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interviewRMC (sur Podcast)· 28 mars 2023 25 min

Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée des PME, du Commerce, de l'Artisanat et du Tourisme - 28/03

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

BFM Business présente Edwige Chevrillon, la grande interview. Bonsoir à tous, bienvenue dans la grande interview de ce soir. Mon invité, c'est la ministre déléguée en charge des PME, du commerce, de l'artisanat et du tourisme. Bonsoir Olivier Grégoire. Bonsoir Edwige Chevrillon. Merci d'être là, merci d'être arrivé jusqu'au studio de BFM Business. En même temps, on a vu que, en manifestation, on va plutôt vers un essoufflement lorsqu'on regarde les chiffres. Enfin, 740 000 manifestants en France selon le ministre de l'Intérieur, 2 millions selon la CGT bien sûr, 93 000 à Paris.

Un commentaire, est-ce qu'on peut dire que quelque part le président Macron a gagné son bras de fer face à la rue, face au syndicat ?

0:42
Olivia Grégoire

Je me garderais bien, surtout à 19h33, d'annoncer cela. Au demeurant, qu'il y ait des manifestations, c'est très bien. Qu'il y ait des casseurs, et c'est vrai que je suis assez vigilant de vu l'heure et la nuit arrivant, je commente assez peu. Parce que vous le savez comme moi, c'est souvent à la tombée de la nuit que les difficultés apparaissent et les tensions apparaissent. Il y a des désaccords, il y a un mouvement populaire important. On l'a toujours dit. Mais il s'essouffle quand même. Il s'essouffle un peu. C'est certainement pas à moi de parler d'essoufflement. Je suis très vigilante.

1:16
Présentateur

Est-ce qu'il y a un péril jeune ? Parce que ce qui est quand même frappant, c'est qu'on voit de plus en plus de jeunes dans ces manifestations. On l'a vu jeudi dernier et on l'a vu aujourd'hui.

1:24
Olivia Grégoire

J'ai deux options. Je prendrais la deuxième. Je ne vais pas vous faire une réponse en langue de bois. Péril, même si c'était un très bon film, je ne parlerai pas de ça. Mais je dis qu'évidemment, tous les gouvernements s'inquiètent. Et ce n'est pas nouveau quand les jeunes rejoignent les mouvements de manifestants. Et évidemment, nous sommes, et j'étais cet après-midi aux côtés d'Elisabeth Borne, aux questions d'actualité au gouvernement, extrêmement attentifs à la situation. pour voir aussi la mobilisation des jeunes. Et surtout, éviter la concomitance entre notre jeunesse, qui n'est sûrement pas contente pour plein d'autres raisons aussi que les retraites et qu'ils l'expriment.

Pas mal de questionnements sur le fonctionnement démocratique, le 49-3. Et c'est légitime de poser des questions. On a tous eu 18 ans et on a tous été contre des choses. Donc, c'est normal. Mais aussi, ces Black Blocs, ces casseurs qui viennent chercher, juste à, pardonnez-moi l'expression, à caillasser des vitrines et à caillasser des forces de l'ordre. Moi, ma hantise, c'est la rencontre des deux. Donc, que notre jeunesse se mobilise, oui. Qu'elle soit protégée, trois fois oui. Et merci aux forces de l'ordre de le faire.

2:25
Présentateur

Olivier Grégoire, justement, ça fera le lien. Quel impact sur le commerce et les entreprises ? Hier, vous avez fait un point. Je recevais à ce moment même Thierry Cotillard, le patron des Mousquetaires, Intermarché, Netto, Abricomarché, etc. Lui disait, évidemment, pour la grande distribution, tout va bien, plutôt même très bien. Pour le commerce des centres-villes, notamment à Paris, Rennes, on a vu là où les chiffres sont catastrophiques. À Bordeaux, c'est très compliqué, non ?

2:51
Olivia Grégoire

Alors, déjà, merci de rappeler Edwige Chevrillon qu'il n'y a pas que Paris. L'ensemble des grandes villes de France et certaines moyennes villes sont touchées. Très touchées même. Et moi, j'ai à cœur, pour les voir toutes les semaines, les organisations professionnelles, les syndicats qui sont souvent sur votre plateau, l'UMI, les représentants des indépendants, des restaurateurs, la CPME, l'UDP, les indépendants. Je ne sais pas si ceux qui nous écoutent, qui en sont peut-être, des commerçants, des indépendants, ceux qui n'en sont pas, mais je ne sais pas, il faut se mettre deux minutes à leur place. On est en 2023. Moi, j'ai été élu dans 2017.

