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InterviewFrance Inter — Questions politiques (sur Site radio)· 16 septembre 2018 54 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileEurope & internationalSolidarités & famille

Pierre Laurent : "Il y a un débat planétaire pour trouver un autre mode de développement que le capitalisme"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 46 %Attaque 43 %Défensif 11 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse directe

    Les absents ont-ils toujours tort ? Et 200 ans après la naissance de Marx, le communisme est-il toujours d'actualité ou faut-il l'inscrire sur la liste du patrimoine en péril ?

  • 2:05OuverteRéponse directe

    Combien de personnes pour écouter votre grand discours hier à la fête de l'Huma ?

  • 2:21RelanceRéponse partielle

    Jean-Luc Mélenchon, qu'est-ce que vous vous dites ? Les absents ont toujours tort ?

  • 3:00RelanceRéponse partielle

    Mais là où on n'est pas d'accord avec vous, c'est que ce n'est pas anecdotique.

  • 3:47OuverteRéponse directe

    Qu'en est-il des délégués de la France insoumise qui ont annulé leur venue après un tweet de Yann Brossat ?

  • 4:28FerméeRéponse partielle

    Les députés de la France insoumise sont pris ce tweet pour une insulte ? Ils ont raison ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:55Invité politiqueChiffre
    « Il y avait près de 100 000 personnes vendredi soir à la fête. »
  • 4:00PrésentateurFait
    « « En 1939, mon grand-père juif a fui la Pologne pour échapper à l'antisémitisme. Heureusement pour lui, il est tombé sur des gens qui lui ont ouvert la porte et non sur des doctes qui auraient disserté sur les sept plaies d'Egypte avant de lui tendre la main. » »
  • 4:30Invité politiqueFait
    « Bien sûr, c'est la question du rapport de la gauche à l'immigration. »
  • 5:31Invité politiqueFait
    « Le monde de demain sera un monde où il y aura de plus en plus de migrations. »
  • 6:21Invité politiqueFait
    « Il faut réduire les inégalités dans ce domaine aussi. »
  • 7:12Invité politiqueFait
    « Pourquoi font-ils ça ? Il y a un débat parmi les travailleurs français, parmi les travailleurs européens qui vivent très durement les politiques ultra-libérales qui sont menées dans nos pays. »
  • 7:54Invité politiqueFait
    « Nous, nous pensons qu'il faut marcher sur les deux jambes et que c'est ça une vraie politique de gauche : non aux politiques de dumping social, de compétition entre les travailleurs européens, entre les travailleurs du monde. »
  • 8:27IntervenantFait
    « Georges Marchais lui-même, à une époque, avait dit il y a trop d'immigrés en France et ça tire les salaires vers le bas. »
  • 10:33Invité politiqueFait
    « Pour moi, la gauche anti-migrants, ça n'existe pas. »
  • 11:08Invité politiquePromesse
    « Nous la défendons ensemble dans la gauche européenne. Et d'ailleurs, nous tiendrons en novembre un meeting franco-allemand commun sur ces questions. »
  • 12:51Invité politiqueFait
    « La grande originalité du Parti communiste, c'est d'être une force qui dit non, le monde doit être organisé autrement. »
  • 13:31Invité politiqueFait
    « Mêler les cultures, se respecter en faisant respecter chacune de ces cultures, c'est une manière de construire justement aussi une autre mondialisation qui ne soit pas une mondialisation de la guerre, de l'opposition entre les identités, de l'opposition entre les cultures, mais une mondialisation de partage. »
  • 15:10Invité politiquePromesse
    « J'ai envie de refaire du parti communiste le grand parti populaire qu'il a été. »
  • 17:49Invité politiqueFait
    « C'est la question que pose Nicolas Hulot quand il dit qu'il bute sur le système. Et c'est la question que posent les communistes sur la mondialisation dont on parlait tout à l'heure. »
  • 18:15Invité politiqueFait
    « Il faut construire au XXIe siècle un autre mode de développement que le mode de développement capitaliste. »
  • 21:43Invité politiqueFait
    « Il y a une des fondatrices qui est la sécurité sociale, c'est une idée communiste et elle a été construite en France par un ministre communiste à la libération Ambroise Croizat. »
  • 21:56Invité politiquePromesse
    « Nous avons le devoir de construire une sécurité sociale du 21ème siècle. »
  • 22:32Invité politiqueFait
    « Il faut un nouveau développement du système de retraite. »
  • 23:25Invité politiqueFait
    « La politique que j'ai envie de construire, c'est résolument un essor de la démocratie. »
  • 26:58Invité politiquePromesse
    « C'est ce que nous allons faire aux élections européennes avec Yann Brossat le chef de file que nous avons désigné. »
  • 27:44Invité politiquePromesse
    « j'ai proposé qu'on tienne un congrès extraordinaire du parti en l'avançant, il va avoir lieu fin novembre »
  • 28:54Invité politiqueFait
    « c'est grâce à un ministre communiste la défense et la promotion du réseau public ferroviaire »
  • 29:07Invité politiqueFait
    « la maîtrise publique de l'eau et des barrages hydrauliques qu'on veut remettre en cause aujourd'hui »
  • 33:40Invité politiqueFait
    « le plan pauvreté il est extrêmement insuffisant »
  • 34:53Invité politiqueFait
    « on fait la loi Elan qui va favoriser la promotion immobilière spéculative »
  • 36:40Invité politiqueChiffre
    « les revenus financiers des entreprises et des banques ont atteint en 2017 342 milliards d'euros »
  • 40:42Invité politiqueFait
    « il a reconnu la responsabilité de la France et de l'armée française dans l'assassinat de Maurice Audin »
  • 46:14Invité politiqueFait
    « nous vivons dans une Europe qui est une Europe de la compétition à outrance »
  • 50:47Invité politiqueFait
    « non c'est bien c'est bien d'aller jusqu'au bout de la vérité »
  • 50:59Invité politiqueFait
    « c'est qu'il est obligé de témoigner sous serment et donc de dire la vérité »
  • 51:17Invité politiqueFait
    « un service parallèle au service républicain de la police et de la gendarmerie a été mis en place au sein de l'Elysée »
  • 52:32Invité politiqueFait
    « le gouvernement est l'organe souverain élu par les français »
  • 52:44Invité politiqueFait
    « il est scandaleux que le chef de l'état cherche à entraver ce travail comme d'ailleurs il cherche à entraver le travail du parlement à de très nombreuses reprises »
  • 53:05Invité politiqueFait
    « il a fallu suspendre les débats sur la révision de la constitution premier revers il reste d'Emmanuel Macron »
  • 53:33Invité politiquePromesse
    « j'ai dit que j'étais disponible pour faire un nouveau mandat »
  • 53:38Invité politiquePromesse
    « ce nouveau mandat doit être celui de l'émergence de tous les nouveaux visages qu'il y a au parti communiste »

Temps de parole

  • Pierre Laurent72 %
  • Intervenant8 %
  • Présentateur8 %
  • Intervenant 26 %
  • Invité5 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

France Inter.

0:01
Présentateur

Question politique, c'est en direct et jusqu'à 13h et ça commence maintenant. Bonjour et bienvenue dans Question politique. Notre invité s'est échappé de la fête de l'UMA, le temps de répondre à nos questions. La 83ème édition de la grande fête annuelle de la gauche se tient jusqu'à ce soir à la Courneuve. Côté musique, tous les genres sont représentés, rock anglais, français, de la pop, du rap et j'en passe. Côté politique, c'est nettement plus compliqué, la gauche est divisée. Jean-Luc Mélenchon et de nombreux députés de la France Insoumise ont boycotté la réunion de famille. Les absents ont-ils toujours tort ?

Et 200 ans après la naissance de Marx, le communisme est-il toujours d'actualité ou faut-il l'inscrire sur la liste du patrimoine en péril ? Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, va nous rejoindre dans un instant. Nous attendons vos questions, vos commentaires sur l'appli France Inter ou sur Twitter. Le mot-clé, Question Paul.

0:53
Invité

France Inter. Question politique. Alibadoui.

0:58
Présentateur

Et à mes côtés, la belle équipe du dimanche, elles sont venues à pied, à vélo, en trottinette pour cause de journée sans voiture à Paris. Françoise Fressoz du journal Le Monde. Bonjour Françoise.

1:07
Invité

Bonjour Alib.

1:08
Présentateur

Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie.

1:10
Invité

Bonjour, je suis venu en poney, moi.

1:12
Présentateur

C'est autorisé ?

1:13
Locuteur

Oui.

