Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBACKSEAT· 24 octobre 2025 48 min

Les Outre-mer OUBLIÉS par la République ? - avec Olivier Serva

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

This episode is brought to you by FIFA World Cup, launch edition on Netflix. It's a fast, fluid game where your phone is the controller and your TV is the stadium. You just launch it on your TV, scan the QR code with your phone, and boom, you're shooting and passing in seconds. Plus, it's included in your Netflix membership with zero extra costs. Go to the games tab and play FIFA World Cup launch edition now, only on Netflix.

0:28
Intervenant

You said you're a deputy of the group Liott, which we're going to talk about, but you're the only deputy Liott to have voted the censure of the government, the Cornu. Why?

0:44
Olivier Serva

It was the honor of the group. It's a dishonor for your colleagues not to have voted? No, not at all. Liott, it's liberty and it continues to be independent. So in fact, there's no link between my vote and the position of the group because each deputy, it's the DN same of the group, a choisi d'être dans ce groupe pour avoir la liberté de vote, la liberté de penser et la liberté de position. En l'occurrence, pour ma part, les positions proposées par le budget de ce gouvernement, pour l'Outre-mer notamment, ne me convenaient pas. Et surtout, Jean, as-tu déjà vu une équipe de France qui gagne 100 noirs dedans ?

1:20
Intervenant

C'est bizarre, ça, comme phrase. C'est bizarre ? Ouais, je suis pas sûr.

1:23
Olivier Serva

Tu prends n'importe quelle équipe de France, t'as un ou deux noirs dedans. Qu'est-ce que ça veut dire que c'est un problème de casting et pas de politique, en fait ? Pas que. Mais regarde, regarde le gouvernement. T'as aucun ultramarain dedans. C'est pas normal ? Je veux dire, on aurait pas pu trouver sur les 34 ministres, hommes ou femmes, une ou une ultramarain de qualité. Moi, ça me gêne déjà dans la forme parce que le symbole est important, mais pas que. Sur le fond, le ministère des Outre-mer était classé deuxième ministère d'État dans le rang hiérarchique avec Manuel Valls. Il est déclassé, il dégringole à la treizième place, un ministère simple avec...

C'est si important que ça, la place hiérarchique ? Bien sûr. Pourquoi ? C'est le budget qui compte, tu l'as dit toi-même. Ben regarde, Manuel Valls est arrivé, on avait enlevé 500 millions d'euros dans le budget. Oui, aux Outre-mer. Des Outre-mer l'année dernière. Il a pu, grâce peut-être à son expérience, à sa position gouvernementale, casser cette dynamique et rétablir le budget. Aujourd'hui, nous avons une ministre... Naïma Mouchou. Qui est très bien. Qui vient d'Horizon, il faut le préciser. Oui, mais qui est très bien. Je la connais bien, qui est une dame de bonne proposition, avec qui j'ai d'excellentes relations, mais je ne lui connais pas une spécialité exacerbée pour les Outre-mer.

Voilà. Bon. Et pour aller vraiment dans le fond, le ministère des Outre-mer, dans son budget, est menacé de 500 millions d'euros en moins sur trois choses qu'on refuse. La première, c'est qu'il y a un décret mesquen méchant de l'État profond.

2:58
Intervenant

Attends, attends, attends, attends, attends, c'est quoi ce mot, monsieur, État profond ? L'État profond, pour moi ? Parce que l'État profond, c'est quand même une théorie complotiste qui vient de l'extrême droite, Olivier Servin. Qu'est-ce que vous nous faites à utiliser ? Je croyais que vous étiez un centriste, moi.

3:09
Olivier Serva

Je suis du centre-gauche, tout à fait. Mais je pense que l'État profond, je précise ma pensée. Oui, allez-y. Vous savez, c'est ces fonctionnaires cachés derrière leurs bureaux qui font souvent la politique, plus que les politiques eux-mêmes. Et ils ont pris un décret, masquinement, en septembre 2024, et reproduit en 2025, où, pour les territoires ultramarins, vous avez ce qu'on appelle la prime de vie chère, les 40%, parce que la vie est plus chère. Eh bien, ils ont décidé de proposer de la supprimer pour ceux qui sont en maladie. Mais ce n'est pas sur les fonctionnaires qu'il faut taper, c'est sur les politiques qui votent les budgets.

Alors, oui, bien sûr, mais en fait, c'est un décret qui a été pris par l'État dans une période de trouble et d'instabilité gouvernementale. Ensuite, parlons de budget. Donc, je disais, c'est important de le dire, les fonctionnaires malades des Outre-mer, on ne peut pas leur enlever les 40% parce qu'ils sont malades. Nous, on a la chlordécone chez nous. C'est une vraiment méchanceté qui nous a pollués pendant des années à cause de l'État. On a les sargasses, on a le stress, bref, on a la vie chère.

Ensuite, cette fois-ci, parlons budget, ils ont prévu d'enlever dans ce qu'on appelle la LODEUM, loi d'orientation pour les Outre-mer, les exonérations de charges sociales pour les petites entreprises. Moi, je suis expert comptable, j'ai un cabinet de 15 salariés, je sais la vie au quotidien des chefs d'entreprise. Eh bien, on ne peut pas leur enlever cette exonération de charges sociales parce que sinon, ils ne pourront pas embaucher, ils ne pourront pas payer leurs salariés. Et enfin, ils ont prévu dans ce même budget de supprimer l'aide à l'investissement productif, entre guillemets la défiscalisation, mais je n'en prends pas ce terme parce que c'est péjoratif.

L'aide à l'investissement productif, c'est un agriculteur qui doit acheter un tracteur. C'est une personne du BTP qui doit acheter un tractopelle. C'est un artisan qui doit acheter un véhicule utilitaire. Ils ont décidé de supprimer ça, or, les banquiers ne financent pas ça. Donc, pour toutes ces raisons, j'ai voté contre le social. On dirait des trucs de gauche, pourtant.

5:05
Intervenant

Revenir sur une exonération salariale et revenir sur une niche fiscale, j'ai l'impression que c'est des trucs plutôt de gauche. De cotisation sociale, pour être précis, et non de charges. Oui, très juste.

5:15
Olivier Serva

Absolument. Mais en fait, l'important, c'est l'avis des gens. La droite-gauche, ce n'est pas l'objet. Et donc, pour toutes ces raisons, j'ai voté contre le soutien au gouvernement.

5:23
Intervenant

Alors, tu as voté contre le soutien à un gouvernement dans lequel siège le président du groupe Liotte, qui s'appelle Laurent Panifousse, qui a été nommé ministre des Relations avec le Parlement. Tu as déclaré, cette décision lui appartient, elle lui est strictement personnelle, ça n'engage que lui. Oui. Tu n'as pas l'air ravi de sa présence au gouvernement à Laurent Panifousse ?

5:43
Olivier Serva

C'est-à-dire que, autant je n'admets pas que quelqu'un puisse me dire à Liotte, pourquoi tu as voté contre ? Autant, je n'ai rien à dire sur le choix de Laurent Panifousse, qui a choisi d'aller au gouvernement. C'est son libre arbitre, c'est son libre choix. Et je dois le dire, nous l'avons appris une heure avant vous, parce qu'il nous a fait un petit message. Donc, c'est son choix qui n'engage que lui. D'accord ? Ça rend difficile à lire le groupe Liotte.

