A-T-ON LE DROIT DE MENTIR ? LES EXPLICATIONS DE KANT
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Cette semaine, c'est la morale cancienne que nous explorons avec philosophie et aujourd'hui place à une question qui nous tarde toutes et tous. A-t-on le droit de mentir ? Bonjour.
Bonjour. Je suis très heureux de vous voir. Je vous ai escorté, vous et vos clients sur ma base.
J'ai fait preuve d'hospitalité et de respect. Et là, je découvre avec stupeur que vous n'êtes qu'un imposteur. Capitaine, je vous en prie.
Asseyez-vous, mettez-vous à l'aise, permettez Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ? un petit café ou un jus de fruit et votre soi-disant héros de guerre caramel Talbot, il n'existe pas ce gars-là. C'était du vent.
Je reconnais que nous avons pris quelques libertés artistique. C'est vrai. Vous êtes entré sur une propriété du gouvernement sous un fond.
Doucement, attention. Je ne suis pas expert dans vos procédures et vos protocoles. Alors, je suis sincèrement désolé de ce malentendu.
Non, non, non, non. Ça n'a rien malentendu. Attendez, essayez de prendre du recul, d'accord ?
À qui fait du tort ? Personne. Il n'y a pas eu de case.
Alors, où est le mal ? La base est toujours là, pas vrai ? Le B52 aussi, je présume.
B29. Pardon ? Vous m'avez menti et vous ne vous en tirerez pas comme ça.
Vous allez retirer immédiatement cette pub. Si je la vois une fois de plus à la télé, je vous traîne devant un magistrat militaire. Il ne vous fera pas de cadeau.
Violation de propriété, fausse déclaration, prétendu acte de Bravoure, vous aurez la totale. Sérieusement, pour un spot publicitaire de 8 secondes, enlevez-le tout de suite de l'antenne où vous empérez le prix. Écoutez, je suis avocat et j'ai l'habitude de ce genre de conversation toute la journée.
Alors voilà ce que je propose. Moi, je ne vais pas me mettre à piloter des avions. Alors vous, tenez-vous éloignés du tribunal.
Les gars dans votre genre, ils se croient tout le temps plus malin que les autres et ils pensent qu'ils n'ont besoin d'être réglau avec personne. Mais un jour, la roue tourne, elle tourne toujours. Bonjour Laura Tavernier.
Bonjour. Vous êtes professeur de philosophie en préparation d'une thèse sur quand est le problème du donné et bonjour à vous François Calori. Bonjour.
Vous êtes maître de conférence à l'université de Renn et directeur de l'UFR de philosophie. Apparaître, je le signale, votre édition de l'idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique. Non, pas du tout.
Non, je croyais que votre édition allait sortir en en Garnier Flamarion. Ça n'est pas le cas. Ça ne vous intéresse pas ?
Si si, ça m'intéresse beaucoup au contraire. Mais donc ça n'est pas le cas. Donc, j'enlèverai cette annonce pour vous.
On vient d'entendre un extrait de la série Better Col qui permet de poser clairement la position de Kant. C'est vous qui nous l'avez suggéré, Laura Tavernier. Vous nous avez dit voilà, on peut entendre là un menteur, c'est l'avocat Jimmy McGill euh qui a trompé quelqu'un et cette personne trompée vient lui dire qu'il a été trompé.
On ne peut que être d'accord avec cette condamnation du mensonge comme transgression morale. En fait, c'est la position de Kant. Tout le monde est d'accord en fait.
Est-ce qu'il y aurait vraiment besoin de faire une émission pour dire qu'on condamne le mensonge ? En tout cas, on voit bien dans l'extrait que le celui à qui on a menti, celui qui a été la victime de la supercherie, s'estime extrêmement laisé ou tragé parce que on n'a pas tenu compte de son intention. On l'a manipulé en fait comme une chose, comme un objet. il a été le jouet des manigances de de James McGill et donc il vient euh lui lui demander des comptes euh en étant tout à fait scandalisé d'avoir été ainsi maltraité.
Et ça ça permet de montrer pourquoi quand le mensonge en tant que il est une transgression du devoir de véracité envers autrui. Parce que euh selon Quant, je dois toujours traiter les individus dit-il toujours en même temps comme une fin et jamais simplement comme un moyen. C'est-à-dire que je dois me rapporter à autrui en sachant que c'est un être humain et non une chose et je ne dois pas le réduire au rang de d'objets qui sert mes propres intérêts égoïstes.
Et là précisément, on sait ce que James McGy a fait. Il c'est il a utilisé l'autre comme un pur objet en courtcircuitant en fait le consentement que ce capitaine aurait pu ou non donner euh au fait de d'accueillir un spot publicitaire et cetera. il a fait croire quelque chose qui était faux.
Donc voilà, on voit bien comment il est euh il est furieux en fait et a raison en fait. On le comprend bien sûr de ce d'autant plus qu'il le signale, il dit voilà moi je vous ai accueilli, je vous ai ouvert les portes. Euh en plus il y avait un faux héros de guerre donc il a pris quelqu'un pour un vétéran qui en fait n'était pas un vétéran.
Donc il a eu de l'admiration et du respect pour quelqu'un qui en fait n'en méritait pas. H donc voilà, tout ça suscite une colère tout à fait légitime. Mais là, on se situe du côté la victime en fait d'un mensonge.
Est-ce que c'est vraiment de ce point de vue- là que Kant va condamner le mensonge François Calori ? Parce que effectivement quand on est victime d'un mensonge et bah on est toujours à même de dire c'est mal de mentir et personne n'a envie d'être dans cette position là. Oui, absolument.
Peut-être avant de répondre à votre question, je trouvais qu'il y avait quelque chose d'intéressant dans l'extrait. Menteur génial dans un avocat et puis enieou mais c'est vrai qu'on on le connaît aussi donc on a de l'empathie on comprend son mensonge quand on le connaît là quand on entend que l'extrait bon bah on se dit que c'est un peu une ordure quoi. Ce qui ce qui ce qui est intéressant, c'est qu'il dit il y a pas de casse, c'est voilà, il se justifie en disant mon mensonge est une offensif finalement parce qu'il y a pas eu de conséquences qui soient des conséquences dramatique et dans une perspective qu'ancienne justement cet argument ne tient pas parce que ce ne sont pas à partir des conséquences de l'action qu'on doit évaluer sa valeur.
On n'est pas dans une perspective qu'on appelle conséquentialiste. Et le fait qu'un mensonge soit inoffensif, je dirais dans ses conséquences ne fait pas qu'il soit innocent. et quand le dit toujours hein, c'est il n'y a pas il n'y a pas de mensonge qui soit innocent, il est toujours coupable quand bien même il serait inoffensif et quand bien même il serait un mensonge veel qui n'aurait pas de de conséquences pour autrui.
Et donc il y a si si on reprend cette interdiction du mensonge, on voit qu'il y a trois voix euh que suit dans son œuvre qui sont trois voix différentes et convergent toutes vers cette interdiction du mensonge. Il y a une perspective qui est une perspective éthique, euh celle qu'on a en un sens commencé à développer euh don dont l'aura très bien rendu compte qui est euh la perspective du mensonge envers autrui et euh qui est condamné précisément parce que dans ce mensonge, nous manipulons euh autrui euh en ne disant pas la vérité. C'est-à-dire que si on prend la deuxième formulation de l'impératif catégorique dans les fondements dans l'état physique des meur qu'a rappelé Laura, et bien nous ne devons pas traiter autrui seulement comme un moyen mais toujours aussi comme une fin.