1:14
Présentateur

Et Karine Bécard de France Inter. Bonjour Karine. Bonjour à tous. Le drapeau du 9-3 a flotté sur la grande scène de la Courneuve. NTM et Sofiane ont mis le feu à la fête de l'Huma vendredi soir. Et leur titre, sur le drapeau, pourrait devenir l'hymne du Parti Communiste français. Et notamment pour cette punchline de Joé Star, on va leur montrer que toutes ces années ne nous ont pas fait sombrer. Fin de citation. Ils s'installent dans le studio de questions politiques. Bonjour Pierre Laurent. Bonjour. Joé Star, ça vous va ? On va leur montrer que toutes ces années ne nous ont pas fait sombrer ? Absolument.

1:50
Pierre Laurent

Et d'ailleurs, le concert de vendredi soir a fait démarrer la fête en fanfare. Il y avait près de 100 000 personnes vendredi soir à la fête. C'était un moment extraordinaire. Et ça a continué hier avec L'Avillier, Big Flo et Oli et beaucoup d'autres.

2:05
Présentateur

Et combien de personnes pour écouter votre grand discours, celui que vous avez prononcé hier à la fête de l'Huma ? Il n'y avait pas la même ambiance qu'au concert d'NTM. Beaucoup de monde quand même était là, du monde, mais des absents, je le disais, les leaders des différents partis de gauche étaient présents, mais un absent de taille. Jean-Luc Mélenchon, qu'est-ce que vous vous dites ? Les absents ont toujours tort ?

2:25
Pierre Laurent

Oui, d'une part, mais surtout je pense que c'est vraiment un incident anecdotique par rapport à l'immense succès populaire de la fête. Et il y avait énormément de monde, et il n'y a pas seulement du monde dans les concerts à la fête de l'Huma. Il y a des centaines de milliers de personnes et des dizaines de milliers d'entre eux participent à tous les débats politiques. Et il y avait d'ailleurs plusieurs députés de la France Insoumise dans les débats de la fête. Donc c'est ça qui compte à nos yeux, et j'aimerais qu'on braque quand même le projecteur sur cette foule, parce que ces gens ont quand même le droit à la lumière médiatique.

2:54
Présentateur

Bien sûr, et c'est pour ça que j'en parle, et c'est pour ça que je dis que c'est la grande fête de la gauche.

2:58
Pierre Laurent

Donc j'espère qu'on va passer l'essentiel de l'émission sur ça.

3:00
Intervenant

Mais là où on n'est pas d'accord avec vous, c'est que ce n'est pas anecdotique. Quand on a été allié, ou quand on l'est encore d'ailleurs, parce qu'on va essayer de comprendre si vous êtes toujours aux côtés ou pas de Jean-Luc Mélenchon, c'est pas anecdotique qu'il ne soit pas là, ou que la France soit soumise, les insoumis soient là, mais en faisant un peu la grimace.

3:14
Pierre Laurent

Oui, mais c'est par rapport au succès populaire de la fête, c'est anecdotique. Parce que quand vous avez des centaines de milliers de personnes qui viennent à la fête, ça veut dire qu'il y a dans cette foule des dizaines de milliers de gens qui votent communistes, des dizaines de milliers de gens qui votent insoumis, des dizaines de milliers de gens qui votent socialistes, des dizaines de milliers de gens qui votent écologistes, des dizaines de milliers de gens qui cherchent leur voix à gauche. Donc ce peuple de gauche qui vote pour ces différentes familles politiques, il est rassemblé à la fête de l'humanité. Et ils débatent ensemble et ils cherchent des projets communs.

Et c'est ça qui a mis une compte.

3:46
Présentateur

Qu'on prenne justement, il y a donc de nombreux délégués de la France insoumise qui devaient assister à votre discours, qui ont annulé leur venue après un tweet de Yann Brossat. Yann Brossat qui est la tête de liste du PC aux européennes. Voilà ce qu'il a tweeté. Je le cite. « En 1939, mon grand-père juif a fui la Pologne pour échapper à l'antisémitisme. Heureusement pour lui, il est tombé sur des gens qui lui ont ouvert la porte et non sur des doctes qui auraient disserté sur les sept plaies d'Egypte avant de lui tendre la main. Les députés de la France insoumise, notamment Adrien Quaténin, sont pris ce tweet pour une insulte ? Ils ont raison ? »

4:18
Pierre Laurent

Non mais, bon, Yann a réagi avec ses tripes parce qu'il a une histoire qui est très particulière et il a réagi comme ça. Mais quel est le sujet ? Alors sur ça, parce que ça c'est un sujet politique de fond. Bien sûr, c'est la question du rapport de la gauche à l'immigration. Ce que pensent les communistes de cette question, et qui est beaucoup débattu à la fête, c'est que la France n'est pas à la hauteur de la politique d'accueil digne qu'elle devrait mener sur la question des migrants, premièrement.

Et au-delà de l'actualité, c'est-à-dire des drames qui jettent en ce moment des dizaines de milliers de gens sur les routes de l'exil, partant, fuyant les guerres du Moyen-Orient, il y a un enjeu très important qui est la question des migrations dans le monde à venir. Et nous, nous pensons qu'il faut créer, au-delà de la question du droit d'asile, qui est une première question importante, des voies légales et sécurisées d'immigration pour permettre la circulation des femmes et des hommes dans le monde. Mais pour leur permettre d'aller et de venir. Parce que tout circule dans le monde d'aujourd'hui, les marchandises, le capital, etc.

Mais ceux qui n'ont pas le droit de circuler, en tout cas une grande partie d'entre eux, ce sont les femmes et les hommes, les humains. Donc le monde de demain sera un monde où il y aura de plus en plus de migrations. Et la France doit regarder ça avec hauteur, d'autant que dans son histoire, les vagues d'immigration ont contribué à faire de la France une richesse.

5:40
Invité

Donc ça veut dire que, comme le disait Elie ou Karine, ça n'est pas anecdotique. Au par-delà de la présence de la France insoumise, est-ce que vous considérez, en s'intéressant ou en dissertant, comme disent certains au Parti communiste, Jean-Luc Mélenchon, des causes de l'immigration, sans se demander comment on va traiter le sujet, comment on va accueillir les gens, est-ce que c'est une différence idéologique absolument profonde ? Voilà, c'est tout, c'est juste savoir, est-ce qu'il y a quelque chose de cassé sur ce sujet majeur ?

6:04
Pierre Laurent

Il y a une différence, effectivement, sur ce point. C'est-à-dire que nous, nous considérons qu'évidemment, qu'il faut parler des causes et des raisons pour lesquelles des gens fuient les régions et traiter ces causes pour permettre le développement d'un monde équilibré, alors qu'aujourd'hui, nous avons un monde d'inégalité terrible, un monde, en plus, avec le réchauffement climatique qui va conduire à des drames et à des réfugiés climatiques de plus en plus nombreux. Donc, il faut évidemment traiter ces causes. Et ce débat est très sérieux.

Mais dire ça, ça n'amoindrit pas à nos yeux la nécessité d'accueillir dignement les migrants qui fuient sur les routes de l'exil et qui ont droit à l'asile. Et il faut les accueillir dans toute l'Europe. Regardez, on s'émeut en ce moment de ce qui risque de se passer à Idlib. Et tout le monde dit qu'il risque d'y avoir un drame humanitaire. S'il se produit ce que je ne souhaite pas, nous allons tourner le dos à ces gens ?

7:02
Invité

Non mais attendez, pourquoi, à votre avis, vous qui les connaissez bien, pourquoi est-ce que Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis choisissent cette stratégie ? Est-ce que ce n'est pas pour ne pas laisser ça à Marine Le Pen ?

7:10
Pierre Laurent

Pourquoi font-ils ça ? Il y a un débat parmi les travailleurs français, parmi les travailleurs européens qui vivent très durement les politiques ultra-libérales qui sont menées dans nos pays et qui tirent sans cesse leurs conditions de travail vers le bas, qui tirent leurs salaires vers le bas, qui détruisent des emplois. Et l'argument qu'on leur oppose tous les jours, c'est de dire oui mais c'est un problème de la compétitivité mondiale. Alors qu'en vérité, le problème, ce sont les gens qui cherchent à faire du profit en instrumentalisant les inégalités du monde et en mettant les travailleurs en concurrence entre eux.

Donc il y en a qui disent face à cela s'il y a plus d'immigration, nous allons encore être tirés vers le bas. Et certains essayent d'instrumentaliser cette question. Nous, nous pensons qu'il faut marcher sur les deux jambes et que c'est ça une vraie politique de gauche non aux politiques de dumping social, de compétition entre les travailleurs européens, entre les travailleurs du monde. Et pour ça, tirons les droits sociaux vers le haut partout. Et deuxièmement, faisons preuve de solidarité, d'humanité et de fraternité quand des gens sont frappés par la misère, par la guerre, par un désastre climatique. Et c'est ça la grandeur de la France. Ça a toujours été ça la grandeur de la France.