6:05
Intervenant

Léa ? Moi, je voulais vous demander, est-ce que pour vous, c'est le signal que Liotte a quand même un certain rôle à jouer au sein du Parlement aujourd'hui, et plus particulièrement de l'Assemblée nationale ? Parce que ministre des Relations avec le Parlement, ce n'est quand même pas anodin comme titre. Est-ce que vous pensez que c'est un signal de la part, notamment de Le Corneu, que de dire, en fait, on compte sur vous ? Est-ce que c'est une façon d'essayer de vous faire rentrer un peu dans le rang ? Comment vous voulez interpréter cette nomination ?

6:36
Olivier Serva

Bon, je réagis à Jean et suite à Léa. Vous avez, tu as dit, oui, mais difficile à lire Liotte. Mais on n'est pas habitués en France à ce qu'il y ait des gens qui soient dans un même groupe et qui pensent librement.

6:49
Intervenant

Ça ressemble à un groupe d'auto-entrepreneurs, finalement. Vous faites chacun ce que vous voulez et vous êtes ensemble de façon technique, alors qu'en réalité, pas grand-chose ne vous lie, non ?

6:56
Olivier Serva

Alors, il y a quand même liberté indépendante entre ma territoire qui nous lie. Il y a cette logique-là qui nous lie. Mais c'est vrai, regardez, à part moi, tout le monde a soutenu le gouvernement. Donc, il y a quand même une forme de cohérence, souvent. Souvent, on arrive à dégager des majorités. Mais ce que l'on doit dire, c'est qu'on doit respecter la différence de l'ordre. D'ailleurs, vous voyez bien que je suis différent, visiblement. Charles de Courson, oui. Oui, Charles de Courson, il est bien aussi. Il est magnifique. Je suis fan de lui. Charles, je t'aime. Et donc, je l'ai déjà dit. Politiquement, politiquement.

Et donc, je vais vous dire, il faut qu'on s'habitue en France à pouvoir discuter en toute liberté et non pas en termes d'abrigadement. Concernant maintenant la question importante de Léa. Merci. Oui, je l'admets, la position de Laurent Panifou, c'est stratégique. Et oui, dans un moment où la France n'a pas de majorité, où on a besoin de budget, s'il peut servir de liant, nous étions ensemble hier soir au ministère avec lui, eh bien, s'il peut servir de liant, tant mieux. Et ce serait une bonne chose. Oui, tout à fait.

7:59
Intervenant

Est-ce qu'il va y avoir une position commune de la part du groupe Liotte sur le budget ?

8:04
Olivier Serva

Alors, comme je peux vous dire assurément, je ne peux pas dire qu'il y aura une position commune. Puisque chacun est libre de voter comme il l'entend. Oui, bien sûr.

8:12
Intervenant

Mais il doit bien y avoir des orientations. Vous en parlez. Il n'y a pas de surprise quand même.

8:16
Olivier Serva

Oui, bien sûr, on a déposé quelques amendements, je dirais, de groupe. Mais vous avez observé que hier, en commission, le budget de la nation a été rejeté.

8:24
Intervenant

Bien sûr. Mais moi, je parle des débats à venir en séance publique.

8:27
Olivier Serva

Et je discutais avec Charles de Courson ce midi. Vous comprenez pourquoi. Et c'est lui qui est le spécialiste du budget. Et il me disait, et je pense comme lui, que ça va venir en séance. Et je crains, Léa, qu'il n'y ait pas de vote majoritaire. Pourquoi ? Parce que les extrêmes sont crispés. Avez-vous observé que Horizon s'est abstenu ? Oui, et le modem aussi. Et le modem aussi. Pour vous, du coup, Horizon est modem dans les extrêmes. Voilà, là, vous me faites plaisir, M. Gérard. Enfin, il était temps après diminuer l'émission, quand même.

8:57
Intervenant

Voilà, quand même, un peu de clarté politique, de clairvoyance. Parce que là, quand même...

9:02
Olivier Serva

Je me suis sûrement mal exprimé. Les options. Eh bien, tout ce monde-là s'est abstenu à voter contre. Et donc, comme le Bloc central ne suffit pas à lui seul à voter pour, je crains, Léa, qu'en séance, il n'y ait pas de vote majoritaire. Mais vous dites je crains. Mais donc, du coup, ça veut dire que vous craignez vraiment ? Vous craignez le fait qu'il n'y ait pas de budget ? Mais bien sûr, il faut qu'on ait un budget pour la France. Il faut qu'on puisse...

9:24
Intervenant

Ah, donc vous allez voter le budget, vous.

9:26
Olivier Serva

Mais en tout cas, là, en...

9:27
Intervenant

A priori.

9:29
Olivier Serva

En tout cas, ce qui s'est passé en commission me convenait. Pourquoi ? Je vous ai parlé de pourquoi j'ai rejeté la confiance. Sauf qu'on avait annulé en commission cette exonération. Le déum qui sautait, mais on l'avait annulé. Donc, ça me convenait. Vous voyez, on allait dans le bon sens. Mais maintenant qu'il est supprimé, on risque au bout du bout de retomber. J'en discutais tout à l'heure. Qu'est-ce qui va se passer ? Peut-être un peu de pédagogie quand même, rapidement. 30 secondes pour nos auditeurs. Si ça ne passe pas à l'Assemblée, ça va passer au Sénat. Ça va être voté au Sénat. Mais comme ça va revenir à l'Assemblée, qui est le dernier mot, on ne va pas tomber d'accord.

Il y aura une commission mixte parité qui ne sera pas conclusive parce que les députés et sénateurs ne vont pas tomber d'accord. Et là, on va retomber dans ce qu'on appelle une loi spéciale. Comme l'année dernière. Voilà. Où tout est possible. Et donc, c'est pour ça que je crains qu'on mette n'importe quoi à la fin de la fin.

10:18
Intervenant

Sur la question des ordonnances, vous avez vent, vous, qu'est-ce qui se dit à l'Assemblée nationale ? Comment réagissent les députés par rapport à cette rumeur qui court, qui dit que, vraisemblablement, le gouvernement pourrait finalement faire passer le budget par voie d'ordonnance ? Comment vous le réceptionnez, ça, au sein de l'Assemblée nationale ?

10:35
Olivier Serva

Eh bien, en tant que législateur, assez mal. On aimerait bien avoir la main. D'ailleurs, M. Lecornu a dit qu'on aura la main. Mais la main, c'est aussi parfois ne pas voter le budget. À un moment donné, il faut qu'on ait un budget. Donc, on arrivera à cette loi spéciale qui ressemble comme deux gouttes d'eau à une ordonnance.

10:48
Intervenant

Tu as parlé du groupe Liotte, qui est effectivement un groupe un peu particulier à l'Assemblée nationale, qui n'a pas véritablement de colonne vertébrale idéologique, qui rassemble des hommes et des femmes assez divers, des indépendants, comme on dit dans d'autres pays. Les libéraux, quand même. Alors, d'où ma question. Peut-on être d'extrême droite et être adhérent au groupe Liotte ? Pas question. Pas question. Il y a quand même des règles. C'est quoi les critères ?

11:13
Olivier Serva

Alors, je vais vous dire. On a une charte, un groupe Liotte, bien évidemment, où chacun y adhère. Et donc, on exclut l'extrême droite très clairement. Un. Deux, nous avons une colonne vertébrale qui n'est pas habituelle. Mais nous avons liberté indépendant, outre-mer, territoire. Étienne de la Boétie. Discours de la servitude volontaire. Vous vous souvenez du droit de remontrance. Vous savez, lorsqu'il y avait des édits du roi qui ne nous convenaient pas, eh bien, les régions avaient le droit de faire remonter leur remontrance. C'est ça que nous faisons. Nous croyons au territoire. Nous croyons à une décentralisation exacerbée.

