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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 27 décembre 2018 17 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalSolidarités & familleLogementÉconomie & entreprises

Européennes : une union "avec le PS, ça me paraît compliqué", affirme Ian Brossat

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:05OuverteRéponse directe

    Bonjour à tous, merci d'être avec nous ce matin sur France Info, notre invité Yann Brossat, bonjour.

  • 0:19OuverteRéponse directe

    On parle précisément de ces élections européennes, la gauche avance en ordre dispersé.

  • 0:23OuverteRéponse directe

    Bah oui, parce que vous, vous êtes un tout jeune homme né en 1980 et un an après votre naissance, il y a quelque chose qui s'appelle l'union de la gauche qui a porté François Mitterrand, c'est un nom qui vous dit peut-être quelque chose au pouvoir.

  • 0:48OuverteRéponse directe

    D'abord, moi je suis toujours favorable à l'union et au rassemblement le plus large, à condition qu'on se mette d'accord sur un contenu.

  • 1:56OuverteRéponse directe

    Mais là, Yann Brossat, à gauche, elle n'est pas coupée en deux.

  • 2:21RelanceRéponse directe

    Chacun veut faire l'union, mais pas avec les mêmes. Parce que l'Europe libérale dont vous parlez, ce n'est pas les mêmes.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:48Invité politiqueFait
    « D'abord, moi je suis toujours favorable à l'union et au rassemblement le plus large, à condition qu'on se mette d'accord sur un contenu. »
  • 0:55Invité politiqueFait
    « l'union de la gauche, elle s'est faite sur la base d'un programme commun de la gauche. »
  • 1:30Invité politiqueFait
    « Je suis membre d'un parti, le parti communiste, qui a toujours dit que cette Europe-là, cette Europe libérale, allait nous conduire dans le mur. »
  • 2:41Invité politiqueFait
    « Aujourd'hui, le Parti Socialiste envisage de présenter Ségolène Royal. »
  • 2:44Invité politiqueFait
    « Ségolène Royal a défendu tous ces traités européens qui nous conduisent aujourd'hui dans les difficultés dans lesquelles nous sommes. »
  • 2:48Invité politiqueFait
    « Elle a expliqué que le traité de Maastricht était la cinquième merveille du monde. »
  • 3:22Invité politiqueFait
    « Moi, je vous le dis, je suis favorable sur la base d'un contenu qui soit cohérent, c'est-à-dire sur la base du refus de l'Europe actuelle. »
  • 3:47Invité politiqueFait
    « Benoît Hamon dit comme nous que l'Europe actuelle est une Europe libérale qu'il faut rejeter. »
  • 3:58Invité politiqueFait
    « Avec le Parti Socialiste, ça me paraît effectivement compliqué. »
  • 4:00Invité politiqueFait
    « Le Parti Socialiste, aujourd'hui, maintient qu'on peut faire l'Europe sociale avec des traités européens libéraux, ce qui est une arnaque. »
  • 5:52Invité politiqueFait
    « C'est au nom de l'Europe que depuis des années, on a détruit nos services publics, on a diminué la dépense publique, et tout ça nous met dans les difficultés actuelles. »
  • 6:25Invité politiqueFait
    « L'augmentation du SMIC, le rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune. »
  • 8:20Invité politiqueFait
    « si le gouvernement avait mis moins de temps à répondre aux revendications sociales, on n'aurait pas eu autant de mobilisations successives avec les conséquences que cela a eues. »
  • 9:30Invité politiqueChiffre
    « Et donc, pour ce qui concerne les commerçants, nous avons décidé de débloquer un million d'aides sous forme d'exonération de droits de terrasse. »
  • 10:38Invité politiqueFait
    « Non, je n'y suis pas favorable. Moi, je ne suis pas favorable à l'extension du travail dominical pour deux raisons. »
  • 11:53Invité politiqueFait
    « Et moi, je souhaite notamment vis-à-vis d'Amazon qu'on ait des dispositions plus fortes concernant le fisc. »
  • 12:08Invité politiquePromesse
    « Fabien Roussel, qui est secrétaire national du Parti communiste et qui est député, va déposer une proposition de loi qui vise à mettre en place l'impôt à la source sur les multinationales. »
  • 12:42Invité politiqueFait
    « D'abord, nous luttons très activement contre ce phénomène. Pas pour emmerder les gens, mais simplement parce que vous avez maintenant un certain nombre de propriétaires qui achètent des immeubles entiers pour les transformer en hôtels clandestins. »
  • 13:21Invité politiquePromesse
    « si Airbnb ne fait pas le ménage et ne retire pas ces annonces illégales, Airbnb sera condamné et ce sera une grande première. »
  • 13:40Invité politiqueFait
    « Effectivement, aujourd'hui, la loi dit qu'on a le droit de louer son logement jusqu'à 120 jours par an. »
  • 14:41Invité politiquePromesse
    « L'encadrement des loyers, cela va se faire. Je souhaite que ça se fasse vite. »
  • 14:54Invité politiqueFait
    « depuis que l'encadrement des loyers n'est plus en vigueur, les loyers ont explosé dans la capitale. »
  • 15:31Invité politiqueChiffre
    « Il y a aujourd'hui à Paris quelques centaines de logements insalubres. »
  • 16:41Invité politiqueFait
    « c'est surtout la justice qui va condamner Marcel Campion puisqu'il est poursuivi pour ses propos. »
  • 16:48Invité politiqueFait
    « Brigitte Macron n'aurait pas dû faire cette photo. »

