"À ce jour, il n'est pas souhaitable de rouvrir les négociations commerciales sur le lait", juge le PDG de la fédération nationale laitière
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Êtes-vous prêt à faire un effort pour faire baisser le prix du lait dans les rayons ?
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Mais le lait entier a augmenté de 22% en un an, le beurre de 24%.
- 1:50RelanceRéponse partielle
Alors ils restent élevés mais ils augmentent moins vite que les prix à la consommation dans les rayons des supermarchés.
- 1:56OuverteRéponse partielle
Toujours pour citer l'INSEE, plus 15% c'est l'augmentation des prix agricoles à la production sur un an.
- 2:30RelanceRéponse partielle
Vous expliquez que selon l'INSEE, les prix à la production n'ont augmenté que de 15% ?
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Mais vous avez entendu Bruno Le Maire comme moi ce matin sur France Info, il a dit qu'il pourrait aller jusqu'à utiliser des mesures coercitives pour vous contraindre à baisser vos prix.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:20InvitéChiffre
« Le prix du lait payé par les entreprises, les laiteries, les fromageries, aux producteurs laitiers, aux agriculteurs a augmenté de 23% en un an. »
- 1:23InvitéChiffre
« Le prix des emballages plastiques à février-mars 2023 est à plus de 10%. »
- 1:30InvitéChiffre
« Le prix des emballages carton est à plus de 10%. »
- 1:40InvitéChiffre
« Le prix du gaz qui a été signé avec des renégociations faites par les entreprises en 2022 sur des taux de couverture bien plus élevés, même si le prix du marché spot ABC a augmenté de 33% en mars. »
- 2:48InvitéFait
« Les négociations commerciales qu'on a eues en 2022 avec les distributeurs n'ont permis d'obtenir que 40% des hausses tarifaires que nous avions sollicitées et cela dans un délai de 6 mois. »
- 6:00InvitéChiffre
« La filière laitière, c'est 300 000 actifs. »
- 6:39InvitéChiffre
« Sur les fromages en libre-service, en mars, on a même une petite progression de février à mars. »
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Bonsoir, le ministre de l'économie veut contenir la hausse des prix en supermarchés et pour cela Bruno Le Maire va convoquer les industriels à Bercy dès la semaine prochaine. Il l'a dit ce matin sur France Info. Bonsoir François-Xavier Huard.
Bonsoir Isabelle Raymond.
Vous êtes le PDG de la Fédération Nationale de l'Industrie Laitière. Êtes-vous prêt à faire un effort pour faire baisser le prix du lait dans les rayons ?
Alors on a bien entendu l'appel de Bruno Le Maire et des distributeurs. On a beaucoup échangé avec ses équipes également à Bercy. Et à ce jour, il nous paraît non justifié et pas souhaitable de réouvrir les négociations commerciales sur les produits laitiers.
Mais le lait entier a augmenté de 22% en un an, le beurre de 24%.
Alors ce qu'il faut bien voir c'est qu'on estime que ce n'est pas justifié aujourd'hui de renégocier pour deux raisons. La première, c'est que les coûts de production et de transformation des produits laitiers, tels qu'on les constate dans nos entreprises, ne baissent pas. Et on l'a expliqué aux équipes de Bruno Le Maire, on l'a expliqué également aux distributeurs. On leur expliquera quand on sera invité dans les différentes réunions. Ils ne baissent pas parce qu'on maintient un prix du lait élevé. Le prix du lait payé par les entreprises, les laiteries, les fromageries, aux producteurs laitiers, aux agriculteurs a augmenté de 23% en un an.
Le prix des emballages plastiques à février-mars 2023 est à plus de 10%. Le prix des emballages carton est à plus de 10%. Le prix du gaz qui a été signé avec des renégociations faites par les entreprises en 2022 sur des taux de couverture bien plus élevés, même si le prix du marché spot ABC a augmenté de 33% en mars. Donc vous voyez que les coûts de production restent élevés.
Alors ils restent élevés mais ils augmentent moins vite que les prix à la consommation dans les rayons des supermarchés. Toujours pour citer l'INSEE, plus 15% c'est l'augmentation des prix agricoles à la production sur un an. Pour le lait ?
C'est un engagement qu'on a pris également nous dans la filière laitière.
Donc on voit bien que ça augmente moins que le prix à la consommation.
Les prix de production de la filière laitière, en tout cas les prix qu'on a assurés auprès des producteurs laitiers, ont augmenté plus vite que l'augmentation des prix dans les rayons. Je prends un exemple, le prix du lait, je vous ai dit 23% en un an. Il a augmenté même de 40% si on considère la période de deux ans, de 2021-2023.
Vous expliquez que selon l'INSEE, les prix à la production n'ont augmenté que de 15% ?
Alors l'augmentation en fait s'est pris en retardement puisque du coup l'augmentation a pris un peu plus de retard pour la bonne et simple raison que les négociations commerciales qu'on a eues en 2022 avec les distributeurs n'ont permis d'obtenir que 40% des hausses tarifaires que nous avions sollicitées et cela dans un délai de 6 mois.