Or typiquement je je j'utilise la crédulité de mon euh de mon de la personne à qui à qui je mens pour en faire mon instrument et pour satisfaire mes fins. Et dès lors, on voit bien que c'est quelque chose qui est absolument condamnable. Euh on peut prendre la formulation que je dirais la la la formulation la plus essentielle d'impératif catégorique qu'on a déjà rappelé dans les les émissions précédentes et qui consiste à dire euh justement que on doit agir de telle sorte que la maxime de notre action, c'estàd la règle d'action puisse être universalisable.
Or ici, je ne peux pas universaliser ma maxime puisque euh le si toute parole que je pouvais dire pouvait être un mensonge, alors personne ne croirait plus les paroles qu'on émettrait. Donc il y aurait une contradiction dans le geste même puisque j'exprime quelque chose à destination de quelqu'un. Or et cette cette personne ne peut pas recevoir cette expression puisque elle est d'emblée affectée de ce coefficient qu'elle peut-être un un mensonge.
Et on le voit bien par exemple dans ce type de de mensonge que que quand met en avant dès les fondements de la métaphysique des meurs qui est la fausse promesse. C'est une la fausse promesse c'est un type de mensonge. Et justement le la la fausse promesse.
Pourquoi est-ce que c'est contradictoire ? Parce que si à chaque fois que quelqu'un faisait une promesse, elle pouvait être une fausse promesse, il n'y a plus de promesse possible et c'est le concept même de promesse qui explose puisque la confiance ne peut plus rien dire. Oui, c'est le concept de confiance même et de relation.
Vous l'avez très bien dit François Calori, c'est de c'est l'éthique, on est sur un terrain éthique et c'est ce qui nous lie à autrui. Alors, quelles sont les deux autres perspectives peut-être pour qu'on ait une vue une vue d'ensemble par rapport à cette première que vous venez de de développer François Calori ? Juste pour pour ajouter juste pour ajouter quelque chose.
Effectivement la Maxime qui consisterait à universaliser la parole mensongère se contredit elle-même. Alors déjà parce que si plus personne ne croit en la parole de de voilà en fait et ce qui est important de voir c'est que c'est pas simplement que le mensonge devient impossible parce que ça du coup ça serait une espèce de de d'argument pragmatique qu'on dire le menteur serait bien embêté parce que ça que si tout est mensonge rien n'est mensonge. C'est ça.
Mais ça c'est pour moi même logique c'est pas très intéressant. C'est logique, c'est le mensonge repose sur le fait que autrui va croire, va donner crédit à votre parole. Si autrui n'a pas foi en votre parole, vous pouvez pas lui mentir.
Mais ça va plus loin. En fait, ce que veut dire compte, c'est que la parole même est annulée. Et ça, enfin, comment dire, la finalité naturelle de la parole est de communiquer à autrui nos pensées et donc de faire société.
Donc en fait si on universalise le mensonge, on rend inutile veine la possibilité même de la parole, le sens même de la parole et on ruine déjà en ruinant la conscience réciproque en la parole donnée, on ruine déjà les fondements même de la société et du lien social. parler n'a plus d'intérêt puisque les pensées que je communique, vous n'y croyez pas et je ne crois pas à c même ça rend fou je crois ça c'est là ça rend fou François Calori juste peut-être est-ce qu'il sait ces deux autres perspectives que l'éthique et et que l'éthique parce que on va les déplier pendant l'émission mais ça donne une idée tout de suite. Alors il y a une deuxième stratégie qui rejoint un peu c'est celle qui qui concerne toujours autrui qui est dans l'ordre maintenant non plus d'éthique mais dans l'ordre juridique. toujours se souvenir que la métaphysique des meurs, la morale pour Kant, elle englobe à la fois le droit et la vertu, c'est-à-dire le juridique et l'éthique, hein.
Et dans cette perspective juridique qui est celle que C prendra dans l'opuscule sur le droit de mentir qu'on aura l'occasion de de commenter aussi dans cette dans cette perspective là et bien c'est aussi un interdit dans la mesure où nous violons dans le mensonge non seulement pour le droit d'autrui en le manipulant notamment si on fait justement tromperie sur la marchandise dans un contrat de vente par exemple de ce type de de manipulation qu'on peut voir dans aussi dans Betterc col j'imagine des tas de d'exemples de ce type mais euh le mais c'est et c'est là que quand radicalise la pensée en montrant que c'est le droit lui-même qu'on attaque, c'est la possibilité même du droit qu'on a qu' qu'on attaque puisque il y a quelque chose qui est essentiel dans le droit, c'est la notion de contrat et la notion de contrat ne peut reposer que sur la confiance mutuelle réciproque que nous accordons. Et si le mensonge devient permis d'un point de vue juridique, c'est donc tout l'édifice du contrat et de tous les contrats dansés Exactement. Puisque quand s'inscrit dans une perspective qui est une perspective contractualiste comme Rousseau comme Hobs et il va il montre comment le lien social légitime ne peut être fondé que sur un contrat.
Dès lors, celui qui m rendant impossible le contrat rend impossible le fondement du droit et le fondement de toute régulation juridique d'une société. Et c'est pour ça que aucun là aussi aucun mensonge n'est un mensonge innocent et sans conséquence puisque de toute façon on attaque même si euh le le c'est pas seulement le droit d'une personne qui attaqué, c'est le droit de tous et y compris du menteur qui lui aussi se situe dans l'horizon de sa société. Donc ça c'est le le la version juridique.
Et maintenant il y a une deuxième un deè trisème argument qui est un argument éthique toujours et un argument que met en valeur notamment Kant dans la doctrine de la vertu lorsqu'il traite le mensonge, il le traite non pas comme un devoir envers autrui. C'est ça qui est qui est surprenant au premier abord mais comme un devoir envers soi-même. C'est-à-dire que c'est c'est envers soi-même que le menteur manque à son devoir et non pas seulement envers les autres.
C'est-à-dire qu'il y a toujours euh euh non seulement je traite autrui comme un moyen, mais ce que nous dit Kent, c'est que le menteur se traite lui-même comme un moyen. Il il utilise lui-même sa faculté de communication comme un simple instrument puisque c'est un instrument qui est délié de la vocation de cette parole à transmettre la pensée intérieure. D'où cette idée de machine parlante ou de machine à parole que deviendrait l'homme réduit, il se réduit dit K à une simple machine à parole. c'estd que lui-même se réduit à un moyen et non plus à à une femme.
Il devient un être mécanique et il devient du coup il se réifie, il devient une chose et quand va plus loin, il dit il il dit que c'est moins qu'une chose. Enfin, peut-être que tu veux intervenir j'allais dire exactement la même chose. Il va encore plus loin en disant que c'est moins qu'une chose parce que la chose au fond je peux faire fond sur elle, elle existe, elle est stable.