Temps de parole

  • Ian Brossat67 %
  • Locuteur non identifié19 %
  • Présentateur8 %
  • Locuteur non identifié 26 %

3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:05
Présentateur

Bonjour à tous, merci d'être avec nous ce matin sur France Info, notre invité Yann Brossat, bonjour. Bonjour. Élu, adjoint à la maire de Paris et également tête de liste pour le parti communiste aux prochaines élections européennes. Bonjour Gilles Bernstein. Bonjour messieurs, bonjour à tous. On parle précisément de ces élections européennes, la gauche avance en ordre dispersé.

0:23
Locuteur non identifié

Bah oui, parce que vous, vous êtes un tout jeune homme né en 1980 et un an après votre naissance, il y a quelque chose qui s'appelle l'union de la gauche qui a porté François Mitterrand, c'est un nom qui vous dit peut-être quelque chose au pouvoir. Et alors cette union de la gauche, certains veulent la faire revivre, on va voir un sondage. Selon un sondage IFOP, une liste unique de la gauche, ça marcherait, puisque vous feriez 14% des voix juste derrière La République En Marche et devant la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon. C'est en temps non ?

0:48
Ian Brossat

D'abord, moi je suis toujours favorable à l'union et au rassemblement le plus large, à condition qu'on se mette d'accord sur un contenu. D'ailleurs, l'union de la gauche, elle s'est faite sur la base d'un programme commun de la gauche. J'ai quelques notions d'histoire et il me semble que c'était le cas. Or, les élections européennes, c'est l'occasion de parler d'Europe. Et de fait, la gauche sur cette question-là, sur la question de l'Europe, a toujours été traversée de divisions très importantes. Je me souviens encore, j'avais 25 ans, du référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005. A l'époque, la gauche était coupée en deux.

Il y avait ceux qui étaient favorables au traité constitutionnel européen et ceux qui étaient défavorables. Il se trouve que je suis membre d'un parti, le parti communiste, qui a toujours dit que cette Europe-là, cette Europe libérale, allait nous conduire dans le mur. Donc, pour ce qui nous concerne, nous, nous avons une forme de cohérence. Et si du jour au lendemain, des gens qui sont favorables à cette Europe libérale, des gens qui sont favorables à cette Europe de la concurrence libre et non faussée, se mettaient d'accord avec des gens qui ont toujours dit le contraire, vous nous diriez, et à juste titre, que tout ça n'est pas très cohérent.

Donc, moi, je pense qu'on a bien sûr besoin d'union. On a aussi besoin de sincérité et de cohérence.

1:56
Présentateur

Mais là, Yann Brossal, à gauche, elle n'est pas coupée en deux.

1:58
Ian Brossat

Elle est coupée en quatre, cinq ou six. Eh bien, c'est la raison pour laquelle je ne me fais pas à cette dispersion. Et je pense, en effet, qu'il faut qu'on se parle avec ceux qui portent, comme nous, l'idée que l'Europe doit être autre chose qu'une machine à produire de l'austérité. Donc, je tends la main à ceux qui, comme Jean-Luc Mélenchon, comme Benoît Hamon, considèrent que l'Europe actuelle est une Europe qui nous conduit dans le mur.