8:24
Intervenant

Je vous rappelle que Georges Marchais lui-même, à une époque, avait dit il y a trop d'immigrés en France et ça tire les salaires vers le bas. Vous avez eu des maires communistes qui ont même envoyé des bulldozers contre les immigrés. Donc peut-être que Jean-Luc Mélenchon est en dérive, mais le Parti communiste, à un moment, l'a été aussi.

8:40
Pierre Laurent

Dans les années 80 ? Écoutez, d'abord, le monde aujourd'hui est très différent. Et je pense qu'aujourd'hui, la mondialisation a bouleversé les données du problème. Et je le répète, aujourd'hui, tout circule, le capital, les marchandises, etc. Mais il y a une partie des humains sur la planète qui n'ont pas le droit de circuler comme les autres. Donc c'est un problème. Et il faut réduire les inégalités dans ce domaine aussi. Mais il faut le faire, évidemment, en développant la richesse de tous les peuples et en aidant tous les peuples à se développer et à trouver un monde plus humain. C'est notre combat.

Et, excusez-moi de vous le dire comme ça, Françoise Fresseuse, mais la petite instrumentalisation de Georges Marchais à laquelle s'était livré, à un moment donné, le Front National. Non, mais ça fait partie de notre histoire. Le Front National. Non, mais comme si Georges Marchais, que j'ai bien connu, avait été, un jour de sa vie, un raciste.

9:31
Intervenant

Non, mais il a été interpellé comme une partie de la gauche par le fait que le Front National progresse dans l'électorat populaire sur la thèse de l'immigration.

9:41
Pierre Laurent

Eh bien, je pense que la leçon de toute cette période, et moi, c'est la leçon que je tire, la leçon que tirent les communistes, je le répète, c'est qu'il faut mener deux fronts. On l'a entendu, Pierre Laurent. On l'a entendu, Pierre Laurent. Mais vous ne pouvez pas faire semblant

9:53
Présentateur

que ce mouvement politique n'existe pas. En Allemagne, il y a un nouveau mouvement de gauche qui est né avec un discours dur sur l'immigration lancé par l'égérie de la gauche radicale allemande. Il s'appelle Debout. Est-ce que ça pourrait, merci Karine, est-ce que ça pourrait se produire en France ?

10:08
Pierre Laurent

Pour moi, puisque j'ai vu qu'on appelait ça, je connais ce débat aussi, la situation de l'Allemagne est différente de la nôtre sur ce point. Parce que je rappelle quand même qu'en France, on parle de ça, mais nous, on n'accueille pas de migrants, en très peu, quelques dizaines de milliers. La situation de l'Allemagne est très différente et la situation de l'Est de l'Europe est très différente. Mais j'ai vu qu'on parlait à ce propos, et je connais la dirigeante qui a construit ce mouvement, d'une gauche anti-migrants. Pour moi, la gauche anti-migrants, ça n'existe pas.

Je pense que la gauche, c'est une gauche qui lutte contre la mise en concurrence des travailleurs, je l'ai dit, et entre les travailleurs du monde, et qui lutte pour la fraternité et pour le partage. C'est très clair. Et pour le monde de développement.

10:49
Intervenant

Du coup, on a quand même envie...

10:50
Pierre Laurent

Et ce que je veux dire, puisqu'on met beaucoup cet exemple en exergue, qu'il y a eu ce débat dans la formation dont est membre la dirigeante en question, Die Linke, et que la position qui a été adoptée par le congrès de Die Linke en juin, en Allemagne, est la même position que celle que je défends. Et nous la défendons ensemble dans la gauche européenne. Et d'ailleurs, nous tiendrons en novembre un meeting franco-allemand commun sur ces questions.

11:16
Intervenant

Mais du coup, on a quand même envie de vous poser une question à la fois très simple et très cynique, c'est est-ce que vous pensez sincèrement qu'en tenant le discours qu'on entend parfaitement, c'est-à-dire de la défense de la cause des migrants, est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui en France, avec un discours comme ça, on gagne une élection ?

11:28
Pierre Laurent

Non, mais vous retenez une partie de mon discours, justement, et on cherche à construire le débat politique de cette manière-là. Or, moi, je pense, je le répète, qu'il y a bien deux questions. Il faut effectivement faire preuve de solidarité et de l'humanité. Oui, on l'a entendu, cette erreur. Oui, mais c'est très important parce que c'est ce discours-là qui, je crois, peut être entendu.

11:51
Intervenant

Mais la question, c'est est-ce qu'il est audible, en fait, aujourd'hui ? Ce discours qui tient

11:53
Pierre Laurent

les deux bouts du problème parce que sinon, effectivement, on ne répond pas à l'angoisse très forte et que je comprends de travailleurs qui se sentent sans cesse mis en compétition. Mais moi, ce que je dis, c'est que ceux qui les mettent en compétition, ce ne sont pas les migrants. Ceux qui les mettent en compétition, ce sont les multinationales et les grands groupes français qui organisent ce dumping social entre les travailleurs du monde. Et ensemble, avec les travailleurs français, nous devons mener ce combat. Vous pensez

12:23
Invité

que c'est uniquement économique le problème qu'il n'y a pas un tout petit peu d'inquiétude identitaire. Vous parlez sans cesse de cause économique. Est-ce que vous n'imaginez pas qu'il peut y avoir autre chose alors que certains partis politiques considèrent qu'ils surfent sur cette inquiétude ?

12:37
Pierre Laurent

Oui, bien sûr, il y a les deux problèmes. Mais le problème économique est fondamental. Moi, je considère, parce que c'est quand même ça la question, c'est est-ce que nous considérons que les conditions actuelles de l'organisation de la mondialisation capitaliste, c'est une donnée du problème à laquelle on ne peut pas toucher ? Eh bien, c'est ça, la grande originalité du Parti communiste, c'est d'être une force qui dit non, le monde doit être organisé autrement. Et justement, on va prendre le temps d'en parler. Bien sûr que nous allons rester dans un monde de mondialisation économique aujourd'hui, avec des échanges à l'échelle internationale.

Mais est-ce que la seule manière d'organiser la mondialisation, c'est en suivant les préceptes des multinationales qui nous disent tous les matins qu'il faut tirer les salaires vers le bas ? Nous, nous pensons le contraire. Et cette question-là, elle est importante. Ensuite, il y a aussi, effectivement, face à ça, des questions qui touchent à, je dirais, à l'identité culturelle, à la manière dont les peuples entendent pouvoir vivre ensemble.

Et moi, je crois que mêler les cultures, se respecter en faisant respecter chacune de ces cultures, c'est une manière de construire justement aussi une autre mondialisation qui ne soit pas une mondialisation de la guerre, de l'opposition entre les identités, de l'opposition entre les cultures, mais une mondialisation de partage.

13:52
Présentateur

Le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, est l'invité de France Inter du journal Le Monde et de France Info ce dimanche.

13:58
Intervenant

France Inter, Ali Badou,

14:02
Présentateur

question politique. C'est la tradition, Pierre Laurent, votre portrait signé Karine Becker.

14:07
Intervenant

Pierre Laurent, vous n'aviez apparemment jamais espéré ni même imaginé que vous auriez un jour le Parti communiste à diriger. C'est vrai que tout le monde n'a pas forcément envie de faire le même métier que son père. Le vôtre, Paul Laurent, avait été longtemps le numéro 2 du mouvement. Il avait été notamment chargé par Georges Marchais de négocier le programme commun avec François Mitterrand. Mais non, vous, c'est le journalisme qui vous plaît. Vous exercez pendant plus de 20 ans comme rédacteur d'abord, puis comme directeur au journal de l'humanité. Certes, vous savez militer depuis l'âge de 15 ans.

Certes, votre père, on vient d'en parler, votre mère, vos deux frères aussi, sans oublier vos oncles, vos tantes, vos cousins, ils sont tous adhérents au parti ou au moins syndiqués à la CGT. Mais au milieu de tout cela, vous donc, Pierre Laurent, vous préférez plutôt jouer les intellos, c'est-à-dire ceux qui observent et qui aiment bien prendre du champ. Et puis finalement, vous êtes tombé dedans en 2010. A 53 ans, vous devenez le patron des communistes.

15:09
Pierre Laurent

J'ai envie de refaire du parti communiste le grand parti populaire qu'il a été. Je pense que ce siècle-là, c'est celui où on va se poser la question d'inventer un autre mode de développement que le capitalisme. Et je crois que les communistes ont des choses à dire, ont des choses à apporter dans la gauche.

