Sens du travail Francois-Xavier Bellamy
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:42Invité politiqueFait
« le travail semble avoir perdu de son sens pour nos contemporains »
- 7:01Invité politiqueFait
« le produit du travail est devenu méprisable et ceci est lié à la mutation de l'économie en général »
- 9:13Invité politiqueFait
« l'obsolescence programmée n'est pas simplement une pratique illégitime et aujourd'hui illégale de certains industriels, l'obsolescence programmée c'est le propre de tous les produits qui sortent aujourd'hui dans la société industrielle »
- 11:10Invité politiqueFait
« il est tout aussi inutile de mettre son honneur de mettre son orgueil et sa fierté dans le fait de réaliser un travail bien fait »
- 13:46Invité politiqueFait
« la vraie vie n'est pas dans le travail la vraie vie est ailleurs »
- 18:02Invité politiqueFait
« l'homme est le seul être dans l'univers qui soit nu et qui soit conscient qu'il est nu »
- 26:39Invité politiqueFait
« le travail nous fait sortir de la logique du besoin »
- 28:44Invité politiqueFait
« le travail est une médiation »
- 30:56Invité politiqueFait
« il n'y a pas de vie sans travail »
- 36:43Invité politiqueFait
« le travail n'est pas une malédiction »
- 38:46Invité politiqueFait
« le travail est le propre de l'homme qui construit un monde humain »
- 39:28Invité politiqueFait
« seul l'homme travaille au sens où le travail est d'abord un projet »
- 40:52Invité politiqueFait
« la main est ouverte à une pluralité d'usage »
- 42:56Invité politiqueFait
« le travail est le propre de l'homme qui construit un monde humain »
- 43:38Invité politiqueFait
« le travail est aussi une médiation entre l'homme et lui-même »
- 51:20Invité politiqueFait
« le travail que l'on fait nous transforme »
- 52:45Invité politiqueFait
« l'homme tel que nous le connaissons aujourd'hui est le produit du travail de l'homme »
- 53:28Invité politiqueFait
« l'homme est à la fois l'auteur du travail et le produit du travail c'est ce que dit Engel dans une perspective strictement matérialiste dans un petit texte magnifique qui s'appelle le rôle du travail dans la transformation du singe en homme »
- 54:12Invité politiqueFait
« le travail nous humanise c'est le travail qui nous rend humain aussi bien encore une fois à l'échelle de l'individu qu'à l'échelle de l'espèce »
- 55:39Invité politiqueFait
« la situation économique contemporaine est une tragédie absolue ça n'est pas simplement une catastrophe économique le chômage ça n'est pas simplement un problème économique c'est une catastrophe qui nous touche dans notre humanité »
- 57:44Invité politiqueFait
« il me semble urgent de réapprendre à respecter le travail indépendamment de son caractère productif au sein du système économique »
- 59:53Invité politiqueFait
« nous avons perdu le sens du repos comme on témoigne par exemple le débat sur le travail du dimanche »
Temps de parole
- François-Xavier Bellamy100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
bonsoir bienvenue à tous nous sommes très heureus avec Béatrice de vous accueillir ce soir pour cette 6e conférence organisé par homemade donc je vais quand même retracer en en deux mots l'objectif de homemade donc homemade pour ceux qui viennent pour la première fois c'est une association que on a monté en début d'année dans le but d'organiser des conférence à propos de différents sujets d'actualité et d'essayer de leur donner un peu plus de profondeur et de perspec en invitant des spécialistes donc voilà après avoir abordé dans les précédentes conférences notre relation au monde du numérique après avoir aussi abordé le la place de la religion dans une société Laï suite aux attentats de janvier nous avons la joie ce soir d'ouvrir cette 6e conférence sur un thème qui nous anime tous le travail et le sens qu'il a encore pour nous ou pas aujourd'hui donc il y avait différentes manières d'aborder cette thématique et on a décidé de de prendre le point de vue philosophique parce qu'il nous paraissait être une bonne manière d'être à la fois concret et plein de prise de recul par rapport au flot de l'actualité au quotidien merci bonsoir à tous donc pour aborder cette question nous avons fait appel à François Xavier benami donc merci d'être avec nous ce soir pour ceux d'entre vous qui ne le connaissent pas je vais vous présenter en quelques points vous pourrez compléter ou me reprendre si je fais quelques erreurs donc vous êtes agrégé de philosophie normalien à 20 ans élu maire adjoint de Versailles à 23 ans vous