2:21
Locuteur non identifié

Chacun veut faire l'union, mais pas avec les mêmes. Parce que l'Europe libérale dont vous parlez, ce n'est pas les mêmes. Ce n'est plus le PS de Manuel Valls. Olivier Faure est très clairement dans l'opposition. Vous avez voté une motion de censure ensemble. Il est pour une alternative à l'Europe libérale. Ce qui vous rassemble aujourd'hui est supérieur à ce qui vous dit.

2:37
Ian Brossat

Aujourd'hui, le Parti Socialiste envisage de présenter Ségolène Royal. Ségolène Royal a défendu tous ces traités européens qui nous conduisent aujourd'hui dans les difficultés dans lesquelles nous sommes. Elle a expliqué que le traité de Maastricht était la cinquième merveille du monde. Aujourd'hui, l'Europe, elle est dans quel état ? On a les travailleurs détachés. On a les délocalisations. Enfin, franchement, moi, je ne veux pas de cette Europe-là.

2:59
Locuteur non identifié

Faut-il comprendre que si c'est Ségolène Royal, c'est non ? Que si c'est quelqu'un d'autre, ça peut se négocier ?

3:03
Ian Brossat

Ce que je veux dire, c'est qu'il ne peut pas y avoir d'alliance avec des gens qui sont favorables aux traités européens actuels. Ce sont des traités européens qui prônent la concurrence libre et non faussée. Ce sont des délocalisations. Ce sont des territoires industriels qui ont été détruits.

3:17
Locuteur non identifié

Vous allez chacun, vous, Benoît Hamon, le PS, vous allez chacun faire 2, 3, 4%.

3:22
Ian Brossat

Moi, je vous le dis, je suis favorable sur la base d'un contenu qui soit cohérent, c'est-à-dire sur la base du refus de l'Europe actuelle. Oui, il est possible de discuter, donc je suis ouvert à cette discussion.

3:32
Locuteur non identifié

Non, mais ça, c'est du concept. Ça veut dire que vous préférez refaire alliance avec...

3:34
Ian Brossat

Non, ce n'est pas du concept. C'est extrêmement cohérent.

3:36
Locuteur non identifié

Non, mais pour être cohérent, il faut savoir avec qui. Ça veut dire que vous préférez retourner dans une alliance mortifère avec Jean-Luc Mélenchon que vous alliez avec Benoît Hamon et le PS.

3:46
Ian Brossat

Soyez clair. Benoît Hamon dit comme nous que l'Europe actuelle est une Europe libérale qu'il faut rejeter. Donc je dis qu'il y a matière à discuter avec des gens qui refusent cette Europe libérale.

3:55
Locuteur non identifié

Mais des gens... Donc avec Hamon, oui. Avec le PS, non.

3:58
Ian Brossat

Avec le Parti Socialiste, ça me paraît effectivement compliqué. Le Parti Socialiste, aujourd'hui, maintient qu'on peut faire l'Europe sociale avec des traités européens libéraux, ce qui est une arnaque. Les discussions ont commencé ou pas, Yann Brossat ? Les discussions ont commencé, bien sûr. J'ai rencontré Benoît Hamon à quelques reprises. Elles se poursuivront. Il y aura une délégation du Parti Communiste qui va, je crois, rencontrer la France Insoumise. Enfin, en tout cas, oui, bien sûr, il y a des discussions. Moi, je souhaite qu'elles se poursuivent, en tout cas, parce que nous sommes nombreux à considérer que cette Europe-là ne convient pas.

4:25
Locuteur non identifié

Et les discussions avec Place Publique, le mouvement parti, je ne sais pas comment il faut dire, de Raphaël Glucksmann, où tout le monde va, y compris le PS, vous y allez aussi ?

4:31
Ian Brossat

Nous nous sommes rencontrés. Moi, personnellement, je n'y étais pas, mais il y a une délégation du Parti Communiste qui les a rencontrés.

4:37
Présentateur

Autre équation pour ces élections européennes, le mouvement des Gilets jaunes. Est-ce qu'il y aura des Gilets jaunes sur votre liste, si vous êtes seuls, les communistes, ou sur une liste élargie à d'autres partenaires de gauche ?