Et nous croyons qu'il est plus utile d'avoir un droit de subsidiarité qu'avoir un droit de centralité. Vous diriez girondin, du coup ? Oui, bien sûr. Oui, oui, carrément. Nous sommes tous girondins au groupe Liotte. Et donc, nous défendons les ultramarins, les territoires. Pourquoi j'ai adhéré ? Je suis membre fondateur de Liotte parce qu'il y a autre mer dedans. Parce que jamais un groupe à l'Assemblée nationale ne comportait ce terme autre mer. alors que les Outre-mer font partie de la grandeur de la France. Désolé de le dire, mais la France est un petit pays engoncé au sein de l'Europe sans les Outre-mer.

La France, grâce à les Outre-mer, arrive à lancer des fusées Ariane, à faire de la géopolitique dans le canal du Mozambique, à la deuxième zone économique exclusive. À chaque fois qu'un avion passe dans cette zone, il paye des sous à l'État français. On arrive aujourd'hui à avoir les plus belles plages du monde, en Guadeloupe, en Polynésie aussi.

12:31
Intervenant

En 2022, tu as proposé la création d'un groupe politique ultramarin à l'Assemblée. C'était quoi ce projet ? Ce n'est pas un peu dépolitisant de réunir les ultramarins de différents bords, de droite, de gauche, dans un même groupe ?

12:43
Olivier Serva

Déjà, ça ne s'est jamais fait. Oui, c'est vrai. Et pourquoi ? Parce qu'on se laisse diviser, nous, les ultramarins. Je suis aussi secrétaire général d'un parti politique qui s'appelle Utile. Utile. Vous avez vu ça. Ultramarins, territoire indépendant, liberté, écologie, solidarité. Parce qu'on se laisse diviser. Parce qu'on se laisse embarquer par des grands principes de grands partis, socialistes, écolos, républicains, tout ce que vous voulez.

13:07
Intervenant

C'est des gens qui ont une colonne vertébrale idéologique, finalement. C'est-à-dire qu'il y a des communistes, des gens qui siègent dans les groupes insoumis, des ultramarins, il y en a un peu partout. Mais c'est-à-dire qu'ils ont des convictions aussi politiques. Il y a des gens qui se trouvent de gauche et de droite. Ils ne sont pas qu'ultramarins comme identité politique. Si ?

13:23
Olivier Serva

Moi, je pense que tout homme politique doit avoir un socle. Et moi, mon socle, il commence par les Outre-mer. C'est un choix politique que j'assume. Et c'est une vraie colonne vertébrale qui n'est pas habituelle, mais qui est importante pour moi. Vous savez quoi ? Je pense que nous, les Outre-mer, on a beaucoup à apprendre à la France hexagonale dans le mieux vivre ensemble. Regardez-moi, chez moi, vous avez des juifs, des musulmans, des athées, des catholiques, des protestants. Tout ça vit bien ensemble. Pourquoi ? Parce qu'on a appris dans une petite île à se respecter, à s'écouter. Moi, je vois qu'on se dispute ici en France pour des questions de tissus, etc. On perd de l'énergie.

Je vois qu'on indexe toujours, dès que quelque chose ne va pas, l'immigré du coin, c'est un peu limité comme raisonnement. Donc, moi, je crois qu'on a beaucoup à apprendre des Outre-mer dans le mieux vivre ensemble. Alors, bien évidemment, pour être tout à fait honnête avec vous, on ne peut pas créer à l'Assemblée nationale un groupe strictement Outre-mer, puisqu'on ne peut pas créer des groupes, je veux dire, catégoriels. C'est pour ça qu'on a créé ce groupe Liberté Indépendant Outre-mer Territoire qui défend des idées de territoire, de liberté d'Outre-mer.

14:31
Intervenant

Parce qu'il y a un autre groupe à l'Assemblée nationale qui rassemble des gens d'Outre-mer, c'est le groupe GDR, Gauche, Démocrate et Républicaine, qui est le groupe historique des communistes. Tout à fait. Pourquoi tu n'es pas avec eux ? Eh bien, parce que je ne suis pas communiste.

14:44
Olivier Serva

Je dois le contester. Les ultramarins du groupe GDR ne sont pas tous communistes. Je ne sais pas. Moi, j'ai toujours, je rechigne à parler pour les autres ou contre les autres. Moi, je leur ai dit à mes amis, on était en réunion ce midi, on parlait de la Nouvelle-Calédonie, tiens, on va en parler. Un gros sujet qui arrive la mardi à l'Assemblée nationale. Je leur ai dit, mais venez avec nous, le groupe Liberté. Alors, qu'est-ce qu'ils me disent ? Et je respecte ça pour parler comme vous. Ils se sont fait élire avec le nouveau Front populaire.

Donc, ils m'ont dit, mais Olivier, tu comprends, j'ai été élue avec le nouveau Front populaire, je ne peux pas aujourd'hui me dédire, échanger, laisser tomber le nouveau Front populaire parce que mes électeurs ont voté pour moi, je ne peux pas aller au groupe plus autre, etc. Donc, ils m'expliquent des choses que je comprends politiquement. Sauf que ma position est, on crée un groupe outre-mer à l'Assemblée nationale. Climax ?

15:33
Intervenant

Oui, moi, j'avais une question qui concerne la loi Duplomb. Donc, en juillet, la loi Duplomb a été votée. La loi Duplomb est problématique, enfin, problématique, c'est faible, c'est un scandale à plusieurs niveaux. Je ne vais pas rentrer en détail de toutes les raisons pour lesquelles c'est un problème, mais notamment, il y a la réintroduction de néonicotinoïdes, ce qui est un scandale pour toute la France, mais qui a une teinte particulière quand ça s'applique à la Guadeloupe et à la Martinique en autre, puisque vous en avez parlé tout à l'heure, il y a cette histoire de la chlordécone, qui est donc un scandale sanitaire terrible et que je crois que vous connaissez bien.

Vous avez beaucoup travaillé là-dessus. Il y a beaucoup d'agriculteurs en Guadeloupe qui se sont très fermement opposés à la loi Duplomb, notamment les jeunes agriculteurs, qui mettaient en avant la spécificité de la Guadeloupe et les problèmes environnementaux spécifiques qui se portaient à la Guadeloupe, donc sur la chlordécone, mais aussi sur d'autres problématiques. Et pourtant, vous n'avez pas voté contre cette loi, vous vous êtes abstenus, si je ne m'abuse. Pourtant, j'ai quand même l'impression que vous êtes bien placé pour savoir qu'il y a un gros enjeu de racisme environnemental sur ces questions-là. Donc, j'aimerais savoir pourquoi vous n'avez pas voté contre cette loi ?

16:46
Olivier Serva

OK. Vous avez une minute ? Bien sûr. On a le temps, on a le temps. OK. Dans la loi Duplomb, il y a une disposition qui est la possibilité de pouvoir pulvériser par drone des produits phytosanitaires. Moi et les autres députés guadeloupiens, nous avons rencontré les bananiers qui travaillent, je dirais, à Capester, là où il y a eu la chlordécone. Ils m'ont fait voir comment aujourd'hui il fonctionne, puisque c'est interdit, la pulvérisation par drone, par aéronef. Il fonctionne avec un pulvérisateur à dos d'hommes. Moi, je ne suis quand même pas le plus petit ni le plus maigre. 50 kilos, chargés, et ils pulvérisent sous le bananier.

