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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 27 décembre 2021 26 min

Le Covid-19 et les fêtes, les meetings de campagne, Valérie Pécresse... Le "8h30 franceinfo" de Brice Hortefeux

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bienvenue si vous nous rejoignez sur France Info, la radio ou sur France Info, canal 27. Je salue tout d'abord Jean-François Aquilly. Bonjour. Bonjour. Il sera à mes côtés tous les jours cette semaine pour l'invité de 8h30. Et bonjour à vous Brice Hortefeux.

0:12
Brice Hortefeux

Bonjour.

0:13
Présentateur

Merci d'avoir accepté notre invitation ce lundi matin. Vous êtes député européen, les Républicains, ancien ministre de l'Intérieur et soutien de Valérie Pécresse. On évoquera bien sûr la campagne présidentielle au cours de cet entretien. Mais je vous propose qu'on commence tout d'abord par ce conseil de défense sanitaire qui aura lieu tout à l'heure à 16h. Est-ce que vous attendez, vous, aujourd'hui, Brice Hortefeux, du gouvernement de nouvelles mesures ?

0:35
Brice Hortefeux

Bon, naturellement. Mais il y a vraiment une première réalité. C'est que personne autour de cette table n'est ni médecin ni scientifique. Et si l'on est capable de dire la date à laquelle cette pandémie a débuté, c'est-à-dire que ça fait déjà un peu plus de deux ans, personne, personne, aujourd'hui, ne peut dire quand elle prendra fin. Donc, bien sûr, ce n'est pas la peste du Moyen-Âge qui avait décimé le tiers, plus du tiers de la population européenne. Mais force est de reconnaître qu'aujourd'hui, la science ne permet pas d'éclairer suffisamment les responsables politiques dont la mission est de proposer des mesures pour protéger notre société. Pourquoi je vous dis ça ?

C'est parce que je ne veux pas être caricatural et critiquer pour le plaisir de critiquer. Je comprends très bien que cela est très difficile. Mais finalement, que savons-nous, nous, simples citoyens ? On sait aujourd'hui trois choses. Un, que le virus tue. Il a tué 123 000 personnes dans notre pays. Deux, que les vaccins sont efficaces à 70 à 80% des cas, en tout cas des formules les plus graves. C'est la deuxième chose que l'on sait. Et la troisième chose que l'on observe, c'est qu'il y a 5 600 000, pardon, 5 600 000 de nos compatriotes qui ne sont pas vaccinés et dont une partie refusera systématiquement d'être vaccinés.

2:11
Présentateur

Et quels enseignements vous tirez de ces informations ? Parce qu'on ne sait pas tout, mais on sait des choses, la preuve.

2:16
Brice Hortefeux

Oui, on sait, on observe plusieurs choses. Déjà, sur les scientifiques et économistes, parce que les scientifiques passent la main aux économistes sur ce sujet. C'est que, un, on sait que ce tsunami va déferler, le micro va déferler. Deuxièmement, on sait qu'il va y avoir, c'est l'Institut Pasteur qui nous l'a appris tout récemment, qu'il allait y avoir une flambée des hospitalisations 1000 par jour, dont 250 cas graves. Donc, ça va faire entraîner une tension. Et troisième élément, c'est là où les économistes interviennent.

Et donc, à mon avis, qu'on devrait écouter, les économistes nous disent que cela peut désorganiser notre société, avec notamment ce qui a été observé sur les six dernières semaines. C'est rien, six semaines. Et là aussi, une explosion des arrêts de travail, une augmentation de, je crois, 740% des arrêts de travail. Et on voit qu'il y a déjà des organisations. Donc, tout ceci pour vous dire que, un, le gouvernement aurait dû, à mon avis, observer ce que font nos voisins.

3:18
Invité

Et deux, prendre d'autres mesures. Qu'il a tardé à prendre certaines décisions ? Ou il ne s'est pas inspiré des voisins ?