15:26
Intervenant

Alors, refaire du PC le grand parti populaire qu'il a été, c'est ce que vous disiez. En 8 ans, sincèrement, ça n'a pas vraiment marché. Quant à la nouvelle société loin du capitalisme que vous rêviez d'inventer, là aussi pour l'instant, je dirais que c'est assez raté. Mais peu importe, cela ne vous a pas empêché d'être réélu deux fois déjà à la tête du parti ni de devenir Pierre Laurent entre-temps sénateur de Paris. Non, en fait, le vrai problème, c'est surtout votre allure assez flegmatique et ce style vous en conviendrait. Pas très charismatique. Du coup, participer au Front de Gauche avec Jean-Luc Mélenchon, vous assemblez très vite pour vous et pour le parti une assez bonne option.

Lui apportait cette incroyable autorité et vous lui offriez, du moins, c'est ce que vous espériez, la structure, c'est-à-dire un mouvement organisé et bien sûr, des idées. Bref, première bataille en 2012 pour l'élection présidentielle et puis, tout s'est tout de suite déréglé.

16:25
Locuteur non identifié

Sur le plan personnel, la relation a toujours été bonne, plutôt de son fait d'ailleurs parce qu'il a meilleur caractère pour moi, mais ça n'enlève rien des problèmes qu'on a à traiter. Alors ces propos-là,

16:35
Intervenant

remontent au 14 septembre 2013. On est justement à la fête de l'Huma et c'était donc il y a 5 ans. Mais désormais, c'est vous, Pierre Laurent, à 61 ans, qui avez décidé de ne plus vous faire malmener. Le petit-fils d'ouvrier a visiblement commencé à se rebiffer. Vous êtes en train de montrer que finalement, vous savez, vous aussi, vous énervez alors gentiment mais avec des mots qui sont parfois cinglants. Sauf que, si vous estimez aujourd'hui que vous n'avez plus à compter sur lui, c'est qu'à la base, tout de même, vous avez fait, a priori, une erreur de stratégie.

17:08
Pierre Laurent

Pierre Laurent. Non, je ne crois pas. Je pense que le front de gauche était une stratégie qui était annonciatrice des besoins justement de reconstruire la gauche. Parce que nous avions conscience à ce moment-là que depuis 2005, en fait, depuis la victoire du nom au référendum sur le traité constitutionnel européen, qu'une nouvelle gauche était en train de naître. Donc, nous avons travaillé à cela. Depuis, il y a des choses qui se sont passées plus compliquées, mais cet objectif-là reste le mien. Et vous disiez que mes objectifs, je les avais ratés. C'est sûr que je ne suis pas du tout au bout du travail que je voulais mener et j'ai bien envie de le continuer.

Mais je veux faire une remarque quand même. C'est que sur la question du capitalisme, non seulement nous n'avons pas raté, mais c'est, je pense, la grande question du XXIe siècle. C'est la question que pose Nicolas Hulot quand il dit qu'il bute sur le système. Et c'est la question que posent les communistes sur la mondialisation dont on parlait tout à l'heure. Il y a aujourd'hui un débat planétaire qui est en train de se développer sur l'idée qu'il faut construire au XXIe siècle un autre mode de développement que le mode de développement capitaliste.

Et cette idée-là, qui est l'idée des communistes depuis Marx, elle est en train de prendre une actualité tout à fait nouvelle dans le XXIe siècle. Et je pense que c'est une question d'avenir.

18:30
Présentateur

Parce que Françoise a écouté votre discours hier à la fête de l'humanité et notamment vous avez retenu cette phrase Françoise nous voulons être des fabricants d'espoir.

18:38
Intervenant

Et oui. Et alors j'ai un peu souri parce que quand on fait le bilan des dix dernières années quand vous partez du scandale de la faillite de Lehman Brothers quand vous voyez la crise des subprimes quand vous voyez ces sept millions et demi d'américains qui ont perdu leur logement quand vous voyez les politiques d'austérité qui ont été menées à travers l'Europe le grand gagnant ça a été le populisme. Tout d'un coup un homme ou une femme estime représenter le peuple prend le pouvoir. On ne voit pas véritablement d'amélioration. L'idée communiste elle n'a pas triomphé du tout. Donc je voudrais votre analyse pourquoi le communisme n'a pas répondu aux attentes de cette crise.

On aurait pu imaginer finalement que les petits se rebellent contre les gros et on a vu un mouvement populiste contre les dirigeants. Et est-ce que vous êtes à l'aise avec le populisme ? Est-ce qu'il faut au contraire une rupture franche ? Et ça nous ramène aussi à la question Mélenchon. C'est-à-dire est-ce que Mélenchon est une dérive de ce que vous avez voulu faire à travers le front de gauche ? Est-ce que vous voulez rompre avec lui ? Est-ce que vous voulez continuer avec lui ?

19:35
Pierre Laurent

Non. D'abord, enfin deux choses sur ce que vous dites. D'abord, la montée des populismes elle est due à quoi ? Depuis la crise de 2008. Elle est due au fait que les dirigeants capitalistes au lieu de tirer la leçon que leur monde était dans l'impasse ils ont dit on continue. De la même manière qu'en France quand les français ont dit non au traité constitutionnel européen Nicolas Sarkozy puis François Hollande et dit on continue comme avant en Europe. Donc on sait que ce système produit des catastrophes sociales et écologiques mais on dit on continue et on continue l'accumulation financière et d'ailleurs on va vers de nouvelles crises si on continue comme ça.

Et c'est ça qui nourrit le populisme parce que la conséquence de ça c'est qu'à jeter les gens dans la misère à les jeter contre les autres dans la concurrence et bien on ouvre des portes à ça et on le sait très bien puisque ça s'est déjà produit dans l'histoire et ça risque de se reproduire à nouveau. Alors on ne peut pas faire porter quand même aux communistes la responsabilité de ça. Il faut désigner mais quand vous faites ce constat

20:34
Intervenant

quand vous faites

20:37
Pierre Laurent

ce constat vous devez aussi dire des choses sur qui porte la responsabilité de cette situation et ça continue. Je vois que pour les élections européennes on est en train de nous dire vous n'avez le choix qu'entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen et tout le monde commence à organiser le débat comme ça. Eh bien non il y a une autre voie qui est celle d'une lutte farouche contre la mondialisation. Vous dites que ça ne progresse pas ça n'est pas vrai. Bernie Sanders pose cette question aux Etats-Unis et il a le vent en poupe dans le parti démocrate américain. Non mais il travaille dans le même sens que nous. Ah il n'est vraiment pas communiste. Jérémy Corbyn en Grande-Bretagne aussi.

Il n'est pas communiste non plus. Mais bien sûr mais moi je ne dis pas qu'il ne va y avoir seulement des communistes qui vont porter cette idée-là. Non mais ce qui est intéressant

21:19
Intervenant

c'est qu'est-ce que vous gardez de l'héritage communiste et qu'est-ce que vous êtes prêt à abandonner pour essayer de reconstruire cette gauche ?

21:24
Pierre Laurent

Eh bien je garde de l'héritage communiste l'essentiel. C'est-à-dire que pour dépasser ce système capitaliste il faut construire un monde des communs. Il faut remettre à l'ordre du jour. Je vais vous prendre un exemple. Il y a une des fondatrices qui est la sécurité sociale c'est une idée communiste et elle a été construite en France par un ministre communiste à la libération Ambroise Croizat. Eh bien aujourd'hui et j'en ai fait une grande partie de mon discours hier si vous l'avez écouté nous avons le devoir de construire une sécurité sociale du 21ème siècle. Nous devons passer à une autre étape de la sécurité sociale au lieu de le continuer à la détruire.

Il faut reconstruire le système de santé. Vous parlez à quoi ça sert les communistes. Eh bien ça sert à dire ça parce que les communistes ils ont servi à construire la sécurité sociale que certains cherchent à détruire et aujourd'hui les communistes disent il faut construire un nouvel étage de la sécurité sociale. Par exemple il faut couvrir il faut par le service public les besoins pour la perte d'autonomie. Il faut un nouveau développement du système de retraite pas un développement du système de retraite.

22:34
Intervenant

Mais sur le fond votre rapport avec le populisme est-ce que c'est une condamnation ferme absolue ou est-ce que vous dites c'est peut-être le mouvement porté en ce moment ?

22:42
Pierre Laurent

De quoi vous parlez quand vous parlez de populisme ?

