Retraites : l'interview exclusive d'Emmanuel Macron sur TF1 - REPLAY
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Bonjour Monsieur le Président, merci de nous recevoir à l'Elysée avec Julien Bugier. Bonjour Julien. Bonjour Marie-Sophie, bonjour Monsieur le Président. Vous savez que votre parole aujourd'hui est particulièrement attendue. C'est la toute première fois que vous vous exprimez depuis le recours au 49.3 et depuis que cette réforme des retraites a été adoptée par le Parlement, elle est très contestée dans la rue. Première question donc, est-ce que ce texte entrera en application comme prévu au 1er septembre ?
Bonjour et bienvenue, je suis heureux de pouvoir en effet répondre à vos questions. Écoutez, ce texte, il va poursuivre son chemin démocratique. Il a été préparé par le gouvernement après des mois de concertation. Il a été ensuite porté par le gouvernement qui l'a modifié après ses concertations au Parlement. Il a donné lieu à 175 heures de débat. C'est le texte issu du chemin parlementaire, enrichi par le parlementaire, qui a été adopté dans la commission mixte paritaire, puis voté par le Sénat et en effet qui a été adopté par le Parlement.
Il a été voté par l'Assemblée suite à l'utilisation de l'article 10.49.3 et donc par un vote d'une motion de censure contre le gouvernement qui a échoué. Il est aujourd'hui devant le Conseil constitutionnel et donc il faut maintenant attendre que le Conseil constitutionnel se prononce et c'est à l'issue de cette décision que j'aurai à promulguer un texte et donc qui permettra de faire évoluer les choses pour nos concrètes. Tenez-vous à cette date du 1er septembre ? Tenez-vous à cette date ?
Pour près de 2 millions de nos compatriotes, 1 800 000 exactement, ils puissent avoir leur pension qui commence à être augmentée, environ 600 euros par an en moyenne pour ces 1,8 millions, pour qu'en effet on commence à décaler l'âge légal de 3 mois par an progressivement et qu'on accélère l'augmentation du nombre de trimestres à travailler jusqu'à 43 ans à horizon 2027. Eh bien il faut que ça rentre en vigueur d'ici à la fin de l'année, mais maintenant, au moment où je vous parle, il faut attendre la décision du Conseil. Merci.
On va parler de la crise sociale dans notre pays qui est forte, on va parler de la crise politique évidemment à l'Assemblée nationale et de ce qui s'est passé. D'abord je voudrais vous faire réagir sur des propos que vous avez tenus qui ont pu choquer certains, c'était hier devant les parlementaires. Vous avez dit « la foule n'a pas de légitimité face au peuple qui s'exprime à travers les élus ». Est-ce à dire à vos yeux que le mécontentement qui s'exprime dans les rues aujourd'hui, les manifestants, sont-ils légitimes ?
Non pas du tout et merci de me permettre de clarifier cela parce que j'ai dit des choses hier précises à des parlementaires qui ont subi des agressions inacceptables depuis ces derniers jours. Et je vous le dis ici avec beaucoup de solennité, nous sommes une grande nation et un vieux peuple. Ils se dotent de responsables qui ont une légitimité politique. Le président de la République, des parlementaires, ils sont élus par lui. Il y a des légitimités qui existent. Les syndicats ont une légitimité. Quand ils défilent, qu'ils manifestent, ils sont en opposition à cette réforme. Je les respecte. Ils défendent leur point de vue.
Et d'ailleurs c'est protégé par la Constitution, le droit de manifester, de pétition. Il y a une légitimité. Et d'ailleurs le gouvernement... Le gouvernement, comme le Parlement, a essayé de tenir compte de ces manifestations et d'intégrer une partie de ces... On y reviendra. A côté de ça, je vous le dis, dans le moment que vivent nos démocrates, quand des groupes utilisent l'extrême violence pour agresser des élus de la République, qu'ils soient parlementaires aujourd'hui ou maires, malheureusement chaque semaine, quand ils utilisent la violence sans règle absolue, parce qu'ils ne sont pas contents de quelque chose, alors là, ça n'est plus... Mais là, vous convenez...
La démocratie... Convenez, monsieur le Président, ce ne sont pas des propos qui sont à même d'apaiser ce qui se passe aujourd'hui dans les rues. Pardon, ce sont des propos qui clarifient.
Ce sont des propos qui clarifient. Quand les États-Unis d'Amérique ont vécu ce qu'ils ont vécu au Capitole, quand le Brésil a vécu ce qu'il a vécu, quand vous avez eu l'extrême violence en Allemagne, aux Pays-Bas, ou parfois par le passé chez nous, je vous le dis très nettement, il faut dire, on respecte, on écoute, on essaie d'avancer pour le pays, et je vais y revenir parce que je veux qu'on parle du fond de cette réforme, mais on ne peut accepter ni les factieux ni les factions. Mais à côté de ça, il y a des millions de Français qui manifestent. Oui, mais ceux-ci, il faut les écouter, il faut écouter leur colère et y répondre.
C'est cela, parce qu'avec ces propos, vous faites référence au débordement, mais que dites-vous à ceux qui vont manifester demain ? Neuvième journée d'action dans la rue, c'est quoi ? Ce n'est pas la peine d'y aller ? Il n'y a plus rien à négocier ?