3:24
Brice Hortefeux

Moi, je suis député européen. Je discute avec mes collègues des 27 pays de l'Union, enfin, 26 pays de l'Union européenne. Et que, qu'est-ce qu'on retient de cela ? On retient qu'ils ont, pour la plupart, tous pris des mesures. Un exemple. Je vous donne un exemple. Les Pays-Bas, ils ont décidé des mesures dès le 19 décembre. Et ils ont confiné les 17,5 millions d'habitants des Pays-Bas depuis le 19 décembre. Si vous prenez l'Allemagne, le puissant voisin, l'Allemagne, ils ont fermé les clubs, ils ont fermé les discothèques. Ils ont empêché, ils ont décidé que toutes les manifestations sportives devaient être à huis clos. Si vous prenez la Finlande, la Finlande a décidé d'un couvre-feu.

Ça veut dire qu'il aurait fallu reconfiner le Portugal ? Ils ont imposé le télétravail. Donc, tout ceci. Là aussi, pour vous dire, écoutez, regardez ce qui se passe autour de nous. Donc, moi, ce que j'attends, pour répondre précisément à votre question, d'abord, j'observe que, enfin, je sais, comme vous, que le gouvernement a tout misé sur la vaccination. Et aujourd'hui, tous les scientifiques, tous, et l'OMS, nous expliquent qu'on ne s'en sortira pas simplement avec la vaccination. Donc, j'attends, un, un rappel naturellement des mesures d'hygiène. Et on voit bien que, dès que le gouvernement lâche le pied sur la communication, ça a des conséquences.

On l'observe, vous savez comment on le sait. On le sait parce que les ventes de gel hydraulique sont en baisse. Il faut naturellement... Ils ne communiquent pas assez, le gouvernement. Ils n'insistent. Non, ils ont tout misé sur la vaccination, à l'inverse de ce que font tous nos voisins. Attendez, il faut, vous me demandez ce qu'il faut faire. Il faut donc rappeler les mesures d'hygiène, rappeler les gestes barrières. Il faut se poser la question des restrictions nocturnes. Le gouvernement a fermé les discothèques, mais vous voyez bien, je vous ai cité quelques-unes, je pourrais vous en citer 7 ou 8 en Europe, où ils ont été beaucoup plus loin.

Il faut, comme l'a fait Valérie Pécret, se poser la question du report de la réouverture des classes. La rentrée scolaire, oui. La rentrée scolaire, il faut se poser la question des jauges en cas de rassemblement. Il y a toute une panoplie de mesures qui n'ont pas été prises et qui devraient être prises. Tout ceci pour vous dire quoi ? C'est ce que, et je le regrette, parce que j'aimerais pouvoir vous dire l'inverse, mais ce gouvernement, dans la gestion de cette crise sanitaire, n'est jamais en avance, rarement dans les temps, et le plus souvent en retard. Et nous sommes en retard.

5:58
Invité

Vous dites nous sommes en retard, Brice Hortefeux. Emmanuel Macron, c'était sur TikTok jeudi dernier, avait invité les Français à se montrer vigilants pour le réveillon de Noël. La vigilance, c'est évidemment de continuer à avoir nos gestes barrières contre le virus, le masque, se laver régulièrement les mains, tenir les distances, aérer régulièrement les pièces où nous sommes. Et puis c'est également d'aller vous faire vacciner. Je ne sais pas si vous êtes TikTok, Brice Hortefeux, en tous les cas c'est passé partout, cet extrait-là. Vous dites quoi ? Il ne donne pas assez de conseils ?

Est-ce qu'il prend un risque là, Emmanuel Macron, de, comme vous le dites vous, selon vous, d'être en retard, peut-être pas prendre les décisions les plus drastiques ?

6:37
Brice Hortefeux

Écoutez, je l'observe, la plupart des pays ont pris des mesures. Il prend un risque. Il prend un risque. Gouverner, c'est pas simplement prévoir, c'est naturellement prendre des risques et les assumer. Et vous voyez bien d'ailleurs cette réticence à prendre des risques, à prendre ses responsabilités. On va proposer au Parlement un pass vaccinal. Je pense personnellement que c'est une bonne chose, mais que ce n'est pas suffisant. Mais observez, le gouvernement n'emploie pas le mot, il hésite, et le président de la République, enfin, il hésite à employer le vrai mot. Qu'est-ce que c'est le vrai mot ? Pass vaccinal, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire obligation vaccinale.

