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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 24 mai 2019 12 minAutoproduitFond programmatiqueEurope & internationalÉconomie & entreprises

Discours de Vincent Brousseau - Européennes 2019

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Vincent BrousseauFait
    « C'est bon pour le son ? (Réponses mitigées) Non ? Bien. »
  • 5:00Vincent BrousseauFait
    « Je sais très bien dans quelle armoire est caché le plan qu'on suivra pas par pas lorsque effectivement, quelqu'un aura démenti cette prévision. »
  • 7:00Vincent BrousseauFait
    « L'euro, c'est une religion. C'est une religion. »
  • 9:00Vincent BrousseauFait
    « La sortie, c'est simplement que le pays qui sort décide de ne plus honorer cette contrainte de maintenir le taux de change fixe. »
  • 10:00Vincent BrousseauFait
    « La sortie, elle est inscrite. Dans les faits, on ne peut pas l'empêcher. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Alors je vous demande maintenant d'accueillir...

J'espère qu'il est prêt, qu'il est là. Je vous demande d'accueillir Vincent Brousseau. (Musique, applaudissements, sifflets et acclamations) (Rire).

Bonjour à tous, et merci de votre accueil chaleureux. C'est bon pour le son ? (Réponses mitigées) Non ?

Bien. Oui, ça fait un petit peu plus de 5 ans, disons 5 ans et demi, que j'ai commencé à m'intéresser à ces déclarations définitives et comminatoires qu'on entend parfois et qui disent : « Oui, mais de toute façon, on ne peut pas sortir de l'euro pour telle raison ». La raison varie.

Mais le ton comminatoire ne varie pas. L'aspect déterminé de la personne ne varie pas. Son expression – si jamais vous l'avez en face de vous – ne varie pas.

Et son style écrit est très révélateur, quand vous l'avez pas en face de vous mais que c'est par un écran d'ordinateur que vous accédez aux méandres de sa pensée. (Rires) Et alors donc...

Vous voyez, j'étais dans mon bureau, où j'avais 2 écrans, 3 en fait. Et sur l'un des écrans, je lisais qu'un de nos talentueux journalistes célèbres et médiatisés ou qu'un de nos éditorialistes célèbres expliquait en quelques phrases très simples et très faciles à comprendre pourquoi il était absolument impossible de sortir de l'euro. Et sur l'écran d'à côté, je lisais la version finale, tout juste arrivée, du communiqué de presse que la BCE ferait le jour où tel pays sortirait de l'euro.

Alors il faut comprendre que c'est des documents qui – outre le fait qu'ils sont ultra secrets – coûtent un travail énorme à des dizaines de personnes pendant beaucoup de jours de travail, que chaque mot est pesé, que ça coûte certainement beaucoup plus de travail qu'un éditorial du Point ou de l'Express, pour ne prendre que ces exemples, beaucoup beaucoup plus de travail, que c'est sculpté au mot près. Et puis là, donc, ça disait...

Le texte complet du communiqué...

Je le tairai pour différentes raisons professionnelles. « Ah oui, ils ont dit ça comme ça », « Ah oui, tiens, j'aurais peut-être pas fait comme ça ». Enfin c'est la version finale, comme j'étais dans la boucle, puisque je travaillais sur les sorties de l'euro, avant de sortir moi-même. (Rires) Comme j'étais dans la boucle, j'avais donc accès à toutes ces choses très intéressantes.

Et il est tombé sous mon regard que en effet, l'un des écrans montrait ça et l'autre écran montrait la pensée colossale d'un de nos européistes les plus célèbres, qui disait en deux phrases que tout le monde veut comprendre pourquoi il est absolument impossible et rigoureusement impossible de sortir de l'euro. Bon, à l'époque, ça m'a simplement fait une impression un petit peu surréelle ou surréaliste. Vous voyez ce que je veux dire ?

Mais par suite, ensuite, lorsque j'ai découvert aussi les réseaux sociaux, et que je n'ai plus vu que des journalistes européistes écrire des éditoriaux mais aussi des gens inconnus écrire des tweets, et que ça continuait, et que je voyais monsieur untel, ou plutôt...

Pas monsieur untel mais untel pseudonyme : – je sais pas – Michael6622xx, expliquer que...

Je suis sûr qu'il s'appelle pas Michael2266xx. Certes, c'est un pseudonyme. Et néanmoins, c'est sans doute le pseudonyme d'un expert, parce qu'il sait lui aussi...

Il s'exprime de manière... d'une manière qui fait transparaître le savoir, l'assurance, la certitude.

Et encore une fois : « On ne peut pas sortir de l'euro », « On ne peut pas », « C'est impossible, parce que... », alors que moi, je sais très bien dans quelle armoire est caché le plan qu'on suivra pas par pas lorsque effectivement, quelqu'un aura démenti cette prévision, que je sais très bien combien ça a coûté de faire ce plan qui sera suivi pas par pas, que je sais très bien combien d'experts il a fallu utiliser pour le faire, et de combien de sortes de spécialités différentes il a fallu utiliser, et pas seulement des communicants, mais aussi des comptables, et pas seulement des comptables, mais aussi des économistes – c'est grâce à ça que j'étais au courant –, mais pas seulement des économistes, mais aussi des financiers.

Mais pas seulement des financiers, mais aussi des...

Et donc ça faisait toujours cette impression un petit peu surréelle de voir que...

Bah mon dieu, une masse de gens avaient secrètement travaillé sur un truc très pénible pour quelque chose qui n'arriverait jamais, parce qu'on ne pourra jamais sortir de l'euro pour telle raison. Et il sait de quoi il parle ! Vous avisez pas de le contredire !

Bon, bah alors je ne m'avise pas. Mais au bout d'un moment, quand même, j'ai eu une question qui s'est formée dans mon esprit. Mais au fond, pourquoi ?

