Contre-matinale #11 | Présidentielle 2022 : les multiples visages du système
Audio original de l'émission.
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Analyse automatique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 62 %Défensif 18 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 10:07OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a quelque chose qui a retenu ton attention dans ces titres ?
- 14:17OuverteRéponse directe
Tu nous appelles d'où, Michel ?
- 19:07OuverteRéponse directe
Édouard Philippe a lancé son parti Horizon. Qu'en penses-tu ?
- 21:48RelanceRéponse directe
Manifestement, Édouard Philippe donne l'impression de vouloir contraindre Macron à aller plus à droite. Qu'en dis-tu ?
- 24:57OuverteRéponse directe
On a l'impression que ce parti est un vestibule pour entrer au paradis macronien. Partages-tu cette analyse ?
- 27:42OuverteRéponse directe
Marine Le Pen a évoqué la baisse de TVA sur le carburant et les transferts d'argent vers l'Algérie. Qu'en penses-tu ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:19PrésentateurFait
« Fiscalité des multinationales, le taux de 15% sur les bénéfices, prochaine norme mondiale. »
- 20:36Locuteur non identifiéPromesse
« Mon objectif en 2022, c'est de faire en sorte que le président de la République, Emmanuel Macron, soit réélu. »
- 28:50Locuteur non identifiéChiffre
« 8 euros d'économie sur un plein de gazole de 40 litres. »
- 30:03Locuteur non identifiéChiffre
« Les 1,5 milliard qui partent chaque année de la France vers l'Algérie au travers des transferts de fonds. »
- 32:46Locuteur non identifiéFait
« qu'il fallait respecter les traités budgétaires européens, qu'il fallait rembourser la dette »
- 33:20Locuteur non identifiéFait
« en revenant sur la CMUC, sur la couverture maladie pour les migrants et puis en faisant reculer la fraude des pauvres. »
- 33:38Locuteur non identifiéFait
« C'est-à-dire que l'Union européenne est en train de faire en sorte que les prix soient fluctuants selon l'offre et la demande. »
- 36:11Locuteur non identifiéFait
« Il a validé la théorie du grand remplacement. »
- 36:58Locuteur non identifiéFait
« les filles, notamment d'immigrées, font autant d'enfants que les femmes françaises moyennes »
- 37:09Locuteur non identifiéChiffre
« en 2100, on aura 20% de la population à peine d'ici 2100. »
- 41:29Locuteur non identifiéFait
« il est temps de vous ranger derrière moi »
- 42:02Locuteur non identifiéFait
« Chirac Sarkozy Hollande Macron grosso modo c'est à peu près la même politique »
- 47:27Locuteur non identifiéFait
« nos partenaires européens je pense à l'Espagne l'a fait de façon assez significative »
- 47:50Locuteur non identifiéChiffre
« vous l'évaluez à combien l'augmentation ? »
- 48:06Locuteur non identifiéPromesse
« il faut aller sur des augmentations très significatives de 10 à 15% au moins »
- 54:18Locuteur non identifiéFait
« on ne développe pas, on se développe »
- 1:01:31Locuteur non identifiéChiffre
« Un ménage moyen aura vu passer sa facture d'électricité de 1019 euros à 1522 euros entre 2010 et 2020. »
- 1:01:45Locuteur non identifiéChiffre
« 5 millions de Français sont concernés par ces hausses. »
- 1:27:43Locuteur non identifiéFait
« ce qu'on vous a donné d'une main va vous le reprendre d'une autre main »
- 1:27:58Locuteur non identifiéFait
« les plus riches en termes de volume ont touché beaucoup plus d'argent »
- 1:28:39Locuteur non identifiéFait
« aucun candidat ne peut rivaliser en matière économique avec Emmanuel Macron »
- 1:28:46Locuteur non identifiéChiffre
« 47% estiment qu'elle ferait moins bien »
- 1:28:50Locuteur non identifiéChiffre
« 12% estiment que Jean-Luc Mélenchon ferait mieux »
- 1:28:52Locuteur non identifiéChiffre
« 50% estiment qu'il ferait moins bien »
- 1:29:49Locuteur non identifiéFait
« loi travail, baisse de l'ISF, baisse de l'IS »
- 1:30:30Locuteur non identifiéChiffre
« 120 000 postes de fonctionnaires en moins »
- 1:30:32Locuteur non identifiéChiffre
« 15 milliards sur l'assurance maladie, 10 milliards sur l'assurance chômage »
- 1:31:35Locuteur non identifiéPromesse
« je vais faire un peu la réforme de l'assurance chômage avant la fin du quinquennat »
- 1:31:37Locuteur non identifiéPromesse
« la réforme des retraites on la verra au prochain quinquennat »
Temps de parole
- Locuteur non identifié30 %
- Locuteur non identifié 228 %
- Présentateur23 %
- Locuteur non identifié 39 %
- Invité4 %
- Locuteur non identifié 43 %
≈ 0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Salut à toutes et à tous, salut à vous les machinaux qui nous regardez en direct. Spéciale dédicace à Théophile Pouillot-Chevara, qui est un de nos amis du matin les plus déter, je pense qu'on peut le dire, s'éprouver scientifiquement. Spéciale dédicace à ML aussi, qui à 7h04 se plaignait du retard, mais enfin ML, le retard c'est un des acquis, des conquis sociaux, des directs du média. On a notre retard syndical d'environ 10 minutes, et le mettre en cause c'est franchement appelé à la révolte générale sur le plateau. Salut à vous aussi qui nous regardez en différé, en replay, vous n'êtes pas la France qui se lève tôt, mais on vous pardonne quand même.
Vous êtes sur le Média TV, nous sommes le 11 octobre 2021, nous entamons la deuxième semaine des matinales en rythme quotidien, et chaque matin nous faisons un pari sur l'avenir. Si nous devions nous contenter du format promis à proportion des sommes que nous avons récoltées auprès de vous, nous nous contenterions d'un bulletin d'info et d'une revue de presse, pas de chroniqueurs, pas de reportages, mais nous nous disons que la période que nous vivons est trop importante pour être riscophobes. Nous prenons des risques, plus que les start-upers de la start-up nation, en nous disant que l'enthousiasme de ceux qui nous regardent et qui nous aiment nous soutiendra.
Pour nous aider à monter en puissance jusqu'en mai 2022, vous pouvez faire un don mensualisé sur la plateforme Oképal ou devenir sociétaire de notre coopérative en tapant lemédiatv.fr. Vous êtes sur le Média TV, je vous disais donc, Nous sommes le 11 octobre 2021, la contre-matinale épisode 11, c'est parti. Aujourd'hui avec David Guiraud, notre David Guiraud, chroniqueur et porte-parole jeunesse de la France insoumise, nous évoquerons le week-end politique qui vient de se dérouler.
Édouard Philippe et son nouveau parti, allié ambigu d'Emmanuel Macron, Marine Le Pen qui essaye de se relancer sur BFM en expliquant qu'elle va bloquer les transferts d'argent entre la France et l'Algérie pour obliger les Algériens, l'État algérien à récupérer ses ressortissants faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Arnaud Montebourg qui défend le souverainisme et pourfond Jean-Luc Mélenchon sur CNews, Macron à Montpellier face à la société civile africaine, etc. Mais avant ça, comme le veut la tradition, on va titrologuer, c'est-à-dire regarder les grands titres de la presse nationale et faire un focus sur la presse indépendante.
Alors aujourd'hui, le focus sur la presse indépendante est très maigre, on va se rattraper demain. Alors, ce lundi, je trouve qu'un grand nombre de unes donnent envie, envie de lire, envie de déconstruire aussi. Elles abordent plusieurs sujets, notamment l'actualité politique nationale avec en ligne de mire la présidentielle qui vient. Mais elles abordent aussi la marche du monde et les périls globaux qui nous guettent. On commence par l'actualité nationale avec le monde, daté de dimanche-lundi, mais sorti en réalité samedi, qui titre « La présidentielle soumise au risque des sondages ». Les partis politiques ayant presque tous abandonné les primaires, nous explique le monde.
Les sondages sont plus que jamais les arbitres des candidatures à la présidentielle. À gauche, le rapport de force Jadot-Mélenchon-Hidalgo est scruté à la loupe dans l'idée d'imposer un rassemblement avant le premier tour, c'est le monde qui le dit. C'est un peu aussi les sondages ou aux sondages que s'en remettent les militants LR pour départager tous les ambitieux. Et les sondages participent aussi à alimenter la bulle Éric Zemmour à l'extrême droite.
Le monde donne la parole au chercheur Bruno Cotteres qui met en garde contre les biais méthodologiques de certains de ces sondages, notamment ceux qui décomptent les intentions de vote des personnes certaines d'aller voter, elles-mêmes correspondant à un profil sociologique plus aisé, plus âgé et plus politiquement motivé. En gros, vu que les indécis ne se répartissent pas finalement comme les décidés dans leur vote, il y a pendant de longs mois une surévaluation des intentions de vote en faveur des candidats préférés de la bourgeoisie installés. Pour dire les choses comme Bruno Cotteres ne les dit pas, mais je pense que c'est un résumé qui est, je crois, assez fidèle. Libération s'engage.
Dans un titre très clair, Macron, président des riches, l'heure des comptes. En cinq ans, écrit Libé, la redistribution s'est faite en faveur des plus aisés avec 1178 euros de gains annuels contre 346 euros pour les plus modestes. Libé donne la parole à l'économiste Pierre Madec de l'Observatoire français des conjonctures économiques. Il explique que sans le mouvement des gilets jaunes qui a obligé le pouvoir à quelques gestes, il y aurait eu sûrement plus de perdants, davantage de perdants. Macron pourrait encore faire des efforts au service des riches au regard de la une du quotidien Les Echos, propriété de Bernard Arnault, le français le plus riche du monde, patron du groupe LVMH.
À la une des Echos, une interview de Geoffroy, roux de Béziot. Salaire, dépenses, déficit, la mise en garde du MEDEF, peut-on lire. Qui donc le MEDEF met-il en garde ? L'exécutif Macron contre un trop grand laxisme budgétaire, alors que le plan d'investissement de Macron, justement, atteindra, écrit les échos, entre 30 et 50 milliards d'euros. Bizarrement, cette petite musique, on a semblé l'entendre samedi lors du discours de l'ancien Premier ministre Édouard Philippe qui lançait son nouveau parti samedi dernier, mais on reviendra dessus avec David.
Toujours à propos de la narration économique, des rapports de force économique, je voudrais évoquer un article de Mediapart qui est un peu vieux, il date de samedi, mais qui est très instructif. Son titre, fiscalité des multinationales, le taux de 15% sur les bénéfices, prochaine norme mondiale. L'article de la journaliste Martine Orange raconte l'histoire d'une fausse victoire, claironnée par Emmanuel Macron et même par les pages économiques du monde. En gros, un accord de l'OCDE sur la taxation à 15% des multinationales a été validé par 136 pays au monde.
Le hic, car il y a un hic, c'est ce qui apparaît comme une défaite des paradis fiscaux et surtout une défaite des États dans une sorte de normalisation par le bas. Et je lis, alors que le texte stipulait au départ que l'imposition mondiale des multinationales serait d'au moins 15%, une formulation pour laquelle Bruno Le Maire s'était beaucoup battu, selon ses dire, il est désormais écrit que le taux d'imposition sera de 15%, un petit mot en moins, mais qui fait toute la différence, qui dit par avance le redoncement annoncé aux ambitions qui avaient été affichées dans le cadre de la négociation sur la réforme de la fiscalité mondiale.
Je lis encore, 15% c'est le taux moyen d'imposition mondiale moyen aujourd'hui des géants du numérique, des géants américains du numérique. Si cet accord peut être qualifié d'historique, c'est peut-être sur ce point qu'il l'est. Les géants du numérique, après avoir abattu les oppositions des États, sont en passe d'imposer au monde leurs normes de fiscalité. En gros, on s'achemine vers un impôt minuscule de 15% sur les bénéfices des GAFAM, un impôt mondial dont la répartition obéira à des règles complexes érigées par les pays riches, États-Unis en tête. Bref, en fait, des victoires, ce sont les GAFAM qui ont gagné et ce sont surtout les pays du Sud, les pays moins développés, qui ont perdu.
L'Opinion et le Figaro, deux quotidiens de droite très pro-business, font leur une sur la Chine. Des unes très offensives, selon l'opinion, entre la Chine et Taïwan, il y a une drôle de guerre et un maxi-risque. La multiplication des incursions militaires menées par le régime de Pékin dans l'espace aérien taïwanais fait craindre la possibilité d'une tentative de réunification des deux Chines par la force. Tout ça, rappelons-le, se déroule dans une atmosphère de course à l'armement dans la région. Le Figaro fait une très idéologique, l'antrisme de la Chine, une menace pour l'Occident. Mais c'est quoi cet antrisme ?
Ce sont les techniques de soft power utilisées depuis des siècles par les pays dits occidentaux. Je cite « ingérence électorale, manipulation des réseaux sociaux, les réseaux sociaux, c'est récent, mais la manipulation des opinions a toujours existé, désinformation, sabotage, rapprochement avec les extrêmes politiques. » Bref, selon un rapport de l'Institut de recherche stratégique de l'école militaire, bref de notre propre lobby militaro-industriel, la Chine se comporte désormais comme la belliqueuse Russie. Ce rapport alarmiste est cité par le Figaro, propriété de la famille Dassault, acteur clé de notre complexe militaro-industriel.
