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AutreC dans l'air (sur YouTube)· 17 décembre 2024 10 minActualité / polémiqueSantéOutre-merSécuritéSolidarités & famille

Mayotte : la dévastation et l'urgence - Reportage C dans l'air 17.12.2024

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 4:48OuverteRéponse directe

    Que savez-vous de la situation sanitaire sur place ?

  • 7:28OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous redoutez le plus dans les heures qui viennent, Dominique Voinet ?

  • 9:17OuverteRéponse directe

    Les crises migratoires, sanitaires et sociales ne font que s'amplifier à Mayotte avec ce cataclysme. Comment le peuple va-t-il se relever ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44PrésentateurChiffre
    « Samedi matin, des rafales de vent à plus de 220 km heure ont frappé l'archipel français. »
  • 1:01PrésentateurFait
    « Le cyclone Chido est le plus intense qu'ont connu les Mahorais en 90 ans. »
  • 1:48PrésentateurChiffre
    « À ce stade, le bilan officiel fait état de 20 morts. »
  • 2:20Locuteur non identifiéChiffre
    « Je pense qu'il y aura certainement plusieurs centaines. Peut-être approcherons-nous le millier, voire quelques milliers. »
  • 3:07PrésentateurChiffre
    « Sur les cinq blocs opératoires, deux seulement sont en état de fonctionnement. »
  • 4:28Locuteur non identifiéFait
    « Gérald Darmanin, alors ministre, disait qu'il y avait plus de policiers à Mayotte et de gendarmes qu'à Marseille, Lyon et Lille réunis. »
  • 5:18Locuteur non identifiéFait
    « de petites terres à Mamoudzou, Kungou, Kawénie, là où sont finalement concentrés les équipements les plus stratégiques. »
  • 6:38Locuteur non identifiéChiffre
    « Il y a un seul hôpital qui a été construit pour une population qui n'excédait pas à 150 000 personnes. »
  • 6:42Locuteur non identifiéChiffre
    « On considère qu'il y a plutôt trois fois plus d'habitants aujourd'hui à Mayotte. »
  • 7:20Locuteur non identifiéPromesse
    « Depuis trois ou quatre ans, été promis un deuxième hôpital à Mayotte, c'était une urgence et je dois déplorer que ça n'ait pas été fait. »
  • 8:43Locuteur non identifiéFait
    « on était sur un régime de fourniture d'eau un jour sur deux ou un jour sur trois selon les quartiers. »
  • 8:53Locuteur non identifiéFait
    « Le choléra est survenu alors même qu'il n'y avait pas de cyclone. »

Temps de parole

  • Locuteur non identifié44 %
  • Présentateur19 %
  • Locuteur non identifié 215 %
  • Locuteur non identifié 36 %
  • Locuteur non identifié 45 %
  • Invité3 %
  • Invité 23 %
  • Invité 32 %

1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Présentateur

A Mayotte, voici le paysage du jour d'après. Un amas de débris. Le cyclone Chido a tout balayé sur son passage. Cet habitant peine à se frayer en chemin jusqu'à sa maison, en grande partie détruite.

0:30
Invité

Avec le cyclone qui est arrivé, toutes les maisons étaient rasées. Moi j'ai perdu la mienne. Je n'ai pas de télé, plus de frigo, tout est parti. Moi j'ai juste sorti mes enfants pour les amener à l'école.

0:44
Présentateur

Samedi matin, des rafales de vent à plus de 220 km heure ont frappé l'archipel français. Le cyclone Chido est le plus intense qu'ont connu les Mahorais en 90 ans.

1:07
Invité

J'ai couru sous la table à manger qui heureusement est en voie massif. Donc en fait elle, elle n'a pas bougé du tout. Donc on s'est réfugié sous la table. Et en fait au moment où on se réfugiait sous la table, le toit s'envole. Je ne réalise toujours pas en fait que c'est ce qui s'est passé. Je ne m'attendais pas à ça.

1:27
Présentateur

A Mayotte, un tiers de la population vit dans de l'habitat précaire. Ces constructions de fortune fabriquées en bois et avec des toits de tôle ont été entièrement détruites. Les maisons plus solides n'ont pas été épargnées non plus. Dégâts matériels et humains. À ce stade, le bilan officiel fait état de 20 morts. Bien loin de la réalité, selon le préfet.