Ce qui explique en fait le décalage qu'on constate aujourd'hui et on nous demande en mai 2023, à peine deux mois après la négociation commerciale qui vient de s'achever, de réouvrir des négociations et de porter un coût, je pense destructeur à des filières alimentaires qui pèsent pour 55% et c'est le cas chez nous, sur des matières premières agricoles qui restent à des prix élevés. Donc ça nous paraît peu justifié de pouvoir réouvrir dès maintenant.
Mais vous avez entendu Bruno Le Maire comme moi ce matin sur France Info, il a dit qu'il pourrait aller jusqu'à utiliser des mesures coercitives pour vous contraindre à baisser vos prix. Vous venez de Bercy, vous étiez à Bercy il y a un an, à peine. Est-ce que vous savez de quoi il parle ? Est-ce que vous avez une petite idée ?
J'ai entendu également que Bruno Le Maire a dit que les filières agricoles et les matières premières agricoles allaient être préservées. J'ai également entendu Jacques Cresset qui est intervenu sur votre antenne il y a un jour et qui a dit que la filière laitière et qu'il avait rencontré les représentants de la filière laitière le 1er mai à l'Elysée qu'il avait convaincu qu'il y avait une spécificité de la filière laitière et qu'on ne pouvait pas revenir sur, dès maintenant, à une période qu'on a connue pendant 10 ans de compression des prix et des revenus des agriculteurs et des industriels.
Qu'on ne veut pas toucher au prix que va toucher le producteur de lait.
C'était une des grandes avancées des Galimes et il nous paraît important, et c'est pour ça que ça ne nous paraît pas souhaitable, de pouvoir remettre sous pression les filières alimentaires au moment même où leur compétitivité est en jeu.
Donc vous pensez que vous êtes préservé, que le lait est en gros sacralisé, que vous n'allez pas être concerné par ces négociations à venir ?
On n'est persuadé de rien, mais en tout cas, on va faire porter nos données, les coûts de production, les coûts de transformation. On va porter ça à la connaissance du ministère, on va porter ça à la connaissance des distributeurs lorsqu'on sera sollicité. En tout cas, à date, ça ne nous paraît pas souhaitable de réouvrir les négociations. On le fera quand il sera justifié. Et d'ailleurs, le courrier de Bruno Le Maire aux grands industriels et aux distributeurs parler d'objectivation, de situation objective sur les coûts.
Oui, mais si chaque filière commence à faire pareil, vous vous rendez bien compte qu'on ne va pas y arriver ?
Après, on est dans un droit des contrats. C'est-à-dire que moi, mes industriels, les entreprises que je représente, les laiteries, les fromageries, ont signé des contrats avec des distributeurs, avec des clauses de réactivation. Donc il faut aussi qu'on respecte le droit des contrats. Et je pense que c'est une donnée importante dans une économie de marché et dans un état de droit.
Mais ça va être compliqué à expliquer aux consommateurs final. Les prix de l'alimentaire ont augmenté de 14%. Vous allez leur dire non, on ne va pas toucher au prix du lait. D'ailleurs, est-ce que vous avez des appels des distributeurs ces derniers temps ? Est-ce que vous avez des distributeurs qui commencent à vous appeler en disant ?
On a reçu des courriers à peu près dans les mêmes termes que ceux qui ont été abordés par Bercy. C'est-à-dire, en gros, merci de nous signaler, dès que vous constatez une situation sur vos coûts de production qui le permettent, de pouvoir nous envoyer des tarifs adaptés. Donc très bien. Mais je voulais revenir sur la question de l'inflation. Sachez bien qu'on est les premiers à être sensibles à ce sujet de l'inflation. Et d'ailleurs, je pense que les distributeurs n'ont pas le monopole du pouvoir d'achat. Nos propres entreprises, il faut savoir, la filière laitière, c'est 300 000 actifs.
Souvent dans des communes rurales, moi j'ai 80% des entreprises et des adhérents de la FNIL qui sont dans des communes de moins de 15 000 habitants. Donc on est conscient de ce pouvoir d'achat et en rémunérant ces salariés, en assurant une juste rémunération des producteurs agricoles, on contribue également au pouvoir d'achat. Ce qu'on constate aussi, c'est qu'on n'est pas sur une chute de la consommation sur les produits laitiers. Je précise bien, les derniers chiffres que l'on a en mars 2023 montrent qu'il y a 1,9% de baisse en volume et que même sur les fromages en libre-service, en mars, on a même une petite progression de février à mars.
Donc les Français continuent à soutenir la filière laitière, les produits laitiers et on se rend compte qu'ils sont prêts à s'engager auprès des producteurs et des industriels.
Et que ce n'est donc pas le moment de baisser le prix du lait, que vous n'avez pas l'intention en tout cas d'en rouvrir ces négociations. Merci beaucoup François-Xavier Huard, PDG de la Fédération Nationale de l'Industrie. Les tiers invités éco de France Info ce soir.
Merci.