Mon propos n'est pas de dire que les Chinois sont des gentils méchamment diffamés, mais mieux vaut savoir qui parle quand ils parlent. Toujours sur l'international, l'humanité fait une belle une sur le procès des assassins présumés du président révolutionnaire Thomas Sankara, tué en 1987 au Burkina Faso. « Les circonstances du meurtre sont connues, écrit Luma, reste à faire la lumière sur les commanditaires. » En gros, l'enjeu est de savoir quel rôle en jouer Blaise Compaoré, son ami et successeur, homme de main de la France.
Et la France elle-même, la croix, rend hommage à Samuel Paty, professeur d'histoire-géo, tué à Conflans-Saint-Honori, il y a bientôt un an, avec une interview de sa sœur, la libraire Gaëlle Paty, qui évoque un homme qui avait une passion pour l'histoire sociale qui était non-croyante, mais qui voulait comprendre la foi des autres. C'est une une et un article très très émouvant. Alors, David, tu as écouté cette hydrologie, tu as vu ces titres défiler, est-ce qu'il y a quelque chose qui a retenu ton attention ?
Oui, il y a beaucoup de choses qui ont retenu mon attention, mais moi, il y a peut-être une chose à rajouter déjà sur les sondages Moi, vu que je suis militant politique, forcément, c'est quelque chose qui me concerne. Il faut savoir qu'en fait, ce qui se joue derrière les sondages, ce n'est pas juste une question d'influencer un petit peu le vote des électeurs, c'est que quand tu vas, par exemple, sur le site vipublic.fr, qui est le site de l'État, c'est dit explicitement, il y a trois critères pour parler de la représentativité dans les médias des organisations politiques, des représentants politiques.
Dedans, tu as les résultats aux élections récentes, notamment municipales, européennes, régionales. Tu as les contributions, ce qu'on appelle des partis à l'animation du débat national, par exemple, si telle ou telle personne sort une grande proposition qui fait débat, ou si juste il dit les Arabes doivent retourner chez eux, ce qui fait partie visiblement du débat national, ils ont plus d'exposition médiatique. Et il y a, le troisième critère, c'est justement la question de la représentativité dans les sondages.
Donc en fait, quand il y a des sondages comme l'IFOP ou l'Ipsos qui te placent, qui estiment qu'il n'y aura que 50% de participation aux présidentielles, ce qui serait, par ailleurs, si ça arrivait vraiment une personne sur deux qui vote aux présidentielles, c'est du jamais vu et ça devient un gros problème démocratique. Ça n'arrivera pas. Je pense que ça n'arrivera pas. On ne sait jamais, mais a priori, ça n'arrivera pas. Eh bien, tu ne te retrouves pas seulement avec un effet de dynamique où les gens se disent « Tiens, Jean-Luc Mélenchon, il est bas ». Non, ce n'est pas que ça.
C'est qu'après, derrière, dans les médias, tu auras aussi, en conséquence, moins de gens de la France insoumise, par exemple, qui seront invités. Moins de gens aussi, il faut le reconnaître, du Rassemblement national qui a aussi un électorat un peu plus populaire qui seront invités. Par contre, tu auras une surreprésentation des bourgeois qui, eux, savent toujours pour qui voter, que ce soit pour Zemmour, pour Macron ou autres. Et eux, tu auras leurs représentants plus souvent dans les médias. Et c'est un effet boule de neige, en fait. Et à chaque fois, ça se cumule. Ça, c'est ce que j'avais vu pour les sondages. Il y avait la question de l'impôt sur les sociétés aussi.
C'est drôle parce que, et ça, on en parlera tout à l'heure, je pense, mais on nous parle très souvent en ce moment de la fraude des pauvres, qui est une pauvre fraude, en réalité. On oublie que, par exemple, la fraude sur l'impôt sur les sociétés est estime à plus de 20 milliards d'euros. Il y avait une estimation entre 23 et 30 milliards, je crois, sur des chiffres un peu anciens parce que c'est toujours des chiffres qui mettent du temps à arriver pour l'administration fiscale, mais je crois que c'était de 2014, les chiffres, de 23 à 30 milliards d'euros pour la fraude à l'impôt sur les sociétés.
En comparaison, la fraude sur les prestations familiales, la fameuse fraude, oulala, les gens crichent, etc., c'est un milliard d'euros, à peu près. Alors, en ce moment, voilà, tout le jeu aussi de la droite libérale et de l'extrême droite qui avance main dans la main là-dessus, c'est de nous faire croire que le principal problème de la société, c'est la fraude des pauvres. Il y a Charles Prats, je ne sais pas si tu connais, qui a sorti un bouquin.
Il a connu son honneur de gloire après avoir été cité par Éric Zemmour lors du débat Mélenchon-Zemmour. Eh bien, regardez bien
ce qui va se passer. Il ressort une version de son bouquin bientôt, si j'ai bien compris, et je vois Éric Zemmour qui, effectivement, parle de lui, Marine Le Pen, la droite libérale. En fait, tous ces gens qui ne savent pas comment on va trouver de l'argent parce qu'ils respectent les règles européennes commencent à taper sur la fraude des pauvres. C'est-à-dire que derrière le racisme, il y a toujours aussi la détestation des pauvres.
Et à mon avis, pendant la campagne, ça va être un des thèmes sur lesquels il va falloir être très attentif parce que ce monsieur qui, à mon avis, inspire en ce moment beaucoup l'extrême droite sur le sujet, mais même la droite libérale classique, va continuer de répandre des intox, etc., dans le débat public et il va falloir être solide sur les chiffres.
Alors, et maintenant, c'est le moment d'appeler un de nos sociaux abonnés. C'est une tradition aussi, comme la titrologie. Petit scoop, entre guillemets, bientôt tous nos sociaux et abonnés, y compris les donateurs Ulule qui ont opté pour les contreparties correspondantes. Ils recevront une newsletter qui leur demandera s'ils souhaitent rejoindre le groupe de ceux qui nous appellent tous les matins pour évoquer les unes de la presse et les actualités qu'ils veulent défendre. Soyez donc vigilants quand vous ouvrez vos courriels. Bon, aujourd'hui, on va parler avec Michel. Bonjour Michel.
Bonjour. Bonjour Théophile.
Tu nous appelles d'où, Michel ?
Je t'appelle du Jura. Je vous appelle du Jura. Je suis assez loin du lieu dont je veux parler ce matin. Je voulais parler de la marche des terres qui a eu lieu sur Paris et qui n'a pas fait les grands titres des journaux. J'ai relevé malgré tout quelques titres. L'UMA a titré Île-de-France, direction Matignon pour la marche contre la bétonisation des terres agricoles. Je peux développer, alors, Théophile ?
Oui.
Alors, samedi matin, quatre défilés se sont élancés des quatre points cardinaux de l'Île-de-France selon les mots de Bernard Lou, militant écologiste et président du collectif pour le triangle de Gonesse. Les manifestants avaient rendez-vous à Gonesse-Valdoise, à Thouarie-Yvelines, au Val-Bréon-Sain-et-Mal, au plateau de Saclay-Esonne-Yvelines, soit quatre sites emblématiques des combats environnementaux dans la région francilienne. C'est la destruction des terres agricoles qui nous rassemble, même si les raisons ne sont pas les mêmes, rappelle Bernard Lou.
J'ai relevé, donc, sur France Info AFP, Environnement à Paris, une marche des terres contre l'artificialisation des sols agricoles en Île-de-France. Donc, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées, dimanche 10, devant l'hôtel de Ville de Paris, pour dénoncer l'urbanisation massive de l'Île-de-France. Leur rassemblement était la conclusion de plusieurs marches des terres, partie la veille des quatre coins de la région. L'idée, c'est de faire prendre conscience aux gens qu'il y a des terres à préserver pour l'écologie de l'Île-de-France, a expliqué Claire Bertrand, agricultrice bio en Seine-et-Marne. Ces terres servent à nourrir la population de Paris.
On a envie de préserver ce qu'on a, de ne pas avoir de béton pour le stockage du carbone, la diversité des espèces cultivées, le refuge des animaux a-t-elle poursuivi. Au côté des nombreux collectifs organisateurs, quelques élus étaient présents, dont la députée France Insoumise Mathilde Panot ou l'élu régional écologiste Gisleine Senet. Cette dernière a déploré les vœux pieux de la majorité menée par Valérie Pécresse qui souhaite instaurer la règle du zéro artificialisation nette et a appelé à davantage utiliser les logements vacants et les friches pour répondre à la pression immobilière.
J'ai relevé aussi dans Bâti Actu que selon la Chambre d'agriculture d'Île-de-France, 100 000 hectares de terres fertiles ont disparu dans la région en 50 ans. Depuis quelques années, ce sont 1 500 hectares de terres agricoles par an qui sont transformées en espaces urbains. Les terres agricoles doivent être vues comme un outil de lutte contre la crise climatique. Ce sont des puits de carbone, des lieux de vie pour la biodiversité, estime de son côté Fabienne Mérola, ancienne chercheuse à l'Université de Paris-Saclay et membre du collectif Urgence-Saclay. Et je vais terminer par reporter. Le reporter nous dit partout en Île-de-France, les milliers d'hectares de terres fertiles sont menacées.
Grand Paris, Jeux olympiques, entrepôts, data centers, spéculation, gare en plein champ, des blé polions. Les nouvelles lignes de métro du Grand Paris Express battent tous les records. Déjà 39 milliards d'euros engagés, 43 millions de tonnes de déchets. Le sol vivant est détruit sans souci des besoins des populations. Pourtant, on sait que les infrastructures de transport rapide induisent l'étalement urbain, source d'inégalités sociales croissantes. On sait que l'autonomie alimentaire de l'Île-de-France n'est que de trois jours. Il est urgent de garantir à tous un approvisionnement local et de qualité.
Les scientifiques signalent que la bétonisation des sols augmente pollution de l'air, canicules et inondations. La population demande l'arrêt immédiat de ces ravages, mais les décideurs continuent de détruire et de bétonner. J'ai vu aussi un article dans Bastard, mais je crois que le principal a été dit sur le sujet. Voilà.
Merci, merci Michel. C'est un angle mort effectivement. C'est une actualité qui a été très peu médiatisée et heureusement que tu as eu l'œil pour nous en parler. Et puis, on a quelques images des militants qui étaient à la marche des terres samedi dernier.
C'est propre, c'est carré.
En général, Michel, elle est carrée. Donc, on va continuer pour faire le zapping politique, en fait, le zapping du week-end politique, comme on l'a fait un peu la semaine dernière, lundi dernier. Nous faisions ce point avec Thomas Porte, militant de génération et porte-parole de Sandrine Rousseau, candidate malheureuse à la primaire écolo. Aujourd'hui, le même exercice, on le fait avec toi, David Guiraud, porte-parole jeunesse de la France insoumise et intervenant régulier ici aux médias. Le principe est le suivant, on montre à plusieurs reprises une séquence ou un petit zap du week-end politique qui vient de se dérouler et on le commente ensemble pour aller un peu plus en profondeur.
Je suis prêt. On commence par Édouard Philippe qui a lancé samedi dernier son tout nouveau parti Horizon.
Nous n'arriverons à rien si nous ne remettons pas de l'ordre dans nos comptes et de l'ordre dans nos rues. Il faut, mesdames et messieurs, il faut d'abord que j'évacue une idée absurde qui n'est apparue à personne dans cette salle mais dont je ne peux pas totalement imaginer ou méconnaître le fait qu'elle pourrait apparaître ailleurs que dans cette salle. Quand je dis qu'il faut impérativement mettre ou remettre l'ordre dans nos comptes et dans nos rues, je ne suis pas en train de critiquer ce qui se fait aujourd'hui. De grâce, ne laissons pas penser une seconde que mon propos sur la dette publique serait une remise en cause du quoi qu'il en coûte.
Mon propos sur la dette publique, c'est que lorsque la crise est passée et elle passe, alors il faut se poser la question de savoir si c'est un problème d'avoir une dette importante. Et ça, mesdames et messieurs, nous vivons dans un monde où il y a des gens qui pensent que ça n'est pas si grave. Moi, j'ai dit les choses le plus clairement possible parce que l'expérience montre que quand on les dit pas clairement, on n'est pas compris et que quand on les dit clairement, parfois, on n'est pas compris quand même. Donc, il faut mieux le dire très clairement.
Alors, j'ai dit très, très clairement et je le redis très, très clairement que mon objectif en 2022, c'est de faire en sorte que le président de la République, Emmanuel Macron, soit réélu. Et je pense aussi que la réélection d'un président, c'est encore plus difficile que l'élection d'un président. L'histoire récente semble plaider pour la validité de ce constat. C'est encore plus difficile et je dis que cette réélection, elle passera comme toutes les réélections par un élargissement et pas par un rétrécissement.
On vit dans un monde où on peut quasiment tout dire et parfois des horreurs, des contre-vérités manifestes et pourtant, nous vivons aussi, c'est le même monde, dans un monde où vous avez la cancel culture, le wokisme et tout le tintouin qui peut vous tomber dessus en vous disant vous n'avez pas le droit de dire ça. Comment ? Vous lisez Homer ? Quand même une vision très masculine de l'antiquité, Homer.
Alors David, manifestement, Edouard Philippe qui était présenté comme plutôt de centre-droit, il lance son parti à droite toute avec toutes les thématiques et les obsessions habituelles de la droite dans une sorte de rapport où il donne l'impression de vouloir contraindre Emmanuel Macron à aller encore plus à droite et où il entre en résonance avec le MEDEF qui semble s'agacer des mini concessions sociales d'Emmanuel Macron.