exercez au même âge les fonctions de conseiller aux études dans différents cabinets ministériels euh vous êtes l'une des figures de la mobilisation pour la famille donnant de nombreuses conférences signant plusieurs tribunes et intervenant dans les médiia réumire adjoint en 2014 vous continuez d'enseigner en classe préparatoire et vous êtes auteur du livre les déshérités ou l'urgence de transmettre vous participez également avec l'abbé grosan aux universités d'été acteur d'avenir pardon je me trompe alors que j'étais j'y étais enfin c'est pour former la jeunesse aux grandes question de l'action des chrétiens dans le monde et vous intervenez souvent également dans les médias pour donner un point de vue philosophique à l'actualité donc merci beaucoup d'être venu merci à vous d'être venu pour la conférence merci à tous ceux qui nous ont aidé à l'organiser nous vous souhaitons une bonne soirée
[Applaudissements]
je sais pas si je MS assis au bon endroit oui c'est bon merveilleux merci beaucoup de de votre invitation c'est vraiment une grande joie d'être parmi vous pour parler de cette de cette belle question du du travail alors avant de de commencer peut-être il me faut préciser un élément de contexte dont je partirai dans dans dans ma réflexion qui est que entre le moment où j'ai accepté cette conférence et le moment où je suis arrivé aujourd'hui le sujet avait changé donc ça m'a donné du travail supplémentaire quand j'ai découvert la question puisque j'avais retenu peut-être c' une erreur de ma part mais j'avais retenu la question de savoir si le travail avait un sens et je vois que la question a pris un tour plus contingent le travail a-t-il encore un sens pour nos contemporains et donc peut-être commençons par ces élément de de contexte que j'ai tenté de rassembler à la hâte tout à l'heure dans le TGV nous pouvons dire donc c'est vrai que le travail semble avoir perdu de son sens pour nos contemporains et que nous semblons assister à une perte du sens du du travail dont j'ai essayé de dégager quelques raisons conjoncturelles d'abord c'est vrai que la première chose à dire dans ma ville je m'occupe des questions d'emploi c'est que le travail devient rare aujourd'hui et que la rareté du travail sur le marché de l'emploi fait que ce dernier se trouve renforcé dans son caractère de contrainte on choisit moins son travail quand il y a moins de travail disponible quand trouver un travail est déjà déjà pardon quand trouver un travail est déjà en soi un objectif on ATT tendance à moins choisir son travail et ceci est vrai évidemment de ceux qui s'engagent dans la vie professionnelle de ceux qui se reclasse dans leur parcours professionnel mais ceci est vrai aussi même des étudiants je suis très frappé comme enseignant de voir beaucoup d'étudiants qui plutôt que de se poser la question de trouver un travail qui ait un sens et qui leur permette de s'accomplir ou de proposer à la société de demain le meilleur de leurs talents singulièrement frappé de voir tant d'étudiants qui tentent de de ne choisir leur parcours de formation et leur parcours professionnel qu'en obéissant à des logiques de prudence parfaitement compréhensibles aujourd'hui mais qui du coup effectivement les poussent vers des métiers qui peut-être ont moins de sens pour eux qui ont moins de signification mais simplement parce que là il y a du travail et que donc on pourra travailler et ceci est vrai je crois vraiment dès l'âge scolaire dès l'enfance j'espère que aucun étudiant qui arrive à l'EMD n'est habité par cette espèce d'angoisse qui fait que on se dirige vers un métier sans trop savoir pourquoi mais sans simplement parce qu'on espère pouvoir y gagner sa vie quand le travail devient rare c'est vrai que forcément il perd un peu de son sens parce qu'il ne nous apparaît plus que comme une contrainte et de fait deuxième raison le travail qui apparaît comme une contrainte se trouve méprisé c'est aussi un point qui est très frappant dans la société contemporaine c'est de voir à quel point on méprise le travail et à quel point notamment parfois dans la jeune génération le travail est un objet de de mépris un tout ce qui nous rappelle au caractère pénible du travail et tous les métiers notamment qui nous rappelle de manière plus visible à l'idée que le travail est pénible tous ces métiers-là se trouvent méprisés on regarde généralement le travail comme une forme de catastrophe qu'il faudrait éviter le plus possible bien des recruteurs là aussi je le vois en rencontrant les les les entreprises