Sauf qu'en fait, la circo-sporieuse noire, elle est au-dessus. Donc, ils doivent pulvériser d'autant plus. Et donc, à dos d'hommes, ils pulvérisent un produit pour traiter le charançon noir, pour éviter que les bananes ne tombent malades. Ils m'ont expliqué qu'avec cette pulvérisation au-dessus de la bananeraie par drone, ils vont utiliser moins de produits. C'est moins coûteux, c'est moins fatigant, et c'est plus efficace. Ils m'ont convaincu. Ils m'ont convaincu.

18:05
Intervenant

Ils vous ont plus convaincu que l'intégralité des scientifiques qui ont tous dit que la loi du plan était une catastrophe absolue, ainsi que toutes les associations de victimes du cancer qui ont pointé la responsabilité des néonicotinoïdes. Vous pensez que...

18:19
Olivier Serva

C'est pour ça que je n'ai pas voté pour la loi. Mais je vous donne mon cheminement de ma décision sur cette loi du plomb. Je ne pouvais pas être contre par rapport à mes agriculteurs qui m'ont convoqué dans leur bananeraie, où j'ai vu leur réalité, où ils m'ont dit nous avons besoin de...

18:35
Intervenant

Il y a quand même beaucoup d'agriculteurs en Guadeloupe qui se sont très fermement opposés pour les raisons qu'on vient d'évoquer à cette loi du plomb. Tout de même, vous avez peut-être rencontré ceux qui étaient pour, mais...

18:45
Olivier Serva

Non, mais ce sont mes amis aussi de la coordination rurale. Je les ai rencontrés aussi. Et ils font beaucoup d'agriculture biologique qui, effectivement, a besoin, effectivement, de protéger, effectivement, les abeilles, notamment. Donc, je n'étais pas pour la loi du plomb. Je dis que je n'étais pas contre pour les raisons évoquées. Et vous savez, je suis député de la Nation, député de la première circonscription de la Guadeloupe. Et pour ces raisons-là, et parce que j'ai rencontré des vrais agriculteurs qui ont des vraies souffrances et qui m'ont expliqué qu'ils vont utiliser moins de produits qui détruisent la nature avec la pulvérisation par drone que par pompe, j'ai voté abstention.

Et je l'assume.

19:25
Intervenant

Mais ce que vous dites me fait penser qu'en fait, on ne prend jamais en compte les spécificités. Je ne sais pas quelle est la réalité sur l'utilisation des aéronefs et des insecticides, etc. Mais qu'on ne prend pas en compte les spécificités non plus des Outre-mer dans la plupart des propositions, des projets de loi français, des propositions de loi. Comment ça se matérialise, tout ça ?

19:51
Olivier Serva

Oui. Quand j'étais président de la délégation Outre-mer, entre 2017 et 2022, je m'étais arrangé pour qu'à chaque texte, il y ait un avis de la délégation Outre-mer sur un texte et pour qu'il y ait, dans tous les textes, si possible, un titre Outre-mer. Donc, vous savez que depuis 2022, nous sommes dans un tumulte légistique incroyable et tout ceci n'a pas encore bien pu prendre forme ni prendre place. Mais l'objectif étant qu'il y ait ce qu'on appelle, entre guillemets, le réflexe Outre-mer. Pour qu'à chaque texte, on puisse se dire... Parce que si on a des textes, qu'est-ce qui est prévu ? Au fait, pour les Outre-mer, ce ne sera pas ordonnance ou par décret. Donc, ça, c'est insupportable.

Ça veut dire que ce n'est pas la loi, ce n'est pas le législateur, c'est l'État avec les préfets qui font leur sauce. Eh bien, on se bat pour ça et on essaie de le faire le plus possible. On n'y arrive pas toujours.

20:39
Intervenant

Où est-ce qu'on en est dans la lutte contre la vie chère ? Dans les Outre-mer, on a vu des mobilisations ces dernières années d'hommes et de femmes qui n'en peuvent plus, qui n'arrivent plus à vivre avec le peu d'argent qu'ils ont. Où est-ce qu'on en est ? Et est-ce que le gouvernement est à la hauteur avec les économies qui sont annoncées encore sur l'Outre-mer dans le budget ?

20:57
Olivier Serva

Bon, c'est un vaste sujet, mais je vais essayer de le résumer. Partons du protocole d'accord de la Martinique. Il y a eu de grosses mobilisations en Martinique et ils sont tombés d'accord sur un protocole avec quelques points. Le premier, supprimer la TVA sur les produits de première nécessité. L'État l'a fait. On le reconnaît. Ensuite, les collectivités locales doivent supprimer un impôt qui s'appelle l'octroi de mer sur les produits de première nécessité. Ils l'ont fait. Ensuite, l'État devait faire une autre chose, c'est prendre en charge... J'ai remis un rapport sur la continuité territoriale ce matin à l'Assemblée nationale.

Il n'est pas encore disponible, mais il le sera dès la semaine prochaine. La continuité territoriale, c'est le principe général de dire que tout citoyen français, y compris le tramarin, a le droit, au même service public et aux mêmes conditions. La vie chère, les coûts de transport font que ça coûte plus cher en Outre-mer. L'État s'était arrangé et organisé et engagé à prendre en charge le coût de transport des produits de première nécessité. Pour la Martinique, c'est 10 millions d'euros. Pour tous les Outre-mer, c'est à peu près 100 millions d'euros. l'État, tous pour ça. On attend toujours et je n'ai pas vu ça dans le budget.

Pour répondre très clairement à votre question, il y a une loi Vichers-Hervals qui a commencé à être étudiée en commission là, cette semaine. Nous voulons intégrer la prise en compte des produits de première nécessité. C'est à peu près 6 000 références. Ça soulagerait beaucoup. Je rappelle que le taux de pauvreté ici en France, en moyenne, c'est 15 %. Chez nous, en Guadeloupe, c'est 34 %. Ça veut dire que l'État doit continuer son engagement et accorder sa signature avec sérieux et donc prendre en charge le coût de transport des produits de première nécessité. Pour répondre à notre question, ne le conteniez pas.

22:40
Intervenant

Est-ce que le problème, ce n'est pas justement que je crois 90 % des produits consommés en Guadeloupe, ce sont des produits importés ?

22:47
Olivier Serva

Oui, c'est vrai. On aimerait bien faire plus d'agriculture, ma chère dame. Mais pour faire la prise d'agriculture, il faut protéger les agriculteurs du coin. Il faut leur permettre de pouvoir traiter leur production. Je vous ai parlé de la banane, je pourrais vous parler, ça m'a fait mal au cœur, de la tomate, des pastèques où les agriculteurs n'ont plus de molécules à disposition et leur en enlève encore. Alors, vous me dites, oui, mais c'est la santé, les cancers. Quand vous me dites ça, qu'est-ce que je peux dire que sinon, oui, c'est dramatique que les gens ont des cancers. Nous, on a des cancers.