Oui, non mais moi j'adore, j'adore parce que le produit marketing est tout frais et en fait, il y a plein de formules comme ça quand tu regardes la réalité de à quoi ça correspond et tu te dis, bon, par exemple, il nous dit, bon, il faut remettre de l'ordre dans nos comptes, mais dans les comptes de qui ?
Parce que les riches, ça va, les comptes, ils sont en ordre en fait, tout va bien, c'est dans les comptes du pays que ça ne va pas et en fait, Edouard Philippe, il a eu ce talent politique d'arriver à esquiver complètement toute responsabilité dans le quinquennat d'Emmanuel Macron alors que c'est quand même le premier ministre de la crise des gilets jaunes, c'est le premier ministre de la réforme et de la grève nationale dans le ferroviaire, c'est le premier ministre des cadeaux aux plus riches, notamment la flat tax, la fin de l'impôt sur la fortune, etc.
et donc ce monsieur a complètement cassé le pays, c'est aussi lui qui pendant deux ans a été complètement sourd aux manifestations par exemple des urgentistes qui nous disaient avant la crise du Covid, qui disaient juste par contre dans les services d'urgence, ça devient compliqué et lui, il s'en foutait, il n'a rien à faire. Donc en fait, ces gens-là, cette classe sociale-là, cette organisation politique-là qui représente la partie la plus émergée et visible de la bourgeoisie, a complètement déstructuré le pays et puis ils arrivent, une fois qu'ils ont tout pété, ils disent par contre il faut remettre de l'ordre. Alors en disant, il y a un problème avec la dette.
Alors la dette, moi je veux bien qu'on en parle encore une fois, la dette aujourd'hui, elle est détenue en grande partie, notamment c'est l'issue du Covid, par la Banque Centrale Européenne. La Banque Centrale Européenne, c'est le regroupement des banques centrales des différents pays qui composent la Banque Centrale Européenne. En vérité, la dette, nous nous la devons à la Banque de France. On doit de la dette à nous-mêmes. Tout ça est absurde budgétairement le pays. Bon ben voilà, on en est là. Et en fait, ce qui m'énerve, c'est que ces gens-là arrivent à esquiver complètement toutes leurs responsabilités. De l'ordre. L'ordre, ok, de l'ordre, de l'ordre.
Mais sur les masques, c'est toi qui as menti en fait. Sur les tests, c'est toi qui n'as pas mis de l'ordre. Tout ça, encore une fois, c'est une manière en marketing politique de faire complètement esquiver toutes les responsabilités. Et après, sur le truc de pousser Emmanuel Macron, évidemment qu'il va pousser Emmanuel Macron. C'est son bilan. C'est même pas une question qu'il est fidèle politiquement, etc. C'est un peu vrai. Je pense qu'il a un rapport à la fidélité. Peut-être qu'il n'a pas Emmanuel Macron quand il a trahi François Hollande. Mais il n'empêche que, évidemment qu'il défend Emmanuel Macron. C'est son bilan politique.
C'est ce que la droite a toujours rêvé de faire sur Emmanuel Macron, qu'elle n'a pas forcément pu faire à une époque où les syndicats étaient un peu plus solides, un peu plus résistants. Mais là, Emmanuel Macron achève le rêve politique du RPR d'il y a quelques années.
Mais quelque part aussi, on a l'impression que ce parti, c'est une sorte d'organisation de purgatoire ou de vestibule pour ceux qui veulent entrer au paradis macronien d'après 2022, avoir de bonnes places, avoir des investissures pour les législatives et, disons, les barons de la droite qui ne veulent pas tout à fait aller à l'RM mais qui sentent que ce ne sera pas le tour de LR. On sent quelque chose comme ça.
Et on se dit, peut-être, Macron, il a l'impression qu'on veut le contraindre à formater sa majorité par la suite parce que les échos qui nous parviennent, c'est qu'ils sont un peu emmerdés par le parti d'Édouard Philippe qui s'appelle Horizon alors qu'ils ont un rapport un peu plus apaisé avec les macronistes de gauche avec de gros guillemets qui aussi, autour d'Olivier Dussopt, se sont constitués, se sont réunis ce week-end.
C'est la dernière porte avant les enfers, en fait. Horizon, voilà, moi je pense qu'il y a un jeu effectivement politique d'aller chercher des investitures aux législatives pour avoir une majorité qui, par ailleurs, Emmanuel Macron ne croit pas vraiment beaucoup en sa majorité aux législatives.
Moi, je n'ai pas l'impression qu'il y a une grande écoute, je n'ai pas l'impression que tout le discours qu'on nous a surveillé au début qui consistait à dire « soyez fiers d'être des amateurs » en réalité est plutôt un échec, c'est-à-dire qu'on se rend compte qu'une organisation politique sans structuration, sans colonne vertébrale, c'est aussi des députés qui sont moins utiles et mine de rien, moi, à la limite, ça je peux comprendre la démarche d'Edouard Philippe, ils ont une ossature politique qui est celle de la droite classique, la droite libérale, la droite de l'ordre, soi-disant, c'est-à-dire de la militarisation de la société, forcément, ils ont envie de pousser et c'est plus utile pour une, moi, je trouve ça plus utile pour le débat démocratique d'avoir des gens qui soient plutôt ordonnés dans leur tête plutôt que de nous faire croire qu'en gros, la société civile arrive à l'Assemblée et que ça va disrupter le monde et que c'est mieux, etc.
Moi, je ne crois absolument pas à ça. Moi, je préfère quelqu'un qui nous dit j'ai telle offre politique, je m'organise politiquement, je fais monter des élus qui représentent cette majorité politique-là à l'Assemblée nationale et Emmanuel Macron va avoir ce problème-là parce que la gauche, soi-disant d'Emmanuel Macron, elle va être complètement bousillée par la ligne politique d'Emmanuel Macron lui-même. Il n'y a pas de gauche dans Emmanuel Macron. On a compris quelque chose, c'est qu'il n'est ni de gauche ni de gauche, Emmanuel Macron, comme on le dit souvent d'ailleurs des gens de droite qui se disent de gauche. C'est la seule chose qu'on comprend.
On ne sait pas à quel point il est de droite, on ne sait pas à quel point ses ministres reprennent même le discours de l'extrême droite, quoique on commence à avoir quelques idées avec certains, mais on sait, une chose sûre, c'est qu'il n'est pas de gauche. Donc, tout ce qui est le discours centriste, etc., à mon avis, va s'effacer petit à petit. Donc, forcément, ça crée un gros appel d'air pour des gens comme Édouard Philippe. Je peux le comprendre d'un point de vue stratégie politique, c'est classique.
Alors, Marine Le Pen, elle a été l'invité de BFM politique et elle a donné l'impression de multiplier les outrances pour exister face à la montée dans les sondages d'Éric Zemmour. Elle a évoqué la question du carburant, de la TVA réduite sur le carburant, de l'Algérie et des transferts d'argent qu'elle bloquerait pour faire entendre raison aux Algériens qui ne veulent pas récupérer leurs ressortissants dont la France ne veut plus. Et elle a fait aussi une sorte de baiser de la mort à Arnaud Montebourg. On écoute.
Vous, ce que vous préconisez, c'est une baisse de TVA au niveau 5,5% sur l'essence, le gaz et l'électricité. Mais là, vous posez un problème de taxe nationale. Est-ce que le problème n'est pas plutôt européen quand on sait que les prix de l'électricité, notamment, sont contraints par le marché de l'eau au l'air ? D'abord, il y a plusieurs problèmes. Moi, je considère que l'essence, le gaz et l'électricité sont des biens de première nécessité. Et parce que ce sont des biens de première nécessité, ils doivent être taxés comme des biens de première nécessité, c'est-à-dire à 5,5% au lieu de 20. Mais ça, c'est des chiffres. Ce sont des pourcentages. Qu'est-ce que ça entraîne ?
Eh bien, ça entraîne immédiatement 8 euros d'économie sur un plein de gazole de 40 litres. 8 euros d'économie. Vous voyez, les Français qui nous écoutent, à chaque fois que vous ferez un plein, vous penserez à moi et vous vous direz avec Marine Le Pen, présidente de la République, eh bien, mon plein, il me coûtera 8 euros de moins. Très simplement, ce que je vais dire à l'ensemble de ces pays qui ne respectent pas le droit international, tant que vous n'aurez pas repris l'intégralité de vos nationaux qui doivent retourner dans vos pays, il y aura zéro visa. Pas 60%, pas 50%, pas 70%, zéro. Voilà. Car la France se doit maintenant d'être à nouveau respectée à l'extérieur. Et elle ne l'est pas.
Il y a autre chose, il y a les transferts de fonds qui sont effectués. Vous savez que chaque année, il y a une aide publique au développement que l'on peut couper accessoirement quand on ne nous respecte pas. Mais il y a aussi l'intégralité des transferts de fonds qui sont adressés par des gens qui ont la nationalité algérienne et qui travaillent en France ou qui touchent d'ailleurs des aides sociales vers l'Algérie.
Chaque mois, là aussi, on peut intervenir et dire, écoutez, puisque c'est comme ça, eh bien, les 1,5 milliard qui partent chaque année de la France vers l'Algérie au travers des transferts de fonds, je ne vais pas citer les sociétés qui s'occupent de ça, eh bien, ce sera terminé, ce qui permettra de réinjecter d'ailleurs 1,5 milliard dans l'économie française. ça lui fera, je pense, le plus grand bien. Je dis, dans le camp de ceux qui croient en la France avec lequel on peut avoir des divergences sur un certain nombre de sujets, il y a toute une série de personnes, il y a Montebourg, il y a Éric Zemmour, il y a M.
Kusmanovic qui pourtant n'est pas de ma chapelle, il y a un certain nombre de personnes qui croient en la France. Avec ceux qui croient en la France, on peut travailler. Jean-Luc Mélenchon ? Ça, c'est essentiel. J'aimerais bien savoir, j'aimerais bien que Jean-Luc Mélenchon soit beaucoup plus précis parce que pour l'instant, ce que je vois de Jean-Luc Mélenchon, moi, c'est un immigrationniste fou, un défenseur du fondamentalisme islamiste et ça, permettez-moi, mais ça, pour moi, ça n'est pas la défense de la France.
Alors, retour sur le plateau avec David, bon, on va en discuter, mais j'ai, été vraiment frappé par ce qu'elle dit sur le fait qu'on va bloquer les transferts d'argent vers l'Algérie parce que c'est complètement ahurissant et les journées ne réagissent pas. C'est-à-dire, c'est impossible de le faire. L'argent circule mondialement à des vitesses incroyables et je ne pense pas que Marine Le Pen veut arrêter les mouvements, les flux financiers internationaux.
Il suffit juste, si la France ne veut pas envoyer de l'argent en Algérie, on fait un petit saut par la Belgique, une transaction qui fait trois secondes et en fait, finalement, on envoie de l'argent à l'Algérie, c'est complètement grotesque et en plus, moi, ce qui me frappe, c'est que les journalistes ne l'agressent pas. Quand elle dit qu'elle va faire baisser la TVA sur le carburant en passé de 20% à 5,5%, on ne demande pas comment vous allez financer ça. On aurait demandé ça à n'importe quel homme politique de gauche, mais à elle, on la laisse dérouler, en fait.
c'est encore plus grotesque que le doublement du salaire des profs d'Anne Hidalgo, mais en fait, on a l'impression que Marine Le Pen a le droit de dire n'importe quoi, qu'en fait, son rôle systémique, c'est vraiment de dire n'importe quoi et de faire croire n'importe quoi à une partie des Français. Donc voilà. Je voulais juste dire ça avant de t'écouter parce que moi, j'ai trouvé ça quand même d'un point de vue économique parce que c'est quand même un secteur que je maîtrise un peu, c'est absurde.
Non mais de toute façon, elle, elle est mal parce qu'elle est doublée par un Éric Zemmour qui joue une carte très très libérale pour le coup. Alors on se dit, elle se dit, tiens, je vais incarner ce truc un peu social. D'ailleurs, elle a modifié sa ligne, elle avait essayé en 2017 avec Philippot, etc. Maintenant, elle est en recule par rapport à la thématique sociale. Elle avait donné une interview, je crois que c'était dans Les Echos il y a quelques mois, où elle disait qu'il fallait respecter les traités budgétaires européens, qu'il fallait rembourser la dette et c'est là où ça devient intéressant en effet.
Quand quelqu'un te dit qu'il faut rembourser la dette mais qu'il te dit par exemple qu'il va enclencher une dépense colossale en termes de promesses de campagne donc là sur le recul de la TVA sur l'essence, c'est la question mais du coup, comment tu finances ? Et moi, c'est vrai qu'à chaque fois qu'on est sur des plateaux avec la France Insoumise, on a l'impression d'arriver en face d'une horde de gens qui ont le couteau entre les dents et qui nous disent toutes les deux secondes mais comment vous financez ? Mais comment vous financez ? Mais vous êtes irréalisable.
Elle, elle bénéficie de cette mensuétude-là et tu peux être sûr que quand on va lui dire mais comment tu finances ta proposition ? Elle va nous dire en revenant sur la CMUC, sur la couverture maladie pour les migrants et puis en faisant reculer la fraude des pauvres. Moi, je vois ça venir à des kilomètres et en plus, je veux bien qu'on baisse la TVA. Aujourd'hui, sur le gaz, la question principale c'est la libéralisation du marché. C'est-à-dire que l'Union européenne est en train de faire en sorte que les prix soient fluctuants selon l'offre et la demande.