Si vous me parlez des mouvements de droite et d'extrême droite qui se développent en Europe sur un mode antidémocratique et qui disent la démocratie c'est fini comme Orban par exemple qui est un dirigeant de droite qui travaille avec l'extrême droite italienne et qui disent la démocratie c'est terminé maintenant il faut des régimes autoritaires et c'est comme ça qu'on va s'en sortir évidemment nous sommes radicalement contre ça et toutes ces formes de populisme nous allons les combattre et nous pensons nous au contraire que l'avenir passe aussi par le développement de la démocratie parce qu'il faut que les gens reprennent du pouvoir sur la politique donc moi la politique que j'ai envie de construire c'est résolument un essor de la démocratie et ça ça s'oppose effectivement à la conception populiste qui est celle des chefs

23:34
Intervenant

vous dites le populisme à la Mélenchon comment vous situer par rapport à il se revendique le populisme

23:40
Pierre Laurent

dans la gauche en France et en Europe il y a parfois des tentations de céder à ça en disant puisque le combat est si difficile on va prendre des raccourcis et on va faire comme ça je n'y crois pas et je pense que c'est dangereux

23:51
Intervenant

c'est la rupture avec Mélenchon aujourd'hui

23:53
Pierre Laurent

si vous êtes fidèle à ce que vous dites c'est la rupture non parce que

23:58
Intervenant

j'allère car il est 10h30 ça fait la moitié ça fait une demi-heure qu'on passe du temps avec vous on n'a toujours pas compris votre stratégie stop ou encore Jean-Luc Mélenchon vous restez avec lui

24:08
Pierre Laurent

mais il faut nous allons travailler avec la France insoumise avec des secteurs du parti socialiste qui veulent dialoguer avec nous Emmanuel Morel était hier à mon discours à la fête de l'humanité avec Marie-Noëlle Linnemann Benoît Hamon était là des écologistes étaient là il faut que ces forces continuent à travailler et à discuter ensemble il y a des débats entre elles et alors il y a toujours eu des débats dans la gauche vous croyez qu'on n'avait pas de débat avec les socialistes

24:35
Invité

à quoi vous servez et combien vous pesez je veux dire on va faire une chose très simple certes unir les forces de gauche on voit Mélenchon je ne vais pas parler du sondage sur les européennes il est peut-être à peu près maturé on vous voit entre 1,5 et 2% la gauche ce n'est pas terrible non plus mais est-ce que finalement c'est une force d'appoint même si comme vous le disiez tout à l'heure vos idées sur la sécurité sociale sont des idées qui peuvent être porteuses mais maintenant tout le monde les apprise c'est la même la CFDT

24:59
Pierre Laurent

si vous voulez juger à quoi sert le PC aujourd'hui ? si vous voulez juger de l'utilité du parti communiste effectivement vous ne pouvez pas le juger que sur ses résultats électoraux parce que quand non mais attendez quand vous mettez 500 000 personnes à la fête de l'humanité pour dialoguer ensemble vous pensez que ça n'a pas d'influence sur les idées de la gauche attend sur les idées de la gauche excusez-moi attendez sur les idées de la gauche quand vous faites avancer dans la société des grandes idées comme celles que je développe sur la sécurité sociale du 21ème siècle à rebours de tout ce qui se raconte

25:31
Invité

vous êtes peut-être une boîte à idées mais c'est les autres qui vont le penser

25:34
Pierre Laurent

oui mais c'est ça qui fait progresser la société parce que les communistes en créant la sécurité sociale ont plus fait progresser la société française que beaucoup d'autres forces qui parfois pourtant faisaient plus de voix qu'eux et quand les communistes alertent disent par exemple en ce moment que le combat écologique et le combat social ne doivent plus faire qu'un

25:54
Invité

Jean-Luc Mélenchon l'a fait en son temps il y a un certain temps il l'avait fait aussi son tournement écologique presque avant

25:58
Pierre Laurent

c'est pour ça qu'il y a des zones de débat entre nous mais quand nous le faisons et quand nous travaillons à réunir moi j'ai dit hier à la fête de l'humanité quand le fleuve le grand fleuve du combat écologique rejoindra le grand fleuve du combat social alors là on changera le monde et ces idées-là que nous semons dans la société elles sont extrêmement utiles et le parti communiste joue un rôle très important dans la société française et il marque de son empreinte tout au long du 20ème siècle et aujourd'hui encore la vie de nos sociétés en France et en Europe alors oui évidemment ça doit se traduire par une plus grande influence électorale et la question de la présence et de l'affirmation des idées communistes dans les grandes échéances électorales est une question à laquelle nous allons travailler avec plus d'importance parce que nos efforts unitaires doivent aller de pair avec une affirmation plus grande de nos idées y compris dans les élections et c'est ce que nous allons faire aux élections européennes avec Yann Brossat le chef de file que nous avons désigné Karine Becker

27:02
Intervenant

on a quand même envie de vous entendre sur votre bilan parce que ça fait 8 ans que vous êtes à la tête du PCF que vous êtes secrétaire nationale quand on vous écoute on a l'impression que finalement voilà tout va bien vous avez avancé vous êtes aujourd'hui malgré tout à 1 à 2% dans les études d'opinion vous n'avez pas présenté de candidat à la dernière présidentielle donc quelle existence vous avez quel bilan tirez-vous de ce qu'est devenu le PCF aujourd'hui

27:27
Pierre Laurent

c'est bien par exemple le bilan parce qu'effectivement c'est un bilan qui ne me satisfait pas moi non plus parce qu'il y a il y a des choses fortes et positives dans ce bilan et il y a des choses qui le sont moins et c'est pour ça d'ailleurs qu'au lendemain des élections législatives dernières j'ai proposé qu'on tienne un congrès extraordinaire du parti en l'avançant il va avoir lieu fin novembre et nous le préparons depuis un an par exemple j'en tire la leçon qu'il faut savoir mieux conjuguer notre esprit unitaire et nous n'allons pas nous départir de notre esprit unitaire quelles que soient les polémiques que veulent générer les uns et les autres avec les forces de gauche dont je parlais tout à l'heure mais il faut manier cela avec une affirmation plus grande des idées communistes dans la société on est portant dans les élections et il faut le faire

28:16
Invité

il considère que vous vous êtes peu à peu effacé c'est lui c'est pas mes mots qu'est-ce que vous lui répondez

28:20
Pierre Laurent

effectivement nos stratégies unitaires ont parfois conduit à ça et ça ne va pas pourquoi ?

parce que pour faire progresser la gauche il faut un parti communiste il faut que les idées du parti communiste rayonnent je le dis je le disais à propos de la sécurité sociale mais on pourrait prendre d'autres exemples à chaque fois que la gauche a été forte ou à chaque fois surtout que la gauche a fait des réalisations qui font avancer le bien-être de notre peuple les communistes ont toujours joué un très grand rôle sur ça et si vous regardez les grandes lois de la gauche celle-là ou par exemple celle sur la mixité dans le logement social ce qu'on appelle la loi SRU c'est grâce à un ministre communiste la défense et la promotion du réseau public ferroviaire c'est avec un ministre communiste dans les années 80 à rebours de ce qu'on est en train de faire aujourd'hui la maîtrise publique de l'eau et des barrages hydrauliques qu'on veut remettre en cause aujourd'hui avec les politiques de déréglementation c'est un ministre communiste donc la gauche progresse quand le parti communiste est fort donc il faut qu'il y ait un meilleur équilibre entre l'affirmation de nos positions y compris dans les échéances électorales et notre esprit unitaire et deuxième chose je ne comprends pas mais une chose a changé

29:27
Intervenant

en fait il y a quand même en fait

29:28
Présentateur

c'est juste le citoyen que je suis ne comprend pas ce que vous avez comme stratégie et bien c'est la gauche divisé ça veut dire

29:38
Pierre Laurent

que la gauche c'est pas une formation politique unique et que dans la gauche il y a plusieurs et chacune doit être respectée et le parti communiste doit renforcer sa position dans cette gauche comme parti communiste avec ses idées pour faire progresser l'ensemble de la gauche et deuxième idée il faut plus d'innovation et d'audace

29:57
Intervenant

vous éloignez de Jean-Luc Mélenchon vous reprenez de l'autonomie politique

30:00
Pierre Laurent

mais moi j'ai jamais voulu me fondre dans Jean-Luc Mélenchon ou dans le mouvement de Jean-Luc Mélenchon quand Jean-Luc Mélenchon a posé cette question de faire un parti unique ce qui était déjà l'idée avant du parti socialiste qui voulait faire une seule formation j'ai toujours dit non le parti communiste va rester lui-même et il ne se diluera pas dans la France insoumise pas plus hier que demain le parti communiste va exister va développer ses idées dans l'intérêt mutuel de la gauche mais il va le faire parce que cette originalité de nos idées elle est nécessaire au progrès de la gauche nous posons des questions que d'autres n'opposeront pas et qui sont importantes je l'ai dit tout à l'heure