Alors que le menteur en perdant son unité euh en seindant entre l'apparence qu'il donne à voir et ce qu'il pense réellement euh ne devient devient presque rien. Ils disent devient un simulacre d'homme, un phénomène trompeur d'homme parce que il n'y plus l'unité du sujet, il devient quelque chose de de chancelant qui existe à peine qui n'est pas fiable précisément. Mais alors ça c'est des allez-y franç et c'est ça qui est fascinant c'est que le menteur en fait qui prétend manipuler la vérité manipuler le le mensonge et manipuler la fausseté en fait se retrouve pris dans la fausseté lui-même luiême qui s'ortait extrait en surplomb.
Voilà il est il est pas du tout en surplomb, il est pris dans la fausseté et il devient l'apparence de l'homme. C'est-à-dire qu' il devient lui-même un simulacre. Il devient croyant manipuler la vérité et manipuler la fauseté.
En fait, il est pris dans la fausseté et il devient moins qu'une chose. C'est alors vous m'avez parfaitement convaincu. Je suis parfaitement convaincu grâce à vous et quand qu'il ne faut pas mentir, néanmoins, il y a la réalité et quand même on pourrait distinguer certains types de mensonges.
Voà des mensonges. Il y a toujours le l'exemple paradigmatique qui revient de cacher un innocent chez soi et de pas le dénoncer si on nous demande si on s'il est bien il est bien chez nous. Mais je pense aussi à des à des mensonges anodins.
Dire par exemple que le Père Noël existe. Euh dire à quelqu'un par exemple que sa robe est jolie alors qu'elle est moche. Euh vous voyez en fait c'est des choses dont on a besoin peut-être au quotidien qui effectivement se placent d'un point de vue de conséquence mais non pas de conséquence. qui a pas de casse euh et qui pour autant font plaisir à quelqu'un, du moins ne lui font pas du mal et moi me protège aussi d'une certaine manière et j'ai pas l'impression de me condamner moi-même ou de me mentir à moi-même.
Qui veut répondre déjà là-dessus ? Parce que ça complique quand même la position de Kant qui est très bien ficelé, vous l'avez très bien dit, mais qui aussi peut être caricaturé notamment dans cet opuscule he sur lequel on va revenir qui s'appelle sur un prétendu droit de mentir par humanité. C'est très tardif, ça date de 1797, mais on a beaucoup retenu camp dans cette position et donc cette dans cette position même un peu rigide face à la réalité.
Laura Tavernier, alors sur la question des usages sociaux, effectivement, il faut bien distinguer plusieurs choses. Euh Quant nous dit très clairement que nous avons un devoir de véracité, donc nous devons penser sincèrement ce que nous disons. Nous ne devons pas dire autre chose que que nous pensons.
En revanche, nous n'avons pas un devoir de transparence. Nous ne devons pas avoir une ouverture complète du cœur et dire tout ce que nous pensons. Mais si on nous demande si on me demande qu'est-ce que tu penses de mon pull ?
Alors dans ce cas-là effectivement on on ne peut pas s'en sortir enfin on peut difficilement s'en sortir par Ah bah on a un autre avis de l'autre côté François Gal. Non mais je pense qu'il a tout à fait raison. Euh ce que ce qu'explique compte c'est que certaines déclarations intentionnellement fausses de mes pensées ne sont pas des mensonges.
Dès lors que en contexte, il est évident que l'autre ne peut pas attendre de moi une parole sincère. Et les menus quand dit très clairement que les menus flatteries, les petits compliments euh par exemple les formules de politesse à la fin des lettres "Je suis votre dévou et serviteur amitié amitié respectueusement et cetera." Euh tout cela au fond ne trompe personne, il le dit dans la doctrine de la vertu.
Et donc dans ce cas-là euh ce ne sont pas des mensonges, ce sont des des des déclarations intentionnellement fausses mais qui participent au liant de la société qui font que la société que que les rapports en commun sont sont vivables euh et adoucissent un petit peu les relations. Donc ça ce n'est pas compté comme un mensonge. Non.
Mais ça veut dire qu'il s'arrange un peu. Ça veut dire que c'est que ce qui est un principe moral, universel absolu finalement parce que par mensonge on entend ce qui est faux. Donc à partir du moment où c'est faux, on se dit que quant le condamne.
Or ça n'est pas complètement ça. Il faut c'est plus précis, il faut distinguer de toute façon déjà la réserve du mensonge. C'est-à-dire quand est-ce qu'on peut appeler aussi un mensonge par omission par exemple.
Oui. Voilà. Et c'est le ce que nous ce que nous dit ce que nous dit K, c'est que nous devons toujours penser ce que nous disons et le penser avec heur, mais on ne peut pas il s'agit pas pour nous de dire tout ce que nous pensons.
Et d'ailleurs à la fin de l'anthropologie du point de vue pragmatique Quent développe une expérience de pensée assez fascinante puisqu'il imagine hein que nous soyons des êtres qui soi qui soyons obligés de penser à voix haute et ce que nous dit donc de dévoiler le fond de notre pensée constamment. hein, comme si euh et et le et et ce que nous dit Kent, c'est que euh une telle euh expérience de pensée rendrait impossible toute société humaine, car la société euh humaine repose sur le fait qu'il y ait une forme de dissimulation et de dissimulation qui qui est une condition de possibilité de la société. Donc le mensonge ruine la possibilité de la société, mais une transparence absolue ruinerait aussi la possibilité de la société.
Et donc il s'agit pas du tout d'une exigence de transparence qui ferait que nous devions euh ouvrir notre cœur. Et là euh Quint n'est pas l'alceste de de du misanthrope. Euh il ne dit pas queil faille dire son fait à tout le monde à tout point dans toutes circonstances et les règles de et il va même donc aussi dans l'anthropologie du point de vue pragmatique de dire qu' il y a de de l'apparence qui est permise en moral.
Il y a un paragraphe qui s'intitule ainsi de l'apparence qui est permise en moral. C'est-à-dire que euh oui, on on pourrait penser que Cant va dénoncer l'hypocrisie sociale, le jeu social comme étant justement quelque chose qui relèverait euh du mensonge. Et quand dit non, c'est le fait de jouer la moralité, c'est en un sens l'hommage que le vie rend à la vertu. et il vaut mieux la jouer que de d'afficher cyniquement l'immoralité qui pourrait être euh la nôtre, de s'y vautrer complaisemment euh et euh euh et au moins euh en la jouant euh on apprend peut-être déjà euh à préparer le terrain pour une véritable moralité quand elle arrivera.
Ça c'est un thème qui développe dans l'anthropologie, qui développe déjà dans la critique de la raison pure et qui son qui trava qui traverse toute son qu'il y a que que il y a une vertu de l'apparence qu'on trouverait pas peut-être dans le même sens chez Rousseau où il y aurait une mais il y a une vertu de l'apparence et une vertu morale de l'apparence où donner le change, c'est toujours mieux que de révéler la turpitude du fond de son cœur. Et et qu'en est-il de de cet innocent que l'on cache soi ? C'est un peu l'exemple paradigmatique qui est repris tout le temps.
Je tiens quand même à dire que c'est un exemple qui n'arrive pas tous les jours. Non mais où effectivement le meurtrier taperit chez nous et nous demanderait si l'innocent est là. On a caricaturé en disant qu'il répondrait mais bien sûr qu'il faut dire que l'innocent est chez nous.