Ce qui a donné par ailleurs dans des pays qui font déjà ça comme les Etats-Unis, des séquences comme au Texas où il y a une vague de froid comme on l'a connue il n'y a pas si longtemps, une vague de froid qui fait quoi ? Qui augmente énormément l'offre, enfin la demande énergétique et les gens se retrouvent d'un coup avec des factures à plusieurs milliers d'euros de gaz sans qu'on ne sache vraiment pourquoi. Donc c'est ça la conséquence logique. Donc qu'est-ce qu'elle compte faire
contre ça ? En fait, on a l'impression que cette question de la TVA est une manière d'éviter de poser la question 1, de l'Europe 2, du néolibéralisme.
Et même au-delà, je pense qu'en fait la question de l'extrême droite vis-à-vis des impôts a toujours été la même. En vérité, ça a été une position très macroniste, un parieur très libéral. C'est toujours de dire qu'en vérité, la solidarité, ça coûte trop cher. C'est-à-dire qu'en fait, les impôts, dans la pensée de gauche, ça a quand même un objectif, c'est de redistribuer. C'est vrai que c'est très mal fait aujourd'hui. Moi, je ne le conteste pas. Les gilets jaunes ou autres, le prix des carburants, des gaz, des produits de première nécessité, il y a plein de choses à faire.
Nous, on a proposé par exemple un blocage des prix, qui est une autre mesure politique pour le coup que simplement baisser la TVA. Mais effectivement, ils sont mal utilisés. Mais eux, c'est toujours la même chose. La solidarité, ça coûte trop cher. Tout le monde se débrouille maintenant. Donc, elle fait une mesure qui, à mon avis, essaie de la relancer dans le débat politique parce que ça fait vaguement appel aux gilets jaunes, le carburant, etc. La ficelle est assez grosse, mais je pense que ça prendra pas plus que ça dans le débat public. Et encore une fois, qu'est-ce qu'on fait au niveau européen pour empêcher ces situations-là qui mettent en danger des familles ?
Parce que quand tu as une facture d'électricité qui augmente trop, et c'est déjà le cas pour certaines familles aujourd'hui, il y a eu des études récentes, en tout cas des articles même récentes, qui montrent que les prix justement des produits de première nécessité ont gravement augmenté, que ce soit sur les légumes frais ou autres, mais aussi sur le gaz et l'électricité. Quand tout ça augmente parce qu'on a libéralisé le marché, qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'il nous reste pour des familles ? On coupe l'électricité. Enfin, selon BFM, c'est interdit parce que la loi l'interdit. Alors, les fournisseurs d'électricité sont un peu plus malins.
Ils te réduisent juste pour que tu aies assez pour allumer une ampoule et puis si tu fais plus qu'allumer ton ampoule, le compteur, il saute. On en est là aujourd'hui. Alors, il y a aussi
le baiser de l'amour à Arnaud Montebourg. En gros, c'est un compliment dont il aurait pu se passer.
Oui, mais parce que Arnaud Montebourg, il a fait une erreur récemment dans son interview à BFM TV. Il a validé la théorie du grand remplacement. Il dit qu'il est contre. Il faut être honnête. Ce n'est pas quelqu'un qui dit qu'il y a un grand remplacement. Mais il nous dit, oui, toujours la même chose. C'est basé sur des peurs donc il faut l'entendre. En fait, c'est toujours le même vieux discours que j'ai déjà entendu quand j'avais 13 ans. On parle d'ailleurs des hiérarches du PS, c'est-à-dire Jean-Marie Le Pen pose les bonnes questions mais il n'a pas les bonnes solutions. De se dire, je valide la théorie de mon adversaire poétique. Mais bon, quand même, il ne faut pas dire ça.
Mais enfin, je veux dire, ce n'est pas crédible. Et même du point de vue des gens qui écoutent, à partir du moment où on nous dit les peurs sont légitimes du grand remplacement. Mais qu'est-ce qu'il faut penser alors ? Que le grand remplacement doit être pris en compte. C'est ça la réalité. Alors que la vérité de ce concept-là, c'est que c'est une fumisterie, que tous les démographes nous disent qu'en vérité, ça n'existe pas, que les filles, notamment d'immigrées, font autant d'enfants que les femmes françaises moyennes, de base, de souche, tout ce que tu veux, qu'en 2100, on aura 20% de la population à peine d'ici 2100. Donc, il y a le temps de vivre.
20% de la population qui sera composée d'immigrés et de leurs descendants. Bon, la France change un peu,
mais il n'y a pas de grand remplacement. Mais surtout, en fait, elle a toujours changé. C'est-à-dire, il y a eu des vagues d'immigration polonaise et italienne. Donc, en fait, en réalité, parler de grand remplacement, c'est parler de remplacement colorimétrique. C'est du racisme, en fait.
Et c'est un discours de guerre civile. Parce qu'en fait, à partir du moment où on explique aux gens vous allez disparaître, parce que c'est ça, le grand remplacement, eh bien, il y a des gens comme Brenton Tarrant, en Nouvelle-Zélande, qui nous disent mais je ne veux pas disparaître. Du coup, je vais mettre tout ce qui est à ma portée pour ne pas disparaître, c'est-à-dire la violence. Et donc, on se retrouve avec, en Nouvelle-Zélande, quelqu'un qui attaque une mosquée, qui fait 50 morts, qui sort juste avant un manifeste qui s'appelle Le Grand Remplacement, où il explique qu'il ne veut pas disparaître.
Et donc, les personnes qui sont perturbées mentalement ou les fanatiques de l'extrême droite ou autres, prennent appui sur ce genre de théories qui sont des théories qui décrivent un réel extrêmement violent à vivre, c'est-à-dire vous allez disparaître, c'est vrai que c'est... Ce n'est pas cool quand on te le dit pour assouvir leurs pulsions violentes. Et le résultat va être ça de toute façon. C'est ça qui est problématique dans Le Grand Remplacement.
Et en fait, c'est la question aussi, la bataille culturelle, c'est quelque chose manifestement qu'il faut vraiment mener de manière frontale parce que dès lors que tu recules juste un peu sur tes positions parce qu'il est évident qu'Arnaud Montebourg n'est pas d'extrême droite, il n'est pas fasciste, c'est un militant socialiste en fait de centre-gauche on va dire qui a apporté quand même un discours souverainiste qu'il faut entendre. Mais en fait, dès lors que tu... Juste pour...
Parce que tu as l'impression que les classes populaires ont envie d'entendre ou en fait nourrir certaines peurs dès que tu fais une petite concession, et bien on te bouffe la main comme Marine Le Pen essaie de lui bouffer la main en le citant... Elle l'a bien eu. Et en citant un autre ancien de la France insoumise Georgie Kousmanovitch pour mieux, disons, isoler Mélenchon l'islamo-gauchiste mais aussi pour semer la confusion.
Elle l'a bien eu et ce qui est terrible c'est qu'on vit une période politique où désormais, dans pas mal de médias, l'extrême droite se permet de donner des bons points de républicanisme. En fait, ces gens, notamment ce parti, ils ont célébré il n'y a pas longtemps la fondation du FNJV Jordan Bardella qui en parlait, le truc fondé par des anciens nazis, des Waffen-SS, etc. qui était à une époque quand ils parlaient, bon bah, c'était le fascisme ou c'était le néofascisme ou c'était l'extrême droite, ils blablataient dans leur coin et puis voilà.
Aujourd'hui, il y a des plateaux télé où ils peuvent dire ça sans être pris une seule seconde par des journalistes qui ne se disent pas à un moment mais quand même c'est pas pareil. Tout en se basant sur un fait, c'est quand même ça aussi cette histoire, c'est la France insoumise est islamo-gauchiste. Pourquoi ? Parce qu'elle a participé une fois à une manifestation où il y avait un type qui a dit à la Ouagbar qui est quelque chose que les musulmans par ailleurs disent quatre fois par semaine. Ça veut dire Dieu est grand
en gros.
Voilà, c'est ça. Fin du film.
Donc il y a quelqu'un qui l'a dit, moi je trouve effectivement peut-être de manière un peu maladroite mais qui n'a pas dit à la Ouagbar pour faire un attentat devant le Bataclan et donc à partir de tous ces éléments que tu tresses les uns après les autres, tu permets de construire un récit comme quoi nous serions des islamo-gauchistes et ce film, c'est incroyable que les journalistes ne se disent pas mais je vais le contester quand même, c'est un peu gros comme ficelle, il y a juste un événement sur lequel vous appuyez pour dire ça alors qu'eux-mêmes ont déjà fait des mobilisations, je me souviens de l'époque où Frédéric Chatillon ou Axel Lousteau défilaient dans les rangs du collectif Chakiasine qui était un collectif pro-palestinien à l'époque où l'extrême droite, une partie de l'extrême droite soutenait la cause palestinienne mais pour des raisons très propres à eux c'est-à-dire l'antisémitisme avec notamment Sefrioui qui est le type qui a joué un rôle dans l'assassinat de Samuel Paty eux par contre on s'en fout le type qui collabore les types du FN qui collaborent avec Daesh pour le compte de Lafarge en suru non non tout va bien etc les journalistes sont incapables même de dire mais si à partir de cet élément vous dites islamo-gauchisme et vous vous êtes quoi alors si vos anciens collaborent avec Daesh par exemple ah non là il n'y a plus personne pour vrai
c'est un peu le naufrage de la raison on continue avec Arnaud Montebourg justement qui ouvrait la semaine politique sur CNews il a réaffirmé son ancrage souverainiste et sa conviction selon laquelle Jean-Luc Mélenchon ne peut être élu parce qu'il est sectaire
Jean-Luc Mélenchon dénonce toutes les candidatures à gauche éparpillées façon pause il vous dit à tous il est temps de vous ranger derrière moi mais Jean-Luc Mélenchon ne peut pas gagner et c'est une des raisons pour lesquelles je suis candidat et vous aussi oui pourquoi pourquoi parce que la proposition que je formule est une proposition qui est rassembleuse la sienne est malheureusement excessivement radicale et sectaire et c'est une des raisons pour lesquelles je suis candidat je voudrais d'ailleurs ajouter que si les quatre on peut faire le compte des quatre quinquennats qui viennent de s'écouler Chirac Sarkozy Hollande Macron grosso modo c'est à peu près la même politique d'ailleurs vous savez comment ça fonctionne les élections présidentielles c'est la fête on passe commande au Père Noël vous avez des catalogues de mesures formidables et puis le président nouveau est élu il prend son avion il va à Berlin il prend le train il va à Bruxelles il arrive et là le catalogue du Père Noël finit à la poubelle et on fait la même politique vous êtes en train de nous dire qu'ils sont interchangeables ils le sont vous êtes en train de donner le carburant à une presque candidature d'Éric Zemmour qui dit ils font tous la même politique non mais excusez-moi je pense ça je ne vais pas me couper la langue parce que excusez-moi je le pense on a un problème quand même si sinon on n'en serait pas là on n'en serait pas là à avoir cette espèce de pays qui a qui d'ailleurs pour moi a propulsé Mme Le Pen au deuxième tour et qu'il annonce et l'annonce encore si elle est au deuxième tour pas très loin de la victoire c'est bien parce qu'il y a un problème moi je pense qu'on n'a pas besoin d'extrême droite pour traiter les problèmes de notre pays regarder les questions de souveraineté en face Monsieur Montbrou ce n'est pas à vous de décider c'est aux français mais pour ça que je présente mon CV j'envoie mon CV aux français et je leur dis nous pouvons avoir une solution une stratégie républicaine de remonter de ce pays la remontada c'est un projet c'est une stratégie aussi pour la France
alors on va parler des propos d'Arnaud Montebourg mais je trouve que une fois de plus Sonia Mabrouk en fait j'ai l'impression que c'est devenu une nouvelle mode des journalistes politiques d'être absolument détestable avec une partie des interlocuteurs qu'ils ont en face je veux dire vous recevez quelqu'un qui est candidat à la présidentielle et vous vous lui reprochez quasiment d'affirmer cette ambition mais bon Arnaud Montebourg estime que Mélenchon ne peut être élu parce qu'il est sectaire
oui je vais répéter pour que tout le monde comprenne bien Montebourg reproche à Mélenchon de ne pas pouvoir gagner est-ce que tu connais l'histoire du poulet qui dit à l'aigle royal celui-là il ne peut pas voler tu ne le connais pas ?
