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interviewRMC — Face à Face· 11 mai 2022 21 min

L'interview : Jordan Bardella - 11/05

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. Il est 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Jordan Bardella. Bonjour. Merci de répondre à mes questions. Vous êtes député européen, président du Rassemblement National. On va revenir évidemment sur la situation de Marine Le Pen qui a fait un peu son grand retour hier. Mais aussi on parlera du pouvoir d'achat, de la situation aussi des services de l'immigration. Jordan Bardella, président du Rassemblement National, je disais, vous deviez l'être au départ par intérim. Est-ce que vous le restez finalement ?

0:35
Jordan Bardella

L'intérim va jusqu'au 10 septembre. Au-delà du 10 septembre, Marine Le Pen dira si elle souhaite, oui ou non, revenir à la présidence du Rassemblement National. Donc si elle revient, je lui laisserai évidemment la place et je récupérerai mon rôle de premier vice-président. Et puis si elle ne le souhaite pas, il y aura une élection interne.

0:51
Locuteur non identifié

Elle envisage éventuellement de ne pas redevenir présidente du Rassemblement National ?

0:54
Jordan Bardella

Pour l'instant, sa décision n'est pas prise. On est engagé en réalité dans le troisième tour du scrutin suprême que sont ces élections législatives. Donc nous allons mener campagne, essayer de constituer le plus grand groupe possible à l'Assemblée Nationale

1:06
Locuteur non identifié

pour peser durant les cinq prochaines années.

1:10
Jordan Bardella

Et puis ensuite, elle prendra sa décision au cours de l'été.

1:12
Présentateur

Mais ça veut dire que si éventuellement elle vous demande de rester président du Rassemblement National, vous le ferez ?

1:17
Jordan Bardella

Chaque chose en son temps, je serai là où je devrais être. En tout cas, j'occuperai cette présidence par intérim jusqu'au 10 septembre au moins.

1:24
Présentateur

Alors vous êtes donc le président du Rassemblement National, ça c'est clair, le décor est posé. Vous disiez, on est engagé dans ce troisième tour. Vous avez mis du temps quand même à rentrer dans cette bataille des législatives. En tout cas, Marine Le Pen s'est octroyé en quelque sorte le luxe de prendre deux semaines. Est-ce que vous n'avez pas, après avoir perdu la bataille de la présidentielle, perdu la bataille de cette place de premier opposant à Emmanuel Macron ? C'est Jean-Luc Mélenchon qui a gagné la bataille ?

1:46
Jordan Bardella

Je pense qu'il y a une fable autour de Jean-Luc Mélenchon parce que ça fait un peu vendre, parce qu'on sort du scénario de l'élection présidentielle qui a opposé Emmanuel Macron à Marine Le Pen. Mais les Français ont placé le Rassemblement National et Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle. Ce qui veut donc dire que nous sommes aujourd'hui la première force d'opposition à Emmanuel Macron, que nous allons l'être pendant cinq ans. Et moi, je veux appeler ce matin les électeurs de Marine Le Pen en leur disant que cette élection n'est pas terminée.

Il est essentiel qu'ils se mobilisent pour ce troisième tour et qu'ils nous permettent demain d'avoir de la voix, d'avoir de la force à l'Assemblée Nationale pour les défendre. Parce que je pense que la politique qu'Emmanuel Macron va mettre en œuvre pendant cinq ans va être extrêmement brutale. Et d'ailleurs, il y a quelque chose qui m'a beaucoup marqué dans sa cérémonie d'investiture. C'est la petite phrase que lui a glissée Marisol Touraine, où elle lui dit « Emmanuel, maintenant tu as les mains libres. » Marisol Touraine, ancienne ministre de François Hollande, « Maintenant tu as les mains libres. »

2:35
Locuteur non identifié

Son nom est cité d'ailleurs pour être Premier ministre, mais on va y revenir.

2:38
Jordan Bardella

Manifestement, Emmanuel Macron, à toutes les difficultés du monde, a trouvé un Premier ministre. Moi, j'ai vu que toutes les personnes à qui il a proposé ce rôle ont décliné en disant que la feuille de route extrêmement brutale, notamment en matière sociale avec la retraite à 65 ans, était contraire aux convictions des personnes à qui il a proposé ça. Donc, moi, je veux juste dire aux Français, c'est législative, c'est la dernière sortie d'autoroute avant la ligne droite. Une fois passées ces législatives, vous ne pourrez plus limiter les pleins pouvoirs d'Emmanuel Macron.