Là, dans ce cas-là de mensonge, euh comment comprendre la position de Kant qu'on peut trouver euh à raison scandaleuse ? Surtout, je je le précise aussi parce que ça a été beaucoup relu euh après la Seconde Guerre mondiale. Donc, il y avait aussi cette idée quand même de livrer des innocents et de faire de la délation.
Oui. Alors, c'est cet exemple du de l'innocent qui se réfugie chez nous euh et puis des criminels qui le poursuivent, qui frappent à notre porte et qui nous demande instamment s'il si l'on cache ou non le fugitif qu'il recherche. Déjà, c'est un exemple très très classique de philosophie morale qui remonte au moins à Augustin euh qui prend exactement le même exemple dans les dans les mêmes termes.
Donc, c'est un peu un topos qu'on retrouve dans les textes. Et alors là, je pense que c'est peut-être le moment d'expliquer le contexte de la controverse entre Benjamin Const entre Benjamin Constan et et Kant. Donc effectivement, Benjamin Constan écrit en 1796 un ouvrage qui s'intitule des réactions politiques et au chapitre 8, il parle du devoir de véracité et en fait il faut revoir un peu le enfin avoir en tête un petit peu le le contexte.
Euh on est dans un contexte donc post révolutionnaire et post terreur. Et l'idée de constant, c'est de dire ce n'est pas parce que des principes moraux abstraits ont conduit à des conséquences désastreuses historiquement qu'il faut abandonner complètement les principes, mais on ne peut pas effectivement appliquer de manière rigide des principes qui seraient universels à l'expérience, sinon on va être conduit à des actes qui en fait vont se retourner contre la fin qu'on se donne et donc vont devenir immoraux. Et donc il dit en fait il faut relativiser le principe.
Le principe va être simplement général la plupart du temps, dans la plupart des cas, souvent mais pas toujours sans exception. Et il faut intercaler un principe intermédiaire. Et ce principe intermédiaire c'est le droit que l'interlocuteur aurait à la vérité.
Et ce droit que l'interlocuteur a à connaître la vérité dépend de la fin qu'il se propose. S'il entend usage injuste de ce que je vais lui dire, il n'a plus le droit, il perd le droit que qu'il a. à à la vérité.
Donc voilà. Et donc dans ce contexte-là euh Constant écrit effectivement un un texte euh où il mentionne un philosophe allemand qui aurait sur ce cas crucial top de la philosophie morale depuis Augustin qui aurait dit que même en ce cas euh il faut livrer l'innocent parce que le devoir de véracité passe avant tout. Et euh et donc là on a je on a je sais pas si François veut en parler ou je OK.
Euh l'éditeur de Kant Crammer fait une l'éditeur de Kant pardon de Constant euh Cramer fait une note en disant voilà euh il y a un philosophe antérieur qui a défendu cette thèse qui est Michaéis euh mais c'est surtout Quant qui l'a défendu et l'auteur Benjamin Constant m'a dit euh de sa propre bouche je l'ai entendu et m'a dit que c'est Quand qui est visé. Et donc l'hypothèse que fait Antoine Grandjan dans son édition récente de sur un prétend du droit de mentir par humanité, c'est qu'en réalité ce n'est pas quand que Constant visait. Alors, il y a tout un tas d'arguments textuels, chronologiques et cetera, mais Michaellis, mais quand se sent visé parce que quand au fond à une option de philosophie morale qui est assez proche de celle de Michaellie qui consiste à dire il y a des principes absolus, il ne il ne n'accepte pas d'exception et donc il voilà, c'est dans la même veine, il se dit oui effectivement j'ai dû écrire ça quelque part et donc sous le il se prend dans les fous c'est que quand dans un un un une fulg urance un peu paranoïque se dit je dois me justifier sur un propos dont il n'est même pas sûr qu'il l' tenu.
Oui, il y a un côté quand il dit je me souviens plus je me souviens plus j'ai pu dire ça me ressemble assez mais je souviens plus dire ça et c'est pour rien qu'il l'a jamais dit encore. Mais ce qui est dingue, c'est que du coup, il écrivent un opuscule pour répondre à Constant 1797, donc sur un prétendu droit de mentir par humanité qui va caricaturer sa position alors que tel que vous nous l'avez décrite depuis le début, elle est extrêmement subtile et vendez et on va dire bon ma est rigide et ne prend pas en compte, on va être du côté de constant bêtement en fait. Effectivement, ça va le conduire à réduire complètement sa position et on a l'impression comme on disait avant l'émission qui qui va s'enferrer dans dans dans les rais d'une polémique qui va complètement déformer sa pensée et où il va finir par défendre l'indéfendable.
Et ça c'est un vrai problème déjà dans l'absolu parce que qu'est-ce qu'il a fait ? Voilà. Et puis ensuite c'est un c'est un problème parce que la philosophie morale de Kante est un anti-intellectualisme.
Donc elle enfin c'est-à-dire qu'elle soutient que pour faire son devoir, il n'y a pas besoin de compétences morale particulière. il y a pas besoin d'un savoir théorique spécifique et que tout un chacun sait au fond très bien quel est son devoir. Or, il semblerait que tout un chacun euh admett qu'il faut mentir au criminels qui poursuivent l'innocent pour le protéger.
C'est même parfois pas une réflexion, c'est-à-dire qu'il y a quelque chose de l'ordre très immédiat. Oui, c'est vraiment une intuition morale très très communément partagée, très spontanée et quand va à l'encontre de cette intuition morale ordinaire et ça paraît très déroutant parce que ça crée un problème de cohérence interne quand semble contredire sa propre philosophie morale sur ce cas particulier. Donc effectivement, c'est pour ça qu'on a beaucoup euh enfin on a utilisé cet opuscule comme un critère de mise à l'épreuve de la philosophie morale de Kant en disant bah vous voyez sur un cas particulier non seulement de décrédibilisation, c'est ça de de pour le décrédibiliser complètement en disant en fait euh non seulement il soutient l'indéfendable mais en plus il se contredit lui-même.
Donc c'est vraiment la philosophie morale de Camp ne vaut rien. On va écouter tout de suite un extrait justement de cette opuscule où on va entendre effectivement c'est ce qu'on disait avant l'émission Laura Tavernier François Calori où je vous ai dit mais quel est cet exemple de quand dans quoi s'est-il fourré ? Ce mensonge bienveillant peut aussi par un hasard devenir criminel d'après les lois civiles.
Or, ce qui n'échappe au caractère délictueux qu'en vertu du hasard, cela peut aussi être apprécié comme une injustice d'après les lois extérieures. En effet, situé empêché par un mensonge, que ne commette sans forfait celui qui sur le moment s'en retourne assoiffé de meurtre. Tu es alors juridiquement responsable de toutes les conséquences qui pourraient en résulter.
Si en revanche tu t'en es tenu strictement à la vérité, alors la justice publique ne peut s'en prendre à toi et cela quel qu'en puisse bien être la conséquence imprévue. Il est bien possible qu'après que tu as répondu honnêtement par l'affirmative au meurtrier, quant à la question de savoir si l'objet de son hostilité est chez toi, ce dernier soit toutefois sorti sans qu'on le remarque, et cela sans qu'il soit tombé sur le meurtrier et qu'ainsi le forfait n'ait pas eu lieu. Et si tu as menti et dit qu'il n'était pas chez toi ?