non voilà voilà c'est celle-là je veux dire il y a un moment en fait ça devient presque absurde ce genre de comportement tout le monde dit ça de tous les autres il ne peut pas gagner il ne peut pas gagner cette manière de se confronter au sondage alors là ce qui a un côté ridicule c'est que Montebourg n'est pas une option crédible pour le pays aujourd'hui il faut aussi s'en rendre compte il trouve très peu d'écho auprès de la population voilà en dehors de cela mais justement c'est ça le problème c'est que mettre le débat sur il ne peut pas gagner c'est exactement ce que dit Zemmour de Marine Le Pen par exemple et ce que Marine Le Pen disait de Zemmour avant de se faire dépasser dans les sondages c'est toujours la même chose mais ça permet de ne pas avoir la discussion sur mais du coup qu'est-ce que tu proposes
mais là il dit quelque chose de fondamental politique fondamentalement politique il dit que Jean-Luc Mélenchon est sectaire et radical ça veut dire qu'en fait en réalité il voudrait une forme de centralisation de la proposition politique majoritaire
à gauche mais on a toujours enfin moi je connais ces critiques depuis de nombreuses années c'est à dire qu'en fait il y a des élections en général la France insoumise accepte de se ranger derrière pas mal de candidatures par exemple aux européennes ou aux régionales on s'est rangé dans la plupart des régions derrière soit Europe Écologie des Verts soit des alliances composites d'ailleurs les gens en général il y a aussi eu deux régions où on ne voulait pas de nous notamment en PACA en nous disant qu'on était de trop donc en fait on accepte à chaque fois de faire des alliances locales régionales européennes puis on se retourne et on voit tous les couteaux dans le dos qui nous disent vous êtes sectaire enfin je veux dire mais à quel moment Arnaud Montebourg a entrepris une démarche de rassemblement moi je ne connais pas cette démarche-là là on arrive sur des élections présidentielles il y a des projets moi je ne demande qu'une chose c'est discuter et à chaque fois c'est la même discussion que j'ai avec les gens à discuter du projet Arnaud Montebourg nous dit et je trouve qu'il a plutôt raison sur ce coup-là c'est quelque chose qui porte depuis quelque temps que les traités européens sont incompatibles avec certaines mesures que nous voulons mettre en oeuvre à la France insoumise on sait lesquelles on sait qu'est-ce qui est incompatible avec les traités européens notamment sur la dette voilà ça c'est une question sur la dette sur l'annulation d'une partie de la dette on sait que les traités européens ne nous permettront pas de le faire on sait pourquoi on veut désoblier qu'est-ce que Arnaud Montebourg propose de contraire aux traités européens qu'il met dans le débat pour nous dire moi je suis plus utile que vous c'est ça moi la question qui m'intéresse en gros il faut revenir au programme il y a un moment oui parce que si c'est juste la personnalité la personnalité de Jean-Luc Mélenchon est au-dessus de tous les autres c'est à la gauche enfin je veux dire il y a un moment c'est pas juste une question de sondage on a compris tous à peu près en 10 ans de vie politique que la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon en tout cas avait un socle électoral il a un socle électoral à 10, 11, 12% et des marges de progression comme on l'a vu en 2017 jusqu'à 19 ce qui est quand même un super score les autres on connaît un peu le socle électoral aujourd'hui du parti socialiste il est plutôt autour de 6, 7% je suis désolé mais enfin dernière présidentielle c'était ça bon là dans les sondages on est à peu près autour de là on connaît un peu le socle électoral d'Europe Écologie Les Verts on sait qu'il est partagé avec Macron c'est un électorat de centre-gauche et que ça dépend un peu des positionnements de Macron le positionnement enfin le socle électoral d'Arnaud Montebourg aujourd'hui est très faible dans le pays c'est ça la vérité
Anna Hidalgo était sur France 3 après le doublement des salaires des profs elle a été très prudente sur une éventuelle augmentation du SMIC
est-ce que vous êtes pour une augmentation du SMIC ? non seulement une augmentation du SMIC d'ailleurs nos partenaires européens je pense à l'Espagne l'a fait de façon assez significative mais c'est aussi de tous les salaires aujourd'hui on a un énorme problème de niveau de salaire dans le public comme dans le privé le travail ne rémunère pas le travail ne permet pas de s'en sortir de boucler les fins de mois je pense à toutes les classes moyennes et les catégories populaires juste sur le SMIC vous l'évaluez à combien l'augmentation ?
là je ne vais pas vous dire à combien parce que vous savez que vos concurrents de gauche eux ils ont Fabien Roussel veut 1800 euros Jean-Luc Mélenchon 1450 Yannick Jadot aussi c'est plus 5% vous n'avez pas de chiffre ?
moi je pense que vous savez il faut aller sur des augmentations très significatives de 10 à 15% au moins bien sûr ne serait-ce que du SMIC mais pour le mettre sur la table je crois beaucoup au dialogue social c'est aux partenaires sociaux aussi de nous indiquer et d'en discuter il y a la question du SMIC et puis il y a la question de tous les salaires et là ce que je propose c'est évidemment d'avoir des négociations dans toutes les branches à la fois sur les salaires mais aussi sur les conditions de travail parce que les deux sont liées une espèce de conférence salariale des conférences salariales et c'est ce que propose Valérie Pécresse vous savez elle a raison de proposer ça mais je ne suis pas sûre qu'elle soit tout à fait d'accord sur le fait qu'il faille augmenter aussi significativement les salaires elle veut baisser les cotisations sociales voilà et par ailleurs je pense aussi qu'il faut qu'il y ait des négociations de branches que la vie syndicale et le dialogue social entre les syndicats et le patronat reprennent la main sur quelque chose qui est totalement à tonne et qui conduit à quoi à être obligé en permanence de faire des chèques pour compenser les pertes de pouvoir d'achat il y a un autre sujet aussi très important c'est quand même les écarts salariaux dans les entreprises il faut que les négociations salariales permettent de traiter cela il y a quelque temps la CFDT disait qu'une augmentation généralisée des salaires de 15% était quelque chose d'atteignable examinons regardons et il faut mais je le redis je n'annonce pas parce que je vois comment la presse fonctionne aujourd'hui je n'annonce pas une augmentation du SMIC de 15% je dis c'est aux partenaires sociaux mais on pourrait aller vers ça on pourrait aller vers ça surtout quand on voit ce qui s'est passé dans des pays comme l'Espagne qui ont porté ça y compris grâce au plan de relance
alors au moins on parle des questions sociales et économiques enfin ce week-end quand même on en a parlé même Marine Le Pen en a parlé
ça pour le coup c'est plutôt une vertu du débat en tout cas de lancer la question des salaires parce que c'est vrai que c'est une question importante nous on parle d'un SMIC net à 1450 euros donc ça représente une augmentation de 200 euros je crois par rapport au SMIC actuel et Anne Hidalgo nous parle de l'augmentation générale des salaires moi je suis d'accord c'est un objectif louable le problème c'est que quand tu renvoies ça comme elle le propose uniquement à la discussion entre branches c'est-à-dire à la négociation collective mais il faut savoir qu'aujourd'hui le rapport de force il est extrêmement dégradé pour les syndicats donc se dire que l'Etat n'intervient pas dans la hausse générale des salaires et qu'on laisse ça aux partenaires sociaux on connaît déjà le résultat dans de nombreux secteurs notamment dans les secteurs où il y a le moins de personnes syndiquées parce que la négociation elle ne se fait pas en claquant des doigts ça c'est une vision très sociale démocrate des choses la vérité c'est que la négociation elle se fait selon le rapport de force selon la capacité des gens à faire grève à bloquer leur entreprise pour dire maintenant il va falloir que tu mettes de l'argent sur la table et si l'Etat n'a pas de politique volontariste alors là c'est cuit on le sait dans plein de secteurs c'est pour ça que moi je me souviens qu'en 2017 on avait parlé de la création d'un fonds de solidarité et les TPE et les augmenter sur les plus grosses entreprises pour justement permettre l'augmentation des salaires parce que sinon effectivement peut y avoir un petit problème de trésorerie pour les petites entreprises qui n'ont pas d'énormes marges de manœuvre financière je pense au boulanger du coin ou autre pour augmenter les salaires c'est à l'état d'être moteur et le principal moteur pour moi de l'augmentation des salaires reste quand même la fonction publique si dans la fonction publique déjà on permet aux gens de vivre dignement ce qui serait quand même déjà en soi un bel objectif d'exercer normalement leur métier je pense aux enseignants aux salariés du secteur de la santé et tous les autres l'aide sociale déjà les gens se diront y compris dans le privé moi je n'arrive pas à recruter parce que si je n'augmente pas les salaires les gens iront dans le public moi ça me va s'ils vont dans le public mais ça crée une boucle vertueuse et il y a une dernière chose là-dessus moi je suis assez sensible je l'avoue au discours d'économistes de gens qui réfléchissent à ça qui m'ont dit il n'y a pas que la hausse des salaires dans la vie il y a aussi la question de la gratuité de certains services publics parce que le problème des salaires c'est que après les patrons le secteur capitaliste peut aussi absorber en faisant autre chose en mettant des taxes en faisant plein de petits mécanismes de contournement comme ça des salaires il y a aussi la question du coup de la gratuité qui elle quand tu rends un service gratuit ça échappe au contrôle du patronat rendre les transports gratuits par exemple ça c'est une mesure qui permet d'augmenter le pouvoir d'achat des gens directement après ça dépend comment on le finance évidemment si on le finance en taxant les pauvres ça ne marchera pas mais c'est ce genre de mesures aussi sur lesquelles moi je suis assez attentif quand même pour augmenter la qualité de vie de tout le monde notamment de ceux qui n'ont pas d'autre choix que d'avoir recours au secteur public je pense au transport mais il y en a plein d'autres pour vivre
alors vendredi dernier Emmanuel Macron était à Montpellier à l'occasion d'un sommet Afrique-France assez spécial en gros il avait congédié ses homologues et avait décidé de parler directement avec la société civile de pays pour une grande partie anciennement colonisée il avait en gros accepté de subir les remarques assez franches des influenceurs qu'il avait cooptés j'ai voulu donner à écouter le discours d'une jeune Burkinabé un extrait en tout cas Elda Kouama dont les propos sur l'aide au développement devraient être entendus par tous ceux qui s'imaginent que les Africains ne rêvent que de profiter de la générosité française et en plus c'est un discours qui je trouve assez gilet jaune entre guillemets bon on écoute
l'aide au développement Monsieur le Président l'aide tant qu'elle n'aide pas tant qu'elle n'amène pas à se départir de l'aide comme le dit Thomas Sankara il faut s'en débarrasser l'aide ce type d'aide là rend esclave ce type d'aide là empêche les peuples les populations de s'en sortir par elles-mêmes par leurs propres capacités parce qu'elles peuvent le faire Monsieur le Président et vous devriez le savoir le meilleur est en chacun d'entre nous quelle que soit notre origine je continue donc pour vous citer ici feu Joseph Kiservo un intellectuel africain certainement que vous le connaissez vous lisez beaucoup n'est-ce pas Monsieur le Président il a dit et je cite on ne développe pas on se développe fin de citation alors si on ne développe pas on ne peut pas non plus aider à développer près d'un siècle que l'aide au développement se balade en Afrique ça ne marche pas que l'Afrique se développera par elle-même par le potentiel local et celui de la diaspora et certainement dans l'interdépendance avec les autres nations de la planète mais surtout à travers des collaborations saines je répète saines transparentes constructives
alors vraiment je voulais donner à écouter ça parce qu'on a l'impression en fait vu d'ici vu la nature polluant des débats politiques qu'il y a des êtres humains qui rêvent juste de vivre au crochet d'autres êtres humains alors qu'on a un système international qui annihile les capacités à s'auto même alimenter de certains peuples il y a notamment les accords entre l'Union Européenne et les pays d'Afrique qui le désarmement tarifaire des accords qui empêchent les pêcheurs locaux qui empêchent les agriculteurs locaux de vivre de leur travail et en gros qui poussent finalement un système qui pousse les gens aux migrations parce qu'ils veulent bien survivre et en gros un discours comme celui-là il vient de casser un centre d'idées reçu mais quelque part le cadre dans lequel il est prononcé ce discours il est assez marrant entre guillemets parce qu'on a l'impression qu'avec les sujets de la coloniale Emmanuel Macron fait un peu son grand débat qu'il a fait après le mouvement des Gilets jaunes il y a une contestation extrême en fait de la politique française en Afrique de l'Afrique du Nord à l'Afrique subsaharienne Macron donc il convoque les influenceurs et puis il leur parle il accepte de se faire gronder parce qu'il se dit bon c'est des séquences qui m'aideront dans ma communication