J'ai sûrement un cancer de la prostate puisque 90% des hommes l'ont en Guadeloupe à cause de la chlordécone. Oui, vous avez raison. Et en même temps, on ne produit pas assez. Pas facile à trouver les solutions sur ça. Comment justement vous réglez ce dilemme ? Eh bien, on respecte les normes européennes. Les agriculteurs s'adaptent. Il n'y a plus de désherbage, il n'y a plus de molécules. Savez-vous qu'il n'y a que... Au fait, je n'ai pas dit pour la loi du plomb, mais le plus important, c'est qu'en épandage manuel, il y avait trois molécules. En épandage aérien, vous n'avez pas le droit d'utiliser ces molécules. C'est que des huiles neutres, enfin, des huiles, je dirais, moins actives.

Donc, c'était encore moins polluant. Ça, je ne l'ai pas dit. Eh bien, on priorise quand même la santé des hommes et des femmes. Et c'est pour ça que peut-être, parfois, on arrive à c'est plutôt 80% de produits importés. Parce qu'on ne produit pas assez, on produit mal. Et parce qu'on est concurrencé par... Et ça, c'est grave, Jean. On produit, on importe du Costa Rica, de cette Lucie, des îles voisines, des produits bourrés de pesticides, bourrés de pesticides, parce qu'elles n'ont pas respecté l'homme française et elles viennent sur notre marché.

Et bien évidemment, nos agriculteurs, eux, n'ont pas les moyens de concurrencer ces produits qui sont pourtant autorisés par l'Union Européenne à l'autel du sacrifice du libre-échange parce qu'on leur a permis à ces pays pour l'agriculture de pouvoir délivrer selon leurs normes européennes sans contrôle les produits pollués chez nous.

24:56
Intervenant

Oui, d'accord, mais alors juste une petite précision, c'est que la France a continué à produire des néonicotinoïdes et des pesticides qui étaient interdits par l'Union Européenne et par la France et à exporter vers d'autres pays, notamment le Brésil qui ensuite revenait. Mais c'est la France qui produisait malgré les interdictions. Donc, je veux bien, mais il faut aussi regarder un petit peu notre tolérance, si je veux le dire très gentiment, aux pesticides et aux problèmes très, très concrets que ça pose dans la santé de tout le monde. et encore une fois, particulièrement à l'aune de ce racisme environnemental qui me paraît quand même être très central d'ici.

25:29
Olivier Serva

Moi, je suis d'accord avec vous, je ne défends pas les néonicotinoïdes, je ne les défends pas, je défends la santé des hommes et des femmes et nous, on est un territoire pollué à la chlordécone par la volonté de l'État. Et d'ailleurs, l'État est mesquin parce qu'on voulait avoir sa responsabilité là et il a fait appel à sa responsabilité récemment sur la chlordécone. Donc, je suis d'accord avec vous.

25:51
Intervenant

Est-ce que tu dirais qu'il y a une discrimination d'État vis-à-vis des Outre-mer dans le traitement qui est réservé aux populations dont on ne parle pas souvent et qui passe toujours un petit peu à l'as dans les discussions ? Parlons politique. Vas-y.

26:04
Olivier Serva

L'État nous délaisse parce qu'on ne compte pas politiquement et ça, il faut que ça cesse et c'est pour ça que je m'y emploie. C'est pour ça que j'ai créé ce parti politique. Je m'explique. Les Outre-mer, c'est 3,5% des voix. Quand tu rajoutes l'Île-de-France, c'est 5% des voix. Sauf que tu vas prendre le Martiniquais et tu lui parles de Guadeloupéens, tu lui parles de Rome, de Plage, de Jeune, c'est bon, tu les as divisés. L'État arrive à facilement nous diviser sur des critères particuliers. Donc en fait, c'est 3,5% dont je te parle. Pourquoi ? C'est votre question de tout à l'heure. Pourquoi tous les Outre-mer ne sont pas aux groupes plus hautes ?

Parce qu'on arrive à nous diviser pour des critères tout à fait subjectifs. Donc on est faible politiquement. Quand on arrivera à se rassembler, au fait, pourquoi Mélenchon n'était pas au deuxième tour des élections présidentielles de 2022 ? Pour beaucoup de raisons. Oui, mais objectivement, quantitativement, il lui manquait 400 000 voix, 1,5% des voix. Mais les Outre-mer ont beaucoup voté pour lui, tu n'es pas de connerie. Bien sûr, y compris moi, y compris moi au premier tour. Vous avez voté

27:05
Intervenant

Jean-Luc Mélenchon au premier tour ?

27:06
Olivier Serva

Bien sûr. Donc ce n'est pas là que ça a manqué ? Et blanc au deuxième tour. Voilà. Je veux tout savoir. Comment ? Non, ce n'est pas là mais ça ne suffit pas. Et donc je te disais que ce qui est important à comprendre, c'est que puisqu'on nous divise, on est faible, donc les gars d'ici, ce n'est pas à dire qu'ils ne nous aiment pas plus que ça, c'est qu'ils nous ignorent. Donc notre job, mon job, le job de tous ceux qui sont de bonne volonté, pourquoi pas le vôtre, c'est de pouvoir rassembler ce qui était pas, rassembler la France visible. J'appelle ça la France visible, Jean. Tu vois bien que je suis... Pourquoi pas ? Non, non, j'entends. Il y a des gens qui sont la France visible. Voilà.

J'en fais partie. Eh bien, toutes ces personnes-là... En fait, je suis franco-béninois. Je sais, on y reviendra. D'accord, vous avez suivi ça aussi. Bon, eh bien...

27:48
Intervenant

On est renseignés.

27:49
Olivier Serva

Oui, d'accord. Et donc, eh bien, tu vois, si on arrive à rassembler ces énergies, là, on va nous considérer politiquement, on ne va pas juste nous donner des strapontins. Je te disais tout à l'heure qu'il n'y a pas d'ultra-mer au gouvernement. C'est parce qu'on ne compte pas politiquement, ce n'est pas parce qu'ils nous aiment par où qu'ils nous aiment. C'est parce qu'on ne compte pas. Eh bien, notre job, c'est de compter politiquement et de peser politiquement. Voilà. Tu as récemment acquis

28:07
Intervenant

la nationalité béninoise. Oui. Pourquoi ? Je t'en prie. Prends ton temps, prends ton temps. On a le temps en plus. Profites-en.

28:18
Olivier Serva

Pour quatre raisons. Dis-moi. La première, c'est que je suis visiblement d'ascendance africaine. OK. Bon. Et donc, je l'assume, j'en suis fier. D'ailleurs, toute la race humaine, parce que nous sommes une seule race, est d'origine africaine. Nous sommes des hauts plateaux d'Ethiopie. Après, c'est un tournoi.

28:35
Intervenant

Je n'irais pas demander la nationalité béninoise pour autant. Je t'avoue. Je me sentirais moins légitime que toi.

28:40
Olivier Serva

C'est possible. Voilà. C'est possible. La constitution haïtienne dit que nous sommes tous noirs. C'est une autre histoire. Le premier peuple noir indépendant, mais c'est un détail. Et donc, je suis d'ascendance africaine. J'ai fait des tests génétiques. J'ai fait des tests généalogiques avec le CM98. Merci beaucoup à Emmanuel Gordien, le président, où mon arrière-arrière-arrière-arrière-grand-mère est d'Afrique, des hauts plateaux du Daomé. Ensuite, je suis Guadeloupéen. Et j'ai observé que souvent, mes amis, mes compatriotes guadeloupéens regardent un peu les Africains avec un peu de dédain, comme ça. Nous, on est une poussière de terre. La Guadeloupe, c'est tout petit dans le monde.