On a vu ce que ça a donné pendant cinq ans, un dirigeant autoritaire qui était extrêmement dur, brutal avec le peuple français. Imaginez M. Macron avec les pleins pouvoirs pendant cinq années supplémentaires. Donc, il est important qu'il y ait des contre-pouvoirs et que le Rassemblement national entre massivement à l'Assemblée nationale dans quelques jours.

3:18
Présentateur

Sauf que, Jordan Bardella, quand on pose aujourd'hui la question aux Français de savoir qui incarne l'opposition à leurs yeux, c'est Jean-Luc Mélenchon.

3:25
Jordan Bardella

Oui, mais, si vous voulez, il y a les sondages et puis il y a la réalité des urnes. Bon, qu'il y ait un effet d'embellie autour de Jean-Luc Mélenchon. Je vous rappelle que Jean-Luc Mélenchon, il a lancé sa campagne législative quinze jours avant la République en marche et avant le Rassemblement national puisqu'il n'a pas été qualifié exactement. Donc, il a lancé sa campagne pour le second tour, en tout cas pour le troisième tour, extrêmement tôt.

Mais Jean-Luc Mélenchon, je le disais, il veut à la fois être le premier ministre d'Emmanuel Macron, il veut être en même temps le premier opposant, il veut en même temps descendre dans la rue s'il ne devait pas être premier ministre après avoir fait élire M. Macron parce qu'il lui a apporté ses voix. Pour moi, M. Mélenchon est complètement disqualifié pour incarner l'opposition à Emmanuel Macron puisque l'union de la gauche, en réalité, qu'il a constitué, est une union de tous ceux qui ont appelé à voter pour Emmanuel Macron au second tour. Je pense que ce que cherche au fond Jean-Luc Mélenchon, c'est la destruction de l'État.

Jean-Luc Mélenchon, c'est un agitateur qui souhaite être tout et l'inverse de tout, à la fois le premier opposant, à la fois le premier ministre, à la fois descendre dans la rue s'il ne devait pas gagner les élections. Donc, je pense qu'il est un agitateur. Et en réalité, moi, cette alliance, elle me fait peur. Elle me fait peur parce que, sur le fond, c'est une zade de toutes les idéologies les plus dangereuses pour notre pays.

4:44
Locuteur non identifié

C'est des zadistes, les mélancholistes ?

4:45
Jordan Bardella

Les communautaristes, les islamo-gauchistes. Et vous avez vu ce débat autour de l'investiture de Tahabouaf, qui est un pseudo-journaliste militant à Vénitieux, qui a été poussé par M. Mélenchon.

4:54
Locuteur non identifié

Qui n'aura pas d'investiture, vous l'avez entendu.

4:56
Jordan Bardella

Devant, évidemment, la mobilisation populaire, devant la pression populaire, a refusé, finalement, a décidé de ne pas y aller. Mais on parle de quelqu'un là qui était soutenu par toute la gauche, qui était condamné pour un juge racial, pour avoir insulté une syndicaliste policière.

5:08
Locuteur non identifié

Vous avez entendu, par exemple, Fabien Roussel, le patron du Parti communiste.

5:11
Jordan Bardella

Ils ont fait un accord à une syndicaliste policière qu'il a qualifiée d'arabe de service. Il y a derrière M. Mélenchon ceux qui défendent le burkini. Donc, il y a derrière eux toute une mouvance anti-flics, islamo-gauchistes, qui veulent le désarmement de la police, qui rejettent la valeur travail, qui veulent plus d'immigration, plus d'imposition, qui veulent prendre à tous les gens qui travaillent. Donc, c'est une alliance qui est extrêmement dangereuse pour le pays.

Et moi, je dis au peuple français, face à la vague macroniste et face à la vague rouge qui pourrait venir, vous avez une responsabilité, celle de défendre vos convictions et d'aller voter pour permettre à l'Assemblée d'être vraiment nationale et de donner de la voix à la première force d'opposition que nous sommes.