oui c'est ça c'est ce qui fait que moi aussi je suis assez partagé sur cette séquence là parce que le discours est fort franchement c'est un discours même je pense en termes de fierté ou autre qui me semble très intéressant qui ne prend pas de gant vis-à-vis du chef de l'état donc ça je n'ai rien à dire là-dessus moi je trouve qu'il est intéressant ce discours et qu'il est fort politiquement fort je veux dire maintenant c'est comme avec le grand débat c'est comme avec le fait d'avoir McFly et Carlito c'est que ce genre de séquence n'engage à rien Emmanuel Macron c'est ça le problème c'est que quand on reçoit un chef d'état par exemple l'africain et qu'on sort d'une réunion il y a la diplomatie qui se met en branle il y a le communiqué commun il y a la mise en place de perspectives de travail etc c'est clair pour tout le monde c'est à dire que on sait sur quoi après juger les dirigeants qui étaient à la réunion par exemple les dirigeants sortent ils nous disent on s'engage sur tel traité sur tel machin même s'ils ne le font pas on sait qu'il s'est engagé donc on peut les critiquer dans cette séquence là Emmanuel Macron il a juste à recevoir quelques coups c'est sympathique ça lui donne un petit côté sympathique etc mais du point de vue de la politique internationale ça ne l'engage à rien qu'est-ce qu'on va faire des traités comme tu l'as dit de libre-échange notamment sur la pêche je crois qu'il y en a un qui a été signé il n'y a pas très longtemps avec le Liberia par exemple on sait va appauvrir qu'est-ce qu'on fait pour permettre à l'Afrique d'être indépendante souveraine qu'est-ce qu'on fait de notre politique monétaire il y a eu quelques fluctuations récemment vis-à-vis du France CFA quelques ouvertures mais voilà qui sont encore c'est laborieux donc pour moi les questions principales restent celles-là et même sur l'aide au développement comme le dit cette personne que je ne connaissais pas c'est pareil l'aide au développement les gens ne sont pas contre en soi mais si c'est pour renforcer des institutions françaises présentes en Afrique ça ne va pas énormément aider les Africains et c'est ça le problème aujourd'hui de l'aide au développement c'est qu'elle circule en vérité dans des circuits assez fermés voilà c'est ça donc encore une fois moi je trouve que la séquence est intéressante politiquement mais que vis-à-vis de l'état français elle ne l'engagera à rien et à mon avis ce sera un mirage de croire le contraire
alors le dernier sujet qu'on abordera pas on l'abordera plus tard c'est un sujet de dernière heure le maire de Trappes à l'Irabé de Génération son élection avait été invalidée puis il a dû faire face à une coalition du PS et de la droite contre l'islamo-gauchisme mais il a gagné à nouveau avec plus de voix et donc voilà c'était un peu l'info du week-end enfin la dernière info du week-end il a carbonisé
ouais mais non mais il faut le dire parce qu'il y a quand même une campagne de dénigrement sur Trappes spécifiquement moi je me souviens de l'époque où il y a un moment tout un moment sur toutes les chaînes d'info on se demandait si la ville n'était pas islamisée etc ce qui pour les habitants est déjà une souffrance de se dire ah bon je suis dans une ville islamisée et puis avec des reportages tous les plus délirants les uns que les autres je me souviens de CNews qui était allé dans un barbershop et qui se disait mais il n'y a que des hommes dans ce barbershop alors à la base la barbe c'est plutôt quelque chose de masculin donc forcément il n'y a que des hommes et qui comme ça comme avec l'histoire du café interdit aux femmes à ce vent etc nous vend une vision d'une ville mais qui n'est absolument pas vraie donc tout ça
on reviendra dessus sans doute durant cette semaine maintenant c'est l'heure de la deuxième partie de Matinal nous diffusons en avant-première L'Instant Porcher Thomas Porcher et Tania Cador Secu évoquent plusieurs sujets les pénuries actuelles leur origine et ce qu'elles disent de notre mondialisation l'affaire des Pandora Papers et les faux cadeaux faits par Macron aux classes populaires en termes de pouvoir d'achat on regarde
bonjour à toutes et à tous et merci de nous retrouver dans ce nouveau numéro de L'Instant Porcher au programme aujourd'hui la hausse des prix de l'énergie et les pénuries mondiales l'affaire des Pandora Papers et le rapport du gouvernement sur le pouvoir d'achat des français en raison de la reprise économique mondiale les prix de l'énergie atteignent des plafonds historiques partout dans le monde d'autres produits sont également victimes de pénuries alors quel impact la hausse des prix de l'énergie va-t-elle avoir sur la facture des français comment expliquer ces pénuries et quels sont les produits concernés c'est ce qu'on va voir dans ce numéro les Panama Papers en 2016 les Paradise Papers en 2017 et plus récemment les Pandora Papers vous avez tous déjà entendu parler de ces vastes affaires d'évasion fiscale alors comment les paradis fiscaux sont apparus et comment peut-on lutter efficacement contre l'évasion fiscale Thomas Porcher nous livrera son analyse à quelques mois du premier tour des élections présidentielles Emmanuel Macron veut faire oublier cette image qui lui colle à la peau celle de président des riches plusieurs membres du gouvernement multiplient les opérations séduction et affirment que les revenus et le niveau de vie des français a augmenté depuis le début du quinquennat alors est-ce vraiment le cas et finalement quel est le bilan économique d'Emmanuel Macron c'est ce qu'on va voir tout de suite dans l'instant porché L'UFC Que Choisir explique que le prix de l'électricité devrait augmenter de 10% en janvier 2022 selon leur calcul un ménage moyen aura vu passer sa facture d'électricité de 1019 euros à 1522 euros entre 2010 et 2020 les prix du gaz ont de leur côté augmenté de 12,6% au 1er octobre 5 millions de français sont concernés par ces hausses Jean Castex le premier ministre a annoncé la mise en place d'un bouclier tarifaire en clair le blocage du tarif du gaz jusqu'en avril 2022 nous allons mettre pour le gaz pour l'électricité en place ce que j'appellerais un bouclier tarifaire c'est-à-dire nous allons nous prémunir contre ces hausses de tarif parce que malheureusement que nous disent les experts c'est que ça va continuer pour le gaz si vous voulez bien on commence par le gaz parce que c'est là que la hausse est la plus sensible puisque nous sommes totalement dépendants de l'extérieur on produit 1% du gaz en France tout le reste nous l'importons en particulier de Norvège et comme vous l'avez très bien dit dans votre reportage ces importations les quantités importées diminuent donc le prix augmente c'est le cas aussi de la Russie et à l'exception de la France on a fait peu de stocks de réserves on nous prévoit d'ici la fin de l'année les experts 30% à nouveau d'augmentation du prix du gaz 20% en novembre 10% en décembre exactement concernant la hausse des prix de l'électricité le Premier ministre a annoncé la limitation de la hausse du tarif à 4% la hausse elle est quand même moindre que ce qui se passe à l'étranger si vous regardez parce que là pour le coup contrairement au gaz nous produisons en France grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables l'essentiel de notre électricité ça augmente quand même oui parce qu'il y a une partie liée au gaz c'est toujours le problème du gaz et qui laisse anticiper vous avez raison une hausse de l'ordre de 10 à 12% au 1er février ou début février nous limiterons la hausse de l'électricité à 4% au-delà de la hausse des prix de l'énergie ce sont aussi les pénuries observées partout dans le monde qui inquiètent alors bonjour Thomas bonjour Tania alors comment est-ce qu'on peut expliquer ces pénuries alors ce qu'il faut comprendre c'est que déjà en période normale pour que la mondialisation fonctionne bien il faut qu'il y ait l'offre qui soit légèrement supérieure à la demande pas trop parce que s'il y a trop de stock c'est inutile et il y a un coût donc il faut que l'offre soit supérieure à peu près à la demande et il faut que les transports fonctionnent bien voilà le transport par bateau par avion ou par route fonctionne bien et là la mondialisation tient le problème c'est que là on a eu avec la crise du Covid déjà pendant pratiquement un an et demi une économie qui a fonctionné plus ou moins il y a eu des confinements la moitié de la planète qui a été confinée donc les usines ont été fermées puis il y a eu des confinements d'ici de là il y en a encore aujourd'hui par exemple en Asie dans certaines usines ce qui explique des pénuries et là ça se remet à reprendre d'un coup et ça reprend rapidement parce que même si on est sur un point bas et que la demande on n'est pas revenu à des niveaux de richesse d'avant crise mais la demande est très vigoureuse d'autant plus qu'elle est soutenue dans les pays riches par des plans de relance très importants donc on a une forte demande et d'un seul coup on a une offre où on a utilisé les peu de stocks qu'il y avait pendant les confinements où on n'a pas fait d'investissement où une partie des salariés sont partis qui doit maintenant rattraper cette demande et qui n'y arrive pas complètement si à cela vous ajoutez qu'il y a des gros dérèglements sur le transport mondial les conteneurs ne sont pas là où il faudrait on manque de conducteurs sur le transport routier et bien vous avez tout qui est finalement un peu en pagaille et ça explique les pénuries voilà donc on a une demande qui est supérieure à l'offre on a des transports qui ne sont plus efficaces qui sont complètement dispersés depuis cette crise et donc il va y avoir une adaptation qui va prendre probablement six mois un semestre peut-être un an pour que l'économie mondiale reparte mais est-ce que c'est une bonne nouvelle qu'elle reparte comme avant ça c'est une autre question mais en tous les cas là c'est un peu en pagaille voilà d'accord et finalement quels sont les produits concernés par ces pénuries et est-ce qu'il faut s'inquiéter est-ce qu'il faut faire des stocks vous avez deux deux types de produits qui sont concernés par ces pénuries alors vous avez tous les intrants c'est-à-dire les métaux des métaux précieux du bois du cuivre etc une partie de cela vous avez aussi de la main d'oeuvre des pénuries de main d'oeuvre ce qui fait aujourd'hui qu'au Royaume-Uni par exemple il manque d'essence c'est qu'il manque de main d'oeuvre dans le transport routier parce qu'une grosse partie de cette main d'oeuvre était européenne notamment d'Europe de l'Est aujourd'hui on se rend compte qu'il y a une grosse partie de l'immigration qui est rentrée chez elle avec la crise du Covid mais aussi parce que le Brexit s'est fait sur un meilleur contrôle de l'immigration donc il y a des pénuries de main d'oeuvre donc ils n'arrivent pas à avoir d'essence donc il y a pénurie d'intrants pénurie de main d'oeuvre et après il y a un certain nombre d'usines en Asie qui ne fonctionnent pas ou très peu parce que vous avez une partie du Vietnam qui est confinée vous avez une partie parfois de la Chine qui est confinée vous avez parfois parce qu'il y a un ou deux trois cas on va fermer un port pendant trois semaines en Chine donc tout ça crée des retards donc la pénurie elle est multidimensionnelle elle est sur des métaux parce qu'on n'a pas suffisamment investi et l'offre ne rattrape pas la demande elle est sur de la main d'oeuvre qu'on n'arrive plus à revoir parce qu'avec les confinements certains n'ont plus envie de revenir même dans des métiers parfois en France dans la restauration ils n'ont plus envie de travailler ils trouvent que les salaires ne sont pas suffisamment intéressants donc ils ne reviennent plus travailler et vous avez de la pénurie due à des fermetures d'usines ou de grands ports à cause du Covid et oui comme je te l'ai demandé est-ce qu'il faut s'inquiéter est-ce qu'il faut faire des stocks ?
les stocks c'est toujours les stocks le problème c'est qu'ils accélèrent la pénurie souvent par exemple ce qui se passe au Royaume-Uni c'est que là comme il y a de la pénurie tout le monde se dit qu'il va aller faire son plein et comme tout le monde fait son plein en même temps on accélère on fait ce qu'on appelle la prophétie autoréalisatrice on accélère la pénurie je pense qu'il faut être sérieux aujourd'hui les stocks on l'a vu vous vous en souvenez dans les premiers confinements ce qu'on fait des stocks de papier toilette je pense qu'il faut arrêter de vouloir tirer la couverture vers lui ça crée de la prophétie autoréalisatrice on n'en est pas encore là on va manquer de certains jouets peut-être de certains ordinateurs est-ce que c'est urgent ?