L'Afrique, c'est un continent, c'est 54 pays, c'est magnifique, ça a des richesses, c'est le berceau de l'humanité. Donc, c'était pour rappeler à mes amis guadeloupéens qui regardent les Africains avec dédain qu'on peut être fier d'avoir des ascendances africaines. Troisième raison, c'est que je suis député français. Et à l'Assemblée nationale, j'ai observé, et dans l'ambiance générale du pays parfois, qu'il y a un climat de xénophobie et de racisme décomplexé.

Quand tu as Rotailleux qui me parle de français de papier, moi, quand je sors dehors de chez toi là, je me sens français de papier, mexicanisation de la vie politique, ensauvagement, tout ce que vous avez entendu comme terme détestable.

29:58
Intervenant

Mais vous avez voté pour la loi immigration quand même.

30:00
Olivier Serva

On va y revenir. On va y revenir. On va y revenir.

30:03
Intervenant

On revient aussi sur votre jugement de Naïma Mouchou parce qu'il y a... On y reviendra, on y reviendra. Mais continuez à nous expliquer ta nationalité béninoise et on reviendra sur cette question. Non, non, non. Il y en a des questions,

30:13
Olivier Serva

on a des questions. D'accord, d'accord. OK. Et donc, il s'agit de rappeler aux parlementaires français où il y a une forme de climat décomplexé, de racisme, de crypto-racisme que je suis fier de solliciter la nationalité africaine, dans l'occurrence béninoise. C'est ce pays qui permet de solliciter la nationalité avec le Ghana pour la partie plutôt anglophone. Eh bien, je suis fier de ça. Et puis, il y a une quatrième raison. Cette idée ne vient pas de moi. Elle vient de l'ambassadrice du Bénin en France. Elle me dit, savez-vous, monsieur le député, combien de... Au gouvernement de Biden, dans le secrétariat d'État, combien d'Américanos israéliens qu'il y avait ? Huit sur vingt.

Donc, vous imaginez bien qu'au plus haut sommet de l'État américain, de l'administration américaine, quand vous avez quasiment la moitié des personnes qui est israélo-américaine, allez faire une politique contre Israël. C'est plus difficile. Tout ça pour dire le soft power. Alors, on part de loin. Je suis franco-béninois, franco-africain, disons. On part de loin. mais je crois que le rapprochement de peuple, le rapprochement de culture, le rapprochement d'ethnie passe aussi par le soft power lorsqu'on a la double nationalité. Voilà les quatre raisons pour lesquelles j'ai sollicité la nationalité béninoise.

31:34
Intervenant

Moi, du coup, je peux rebondir. Vas-y, vas-y, j'en prie,

31:36
Olivier Serva

mais il faudra qu'on revienne sur la loi immigration.

31:38
Intervenant

Qu'on revienne sur la loi immigration et vous parliez plutôt de Naïma Mouchou en disant que c'était quelqu'un de formidable. Oui. Elle a dit qu'il y avait un problème d'immigration en France. Est-ce que vous partagez sur ma vie ? Manifestement, du coup. Elle l'a dit sur ce plateau, d'ailleurs.

31:53
Olivier Serva

Non, mais pendant le temps...

31:55
Intervenant

Pour, du coup, compléter, c'est vrai que de ce que vous dites, on a du mal à comprendre comment est-ce qu'on peut dire qu'il y a un problème ? Vous parlez de bouc émissaire, en gros, du fait qu'on pointe du doigt les immigrés, etc. Par ailleurs, vous votez des lois sécuritaires qui ont été dénoncées par toutes les associations, etc. C'est quand même curieux. Un peu paradoxal. Un peu paradoxal, oui.

32:16
Olivier Serva

OK. Prenons le temps d'en discuter. C'est très important. C'est l'un des cœurs du problème en France. Vous savez, je ne suis pas là pour détourner du regard un problème quand il existe. C'est la meilleure façon de laisser pousser le Rassemblement national. Jamais je serai là pour avoir des postures idéologiques et caricaturées. Je m'explique. Je suis pour que les hommes et les femmes de ce pays vivent en bonne harmonie. Cependant, si d'aventure il y a une immigration clandestine, s'il y a une immigration qui pose problème, qui crée des troubles, elle doit être combattue. Quel genre de trouble ?

32:58
Intervenant

Qui pose problème ? Qui pose problème ? Par son simple statut d'immigré ? Non, je dis clandestine. Clandestine, oui. C'est ce que j'ai dit. Oui, mais vous avez dit clandestine. Il y a des immigrés qui pour vous posent problème ou pas ? C'est ce que vous êtes en train de dire. Non, mais j'ai dit clandestine. Oui, d'accord. Non, mais j'ai dit l'immigration clandestine pose problème par nature ? Elle peut. Ou pas ? Elle peut. Bien sûr. Ce n'est pas systématique.

33:21
Olivier Serva

Non, mais attendez. Déjà, quand on ne respecte pas les lois françaises, ça pose problème, non ?

33:27
Intervenant

Enfin, il y a aussi l'absurdité des lois. Il y a quand même des situations dans lesquelles les gens sont contraints. Les gens ne viennent pas toujours en France par guetée de cœur. Vous êtes au courant de ça quand même ?

33:36
Olivier Serva

Non, mais vous avez vu.

33:37
Intervenant

Je veux dire, s'il y a des gens qui viennent par désespoir et qu'en plus, les lois que l'on met en place que vous avez votées vraisemblablement par ailleurs les empêchent encore plus de pouvoir accéder à notre territoire et d'être vraiment, de faire partie intégrante de notre société, c'est ça le problème en fait. Non. Parce qu'encore une fois, les lois, c'est notre problème parce que qu'il y ait des personnes qui soient pointées du doigt comme étant les fauteurs de troubles, etc., c'est une chose. Le vrai problème, c'est que derrière, ça a des réelles conséquences sur leur vie. C'est les lois derrière qui permettent de vraiment réprimer et c'est ça le racisme.

34:10
Olivier Serva

On va laisser répondre Olivier Serba. Oui, c'est intéressant. J'ai eu trois questions. Laissez-moi développer jusqu'à la fin. La meilleure façon de laisser monter le Rassemblement national et vous ne doutez pas, ne doutez jamais, que je suis violemment contre le Rassemblement national. D'accord ? C'est de ne pas répondre aux inquiétudes des Français. D'accord ? Dans le monde où nous sommes, où nous doutons, où on cherche toujours un bouc émissaire, où on a toujours besoin de trouver celui qui nous crée le malheur chez nous, l'immigré est le bouc émissaire idéal. Il est faible, il est souvent en difficulté et parfois il rentre par nécessité de façon prédestine en France.

Si ça pose un trouble à la France, on doit le dire et on doit le traiter. Vous ne me trouverez pas avec d'autres dans la négation de ce trouble. Cependant, cependant, pourquoi ai-je voté la loi immigration ? Parce que j'étais responsable du volet outre-mer. Savez-vous qu'on a besoin d'immigrés pour pouvoir faire un certain nombre de tâches en France ? Les médecins. Beaucoup de médecins sont d'origine étrangère. Ça n'est pas dû. Oui, bien sûr, absolument, ce n'est pas dû. Concernant les travaux que personne ne veut faire, on a besoin d'immigrés. Donc, je suis pour l'immigration choisie. Ensuite, pourquoi j'ai voté la loi immigration ? Parce que j'étais le rapporteur de la partie outre-mer.