30:39
Intervenant

le débat qui agite le PC aujourd'hui c'est est-ce qu'on continue avec Jean-Luc Mélenchon ou est-ce qu'on fait une stratégie d'autonomie ou en tout cas de retour

30:47
Pierre Laurent

c'est ce que vous dites du débat à l'intérieur du parti communiste c'est pas exactement le débat du parti communiste

30:52
Intervenant

c'est une des questions dans le parti communiste mais vous la ligne votre ligne Pierre-Laurent c'est quoi exactement c'est entre les deux ou c'est nettement d'un côté ou de l'autre

31:00
Pierre Laurent

et bien c'est j'ai dit trois choses hier dans mon discours si vous tout à l'heure vous disiez que vous l'aviez écouté j'ai dit il y a trois idées il faut un une affirmation plus grande et une plus grande confiance dans les idées communistes parce qu'elles sont anticipatrices sur beaucoup de questions et notamment l'invention d'autres logiques que le capitalisme et donc affirmation des idées communistes et donc présence du parti communiste dans les grandes échéances électorales deuxièmement c'est esprit unitaire parce que cette affirmation ne doit pas nous pour moi ça n'est pas une stratégie d'isolement ça doit aller de pair avec une stratégie unitaire avec toutes les formations de la gauche sur des contenus et troisièmement c'est innovation et audace parce qu'il y a des problèmes nouveaux dans le monde qui prennent plus d'importance disons ils ne sont pas nouveaux la question des migrations la question du regard qu'on porte sur la mondialisation la question de l'écologie la question de la révolution numérique sur laquelle nous avons tenu la question de la culture dont on ne parle pas assez nous allons tenir une convention nationale sur la culture donc c'est ces trois idées sur lesquelles il faut avancer en même temps et justement peut-être mon originalité dans le débat du parti communiste c'est de ne pas dire il y en a une et pas les autres c'est que justement il faut avancer sur ces trois fronts en même temps

32:16
Présentateur

Pierre Laurent est l'invité de questions politiques ce dimanche

32:19
Intervenant

France Inter

32:20
Invité

questions politiques

32:22
Présentateur

Nathalie Saint-Cricq vous vouliez revenir sur l'offensif à gauche d'Emmanuel Macron

32:27
Invité

absolument qu'est-ce que vous pensez de ces signes envoyés alors il y a des signes de très différentes natures il y a le plan pauvreté qui a quand même été salué par un certain nombre de personnes comme Laurent Berger il y a également alors Maurice Audin c'est d'une nature totalement différente vous en êtes félicités et il y a finalement ce constat aussi dans le discours de l'autre jour qu'entre 15 mois il avait changé est-ce que vous y croyez dernier point le droit de succession on a entendu Christophe Castaner et un certain nombre de députés de dire que finalement c'était un élément central pour faire finalement que l'inégalité de naissance soit corrigée est-ce que vous ne trouvez pas qu'il y a quand même quelque chose à reprendre dans tout ça ?

33:00
Pierre Laurent

Alors moi je ne vois pas d'offensive à gauche d'Emmanuel Macron je vois une politique je vois une politique qui depuis le premier jour s'est mise à servir les privilèges de la finance et continue à le faire parce que quand même le budget qui s'annonce le budget qui s'annonce là c'est un budget de massacre des budgets publics et des politiques sociales Vous parlez du plan pauvreté ? dans tous les domaines pour continuer à privilégier des politiques qui vont faire grossir les revenus des dividendes et des actionnaires et cette politique nous la combattons maintenant vous avez évoqué trois questions je veux bien les évoquer les unes après les autres

33:35
Invité

le plan pauvreté le petit déjeuner pour les enfants la continualité

33:38
Pierre Laurent

et les droits de succession ça fait quand même des choses assez différentes c'est très différent

33:41
Invité

mais c'est des petits signaux quand même ou des gros signaux

33:43
Pierre Laurent

partons du plan pauvreté le plan pauvreté il est extrêmement insuffisant on voit bien qu'Emmanuel Macron se rend compte que sa politique d'inégalité qui fait qu'on l'appelle le président des riches et ses mérités parce que c'est la réalité de ses politiques lui pose un énorme problème parce que tous ceux qui avaient cru au nouveau monde d'Emmanuel Macron se rendent compte donc il essaye de corriger il essaye de corriger sa communication sur ça mais en matière de politique concrète on est très très loin du compte avec ce qu'il a annoncé sur le plan pauvreté donc il y a quelques petites mesures positives tant mieux et il lâche un peu plus d'argent il va revaloriser certaines prestations il en baisse d'autres donc on est très loin du compte mais je le répète mais surtout le plan ne s'attaque pas aux racines du mal c'est à dire que qu'est-ce qui fait plonger des gens dans la pauvreté on le sait c'est la perte de l'emploi c'est l'impossibilité de se loger et c'est la précarité alimentaire sur ces trois questions il n'y a aucune mesure sérieuse qui soit prise pour inverser la tendance il faut sécuriser l'emploi et pas continuer à le précariser il faut mener une politique de logement accessible au plus grand nombre on fait la loi Elan qui va favoriser la promotion immobilière spéculative et on ne fait rien de sérieux sur la question de la précarité alimentaire donc on ne tarie pas les causes de la pauvreté avec le plan qui a été annoncé

35:06
Intervenant

je voulais juste vous demander

35:07
Pierre Laurent

il y a une philosophie de Macron

35:09
Intervenant

qui consiste quand même à dire on est dans une société de rente c'est-à-dire certains ont des avantages d'autres en ont pas et ceux qui en ont pas ont beaucoup de difficultés à avoir un cursus qui les amène vers la promotion sociale donc toute son idée par exemple de la prévention de la petite enfance de faire en sorte que ceux qui sont les moins riches ou les moins dotés par la société et plus est-ce que ça vous êtes fondamentalement désaccord avec cette philosophie ou pas ?

35:36
Pierre Laurent

mais oui mais ça n'est pas parce que parce qu'Emmanuel Macron évoque le problème central le problème c'est pas c'est pas un problème c'est pas un problème de ceux qui à la naissance sont favorisés par rapport aux autres c'est pas ça le problème il y a des inégalités de destin pour citer le président de la République si on cherche de l'argent c'est un système qui organise la progression non mais il y a des inégalités de destin qui existent non non non non dans un dans une société qui veut progresser et qui veut faire progresser les humains ce qui compte c'est l'éducation ce qui compte c'est la formation ce qui compte c'est qu'on donne à chacun la possibilité quand il travaille d'avoir un bon salaire et pas de travailler il y a des inégalités qui se répétuent

36:16
Présentateur

de génération en génération Pierre Laurent

36:17
Pierre Laurent

non mais quand écoutez moi j'ai vécu dans une génération j'ai grandi dans une famille ouvrière et bien dans cette famille ouvrière on progressait

36:25
Intervenant

oui mais plus on progressait

36:27
Pierre Laurent

aujourd'hui quand vous vivez dans une famille ouvrière vous avez peur que vos enfants tombent dans la misère pourquoi parce que cette société ne privilégie qu'une chose l'accroissement des rendements financiers des actionnaires je vais vous citer un chiffre que j'ai cité hier à la fête de l'UMA parce qu'on parle de 8 milliards pour le prendre pauvreté les revenus financiers des entreprises et des banques ont atteint en 2017 342 milliards d'euros vous savez combien cotisent à la sécurité sociale ces 342 milliards d'euros laissez-moi terminer zéro euro pourquoi parce que en France aujourd'hui plus on accumule de la richesse à travers les revenus financiers moins on contribue au partage des richesses les paradis fiscaux ils ne sont pas sous les tropiques ils sont ici en France tous les jours c'est ça qui ne va pas est-ce que ce n'est pas trop réducteur

37:12
Intervenant

de voir tout au niveau financier par exemple si on prend l'éducation nationale quand vous regardez les statistiques qu'est-ce qui réussit très bien c'est les enfants d'enseignants parce qu'ils connaissent parfaitement le système qu'est-ce qui ont du mal à y arriver ce sont les enfants d'ouvriers donc est-ce qu'il n'y a pas à l'intérieur même de notre système même si l'éducation est gratuite et une ouverte à tous est-ce qu'au fond de notre système ça ne mérite pas d'être transformé en profondeur comme le dit Emmanuel Macron