je ne crois pas donc non les stocks ça ne sert à rien ça ne sert à rien du tout parce que globalement l'économie on n'est pas dans une économie là il y a des pénuries on va dire transitoires mais on n'est pas dans une économie de pénuries comme si on manquait plein de biens comme ça a été le cas dans l'URSS ou le Venezuela il y a encore il y a quelques mois de ça ce n'est pas du tout le cas là c'est une pénurie de certains objets qui freinent un peu la consommation c'est peut-être le moment justement de se poser une question sur cette hyper consommation mondiale et les conséquences qu'elle a environnementales et même sociales et justement tu le soulignes est-ce que après le Covid et avec enfin ces pénuries est-ce que voilà c'est un nouveau signe des défaillances de la mondialisation finalement et c'est ça moi qui m'embête c'est que là on est reparti comme avant voilà en fait alors qu'il y avait une vraie réflexion alors tout le monde rigole maintenant parce qu'il y a plein de gens qui ont appelé à une réflexion à changer la mondialisation et puis là finalement cette réflexion n'a pas lieu donc ceux qui ont pensé cette réflexion ont l'air encore un peu à côté de la plaque mais il ne faut quand même jamais oublier ce qui s'est passé ce qui a révélé le Covid le Covid a révélé qu'un virus à Wuhan peut contaminer la Terre entière en l'espace de quelques semaines ça c'est la première des choses tellement nos économies sont imbriquées tellement il y a une mobilité des êtres humains de nombre d'avions ça peut contaminer la planète en quelque temps ça c'est la première chose la deuxième chose c'est que si tout le monde a besoin des mêmes choses au même moment il n'y en a pas pour tout le monde on l'a vu avec les masques les masques il n'y en avait pas du tout en Europe on se les volait entre nous enfin on était incapable de produire des masques parce qu'on avait délocalisé toute notre production textile depuis des années ça a été pareil pour les médicaments les médicaments ont manqué d'anesthésiants les anesthésiants sont fabriqués majoritairement en Inde qui les gardaient pour eux parce qu'ils subissaient le Covid de plein fouet donc on a demandé aux vétérinaires de nous filer enfin ça a été très compliqué donc on a délocalisé une partie de notre industrie de médicaments ça aussi il faut y repenser vous voyez donc il y a plein de choses comme ça que le Covid nous a montré nous a montré finalement la faiblesse de nos économies face à un virus important mais qui aurait pu être pire si ça avait été pire moi je n'imagine pas où est-ce qu'on en serait vous voyez donc là ça nous a ça a montré vraiment la faiblesse de la mondialisation la faiblesse du service public qu'il fallait renforcer et le fait que quelle que soit la crise qu'elle soit finalement financière sanitaire et peut-être bientôt écologique nous ne sommes pas prêts et qu'il faut penser quand même aujourd'hui vivre dans un monde où on se prépare aux crises futures et donc la mondialisation la refonte de la mondialisation trouve quand même une actualité dans cette crise là or là on s'inquiète du fait que justement la mondialisation ne reparte pas comme avant et pourquoi elle ne reparte pas comme avant et il faut rapidement qu'elle reparte comme avant donc il faut rapidement que l'on ait des je ne sais pas moi du bœuf d'Argentine alors qu'on produit du bœuf ici il faut qu'on ait du lait de Chine alors qu'on produit du lait il faut qu'on exporte des voitures et importe des voitures parce que le commerce intra-branche c'est-à-dire le commerce de biens similaires c'est 70% du commerce il faut continuer ce monde là alors qu'en réalité il faudrait poser les bases d'une réflexion pour trouver un peu plus de souveraineté et puis un petit peu ralentir cette mondialisation qui commence déjà à ralentir petit à petit notamment avec des Trump qui avaient quand même mis une fermeté sur le fait qu'il fallait produire un petit peu chez soi donc ça avait ralenti les élans de mondialisation mais il faudrait quand même je pense se poser la question de faire en sorte que nous puissions retrouver quand même cette souveraineté industrielle et des investissements dans ce qui sert à quelque chose et pas des choses qui sont plutôt futiles et qui ne servent à rien mais cette réflexion n'a pas eu lieu Macron avait dit qu'il fallait se réinventer il ne s'est pas réinventé même s'il a changé un peu son paradigme économique et un certain nombre de personnes ne parlent plus du tout de ça aujourd'hui dans la campagne alors que c'est ça qu'il faudrait parler dans la campagne électorale présidentielle et très peu peut-être Montebourg Mélenchon un petit peu parlent de la démondialisation et justement est-ce que ces pénuries ont un impact justement sur la hausse des prix de l'énergie en France et est-ce que ça a un impact aussi sur la facture sur nos factures sur la facture des français alors sur l'énergie sur l'énergie je ne sais pas si on peut parler vraiment de pénurie même si on va connaître des pénuries à long terme là c'est pas plutôt c'est plutôt un marché qui est un peu plus tiré par la demande et de la spéculation qui s'ajoute à ça vous savez quand il y a eu la crise du Covid on a des prix de l'énergie et le prix du pétrole qui est descendu à zéro alors il est descendu à zéro aussi à cause de la spéculation parce que là l'économie est arrêtée les gens ont spéculé à la baisse là l'économie repart donc les gens spéculent le problème c'est que nous nous subissons cette hausse des prix parce que nous ne produisons pas par exemple notre gaz nous l'importons quasiment à 100% nous l'importons de Norvège de Russie d'Algérie des Pays-Bas nous n'en produisons pas chez nous donc nous sommes dépendants des prix internationaux ces prix internationaux une partie du gaz est indexée notamment au prix du pétrole qui réaugmente également donc nous sommes dépendants des prix internationaux bon c'est la vie on n'a pas de gaz et nous sommes dépendants de l'offre qui dépend des exportateurs voilà alors si la Russie a besoin d'un peu plus de gaz ou si la Norvège en a utilisé plus ou elle en a besoin de plus pour x y raison ils ne peuvent pas répondre à une hausse de la demande chez nous ils nous envoient et donc les prix augmentent et effectivement ça a un impact à la fin sur les prix de l'électricité alors sur les prix du gaz pour ceux qui se chauffent au gaz mais même sur les prix de l'électricité parce que les tarifs de l'électricité il y a un ordre du mérite ça va du moins cher au plus cher dans la tarification ça commence par l'hydraulique les barrages ensuite le nucléaire et à la fin vous avez les centrales à gaz et à charbon et donc quand le prix du gaz augmente vous avez les prix de l'électricité qui augmentent un petit peu après voilà il faut que l'État par des blocages qui sont permis par le code du commerce par des jeux de fiscalité puisse lisser ces hausses c'est à peu près ce qu'il fait mais ça ne résout pas le problème de long terme parce qu'à terme les prix de l'énergie sont tous orientés à la hausse que ce soit du nucléaire même si on fait du nucléaire chez nous parce qu'il va falloir intégrer le coût complet du stockage des déchets le PR il y a des surcoûts le grand carénage le fait d'augmenter la durée de vie de nos réacteurs de 10 ans ça coûte 50 milliards donc tout ça ça va être payé par le consommateur à la fin donc le prix du nucléaire va augmenter et les prix du gaz et du pétrole soient amenés à augmenter parce qu'ils ont un coût aujourd'hui en termes environnementaux et puis que surtout si toute la planète se met à vivre comme nous il n'y en aura pas pour tout le monde donc là il y a une vraie réflexion de long terme les fins de mois c'est très important et il faut les traiter mais après les politiques doivent avoir aussi une vision de long terme pour casser nos dépendances à ces variations des prix et ça va vers un peu moins de consommation et le moins de consommation c'est pas que la décroissance c'est aussi la rénovation des bâtiments c'est aussi l'arrêt de la consommation futile et ainsi de suite pour avoir un mode de consommation plus sobre et qu'il soit réservé aux choses principales les plus utiles voilà qu'un certain nombre de français n'arrivent pas à satisfaire encore une fois et que d'autres sont dans des excès de consommation complètement futiles et inutiles Les Pandora Papers ce sont des chiffres qui donnent le tournis une fuite de près de 12 millions de documents pas moins de 29 000 sociétés écrans et surtout des milliers de milliards de dollars détournés dans des paradis fiscaux entre 1996 et 2020 l'affaire révélée par le consortium international des journalistes d'investigation épingle pas moins de 35 chefs d'état actuels ou passés des responsables politiques ou encore une centaine de milliardaires Ils sont entre autres accusés d'avoir détourné de l'argent dans des paradis fiscaux à travers des sociétés écrans et des montages financiers Alors Thomas peux-tu nous expliquer le terme d'évasion fiscale ?
Alors le terme d'évasion fiscale il veut tout et rien dire parce que en fait vous avez dans l'évasion fiscale l'optimisation fiscale c'est-à-dire le fait de pratiquer des prix de transfert qui visent finalement à appauvrir des filiales là où il y a de la fiscalité et à enrichir des filiales là où il n'y a pas de fiscalité donc vous faites finalement tous vos bénéfices là où il n'y a pas d'impôts à payer donc ça c'est de l'optimisation fiscale avec des prix de transfert ce qui est parfaitement légal c'est une escroquerie légale en fait on peut dire ça et vous avez après la fraude fiscale qui elle est punie par la loi qui vise à dissimuler de l'argent sans même prix de transfert comme on a eu un ministre du budget qui l'a fait qui n'avait pas déclaré une partie de son argent et qui l'a mis M.
Cahuzac qui l'a mis en Suisse là c'est de la fraude fiscale donc l'évasion fiscale c'est un peu entre les deux mais ça n'a pas de terme précis donc ça recouvre tout ça D'accord et peux-tu nous rappeler comment les paradis fiscaux sont apparus ?
Les paradis fiscaux en fait ont commencé c'est la Suisse le premier paradis fiscal c'était quand même la Suisse et ça a commencé en fait après la première guerre mondiale après la première guerre mondiale pour reconstruire l'économie les grandes puissances européennes ont décidé d'augmenter l'imposition sur les très riches ils se sont dit voilà on doit on sort de la guerre on a une dette énorme on doit reconstruire l'économie on augmente l'imposition sur les plus riches et à partir de ce moment-là la Suisse a dit tiens je suis à côté de ces pays-là et bien moi je vais me transformer en paradis fiscal pour absorber la richesse de ces riches qui ne veulent pas payer d'impôts voilà et comment elle a pu faire ça qu'est-ce qui lui a permis de faire ça c'est qu'elle avait un système financier très développé elle avait des banques très puissantes parce que sans système financier un peu développé sans de grandes banques vous n'avez pas d'évasion fiscale je veux dire aujourd'hui il faut dire la vérité il y a même des grandes banques qui démarchent des gens très riches donc elle avait ça et il y avait aussi un changement dans la structure du patrimoine des très riches et pendant très longtemps les très riches ils avaient des châteaux ils avaient des biens mobiliers qui ne pouvaient pas bouger et à cette époque ils avaient déjà des biens immobiliers c'est-à-dire des titres financiers de l'argent en banque des titres, des actions et quand vous avez une grosse partie de vos fortunes c'est le cas aujourd'hui plus vous êtes très riche en milliards plus l'immobilier est une part faible en fait quand vous êtes très riche comme ça et bien votre capital il est mobile il peut bouger d'un pays à l'autre très facilement pour faciliter la mobilité des capitaux comme c'est le cas en Europe là c'est royal au bar Et justement voilà quels sont les facteurs qui ont encouragé et qui encouragent toujours l'évasion fiscale ?
C'est ça c'est les deux choses c'est que pour qu'il y ait de l'évasion fiscale il faut qu'il y ait un système financier donc c'est eux de ce côté-là qu'il faut regarder aussi parce que vous savez on a renfoulé les banques massivement en 2008 c'est très bien on a eu raison de le faire parce que s'il n'y a pas de banques tout s'écroule mais en même temps on les a tellement renfoulés qu'on aurait peut-être pu un petit peu y jeter un oeil s'il n'y a pas de système financier il n'y a pas d'évasion fiscale un système financier il n'y a pas d'évasion fiscale donc ça c'est la première des choses la deuxième des choses c'est ce système financier va avec le fait aujourd'hui que les grandes fortunes si vous avez 30 millions d'euros de fortune 80% c'est des placements financiers donc c'est mobile et si vous avez 1 milliard c'est 90% vous voyez donc le fait que maintenant la fortune s'exprime en titre financier ou de manière financière donc mobile favorise les mouvements de capitaux et la dernière chose c'est la mondialisation internationale qui a brouillé toutes les pistes c'est-à-dire que voilà aujourd'hui quand vous prenez l'Europe le marché unique c'est mobilité des hommes et des capitaux donc là ça bouge dans tous les sens voilà et à partir du moment ça bouge dans tous les sens que vous avez des places financières partout bon ben ça brouille les pistes et vous pouvez monter des montages de comptabilité très complexes qui vous permettent d'échapper à l'impôt là où il y a de l'impôt et d'en payer là où il n'y en a pas donc c'est ces trois éléments voilà marché financier fortune grande fortune qui est aujourd'hui plus financière que mobilière on a moins d'immobilier et plus de et mondialisation et finalement comment peut-on lutter efficacement contre l'évasion fiscale la première chose moi je pense c'est de de ne pas faire comme si on ne la voyait pas et là nos dirigeants font comme si ils ne la voyaient pas déjà en Europe enfin il y a des paradis fiscaux en Europe on ne veut pas les reconnaître mais il y a des paradis fiscaux l'Irlande c'est un paradis fiscal quand Apple vient en Europe et qu'il met son siège social en Irlande et qu'il paye 0,005% d'impôt c'est un paradis fiscal je veux dire même une boulangerie en Irlande paye 12% d'impôt vous voyez donc c'est un paradis fiscal le Luxembourg c'est pareil puis il y a aussi Malte puis il y en a d'autres et ainsi de suite et donc là on fait comme si on ne voyait pas on ne voit pas alors que tous les chiffres sont déstructurés les chiffres officiels par exemple si on regarde les chiffres d'Eurostat le pays le plus industrialisé d'Europe c'est l'Irlande alors que l'Irlande n'a pas une grande industrie n'a pas un grand port industriel et pourtant il exporte quatre fois plus de biens industriels par actif que l'Allemagne il y a un problème on le sait tous il y a une différence entre l'économie réelle et l'économie comptable qui est une économie qui ne veut rien dire quand vous avez Jersey une petite île à côté de Saint-Malo anglo-normande où il pleut tout le temps et que c'est le premier exportateur un des premiers exportateurs de bananes au monde il y a un problème c'est en fait tout ça c'est factice c'est sur le papier c'est sur la comptabilité mais à Jersey il n'y a pas une seule banane qui pousse vous voyez en Irlande il n'y a pas d'industrie c'est juste des jeux d'écriture comptables qui permettent de placer de l'argent là où il y a et là on fait comme si on ne voyait pas tout ça ça c'est pas un problème on ne le voit pas ah bon on le découvre non il y a des dirigeants qui font comme si ah non il n'y a pas de paradis fiscaux en Europe pour faire comme si on ne voyait pas donc ça c'est très très grave le déni la première chose c'est dénoncer parce que quand vous dénoncez il y a ce qu'on appelle le name and shame game vous dites des choses telles qu'elles sont vous savez le 440 à 36 filiales chaque entreprise du 440 nos plus grandes entreprises françaises qui ont été avantagées par le CICE qui ont été renflouées pendant la crise elles ont en moyenne 36 filiales dans des paradis fiscaux chacune c'est dans la presse ça tout le monde le sait que fait nos gouvernants que font nos gouvernants 36 filiales qu'est-ce qu'ils foutent là-bas enfin si Total a une filiale dans un paradis fiscal est-ce qu'il y a du pétrole ou pas enfin c'est très simple il faut enquêter c'est bizarre que ce soit que des journalistes qui trouvent ça les Panama Papers les Pandora c'est que des journalistes enfin c'est pas des mecs de Bercy enfin c'est bizarre enfin là il faut arrêter le déni donc ça c'est la première des choses on pointe du doigt et une fois qu'on pointe du doigt on trouve des sanctions des sanctions pénales fortes ben il faut l'évasion fiscale c'est quand même très grave et puis après même j'irai pour certains pays jusqu'à pratiquer des sanctions sévères enfin la Suisse vous lui faites un embargo vous lui faites un embargo même au Luxembourg en Irlande vous faites un embargo économique comme on adore faire à des pays pauvres parce que le Vietnam il a vécu jusqu'en 93 75 à 93 son embargo économique américain Cuba l'est toujours Venezuela l'est là alors là on y va à fond mais quand il s'agit de le faire pour le Luxembourg il n'y a plus personne ben il faut le faire c'est un pays européen et c'est un paradis fiscal moi je te fais un embargo en 6 mois vous allez voir qu'ils vont très vite augmenter leur fiscalité donc dénonciation ce qui n'est pas fait par nos dirigeants politiques prison pour ceux qui sont dans les Pandora Papers jugement et prison ferme on est un des pays je crois qui punissent le moins à l'évasion fiscale et la dernière des choses c'est blocus économique embargo sanctions internationales et là je vous promets que très rapidement que va faire le Luxembourg face à l'Europe rien que va faire la Suisse face à l'Europe rien que va faire Jersey face à l'Europe rien que vont faire les îles Caïmans rien et ainsi de suite voilà mais après il faut la volonté politique mais c'est plus simple de taper sur les chômeurs de voir si les pauvres tapent des écrans plats de dire qu'on a volé 100 euros en plus par mois sur une allocation chômage que d'aller taper là-dessus alors que là nous avons des milliards des milliards des milliards des milliards qui partent l'évasion fiscale tue parce que c'est des financements moins pour l'hôpital c'est des financements moins pour l'éducation c'est des financements moins pour les services publics donc il y avait un spot extrêmement puissant là-dessus où on voyait justement les effets concrets de l'évasion fiscale sur l'hôpital on voyait des gens qui arrachaient toutes les choses etc.
