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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 28 octobre 2015 6 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalDéfenseInstitutions & élections

Thierry Mariani

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:13OuverteÉludée

    Quel est le but de ce voyage à Moscou ?

  • 0:41RelanceRéponse partielle

    Ce voyage ne risque-t-il pas de conforter la politique de Moscou en Syrie ?

  • 0:57RelanceRéponse partielle

    Il n'y a aucune diplomatie parallèle ?

  • 1:34RelanceRéponse partielle

    Personne n'est dupe : ce voyage soutient le rôle de Poutine en Syrie ?

  • 1:42RelanceRéponse partielle

    La France ne parle plus d'une seule voix à l'étranger ?

  • 2:39RelanceRéponse partielle

    Dialoguer, ça dépend aussi avec qui ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:26Invité politiqueFait
    « ensemble, c'est notamment Nicolas Sarkozy qui avait fait en sorte que la guerre en Géorgie s'arrête quasiment immédiatement »
  • 1:57Invité politiqueFait
    « Centrafrique, Mali, l'opposition UMP de l'époque et Nouveau Centre étaient à fond derrière cette majorité »
  • 2:09Invité politiqueFait
    « Je regardais il y a quelques jours un sommet où se retrouvaient États-Unis, Turquie, Russie, Arabie Saoudite pour discuter de l'avenir de cette zone. La France n'était pas là. »
  • 3:06Invité politiqueFait
    « il était le président de la Douma au moment d'un vote »
  • 3:25Invité politiqueChiffre
    « si ma position personnelle ou d'autres parlementaires s'est décorchée, en réalité, ces sanctions qui sont aujourd'hui totalement inutiles et totalement contre-productives »
  • 3:44Invité politiqueFait
    « Deux ans après la mise en place de ces sanctions, on s'aperçoit qu'elles n'ont servi à rien »
  • 3:52Invité politiqueFait
    « Il n'a jamais été aussi populaire »
  • 4:07Invité politiqueFait
    « la Syrie est un interlocuteur au moins incontournable dans un premier temps »
  • 4:11Invité politiqueFait
    « On a eu le chaos en Irak. On a eu le chaos en Libye »
  • 4:28Invité politiqueFait
    « Je me sens menacé par les islamistes. Et je pense qu'avant tout, c'est le principal danger »
  • 4:40Invité politiqueFait
    « la Russie a une stratégie claire. C'est d'abord détruire les terroristes et après trouver une solution pour la Syrie »

Temps de parole

  • Thierry Mariani65 %
  • Invité31 %
  • Présentateur4 %

1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Thierry Mariani est votre invité ce matin, Éric Delvaux, député Les Républicains des Français de l'étranger pour l'Europe de l'Est, l'Asie et le Pacifique.

0:06
Invité

Oui, bonjour Thierry Mariani. Vous allez décoller dans quelques heures pour accompagner Nicolas Sarkozy à Moscou. Rendez-vous est pris demain avec Vladimir Poutine. Quel est le but de ce voyage ?

0:19
Thierry Mariani

Écoutez, on fait beaucoup de bruit autour de ce voyage. En réalité, c'est quoi ? C'est le responsable de l'opposition qui va dialoguer avec un chef d'État qu'il connaît, puisque je rappelle qu'ensemble, c'est notamment Nicolas Sarkozy qui avait fait en sorte que la guerre en Géorgie s'arrête quasiment immédiatement, qui se connaissent et qui sont préoccupés de l'avenir. Voilà, c'est tout. C'est des discussions qui en existent très souvent entre responsables politiques.

0:41
Invité

Mais vous savez pourquoi ça fait beaucoup de bruit ? Parce qu'avec cette visite avec le président russe, vous allez conforter la politique de Moscou qui soutient le président syrien, alors que l'État français défend une autre stratégie dans la région. Comment ne pas y voir une diplomatie parallèle ?

0:57
Thierry Mariani

Il n'y a aucune diplomatie parallèle. D'abord, je ne sais pas ce que Nicolas Sarkozy et Vladimir Poutine se diront. Ce que je sais, c'est que dans le passé, leurs relations ont amené la paix. Je rappelle effectivement l'exemple de Géorgie. Ce qu'on sait, c'est qu'entre les deux hommes, le courant passe, même s'il y a des vraies divergences sur de nombreux points. Donc, je le répète, on est quand même à la veille d'échéance présidentielle dans un an, un an et demi.

Que le responsable de l'opposition aille rencontrer quelqu'un qui connaît, évoque les problèmes de relations internationales et échange pour, j'allais dire, mieux comprendre l'autre, je pense que c'est quelque chose de tout à fait normal.

1:34
Invité

Mais personne n'est dupe. On voit bien qu'il y a d'ailleurs ça un soutien un petit peu au rôle que tient désormais Vladimir Poutine sur le conflit syrien. C'est fini l'époque où la France, à l'étranger, parlait d'une seule voix, quelles que soient les chapelles politiques ?