37:36
Pierre Laurent

mais bien sûr mais pourquoi on réussit moins bien parce qu'en Seine-Saint-Denis pour prendre cet exemple où se tient la fête de l'humanité on continue d'avoir un taux d'encadrement dans le système scolaire qui est inférieur à ce qu'il est dans le reste du pays La République aujourd'hui est une République de l'inégalité et des territoires oubliés et au lieu de mettre tout le monde dans les conditions de pouvoir progresser dans sa vie on continue de faire le contraire il y a eu une grande mobilisation l'année dernière animée notamment par le maire communiste de Grigny pour une grande politique de mise à niveau de la présence de la République notamment dans les services publics dans tous les territoires et notamment les zones populaires Jean-Louis Borloo qui ne fait pas partie de mon camp politique a porté cette idée qu'est-ce qu'a fait Emmanuel Macron il a demandé un rapport à Jean-Louis Borloo il a pris son rapport il l'a mis à la poubelle il l'a mis à la poubelle et bien c'est la seule mesure positive qu'il ait prise depuis le début du quinquennat le dédoublement des classes dans les catégories dans les zones d'éducation prioritaire mais le problème c'est qu'on le fait en piquant des postes ailleurs alors qu'il faudrait créer de l'emploi dans l'éducation nationale donc nous sommes à rebours des politiques qu'il faut mener et il faut pour ça s'attaquer je le répète au privilège de la finance c'est quand même scandaleux qu'on ait commencé le quinquennat par la suppression de l'ISF c'est extrêmement symbolique mais en vérité ça dit tout de la philosophie de la politique Karine Becker

39:04
Intervenant

vous ne trouvez pas quand même que ce dont vous parliez à l'instant c'est-à-dire le dédoublement des classes quand on est petit le fait d'aider certains jeunes qui ne mangent peut-être pas à leur faim leur permettre à d'autres au collège d'avoir une cantine

39:18
Pierre Laurent

vous avez vu qu'on aide les gens qui ont du mal à se nourrir

39:22
Intervenant

il me semble que c'est ce qu'il a envie de mettre en place c'est ce qu'on fait dans les municipalités

39:26
Pierre Laurent

communistes depuis des dizaines d'années de servir des petits déjeuners gratuits aux enfants qui ne peuvent pas manger décemment donc c'est quand même pas une idée nouvelle ce qui devrait être nouveau c'est qu'effectivement par exemple on se pose la question de donner à ces familles-là les moyens de vivre dignement pourquoi est-ce qu'on n'augmente pas le SMIC le SMIC aujourd'hui on ne vit pas avec le SMIC le Secours Populaire a publié une étude qui demande à des gens qui sont dans la difficulté combien vous pensez qu'il faudrait à peu près pour vivre alors qu'on sait que les minimas sociaux voisinent entre 500-600 euros et 700 euros aujourd'hui ils disent il nous faudrait 1100 à 1200 euros pour vivre et on ne veut pas augmenter le SMIC et on théorise tous les jours que c'est impossible de le faire alors qu'il y a des profits gigantesques qui s'accumulent dans les grandes entreprises et on ne veut pas relever les prestations sociales donc on maintient les gens dans la difficulté et on n'est pas en train de les aider et c'est ça c'est cette philosophie qu'il faut changer

40:24
Présentateur

Alors Pierre Laurent il y avait aussi une autre question dans la question de Nathalie Saint-Cricq qui était celle de la reconnaissance par le Président de la République de la responsabilité de l'État français dans la mort de Maurice Audin en 1957 est-ce que le Président de la République doit aller plus loin maintenant ?

40:42
Pierre Laurent

Il a été alors là moi qui suis très critique il a été en l'occurrence très loin et il a été là où nous demandions qu'il aille lui nous l'avons demandé au Président de la République précédemment sur cette question et c'est extrêmement important il a reconnu la responsabilité Il n'y a pas de repentance Il a reconnu la responsabilité de la France et de l'armée française dans l'assassinat de Maurice Audin donc Maurice Audin ce que nous savions mais l'État avait maintenu le mensonge sur ça depuis 61 ans a été assassiné après avoir été torturé il a dit une autre chose très importante c'est que ça n'était pas un cas isolé mais que c'était le résultat d'un système de répression et de torture qui avait été mis en place à ce moment-là et il l'a dénoncé et troisièmement il a dit ce que nous demandions il a demandé l'ouverture des archives pour aller pour que les historiens puissent travailler à la recherche de la vérité donc c'est une victoire extrêmement importante obtenue grâce c'est un combat que nous menons depuis très longtemps que l'humanité mène depuis très longtemps et il y a eu une cérémonie extrêmement émouvante au début de la fête de l'humanité en présence de Josette Audin et de tous ceux qui avaient mené ce combat et c'est un combat que nous avons mené avec beaucoup d'autres et récemment encore avec Cédric Villani puisque les mathématiciens vous le savez sont mobilisés sur ça depuis très longtemps

42:05
Intervenant

est-ce que ce président-là a accepté ce que vous demandiez alors que vous aviez demandé à plusieurs autres présidents notamment à François Hollande

42:12
Pierre Laurent

et bien parce que notre travail de vérité a fini par payer nous avons fini par convaincre je pense aussi qu'il s'est produit une chose importante c'est que Cédric Villani qui menait ce combat depuis longtemps bien avant d'être dans la politique puisqu'il présidait parce qu'il connaissait

42:28
Intervenant

les enfants aussi

42:28
Pierre Laurent

mais parce qu'il connaissait ses enfants parce que la communauté scientifique mathématique est depuis très longtemps et ses plus illustres les plus illustres mathématiciens français sont depuis très longtemps se mobilisent pour faire reconnaître la vérité sur Maurice Hollande puisqu'il était un jeune mathématicien extrêmement brillant et Laurent Schwartz par exemple et beaucoup d'autres Jean-Pierre Kahn qui lui était communiste aussi ont mené ce combat et Cédric Villani menait ce combat à nos côtés depuis longtemps et cette fois-ci ça a permis avec Sébastien Jumel le député communiste qui connaît bien la famille aussi avec l'humanité qui a relancé ce combat de réaliser à nouveau un appel avec un grand nombre de personnalités parce qu'en fait

43:10
Intervenant

vous parlez d'une synthèse positive entre la société civile et le combat communiste

43:15
Pierre Laurent

Mais moi vous savez tout le combat des communistes est fait pour unir la société française pour l'unir vers du progrès social vers du progrès humain les communistes toute leur histoire est marquée par le fait qu'ils savent unir la société française et nous l'avons montré dans les grands moments de l'histoire française et reconnaître les crimes de la colonisation c'est faire progresser la France tout entière c'est dans cet esprit que nous sommes

43:46
Invité

Emmanuel Macron a parlé d'apaisement est-ce que vous considérez que pour que l'apaisement soit total il a parlé aussi de toutes les mémoires et de tous les disparus est-ce que vous considérez que le travail qui a été fait par Emmanuel Macron et qui sera fait avec l'ouverture des archives doit être fait de l'autre côté de la Méditerranée c'est-à-dire en Algérie alors même qu'il y a d'anciens personnages du FLN qui sont encore au pouvoir

44:04
Pierre Laurent

sur les harkis

44:06
Invité

sur tout le monde

44:06
Pierre Laurent

mais il doit être fait toutes les mémoires nous nous avons la responsabilité de le conduire en France moi je n'ai pas de leçons à donner

44:13
Invité

l'Algérie nous en donne régulièrement en nous disant

44:16
Pierre Laurent

mais je pense que si la France fait son travail elle vient de le faire sur Maurice Audin et il faut aller au bout de cette vérité parce qu'il n'y a pas que Maurice Audin il y a beaucoup d'Algériens aussi qui sont morts entre les mains de l'armée française dans les mêmes conditions il faut aller au bout de ça il y a la question de la mémoire des harkis que la France après avoir utilisé les harkis contre la majorité du peuple algérien les a traités comme des chiens quand ils sont arrivés en France ça c'est la vérité il faut parler aussi du traumatisme qu'a été la guerre d'Algérie pour les appeler français il y a des générations une génération de jeunes français qui ont été dans leur chair et dans leur conscience traumatisés par la guerre d'Algérie une guerre qu'on a pendant des années pas reconnue pour ce qu'elle avait été donc il faut aller au bout et si la France fait son travail si la France fait son travail elle va aider justement à ce que ce travail se mène avec les Algériens et elle va aider à ce que le travail de rapprochement de la France et de l'Algérie puisse progresser et d'ailleurs la décision du président de la République a eu un très grand écho à Alger je discutais avec Bertrand Baddy à la fête de l'humanité qui rentrait d'Alger et qui m'a dit l'écho énorme qu'avait eu le geste d'Emmanuel Macron à Alger même donc je pense que ça fera progresser le travail de tout le monde et la réconciliation

45:39
Intervenant

Pierre Laurent parlons des élections européennes dans neuf mois vous avez dit là aussi dans votre discours hier à la fête de l'Huma que vous refusiez d'être coincé entre la surenchère libérale et le poison nationaliste mais vous n'avez pas dit précisément vous où est-ce que vous vous situez ou en tout cas comment est-ce que votre camp s'appelle est-ce que vous faites partie des progressistes