Depuis 2018, ils enchaînent les épisodes de crise. La situation, elle est difficile pour nos commerçants, elle est difficile pour les restaurateurs, notamment ceux qui transforment. On a beaucoup parlé, grâce à vous notamment, des difficultés des boulangers, de nos artisans avec le prix de l'énergie. Mais un restaurateur qui transforme sa matière première, il n'a pas que les problèmes des grèves, il a le problème de l'inflation, il a les problèmes aussi de trésorerie, il a augmenté les salaires, il a les factures d'énergie qui arrivent, il sort des gilets jaunes. Ils sont moralement épuisés, et ça se comprend. Ils demandent une seule chose, et ils se sont exprimés qu'on les laisse bosser.

Les chiffres commencent, si les choses devaient durer, à devenir inquiétants. On parle de moins 20% à Paris. Les symboles, on ne gouverne pas avec des symboles, mais aujourd'hui, la tour Eiffel, fermée. Qu'est-ce qu'on dit aussi aux touristes qui reviennent ? Les chiffres du tourisme, on en parlera peut-être, sont très bons. La France a retrouvé ces chiffres d'avant la crise Covid. On a des centaines de milliers d'entrepreneurs qui se battent comme des dingues pour garder leur restaurant ouvert, pour refaire de la marge dans leur commerce. Mais qu'est-ce que vous pouvez faire pour eux ? Qu'est-ce que vous pouvez faire pour eux, là ? Est-ce que vous pouvez envisager quelque chose ?

Est-ce que fait déjà le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, matin, midi et soir ? C'est-à-dire protéger au maximum en déployant, c'est pareil, 13 000 forces de l'ordre aujourd'hui à Paris, qui protègent bien sûr les russes. Vous voyez les images pendant qu'on parle, on voit les images en direct. J'en appelle à la responsabilité de ceux qui sont autour des casseurs. Et je sais qu'il y a des manifestants qui ne sont pas des casseurs et qui sont désolés. Les services d'ordre, pour certains des syndicats, sont désolés devant ce spectacle affligeant. On l'entend, je pense, à ma voix. Je suis affligée, désolée, pas loin d'être enragée, parce que nous, on fait tout.

On a tout fait en 2020 avec les fonds de solidarité, pour accompagner, avec le chômage partiel, dépasser la crise Covid. On se bat. La croissance est là. Les touristes sont là. Les perspectives de consommation se maintiennent

5:17
Présentateur

et on ne les laisse pas bosser. Et on a envie de dire, il ne fallait peut-être pas faire la réforme des retraites tout de suite. C'est ce qu'on peut conclure en vous entendant, Olivier Grégoire.

5:24
Olivia Grégoire

Je ne suis pas du genre à me défiler quand on pose...

5:28
Présentateur

On sortait à peine de la crise sanitaire. Y a-t-il,

5:30
Olivia Grégoire

Y a-t-il, Edwige Chevrillon, vous avez de l'expérience. Moi, ça fait 20 ans que j'écoute ces débats sur les retraites. Est-ce qu'il y a déjà eu, en 20 ans, des réformes des retraites qui sont passées tranquilles ? Jamais. Non, mais justement. Jamais.

5:42
Présentateur

Il fallait profiter, il fallait attendre un tout petit peu. Il y a 4 ans encore qui restent.

5:45
Olivia Grégoire

On nous aurait dit, à juste titre, il y a d'autres problèmes. Il y a l'inflation, il y a la guerre en Ukraine. sur nos retraites à horizon 2030 se creusent aussi malgré tout ça. Quel est le bon moment, Edwige Chevrillon ? Quel est le bon moment pour faire une réforme qui demande un effort ?

6:04
Présentateur

C'est que tout le monde

6:04
Olivia Grégoire

retrouve un peu de santé financière, économique. Il n'y a pas d'impact à très court terme. Tout de suite, en termes d'économie. C'est une réforme qui est extrêmement responsable. Et je veux dire une chose, le président de la République l'a rappelé, il n'était pas obligé de la faire. On serait des populistes qui gouvernons avec des courbes de sondage qu'on ne l'aurait pas fait.