Et s'il est bien effectivement sorti, encore que tu ne le saches pas, là où ensuite le meurtrier l'a rencontré alors qu'il s'éloignait, et si celui-là a commis sur lui son forfait, alors tu peux à bon droit être accusé d'être l'auteur de sa mort. Car si tu avais dit la vérité telle que tu la savais, peut-être que le meurtrier aurait été arrêté par des voisins à courus pendant qu'il recherchait son ennemi dans la maison. et que le forfait aurait été empêché.
Ainsi, faut-il que celui qui ment, aussi bienveillante que puissent être en cela ses intentions, réponde des conséquences, si imprévisibles qu'elles puissent être et paye pour elle, y compris devant le tribunal civil. Je serai bien en peine à la fin de cette lecture de ce texte. Les auditeurs auditrices l'entendent une fois pour la première fois.
Moi, je l'ai lu et relu. Je l'ai décortiqué. Je me dis "Mais qu'est-ce que c'est compliqué pour dire si peu de choses alors si peu de choses vous allez me dire non Laura Tavier Fran C'est juste pour dire fais attention à ce que tu dis.
Tu ne dois pas être responsable des conséquences de tes actes. Ce qui semble en plus contredire ce que vous m'aviez dit au début, à savoir que quand dit les il faut il ne faut pas être conséquentialiste, il faut toujours être du côté du principe. Laura Tavernier, expliquez-nous ce texte.
Dis-nous en quoi il est important. Ah, il est très important parce que justement quand prend à revers l'argumentation conséquentialiste en montrant qu'en réalité si le principe de l'action se fonde sur les conséquences euh alors on ne va plus savoir quoi faire parce que ces conséquences on ne les maîtrise pas. Elles sont extrêmement incertaines.
Il tout est possible. Tout est possible. Il peut se passer tout un tas de choses.
Et donc en fait il essaie de de retourner ce que ce que l'objecteur lui reprochait à savoir son manque de de souci pour la réalité concrète. il le retourne en disant "Mais en fait vous qui dites que vous vous souciez de du concret, en fait vous n'en savez rien parce que au jeu des conséquences comme on disait tout le monde perd." C'est-à-dire qu'en fait on ne sait pas ce qui va se passer.
Et donc c'est pour ça qu' il a l'air d'argumenter de manière très maladroite en faisant des suppositions pas possibles et des et des contresuppositions. On dirait qu'il tombe lui-même dans ce versant de de de voilà de d'envisager la le moindre détail. Mais c'est pour mieux rejeter tout ça en disant en fait on ne sait pas ce qui va se passer.
On peut toujours imaginer des complications à l'expérience, des événements qui arrivent qu'on a'avait pas prévu. Or, si vous avez menti et que et que les conséquences sont négatives derrière, qu'elles se retournent quot contre votre intention, euh et bien vous aurez à répondre pénalement, juridiquement des sanctions. Euh il dit quasiment, vous serez complice du meurtre qui a été commis si jamais les les les criminels finissent par attraper le l'innocent qui est réfugié chez vous.
Donc voilà. Donc son idée c'est vraiment en fait les conséquences ne doivent pas être prises en compte et il faut s'en tenir au principe. Voilà.
Et on a enfin quant prend un exemple assez semblable au début de de l'opuscule théorie et pratique. Donc c'est sur un autre cas moral aussi très très classique qui est le cas du dépôt. Quelqu'un me laisse en dépôt une somme d'argent ou des biens et puis je dois le lui rendre plus tardivement.
Et euh et là, c'est le cas d'un de quelqu'un qui laisse un dépôt, qui meurt. Et euh la question est de savoir si je dois rendre le dépôt aux héritiers qui ne sont pas au courant du dépôt, sachant que les héritiers sont très dépensiers, sont même pas des gens très très honnêtes et que celui qui a le dépôt est quelqu'un d'extrêmement sincère, loyal, qui vient d'être ruiné mais pas par sa faute et qui doit aider sa famille. Et quand dit si vous commencez à réfléchir aux conséquences, alors vous n'allez pas vous en sortir parce que vous allez vous dire "Mais si je rends le dépôt, peut-être que ils vont euh les héritiers me dédommager.
Euh peut-être que si je rends le dépôt, ils vont rien me donner. Peut-être que si je le rends pas et que je le dépense, je vais être pris en flagrant d'élit et donc il va m'arriver." Enfin bref, il dit "Vous ne vous en sortez pas." Donc ce qu'il faut faire, c'est rendre le dépôt.
Point. D'où l'importance donc des principes plutôt que des conséquences, on pourrait dire. François Calori, là on est dans ce texte sur un terin vraiment juridique.
Le premier euh que vous avez le deuxième pardon que vous avez dessiné après le l'approche éthique et vous avez employé tout à l'heure, vous avez souligné tout à l'heure la l'importance de la parole donnée, de la confiance et depuis tout à l'heure, on parle de véracité de la parole donnée. J'aimerais savoir pourquoi vous parlez de véracité et pas de vérité. Quelle est la différence ?
Et pourquoi être dans la véracité nous protège de toute responsabilité alors qu'on aurait envie avec quand d'être dans une idée de la vérité ? Bah la vérité quoi. Ça depuis depuis le commencement de la réflexion quand à posé que le contraire du mensonge, ça n'est pas la vérité parce que je peux très bien dire avec sincérité quelque chose qui n'est pas vrai parce que je ne la crois parce que je sincèrement je pense qu'elle est vraie.
Et donc si sincèrement je pense que la terre est plate et que je dis la terre est plate, je ne mens pas. Je dis une énormité, c'est une fauseté, mais je ne suis pas en train de mentir. Et et au contraire, quelqu'un qui pense que la terre est plate, mais qui pour plaire à tout le monde va dire qu'elle est ronde, et bien va mentir alors même qu'il dit une vérité.
Et donc, c'est pour ça que le contraire de la de la du mensonge, ce n'est pas la vérité mais bien la véracité et ce qu'on appelle aussi la la sincérité. Ce qui montre bien qu'on n'est pas du point de vue de la connaissance. C'estàd queon n'est pas du point de vue du faux, du du vrai.
C'est pas ça qui compte. C'est c'est la distinction entre l'erreur qu'on peut faire et la faute, hein. Et c'est pour ça que le mensonge relève de la faute, c'est qu'on est du côté de la raison pratique et pas de la raison théorique.
Et il s'agit pas ici d'établir une objectivité théorique, mais il s'agit de penser le rapport que le sujet a la sa propre énonciation. Mais ça c'est intéressant parce que ça veut dire qu'on part du principe avec quand qu'on est toujours conscient de mentir. Or, il y a beaucoup de moments dans la vie où l'on où l'on peut en moi je dis beaucoup de moments, je sais plus, je suis pas sûre en fait, mais il y a des moments où on ment sans savoir qu'on ment.
Par exemple, on va répéter quelque chose en étant en se disant que c'est sûrement vrai. Donc on est d'un menteur. Non, on n'est pas un menteur à ce momentlà.
On n'est pas un menteur. Pourquoi ? La définition du mensonge, c'est une déclaration intentionnellement fausse.
Donc il y a une conscience, une intention de tromper l'autre de tromper l'autre. Et et mais ce qu'il faut voir aussi, c'est que et ça c'est une particularité de K, c'est qu'il y a pas seulement un mensonge extérieur, c'est qu'il y a un mensonge intérieur. C'est qu'on peut se mentir à soi-même.