Vous l'avez entendu, vous, dans la bouche ? Vous souhaiteriez que ce soit dit obligation vaccinale ? Cette approche où on ne dit pas les choses telles qu'elles sont et on ne prend pas la panoplie de mesures fait que nous n'en sortons pas bien. Et cela me ramène, il y a quelques mois, où quand c'était le pic de la précédente pandémie, enfin, le précédent variant, nous étions déjà très mal placés. Je rappelle, et quelquefois, d'ailleurs, on me le reproche, que le site Bloomberg nous passait pour la gestion de la crise sanitaire à la 42e place sur 53 pays. Et immédiatement, on a dit, oui, mais depuis, ça a évolué.

Mais vous savez, ce qui est intéressant, c'est de voir comment on gère au moment où c'est le plus difficile. Si on fait une gestion de, je ne sais pas quoi, de la rougeole, à mon avis, on est bien placé aujourd'hui.

8:05
Présentateur

On va continuer à parler de la manière, effectivement, dont le gouvernement gère cette nouvelle vague épidémique. On va d'abord s'interrompre à 8h40 pour faire le point sur l'actualité de ce lundi matin. C'est le Fil Info avec Laurence Méride.

8:17
Invité

Des avions cloués au sol dans le monde entier pendant le week-end de Noël. Près de 8000 vols ont été annulés. Plusieurs pilotes et hôtesses de l'air sont en quarantaine après des tests Covid positifs. Ce sont surtout les passagers américains et chinois qui sont concernés. Le Covid et son variant Omicron au menu du Conseil de défense sanitaire ce lundi. Selon les pistes du gouvernement que vous dévoile France Info, il n'y aura pas de couvre-feu le 31 décembre ni de prolongation des vacances scolaires.

Cependant, l'obligation du port du masque à l'extérieur va de nouveau être à l'ordre du jour, en particulier dans le centre de certaines grandes villes et en cas d'attroupement sur décision préfectorale. Le détenu qui s'est évadé de la maison d'arrêt d'Oni et sa complice ont été interpellés hier. Retrouvés à Düsseldorf, en Allemagne, le jeune homme de 28 ans avait simulé une tentative de suicide pour s'enfuir lors d'un transfert vers l'hôpital. Les nouvelles aventures de Spider-Man écrasent la concurrence au box-office. C'est le premier film de l'air Covid à dépasser le milliard de recettes, de dollars de recettes. France Info

9:22
Présentateur

Et toujours avec nous, Brice Hortefeux, député européen, les Républicains, ancien ministre de l'Intérieur, soutien de Valérie Pécresse pour l'élection présidentielle qui approche. Vous évoquiez à l'instant le manque d'anticipation que vous regrettez de la part du gouvernement, les mesures que vous auriez voulu mettre en place si vous étiez en capacité de le faire, les restrictions nocturnes, les jauges par exemple. Est-ce que vous ne craignez pas tout de même l'effet qu'auraient ces mesures sur l'économie après un an et demi déjà de restrictions diverses et variées ?

9:55
Brice Hortefeux

Justement, pour éviter cela, vous avez une étude très intéressante publiée par un institut, je ne vois, pardonnez-moi, j'ai oublié son nom, qui montre que la capacité de dissémination de ce virus fait que l'on pourrait atteindre quasiment un million de personnes, avec une espèce de projection et donc ça désorganiserait l'économie. Donc il faut anticiper et pour une fois et ne pas encore une fois être en retard. Donc j'entendais dans vos informations la question des restrictions à l'occasion du réveillon. Bien sûr, c'est un effort pour tout le monde, c'est un effort pour chacun, c'est un effort pour moi. Il faut bien réfléchir à quel est l'intérêt.

L'intérêt c'est quand même de protéger chacun de nous, protéger notre société. Et j'observe par exemple qu'aux Pays-Bas, le pays dont je parlais tout à l'heure, ils ont demandé à ce que la soirée du 31, les personnes, les familles ou les amis se regroupent à 4 maximum. Vous voulez dire quoi ? Il faut un couvre-feu le 31 au soir ? Je n'emploie pas le mot couvre-feu parce que chez nous ça a une sonorité qui est une sonorité avec connotation historique que personnellement je trouve trop violente. Mais je pense qu'il est possible d'envisager des restrictions.