6:25
Présentateur

Il lui reste 4 ans.

6:26
Olivia Grégoire

Mais qu'est-ce qui nous dit ? Vous savez, quand on a démarré en 2017, qui aurait parié la situation de 2020 ? Qui aurait parié le 24 février 2022 qu'on rentrerait en guerre avec l'Ukraine et la Russie ? Personne. Qu'est-ce qu'on a demain dans les deux ans qui peut encore arriver dans ce monde qui est très instable ? On ne sait pas quel est le bon moment pour être responsable. Moi, c'est ça la question. Et il y a une autre chose que je voulais dire sur les retraites. 20 ans qu'il y a des réformes, 20 ans qu'elles ne se passent pas dans l'apaisement et l'allégresse. 20 ans que certains gouvernements, dont de gauche, ont à utiliser, parfois, le 49-3 à prendre des positions difficiles.

20 ans que les oppositions, à commencer par l'extrême droite, disent « Si jamais on arrive au pouvoir, nous, on la reprendra et on la corrigera. Jamais une réforme des retraites n'a été annulée. Jamais. Ça s'appelle du courage. On n'est pas élu pour les sondages. »

7:16
Présentateur

Justement, lorsque vous écoutez Laurent Berger ce matin qui dit « Une médiation, il faut une médiation, une main tendue. il faut la saisir. »

7:24
Olivia Grégoire

J'entendais le monsieur qui parlait au 19-30, là, juste avant, en disant « Fermez la porte. » Une médiation sous-entendrait que les portes sont fermées. Les portes, elles sont ouvertes. à l'Élysée. Elles sont ouvertes. À Matignon.

7:36
Présentateur

Ils n'ont pas été reçues.

7:37
Olivia Grégoire

Elle ne veut pas recevoir. Elle n'est pas ouverte, la porte. Alors, attendez. Il y a eu des propositions d'échange. Comment on peut dire qu'elle est ouverte ? Le président de la République a proposé au syndicat, à la rentrée dernière en septembre, d'échanger. Non, mais là,

7:48
Présentateur

il a reçu une lettre. Du reste, il va recevoir une autre lettre de la paix syndicale.

7:51
Olivia Grégoire

Aujourd'hui, le texte, il est au Conseil constitutionnel qui a un mois et qui ira sûrement plus vite pour rendre son avis. La porte, elle est ouverte, mais si le préalable à la discussion, c'est de retirer la réforme, on ne sera pas d'accord. Pause. Pause, ce n'est pas retirer, c'est pause. Écoutez, c'est une proposition, je crois, qui a été faite ce matin. Oui, Laurent Berger. Je connais la Première ministre et sa responsabilité. On verra dans les prochains jours. Je ne pense qu'au moment où on se parle, le porte-parole du gouvernement s'est exprimé. Moi, j'entends que pour une médiation, il faut des portes fermées.

Ce n'est pas le sentiment que j'ai ni en Conseil des ministres ce matin ni auprès de la Première ministre cet après-midi. Les portes ne sont pas fermées. Ils n'ont été reçus ni, je ne veux pas ce que vous voulez dire, pendant des mois, ni par Emmanuel Macron, ni par Elisabeth Borne. Mais bien sûr que si, la Première ministre est là pour la réforme des retraites, sur le texte de la réforme des retraites. Mais elle a dit qu'il n'y a aucun problème pour qu'on parle de ce qui manque dans cette réforme des retraites. Qu'est-ce qui manque ? Le juré professionnel, il faut améliorer des points sur la pénibilité, pourquoi pas ?

Mais c'est quand même, on a assez peu de temps et si on parle d'économie, mais c'est quand même un peu ubuesque cette affaire. Si vous m'autorisez, les mêmes qui ont tout fait pour qu'on n'arrive pas au vote sur l'article 7. Les mêmes. Ça c'est les politiques, moi je parlais des syndicalistes. Ah oui, mais enfin bon, il y a un moment, la CFDT et la CGT sont aux côtés, en tout cas soutenus, je ne sais pas quel est le bon mot.

9:09
Présentateur

La CFDT est aux côtés de les filles de NUPES ?

9:12
Olivia Grégoire

Non, je dis qu'aujourd'hui dans les cortèges, il y a beaucoup de gens, dont les NUPES, pour beaucoup, effectivement des syndicalistes et pas uniquement d'ailleurs la CFDT et la CGT, il y a d'autres syndicats qui sont mobilisés. Le fil de la discussion n'est pas rompu. La médiation à 7h, sous-entendrait qu'il y a une porte fermée, ce n'est pas le sentiment que j'ai.