dans dans dans ma ville bien des recruteurs se plaignent que les candidats viennent à des entretiens d'embauche en demandant combien ils auront de jours de vacances plutôt qu'en demandant quel est le propre de l'activité de l'entreprise à laquelle il se présente on regarde le travail comme quelque chose de pénible et on finit donc d'une certaine façon par le mépriser et notamment tous ces métiers qui nous rappellent de manière peut-être plus visible le caractère difficile du travail c'est le grand paradoxe de ce point de vue là d'un marché de l'emploi aujourd'hui qui compte des millions de chômeurs et en même temps des millions de postes à pourvoir il y a aujourd'hui des millions de postes à pourvoir dans notre pays qui ne sont pas pourvu il y a des entreprises qui recherchent et qui cherchent à recruter et il y a en même temps des millions de personnes qui préfèr peut-être à cause de ce mépris que qui ne vient pas des individus mais qui vient d'un certain climat social je crois préfère encore ne pas travailler plutôt que de subir cette pénibilité qui est devenue l'unique vocable sous lequel on décrit le travail et puis un dernier élément que je voudrais signaler c'est le mépris qui pèse aujourd'hui sur le produit du travail le produit du travail est devenu méprisable et ceci est lié à la mutation de l'économie en général notre économie est en train d'évoluer elle a connu une grande évolution et et cette évolution est le fait qu'elle trouve son centre de gravité dans la consommation ceci nous est décrit de manière très belle par un économiste qui s'appelle ratkowski qui est un économiste polonais qui était en même temps philosophe qui est l'auteur d'une œuvre trop peu travaillée aujourd'hui mais tout à fait passionnante autour des années 80 ratkovski a notamment écrit un très beau Liv qui s'appelle les jeux du désir que je recommande à tous ceux qui se destinent à la vie de l'entreprise plus tard dans dans cet ouvrage ratkowski euh évoque cette mutation de l'économie qui fait que l'économie trouve son centre de gravité dans la consommation c'est d'ailleurs au moment où les produits sont consommés qu'ils sont valorisés on mesure le produit industriel d'un pays au moment où les produits qu'il construit sont valorisés c'est-à-dire au moment où ils sont consommés nous sommes devenus des consommateurs et les acteurs économiques fondamentaux de notre système actuel sont les consommateurs or la consommation est un acte de destruction c'est quand le produit est détruit qu'il est valorisé et cette mutation de l'économie cette mutation profonde de notre économie en fait aboutit à ce qu'on pourrait appeler une anti-économie le propre de l'économie notamment normalement c'est de protéger de préserver d'économiser de faire en sorte que ce que l'on a acquis se conserve dans le temps d'éviter d'user d'éviter d'abîer d'entretenir de réparer et vous voyez bien que la société de consommation obéit à une logique complètement inverse il ne s'agit plus d'économiser mais de détruire car c'est dans l'acte de la destruction que le produit est valorisé et dans cette société contemporaine protéger préserver entretenir conserver réparer sont des actes qui n'obéissent plus à aucune logique économique vous avez tous entendu parler du débat autour de l'obsolescence programmée hein c'est-à-dire le phénomène qui consiste à produire des objets pour qu'il soit rapidement hors d'usage afin que le consommateur en rachète de nouveau mais l'obsolescence programmée n'est pas simplement une pratique illégitime et aujourd'hui illégale de certains industriels l'obsolescence programmée c'est le propre de tous les produits qui sortent aujourd'hui dans la société industrielle et notamment des produits qui sont liés à cette industrie du numérique prenez par exemple ce ce petit objet hein cet objet qui est un téléphone portable vous en avez tous un sur vous j'en suis sûr et bien cet objet voyez le protéger ou le préserver n'aurait aucun sens cet objet si vous l'achetez al ceci par exemple vous l' aachetez neuf je sais pas ça doit vous coûter 700 € si vous l'achetez et que vous le mettez dans un coffre fort disant je vais le garder soigneusement je vais surtout ne pas l'user le protéger le préserver dans 2 ans même si vous n'en avez jamais fait le moindre usage il aurait il aura perdu les 2/ers de sa valeur en fait en réalité c'est une économie qui fait perdre de sa valeur au produits de notre travail l'idée du travail bien fait l'idée du produit bien réalisé qui va durer qui va se conserver