Non, d'abord... C'est la fin de partie ? Alors, je voudrais essayer de dire d'abord ce que ce texte va faire et pourquoi on l'a fait. Vous savez, au moment où je vous dis... Je vous parle. Est-ce que vous pensez que ça me fait plaisir de faire cette réforme ? Dites-le-nous. Non. Est-ce que vous pensez que je n'aurais pas pu faire comme tant avant moi, mettre la poussière sous le tapis ? Oui, peut-être. Mais la réalité, et s'il y a une chose que je regrette, c'est que nous n'avons pas réussi à partager la contrainte, plus exactement la nécessité de faire cette réforme. Au moment où je suis rentré dans la vie active, il y avait 10 millions de retraités. Il y en a aujourd'hui 17 millions.
Dans les années 2030, il y en aura 20 millions. Est-ce que vous pensez qu'on peut continuer avec les mêmes règles ? On rentre de plus en plus tard dans la vie professionnelle. On vit, et c'est une chance, de plus en plus tard. Nous avons un système par répartition qui fait que c'est nous, les actifs, qui finançons aujourd'hui les retraites. On ne finance pas les nôtres. Donc oui, il n'y a pas 36 solutions si on veut que le régime soit équilibré. Il ne l'est plus. Et plus on va attendre, plus il se dégradera. Donc cette réforme, elle est nécessaire. Et je le dis aux Français, ça ne me fait pas plaisir. Je ne veux pas que le régime soit équilibré. Je veux que le régime soit équilibré.
J'aurais voulu ne pas la faire, mais c'est pour ça aussi que j'ai pris l'engagement de la faire devant vous, par le sens des responsabilités. Et c'est l'intérêt général. Qu'est-ce qu'on peut faire face à cette situation démographique qui est la nôtre ? On aurait pu dire on baisse les pensions. La réponse est non. Nos retraités n'ont pas trop de pouvoir d'achat. On ne peut pas baisser leurs pensions. On va même relever celles des plus modestes. La deuxième solution, ça aurait été d'augmenter les cotisations des actifs. Nous avons un problème de pouvoir d'achat en raison de l'inflation, de la déficit.
Ou des entreprises, M. le Président. Et de mettre les entreprises à contribution. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui dans le financement.
Non, parce que je vais venir, c'est pas comme ça que marchent les retraites. Les retraites, c'est des cotisations des actifs pour les retraités. La troisième solution, c'est de dire au fond, j'acte que mon système de retraite a un déséquilibre. Et c'est le budget de l'État qui va le financer par ailleurs. Et alors comment on fait quand c'est le budget de l'État ? Soit on augmente les impôts. Nous sommes l'un des pays occidentaux qui a les impôts les plus hauts. Moi, je crois dans la réindustrialisation du pays. J'espère qu'on y reviendra. On l'a défendu, on est en train de gagner cette bataille. C'est pas pour faire l'inverse.
Deuxièmement, on pourrait dire, c'est au dépens de notre priorité. On doit investir dans nos services publics, notre école, notre santé. On peut pas prendre cet argent pour le mettre sur les retraites. Et alors la formule magique, qui est implicitement le projet de toutes les oppositions, et de tous ceux qui s'opposent à cette réforme, c'est le déficit. Mais qu'est-ce que c'est le déficit ? Ça veut dire, de fait, que vous choisissez de faire payer vos enfants parce qu'aujourd'hui, vous refusez de décider avec clarté et courage. Monsieur le Président, est-ce que ça n'est pas... Regardez, vos collègues du Parisien avaient fait cette petite infographie. J'ai arrivé de la convoquer.
Enfin, nous sommes le pays d'Europe qui, avec la Suède, qui a un autre système, un autre modèle, mais nous en sommes ensemble. Regardez, tous les autres sont entre 65 et 60 ans.
On entend vos arguments, Monsieur le Président, mais pourquoi est-ce que vous n'avez pas été compris, entendu ? Mais parce qu'il y a une volonté, d'abord, parce que je vous le dis très sincèrement. Monsieur le Président, ces graphiques, on les montre depuis le début. Oui, la pédagogie, vous la faites depuis le début.
On n'a pas forcément envie d'entendre la réalité, mais je vous dis, cette réforme, ça n'est pas un luxe, ça n'est pas un plaisir, c'est une nécessité pour le pays. Ensuite, il y a des formes politiques.
Vous pensez l'avoir mal expliqué, Monsieur le Président ?
Non, je pense simplement qu'il y a aussi une volonté de passer à autre chose chez certains et de ne pas partager cette contrainte.
Mais peut-on avoir raison contre 70% des Français ? Écoutez, d'abord, je pense... Aussi juste soit votre conviction, Monsieur le Président. Mais peut-on avoir raison seul contre les autres ?
Je pense qu'on peut prendre ses responsabilités dans un système démocratique où les élections ne sont pas très tardives, ni celles des parlementaires, ni celles du Président, et où, sur les fondamentaux d'une réforme, après, il faut la compléter, il faut entendre ce qui se dit, je vais y revenir. Et je pense que beaucoup de choses qui se sont dites ne sont pas sur les retraites, y compris les colères qui s'expriment aujourd'hui. Nos pêcheurs, par exemple, s'expriment à Rennes, ce n'est pas les retraites le cœur de leurs problèmes. C'est des réglementations et des jugements qui leur tombent dessus. Bon, il faut les entendre et les aider.
Beaucoup des colères qui se sont exprimées, ce ne sont pas que les retraites. Et je veux y revenir et pouvoir en parler.
On y viendra.
Mais notre système, aujourd'hui, nous devons le réformer. Et donc, je le fais en responsabilité, par le sens d'un intérêt général. Il y a une partie des oppositions qui ont eu le sens des responsabilités. Et je vous le dis ici aussi, il faut les respecter et les associer. La majorité au Sénat n'est pas une majorité qui soutient normalement ni le Président de la République, ni celle de l'Assemblée. Elle a enrichi ce texte, elle l'a modifié, mais enfin, elle a adopté quelque chose qui va dans le même sens. Plusieurs élus de l'opposition venant de la droite républicaine, ont décidé de voter ce texte et de ne pas voter la motion de censure. Il faut les respecter, c'est les associer aussi.