Mais ça c'est la grande question François Calorie, c'est la question du déni. Est-ce qu'on n'est pas tout le temps dans cette position là, c'est aveuglé sur soi-même ? Et là pour le coup et je dirais même plus parce que et je pense que c'est aussi une des raisons pour laquelle Kent donne une telle importance à la question du mensonge comme exemple paradigmatique de transgression du devoir hein.
Et il ne cesse de citer un un passage de de la Bible he c'est dans le l'Évangile selon Saint-Jean 844 dans lesquels il dit hein on dit que le le diable est le père hein le menteur et ce par lequel tout le mal est venu dans le monde hein le père du mensonge il est menteur et père du mensonge par lequel tout le mal est venu dans le monde. Et donc il y a un caractère originaire pour le mal dans le mensonge. Quelque chose par quoi le mal s'est introduit.
Le mal ne s'est pas et quand on le reprend explicitement. Le mal ce n'est pas le premier il s'est pas introduit dans le monde par le premier meurtre. C'est pas euh qu'in et Abel c'est pas c'est pas l' dué, c'est le mensonge.
C'est le serpent qui ment euh euh à Adam et Ève hein en disant qu'ils peuvent consommer le fruit et donc et quand on repend exemple pour montrer le caractère originaire du mensonge pour le mal. Et en fait, c'est parce que dans tout acte dans lequel je tout acte immoral pour pour Quint, il y a d'une façon un mensonge intérieur qui est en jeu puisque nous ne faisons pas le mal en rebelle pour quand c'est-à-dire que nous ne sommes pas des êtres diaboliques qui nous opposons en disant je vais faire le mal pour le mal mais nous nous donnons toujours de bonnes raisons de faire une action mauvaise. C'est là où le mensonge en exactement nous sommes toujours en train de nous justifier et de trouver justement des exceptions, de nous trouver des bonnes, des circonstances qui peuvent expliquer pourquoi des excuses en disant "Mais si j'ai bien fait de mentir là parce que il y a telle et telle raison" et du coup toute action mauvaise implique une forme de mensonge intérieur de mensonge de soi à soi et qui rend possible le mal.
Ça c'est génial parce que vraiment en fait c'est un peu la problématique existentielle. C'est jusqu'où je suis honnête avec moi-même ? Est-ce que je peux dire ce que je veux ?
Est-ce que je sais ce que je veux ? Est-ce que je ne me donne pas d'excuses tout le temps ? Oui, absolument.
Et c'est vrai que le mensonge, on pourrait presque le décrire comme un une puissance de sission. C'est le mensonge, c'est ce qui me en deux puisque il y a ce que je sais ou ce que je pense et ce que je dis et il y a un décalage qui s'instaure entre les deux. Euh il y a ensuite le fait que çainde les relations.
Euh quand tu utilises ce terme, à un moment, il dit le menteur scinde euh la la communauté humaine, il sépare, il divise et euh et par ailleurs, comme le dit très bien François Calori, il y a cette espèce de de rapport un peu schizophrénique dans le dans le mal où je sais que c'est mal, mais j'essaie de voiler euh la la l'appréhension que j'ai de la loi morale et je me trouve des excuses. Je vais utiliser mon intellect pour ratiociner comme dit et donc voilà justifier mon acte par tout un tas d'arguments casuistiques mais fondamentalement je me divise. Donc le mensonge est vraiment cette puissance de de division de sission qui va contre l'unité de ce que je suis et l'unité de la communauté humaine.
Et qui effectivement peut aussi conduire à la séparation entre deux personnes amoureuses. On va entendre cette lettre de Maria von Herbert adressée à Kant en août 1791. Cette lettre est exceptionnelle.
Écoutez-la bien. Grand C comme un croyant son Dieu, je t'appelle à mon secours et te supplie de m'apporter consolation ou avis de mort. Les raisons alléguées dans tes œuvres en faveur d'une vie future me suffisent.
C'est pourquoi tu mets un refuge. Mais quant à cette vie présente, je n'y trouve rien, rien du tout pour compenser le bien que j'ai perdu. car j'aimais un objet qui à mes yeux enfermait tout, de sorte que je vivais seulement pour lui.
Or, j'ai offensé cet objet par un mensonge gardé secret pendant longtemps et que je lui ai finalement révélé. Il n'y avait pourtant rien là qui fut préjudiciable à mon caractère, car je n'ai eu à cacher aucun vis de ma vie. Mais le mensonge seul suffit pour faire disparaître son amour.
C'est un honnête homme aussi ne me refuse-t-il à présent ni amitié ni loyauté. Mais le sentiment intime qui spontanément nous attirait l'un l'autre n'y est plus. Oh, mon cœur se brise en mil morceaux.
Si je n'avais déjà lu tant de vos écrits, j'aurais sûrement déjà porté atteinte à ma vie. Mettez-vous donc à ma place pour me donner consolation ou condamnation. J'ai lu métaphysique des murs et aussi l'impératif catégorique.
Cela ne me sert de rien. Ma raison m'abandonne là où j'en ai le plus besoin. Réponds, je t'en conjure, sinon tu ne sais pas toi-même agir selon ton impératif.
France Culture avec philosophie. Géraldine Mosna sa voix. Quelle lettre incroyable !
Un peu un courrier du cœur, on pourrait dire. François Calori ou Maria Vonerbert demande à Kent des conseils. Elle a menti amoureux, il lui accorde toujours son amitié, sa loyauté, mais il ne veut plus être avec elle.
Et alors, le ton de cette lettre est incroyable parce que elle lui demande des conseils mais elle le menace aussi. Elle passe au tuto et elle lui dit "Je t'en conjure sinon tu ne sais pas toi-même agir selon ton impératif incroyable." Oui, c'est une lettre fantastique.
C'est la lettre la plus drôle de toute la correspondance de de Kint euh qui commence grand compte tu enfin c'est vraiment et donc avec une espèce de d'exaltation dans un problème existentiel grave. C'est une drôle d'idée de demander à Kant des conseils pour sa vie sentimentale et mais Quant Quant va répondre donc Maria Vonerbert hein c'est une une jeune femme qui qui dont dont le frère fréquente des cercles philosophiques et donc sans doute a-t-elle été formée à la philosophie ancienne ? Elle dit qu'elle a lu les textes de Kant et on la voit au bord du suicide hein son son et elle dit elle-même, elle dit "Je je ne tiens à la vie que pour avoir lu vos œuvres et je sais bien que c'est un mal de se suicider même si on est désespéré.
Donc euh je vous écoute ou parce que là ça nous fait sourire mais elle est dans une détresse totale. Et et ça nous fait moins sourire quand on sait que quelques années plus tard, elle va effectivement se suicider hein. Donc euh le le destin de cette jeune femme est est tragique.
La philosophie de Kant ne l'a pas sauvé. Voilà, ne l'a sauvé un moment. Elle a tenu euh un moment mais ça le le malheur a pris le le dessus sur la moralité et donc elle a elle a mis fin à ses jours et donc elle elle cherche conseil sur ce très très exalté et en le menaçant hein vraiment.
Oui. Voilà. si tu ne me réponds pas, tu n'es pas à la hauteur de ta propre philosophie et tu dois donc venir à mon aide.