dans le temps cette idée-là nous l'avons perdue et donc nous méprisons le travail en ce sens que nous avons appris à mépriser le produit du travail j'ai été la semaine dernière chez un fromager pour acheter du fromage pour faire une fondue parce qu'il faisait très froid et donc on achète du fromage pour faire une fondue et le fromager nous sort une magnifique machine a découpé le fromage il dit cette machine c'est mon père qui l'a acheté elle a 70 ans regardez comme elle est belle et c'était une belle machine aujourd'hui l'entreprise qui produit ces machines fabrique la même machine la seule différence c'est que on peut plus la dévisser parce qu'on ne peut plus la réparer si elle tombe en panne vous devrez la changer et bien toute la mutation de l'économie se trouve ici au lieu de faire des belles machines qui durent longtemps et bien on fait des machines qui vont rapidement s'user et qui même si elles ne s'usent pas de toute façon auront rapidement perdu de leur valeur pardon il est donc de fait totalement inutile de les conserver de les entretenir et par conséquent il est tout aussi inutile de mettre son honneur de mettre son orgueil et sa fierté dans le fait de réaliser un travail bien fait dans le fait de produire un beau produit qui dure qui s'entretiennent et qui se gardent longtemps même si évidemment il y a des exceptions à la règle on voit bien qu'il y a un mépris du travail dès le le le regard que nous portons sur le produit du travail et qui lui-même semble avoir perdu de de sa valeur de fait si tous les produits sont faits pour être détruits si le produit du travail est valorisé quand il est détruit alors le travail devient absurde le fait de travailler ressemble tout travail ressemble au travail décisif qui porte son rocher en haut de la montagne pour qu'il redescende immédiatement vous produisez des téléphones pour qu'ils perdent leur valeur et demain vous produirez de nouveaux téléphones qu'on présentera comme la dernière innovation le dernier grand crime et qui 2 ans après seront complètement dépassé et obsolète et par conséquent le travail que vous faites en produisant un téléphone ne peut plus vous valoir une grande fierté en toutous les cas cette fierté semble avoir perdu un peu de son sens le travail semble devenu quelque chose d'absurde et l'effort que requierre le travail semble avoir perdu de son sens dans les le fait que cette transitivité vers le produit elle-même semble avoir disparu car de fait le travail est pénible le travail requiert un effort tout travail est pénible le travail a-t-il un sens donc et bien on pourrait dire que non le travail n'a aucun sens et peut-être c'est l'état d'esprit contemporain que nous partageons et si je devais répondre à la question singulière que vous m'avez posé le travail a-t-il encore un sens pour nos contemporains peut-être de manière un peu rapide pourrions-nous commencer par ce diagnosticque un peu provoquant le travail non n'a aucun sens pour nos contemporains le travail n'a pas de sens ce qui a du sens c'est ce que l'on fait quand le travail est fini quand le travail est terminé on peut faire quelque chose qui a du sens quelque chose qui nous plaît quelque chose dans lequel on s'accomplit quand le travail est fini ce que l'on fait a du sens ce qui est permis par le travail peut-être mais le travail en lui-même n'a aucun sens sinon aboutir à la vraie vie la vraie vie n'est pas dans le travail la vraie vie est ailleurs la vraie vie elle est de manière très ironique sur tous les couloirs de métro que vous traversez pour aller au travail et sur les couloirs du métro vous voyez les plages lointaines vous voyez les prochains films que vous allez voir les pays que vous allez visiter les divertissements extraordinaires que vous allez vivre et même les aventures extraconjugales que la société consumériste vous promet bref la vraie vie est ailleurs elle est dans tout ce que vous ferez après votre travail tout ce qui vous est promis par le le travail comme une condition toutes ces aventures ces divertissements ces moments d'intensité qui font que la vraie vie n'est pas dans le travail mais en dehors de lui le travail est une malédiction et la vraie vie consiste à échapper au travail la vraie vie se trouve dans les loisirs dans le temps libre et dans cette liberté que vous recouvrez dans le temps libre qui vous permet de faire quelque chose qui a du sens pour vous mais le travail lui-même est une malédiction fondamentale et la vraie vie consiste à lui échapper alors sortons peut-être d'un