4:48
Ian Brossat

Moi, je souhaite qu'il y en ait. Je souhaite qu'il y ait des Gilets jaunes. Je souhaite qu'il y ait des blouses blanches. Je souhaite qu'il y ait des cols bleus. Je souhaite que cette France du travail, qui s'est beaucoup exprimée ces dernières semaines, elle trouve sa place dans notre liste aux élections européennes. Parce qu'on ne peut pas avoir un mouvement aussi massif, aussi massivement soutenu par l'opinion publique, et avoir ensuite des élections européennes qui soient complètement déconnectées de cette réalité sociale-là. Donc je pense que ça ferait du bien, oui.

5:14
Locuteur non identifié

Mais samedi dernier, la réalité des Gilets jaunes, c'était des quenelles. Oui, mais...

5:17
Ian Brossat

Dans votre arrondissement. Non, mais vous avez raison de dire qu'il y a eu un certain nombre de dérives samedi dernier. Mais résumé, le mouvement auquel on a assisté à cela, ça me paraît être d'une mauvaise foi absolue. On a eu aussi plein de gens, et j'en ai rencontré à Saint-Amand-les-Eaux, dans le Nord, à Lorient, en Bretagne, qui sont simplement des gens qui souhaitent vivre de leur travail. Et ça ne me paraît pas exorbitant de considérer que ces hommes et ces femmes-là doivent avoir la possibilité d'être représentés à l'élection européenne. Parce que beaucoup des difficultés qu'ils rencontrent sont liées aux orientations actuelles de l'Europe.

C'est au nom de l'Europe que depuis des années, on a détruit nos services publics, on a diminué la dépense publique, et tout ça nous met dans les difficultés actuelles.

6:00
Présentateur

Vous avez identifié des gilets jaunes qui pourraient être sur une liste ? Vous avez discuté avec eux ? C'est quelque chose qui avance ?

6:05
Ian Brossat

Ou alors là, on est dans un conseil du feu ? Nous avons évidemment des contacts. Le Parti communiste a ce site particulier qui a 7000 élus locaux, donc il a aussi beaucoup de contacts sur le terrain. Et donc nous avons évidemment des relations avec des gilets jaunes qui étaient mobilisés. Puis j'ajoute qu'il y a une cohérence là-dedans. Pourquoi se battaient beaucoup des gilets jaunes qu'on a vus ? L'augmentation du SMIC, le rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune. Il n'est donc pas très étonnant que le Parti communiste puisse avoir une cohérence avec ces hommes et ces femmes-là. Les titres ?

6:36
Présentateur

Absolument. Et on poursuivra sur la discussion notamment des gilets jaunes et ces dégradations à Paris. Vous y faisiez référence. Yann Brossat, il y a quelques instants. Toute l'info à 9h20 avec Marc Potvin, qu'on va retrouver dans quelques secondes. Toute l'info avec vous, Marc Potvin.

6:52
Locuteur non identifié

Les djihadistes français les plus recherchés au monde. Peter Sheriff va retourner en prison après la fin de sa garde à vue ce matin. La justice n'a pas oublié la peine prononcée contre ce proche des auteurs de l'attentat de Charlie Hebdo en 2011. Cinq ans de prison après un séjour au Yémen. Ils sont soupçonnés d'avoir participé au saccage de l'arc de triomphe au début du mois. Deux gilets jaunes habitant en Franche-Comté sont mis en examen. L'un d'entre eux est suspecté d'avoir tagué l'un des piliers du monument. Les agents de la police technique et scientifique appelés à faire grève à partir d'aujourd'hui. Appel lancé par l'un des trois syndicats de la profession.

Parmi les revendications des agents mobilisés, la reconnaissance par l'état de la pénibilité de leur mission. Et puis pour la première fois, un homme traverse l'Antarctique à ski de fond, seul et sans assistance. Il s'agit d'un américain de 33 ans, ancien triathlète professionnel. Le périple de Colline Aubradie a duré 54 jours. Il est arrivé hier à destination après 32 heures sans dormir.

7:59
Présentateur

Yann Brossat, tête de liste du parti communiste pour les prochaines élections européennes, également adjoint au maire de Paris, chargé du logement et notre invité ce matin, Gilles Bernstein.

8:07
Locuteur non identifié

Quel est le bilan pour la ville de Paris des dégradations des manifestations ? Et est-ce que la ville va aider les commerçants sinistrés ?

8:13
Ian Brossat

Il y a eu des dégradations d'abord, et vous avez raison de le dire. D'ailleurs, si le gouvernement avait mis moins de temps à répondre aux revendications sociales, on n'aurait pas eu autant de mobilisations successives avec les conséquences que cela a eues. La ville de Paris a décidé de débloquer un certain nombre d'aides en direction des commerçants.