Ils ont le sens des responsabilités. Je regrette qu'aucune force syndicale n'ait proposé un compromis. Et c'est ça aussi, il faut voir depuis le début. Là où, historiquement, les forces syndicales pouvaient proposer des compromis. Ne faites pas 65 ans, 63 ans et demi, augmentez la durée. On nous a dit aucune réforme.
Vous n'avez commis aucune erreur.
De ne pas réussir à convaincre. Mais en même temps, je constate qu'il y a aussi, une tendance dans nos démocraties à vouloir s'abstraire du principe de réalité. Et ça, c'est aussi sans doute les conséquences d'une situation après le Covid, ou pour beaucoup de nos compatriotes, mais aussi des forces politiques, syndicales. Je note que le secrétaire général de la CFDT, pour qui j'ai estime et respect, était allé devant son congrès en proposant d'augmenter les durées. Il n'a pas été suivi par son propre. Mais il avait cette volonté de faire travailler davantage. Il nous aurait proposé un compromis. D'ailleurs, le gouvernement a changé les choses. On n'est plus à 65 ans en 2030. Mais 74 ans.
Et une accélération de l'augmentation de la durée de cotisation. Mais il n'y a pas eu de proposition de compromis. Donc le compromis, il a été fait par le gouvernement, après ses concertations. Il a été fait avec le Parlement. Mais nous devons avancer. Parce que c'est l'intérêt supérieur de la nation. Et je vous le dis, je vous le dis en responsabilité. Moi, je ne cherche pas à être réélu. Je ne peux pas constitutionnellement. Mais entre les sondages et le court terme, et l'intérêt général du pays, je choisis l'intérêt général du pays. Et s'il faut, derrière, endosser l'impopularité aujourd'hui, je l'endosserai.
Alors voilà pour la pédagogie et l'explication de texte. Aujourd'hui, ce qui se passe dans la rue, est-ce que vous craignez un embrasement, des mobilisations, un pourrissement de la situation ? Qu'est-ce que vous répondez aujourd'hui aux Français qui sont inquiets aussi de cette situation et qui la subissent ? Bien sûr. Les ordures qui s'amoncèlent, les stations essence avec des queues considérables, les blocages ?
D'abord, je vous le dis, il y a différentes formes de contestation. Et vous m'avez permis de le clarifier à l'instant. Qu'il y ait des manifestations. Organisées pour dire qu'on est contre, c'est légitime. Et je salue d'ailleurs l'esprit de responsabilité de l'ensemble des syndicats qui, je l'ai dit, n'ont pas proposé de compromis, mais ont été contre, avec clarté, je le respecte. Mais ça a été fait de manière calme, organisée, le front de main, c'est normal. À côté de ça, il y a des blocages, il y a des violences. Les violences, il faut les condamner. Je ne l'ai dit ni les factieux, ni les factions dans la République. Et il y a les blocages. Et les blocages...
Il faut pouvoir les lever quand ils empêchent l'activité normale. Et c'est pourquoi, d'ailleurs, j'ai demandé au gouvernement d'essayer au maximum de négocier et ensuite de réquisitionner ce que nous avons pu faire sur les ordures ménagères, par exemple, dans certaines grandes villes, ou sur les raffineries, à chaque fois qu'il faut le faire. Ça a commencé et ce sera fait pour qu'il n'y ait pas de blocage. Souvent, ce sont très peu de gens, d'ailleurs.
À quand un retour à la normale dans la vie des Français ? Un retour à l'ordre, même, disent... Certains... Est-ce que vous pouvez prendre un ordre ?
L'ordre républicain, c'est celui que je souhaite. Je prends un engagement pour ce qui dépend de moi. Je suis un peu stoïcien en la matière. Donc, je pense qu'il faut qu'il y ait un chemin qui soit maintenant trouvé et qu'on se remette autour de la table.
Mais...
Les Français commencent à se lasser. On l'entend dans nos reportages. Mais ils ont raison. Depuis le début de la semaine.
Et donc, je le dis, on ne tolérera aucun débordement. On fera en sorte qu'une vie la plus normale possible puisse reprendre face à ceux qui bloquent à quelques-uns l'activité. Et après, c'est aussi... à nous, à moi, l'exécutif, d'essayer d'entendre la colère légitime, qui n'est pas la violence, encore une fois, mais qui s'est exprimée au moment de ces contestations. Alors, ces contestations, d'abord, je veux ici rappeler qu'à chaque réforme des retraites, nous les avons. Et parfois en nombre bien supérieur. Oui. Et...
dans quelle situation serions-nous si en 1993, en 2003, en 2010, pour ne citer que quelques-uns des exemples des réformes précédentes, ou en 2013, mes prédécesseurs s'étaient arrêtés devant ces contestations en disant « Je ne fais pas la réforme. » « Je ne fais pas la réforme. » « Je ne fais pas la réforme. » « Je ne fais pas la réforme. » On serait dans une situation encore plus critique. Donc, c'est pour ça que je vous dis, il faut le faire. Maintenant, dans cette colère et ces voix, qu'est-ce qui s'est exprimé ? D'abord, un sentiment d'injustice.
Et moi que j'entends, vous l'avez un peu évoqué en parlant des entreprises tout à l'heure, ce sentiment d'injustice, c'est de dire au fond, c'est toujours nous qui bossons à qui on demande des efforts. Et c'est vrai qu'on demande... Cette réforme, il ne faut pas se tromper, on demande à nos compatriotes des efforts.