5:50
Présentateur

Quand on vous entend qui, tout d'un coup, oui, alors là, vous sonnez carrément la charge contre Jean-Luc Mélenchon, mais finalement, est-ce qu'il n'est pas en train de gagner ce dont il a parlé pendant toute sa campagne, c'est-à-dire la fable de la tortue, du lièvre et de la tortue ? Au fond, vous, vous pouvez dire encore, bah oui, mais nous, on est arrivé deuxième, on a couru plus vite, sauf que lui, tortue sagace, comme il dit, il a fait petit à petit, et aujourd'hui, il a fait notamment cet accord avec le reste de la gauche que vous avez été incapable de faire avec ceux qui vous proposez de devenir vos alliés. C'est-à-dire ?

C'est-à-dire le rassemblement d'Éric Zemmour qui vous dit, même Marion Maréchal avec qui vous avez longtemps travaillé, vous ne vous êtes pas mis d'accord ?

6:26
Jordan Bardella

Il y a une différence, si vous voulez, entre l'alliance de la gauche et une alliance entre des gens qui sont partis du rassemblement national parce qu'il nous reprochait de parler trop de pouvoir d'achat, qui nous parlait trop de la retraite à 65 ans. C'est exactement la même chose.

6:35
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon, il est parti du Parti Socialiste et aujourd'hui, il se met d'accord avec le Parti Socialiste et ils se sont réconciliés.

6:41
Jordan Bardella

Vous avez raison. C'est la raison pour laquelle, d'ailleurs, ça fait un point commun entre M. Mélenchon et M. Macron d'avoir appartenu pendant très longtemps tous deux à un gouvernement socialiste. Je pense que M. Mélenchon et M. Macron sont les revers d'une même pièce. Je pense qu'ils appartiennent tous les deux au camp de ceux qui veulent déconstruire la France, de ceux qui sont des déconstructeurs aujourd'hui dans notre société. M. Macron veut livrer la France aux prédateurs d'en haut et transformer le pays en une salle de marché. Et M. Mélenchon, lui, veut transformer la France en un gigantesque squat et la livrer aux prédateurs d'en bas.

Donc, entre la République McKinsey et la République Traoré, moi, j'appelle les Français à choisir la République française et à venir avec nous pour défendre d'abord des mesures extrêmement claires sur le pouvoir d'achat. Vous ne me répondez pas sur la question de l'alliance.

7:27
Présentateur

On va en parler du pouvoir d'achat. Sur l'immigration. Vous ne me répondez pas sur la question de la stratégie. Jean-Luc Mélenchon, à un moment, il a fini par être capable de faire cette alliance de toute la gauche.

7:35
Jordan Bardella

Mais madame, nous allons...

7:36
Présentateur

Ils se sont mis d'accord.

7:37
Jordan Bardella

Madame, il ne pèse pas électoralement la même chose, permettez-moi. Il y a un sondage Opinion Way qui met la gauche aujourd'hui autour de 23 %, le Rassemblement National, 23 %, la République en France, 25, 26 %. Donc, la mobilisation aujourd'hui dépend des électeurs de Marine Le Pen qui peuvent permettre à leurs idées d'avoir de la voix et d'avoir de la force. Il y a, nous avons investi aujourd'hui à ce jour, 570 candidats Rassemblement National partout en France dans ces candidats Rassemblement National parce que nous sommes attachés aussi à une forme d'union, d'unité nationale.

Il y a des gens qui viennent du RN, il y a des gens qui ont eu un parcours aux Républicains et puis il y a des gens qui ont à un moment donné était proche de Reconquête, d'Éric Zemmour et qui ont bien vu, je pense à Pierre Merin par exemple qui va être investi dans le Gard, qui avait travaillé aux côtés d'Éric Zemmour, qui a lancé la campagne de Reconquête et qui a vu que la stratégie d'Éric Zemmour menait à une impasse. Et pour vous répondre de manière très claire, Éric Zemmour, en ayant fait 7 % à la présentielle, ne sera en mesure de se qualifier dans aucune circonscription. Donc moi, j'appelle ces électeurs, on partage aujourd'hui cette inquiétude de la fin de la France.