8:30
Locuteur non identifié

Non, mais vous êtes choqués, ce n'est pas choquant, vous, ça vous dérange. Ça veut dire que la violence est un moyen d'action légitime ?

8:38
Ian Brossat

Pas du tout, ce n'est absolument pas ce que j'ai dit. Ce que je dis simplement, c'est que si le gouvernement avait plutôt pris la mesure de ces difficultés-là, on n'aurait pas eu une succession de mobilisations ensuite auxquelles se sont greffées un certain nombre de casseurs.

8:50
Présentateur

La cause première, c'est le calendrier choisi par le gouvernement pour répondre.

8:53
Ian Brossat

La cause première, évidemment. Il n'y aurait pas eu de mouvement des Gilets jaunes s'il n'y avait pas autant d'injustice sociale dans notre pays. Mais les violences, elles se sont organisées en se greffant à des mobilisations. Quand il y a des manifs, il y a des casseurs qui viennent. Donc s'il n'y a pas de manifs, il n'y a pas de casseurs. Il n'y a pas besoin d'avoir fait Saint-Cyr pour comprendre cette logique-là. Pour le reste, ça n'est absolument pas complaisant. Et je ne vous permets pas de dire que j'ai une complaisance quelconque vis-à-vis d'une quelconque violence. Donc vous ne le dites pas parce que ça n'est pas la réalité. Non, vous n'avez pas le droit de le dire.

Non, monsieur, vous ne dites pas que je suis complaisant vis-à-vis de violences.

9:26
Locuteur non identifié

Si vous avez réagi plus tôt, il n'y aurait pas eu de violences.

9:28
Ian Brossat

C'est évident, monsieur. Il n'y a pas besoin d'avoir fait Saint-Cyr pour le comprendre. Et donc, pour ce qui concerne les commerçants, nous avons décidé de débloquer un million d'aides sous forme d'exonération de droits de terrasse. La maire de Paris l'a annoncé. Ça me paraît naturel, notamment en direction de petits commerçants. Je ne parle pas de gros commerçants, mais des petits commerçants qui pourraient avoir des difficultés.

9:47
Locuteur non identifié

Parlons du bilan touristique. Après les attentats de 2015-2016, les gilets jaunes cette année, est-ce qu'il y a des dommages irréparables en tant que capitale touristique pour la ville de Paris ?

9:58
Ian Brossat

Je ne le pense pas du tout. D'ailleurs, la ville de Paris a fait preuve depuis maintenant quelques années d'une résilience qui témoigne du fait que, malgré des difficultés qu'on a rencontrées, on a toujours été capable de se relever.

10:11
Présentateur

Donc, je suis convaincu que Paris est une ville touristique et demeurera une ville touristique.

10:17
Ian Brossat

Et donc, je ne me fais pas plus de soucis que ça. Par ailleurs, la ville de Paris se mobilise effectivement pour que nous continuions à atturer des touristes.

10:23
Locuteur non identifié

Alors, il y a une évolution qui pourrait relancer le tourisme à Paris. C'est davantage d'ouverture le magasin de dimanche. Un récent rapport propose que toute la ville soit classée comme une zone, une ZTI, une zone touristique internationale, ce qui permettrait à tous les magasins d'ouvrir le dimanche. Est-ce que vous y êtes favorable ?

10:37
Ian Brossat

Non, je n'y suis pas favorable. Moi, je ne suis pas favorable à l'extension du travail dominical pour deux raisons. La première, c'est que c'est une flexibilisation supplémentaire du travail des salariés. Mais qui obtiennent des avantages. Et je ne pense pas qu'on ait besoin de flexibilité supplémentaire. Je pense qu'on a besoin de plus de sécurité pour les salariés. Et puis, par ailleurs, toutes les études le montrent aussi. Les effets sur l'emploi sont des effets qui sont extrêmement modestes. Et puis, j'ajoute une troisième chose. C'est que quand on étend le travail dominical, on met en difficulté les petits commerces.

Et alors, pour être un habitant de Montmartre, je le sais, quand on étend le travail dominical, on renchérit le niveau des beaux. Et quand on renchérit le niveau des beaux, les petits commerces ont du mal à résister. Et on n'a plus que de grandes enseignes. Donc, ce n'est pas ce que je souhaite non plus.