9:31
Présentateur

Juste un point sur le... Je vous disais qu'elle n'a pas sur le commerce et le tourisme. Est-ce qu'on peut, je ne sais pas, envisager 15 jours de décalage de TVA, enfin un mois, on peut envisager une mesure comme ça pour aider les commerçants qui ont été impactés ou pas ? Ce n'est pas dans les tuyaux. Ce n'est pas sur la table,

9:48
Olivia Grégoire

mais en tant que ministre du commerce, c'est ma mission que d'anticiper si les choses s'aggravaient. Donc, est-ce que je bosse au cas où les choses s'aggravaient pour avoir des propositions ? On est en train de travailler si les choses ne s'amélioraient pas et c'est bien normal. On ne les a jamais lâchées. Ils le savent très bien. Qu'est-ce qu'ils me disent d'autre ? Ils sont très francs les artisans commerçants. C'est pour ça que j'aime ces gens. Vos décalages d'Ursav, de TVA et tout, c'est reculer pour mieux sauter. Ils l'ont vécu, ils l'ont eu pendant le Covid. Vous le savez très bien. Donc, on peut tout envisager.

Typiquement, un décalage d'Ursav, ça peut se regarder, si tant est que ce soit quelque chose qu'ils demandent. Aujourd'hui, ce qu'ils demandent, c'est qu'on les laisse bosser pour dire les choses simplement. C'est ça. Mais à un moment, il faut bien... C'est aussi terrible pour eux parce qu'on parle commerçants, artisans. Des artisans restaurateurs qui ont 66, 67, 68 ans, 69 ans qui bossent 12 heures par jour, il y en a des centaines de milliers. Ils ne comprennent même pas les débats qu'on a là.

Et je rappelle, parce qu'on n'en parle jamais, que ces gens, pour les indépendants, ont eu une retraite complémentaire bien plus tard que les autres et que le niveau minimal de leur pension, il est faible. Et sur les indépendants,

10:50
Présentateur

ce n'est pas clair encore.

10:51
Olivia Grégoire

Il est faible. Donc, j'entends bien certains qui veulent garder des avantages acquis, mais ce n'est pas en caillassant des commerçants et des artisans qui ont des petites retraites et qui bossent jusqu'à super tard qu'on va trouver une solution.

11:02
Présentateur

Justement, sur... Peut-être ça peut les aider, je ne sais pas, sur l'amortisseur d'électricité puisqu'on parlait du prix, l'énergie, coût l'énergie qui les pénalise. La date butoir, vous êtes prête à la décaler ?

11:13
Olivia Grégoire

Oui. Oui. Trois cas de figure. Déjà, rassurez celles et ceux qui nous écoutent, les factures sont en train d'arriver pour un certain nombre de fournisseurs, dont les plus importants. Les factures ont été envoyées en fin de semaine dernière et tout au long de cette semaine. Donc, les factures sont en train d'arriver. Est-ce qu'elles ont été décalées volontairement ? Oui. Pourquoi ? Parce que Bruno Le Maire et moi-même avons demandé à ce qu'il y ait l'amortisseur et il nous ristourne en gros direct de 15 à 20% sur les factures. C'est pour ça que ça a été décalé. Est-ce qu'on pourra payer en deux mois et aller ses paiements quand on va recevoir en mars la facture de janvier-février ? Oui.

Est-ce que si on reçoit sa facture et qu'on s'est dit mince, j'ai oublié d'envoyer l'attestation, est-ce qu'on peut encore le faire et jusqu'au mois de juin, c'est l'annonce que je vous fais ce soir, 2023 ? Oui, c'est une décision que nous avons prise avec Agnès Pannier-Runaché. Il n'y a pas de date butoir au 31 mars et ces aides, l'amortisseur, la ristourne, elle est rétroactive. Si vous envoyez en avril, vous pourrez avoir l'amortisseur sur les mois précédents. Si l'amortisseur ne suffit pas, on a des cas et j'en ai tous les jours ou 15 à 20%, ça ne résout pas l'intégralité du problème.

impots.gouv.fr, un guichet qui ressemble à celui qui était pour le fonds de solidarité tous les deux mois. Un peu plus simple, on peut imaginer. Oui, vous savez, pour le coup, autant les décalages de TVA, ils n'en veulent pas, autant le guichet tous les deux mois, ils ont bien compris comment ça fonctionnait et j'en profite pour remercier les experts comptables aux côtés de nos artisans commerçants avec qui je travaille beaucoup, qui les accompagnent et qui ne font pas des honoraires en plus pour faire ces opérations-là. Tous les deux mois, on peut envoyer ces factures d'énergie, c'est encore 20% en moins. Amortisseur et guichet, c'est 40% de la hausse qui est prise en charge par l'État.