regard TR conjoncturel et nous pouvons constater que en fait le fait de considérer le travail comme une malédiction n'a rien d'une situation qui serait lié uniquement à notre époque le travail que le travail est une malédiction c'est ce qui nous est rappelé dès le livre de la Genèse dans la Genèse on décrit le travail comme une conséquence la Bible décrit le travail comme une conséquence de la chute le travail comme la mort est une conséquence du péché originel une conséquence de cette malédiction qui pèse sur les hommes et de fait le trava a partie liée avec la mort parce que le travail use le travail fatigue le travail épuise le propre du travail c'est que c'est fatiguant c'est pénible c'est ça qui caractérise le travail j'en ai d'ailleurs un souvenir assez cuisant à titre personnel puisque quand je passais les euros de l'enss il y a quelques années de cela j'étais tombé sur un très beau sujet de philosophie qui était la pensée est-elle une activité assimilable à un travail et j'ai eu une mauvaise note parce que j'avais tout simplement oublieré de considérer que le propre d'un travail c'est que c'est fatiguant et que j'ai jury m'a reproché à très juste titre d'ailleurs de n'avoir jamais envisagé la question de savoir si l'activité intellectuelle est fatigante en tous les cas le propre du travail la caractéristique fondamentale du travail c'est que c'est fatigant le travail use le travail fatigue le travail épuise le travail est pénible et donc le travail nous relie d'une certaine façon à notre condition de mortel le travail nous rapproche toujours plus ou moins vite de la tombe le repos entretient dans le repos on refait ses forces dans le travail on se détruit ou en tous les cas dans le travail on détruit quelque chose de soi de son énergie de sa vitalité de sa propre vie et nous sommes nés tous dans ce monde marqué par la tragique nécessité du travail c'est là ce que toutes les traditions intellectuelles philosophiques spirituelles religieuses ont tenté d'apprivoiser nous naissons dans un monde qui est marqué par cette nécessité tragique du travail la Genèse le dit avec mots la Genèse le dit avec les mots de la de la de la religion mais nous le voyons aussi dans beaucoup d'autres traditions intellectuel et par exemple dans la mythologie la mythologie grecque nous décrit elle aussi le travail comme une malédiction infligée aux hommes vous connaissez peut-être le myth de prometé le mythe de prometé qui est un mythe fondateur nous raconte l'origine de cet univers dans lequel nous naissons et l'origine de cet univers est lié à la création par les dieux d'un monde dans lequel des créatures multiples vont et et viennent ces créatures elles ont été formées par les dieux et les dieux ont chargé deux frères promété et épimété de donner à toutes les créatures de la terre une faculté un atout pourrait-on dire une compétence une arme particulière pour prendre sa place dans ce monde alors épimété se charge de la distribution c'est comme des cartes c'est comme des atouts de ces distributions des caractéristiques propres à chaque espèce alors il y a des animaux auquels il donnent la fourrure il y en a d'autres auquel il donnent des croc d'autres auquel il donnent des défense d'autres qu' donnent des des nageoires la capacité de nager dans l'eau voilà chaque espèce sur la terre a une faculté qui lui est propre qui lui permet de trouver sa place dans l'univers qui lui permet de s'intégrer à son milieu mais épimété c'est le propre de son personnage il est étourdi il a mal calculé épimété et il a oublié une espèce et qui arrive en dernier les humains et quand arrive le tour des humains épimété n'a rien à leur donner plus rien ni ser ni griffe ni dents ni défense ni croc ni peliss ni ni fourrure rien du tout les hommes sont littéralement tout nu l'homme est le seul être dans l'univers qui soit nu et qui soit conscient qu'il est nu il est c'est-à-dire non pas simplement nu au sens physique du terme mais il est abandonné dans sa nudité dépourvu d'un moyen immédiat et naturel de s'intégrer dans le monde qui est le sien de s'insérer dans ce milieu et dans la chaîne des espèces l'homme est abandonné il est je jeté dans ce monde privé de tout moyen spécifique de défense et alors le frère d'pimété prométaé qui est un homme audacieux et généreux décide de faire un geste un peu fou pour sortir les hommes de la situation catastrophique dans laquelle ils se trouent parce que les hommes sont dans une situation catastrophique allez vous promener tout seul dans la nature