C'est nous qui allons travailler deux ans de plus.
On leur demande des efforts pour pouvoir financer, financer la protection et la préparation de l'avenir. Et donc, il faut entendre ce besoin de justice. Moi, je l'entends, à au moins deux égards. Quand on voit des entreprises qu'on a aidées et on continuera cette politique pour l'entrepreneuriat, pour l'attractivité, parce que ça permet de réindustrialiser le pays, de nous rendre plus forts. Mais il y a quand même un peu un cynisme à l'œuvre. Quand on a des grandes entreprises qui font des revenus tellement exceptionnels qu'ils en arrivent à utiliser cet argent pour racheter leurs propres actions, là, je vais demander au gouvernement de pouvoir...
travailler à une contribution exceptionnelle pour que cet argent, quand il y a des profits exceptionnels d'entreprises qui sont prêtes à racheter leurs propres actions, que leurs travailleurs puissent en profiter.
Donc, c'est une taxe sur les super-profits ?
Non, parce que cette taxation des super-profits, nous l'avons déjà fait pour les énergéticiens. C'est ce qu'on a construit au niveau européen. C'est ce qui nous permet d'ailleurs de financer le bouclier face à l'augmentation de l'énergie. Et c'est ce qui fait que vous payez par mois une augmentation de 20 euros environ, entre 20 et 30 euros sur votre électricité et votre gaz, au lieu de 180, ou 200 euros. Ça, on l'a financé en taxant les super-profits des énergéticiens.
Là, je dis, on a des grandes entreprises qui sont en train de racheter leurs actions, ont des contributions exceptionnelles, il faut trouver la bonne technique, mais il faut qu'ils distribuent davantage à leurs salariés, et il faut qu'il y ait une contribution à cet effort du moment. La deuxième chose, c'est qu'aussi beaucoup de travailleurs disent « Vous nous demandez des efforts, il y a des gens qui ne travaillent jamais, ils ont quasiment la même vie, eux, ils ne vont jamais travailler, ils auront le minimum vieillesse. » C'est pour ça qu'il faut très vite engager pour aller chercher, toutes celles et ceux qui sont au RSA, et les aider à revenir vers l'emploi.
Les aider et les responsabiliser. Et ça, ce sera dans les réformes les plus importantes à venir, c'est-à-dire droits et devoirs renforcés pour les bénéficiaires du RSA, mieux les former et les accompagner, régler parfois les problèmes de logement, de garde d'enfants, de transport, mais faire revenir à l'emploi des gens aujourd'hui qui n'y sont pas, parfois depuis des années ou des dizaines d'années, au moment même où on a des besoins.
C'est ce que vous avancez aujourd'hui pour remettre de l'apaisement, pour apaiser.
Et ça, c'est les chantiers que je veux qu'on ouvre parce qu'il y a un besoin de justice. À côté de ça, il y a ce qu'on entend dans la rue, c'est aussi des protestations sur le travail. Beaucoup de gens, à juste titre, j'ai écouté dans l'agroalimentaire, en Bretagne, dans certains métiers encore postés, dans l'industrie, dans le centre de la France, les métiers aussi du soin, les éboueurs, les égoutiers, ces métiers difficiles. Ils disent à 60 ans, on a le dos cassé, on est épuisé. C'est vrai. Mais si on est honnête avec nous-mêmes, c'est pas 62 ou 64 ans qui est le problème, le problème, il est à 55 ou 58 ans.
Et donc, le vrai sujet qui a commencé à être ouvert par le gouvernement, comme par les parlementaires dans ce texte, c'est celui de l'usure professionnelle et des fins de carrière. Celui-ci, on doit très concrètement le prendre à bras-le-corps. Parce que si on veut donner une réponse à cette colère légitime, une réponse efficace, moi, je souhaite, attendre quelques jours, quelques semaines, mais qu'on réengage avec les partenaires sociaux sur des sujets très concrets. L'usure professionnelle, la reconversion de fins de carrière. Il y a beaucoup de métiers où, au fond, passer 50 ans, on doit reconvertir. Pourquoi avoir attendu si longtemps
pour mettre sur la table ces propositions ?
On a commencé à le faire. Et d'ailleurs, les assises du travail n'ont pas attendu la réforme des retraites. Et beaucoup de choses qu'on a faites sur les carrières professionnelles se sont faites durant le premier quinquennat. Mais il faut continuer. Quand la colère s'exprime, il faut aussi l'entendre et accélérer. Donc, l'usure professionnelle...
Donc, il faut que la colère s'exprime pour que vous fassiez des propositions supplémentaires ?
Non, je suis en train de vous dire qu'on a commencé à faire les choses. Si j'étais là à vous dire qu'on a tout bien fait, vous m'iriez, vous êtes un drôle de type. Vous n'entendez pas qu'il y a des gens qui protestent. Et ça veut dire par là que quand ça s'exprime, c'est là aussi où une démocratie, elle doit entendre la colère légitime qui s'exprime dans un cadre républicain et y apporter une réponse. Et donc, je dis juste, ces réponses qu'on a commencé à apporter, elles ne sont pas suffisamment fortes et tangibles. Et donc, on doit aller beaucoup plus loin. L'usure professionnelle, les fins de carrière, les reconversions. La deuxième chose, c'est la progression de la carrière.