Nous avons des cas et j'en termine Edwige Chevrillon où ça ne suffit pas encore. L'amortisseur et le guichet. Sur impots.gouv.fr, sur la page d'accueil, tous les entrepreneurs de France peuvent contacter directement sur leur mobile, sur un téléphone portable, les conseillers départementaux à la sortie de crise. On trouve des solutions tous les jours. On décale les impôts ou les charges fiscales ou sociales. On le fait tous les jours, pour trouver des solutions. Donc, on accompagne. Il y a 12 milliards d'euros pour accompagner. On a 75% de nos TPE-PME qui ont envoyé cette attestation. C'est une bonne nouvelle. 75%, d'accord.

Mais comme je suis un peu perfectionniste, ça veut dire que 25% ne l'ont pas fait. Et c'est pourquoi, avec Agnès Pannier-Runacher, nous leur disons ce soir, c'est compliqué. Vous aurez jusqu'au mois de juin

13:40
Présentateur

pour pouvoir envoyer l'attestation. Sur les 12 milliards que vous venez de mentionner, il y en a combien qui ont déjà été utilisés ?

13:46
Olivia Grégoire

Trop peu, on n'est pas encore un milliard. C'est ça, hein ? Trop peu, oui, mais c'est aussi normal. Mettons-nous dans la peau d'un artisan commerçant, tu n'as pas reçu ta facture, tu ne peux pas demander d'aide. Donc, c'est normal. Les factures sont en train d'arriver. L'argent est là et j'en profite pour dire une chose, je sais que ça vous tient à cœur, ça n'est pas de la dette, Edwige Chevrillon. C'est la taxation des énergéticiens. Ça ne doit pas faire

14:04
Présentateur

qu'on va dépasser les 3 000 milliards.

14:05
Olivia Grégoire

Non, parce que c'est ce qu'on a décidé en Europe, ça c'est pour ceux qui n'aiment pas l'Europe, heureusement que pour le coup qu'on a décidé ensemble, c'est ce qu'on appelle la rente inframarginale. On taxe, au-delà d'un certain niveau, tous les énergéticiens pour financer les aides aux entreprises.

14:18
Présentateur

Ça c'est, d'accord, en tous les cas, c'est une bonne nouvelle pour ceux qui nous étourent, ceux qui sont touchés. C'est jusqu'à quelle taille ? Moi, je suis sur les PME. Mais PME, ça va... Au sens européen, jusqu'à 250 salariés.

14:32
Olivia Grégoire

Et je rappelle que pour les TPE, merci de me tendre cette opportunité, je rappelle que pour les toutes petites entreprises de moins de 10 salariés, c'est un tarif garanti que le Président de la République a voulu et qui sera lissé sur toute l'année le même, 280 euros le mégawatt-heure. Et ça a permis à nos TPE d'être relativement protégés.

14:51
Présentateur

Une question, je reviens sur le commerce un instant, si vous le voulez bien, Olivier Grégoire. La fin des tickets de caisse, on a l'impression que c'était là, on a vu que c'était encore repoussé. Pourquoi ? C'est si difficile à faire ? Qu'est-ce qui se passe ? Non, non.

15:03
Olivia Grégoire

Alors, ça n'est pas du tout difficile. Et pour être très transparente, c'est la deuxième fois que je demande qu'on repousse. Je suis quelqu'un de très pragmatique, je fais mes courses. Comme tous les Français, je regarde mon ticket de caisse et je le regarde trois fois plus en période d'inflation. Vous savez, en politique, comme dans la vie, le moment est important. Aller retirer des tickets de caisse à un moment où les prix augmentent, je pense que ça n'est pas malin globalement et pas malin politiquement. Donc, avec Bruno Le Maire, on a poussé cette décision de décaler encore un peu la suppression des tickets de caisse, ce n'est certainement pas le moment.