Par exemple, en Allemagne, vous avez, pour prendre encore une fois un voisin, vous avez une décision qui a été prise, pas plus de deux personnes quand on n'est pas vacciné.

11:22
Présentateur

Mais comment on fait respecter ce type de mesures ?

11:24
Brice Hortefeux

Par des contrôles, par des contrôles, vous savez, il y a un système aléatoire, il peut y avoir... Un système aléatoire chez les gens ? Toute panoplie, une observation, et puis il y a l'appel à la responsabilité, on leur dit voilà, pour vous protéger. Et là, je trouve qu'on ne met pas suffisamment l'accent. Pourquoi ? Parce que pendant des semaines et des semaines, le gouvernement a tout misé sur la vaccination et aujourd'hui, le monde entier sait que cela n'est pas suffisant. J'aimerais que la France suive le monde entier. Voilà. Ne soit pas à l'écart.

11:52
Invité

Mais pris sorte feu, le 31 au soir, la Saint-Sylvestre, vous avez été ministre de l'Intérieur, vous avez d'ailleurs été confronté jadis à ce phénomène des voitures brûlées tous les 31 décembre au soir. Là, il y aura cette difficulté-là et évidemment et éminemment des risques de contamination massifs, majeurs. Que faut-il faire ce soir-là ? Faut-il interdire les jeunes de sortir pour de multiples raisons, dont éminemment la contamination ? Est-ce qu'il faut créer, alors vous ne voulez pas du mot couvre-feu, mais un moment où les gens seraient empêchés de sortir dehors ? Est-ce qu'il faut prendre cette mesure-là ?

12:26
Brice Hortefeux

Il y a deux sujets. Vous me parlez des voitures brûlées. Vous savez que c'est une soirée particulière ? C'est bien sûr. Les voitures brûlées, vous savez, j'avais cassé leur système, qui a d'ailleurs été rétabli, je crois, sous François Hollande. Malheureusement, j'avais dit plus de courses, poursuites et de paris stupides et d'émulations débiles, avec une espèce d'émulation, justement, entre les quartiers, les voitures brûlées, etc. J'avais dit qu'on ne donne plus le chiffre le soir de Saint-Sylvestre, on donne le chiffre annuel. Comme ça, c'est éviter cela.

Deuxièmement, oui, il faut éviter, c'est pour ça que je parle de restrictions, et encore une fois, je dis bien que c'est difficile, je comprends bien que c'est pénible, ce sont des moments de retrouvailles, ça a pu être le cas au moment du soir de Noël, mais la situation, telle que les scientifiques nous l'expliquent, je ne fais que répéter ce que j'entends, mais le rôle d'un politique, c'est de prendre des décisions. Et je serai en responsabilité, je prendrai une décision qui serait une décision de restriction à l'occasion de cette fin d'année.

13:27
Présentateur

Brice Hortefeux, est-ce qu'il faut, dans ce contexte, restreindre, voire interdire, les grands rassemblements politiques ?

13:33
Brice Hortefeux

Non, c'est difficile. En tout cas, au minimum, il faut fixer des jauges. Ça, c'est le minimum du minimum. Et vraisemblablement, si ce que, encore une fois, les épidémiologistes nous annoncent, se confirment, il faut certainement prendre acte et se poser la question de comment doit fonctionner la campagne.

13:54
Invité

C'est-à-dire, plus de meeting ? Par exemple, prenez le 4 janvier, Valérie Pécresse inaugure son QG de campagne. Vous l'annulez ?

14:01
Brice Hortefeux

C'est une décision qu'elle devra prendre, difficile, qu'elle devra prendre dans les heures qui viennent, bien sûr. Mais ça veut dire qu'il faudra envisager d'autres formes. D'ailleurs, tant mieux pour vous. Parce que, s'il n'y a pas ces réunions publiques, naturellement, il faudra que les candidats s'appuient sur les médias, sur les chaînes info, sur les supports précis, sur les réseaux sociaux, je pense que c'est terminé, oui, pour cette période qui s'ouvre. Je pense que ça sera, je pense que c'était d'ailleurs difficilement, enfin, c'était, à mon avis, compliqué d'organiser ces réunions dans le climat, déjà, qui existait au moment de ce meeting.