Parce qu'en outre-mer, j'avais obtenu, parce qu'il faut aller dans le détail, il ne faut pas juste rester à l'écume des vagues. J'avais fait en sorte de faire voter que pour les métiers en tension, on ne va pas laisser l'État décider, mais on va laisser les préfets avec les organismes économiques pouvoir choisir les métiers en tension et pas pour un an, comme c'était ici le cas en France hexagonale, mais pour trois ans. Donc, c'est un avancé pour les immigrés. Troisièmement, concernant les zones de rétention administrative, j'avais fait voter, c'est mon amendement de notre groupe le fait qu'aucun mineur ne puisse être en zone de rétention administrative. D'accord ?

Donc, si vous voulez qu'on rentre dans la loi immigration dans le détail, je suis prêt à y rentrer. Ce que je veux vous dire, ce que je veux vous dire, ce n'est pas parce qu'on vote la loi immigration qu'on est raciste. D'accord ? Et attendez, non, non, mais j'insiste sur ça, c'est très important.

36:43
Intervenant

Oui, bien sûr, et puis surtout, si quelqu'un est raciste, la question, c'est que cette loi, qu'est-ce qu'elle a comme conséquence ? Les conséquences qu'elle a, c'est des politiques racistes. La question, ce n'est pas est-ce qu'un tel ou un tel est raciste ?

36:55
Olivier Serva

Non, mais excusez-moi, ce que je veux vous dire, c'est que moi, je suis français, et républicain, comme vous, et je veux participer au bonheur des Français. D'accord ? Et ça me dérange beaucoup, mais beaucoup, que le Rassemblement national monte... monte malgré les positions humanistes que je pourrais tenter d'avoir.

37:18
Intervenant

Tu n'as pas peur de lui donner des points au Rassemblement national ? Comment ? Tu n'as pas peur de lui donner des points au Rassemblement national en votant une loi comme celle-là ?

37:23
Olivier Serva

Non, je suis sûr, Jean... Que la loi immigration lutte contre le Rassemblement national ? Je suis sûr que lorsque je parle aux Français de leurs vrais problèmes et que je tente d'apporter des vraies réponses sans démagogie, je fais baisser le Front national, le Rassemblement national. Ça, c'est ma conviction qui est ancrée au plus profond de mon ADN.

37:40
Intervenant

Oui, c'est tout en fait, pardon, juste pour aller préciser quelque chose. Le fait, soi-disant, que l'immigration soit un problème pour la majeure partie des Français, ce n'est pas vrai. Les sondages d'opinion ne le démontent pas. C'est le récit dominant, médiatique, politique. Et effectivement, et là, je vais dans votre sens, justement, pour essayer de nommer un bouc émissaire et pour ne pas travailler sur d'autres problèmes et avancer sur les réels problèmes, à savoir les conséquences quant du dérèglement climatique, le pouvoir d'achat, l'emploi, etc., etc. Donc, du coup, je ne sais pas d'où vous sortez le fait que les Français aient vraisemblablement ce soit un problème pour elles et eux.

Je veux savoir parce que moi, les sondages ne montrent pas ça. Le Rassemblement national, par ailleurs, arrive aussi à faire des scores quand même assez inquiétants, notamment dans les territoires ultramarins. Donc, vous, concrètement, comment vous faites ? Puisque ça a l'air d'être quelque chose qui vous tient à cœur, et ça, je vous sens sincère là-dedans, pour lutter contre le Rassemblement national, notamment en votant des textes comme celui-ci. C'est une vraie question.

38:42
Olivier Serva

Bon. Vous savez que les chaînes en continu comme CNews ont des discours, y compris des journalistes, j'ai regardé ça la dernière fois, totalement décomplexés sur des propos anti-migrés. Vous vous en rendez compte ? Ah oui, oui, ça, ça va. Attendez, je veux voir où tu as une anecdote. Rotaillot, Rotaillot. J'ai un ami qui est au LR, ultramarin, qui connaît Bruno Rotaillot. Il dit, mais Bruno, pourquoi tu dis des mots détestables comme ça, comme français de papier, mexicanisation ? Il dit, tu sais pourquoi ? À chaque fois que je dis ça, je monte dans les sondages. Vous n'allez pas me faire croire que les Français ne sont pas sensibles au discours.

39:27
Intervenant

On l'a entendu, on l'a entendu, oui.

39:30
Olivier Serva

Au discours, une partie des Français ne sont pas sensibles au discours du Rassemblement National. Vous n'avez pas me faire croire ça, d'accord ? Je n'ai pas dit le contraire. Alors, donc, il faut regarder cette vérité en face et la combattre énergiquement en vérité, non pas en idéologie. Ça, c'est ma posture. D'accord. Deuxièmement, pour risque de me répéter, j'ai voté la loi immigration parce que, dedans, il y avait des avancées pour la protection des immigrés et dans l'intérêt des Français. D'accord ? Oui, mais c'est mon point de vue, oui.

40:04
Intervenant

On ne vous mettra probablement pas d'accord. Ce soir, je voudrais revenir sur un autre point difficile avec toi. Lors d'un débat télévisé en 2012, tu as qualifié l'homosexualité d'abomination. Tu t'en es plus tard excusé. Tu es revenu sur ses propos. Tu peux revenir un petit peu dessus. Qu'est-ce qui t'a pris et est-ce que t'as évolué depuis ?

40:20
Olivier Serva

Jean, j'ai une question pour toi. Dis-moi. Est-ce que t'as toujours dit des choses qui ne sont pas des conneries ?

40:25
Intervenant

Non, j'en ai dit des conneries.

40:26
Olivier Serva

Ben voilà, moi aussi. Ok. Ben voilà.

40:29
Intervenant

C'est quoi le cheminement, justement ?

40:35
Olivier Serva

Au début de cette émission et quelques temps après, j'ai eu un ami homme et une amie femme proche de moi et qui m'ont dit « Tiens Olivier, viens me voir. » Ils m'ont dit « Tu sais Olivier, je suis homosexuel et ce que tu as dit là m'a fait beaucoup de peine de ce que tu as dit. Ça m'a touché beaucoup. Et moi, je ne suis pas là pour faire de la peine aux gens. Pas là pour blesser. D'accord ? En 2012, nous étions dans un débat avant le mariage pour tous très énergique et peut-être que l'argumentation catholique puisque j'avais cité la Bible n'était pas la bonne argumentation pour pouvoir défendre ces idées-là. Et faire de la peine aux personnes, c'est tout à fait regrettable.

41:29
Intervenant

Il y a un rapport d'information de l'Assemblée nationale en 2018 qui indique, je cite, que dans la grande majorité

41:35
Olivier Serva

à ma demande.

41:35
Intervenant

À ta demande,

41:36
Olivier Serva

sans doute, excuse-moi, je ne savais pas. Je suis président de la délégation d'autres maires à ce moment-là et c'est moi qui dirigeant un rapport contre les discriminations en général, les discriminations sexuelles en particulier. Eh bien, j'avais zappé ça.

41:44
Intervenant

Donc, à ta demande, un rapport d'information de l'Assemblée nationale a été rendu qui indique, entre autres, que dans la grande majorité des régions ultramarines, l'homosexualité est perçue très négativement par la majorité des habitants. Est-ce que tu saurais nous dire à quoi c'est dû ?

41:59
Olivier Serva

Oui, c'est dû sûrement à la religion. Il y a le poids de la religion, à peu près 80% des hommes et des femmes, en tout cas, dans Guadeloupe, Martinique, Guyane, ils sont catholiques ou protestants, donc chrétiens, et donc le poids de la religion compte pour beaucoup, à mon avis.