Je pense notamment à nos aînés, aux plus âgés.

15:40
Présentateur

Donc, vous attendez quoi ? Vous attendez la fin de l'année ?

15:43
Olivia Grégoire

On refera un point à la fin du printemps, début de l'été, pour voir quelle est la situation. Il ne vous a pas échappé que les perspectives de la Banque de France sont encourageantes en matière de croissance, 0,6, quand d'autres sont à moins de 0. Et je rappelle aussi que les perspectives en matière d'inflation sont rassurantes en termes de perspectives sur le deuxième semestre. Quand l'inflation, comme l'a expliqué Bruno Le Maire, aura connu son pic et qu'on redescendra, on réexaminera ce point.

16:11
Présentateur

Tiens, puisque vous parlez d'inflation, là aussi, je reviens un peu sur le commerce et la grande distribution. La fameuse loi de croisaille qui fait couler beaucoup d'encre. Hier, donc, Thierry Cotillard, qui est comme un personnage clé de la grande distribution, il disait, oui, il appelait ça la loi inflationniste. Il dit, je ne comprends pas que cette loi soit adoptée alors qu'on est dans un contexte très inflationniste et que ça va entraîner avec la fin des promotions, etc., ça va entraîner encore de l'inflation. Comment est-ce que Bercy, à PU, a laissé passer ça ? Et vous, en l'occurrence,

16:41
Olivia Grégoire

vous êtes en charge de ça ? Bercy, mais pour le coup, Bercy, dans son entièreté, à commencer par Bruno Le Maire, c'est pas temps de laisser passer ça. C'est une proposition de loi. C'est une initiative du groupe majoritaire Renaissance. C'est une initiative qui, au Parlement, a été votée à l'unanimité. Tous les jours, sur tous les plateaux de France, on explique que l'exécutif, le gouvernement et compagnie n'écoutent pas assez les gens, n'écoutent pas assez le Parlement. Donc, il y a un moment, il faut savoir. Là, on est sur une initiative parlementaire. Je sais bien que les acteurs de la grande distribution sont contre. Nous, nous avons fait entendre...

17:15
Présentateur

Avec des bons arguments, quand même. Je ne sais pas... Si on prend les chiffres de Danone qui les citait hier et je ne veux pas pointer les doigts de cet administrat particulièrement.

17:24
Olivia Grégoire

Le député d'Escrozaille a aussi son point de vue. C'est quelqu'un qui connaît bien la grande distribution. Bruno Le Maire et moi-même. Et vous êtes favorable à cette loi ou pas ? Ça n'est pas les termes du débat. Il y a un certain nombre de points sur lesquels j'ai alerté Frédéric d'Escrozaille, Bruno Le Maire aussi. Et puis ensuite, les députés qui sont derrière vous ont fait librement leur choix. Moi, ce à quoi j'ai tenu et j'ai fait... Vous n'êtes pas contente ?

17:48
Présentateur

Allez-y ! Vous n'avez pas commencé à faire la langue de bois, ce n'est pas votre... Ce n'est pas mon genre. Mais ce n'est pas votre régime.

17:53
Olivia Grégoire

Je sais la position des deux parties que vous mentionnez. Chacun défend ses intérêts. La grande distribution avec ses arguments, les députés avec les leurs. Nous, nous avons fait entendre sur 2-3 points nos positions, notamment sur les promotions sur les produits d'hygiène. Certains ont été entendus, d'autres non. Voilà.

18:11
Présentateur

Donc, on ne vous a pas beaucoup entendu.

18:13
Olivia Grégoire

Non, en revanche, j'ai entendu ce qu'a proposé aussi, puisqu'il est prolifique, le député d'Escrozaille. Il a proposé aussi de... Et je sais que les acteurs de la grande distrib ont réagi, notamment Thierry Cotillard. Sur les négociations commerciales.

18:25
Présentateur

Oui, au départ, c'est Dominique Schellcher, le patron de Système U. Mais du reste, appuyé hier soir par Thierry Cotillard. Puisque je vous ai écouté, je l'ai entendu. Fin du date d'abitoire, vous êtes favorable ou pas ? Dans les négociations commerciales.