Alors évidemment, quand tu va répondre, comment ne pas répondre à une telle à une telle lettre ? et il répond une lettre mais une lettre qui est sans sans concession au sens où comme le dit K lui-même en terminant sa lettre dans cette lettre il y a un enseignement sur la nature du mensonge une punition parce qu'en fait quand va donner raison à l'amoureux qui n'accorde plus les mêmes sentiments et une consolation aussi malgré tout à la fin de de la lettre et et va dire oui justement le le il suffit d'un mensonge même si ce mensonge n'est pas quelque dans le dans le dévoilement du mensonge, ça n'est pas un vis rédibitoire qui est manifesté. Euh euh même si ce mensonge n'a pas des conséquences qui sont des conséquences désastreuses, le fait même du mensonge suffit à anéantir hein euh il le dit par ailleurs, la personnalité euh de du menteur et euh et et du coup à euh ébranler euh la confiance que l'amoureux peut lui euh lui lui accordé et euh et et cette cette faute qui est le mensonge ne peut pas ne pas retentir sur les sentiments.
D'ailleurs, il est bien employé le terme de caractère, c'est-à-dire que ça entache son son caractère. C'est pas le problème d'avoir menti une fois, c'est le problème de la sincérité. Et là, la sincérité est un caractère.
Il y a un soupçon de malhonnêteté ou d'insincérité. Laura Tavernier. Oui, tout à fait.
Je pense qu'il y a il y a trois points assez intéressants dans cette lettre. Le premier, c'est celui que François Calori a bien présenté de de la provocation, le le défi et c'est vraiment la question de la théorie et de la pratique. C'estàd j'ai lu écrits, la théorie c'est bon, mais sur ce cas pratique, ça ne m'aide pas.
Donc aidez-moi et si vous ne parvenez pas à trouver une manière d'appliquer correctement votre impécuratif catégorique, il est nul et non avenu. Donc c'est vraiment si vous ne me répondez pas de manière pertinente, votre philosophie morale est impraticable. Les critiques d'ailleurs qu'on pouvait adresser à Quant au début suite à l'opuscule adressée à à Constant, on tout tout l'édifice s'effondre en fait.
Exactement. Donc quelque part, elle rejoue ça sur quelque chose de très personnel. Ensuite, le deuxième point qui est intéressant effectivement, c'est que c'est pas tellement l'objet du mensonge, c'est le fait même du mensonge qui cause le désamour de l'amant.
Et ça c'est il faut qu'on reparle de la réserve et de la transparence en fait. Donc quand tu as dit que nous avons un devoir de véracité, nous n'avons pas un devoir de transparence. Nous avons même un devoir de réserve pour rendre la société vivable et aussi pour inciter à la vertu.
Et même entre les amants, c'est que même entre les amants, il y a un devoir de réserve qui qui bah c'est un peu plus peut-être compliqué. Enfin, quand dit à la fois il y a un idéal de d'ouverture transparente, totale du cœur entre amant et entre amis, idéalement, on devrait pouvoir tout se dire, se dire ce qu'on a sur le cœur justement, ce qu'on a dans le fond de la pensée. Mais en même temps, ce n'est pas réalisable parce que tout homme a cache par de vers soi des pensées mauvaises, des pensées dont il a peur.
Ce qu'on a dit d'ailleurs tout à l'heure, c'est le premier mensonge, c'est envers soi-même. On ne peut pas tout avouer et en étant conscient de le dire autrement. En tout cas, si on le dit à l'aimé ou à l'ami, on craint de perdre son estime en se montrant sous un jour défavorable.
Et donc même en amitié et en amour, il y a des choses qu'on va garder par de soi, mais on va essayer d'en garder le moins possible. Euh voilà, donc c'est ça la petite nuance, c'est-à-dire qu'on on on ne doit pas tout dire à ce pas d'exigence de transparence absolue, encore une fois, c'est-à-dire que le le la vie sociale réclame que il y a quelque chose qui relève de la de la réserve. Donc sincérité mais devoir de réserve.
Voilà. sincérité mais pas mais pas voilà et pas transparence. Et le troisème point Laura Tav en fait j'ai oublié le troisème point mais par contre juste sur la question de la transparence dans le texte que François Calori citait tout à l'heure de l'anthropologie du point de vue pragmatique il y a une très belle référence que quand fait à une fable desop où il y aurait le le dieu Momos qui est le dieu de la moquerie qui aurait dit aurait reproché à à soi prometé.
Je crois que quand fait une erreur, mais c'est prometté, de ne pas avoir mis le cœur de l'homme à l'extérieur, à découvert de sorte qu'on pourrait lire immédiatement les vis et les pensées d'autrui. Et quand dit mais heureusement qu'il ne l'a pas fait, ce serait la ruine absolue de la morale. Et c'est pour juste rebondir sur ce que François disait tout à l'heure, sur le l'efficacité de l'apparence de la vertu.
En fait, si notre cœur était totalement transparent, nous désespérerions les uns des autres. tout le monde se montrerait tellement vicieux et on trouverait que l'homme est tellement mauvais, mesquin et bas que on ne ferait même plus d'effort pour être moral et on serait totalement désespéré moralement et dans une espèce de paresse pratique complète. Donc il faut éviter ça.
Et inversement, en se montrant un peu meilleur qu'on est, on incite les autres à être un peu meilleur qu'ils ne sont. Et donc il y a une espèce d'efficacité morale de la réserve. C'està-dire qu'en fait on il y a une vertu de la réserve.
Mais la question quand même très pratique se pose par exemple celle des des dilemmes moraux, c'est ce devoir de réserve euh avec son amant et en même temps l'idée d'être sincère. C'est par exemple euh par exemple l'infidélité, c'est-à-dire bon bah voilà, j'ai embrassé quelqu'un d'autre dans une soirée, je ne l'avais pas prévu, je ne l'avais pas prémédité. Est-ce que je dois lui dire ou pas ?
Est-ce que je me réserve ou est-ce qu'au contraire je livre mon cœur avec toutes les conséquences parce que on est du côté du principe à des c'est quelque chose qui Oui, là je pense qu'il y a pas d'ambiguïté possible, il faut le dire. C'est Oui, il y a un acte qui qui implique une une une rupture de la confiance qui a été accordée et donc c'est ça relève pas de la réserve ici je pense de c du domaine réservé si je puis dire. Ben alors qu'est-ce qui en fait je pense qu'il faut distinguer il faut distinguer mensonge par omission et réserve.
OK. La réserve c'est je dis pas tout ce que je pense, tout ce qui me passe par la tête ou tout ce que j'ai dans dans l'esprit. Et le mensonge par remission, c'est je ne dis pas quelque chose dont l'interlocuteur s'attend à ce que je disais.
À ce que je lui dis, c'est-à-dire l'autre s'imagine bien que si il y a tromperie, vous allez le lui dire. C'est quelque chose qui compte et donc il y a une attente. Et s'il y a cette attente là, c'est un mensonge par remission.
C'estd je choisis de cacher quelque chose qu'en réalité je dois dire à l'autre. C'est comme un mensonge qui aurait été dit, sauf qu'il n'est pas dit. En fait, ça a exactement la même valeur.
C'est ça. C'est-à-dire que le fait de ne pas dire là équivaut à mentir. Qu'est-ce que c'est alors le domaine réservé ?