Beaucoup de gens qui manifestent disent il y en a qui ne bossent pas. Ce que je dis, il faut y répondre par la loi travail et le système de droits et devoirs, de formation et d'accompagnement des bénéficiaires du RSA. Mais ils nous disent aussi, au fond, le travail ne paye pas assez. Alors là aussi, je vais vous dire, on a fait beaucoup de choses. On a fait, en 2019, la prime d'activité augmentée de 100 euros au niveau du SMIC. Jamais. Jamais les SMICards n'ont autant eu leur pouvoir d'achat augmenté depuis des décennies. On a augmenté ces 18 derniers mois le SMIC en France de 9,5%. Plus que l'inflation.
Néanmoins, il faut entendre ce que nous disent nos compatriotes qui manifestent sur ce sujet, qui n'est pas celui des retraites, mais du travail qui doit payer. Premièrement, moi, je souhaite qu'on engage avec les partenaires sociaux, dès qu'ils seront prêts à le faire. Là, ils vont continuer demain de s'opposer, mais je les invite à se réengager très vite avec nous pour qu'on ait dans toutes les branches qui sont en dessous de la situation. Du minimum légal pour leur salaire minimum. Parce que vous avez des tas de branches qui, en fait, continuent à payer les gens en dessous du SMIC légal.
Là, vous nous parlez des partenaires sociaux. Avec quels partenaires politiques vous allez avancer sur ces sujets ?
La main étendue, toutes celles et ceux qui sont prêts à avancer sur ces sujets concrets pour nos compatriotes. Et donc, je leur dis, allons travailler pour maintenant très vite trouver une réponse dans tous ces métiers qui sont insuffisamment payés, qui sont souvent les métiers de première et deuxième ligne dont on a eu besoin pendant la période Covid. Et qui continuent à avoir des salaires minimums dans leurs branches qui sont inférieurs au minimum légal. On doit accélérer, enclencher les choses. Deuxième élément, on doit travailler les carrières. C'est pas une loi qui changera les carrières. Parce qu'on n'est pas une économie administrée.
Mais il faut remettre sur le terrain le dialogue social pour que les carrières permettent de mieux gagner sa vie. Vous savez, on est l'un des pays où le salaire minimum est le plus élevé en Europe. Mais le salaire médian, c'est-à-dire le salaire en dessous duquel il y a la moitié des gens, au-dessus duquel il y a l'autre moitié des travailleurs, c'est l'un des plus proches du salaire minimum en Europe. Ce qui fait que les carrières sont écrasées dans notre pays. Et c'est un peu désespérant pour beaucoup de nos compatriotes. Alors, on a trouvé des réponses. On a enlevé, comme vous le savez, des cotisations sociales, éligé les impôts sur les heures supplémentaires. On essaie de...
Mais il faut qu'on travaille les carrières dans notre pays pour permettre de se dire, 45, 50, 55 ans, je vais voir un progrès. Soit je pourrais changer de secteur et avoir un métier qui ne me casse plus le dos et prendre en compte mes mesures, soit au moins, je serai mieux payé et j'aurai des tâches qui reconnaissent mieux les choses. Ça, c'est du dialogue social et c'est
indispensable. Est-ce que pour mener ces réformes, M. le Président, c'est Elisabeth Borne qui...
Alors, attendez, je vais revenir sur le champ politique. Je voudrais finir sur le fond. Sur le travail. C'est un sujet essentiel. On a commencé les assises du travail, mais il faut le rendre plus concret. Donc, moi, je veux réengager avec les partenaires sociaux très vite sur tous ces sujets. À quelle échéance ? Là, il faut le préparer dans les prochaines semaines. Donnons-nous les trois semaines, un mois pour définir ces objets et la méthode et engager. Mais il ne faut pas des grandes discussions et des grandes messes. Discussions concrètes où on est tous
autour de la table. Vous avez commencé à appeler les syndicats ?
Ils vont manifester. Demain, je respecte cette manifestation. Je les engage. Mais derrière ça, il y a le sens du travail. Moi, je suis frappé. Et c'est pour ça que je le dis avec... Il faut beaucoup de bienveillance et d'attention et de patience. On a eu des manifestants qui ont dit, nous, c'est pas la retraite le problème, on ne veut plus travailler du tout. Parce qu'il y a eu... Et on a cette crise dans beaucoup de pays occidentaux. On a beaucoup aidé au moment du Covid. Et donc, tout s'est un peu déréglé, les référentiels.
C'est aussi pour ça que c'est plus dur de convaincre qu'il faut de la responsabilité parce que pendant plusieurs mois, on a payé pour ne pas travailler, pour protéger le pays. Et on a trouvé d'autres équilibres. Et donc, le rapport au travail n'est plus le même. Il faut le rebâtir et redonner aussi du sens au travail.
On vous entend sur les intentions, mais avec... Donc voilà, c'est pas des intentions, ce sont des engagements. Avec quelle majorité ? La justice, le travail. Avec quel gouvernement ? Avec quel Premier ministre ? Est-ce qu'Elisabeth Borne a toujours votre confiance ? Oui. J'ai nommé Elisabeth Borne.
Elle doit ensuite avoir la confiance du Parlement. C'est là aussi nos institutions. Elle a décidé, après avoir examiné avec l'ensemble des forces politiques de la majorité et ses ministres, pour cette réforme, le fait que, pour qu'elle passe et ne laisse aucune incertitude, elle a souhaité engager la responsabilité de son gouvernement. C'est ça, ce qu'on appelle le 49-3, le fameux article. C'est la centième fois qu'on le fait dans notre République. C'est un geste très solennel. Elle a pris ses responsabilités avec son gouvernement. Et elle a dit au Parlement, si vous avez une majorité alternative, qu'elle s'exprime. Lundi, il a été montré qu'il n'y avait pas de majorité alternative.
À neuf voix près ? Oui, mais vous savez, nous sommes en République à une voix près.