11:21
Locuteur non identifié

Yann Brossat, votre patronne à la mairie de Paris, Anne Hidalgo, la maire de Paris, a fait une vidéo pour dire arrêtez d'acheter sur les plateformes sur Internet. Allez acheter justement dans les petits commerces. S'ils sont ouverts, c'est quand même plus facile.

11:31
Ian Brossat

Oui, mais enfin, ils sont ouverts six jours sur sept. Donc, si on veut faire les courses, on peut le faire du lundi au samedi. Et puis, par ailleurs, Anne Hidalgo a raison de le dire. Il faut favoriser les commerces plutôt que les plateformes du type Amazon. Et ça suppose aussi de lutter contre une forme de concurrence déloyale. Et moi, je souhaite notamment vis-à-vis d'Amazon qu'on ait des dispositions plus fortes concernant le fisc. Et d'ailleurs, il n'est pas normal que ces plateformes continuent d'échapper au fisc. Vous parlez d'Amazon, mais il y en a plein d'autres.

11:59
Locuteur non identifié

Et d'ailleurs... Bruno Le Maire qui dit qu'il a annoncé un certain nombre de dispositions. Ça va dans mon sens.

12:04
Ian Brossat

Il se trouve que Fabien Roussel, qui est secrétaire national du Parti communiste et qui est député, va déposer une proposition de loi qui vise à mettre en place l'impôt à la source sur les multinationales. Après tout, il va y avoir l'impôt à la source pour les ménages. Il n'y a pas de raison qu'on ne puisse pas mettre en place l'impôt à la source sur les multinationales. C'est une proposition que nous allons faire. Et je souhaite que le gouvernement l'étudie avec bienveillance.

12:26
Locuteur non identifié

Vous avez souhaité que Airbnb soit moins important à Paris. Donc théoriquement, il faut enregistrer son logement auprès de la ville pour avoir le droit de le louer. Or, beaucoup ne le font pas. Et il y a très peu de poursuites. J'ai vu 133 condamnations l'année dernière. Ce qui veut dire que vous luttez. Vous ne luttez pas contre Airbnb ?

12:42
Ian Brossat

D'abord, nous luttons très activement contre ce phénomène. Pas pour emmerder les gens, mais simplement parce que vous avez maintenant un certain nombre de propriétaires qui achètent des immeubles entiers pour les transformer en hôtels clandestins. Ça, clairement, ça n'est pas acceptable parce que ce sont des logements en moins pour loger des Parisiens. Donc nous avons cherché à réguler ce phénomène. Il y a des condamnations, mais nous allons surtout obtenir quelque chose de complètement nouveau dans les semaines qui viennent. C'est une conquête que nous avons obtenue dans le cadre de la loi qui a été adoptée sur le logement.

Pour une fois qu'on obtient quelque chose du gouvernement, je m'en félicite. C'est que nous allons enfin pouvoir responsabiliser non pas seulement les propriétaires, mais les plateformes. C'est-à-dire que dans les semaines qui viennent, si Airbnb ne fait pas le ménage et ne retire pas ces annonces illégales, Airbnb sera condamné et ce sera une grande première.

13:30
Locuteur non identifié

Mais je me trompe ou le maximum qu'un propriétaire peut louer, c'est 128 par an ? C'est beaucoup 128 par an ? Il y a des villes en Europe où c'est moins ?

13:36
Ian Brossat

Oui, vous êtes encore plus régulateur que moi. Effectivement, aujourd'hui, la loi dit qu'on a le droit de louer son logement jusqu'à 120 jours par an. C'est la loi, ce n'est pas une limite qui est fixée par la ville. Moi, je souhaiterais qu'on puisse la baisser. Effectivement, le gouvernement n'a pas souhaité faire évoluer cette réglementation. Mais enfin, si déjà, on arrivait à retirer toutes les annonces qui sont présentes plus de 120 jours par an, ça ferait un paquet de logements qu'on libérerait et qu'on pourrait remobiliser pour les Parisiens.

14:04
Présentateur

On a un peu l'impression que c'est la lutte de David contre Goliath. 133 contonations en une année, c'est faible ?