Nous-mêmes, nous avons fait preuve de responsabilité, c'est d'ailleurs peut-être ça aussi, quand on est un parti de gouvernement. Nous-mêmes, on avait prévu une grande réunion début janvier, pardon, mi-décembre, c'était le 11 décembre, et ça a été transformé en un conseil national, à 1000, 1500 personnes, et pas du tout la jauge de plusieurs milliers de personnes qui avaient été envisagées par Christian Jacob. Et il a pris la décision, qui est une décision difficile, mais qui est, à mon avis, une décision indispensable, d'y renoncer.

15:15
Présentateur

Comment vous imaginez la campagne, alors, qui va s'accélérer à partir de début janvier, où va-t-elle se mener, cette campagne ?

15:20
Brice Hortefeux

Eh bien, ça sera, bien sûr, dans les médias, mais après tout, vous êtes là pour ça, bien particulièrement dans les chaînes info, qui ont l'espace et le temps.

15:29
Invité

Il y a quoi, des débats ?

15:31
Brice Hortefeux

Ça peut être des débats, ça peut être des expressions, ça peut être des faces aux journalistes, ça peut être face aux citoyens, ce qu'on a déjà connu. C'est naturellement, sans doute, et peut-être là aussi, une bonne nouvelle, finalement, pour la presse écrite, qui souffre beaucoup, parce que l'information se fera aussi par là, et puis, naturellement, par les réseaux sociaux. Alors, avec tous les travers que peuvent entraîner, naturellement, l'utilisation de ces réseaux sociaux. Mais je crois qu'on ne fera pas l'impasse sur un renforcement comme support de communication de ce que je viens de vous indiquer. Ça veut dire que Valérie Pécresse va se lancer sur TikTok aussi ?

Écoutez, vous lui poserez la question, mais elle est très férue de ces sujets, il connaît parfaitement les réseaux sociaux, elle y est très attentive, et pour ça, elle est beaucoup plus de son époque que moi.

16:20
Présentateur

Ça veut dire, de façon plus sérieuse, est-ce que vous estimez qu'elle ne sera pas désavantagée par ce nouveau type de campagne qui est imposée par la situation sanitaire ? On l'a dit, parfois, plus à l'aise dans un débat sur un plateau que dans un grand meeting.

16:31
Brice Hortefeux

Oui, elle a démontré, enfin, je ne vais pas vous contredire, mon rôle n'est pas non plus de vous approuver, mais oui, il y a cette réalité. Elle a montré pendant la campagne interne de notre famille politique qu'elle était très bonne, la plus bonne, mais pour une raison simple, c'est que, vous savez, on peut avoir tous les artifices de communication, s'il n'y a pas le fond, on ne peut pas tromper. Et donc, elle était certainement la plus prête, elle avait travaillé, elle avait un projet, elle avait un programme, et cela est apparu, et c'était justice, finalement.

17:05
Présentateur

On va en parler du programme, justement, dans un instant, 9h moins 10, le point sur l'actualité de ce lundi matin, c'est le Filinfo avec Laurence Méride.

17:13
Invité

La situation épidémique réévaluée lors d'un conseil de défense sanitaire cet après-midi, selon les informations de France Info, pas question d'un couvre-feu le 31 décembre ou d'un report de la rentrée scolaire, mais l'obligation du port du masque à l'extérieur est de nouveau à l'ordre du jour, département par département, sur décision préfectorale. A 17h, le projet de loi sur le pass vaccinal sera présenté lors d'un conseil des ministres exceptionnel. Les funérailles de Desmond Tutu auront lieu samedi prochain, 1er janvier, au CAP, la capitale législative d'Afrique du Sud.

Elles se tiendront à la cathédrale Saint-Georges, l'ancienne paroisse de l'archevêque, icône de la lutte contre l'apartheid. Desmond Tutu est mort hier à l'âge de 90 ans. Quelles sanctions après les incidents lors des 32e de finale de Coupe de France de football, Paris FC, Olympique lyonnais ? La commission de discipline de la Fédération française de foot entend ce matin les différentes versions des représentants des clubs et des officiels du match. La commission peut décider d'un vainqueur sur tapis vert ou de faire rejouer la rencontre. A cause du Covid, des rencontres de top 14 de rugby annulées en plein Boxing Day hier, Seul match maintenu, Castres, vainqueur de Perpignan, 20 à 19.