46:02
Pierre Laurent

moi je pense que nous avons besoin d'une grande Europe qui reprenne le chemin du progrès social et écologique aujourd'hui c'est le contraire nous vivons dans une Europe qui est une Europe de la compétition à outrance et cette compétition qui a été organisée par les traités libéraux qui fait de l'austérité pour les dépenses publiques et sociales une règle pendant qu'elle protège la compétition fiscale le doping social fiscal environnemental est une aberration et elle est en train comme on le voit dans toute l'Europe l'acharnement à vouloir maintenir l'Union Européenne dans la voie de cette politique nourrit des réactions de rejet qui sont instrumentalisées avec des idéologies racistes xénophobes et c'est extrêmement préoccupant parce que cet étau là ultra-libéralisme d'un côté poison nationaliste et raciste de l'autre si nous ne desserrons pas cet étau nous allons vers des drames en Europe à nouveau comme l'Europe en a connu dans son histoire

47:04
Intervenant

mais vous savez très bien que Macron a créé deux camps progressistes nationalistes est-ce que vous vous sentez piégé finalement par la stratégie ? je rappelle quand même

47:11
Pierre Laurent

que par exemple on dit deux camps mais Victor Orban les députés du parti de Victor Orban ils siègent dans le même groupe que la droite française au Parlement européen donc il n'y a pas deux camps il y a un débat dans les droites et les extrêmes droites européennes et dans les partisans du libéralisme et d'ailleurs Orban revendique qu'il veut continuer à mener des politiques ultra-libérales et bien il y a un débat pour savoir comment on fait de la compétition et de la concurrence sur un mode guerrier ou sur un mode un peu plus apaisé mais ça n'est pas ça le débat le débat c'est entre ces politiques de compétition à outrance ou des vraies politiques de coopération et pour faire de la coopération en Europe il faut respecter les peuples respecter leur souveraineté et nous nous disons il faut reconstruire une nouvelle union qui soit une union de peuples souverains libres et associés aujourd'hui ça n'est pas comme ça que fonctionne l'Union Européenne et ça ne va pas et l'Europe n'est pas à la hauteur du coup des défis sociaux et écologiques encore une question sur l'Europe

48:11
Intervenant

comment vous pouvez convaincre l'opinion publique que vous pouvez porter un projet d'autre Europe alors que tout l'agenda européen aujourd'hui est dominé par la question des migrations

48:21
Pierre Laurent

et bien c'est le défi qui est le nôtre effectivement mais vous savez j'ai dit hier que je ne tenais pour rien les sondages qui sont publiés aujourd'hui parce que moi je me rappelle qu'en 2005 on nous expliquait que convaincre le peuple qu'il fallait voter non le traité constitutionnel européen c'était totalement impossible et il y en avait même qui continuaient à l'expliquer 15 jours avant le référendum notamment dans le journal où vous travaillez Françoise Fresseuse Le Monde Difficile de comparer

48:47
Présentateur

un référendum avec et beaucoup sont tombés de l'armoire

48:51
Pierre Laurent

en s'apercevant que le peuple avait entendu nos arguments donc il va se passer beaucoup de choses et j'ai fait une proposition hier à toutes les forces de gauche et à toutes les forces sociales c'est de préparer au début de l'année 2019 des états généraux du progrès social et écologique en Europe justement pour changer l'agenda politique parce qu'on veut nous organiser un débat on veut cadenasser le débat avant qu'il ait commencé et nous dire vous avez le choix entre les fascistes ou Macron et bien non le choix ça n'est pas entre Macron et Le Pen il y a une voix de gauche qui doit s'affirmer pour des progrès sociaux et écologiques en Europe contre les déréglementations qui sont en train de bousiller nos services publics je rappelle il nous reste une poignée de minutes Pierre Laurent juste un exemple je rappelle que la réforme ferroviaire qui a été faite l'an dernier et qui est une aberration du point de vue social et du point de vue écologique parce que vaut mieux du ferroviaire que des camions sur les routes et c'est une aberration en France comme en Europe et bien elle a été adoptée Macron pour faire sa réforme de privatisation c'est appuyé sur une directive qui a été votée par 15 voix de majorité au Parlement européen donc élire des députés européens qui mettent en cause ces politiques là notamment des députés communistes et des députés de gauche c'est essentiel et sera des conséquences très concrètes sur l'amélioration de la situation sociale en France si nous sommes capables de le faire donc le débat

50:19
Présentateur

il ne fait que commencer question au sénateur au sénateur de Paris l'affaire Benalla qui va occuper le Sénat ou en tout cas une partie du Sénat avec la commission d'enquête

50:28
Invité

avec la saison 2 mercredi M. Benalla a été donc convoqué par M. Bas est-ce que vous considérez que Philippe Bas fait oeuvre utile alors qu'il mène une croisade politique comme Christophe Castaner ou Nicole Belloubet ont l'impression de le penser donc en gros c'est bien d'aller jusque là ou est-ce que c'est une croisade des républicains contre le pouvoir en place

50:47
Pierre Laurent

non c'est bien c'est bien d'aller jusqu'au bout de la vérité et la vérité n'a pas encore été totalement établie sur cette affaire et ce qui est très important en demandant à M.

Benalla de venir devant la commission c'est qu'il est obligé de témoigner sous serment et donc de dire la vérité or nous savons que dans cette affaire quel est le gros problème de cette affaire c'est qu'un service parallèle au service républicain de la police et de la gendarmerie a été mis en place au sein de l'Elysée et il faut aller et mener la bataille de vérité jusqu'au point jusqu'à ce que ces pratiques jusqu'à ce que ces pratiques soient mises hors d'état et l'acharnement que met le président de la république à défendre ce système dont on a vu dans les auditions au Sénat déjà combien elles avaient révolté la police et la gendarmerie et on a entendu beaucoup de témoignages de fonctionnaires de policiers qui ne comprenaient pas comment les choses s'organisaient avec tous les problèmes que ça a posé dans les manifestations et je pense qu'on n'est pas donc je pense qu'il faut tout simplement aller au bout de la vérité Et comment il faut

52:00
Intervenant

dire qu'Emmanuel Macron à ne pas vouloir que la commission des lois du Sénat puisse entendre monsieur Benalla ?

52:05
Pierre Laurent

Mais d'abord le président de la république ça ça fait partie du grand problème démocratique il ne dirige pas le parlement et dans justement dans une république qui marche sur ses deux pieds il devrait laisser le parlement faire son travail Le contrôle du gouvernement pas de l'Elysée Non non non non non le le le parlement le parlement le gouvernement est l'organe souverain élu par les français et nous avons la responsabilité de mener de mener donc ce travail en l'occurrence et le il est scandaleux que le chef de l'état cherche à entraver ce travail comme d'ailleurs il cherche à entraver le travail du parlement à de très nombreuses reprises parce qu'on passe notre temps maintenant à nous battre pour faire respecter les droits du parlement et dans cette affaire aussi donc je sais bien qu'à l'Assemblée Nationale la République En Marche a tout fait pour expédier et enterrer l'affaire sans y réussir d'ailleurs puisqu'il a fallu suspendre les débats sur la révision de la constitution premier revers il reste d'Emmanuel Macron poignée de seconde mais au Sénat nous allons nous allons continuer nous nous allons le faire de manière responsable ça n'est pas une instrumentalisation politique mais il faut aller parce que c'est une affaire grave au bout de la vérité dans cette affaire l'émission se termine

53:25
Intervenant

toute dernière question vous 8 ans déjà au secrétaire national du PCF vous êtes le meilleur candidat pour succéder à vous même ou il est temps de passer la main ?

53:33
Pierre Laurent

j'ai dit que j'étais disponible pour faire un nouveau mandat mais je pense que ce nouveau mandat doit être celui de l'émergence de tous les nouveaux visages qu'il y a au parti communiste au plus haut niveau des responsabilités et il y a déjà à l'Assemblée Nationale avec nos porte-parole avec Yann Brossat au Sénat avec nos porte-parole une génération nouvelle qui va prendre la main après moi moi j'ai envie d'accompagner ça pour mener donc c'est terminé les changements nous allons le faire ensemble enfin c'est ce que je propose merci Pierre Laurent et bon dimanche on vous laisse retourner

54:05
Présentateur

à la fête de l'Huma merci à toutes les trois merci à Alexandre Gillardy d'avoir préparé cette émission je vous donne rendez-vous la semaine prochaine merci à tous les deux

54:22
Locuteur

et merci à tous les trois paris merci à tous les deux