14:10
Ian Brossat

Oui, sauf que, comme je vous le disais, ça va changer parce qu'on va enfin pouvoir responsabiliser les plateformes. Il n'est pas normal, aujourd'hui, qu'on condamne les loueurs qui sont en situation d'illégalité et que la plateforme qui touche une commission sur chaque annonce illégale, elle, échappe à toute forme de régulation. Donc, ce sont les plateformes qu'il faut être capable de taper dès lors qu'elles n'assument pas leurs responsabilités et qu'elles ne retirent pas les annonces illégales. Ça, c'est fondamental et ça, ça va changer. L'encadrement des loyers à Paris, ça va se faire ? L'encadrement des loyers, cela va se faire. Je souhaite que ça se fasse vite.

Et ce qui est prévu, c'est que ça se fasse au premier trimestre 2019 puisqu'effectivement, depuis un an maintenant...

14:49
Locuteur non identifié

Ça, c'est très bientôt, ça.

14:50
Ian Brossat

Depuis, exactement. C'est imminent et tout simplement parce que depuis un an et depuis que l'encadrement des loyers n'est plus en vigueur, les loyers ont explosé dans la capitale. L'idée, c'est de remettre un peu de modération dans le niveau des loyers privés. Après tout, 60% des Parisiens vivent dans un logement, enfin sont locataires. Et donc, il est normal qu'on puisse les aider et leur permettre de gagner du pouvoir d'achat.

15:15
Locuteur non identifié

Question sur l'habitat insalubre. Est-ce qu'il existe des rues d'Aubagne ou des avenues du président Wilson à Paris ? Référence évidemment aux immeubles qui se sont effondrés à Marseille ou à l'incendie avant-hier à Saint-Denis. Oui, il y en a eu.

15:27
Ian Brossat

Il n'y en a plus.

15:27
Locuteur non identifié

J'ai lu 61 000 appartements insalubres dans le monde, vous confirmez ?

15:31
Ian Brossat

Non. Il y a aujourd'hui à Paris quelques centaines de logements insalubres. On n'a plus. La différence, c'est que nous n'avons plus de quartiers entiers ou d'immeubles entiers qui sont véritablement insalubres. On a, ce qui est plus difficile à gérer, un certain nombre d'appartements insalubres à l'intérieur d'immeubles qui le sont. Donc cela nous a conduit à changer notre mode d'intervention. C'est-à-dire qu'il faut être capable de traquer l'insalubrité à l'échelle de copropriétés, ce qui est évidemment plus compliqué. Quels sont vos moyens pour cela ? D'abord, nous mobilisons beaucoup d'argent. Ce sont chaque année des centaines de millions d'euros qui sont investis dans ce combat.

C'est-à-dire que la ville paye à la place des propriétaires qui ne le font pas ? C'est-à-dire que nous faisons ce qu'on appelle des travaux d'office. C'est-à-dire que quand le propriétaire ne veut pas faire des travaux pour sortir son appartement de l'insalubrité, c'est la ville qui fait les travaux et qui envoie le chèque aux propriétaires qui, en général, payent.

16:22
Locuteur non identifié

Pour terminer, une photo que nous allons voir et qu'on va décrire pour ceux qui nous écoutent. Brigitte Macron avec Marcel Campion, le forain que vous avez durement condamné pour des propos que vous jugiez homophobe. Vous lui en voulez pour cette photo, Brigitte Macron ? Parce qu'après tout, quand on est première dame, on ne choisit pas forcément avec qui on pose.

16:38
Ian Brossat

D'abord, c'est surtout la justice qui va condamner Marcel Campion puisqu'il est poursuivi pour ses propos. Oui, je pense que Brigitte Macron n'aurait pas dû faire cette photo. De deux choses. L'une, soit elle s'est fait piéger par Marcel Campion. C'est étrange. Parce que quand même, c'est la première dame et elle sait ce qu'elle fait. Soit elle l'a fait volontairement, ce que je n'ose imaginer. C'est grave.

17:00
Locuteur non identifié

Mais ça ne veut pas dire qu'elle valide. Si elle est prise en photo avec Vladimir Poutine ou Donald Trump, ce qui doit lui arriver, ce n'est pas pour ça qu'elle valide la politique.

17:06
Ian Brossat

Vladimir Poutine, il est chef d'État. C'est vrai, c'est un Marcel Campion, Dieu merci. Marcel Campion, il n'est quand même pas obligé d'aller le rencontrer.

17:12
Présentateur

Yann Brossin a été notre invité ce matin. Merci à vous. Merci à vous. Adjoint au maire de Paris, chargé du logement, tête de liste du Parti communiste aux prochaines élections européennes.