18:38
Olivia Grégoire

Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. On vient à peine de voter une proposition, enfin, qui a été votée au Parlement, proposition de loi par Frédéric Descrozaille. C'est quand même important de voir quel effet ça a, déjà. Voir qui a raison. Est-ce que ça crée des tensions inflationnistes ou pas ? Relégiférer immédiatement sur ce qui est quand même une spécificité française. Ils ont raison, c'est assez inédit en Europe. Moi, je suis plutôt libéral. Vous me connaissez. Donc, l'intrusion de l'État dans les négo, peut-être qu'on peut en discuter. Ce qu'il y a de certain, c'est que ça a un avantage, ces négociations annuelles.

C'est que ça permet quand même, et on va le voir cette année, avec les industriels notamment, quand les prix sont à la baisse, de renégocier à la baisse. C'est d'ailleurs pour ça que Bruno Le Maire et moi-même avons annoncé qu'il y aurait une renégociation avec les industriels au mois de mai.

19:25
Présentateur

Oui, c'est ça,

19:26
Olivia Grégoire

en 31 mai. On n'aurait pas cette possibilité, on ne pourrait pas le faire. Et quand le prix du blé

19:30
Présentateur

ou de la farine baisse... Est-ce qu'il faudrait des négociations mensuelles ? Donc au contraire, on pourrait renégocier beaucoup plus souvent et tenir compte de l'inflation facile.

19:38
Olivia Grégoire

Il y a vraiment des avantages et des inconvénients. D'accord. Dans les deux cas. Moi, ce que je pense, c'est qu'on vient de légiférer. Donc ce n'est pas pour tout de suite. Avec des lois tous les mois sur les négociations commerciales, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne cadence.

19:49
Présentateur

D'accord. Olivier Grégoire, demain, vous allez discuter des influenceurs. Ce soir. Oui, ce soir même, ça commence dès ce soir. Demain aussi, de manière importante, sur cette fameuse loi pour, je ne sais pas, casser le modèle ou cadrer le modèle, je ne sais pas, sur les influenceurs. On a vu qu'il y avait une tribune dans le JDD qui avait été signée, enfin normalement, qui avait été signée par 150 influenceurs. On les a vus certains, comme Squeezie, disaient « Je ne suis plus d'accord parce que je n'avais pas lu le texte. » Enjoy Phoenix, il dit « Mais non, mais au contraire, c'est très bien. » Pourquoi cette loi ? Et puis d'abord, c'est quoi un influenceur ? La définition exacte

20:30
Olivia Grégoire

du fois que vous êtes arrivés ? Suivez-nous, je fais du teasing. À partir de ce soir, j'espère qu'on attaquera l'article 1 qui enfin pose dans ce pays, grâce aux parlementaires, là aussi je vais y revenir, la définition de ce qu'est l'influence commerciale.

20:46
Présentateur

Oui, parce qu'il y a aussi les créateurs de contenu. C'est quoi, vous voyez, c'est quoi la différence ?

20:51
Olivia Grégoire

C'est une proposition de loi. Déjà, sur la forme, elle est intéressante Edwige Chevrillon parce que dans le contexte qui est quand même assez tendu, ça n'a échappé à personne, c'est ce qu'on appelle une proposition de loi transpartisane. Donc on a deux rapporteurs, l'un du groupe Renaissance, l'autre de NUPS, du Parti Socialiste. C'est une proposition de loi qui est portée et portée par les députés. elle propose justement parce que, et Bruno Le Maire et moi-même sommes sur la même ligne, parce que nous croyons que l'influence commerciale est aujourd'hui un métier, on le voit bien. Enfin, je ne sais pas si on mesure, on a 150 000 influenceurs en France.

21:24
Présentateur

On dit que le chiffre d'affaires, c'est 42 millions de consommateurs en ligne

21:28
Olivia Grégoire

qui suivent des influenceurs. Je ne sais pas, il y a un chiffre de 8 milliards de chiffres d'affaires ? Ça se compte en milliards, la composition, mais c'est massif, c'est important. Donc oui, c'est une activité économique et parce que c'est une activité économique, un nouveau type de promotion, nous devons la regarder, la réguler et créer quelques règles. Par exemple, définir l'influence commerciale, définir aussi la nécessité des contrats. On a travaillé sur les contrats et sur les relations avec les agents et puis aussi, mettre en place un certain nombre d'interdictions.