1:55
Locuteur non identifié

Je n'imagine pas que nous n'ayons malheureusement pas plus de victimes que je ne pourrais pas décompter. Je le dis de façon officielle. Pourquoi ? Parce que la tradition musulmane, c'est d'enterrer les personnes dans les 24 heures. Ce qui est une tradition, évidemment, que le préfet de Mayotte ne remettra pas en cause. Et par conséquent, il sera très difficile d'avoir un bilan final. Je pense qu'il y aura certainement plusieurs centaines. Peut-être approcherons-nous le millier, voire quelques milliers.

2:26
Présentateur

Le préfet a levé l'alerte rouge. Les habitants tentent maintenant de trouver à boire et à manger.

2:36
Invité

On n'a plus rien. Le vent a tout emporté. On avait fait les stocks-là, mais le vent a tout emporté.

2:42
Présentateur

Dans ce supermarché, le gérant a décidé de rationner les clients.

2:46
Invité

J'ai limité l'eau parce que tout le monde aura un minimum impact d'eau. Il y a tout ce qu'il faut normalement du trou, mais c'est juste que les fratons se calment un petit peu.

2:56
Présentateur

L'hôpital de Mayotte a lui aussi été durement touché. Les couloirs sont inondés. Sur les cinq blocs opératoires, deux seulement sont en état de fonctionnement. Hier, un hôpital de campagne a été envoyé depuis la Réunion. Un pont aérien relie l'île à Mayotte pour acheminer de l'aide matérielle et des renforts humains. Depuis ce matin, le ministre de l'Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau constate les dégâts sur place.

3:33
Invité

Le cyclone Chido a frappé le département le plus pauvre de France.

3:50
Présentateur

De quoi rendre la gestion de la catastrophe plus difficile encore. Emmanuel Macron préside en ce moment une réunion de crise.

3:58
Locuteur non identifié

Et cette question qui nous est posée ce soir, au lieu de présider une réunion de crise, Emmanuel Macron ne devrait-il pas se rendre lui-même à Mayotte ? Je ne suis pas sûr que la présence du président de la République, avec ce que ça entraîne de sécurité et de protocole, soit une bonne idée. D'autant qu'il sera totalement inutile sur place. Il vaut mieux coordonner depuis Paris un maximum de choses. Ce n'est pas la même chose pour le ministre de l'Intérieur, parce qu'il a l'autorité directe sur les préfets. Il y a beaucoup de policiers et de gendarmes sur place qui devaient gérer la situation migratoire.

Gérald Darmanin, alors ministre, disait qu'il y avait plus de policiers à Mayotte et de gendarmes qu'à Marseille, Lyon et Lille réunis. Ça a dû bouger un peu depuis... Donc ça veut dire qu'il y a des effectifs qui sont opérationnels et qui peuvent aider ? Et qui peuvent aider, et qui sont formés surtout pour aider dans ce genre de catastrophe. Enfin, le ministre de l'Intérieur, c'est le ministre des Cultes. Et on a bien entendu avec l'intervention du préfet que cette dimension-là, elle a son importance. Alors nous sommes en ligne ce soir avec Dominique Voinet. Bonsoir, merci d'être avec nous ce soir.

Vous connaissez très bien Mayotte, vous êtes députée, mais vous avez été directrice de l'Agence régionale de santé à Mayotte. Que savez-vous, j'imagine que vous avez eu des personnes en ligne, que savez-vous de la situation sanitaire sur place ? Alors le cyclone, il a balayé la partie la plus dense, la mieux équipée et la plus stratégique de Mayotte, de petites terres à Mamoudzou, Kungou, Kawénie, là où sont finalement concentrés les équipements les plus stratégiques.

Mais les professionnels qui sont à l'hôpital, ou à l'ARS, ou à la préfecture, ont accès à des moyens de communication, alors que la plupart des réseaux ont été détruits, et qu'on n'a pas forcément de nouvelles, des familles, des amis, des collègues qui ne sont pas sur place. Ce qu'on peut dire, effectivement, c'est que la situation est catastrophique, que la première phase la plus urgente, la plus vitale, n'est pas achevée. On continue à chercher sous les tôles, dans les gravats, des corps ou des blessés. Ça, c'est l'urgence numéro un. Ensuite, on est en train de travailler, c'est l'urgence numéro deux, à la production d'eau potable.