A suivre aujourd'hui, Biarritz-Montpellier à 19h et La Rochelle-Lyon à 21h05. A bris sorte feu, la campagne de Valérie Pécresse a démarré. Autour de Patrick Stéphanini, son directeur de campagne, c'est le retour des fillonistes. Même équipe que celle de 2016-2017.

18:50
Brice Hortefeux

Non, c'est le retour de l'unité. Vous en êtes sûr ? C'est le retour de l'unité. Patrick Stéphanini, je le connais bien, il a été proche d'Alain Juppé, il a travaillé d'ailleurs à mes côtés, nous avons travaillé ensemble quand j'étais ministre de l'Immigration, et aujourd'hui, il est engagé pleinement aux côtés de Valérie Pécresse, j'allais dire, depuis plusieurs années. C'est le retour de l'unité. D'abord parce que nous avons connu des périodes de division. Mais l'équipe, là, elle est très filloniste. Attendez, non, c'est le retour de l'unité.

Nous avions connu des périodes de division, et grâce en grande partie à Christian Jacob, tous ceux qui voulaient renverser la table, finalement, ils sont restés. Donc c'est un bon signal. Deuxièmement, Valérie Pécresse, elle, je l'observe, je vois comment elle agit, et je suis sûr qu'elle a à la fois la volonté d'unir et la capacité de rassembler. Et elle ne veut pas fédérer des chapelles, elle veut construire une cathédrale, celle de l'alternance. C'est ça, son ambition.

Donc aujourd'hui, il y a ceux qui ont pris position très tôt pour elle, dont je fais partie, il y a ceux qui ont fait d'autres choix, d'autres sensibilités, d'autres parcours, mais son message est simple, clair et net, peu importe les sensibilités, peu importe les histoires, peu importe les parcours, peu importe les précédents choix, tout le monde est à égalité sur la même ligne de départ pour bâtir l'alternance. C'est sa conviction. Mais vous avez des sarkozistes, bien sûr, vous savez, sarkoziste un jour, sarkoziste toujours, me concernant, mais vous avez des fillonistes, et d'ailleurs Patrice Stéphanini lui-même a été un proche d'Alain Juppé, donc c'est une unité retrouvée.

Et croyez-moi, ça fait plaisir.

20:42
Présentateur

Valérie Pécresse veut supprimer 150 000 postes de fonctionnaires. Est-ce que ça va concerner l'hôpital ?

20:48
Invité

C'est très filloniste, d'ailleurs, ça, l'idée de supprimer massivement des fonctionnaires. Vous vous rappelez ?

20:52
Brice Hortefeux

François Fillon avait fixé la barre beaucoup plus haut. 500 000. Exactement, c'était 500 000. Un mot. Quelle est la réalité ? La réalité, c'est qu'il y a aujourd'hui dans notre pays 5 500 000 agents de la fonction publique pour 66 millions d'habitants. C'est-à-dire 1 million de moins que l'Allemagne qui a 16 millions d'habitants de plus. Il n'y a pas besoin d'être un grand mathématicien pour comprendre qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Parce qu'on ne regarde pas le système allemand avec commisération et en s'apitoyant. Non. Donc, quelle est la proposition de Valérie Pécresse ? C'est une proposition qui est de bon sens, qui est raisonnable, qui est responsable.

C'est de dire qu'on supprime en 5 ans 150 000, non pas fonctionnaires bien sûr, mais 150 000 postes de la fonction publique ou des fonctions publiques. Et cela correspond à une baisse de 1%. Mais vous les supprimez où ? Attendez, 1% par an. 1%. 1%. C'est donc un effort, ce n'est pas une purge. C'est ça la réalité. Alors, où peut-on les supprimer ? On peut les supprimer dans un certain nombre de domaines. Vous prenez l'exemple hospitalier. On sait qu'il y a une différence de près de 12 points entre la part consacrée à l'administration de l'hôpital entre, par exemple, la France et l'Allemagne. Il y a certainement un effort de rationalisation à faire.