Cette inquiétude dit que dans les 50 prochaines années, l'enjeu des politiques publiques et de la vision que devra avoir le Président sera de sauver notre pays et d'empêcher ce grand basculement démographique qui est en cours. Je leur dis, venez avec nous, venez avec nous, ne gaspillez pas votre vote en votant pour des candidats sous une forme de voix perdue qui renforcerait évidemment le système et M. Macron.

8:55
Présentateur

Jordan Bardella, vous disiez à l'instant la question du pouvoir d'achat. Marine Le Pen qui s'est présentée elle-même comme la candidate du pouvoir d'achat pendant toute cette présidentielle. Je voudrais qu'on puisse parler du pouvoir d'achat, de la question de la pénurie de main-d'oeuvre aujourd'hui notamment chez les saisonniers, de la question aussi de nos services d'immigration qui d'après le Sénat sont aujourd'hui saturés. Pouvoir d'achat d'abord parce que l'inflation, ça y est, c'est officiel, elle explose et elle va exploser longtemps. Les prix alimentaires devraient augmenter de 6,3% en juin.

Vous restez toujours sur votre idée d'un panier des 100 produits de première nécessité où on supprimerait la TVA 5.5 ? C'est ça votre réponse ?

9:31
Jordan Bardella

Nos députés, dès le mois de juin, s'ils sont élus à l'Assemblée Nationale vont défendre 4 grandes mesures. La première, c'est l'abaissement de la TVA, vous le savez, de 20% à 5,5% sur l'ensemble des énergies. L'électricité, le gaz, le fioul, les carburants pour redonner immédiatement du pouvoir d'achat aux Français. Deuxièmement, un panier de 100 produits de première nécessité, le riz, les pâtes, les produits hygiéniques pour les femmes sur lesquels nous retirerons la TVA à partir du moment où l'inflation... TVA qui aujourd'hui sur ces produits-là

9:54
Locuteur non identifié

est à 5,5.

10:03
Jordan Bardella

du moment où l'inflation est d'un point supérieur à la croissance. C'est un dispositif automatique qui est censé s'appliquer sur l'intégralité du quinquennat s'il devait être mis en oeuvre. Troisièmement, on réindexe les pensions de retraite sur l'inflation. Moi, j'entends qu'Emmanuel Macron souhaite réindexer les pensions de retraite sur l'inflation. S'il devait proposer cette mesure, nous la voterons. Mais qui a désindexé les pensions de retraite de l'inflation depuis 5 ans ? C'est Emmanuel Macron. Qui les a sous-indexés ? C'est Emmanuel Macron. Donc, c'est lui qui a fait pouvoir la faire la retraite. Mais c'est très important ce que vous venez de dire, Jean-Denis Bardella.

10:30
Présentateur

Vous dites, on le votera. C'est-à-dire que, parce que vous avez commencé votre phrase en disant si nos députés sont élus, voilà ce qu'ils proposeront. Mais ils ne seront pas en mesure de le faire passer puisque vous le dites vous-même et Marine Le Pen le reconnaît. Alors, ça regardera l'idée. Emmanuel Macron aura la majorité. Vous dites que quand Jean-Luc Mélenchon dit qu'il sera Premier ministre, c'est pratiquement du bluff. Oui, vous le savez, nous le savons tous. Ça n'est pas crédible. C'est ce que vous vous dites. Mais est-ce que vous irez jusqu'à voter également ?

Ce que prévoit la majorité pour le coup, qui est un paquet pouvoir d'achat dans lequel il y aurait notamment ce chèque alimentaire de 50 à 60 euros par mois et par fourniers.

11:03
Jordan Bardella

D'abord, on regardera le détail. Mais si il est question de réindexation des pensions de retraite, évidemment que, compte tenu de l'urgence, nous voterons ce dispositif d'urgence. Mais je veux juste te rappeler qu'il est un peu simple de venir refaire ce qu'on a défait hier. Parce que celui qui a une politique extrêmement dure à l'égard du pouvoir d'achat des plus modestes et plus précaires, c'est Emmanuel Macron qui, je vous le rappelle, d'après l'Institut des politiques publiques, a renforcé le pouvoir d'achat des très riches et a affaibli le pouvoir d'achat des classes populaires et des classes moyennes.