Le le domaine de la réserve, qu'est-ce qui pourrait appartir appartenir à ce domaineel ? un un on peut trouver que quelqu'un je sais pas dans un couple dit une énormité à un moment donné on va pas lui dire forcément ou que voilà il y a des choses qu'on gardera par de vers soi parce que il il voilà il oui des des des pensées mesquines des pensées médisantes ou ou même des pensées même des des désirs mauvais par exemple qu'on veut cacher parce que on enfin ils n'ont pas de conséquences dans l'action et donc ils nous traversent mais on ne va pas en faire part à l'autre c'est pas une espèce de scr scrupule où il faut tout dire tout dire et les moindres recoins de ma conscience doivent être dévoilés et puis comme vivre au grand jour voyez c'est pas v dans la transparence c'est pas la transparence totale et où en plus d'une certaine manière on se débarrasserait soi-même c'est-à-dire en gros bah je te livre tout parce qu'on a tous des pensées mauvaises, on a tous des pensées mesquines, on a tous des choses comme ça et mais c'est c'est il s'agit pas de les de les dévoiler dès lors que elle ne rentre pas dans la le caractérisation d'une d'un mensonge à proprement. qui compte, c'est de préserver la confiance et de préserver la relation en fait d'une certaine manière.
Voilà. Et la confiance ne présuppose pas la transparence. Au contraire, même d'une certaine façon, on pourrait dire que la confiance présupose une forme d'opacité, hein, dans la mesure où si je fais si je savais si si on pensait à voix haute, on ferait plus confiance parce qu'on saurait et on ne fait confiance que justement parce qu'on ne sait pas, on sait pas ce que l'autre pense et même aussi il y a chez Quand on a pas de transparence de l'un à l'autre mais il y a même pas de transparence de soi à soi.
Et donc là aussi c'est la même opacité qui joue. Et si on enfin juste pour revenir peut-être à la lettre à Maria Vbert, Kant donc lui dit clairement qu'il est du côté de son amoureux. et il comprend pourquoi son amoureux a pu euh justement ça a dû la dév d'ailleurs cette réponse.
Oui mais en même temps il s'arrête pas là parce qu'il dit mais la moralité n'exige pas que vous ruminiez dans dans les remords constants la faute passée parce que cette attitude là n'est pas moral c'est-à-dire le le le la rumination le remord et la flagélation constante de ces fautes passées. Ça n'est pas ça l'attitude morale. morale, c'est celle du repentir, c'est-à-dire de ne pas oublier les faux de passé, mais de les réorienter vers une perspective d'amélioration.
Et la consolation coffre quante, c'est de dire si vous faites ça et bien votre ami ou votre amant euh votre amoureux euh va bien le voir et vous allez regagner son cœur. Et si vous ne le regagnez pas, alors c'est qu'en fait son attirance pour vous n'était que physique et pas morale. Et donc que ça ne valait pas le coup, vous devez pas vous désespérer.
Une vraie réponse de courrier du cœur. Voilà, une vraie réponse de courrier du cœur. Exactement.
Comme quoi, c mauvais choix. On va écouter un dernier texte de Kant. Toute fauseté n'est pas un mensonge.
De fait, puisque les hommes sont mauvais, il est vrai qu'on se met souvent en danger en honorant scrupuleusement la vérité et c'est pourquoi on a forgé le concept de mensonge par nécessité qui constitue un point tout à fait critique pour le philosophe moral. Mais sachant que l'on peut voler, tromper et tuer par nécessité, il est clair que le cas de nécessité corromier. Car si un cas de nécessité est invoqué, c'est alors au jugement de chacun de déterminer s'il considère qu'il s'agit ou non d'un cas de nécessité.
Par exemple, quelqu'un dont il se trouve qu'il sait que j'ai de l'argent me demande "As-tu ton argent sur toi ? Si je garde le silence, l'autre en conclut que je l'ai. Si je dis oui, il me le prend.
Si je dis non, je mens. Que faire en pareille circonstances ? Dans la mesure où je suis contraint par une violence qui est exercée sur moi, un aveu me concernant, dans la mesure où on fait un usage injuste de mon énoncé, dans la mesure où je ne puis me tirer d'affaire par le silence, alors le mensonge est une défense.
La déclaration arrachée de force qui fait l'objet d'un abus m'autorise à me défendre car qu'il me soutire mon aveu ou mon argent, cela revient au même. S'il n'y a-t-il aucun autre cas dans lequel un mensonge par nécessité doit avoir lieu que celui où la déclaration est faite sous contrainte et où je suis également convaincu qu'autrui veut en faire un usage injuste ? Extrait de leçons de philosophie morale de Kant de 177, Kant il met en avant ce concept de mensonge par nécessité.
Est-ce que c'est ce texte qui précède quand même de 20 ans l'opuscule destiné à Constant qui permet en fait quand même d'éviter la caricature et de et de sauver quand au-delà de tout ce que vous avez déplié pendant pendant l'émission Laura Taverni ? Oui. Alors en effet, on peut en faire un tel usage quand on reprend une distinction qui l'hérite des juristesconsultes modernes.
La distinction entre déclaration intentionnellement fausse de mes pensées, fals loquium, je parle faux, et mensonge mandacum, là je parle faux et c'est condamnable moralement. Hm. Il nous explique que toute déclaration intentionnellement fausses de nos pensées ne sont pas des mensonges.
Et en l'occurrence, comme on l'avait dit un peu plus haut, lorsque la crédibilité dans ma parole est annulée par le contexte à mes yeux et aux yeux du destinataire, alors à ce moment-là, ma déclaration totalement fausse n'est pas un mensonge. Et c'est le cas lorsque ma parole m'est extorquée par la violence. Donc elle est pas l'expression spontanée de mes pensées, mais quelqu'un veut me forcer à à parler euh et que l'autre veut faire un usage injuste de ma déclaration et que je ne peux pas m'en tirer par le silence.
Dans ce cas-là, ce n'est pas alors évidemment si si quand reprenait ce texte, si je veux dire, il modifierait la conceptualité, ce n'est pas que le mensonge par nécessité est autorisé, c'est que juste ce n'est pas un mensonge, c'est une manière de se tirer d'affaires qui est autorisé moralement parce que ce n'est pas un m d'acquyum, c'est un falcilo quium est juste une catégorie moralement neutre. Un dernier mot François Caloré pour clore cette émission et sauvéte s'il a besoin d'être sauvé. un un beau texte he qui montre que justement par-delà le le le le le dilemme un peu caricatural dans lequel on cherche à enfermer K et qui fait que le texte sur le mensonge c'est le texte préféré de tous ceux qui veulent qui est Kante et qui veulent réduire Kant à être le le penseur qui va dénoncer les juifs cachés pendant la Seconde Guerre mondiale dans une position qui est totalement caricaturale et et qui n'est pas acceptable.
Et bien là, on voit bien hein le travail que fait Kante un travail de distinction qui montre bien que la défense de l'universel de l'universalisme de la l'exigence universelle morale qui l'entreprend dans le droit de mentir euh et qui qui sur laquelle évidemment il ne il ne transige pas et mené de telle sorte dans le dans le l'opuscule sur le droit de mentir que d'une certaine manière elle peut se retourner contre lui-même et que c'est pas forcément le texte le plus le plus convaincant de K sur ce point sur ce Voilà.
Boris Tavernier