Mais peut-on gouverner pendant quatre ans avec un gouvernement qui n'est pas censuré à neuf voix près ? Je le crois, avec beaucoup de volonté.
Parce que d'abord, ça montre une chose, même à un moment d'incandescence politique, il n'y a pas de majorité alternative.
Et donc, Elisabeth Borne, je reviens sur la Première ministre, elle a votre confiance ? Est-ce qu'elle l'a durablement ? Pour plusieurs semaines ? Pour plusieurs mois ?
Alors, elle a ma confiance pour conduire cette équipe gouvernementale. Et ce que je lui ai demandé, sur la base de ce que je viens de vous dire, et aussi du cap des priorités, on y reviendra, je pense, dans le cours de notre discussion, de bâtir un programme législatif et un programme de gouvernement en lien avec le président de l'Assemblée, la présidente de l'Assemblée nationale et le président du Sénat que j'ai vu hier, pour avoir à la fois moins de textes de loi, des textes plus courts, plus clairs, pour aussi changer les choses pour nos compatriotes de manière plus tangible, si tout ne passe pas par la loi.
Et donc, dans ce contexte, il faut agir au service de nos priorités, de nos compatriotes, le faire de manière très concrète avec les élus sur le terrain, avec les services de l'État, et tout ne passe pas par la loi. Et on passe trop par la loi dans notre République. Et ensuite, de bâtir un programme de gouvernement pour que les choses soient plus claires et ambitieuses et apaisantes. Et dans ce contexte-là, le mandat que je lui ai donné, c'est de continuer à élargir cette majorité autant qu'elle le pourra. Avec les femmes et les hommes de bonne volonté qui, de droite et de gauche, ou du côté de l'écologie, sont prêts sur les priorités que j'ai fixées, que je vais vous rappeler.
Et le programme de gouvernement que la Première Ministre va travailler a avancé avec elle. Peut-être au texte par texte, je ne suis pas en train de dire qu'on peut bâtir aujourd'hui des accords de gouvernement et de coalition. On ne l'a pas fait au début du quinquennat. Ce n'est pas notre tradition politique.
Et D. Philippe le demande.
Oui, mais je suis obligé de regarder de manière très lucide que c'est ce qu'on a tenté au début du quinquennat et ce qui n'a pas été fait. Par contre, il faut avoir beaucoup d'estime et de respect pour de nombreux parlementaires qui sont venus, en soutien de son texte, ils n'étaient pas la totalité d'un parti. C'est pour ça que je dis que c'est dur de bâtir des coalitions. Mais il y a des individualités politiques, avec leurs convictions, qui sont prêtes à travailler avec les forces de la majorité. Et donc je souhaite que la Première Ministre puisse bâtir justement cet élargissement de la majorité dans les semaines à venir et j'espère qu'elle n'y parviendra pas.
Au-delà de cet assouplissement, sur la méthode, pas de changement de Première Ministre, pas de remaniement, avez-vous dit il y a quelques jours, pas de dissolution, pas de référendum, ne changez rien à la méthode ?
La méthode, ce n'est pas tout ce que vous venez de dire. Ce sont des faits politiques. Je suis en train de vous dire en responsabilité, nous devons avancer. On doit apaiser et on doit rebâtir un agenda parlementaire et des réformes en réengageant avec les syndicats et toutes les forces politiques qui sont prêtes à le faire. Et donc, c'est une méthode qu'on doit réengager. Mais à côté de ça, beaucoup de ces choses-là, nous le faisons depuis un an. C'est d'ailleurs pour ça que tant de textes ont pu passer de décision, malgré une majorité relative à l'Assemblée.
Des textes financiers, des textes sur l'énergie extrêmement important pour notre souveraineté et nos compatriotes, pour ça aussi qu'on a pu passer des réformes sur l'assurance chômage pour continuer de mener cette bataille essentielle du plein emploi. Donc oui. Après, le changement, il est dans l'apaisement, la co-construction d'un agenda parlementaire avec l'ensemble des forces des deux chambres et, je dirais, être plus engagé sur le terrain pour des réponses plus concrètes et plus concrètes. C'est plus rapide à nos compatriotes.
Donc, après ce qui vient de se passer, vous êtes en train de nous dire que vous n'êtes pas condamné à l'immobilisme. Il reste 4 ans de mandat. On vient de voir que le plan O a été reporté. On entend dire que la loi immigration sera reportée.
Non, mais si vous me demandez comment je compte faire les prochains mois, je vais vous le dire.
Est-ce que la loi immigration arrivera au Sénat la semaine prochaine, comme prévu ?
Alors, c'est justement, ça c'est l'objet de ce qu'on a décidé hier avec le président du Sénat et la présidente de l'Assemblée. Nous allons réagencer les choses aussi et découper des textes plus courts. Il y aura bien une loi immigration. Il y aura sans doute plusieurs textes immigration et ils arriveront dans les prochaines semaines. Maintenant, nous n'avons pas le droit pour notre pays à l'arrêt ou à l'immobilisme. Nous n'avons pas le droit. Vous savez, beaucoup de nos compatriotes aussi expriment ces peurs parce qu'ils ont peur du changement, des grands bouleversements. Ce monde est inquiétant. On a un sentiment de déclassement parfois. Je l'entends celui-ci aussi.
Quand on dit, on n'a plus de paracétamol, nos services publics sont de plus en plus en difficulté.
Ce sont les mots utilisés par Edouard Philippe. L'immobilisme, c'est l'assurance du déclassement, a-t-il dit.