Et une quatrième mesure que nous mettrons en œuvre, que nos députés proposeront à l'Assemblée nationale dès le mois de juin s'ils y rentrent, c'est de passer un deal gagnant-gagnant avec les entreprises et de permettre à l'ensemble des chefs d'entreprise d'augmenter les salaires de 10%. Et ces 10% de hausse de salaire seront exonérées de cotisations patronales pendant 5 ans. Donc, c'est un deal gagnant-gagnant que nous passons avec les entreprises et qui va permettre de solutionner ce à quoi est confrontée aujourd'hui une grande partie des chefs d'entreprise qui n'arrivent pas à augmenter les salaires parce qu'en vérité, c'est tout autant de charges qui pèsent sur...

On peut revenir sur la question des salaires, mais pardon,

12:01
Présentateur

je reste un instant. Vous proposez donc, ok, sur 100 produits, on supprime cette TVA à 5,5. Quand Emmanuel Macron dit nous, on va proposer un chèque alimentaire de 50 à 60 euros par foyer et par mois pour les foyers les plus modestes, c'est beaucoup plus gagnant pour le panier. C'est-à-dire que vous, si on fait 100 euros d'achat, on va gagner 5 euros. Et tout le monde va gagner 5 euros.

12:23
Jordan Bardella

Alors que là, c'est 50 euros par mois. Vous avez bien compris que ce qu'on proposait, ce n'est pas une mesure, c'est un bouclier de mesures. Mais là où moi, je suis extrêmement réticent avec la politique des chèques... Parce qu'il y aurait aussi

12:31
Présentateur

la récourne des 18 centimes qui serait prolongée, il y aurait aussi des aides à la pompe.

12:35
Jordan Bardella

Oui, mais restons sur cet exemple des chèques. En vérité, aujourd'hui, le gouvernement casse la jambe des Français en leur mettant 60% de taxes sur les carburants et veut ensuite leur offrir un chèque énergie, c'est-à-dire leur offrir une béquille. Donc, il y a une contradiction là-dedans. Moi, sur le chèque énergie qui avait été donné à la fin de l'année dernière, il ne couvrait même pas la hausse des prix du gaz. Sur un an, les tarifs du gaz ont augmenté de 40%. C'est-à-dire qu'on est passé une famille française qui se chauffe au gaz, 1250 euros. Donc, ce n'est pas les 50, 60 ou 100 euros qui permettent de couvrir ne serait-ce que la hausse des prix du gaz.

Ce que je veux juste dire, c'est que nous avons été les seuls à porter cette préoccupation du pouvoir d'achat pendant la campagne présidentielle et qu'il y a des millions de Français aujourd'hui qui vivent cette société à l'euro près, qui n'arrivent plus à remplir le plein de la voiture, qui n'arrivent plus à régler l'effet de gaz et de l'électricité. Mais sur le constat, tout le monde est d'accord, Jordan, ce que je ne comprends pas,

13:26
Présentateur

c'est mathématique, il suffit de prendre sa calculatrice. Vous, vous proposez en gros de rendre 5 euros pour 100 euros d'achat, c'est tout simple, 5 pour 100, c'est quand on achète pour 100 euros dans le caddie. Ça fait gagner 30 euros alors que quand Emmanuel Macron dit qu'on va donner un chèque alimentaire de 50 à 60 euros par famille et par mois, honnêtement, c'est beaucoup plus intéressant pour une famille modeste.

13:50
Jordan Bardella

Mais vous faites quoi avec 50 ou 60 euros quand vous avez la facture de gaz ? Mais ça n'est pas 50 ou 100 euros. Regardez par exemple la baisse de la TVA de 20% à 5,5%. Parce qu'encore une fois, c'est un lot de mesures. L'ensemble des baisses de taxes qu'on souhaite faire sur les carburants vont permettre aux Français lorsqu'ils font le plein d'essence de leur voiture de gagner 15 à 30 euros par plein avec une moyenne d'un plein par semaine. C'est considérable pour les Français.