Pourquoi est-ce qu'ils veulent avoir une opinion qui non seulement est fausse, mais que personne leur demande ? Que non seulement personne ne leur demande, mais qui manifestement, n'est pas sur un sujet où ils ont une compétence particulièrement affûtée. Et en disant ça, j'englobe même les journalistes célèbres qui écrivent dans les journaux européistes.

Pourquoi ? Alors que rien pour eux n'en dépend. Pour quelle raison, aussi, une telle virulence dans l'affirmation ?

Pourquoi des propos aussi catégoriques ? Pourquoi...

Je comprenais pas. Mais au fond, il y a un seul cas, un seul, où les gens réagissent comme ça. C'est quand vous attaquez un dogme de leur religion.

Je suis pas moi-même religieux. Enfin je connais des gens qui étaient religieux, de différentes religions, d'ailleurs. Et il y a que dans ce cas-là que le discours devient aussi catégorique, simplifié, outrancier, et dit avec un ton, ou écrit avec un style qui suppose que celui qui parle a raison et que son contradicteur réel ou supposé est de toute façon ex ante dans l'erreur.

Ça, c'est seulement quand on a attaqué un dogme religieux. Donc j'ai un peu l'esprit lent, mais j'en suis venu à la conclusion que l'euro, c'est une religion. C'est une religion.

Et c'est pour ça que vous avez des gens énervés qui vous disent : « Mais vous avez rien compris. De toute façon, c'est impossible, la sortie de l'euro, parce que... », suit une raison, un obstacle diriment.

Alors évidemment, je peux pas dire à chaque fois : « Oui, mais vous savez, il y a des plans de sortie de l'euro, et j'ai contribué à les écrire ». J'aimerais, mais je peux pas le faire tout le temps. Et puis je comprends très bien que ça ne marcherait pas, parce que ça serait ma parole contre celle de leur dogme.

Donc je peux toujours...

Ça n'aura jamais aucun effet. Mais j'ai quand même compris que eux, ils avaient une religion, alors que moi, j'en ai pas. J'entends par là : ... (Applaudissements) ...que l'euro soit ou ne soit pas...

Enfin je veux dire : pour moi, certes, c'est un choix politique, mais c'est pas une religion. Que l'euro cesse d'être la monnaie de la France, c'est une préférence politique que j'ai, mais c'est pas comme si ça faisait partie d'un culte que je rendais avec des livres sacrés, des dogmes et tout ça. C'est pas pareil.

À la fin, à la rigueur, il pourrait (NDLR : advenir) que pour telle raison très improbable, je me sois trompé, puis que l'euro n'ait pas explosé. Ma vie n'en serait pas gâchée ad vitam æternam. Je crois pas.

C'est juste que la probabilité que j'aie tort est très petite. (Applaudissements) Mais ça n'est jamais zéro. Mais ça n'est jamais zéro.

Eh bien non, le jeu n'est pas égal, parce que nos adversaires...

Enfin du moins ceux qui sont vocaux, ceux qui sont vociférants, ceux qui parlent haut, puis aussi par malheur ceux qui ont accès aux médias, parce que c'est un peu les mêmes, eux, ils défendent quelque chose qui leur est important sur le plan religieux. L'Europe est une religion. L'euro est une religion.

Et parce que certains serviteurs zélés d'une religion se sont pris au jeu, eh bien les peuples de presque tout un continent en souffrent, et en particulier le peuple français. (Applaudissements) Toutefois, je voudrais vous rappeler de ne pas les croire. Moi, je suis un témoin direct.

Je sais que la sortie est prévue, comment elle va être faite. Je pourrais donner beaucoup de détails, et des mêmes auxquels aucun de ces brillants éditorialistes européistes n'auraient jamais pensé. Parce qu'effectivement, le plan de sortie est compliqué, du point de vue de la BCE.

C'est par contre assez facile du point de vue du pays qui sort. Lui, il a beaucoup moins à perdre s'il sort. Il a beaucoup moins à maintenir.

Lui, ça lui est un peu égal que se maintienne ou ne se maintienne pas l'Union monétaire européenne en état de fonctionner. Donc le jeu est dissymétrique. C'est pourquoi quand j'ai commencé à faire de la politique, j'ai utilisé une formule qui condensait en fait ce qu'il faut se rappeler quand vous parlez à des européistes sur le fait que l'euro soit irréversible.

Il faut savoir que l'euro n'est pas une monnaie mais un faisceau de plusieurs monnaies qui sont liées par un accord de change fixe, un accord très strict, un taux de change fixe très simple. Mais ça reste quand même des monnaies différentes. C'est juste que ça se voit plus.

Ça se voit plus mais, en coulisses, c'est ce que c'est. Et donc la sortie, c'est simplement que le pays qui sort décide de ne plus honorer cette contrainte de maintenir le taux de change fixe. C'est très simple.

Après, les histoires logistiques du genre : « Oui, mais où est-ce qu'on va trouver les billets ? », « Et si Chamalières ne marche plus ? », « Et si jamais on n'a plus accès au papier de... »...

Bon, il y a toujours une solution. Après tout, il y a environ 200 pays dans le monde. La plupart d'entre eux ne font pas leurs propres billets.

Comment ils font ? Ça se sous-traite. Il y a toujours des solutions.

Mais le truc de principe est lui-même simplissime. Je vois que le minuteur m'enjoint de vous quitter. (Cris de déception et rires) Je vais donc vous quitter pour que Charles-Henri puisse appeler la personne suivante, mais message pour une fois d'optimisme.

La sortie, elle est inscrite. Dans les faits, on ne peut pas l'empêcher. (Applaudissements, sifflets et acclamations) — Du public : « Vincent ! » (Scandé plusieurs fois)