Il était à mes côtés hier matin avec l'ensemble des responsables de la majorité pour justement mener cette concertation pour engager tout le monde. On n'a pas le droit. Et c'est d'ailleurs pour ça que j'ai été élu en 2017 et aujourd'hui. Mais pourquoi en sommes-nous là ? Parce que pendant des décennies, nous avons habitué le pays à dépenser et à ne plus produire ou de produire de moins en moins. Nous avons, entre 1980 et 2010, avant même la crise financière, détruit 2 millions d'emplois industriels et continué à dépenser.
Et donc, nous avons habitué nos compatriotes à dire, tout va bien se passer, on a un modèle social formidable, vous aurez de plus en plus de droits et on va de moins en moins produire. Ça ne marche pas. C'est un mensonge. Et donc, qu'est-ce qu'on fait depuis 2017 ? On mène cette bataille du plein emploi et de la réindustrialisation. C'est le cœur de la bataille, cette société du plein emploi. Et on est en train de la réussir collectivement. On est passé de 9% de chômage à 7% aujourd'hui. Les plus de 50 ans dont on parle ces dernières semaines, ils sont à 5% de taux de chômage. Le plus bas depuis plus de 15 ans. Et on a le taux de chômage des jeunes le plus bas depuis des décennies.
On a le taux d'activité le plus élevé depuis qu'on le mesure. Et on réindustrialise. On ouvre plus d'usines qu'on enferme, ce qui est une première depuis bien longtemps. On a créé plus d'emplois industriels et on continue d'en créer. C'est le cœur de la bataille. Et donc, ça, ça suppose de faire quoi ? D'assumer les choix fiscaux qu'on a faits pour les entreprises. Si on veut continuer de réindustrialiser, il faut plus de travail et plus de capital. Bon, dans notre pays, sur notre sol. Réindustrialiser des terres qui ont tant souffert. Le Haut de France que je connais bien, on va y faire un des bastions des batteries électriques pour notre pays et notre continent.
L'Est de la France, où on va le faire sur l'hydrogène et sur l'énergie, etc., etc. Donc, oui, on va continuer à avancer.
À marche forcée. Pourquoi ce bilan, ces réussites, selon vous, l'emploi, la réindustrialisation,
la baisse du chômage,
7,2% le taux de chômage, pourquoi les Français ne le perçoivent pas ? Et pourquoi sont-ils en colère ?
D'abord, je pense qu'il faut toujours se méfier quand on dit les Français. Si les Français ne perçaient absolument pas et étaient totalement en colère, sans doute n'aurais-je pas été réélu il y a moins d'un an ni une majorité relative il y a encore moins longtemps. Donc, il y a des gens qui sont en colère. Ça ne veut pas dire que tout va bien. C'est bien pour tout le monde. Il y a des choses qui marchent. Il ne faut pas qu'on regarde simplement ce qui ne marche pas. Mais nous venons d'une situation qui est reposée sur une forme d'illusion. Et donc, là, on réengage le pays vers son avenir. Et donc, moi, je vais continuer d'avancer sur un cap qui est clair.
Un, le plein emploi et la réindustrialisation. C'est la France de 2030. Nous devons redevenir une grande nation de recherche, d'innovation, de production.
Sur ce point, pourquoi ne pas l'avoir fait avant la réforme des retraites ?
On le fait depuis 5 ans.
Vous disiez vous-même, en 2019, on ne peut pas demander aux gens de travailler jusqu'à 64 ans s'il y a 55 ans, ils ont déjà du mal à trouver du boulot.
On a beaucoup repris ce passage. Je vais être clair avec vous parce que j'ai le sens, justement, de la démocratie et du mandat. Quand je m'exprime et que je dis ça en 2019, on a lancé les ordonnances travail que depuis 18 mois. Ça fait 6 ans maintenant qu'elles sont en œuvre avec les résultats que vous connaissez. Je m'exprime dans une société qui est à plus de 8% de taux de chômage. Le mandat que j'ai en 2017, c'est de créer un système universel des retraites en aucun cas de bouger. À l'âge de départ, parce que le rapport du Conseil d'orientation des retraites et tous les experts disaient qu'il n'y a pas de problème.
Après cette expression que tout le monde nous resserre, qu'est-ce qui s'est passé dans notre pays ? Les gens vivaient dans quel monde ? On a eu le Covid, on a eu la guerre, on a eu l'inflation. La nation a dépensé des dizaines de milliards d'euros pour protéger. Elle a donc construit une dette qu'on amortit dans le temps et nos comptes se sont dégradés. Au moment de la campagne de 2022, la situation est drastiquement différente. Nous avons commencé à gagner la bataille pour le plein emploi en baissant de 2 points le taux de chômage. Nous avons commencé à réindustrialiser. Ce à quoi je répondais commence à avoir une réponse parce qu'on a fait tout ce travail.
Et surtout, tous les experts disent que vous avez un problème de votre système de retraite. Donc oui, il faut pouvoir avancer et l'engager. C'est cohérent. Le mandat que j'ai demandé en 2022 n'était pas celui de 2017 parce que le pays n'était pas le même.
Vous nous avez présenté plusieurs chantiers que vous souhaitez lancer dans les mois qui viennent. Si on essaye d'être en train de faire ça, qu'est-ce qui va être concret ? Quelle sera la mesure emblématique ?
La société, ça ne marche pas avec une mesure emblématique. C'est une cohérence. Réindustrialisation, plein emploi. France de 2030, il faut gagner la bataille de l'industrie décarbonée. Ça sera la clé. Le plein emploi et donc les textes que nous allons faire passer pour remettre au travail ceux qui sont le plus loin de l'emploi et réussir tout le volet travail qui va derrière.
Le climat ?