Mais on ne peut pas en même temps, si vous voulez, appliquer 60% de taxes sur le gasoil ou sur l'essence et ensuite venir dire aux Français on va vous offrir un chèque donc ce qu'on prend de la main droite, on essaie de leur donner de la main gauche. Donc il faut arrêter avec tout cela. Il faut une politique en faveur du pouvoir d'achat et il y a également une autre mesure qu'on va défendre qui est le doublement des aides aux familles monoparentales parce qu'aujourd'hui il y a beaucoup de mères de famille qui sont seules qui n'arrivent plus à élever leurs enfants qui cumulent plusieurs jobs et qui ont besoin elles aussi des aides aux familles monoparentales.

Il y a une aide aujourd'hui par enfant de 103 euros. On la double et on la passe à 206 euros.

14:43
Présentateur

La question de la pénurie de main d'oeuvre on en parlait ce matin sur RMC mais tout le monde en parle notamment du côté des économistes d'employeurs notamment de l'hôtellerie-restauration qui ne trouvent pas à embaucher. Il y a 270 000 postes qui restent vacants au moment où on se parle. Comment on fait ?

15:05
Jordan Bardella

Il y a plusieurs choses. D'abord il faut permettre aux jeunes qui souhaitent occuper ces postes de pouvoir se loger. Et nous avons proposé notamment des primes d'aide aux logements pour les travailleurs saisonniers dans le cadre du projet présidentiel parce qu'on s'aperçoit aujourd'hui que les dépenses contraintes qui pèsent sur les saisonniers sont intenables. C'est-à-dire que vous avez des saisonniers qui vont travailler sur la côte d'Azur par exemple dans des restaurants et qui font passer la quasi-totalité du salaire dans leur logement et qui ne trouvent pas la possibilité de se loger. Donc il faut des aides au logement et on a notamment proposé ça dans le cadre du projet présidentiel.

15:36
Présentateur

Alors ils disent aussi qu'ils sont obligés d'aller chercher du côté des seniors alors ça vous disiez sur la question des petites retraites qui veulent compléter leur retraite mais aussi du côté des étrangers des accords ont été passés cette année entre l'hôtellerie-restauration et la Tunisie notamment pour aller chercher des employeurs parce qu'eux ils sont motivés pour aller bosser.

15:53
Jordan Bardella

Je préfère que nous fabriquions les futurs travailleurs français voilà je veux dire à partir du moment où vous savez vous savez nous on défendait et on défend et on va continuer de le défendre pendant 5 ans la priorité nationale c'est-à-dire la possibilité donnée aux entreprises françaises d'embaucher en priorité des travailleurs français parce que les français n'ont qu'une maison et ont parfaitement le droit d'être prioritaires chez eux mais on n'est pas au-dessus sur ce sujet et là encore on sait très bien que du jour au lendemain on ne peut évidemment pas couper tout cela et que donc ça doit prendre le temps on doit pouvoir s'organiser et on doit pouvoir mettre des mécanismes incitatifs pour permettre aux chefs d'entreprise d'embaucher des travailleurs français et la priorité nationale c'en est un Mais ils n'en trouvent pas Mais le problème Ils n'en trouvent pas Mais ils ne trouvent pas parce qu'il y a aussi une concurrence déloyale et que les salaires sont trop bas madame et c'est la raison pour laquelle je vous dis qu'il faut augmenter les salaires parce que je vous donne un exemple très concret Je suis député européen il y a aujourd'hui un dispositif européen que vous connaissez qui s'appelle la directive du travail détaché qui permet à des entreprises françaises On arrive à la fin de ce système Non, on n'arrive pas à la fin de ce système Emmanuel Macron avait promis de réformer on ne sait jamais ce que ça veut dire de réformer la directive du travail détaché Zéro Rien n'a été fait en la matière Il y a je crois 200 ou 250 000 je ne veux pas dire de bêtises contrats de travail détaché en France et c'est de la concurrence déloyale et à partir du moment où dans un département par exemple dans le BTP une seule entreprise une seule a recours à du travail détaché toutes les autres entreprises de la région sont obligées de s'aligner sinon elles ne sont plus compétitives donc il faut faire le patriotisme économique il faut mettre en place des mécanismes incitatifs et puis il faut surtout arrêter la concurrence internationale déloyale et évidemment augmenter les salaires et je pense que cette mesure de hausse de 10% répond en partie c'est en tout cas un mécanisme incitatif qui répond en partie