42:19
Intervenant

Mais si on prend un autre exemple, le pays de l'Irlande, que je connais bien puisque j'y ai vécu un peu en Irlande, c'est un pays extrêmement catholique, on est tous d'accord là-dessus. Ça a été le premier pays à adopter le mariage homosexuel par référendum. Donc c'est-à-dire que la religiosité d'un pays et la possibilité de ne pas être homophobe sont compatibles. Donc il n'y a pour vous que la religion qui explique cela ?

42:45
Olivier Serva

Je ne connais pas bien l'Irlande. Je pense qu'il y a la religion, il y a aussi peut-être les croyances ethniques, je ne sais pas. Je pense qu'il y a quelque chose de ce point de vue-là.

42:54
Intervenant

Parce que vous n'étiez pas le seul. Par exemple, on se souvient au moment du nouveau Front populaire Ruguet de Bélo, la présidente de la région Réunion, n'avait pas été la candidate à Matignon du nouveau Front populaire. Notamment parce qu'elle n'était pas présente au moment du vote du mariage pour tous en 2013. C'est un motif récurrent chez certains élus ultramarins. On sent qu'il y a une tension quand même dans les Outre-mer qui se pose sur ces sujets. À l'époque, c'était sur le mariage homosexuel. Peut-être aujourd'hui, cela est sur la transidentité, etc. Vous en pensez quoi ? De quoi ?

43:29
Olivier Serva

De cette spécificité ? Bon, moi, je pense que j'ai répondu. Je pense qu'il y a la religion. Bon, il y a aussi notre côté peut-être insulaire où tout le monde se connaît ou ça peut-être choqué plus. Je ne sais pas. Je pense qu'il y a de ça. Il y a le côté insulaire et la religion. Et peut-être les origines ethniques peut-être aussi. Léa ?

43:55
Intervenant

Alors, moi, je voulais revenir sur vos travaux à l'Assemblée nationale. Donc, Jean a cité ce rapport d'une part. Et vous avez porté récemment une proposition de loi qui a été adoptée en mars dernier sur la discrimination capillaire. Et du coup, je voulais savoir ce qu'il en était parce que du coup, elle a dû être réintroduite du fait des élections, si je ne me trompe pas. Bah non, parce qu'elle avait été adoptée donc elle est renvoyée au Sénat. Donc, je voulais savoir ce qu'il en était en termes de calendrier et des possibilités. Enfin, voilà, quel est le futur de cette loi ? Qu'est-ce qu'elle comporte ? Vous nous présentez un peu ce projet qui me semblait intéressant.

44:30
Olivier Serva

Oui. Déjà, d'où vient-il ce projet ? Eh bien, savez-vous qu'il n'y a pas que les Noirs qui sont discriminés de façon capillaire ? Les Rous, également. Il y a ? Les personnes rousses. Exactement. Il y a les Rousses, il y a les Blondes aussi. Et puis, il y a les Chauves. Je ne me regarde pas comme ça.

44:48
Locuteur non identifié

Déjà ?

44:48
Olivier Serva

Et donc, oui, pourquoi ? Parce qu'il est prouvé qu'une femme noire, quand elle va, je dirais, postiller un emploi, huit fois sur dix, elle doit changer de coupe de cheveux. Il est prouvé que lorsque les femmes utilisent des produits défrisants, eh bien, elles ont trois fois plus de chances d'avoir des fibromes et trois fois plus de chances d'avoir des cancers du col de l'utérus. Il est prouvé que ça coûte plus cher d'utiliser des produits défrisants que des produits naturels. Et il est prouvé que se dénaturer ses cheveux, se dénaturer soi-même et donc, on perd son identité, on est moins bien pour soi et pour la société.

Pour toutes ces raisons, on a mené le combat avec des influenceurs, avec des coiffeurs, avec des personnes engagées et on a voté une large majorité à l'Assemblée nationale. Maintenant, elle doit être reprise au Sénat. Laissez-moi vous faire une confidence. Je vous dis que j'étais hier ou avant-hier avec le ministre des Rois des siècles au Parlement. Je lui dis que j'ai une seule demande. Je veux, parce qu'il peut faire ça, il peut gérer ça, que dans la programmation au Sénat du gouvernement qu'il puisse porter cette loi. Il m'a dit, peut-être pas pour répondre à notre question au premier trimestre 2026, mais au second trimestre 2026.

Donc, j'espère, j'ai bon espoir que le gouvernement reprenne cette loi et qu'elle soit enfin promulguée et qu'elle passe à l'Assemblée. Mais, mais Jean, c'est une loi symbolique. Donc, trois ans d'emprisonnement, 45 000 euros d'amende. Sais-tu combien de condamnations pour discrimination tu as eues en France en 2023 ?

46:19
Intervenant

Zéro.

46:19
Olivier Serva

Zéro. Prouver la discrimination, je te jure. Zéro ? Zéro. Prouver la discrimination.

46:23
Intervenant

C'est difficile à prouver.

46:24
Olivier Serva

C'est difficile à prouver. Voilà. Donc, on doit avancer sur aussi la sanction de cette loi.

46:28
Intervenant

Je voulais justement vous en parler, mais effectivement, vous avez répondu du coup. Une dernière question. Toi, tu as fait du chemin personnellement sur la question de l'homophobie par rapport à 2012 et c'est une très bonne chose. Tu penses que les Français peuvent faire du chemin sur la question du racisme, sur la question des discriminations quand on voit que 35 % des intentions de vote sont données au Rassemblement national ?

46:50
Olivier Serva

Je pense que si on n'y prend pas garde, on est tous un peu racistes. Et quand on doute, on peut un petit peu. On n'a pas la différence, disons. En tout cas, on a des clichés en tête, on a des préjugés. C'est systémique

47:02
Intervenant

et structurel. Voilà. C'est presque humain. Bien sûr. Peut-être pas humain, mais en tout cas, c'est systémique et structurel.

47:08
Olivier Serva

C'est ça. Et si on n'y prend pas garde, quand on doute, il faut qu'on trouve un responsable. Celui qui est différent et tout désigné. Surtout quand tu as des puissances médiatiques qui encouragent cela. Donc, moi, ce que je crois, c'est que... Quand j'entends, j'entends parfois, oui, mais on n'a pas encore essayé le Rassemblement National au pouvoir. Ça veut dire qu'on a oublié l'histoire. On perd la mémoire. On oublie les années 20, les années 30. On oublie ces positions qui ont conduit à la Deuxième Guerre mondiale. Donc, on a déjà essayé l'extrême droite. On sait où est-ce que ça mène. Ça mène au chaos, au désert, à la guerre et à la souffrance.

Et donc, je crois, Jean, que des personnes comme nous, parce que nous sommes, je crois, de bonne volonté ici, en parlant vérité aux Français, vérité, moi, j'insiste sur le thème vérité, en regardant les problèmes droit dans les yeux, pas à côté. Sinon, on ne sera pas crédible et les Français, ils le verront. Eh bien, on va leur apporter des vraies réponses à leurs interrogations sur le pouvoir d'achat, sur la sécurité, sur l'environnement, et je pense qu'on deviendra crédible et qu'on pourra repousser ces méchants, xénophobes et racistes.

48:20
Présentateur

Merci beaucoup, Olivier Servat, d'être venu sur le plateau de Backseat pour répondre à nos questions.