Deuxième cap. Deuxième cap, l'ordre républicain. 200 brigades de gendarmerie. Il n'y a pas besoin de loi pour faire ça. Elles vont être ouvertes partout sur le territoire. Plus de juges, plus de greffiers pour juger plus vite face à la petite délinquance. Réengager. Et à côté de ça, une loi de programmation militaire qui va arriver, et là ça fait partie des priorités des prochains mois, pour nos armées et nous protéger. Ça c'est l'ordre républicain. Et puis la troisième priorité, c'est les progrès pour mieux vivre. L'école, la santé, l'écologie. C'est ça les trois priorités.
L'école, je veux qu'à la rentrée prochaine, on puisse remplacer du jour au lendemain, les profs dans les classes des élèves. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui dans beaucoup de collèges.
Non, c'est loin d'être le cas.
Voilà, c'est une priorité. La deuxième chose, qu'on réponde dans la ruralité et qu'on améliore, parce qu'on a des baisses d'effectifs, parfois il faut fermer, on continuera à devoir fermer des classes ou des établissements, mais qu'on améliore la réponse avec parfois les classes multiniveaux, nos internats ruraux, qu'on réponde aux besoins de la ruralité sur le scolaire. Qu'on réforme le lycée professionnel, indispensable pour être juste avec nos jeunes et les amener vers l'emploi. Ça fait beaucoup de chantiers. Mais vous voyez qu'il y a beaucoup de chantiers, parce qu'on a des immenses ambitions. Ça, c'est l'école.
La santé, pour cette année, donner un médecin traitant à nos compatriotes, ils sont 600 000. Ils sont en infection longue durée. C'est le cœur de la convention médicale de ce que le ministre prépare, qui n'ont pas de médecin traitant et qui sont dans des déserts médicaux. Ils sont 600 000 qui sont en infection longue durée ou âgés. Et enclencher la réforme qu'on a lancée sur l'hôpital pour les conditions de travail, pour réengager et les déserts. Et l'écologie, dès les prochaines semaines. Le plan eau, nous aurons besoin d'avoir... Comme on l'a réussi tous ensemble à gagner la bataille pour la sobriété énergétique, on doit gagner la bataille pour la sobriété en matière d'eau.
Et donc tous faire une petite part d'effort pour préserver notre eau, mieux réutiliser l'eau, l'eau de nos réseaux comme l'eau de pluie, changer les usages. L'eau, la forêt, les océans, les transports, le logement, c'est tout ça, l'écologie. C'est des vies concrètes, mais il faut accompagner les gens, les gens qui ont des problèmes, les gens qui ont des problèmes, les gens qui ont des problèmes, pour une transition juste et durable. Voilà le cap. Le plein emploi, la réindustrialisation, l'ordre républicain, et mieux vivre les progrès avec l'école, la santé et l'écologie.
Un mot plus personnel pour conclure, peut-être, monsieur le Président. Vous avez été élu en 2017, et puis l'an dernier, en 2022, avec la promesse d'être le président de tous les Français, et d'être un rassembleur. Je crois même que l'un de vos slogans lors de la dernière élection, c'était « Nous tous ». Aujourd'hui, le pays paraît plus fracturé que jamais. On en a parlé, vous l'avez dit vous-même. Est-ce que vous avez le sentiment d'avoir raté quelque chose ? Est-ce que vous avez le sentiment d'avoir perdu la manière de comprendre et de parler au français ?
Non, je vais vous dire, la réforme qu'on fait est une réforme qui est très difficile. Elle est très difficile. On demande un effort aux gens. C'est jamais populaire. On n'est pas concurrencés sur le sens des responsabilités. Non plus. Je ne dis pas qu'on est beaucoup aidés. Vous dites à part vous, les autres proposeraient. Non, mais c'est la réalité. C'était retirer la réforme. Bon. Donc j'assume ce moment. Mais j'assume ce moment parce qu'il permet les autres. Et je pense que ce qu'on a fait quand même ces derniers mois avec le Conseil national de la refondation, un engagement avec les territoires, c'est ce que je veux continuer. Moi, je vois une vitalité quand même sur le terrain.
Je vois des Françaises et des Français qui sont prêts à s'unir pour avoir une réponse concrète pour l'école, pour la santé. Je vois des élus locaux formidables d'engagement.
Et pour répondre à la question, vous n'avez pas de regrets ?
Je vous le dis, si j'en avais un, c'est pas réussi. C'est pas réussi d'avoir convaincu sur la nécessité de cette réforme qui ne me fait pas plaisir, une fois encore. Mais je vis pas de regrets, moi. Je vis de volonté. De ténacité. D'engagement parce que j'aime notre pays et nos compatriotes. Et donc, je suis à l'oeuvre pour pouvoir faire ce qu'on doit faire. Et il y a toujours des moments difficiles qu'il faut assumer. Mais pouvoir surtout, jusqu'au bout, les engager toutes et tous pour faire ces transformations. C'est pas des lois, tout ce que je vous ai dit la plupart du temps. C'est de l'engagement collectif. On a tous une part à prendre dans l'avenir du pays.
Et quand on parle d'école, d'industrie, de santé, de formation, d'écologie, quelques jours après la sortie du 6e rapport du GIEC, on a tous une part à donner. C'est ça, ce avec vous. Et donc, on va continuer les conseils de la refondation. On va continuer le travail sur le terrain. C'est aussi ça, cette nouvelle méthode. Là, c'est un texte difficile, il arrive là, il faut le faire. Mais ça n'emporte pas tout. Merci, M. le Président. Je suis sûr qu'on saura se réunir pour l'avenir du pays. J'en suis convaincu. Merci, M. le Président. Merci à vous.
Emmanuel Macron