17:37
Présentateur

Le Sénat alerte ce matin sur la question de la gestion de l'immigration son rapport est assez accablant le rapport il s'appelle Service de l'Etat et Immigration Retrouver sens et efficacité il parle d'une organisation administrative en très grande difficulté il décrive des services sous-dotés en personnel obstrués à tous les niveaux pour les demandes de titres de séjour et notamment une question de services informatiques saturés avec un trafic de prise de rendez-vous parce qu'il n'y a pas suffisamment de rendez-vous possibles qui sont donnés Est-ce que vous embaucherez pour les services de l'immigration en France ?

18:10
Jordan Bardella

Non mais le problème n'est pas tant que l'Etat soit sous-doté pour gérer l'immigration le problème c'est que la France est surdotée en immigrés et que l'immigration est devenue aujourd'hui dans notre pays hors de contrôle Emmanuel Macron a battu tous les records d'immigration et ça c'est aussi le bilan du ministre de l'Intérieur 900 000 clandestins qui sont sur notre territoire et qui ne sont pas expulsés donc notre pays est devenu un guichet social pour la terre entière des gens qui viennent de partout des gens qui viennent de partout pour bénéficier de prestations sociales pour bénéficier de l'aide médicale d'Etat et notamment des soins gratuits donc il faut couper l'ensemble des pompes aspirantes mais ça aussi c'est l'enjeu des élections législatives je veux dire si vous élisez si vous faites confiance à la vague macroniste ou à la vague rouge vous allez continuer de voir notre pays submergé si vous faites confiance aux députés du Rassemblement National ils proposeront la priorité nationale ils proposeront l'expulsion beaucoup plus ferme et beaucoup plus rapide des clandestins ils proposeront de mettre fin à l'acquisition automatique de la nationalité ils proposeront de délocaliser le traitement de l'asile dans les pays de départ et non plus sur le territoire national puisqu'on sait que l'asile a été dévoyé et que c'est devenu une filière d'immigration à part entière la vérité c'est que nous sommes les seuls qui sommes capables de remettre de l'or dans le pays de remettre de l'or dans la politique migratoire et je pense que 5 ans de Macron c'est 5 ans de désordre en plus pour la France

19:30
Présentateur

et vous dites que pour cela il faudra faire confiance aux députés du Rassemblement National sauf que quand on regarde notamment Mélanie Fortier qui est une de vos candidates qui a été interrogée sur France 3 et qui était incapable de répondre à la question au Rassemblement National quelle est votre politique en matière de service public c'est quand même pas une question piège bug blanc

19:49
Jordan Bardella

Madame de Malherbe Mélanie Fortier a 22 ans mais vous êtes très jeune aussi c'est sa première intervention télé et je pense que vous pouvez lui faire grâce de cela on a tous eu dans nos premières émissions de télé les gens ne se rendent pas compte à quel point c'est parfois un peu impressionnant d'arriver à la télévision nous on a l'habitude et on le fait un peu sans y penser mais c'est parfois un peu impressionnant quand vous commencez et quand c'est votre première télé que vous commencez je pense qu'il faut être un peu indulgent ce qui n'enlève rien à ses convictions et au fait que c'est une étudiante qui milite beaucoup et qui est fière de défendre ses concitoyens tous les jours à la région Bourgogne

20:21
Présentateur

et donc elle sera candidate au Rassemblement National

20:24
Jordan Bardella

Nous donnons aussi notre chance à la jeunesse je pense en être peut-être l'exemple au Rassemblement National que nous avons toujours misé sur la jeunesse nous allons continuer de le faire et que nous voulons faire aussi émerger une nouvelle élite et faire entrer le peuple à l'Assemblée Nationale je pense que c'est peut-être ce qui manque à notre pays

20:38
Présentateur

Jordan Bardella député européen président donc du Rassemblement National au moins jusqu'en septembre merci d'avoir répondu à mes questions 8h53 sur AMC BFM TV