Ça veut dire que l'hôpital ne sera pas un lieu sanctuarisé ? Attendez, je vais y venir. Justement, je vais y venir. Vous me posez des questions sur où. Aujourd'hui, si vous observez le fonctionnement territorial, il y a des efforts qui ont été faits de fusion des collectivités, dans les régions notamment. Est-ce qu'il n'y a pas encore des doublons ? Bien sûr que si. Est-ce qu'on a engagé, les gouvernements précédents ont engagé des mouvements de rassemblement de communes, ce qu'on appelle les communautés de communes, l'étropole, là aussi, il y a des doublons. Dites quoi, bureaucratie ? Je dis qu'il y a des doublons. Donc il faut naturellement profiter de cela pour rationaliser.

Et la contrepartie, parce que bien sûr, il y a une contrepartie, c'est de recruter là où on en a besoin. Vous me citiez l'hôpital. Aujourd'hui, clairement, il y a un besoin dans le secteur hospitalier. Donc les économies qui seront faites d'un côté permettront des recrutements de l'autre côté, là où c'est aujourd'hui le plus nécessaire.

23:34
Présentateur

Donc il n'y aura pas forcément moins de postes de fonctionnaires à l'issue du mandat de Valérie Pécresse si elle est élue ?

23:39
Brice Hortefeux

Il y a un effort qui est affiché, un effort raisonnable de 150 000 postes sur 5 ans. Je vous le rappelle, je vous le souligne, je vous le martèle. C'est 1%.

23:49
Invité

Richard Ortefeux, si d'aventure, Valérie Pécresse était élue présidente de la République. Non mais ce n'est pas d'aventure.

23:55
Brice Hortefeux

La question est mal choisie, permettez-moi de le dire. C'est le contraire. La question est de construire un avenir.

24:01
Invité

Vous récupérez Edouard Philippe, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin. Ils sont les bienvenus ?

24:07
Brice Hortefeux

Écoutez, dans mon esprit, la vie politique, ce n'est pas forcément des portes à double battant, si vous voulez. Donc faisons avec ce qui est aujourd'hui le socle de l'engagement de Valérie Pécresse, c'est sa famille politique, les Républicains. Elle élargit en s'adressant ensuite aux centristes. Et donc voilà, on construit, si elle gagne, elle construira une majorité la plus large, la plus rassembleuse possible. Avec ou sans celles et ceux qui ont rejoint Emmanuel Macron ? Écoutez, vous voulez, vous leur poserez la question, parce qu'effectivement, à force de zigzag, on a parfois du mal à suivre.

24:41
Présentateur

Est-ce que la plus grande difficulté de Valérie Pécresse, n'est-elle pas de différencier du président, dans les grands choix ?

24:47
Brice Hortefeux

Écoutez, je viens de vous donner un exemple sur la fonction publique. Au bout du compte, si on veut réfléchir, il y a des courants d'opinion. Il y a le courant de Mélenchon, le courant de Zemmour, le courant d'Anne Hidalgo, le courant de Yannick Jadot, le courant de Marine Le Pen. Tous ces courants existent, ce sont des réalités dans l'opinion. Mais aucun ne peut être majoritaire. Donc aujourd'hui, la situation, elle est simple, elle est claire, elle est transparente. Et ça sera le cas jusqu'au scrutin. Ça sera Emmanuel Macron.

Si vous pensez que ça s'est amélioré, si vous pensez que la sécurité est rétablie, si vous pensez que l'immigration est maîtrisée, si vous pensez que le pouvoir d'achat est préservé, il n'y a pas de souci. Il faut voter Emmanuel Macron. Mais si ce n'est pas le cas, la seule alternative, c'est Valérie Pécresse. Et donc le choix ultime, je vous le dis, ça sera Macron ou Pécresse.

25:40
Présentateur

On verra si vos prédictions se réalisent. Merci beaucoup Brice Hortefeux d'avoir accepté l'invitation de France Info ce matin. Merci à vous Jean-François Achilly. On se retrouve demain bien évidemment. Restez avec nous sur France Info.