas chez eux ?
Il y a trop d'étrangers en France ?
Non, mais ils ne sont pas chez eux, les Français ?
Il y a trop d'étrangers en France, dites-vous ?
Est-ce que les Français sont chez eux ? Oui ou non ?
Quel est le lien entre l'immigration et Mohamed Merah ?
Ah, il est issu de l'immigration et il n'aurait pas été français si j'avais été au pouvoir.
Quelle est la définition de l'immigration ?
Je vais vous dire très clairement pourquoi. Parce qu'il existe en France aujourd'hui une acquisition automatique de la nationalité. Moyennant quoi, les voyous peuvent devenir français. Il suffit qu'ils soient sur le territoire depuis un certain nombre de temps pour devenir automatiquement français. Avec moi, il en sera différemment. Avec moi, on jugera les gens s'ils méritent d'être français. Un Mohamed Merah qui a 18 ans, a 15 condamnations à son casier judiciaire, il ne serait jamais devenu français si j'avais été au pouvoir.
Ce n'est pas exact parce que ça peut se faire dès 13 ans. Les parents étrangers d'un enfant né en France peuvent demander la nationalité française dès l'âge de 13 ans.
Et bien ça, ce sera supprimé.
Et l'enfant lui-même peut le demander dès 16 ans.
Et bien si je suis au pouvoir, c'est supprimé. On hérite de la nationalité française ou on la mérite. C'est-à-dire, et c'est d'ailleurs, recréer une confiance dans ceux qui acquièrent la nationalité française. Puisqu'à partir du moment où les critères seront des critères de respect de la loi, d'honnêteté de comportement, de sincérité de l'amour porté au pays, et bien tous ceux qui obtiendront la nationalité française seront immédiatement accueillis à bras ouverts. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui pour la raison simple, c'est qu'encore une fois, on a naturalisé des gens sans rien leur demander comme critère, et dont des gens comme M. Mérat et d'autres.
Mohamed Mérat n'est pas naturalisé, il est né en France, ce n'est pas un immigré.
Oui, mais moi je considère que le simple fait d'être né en France ne fait pas de vous un Français. Voilà, je suis contre le droit du sol, vous le savez.
Y a-t-il un lien entre immigration et terrorisme, comme l'ont fait certains de vos proches ? Qui ? Valrand de Saint-Just.
En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il y a un lien entre le fondamentalisme islamique et le terrorisme. Puisque tous les grands réseaux terroristes, et 95 ou 97 ou 98, peut-être pour cent, des attentats qui sont commis aujourd'hui dans le monde entier, sont le fait du fondamentalisme islamique.
Y a-t-il un lien entre immigration et terrorisme en France ?
Il y a un lien entre immigration et terrorisme. Je crois qu'il y a un lien entre la montée du fondamentalisme islamique et l'immigration. Parce que le fondamentalisme islamique, il ne tombe pas du ciel, il ne sort pas de terre, il vient importer par un certain nombre de personnes. Je vais vous donner un exemple. Nicolas Sarkozy, qui s'est réveillé brutalement au dernier moment, a expulsé il y a quelques jours, pour des raisons purement électoralistes, un homme qui était présent sur notre territoire, et qui avait déjà commis des attentats au Maroc en 1994. Alors vous voyez, dans ce cas-là, oui, il y a un lien évident entre l'immigration et le terrorisme.
Et plus d'immigration, avez-vous dit, toujours au Zénith, c'est plus de chômage, plus d'insécurité, plus de déficit budgétaire, plus de dettes. Donc l'immigration est la cause de tous nos problèmes en France.
Pas de tous les problèmes, mais c'est une cause importante, effectivement, parce que quand on est en situation économique affaiblie, continuer à faire venir et à entretenir des gens qui ne peuvent pas travailler, puisqu'il y a 5 millions de chômeurs, et dans des proportions qui sont spectaculaires, 200 000 étrangers légaux par an, c'est énorme. C'est beaucoup plus que sous Jospin, je le rappelle. Donc merci Nicolas Sarkozy, au passage.
Le solde est moins important, vous le savez.
Oui, bien sûr, oui, ça c'est ce que vous nous racontez depuis des années. On a dit aux Français que depuis 1974, il n'y avait plus d'immigrés. Il n'y avait plus d'immigration. Non, mais... Bon, alors moi je veux bien. Il n'y avait plus d'immigration, je dis que le solde n'est pas de 200 000.
Il y a 200 000 qui rentrent, et 100 000, à peu près la moitié, qui partent chaque année.
Oui, mais oui, c'est ça. Et puis plus les clandestins. Vous les comptez, vous ? Et puis plus les clandestins.
Vous avez des comptages ?
Plus les clandestins. Non, mais j'aimerais bien qu'on en ait. Vous voyez ? J'aimerais bien, ce serait bien peut-être quand même, d'avoir véritablement des chiffres. Parce que Mme Tribala dit à juste titre, et elle n'est pas de ma paroisse, c'est le moins qu'on puisse dire, dit à juste titre qu'on a les yeux grands fermés sur l'immigration, qu'on nous ment, et qu'on empêche même les Français de connaître la situation exacte de l'immigration. Mais ça me permet, M. Cohen, de rappeler quelque chose.
En matière de chiffres fantaisistes, hier vous avez dit, il y a 15 millions d'étrangers qui sont rentrés ces dernières années sur le sol français.
Ah bon, et ?
15 millions. Et ? Mais pourquoi pas 40 ?
Mais combien on était en 1945, M. Cohen ?
15 millions d'étrangers ?
Combien étions-nous en 1940 ou 45 en France ?
Je pense une quarantaine de millions.
Nous sommes 65 millions.
Oui, vous savez qu'il y a la démographie. Oui, et donc vous comptez, vous faites la soustraction et vous comptez...
Croyez-vous très sincèrement, qu'en ayant fait moins de deux enfants par couple, oui, c'est le cas, non, non, non, non, non, non, non, non, pendant 40 ans, ça n'a pas été le cas, à part le petit baby-boom. Oui, je dis qu'il y a 15 millions de Français qui sont entrés en France, d'étrangers plutôt, d'étrangers qui sont entrés en France dans notre pays. Mais je tiens à vous dire, et je tiens à le dire à vos auditeurs, que moi, je ne lutte pas contre les immigrés. Je ne les tiens pas pour responsables de la situation.
Je lutte contre l'immigration et je considère que les responsables sont nos dirigeants politiques qui ont fait ce choix depuis 30 ans, en dépit du bon sens, en aggravant nos déficits sociaux, en obligeant à la prise en charge de personnes qui, par définition, ne pouvaient pas subvenir à leurs propres besoins à cause du chômage massif que nous subissons. Et par conséquent, ce sont les politiques qu'il faut sanctionner lorsqu'on est en désaccord avec cette politique d'immigration.
Marine Le Pen, invitée de France Inter jusqu'à 9h, avec dans quelques minutes les questions des auditeurs de France Inter qui nous appellent au 01 45 24 7000.
Marine Le Pen