1:48
Thierry Mariani

Écoutez, j'ai envie de vous dire, c'est fini au Moyen-Orient où la France parle. Je crois que l'opposition s'est montrée extrêmement solidaire des interventions françaises en Afrique chaque fois qu'il y avait des vies humaines en jeu. Je vous rappelle, Centrafrique, Mali, l'opposition UMP de l'époque et Nouveau Centre étaient à fond derrière cette majorité. Aujourd'hui, j'ai envie de vous dire, où est la France ? Où est la France en Syrie ? Je regardais il y a quelques jours un sommet où se retrouvaient États-Unis, Turquie, Russie, Arabie Saoudite pour discuter de l'avenir de cette zone. La France n'était pas là. Alors que pourtant, nous sommes l'ancienne puissance mandataire.

Et donc aujourd'hui, à s'enfermer dans une sorte d'intégrisme qui ne veut pas évoluer, on s'aperçoit que petit à petit, notre position est marginalisée. Voilà, donc je pense qu'aujourd'hui, il est normal qu'un leader de l'opposition, simplement, je répète, dialogue. La position de la France, elle est arrêtée par ce gouvernement. Mais sur la Syrie, on a du mal à la comprendre.

2:39
Invité

Mais dialoguer, ça dépend aussi avec qui. Et c'est bien pour ça qu'on parle de diplomatie parallèle, que certains envisagent une diplomatie parallèle. Est-ce que vous allez rencontrer, par exemple, le président de la Douma, Sergei Naryshkin, qui est sur la liste des personnalités russes sous le coup des sanctions économiques européennes dans le cadre du conflit avec l'Ukraine ?

2:55
Thierry Mariani

Je peux vous dire, je pense qu'à titre personnel, je rencontrerai, comme les membres de la délégation, Sergei Naryshkin, qui est un ami, qui est décoré de la Légion d'honneur, qui est sur la liste des sanctions. Tout simplement, pourquoi ? Parce qu'il était le président de la Douma au moment d'un vote. Je crois que c'est quelqu'un qui est un grand ami de la France et je pense qu'on a intérêt à dialoguer avec lui, que je sache que ce n'est pas un voyou.

3:15
Invité

Ce n'est pas un voyou, mais ça pose problème quand l'État français tient une stratégie et que vous, dans l'opposition, allez finalement détruire, ou en tout cas écorcher, abîmer cette diplomatie étrangère.

3:25
Thierry Mariani

Je vais vous dire, si ma position personnelle ou d'autres parlementaires s'est décorchée, en réalité, ces sanctions qui sont aujourd'hui totalement inutiles et totalement contre-productives, je ne vais pas pleurer. Très sincèrement, un certain nombre de responsables politiques russes, vous le savez, sont placés sous sanctions, puisqu'ils ne peuvent même pas venir en France. Deux ans après la mise en place de ces sanctions, on s'aperçoit qu'elles n'ont servi à rien. C'est même pire, puisque ceux qui les avaient prises au départ voulaient tout simplement affaiblir le régime de Vladimir Poutine. Il n'a jamais été aussi populaire.

3:54
Présentateur

Thierry Mariani, est-il aussi contre-productif, selon vous, de ne pas discuter avec Bachar el-Assad ?

3:59
Thierry Mariani

Je pense qu'aujourd'hui, la Syrie est un interlocuteur au moins incontournable dans un premier temps. Qu'est-ce qu'on veut ? On veut le chaos. On a eu le chaos en Irak.

4:10
Présentateur

Mais Bachar el-Assad, ce n'est pas le chaos.

4:11
Thierry Mariani

On a eu le chaos en Irak. On a eu le chaos en Libye. Détruire Bachar el-Assad sans savoir exactement ce qu'on va mettre, c'est créer un troisième chaos. On a vu les conséquences. Je pense qu'il faut, à terme, bien sûr, que ce régime change. Ce régime n'est pas un régime qu'on peut soutenir. Mais, pardonnez-moi, quel est l'ennemi de la France ? Moi, je suis français. Aujourd'hui, je me dis qu'il y a un attentat terroriste. Je me sens menacé par les islamistes. Et je pense qu'avant tout, c'est le principal danger. Or, pour revenir sur la Russie, la Russie a une stratégie claire. C'est d'abord détruire les terroristes et après trouver une solution pour la Syrie.

Et je pense qu'aujourd'hui, à vouloir courir, pardonnez-moi, deux lièvres à la fois, on n'a aucune visibilité, aucune stratégie là en Syrie.

4:51
Invité

Sauf là encore que l'État français, François Hollande le Premier, l'a dit. Il n'est pas question pour l'instant d'envisager l'avenir de la Syrie avec... Mais il est le seul. On est le seul aujourd'hui à dire ça. avec Bachar el-Assad. Et donc, il n'y aura pas de contact direct, selon François Hollande. Vous pensez autrement et vous allez faire autrement. Encore un mot sur la délégation de trois députés républicains, Jean-Frédéric Poisson, Véronique Besse, Xavier Breton, qui vont rentrer de Damas aujourd'hui. Quels sont-ils partis faire en Syrie ?

5:15
Thierry Mariani

Écoutez, vous leur poserez la question. Je pense que ça fait partie, je le répète là aussi, des contacts normaux que peuvent avoir des parlementaires d'opposition pour essayer de comprendre la situation internationale. Ils sont rendus sur le terrain.

5:26
Invité

Eh bien, bon voyage. Vous partez tout à l'heure à Moscou. Thierry Mariani, député républicain des Français de l'étranger. C'était ce matin l'invité de France Inter. Merci, bonne journée. Merci.