de l'hôpital c'est exactement ce qui se passe nos hôpitals sont pauvres parce qu'il y a de l'évasion fiscale l'éducation a un pas de moyens parce qu'il y a de l'évasion fiscale il n'y a pas suffisamment de personnes en crèche parce qu'il y a de l'évasion fiscale et ainsi de suite et la fiscalité augmente sur les PME et sur les petits gens parce qu'il y a de l'évasion fiscale et aujourd'hui la pression fiscale elle est plus forte sur une PME que sur une grande entreprise et un café du coin va avoir une pression fiscale plus forte alors qu'en face de lui il y a Starbucks qui a une pression fiscale extrêmement faible parce qu'il peut faire de l'optimisation fiscale c'est dramatique économiquement et socialement Selon le rapport économique, social et financier publié par la Direction Générale du Trésor le pouvoir d'achat des Français après prise en compte de l'inflation aurait progressé de 8% entre 2017 et 2022 soit deux fois plus vite qu'au cours des deux quinquennats précédents Gabriel Attal le porte-parole du gouvernement affirme qu'un salarié au SMIC bénéficie désormais d'un treizième mois et de la moitié d'un quatorzième mois On a pris des mesures notamment pour les Français qui travaillent et qui ont du mal à boucler leur fin de mois des mesures très fortes avec la hausse de la prime d'activité avec la défiscalisation des heures supplémentaires avec des exonérations de charges qui conduisent à ce qu'un salarié au SMIC aujourd'hui bénéficie de l'équivalent d'un treizième mois et de la moitié d'un quatorzième mois grâce aux mesures qui ont été prises depuis 2017 Toujours selon ce même rapport la hausse la plus forte concernerait les 10% de Français les moins riches avec une augmentation de près de 4% de leur niveau de vie Alors Thomas voilà est-ce que c'est vraiment le cas ?
Alors déjà dans l'étude qui a été faite oui ça peut être le cas mais il faut vraiment regarder tout il faut regarder tout la première des choses c'est comment se sont faits ces hausses de pouvoir d'achat elles se sont faites en baissant de la fiscalité d'accord ? Donc ce qui a été gagné probablement en espèces sonnantes et trébuchantes rapidement va être retiré ailleurs Alors vous regardez par exemple la suppression des cotisations salariales bon ben on sait très bien que derrière ça va se voir en économie sur l'assurance chômage vous voyez ?
Donc tout ce qui a été retiré d'un côté est finalement d'ailleurs coupé de l'autre et c'est les classes moyennes et les classes pauvres qui profitent le plus encore une fois du modèle social donc il faut faire attention là on regarde que les revenus les revenus certes parce que vous enlevez la taxe d'habitation alors il y avait une partie déjà qui ne la payait pas il faut le dire mais vous enlevez la taxe d'habitation vous réduisez une partie des cotisations salariales vous avez l'impression que le pouvoir d'achat a augmenté d'accord mais après vous aurez moins de pensions chômage vous aurez des chiffres de la sécurité sociale qui vont être affaiblis et donc il y aura des coupes derrière et ça vous profitera moins donc il faut regarder ça il y a le gain rapide et puis il y a ce qu'on affaiblit derrière et quand on baisse les taxes ce qu'on vous donne d'un côté on le reprend de l'autre d'accord il faut faire attention à ça et puis après quand on regarde ça on essaie de nous faire croire que c'est les 10% les plus pauvres qui ont bénéficié de plus des réformes d'Emmanuel Macron mais c'est pas si simple parce qu'en fait si vous regardez les 1% si vous commencez à affiner en réalité ceux qui ont le plus gagné c'est les 1% les plus riches qui ont eu des baisses d'impôts énormes 4 milliards sur l'ISF et si on commence à regarder les 0-1 et les 0-0-0-1 ça a été énorme vous voyez donc en réalité quand on dit que Macron c'est toujours le candidat des riches oui c'est le candidat des très riches c'est le candidat des très riches mais comme là ils ont fait le découpage par 10% 10% 10% on a l'impression que les 10% les plus pauvres vont le plus gagner mais ils ont beaucoup moins gagné que les 1% et les 0-0-1% donc voilà moi je reste là-dessus sur le fait que là c'est du bidouillage de fiscalité c'est pas de l'augmentation de salaire alors certes vous avez l'impression que vous respirez mais après vous aurez une offre de services publics ou des prestations chômage si vous êtes au chômage un jour qui seront beaucoup plus faibles donc méfiez-vous ce qu'on vous a donné d'une main va vous le reprendre d'une autre main ce qui n'est pas le cas pour les plus riches eux parce que les plus riches en termes de volume ont touché beaucoup plus d'argent ça c'est sûr et eux ils ont moins besoin du modèle social que les plus pauvres donc les plus pauvres qui ont vu un peu leur porte-monnaie augmenter vont être impactés par un modèle social réduit alors que les riches ont toujours le choix entre un modèle social public ou privé finalement ils n'ont pas vraiment besoin du modèle social s'ils sont au chômage ils s'en moquent quand on ne fait pas 99% les plus riches leur retraite c'est leur patrimoine ils s'en moquent également donc eux ont moins besoin du modèle social que les plus pauvres vous savez on dit toujours que le patrimoine du pauvre c'est le service public donc vous lui donnez un peu plus de revenus mais vous diminuez son patrimoine in fine je ne suis pas sûr qu'il soit gagnant et selon un sondage Opinion Web pour les Echos aucun candidat ne peut rivaliser en matière économique avec Emmanuel Macron par exemple 19% des Français interrogés estiment que Marine Le Pen ferait mieux mais 47% estiment qu'elle ferait moins bien 12% estiment que Jean-Luc Mélenchon ferait mieux mais 50% estiment qu'il ferait moins bien etc donc finalement voilà que penses-tu du bilan économique d'Emmanuel Macron ?
c'est ça moi je pense que la stratégie de Macron c'est de montrer que c'est lui qui va mieux tenir la boutique alors là il peut laisser Zemmour s'envoiler je pense que Macron est très bon pour diviser là il sait très bien qu'il n'arrivera pas à aller au-delà de ces 25% d'adhésion il y a une partie c'est clair et net qui n'arrive pas à adhérer à Macron donc il divise il divise là il est très content qu'il y ait Zemmour ça l'arrange ça divise à droite ça divise vraiment parce que ça divise pas que Marine Le Pen ça divise aussi à droite le courant de droite donc il est très content c'est pour ça que quand ils ont fait leur grande réunion en marche la semaine dernière ils n'ont parlé que de Zemmour Véran a parlé de Zemmour Berger a parlé ils ont tous parlé de Zemmour c'est très bien ça les arrange comme Mitterrand ça l'arrangeait que le Front National monte là ça l'arrange lui que Zemmour monte donc ça l'arrange il divise mais après sur l'expertise économique il va se placer comme voilà je suis celui qui a réussi à redonner de la compétitivité à la France avec mes premières réformes loi travail baisse de l'ISF baisse de l'IS etc donc French is back ce qu'il disait il va dire aussi en même temps je suis un pragmatique parce que pendant la crise j'ai été là l'État était présent le quoi qu'il en coûte j'ai donné beaucoup d'argent au restaurateur le chômage partiel etc donc je suis maintenant c'est plus l'économiste de droite en fait qui nous a vendu c'est plus le start-up nation c'est le pragmatique économique quand il y a une crise on est là et puis on est aussi là pour réformer pour que l'investissement et donc il est assez central là-dessus et je pense que beaucoup de gens avec cette crise ou grâce à cette crise pour lui plutôt ont un esprit brouillé sur la politique économique de Macron Macron au départ c'était un libéral avec une politique très dure des économies partout 120 000 postes de fonctionnaires en moins 15 milliards sur l'assurance maladie 10 milliards sur l'assurance chômage le mec il coupait à tout va moins d'argent pour les collectivités locales il coupait à tout va mais la crise comme il a dû renflouer lui a donné finalement une autre dimension et je pense qu'une partie des gens de gauche je ne dis pas la gauche plutôt de Mélenchon mais entre les deux on trouve beaucoup de qualités suite à cette crise à Emmanuel Macron dans sa gestion économique de la crise donc moi je pense que c'est ce qui va jouer et c'est pour ça qu'il faut que la gauche quelle qu'elle soit Mélenchon Jadot ou d'autres aillent le chercher sur l'économie parce que c'est là-dessus qu'il va mettre en avant son bilan mais pour l'instant on n'est pas dans ces débats-là on parle de tout sauf de l'économie on parle des sujets d'immigration de sécurité mais on ne parle pas d'économie mais je pense que lui Macron à la fin va ressortir la situation en disant voilà moi je suis un peu ferme à droite et à gauche sur la sécurité mais ce que je vous présente comme bilan c'est j'ai été là quand vous aviez besoin de moi et en même temps aux entrepreneurs je vous ai fait plein de cadeaux au début je vais faire un peu la réforme de l'assurance chômage avant la fin du quinquennat et la réforme des retraites on la verra au prochain quinquennat il va poser cette expertise comme la base de son prochain quinquennat et donc il faut que la gauche soit au charbon là-dessus et qu'elle arrive à montrer que derrière ce keynésianisme on va dire de circonstances de Macron qui a fait qu'il est venu en soutien de l'économie pendant cette crise de Covid il y a un vrai modèle économique dans la tête de Macron qui a pour but de détruire les services publics de casser la retraite de casser l'assurance chômage comme il a cassé le code du travail et c'est là-dessus mais ça va être difficile parce que là Macron il fait des chèques il fait beaucoup de chèques chèques énergie chèques surtout les restaurateurs tout le monde est à fond avec lui ça va être très difficile de montrer que derrière ça il va y avoir un programme économique très dur dans le prochain quinquennat et je pense que tout le débat devrait porter là-dessus parce qu'à partir de 2022 si on coupe dans la dépense publique ça va être très violent pour les 50% les français les plus pauvres très très violent et c'est ça qui est au programme voilà sauf que là personne n'en parle l'instant porché c'est fini pour aujourd'hui merci à toutes et à tous de nous avoir suivis et n'oubliez pas le média est indépendant et n'existe que grâce à vous alors n'hésitez pas à devenir sociux ou à faire un nom et nous on se dit à la semaine prochaine
voilà on est de retour sur le plateau on est juste là parce qu'on veut être poli et vous dire au revoir parce qu'on a eu des commentaires dans le chat qui disaient bon enfin ça se fait pas vous vous faites passer à magnéto et puis vous disparaissez on est là on voudrait vous dire que bon voilà pour ceux qui sont arrivés en cours de route c'était donc l'instant porché c'est notre émission économique Tania Cadour CQ et Laurent Porcher et Thomas Porcher parlent d'actualité économique que l'émission sera rediffusée toute seule à 19h aujourd'hui donc vous pourrez la distribuer la partager à vos amis sous cette forme là et en plus il y avait David qui voulait me parler de football il dit on a gagné il est content mais je sais pas de quoi il parle
parce que tu n'aimes pas le peuple mais il faut parler un peu de foot on a gagné la Ligue des Nations hier avec un but de Kylian Mbappé qui visiblement soulève quelques interrogations au niveau du hors-jeu et Karim Benzema donc j'ai une petite pensée pour notamment Raymond Domenech qui disait que la France avait perdu l'euro à cause de Benzema en pointe bon ben voilà je pense qu'on peut on peut avoir une petite pensée pour notre ami Raymond Domenech mais oui c'est quand même une belle victoire enfin c'est sympa ça égaye un peu le quotidien des gens aussi le foot c'est vrai que des fois on a tendance à dire oh c'est une diversion le sport etc moi je trouve quand même j'étais plutôt content de cette victoire là
bref la team FootX vous pouvez aussi faire des commentaires et estimer que ceci n'est que l'opium du peuple bref on se retrouve demain pour la matinale et le soir vous pouvez regarder l'instant porché vous pouvez continuer de regarder les contenus qui sont là disponibles les partager faire exploser les compteurs des algos parce qu'en fait finalement notre seul moyen de peser et d'être vu c'est en fait notre capacité à viraliser nous-mêmes les contenus que nous aimons on vous rappelle donc que le média n'est soutenu que par ceux qu'il aime le média a besoin de vous dans cette période de pré-campagne électorale où nous voulons monter en puissance faire des reportages aller sur le terrain stabiliser les équipes mais pour ça il faut une aide plus substantielle donc n'hésitez pas à nous faire des dents mensualisées donc sur okepal.com et aussi à devenir sociétaire du média ce qui vous donne un droit politique de regard sur les activités de la coopérative le média on vous dit à demain il y a un défilé
de la coopérative
il y a un défilé
d'un défilé d'un défilé d'un défilé