Je dois reconnaître, je dois admettre, que la France n'est pas dotée d'une grande culture de risques majeurs, et qu'on l'avait déjà vu lors du cyclone Belna en 2019, mais aussi lors du Covid. On est totalement sous-équipé, à Mayotte comme en général en France, pour ce qui concerne ce type d'équipement. Sur les équipements hospitaliers, l'hôpital a été touché. J'entendais chez nos confrères de France Info ce matin un médecin qui disait « Ma maison s'est envolée, ma voiture n'est plus opérationnelle, je me suis réfugiée dans mon bureau, il pleut dans mon bureau, comme il pleut dans les salles d'examen, il pleut dans le bloc opératoire. » L'hôpital, il y en a un, à Mayotte, à Mamoudzou ?

Il y a un seul hôpital qui a été construit pour une population qui n'excédait pas à 150 000 personnes. On considère qu'il y a plutôt trois fois plus d'habitants aujourd'hui à Mayotte, donc la situation est très grave. Pendant le Covid, on pouvait évacuer des patients les plus graves vers la Réunion, ce n'est plus possible aujourd'hui. Vous savez que l'aéroport a quand même été durement frappé aussi par le cyclone. Je crois que les médecins, les infirmiers, les urgentistes ont fait face d'une façon admirable.

Évidemment, les patients ne sont pas accueillis dans les conditions hôtelières, ils sont accueillis dans des conditions d'urgence, presque des conditions de guerre, mais je crois que l'hôpital fait face. Depuis trois ou quatre ans, été promis un deuxième hôpital à Mayotte, c'était une urgence et je dois déplorer que ça n'ait pas été fait. À distance de la catastrophe, on devra tirer le bilan de tout ça. Qu'est-ce que vous redoutez le plus dans les heures qui viennent, Dominique Vouanet ? Encore une fois, vous connaissez parfaitement la situation sanitaire sur place.

La détresse des gens qui ont tout perdu, vous savez que beaucoup des quartiers informels, comme on dit, des quartiers de bidonville en fait, sont construits dans des ravines avec des sous-bassements pneus entassés sur lesquels il y a des planches et des tôles. Et les familles misérables qui vivent là, outre les vêtements qu'elles ont sur le dos, elles possèdent souvent quelques bassines et quelques casseroles. Et donc, elles n'ont plus rien, elles n'ont plus rien. Donc, certaines des familles tentent de trouver de l'eau et des aliments dans les écoles qui elles-mêmes sont largement détruites.

Je ne vais pas dire heureusement parce qu'il n'y a rien d'heureux là-dedans, mais il se trouve que les congés de l'hiver austral sont en train de commencer et que pendant un mois, il n'y aura pas d'enfants dans les écoles de Mayotte. Donc, elles peuvent assumer ce rôle d'accueil d'urgence des familles les plus déshéritées. On parlait de l'eau tout à l'heure. En 2024, il y avait une épidémie de choléra avec des pénuries d'eau. La question de l'accès à l'eau potable était déjà un problème avant. Ça ne va pas s'arranger ? Alors, on ne peut pas parler à l'imparfait pour ce qui concerne les pénuries d'eau. Elles existent toujours.

Et à l'heure où je vous parle, on était sur un régime de fourniture d'eau un jour sur deux ou un jour sur trois selon les quartiers. Et donc, la menace d'une épidémie majeure, elle est évidemment dans toutes les têtes. Le choléra est survenu alors même qu'il n'y avait pas de cyclone. Donc, l'incapacité de la plus grande partie de la population d'avoir accès à de l'eau potable est évidemment un problème majeur. Il n'y a pas non plus réellement de réseau d'assainissement efficace à Mayotte. Donc, si les excréments humains ou animaux se retrouvent dans les rivières ou dans les rares points d'eau disponibles, ce sera aussi dramatique.

J'ai une question pour vous de la part de Catherine, pour vous Dominique Voinet. Les crises migratoires, sanitaires et sociales ne font que s'amplifier à Mayotte avec ce cataclysme. Comment le peuple va-t-il se relever ? Est-ce que vous posez cette question ? Alors, je ne sais pas. J'ai envie de vous dire qu'on peut être optimiste. On a été capable de reconstruire Notre-Dame de Paris en quatre ans. On doit être capable de mobiliser autant d'énergie, autant d'argent, autant de ressources intellectuelles, autant d'inventivité et de courage que ça a été le cas à Notre-Dame. On a été capable de faire des choses, autant d'inventivité et de courage que ça a été le cas à Notre-Dame.