22:01
Présentateur

Alors, j'ai juste une question un peu bête, il ne nous reste que deux minutes. Si les sanctions, si la vente n'est pas respectée, pardon, car il y a des sanctions, ils habitent tous à Dubaï. Comment vous allez faire ? Beaucoup sont à Dubaï, pardonnez-moi. Beaucoup, je dis tous, je caricature. Vous le dites vous-même, merci. Oui, non mais beaucoup sont à Dubaï, vous le savez aussi bien que moi. Moi, beaucoup, quand on fait de la politique, surtout à Bercy, non mais vous êtes trop sérieux

22:23
Olivia Grégoire

sur les sujets d'évasion fiscale, on ne sait pas c'est ça.

22:26
Présentateur

Non mais surtout, c'est que je n'ai pas les nommés, je n'ai pas les pointé du doigt.

22:29
Olivia Grégoire

Ceux qui sont à Dubaï. Beaucoup, et on était 80 à Bercy, autour de Bruno Le Maire vendredi, beaucoup sont aussi en France avec des agences très sérieuses, travaillent, accompagnent des marques.

22:39
Présentateur

Les plus sérieux, oui.

22:41
Olivia Grégoire

Donc, je ne voudrais pas que, parce que quelques personnalités vivent, enfin je rappelle, vous le savez, qu'il y a des conditions pour aussi payer ses impôts en France, etc. On ne va pas revenir sur la législation fiscale en quelques instants. L'objet de cette loi, d'abord, ce n'est pas de caricaturer des gens qui font, pour la plupart, un métier très bien, mais justement, réguler, ça permet de créer des règles qui font que les coquins se feront condamner. Et ce n'est pas rigolo, c'est jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende. Donc, ce ne sont pas des sanctions anodines. Et il y aura une plateforme pour ceux qui se sont fait arnaquer ?

Oui, et je reviendrai peut-être, si vous voulez. Je travaille ardemment, en ce moment, pour créer une appli qui existe déjà en site web, qui est gérée par la DGCCRF, Direction Générale de la Repression et qui doit permettre à tous les utilisateurs de l'avoir sur son téléphone et de signaler les arnaques. Il y a aussi un guide de bonne conduite, c'est important, qui va être promu par les influenceurs, les agences d'influence qui étaient autour de la table. 12 propositions concrètes ont été adoptées et une proposition de loi démarre ce soir. Est-ce que vous êtes sur TikTok ?

23:46
Présentateur

Vous ne l'êtes plus ? Si vous l'êtes encore ? Non. Non ? Non, je n'y suis pas. Vous étiez avant que... Non. La question s'est posée.

23:54
Olivia Grégoire

Oui. Et puis, j'ai arbitré négativement. Et alors, j'ai eu le nez creux puisque c'était un peu avant qu'on parle, il y a quelques mois, c'était avant qu'on nous parle de TikTok.

24:03
Présentateur

Et juste quand vous voyez, je ne sais pas, il y a beaucoup d'hommes politiques qui sont aussi des influenceurs. Je ne sais pas, je pense à Marlène Chappin, je pense à Jean-Baptiste Djibari et il y en a beaucoup. C'est un sujet qui sera abordé ce soir

24:15
Olivia Grégoire

parce qu'un député de la majorité, Eric Bottorel, porte des amendements intéressants là-dessus. Sur les ministres ? Sur les membres du gouvernement ? Sur les élus. Sur les élus et les personnalités politiques. Il y a des règles. Il y a un code de déontologie. Je pense que je suis et reste et resterai toujours libéral. Il y a un certain nombre de choses qu'il faut codifier, mais il ne faut pas commencer à rentrer dans la caricature de la loi. Est-ce qu'un député qui va à la fête de la Rillette dans sa circonscription doit mettre un bandeau ? C'est la vraie question.

24:46
Présentateur

L'influence.

24:47
Olivia Grégoire

C'est le débat qui démarre ce soir et qu'on poursuivra demain soir. Un sujet passionnant qui démontre que malgré toutes les difficultés, voyez, le Parti Socialiste et Renaissance ont voulu bosser parce que ce sujet est important pour les gens.

25:00
Présentateur

Vous repasserez nous voir. Avec grand plaisir. Une fois que la loi s'est adoptée, justement, on verra qu'est-ce qui est adopté ou pas adopté. C'est un sujet très intéressant. Merci, Olivier Grégoire, d'avoir été avec nous.