sans rien sans aucune forme de culture sans aucun moyen de défense et bien vous êtes sûr d'une mort certaine et immédiate et donc les hommes sont dans une situation catastrophique alors promet entreprend un geste un peu fou il va chez les dieux dans l'Olympe et il vole au dieu le feu et les arts pour le dire autrement il vole au dieu la technique le savoir-faire la capacité de travailler la terre par le travail les hommes ressemblent un peu à Dieu hein le dieu grec n'est pas du tout le dieu chrétien qui crée à partir de rien le dieu grec est un démurge c'est un fabricateur c'est un bricoleur il prend des éléments du monde et il compose des choses avec ces éléments et bien par le travail nous sommes nous aussi capable de devenir un peu créateur du monde par le travail nous transformons le monde autour de nous nous le bricolons nous le réagançons nous le déplaçons nous le modifions nous perturbons le monde dans lequel nous sommes placés par le travail nous ressemblons un peu à des dieux et tenez d'ailleurs l'extraordinaire capacité de notre technique contemporaine nous fait devenir comme des dieux c'est-à-dire capable peut-être de détruire la Terre avec l'extraordinaire puissance de la technique que nous avons accumulé capacité qui nous fascine et qui nous angoisse peut-être sommes-nous sur le point de détruire notre propre environnement par notre propre pouvoir technique par le pouvoir de notre propre technologie capable peut-être de détruire la Terre capable peut-être aussi de créer la vie et nous sommes peut-être de ce point de vue-là dans un moment de bifurcation où le travail humain semble atteindre une efficacité telle qu'il n'en avait jamais eu jusque-là l'homme est peut-être sur le point de détruire le monde dans lequel il vit il est peut-être aussi sur le point de créer la vie de percer le mystère de la vie et là encore cette fascination millénaire pour la possibilité que l'homme aurait de devenir à son tour créateur de sa propre vie nous sommes peut-être et c'est la promesse du transhumanisme c'est la promesse de la technologie contemporaine et des biotechnologies nous sommes peut-être sur le point de l'accomplir le travail donc semble nous rapprocher des dieux mais cette proximité avec les dieux a quelque chose d'angoissant d'ailleurs promettez pour avoir volé le feu et lesarts au Dieu promettz comme vous le savez sera puni par les dieux d'une manière très sévère hein il a créé un désordre dans la nature en constituant à l'intérieur du monde cette espèce de monstre qui s'appelle l'homme qui est dans le monde le seul être absolument nu et conscient d'être nu mais aussi et les deux sont liés le seul capable de travailler et obligé de travailler pour survivre le propre de l'homme c'est qu'il a besoin de travailler pour vivre nous sommes nés dans ce monde qui est marqué par la tragique nécessité du travail l'homme naît dans un monde et d'une certaine façon il doit en venir aux mains avec ce ce monde la main de l'homme est auprise avec le monde dans lequel il se trouve jeté et ce monde avec lequel nous sommes au prise ce monde avec lequel nous en venons aux mains ce monde nous résiste nous usons le monde par notre main et le monde nous résiste dans cet usage nous usons le monde par la main et nous nous usons dans l'usage du monde le premier travail de l'homme ce qui d'ailleurs manifeste la présence de l'homme c'est la trace de son travail ce qui manifeste la présence de l'homme et de nos lointains ancêtres que vous voyez ici représentés c'est le fait que l'homme produit des outils le silex c'est la première trace de l'homme partout où il y a des outils déposés dans la terre qui portent l'histoire du monde nous savons que là l'homme est passé un jour partout où il y a des pierres taillées ces silex qui sont les premiers signes du fait que l'homme travaille le monde ces silex sont la première traces que nos lointains ancêtres ont déposé de leur humanité dans ce monde qu'il traversaient mais regardez le ge de la main qui tient le silleex la main qui tient le silleex use le monde abîme la matière autour d'elle le silex est fait pour tailler pour couper pour découper pour trancher bref pour briser les résistances du monde au sens physique de ce terme mais en manipulant le silex on s'épuise on se fatigue on s'use soi-même on met de sa propre énergie dans la matière inerte qui est devant nous pour la vaincre et pour la briser et ce faisant on se fatigue et on on fatigue son corps et on use sa main et pour le dire d'une manière très triviale on attrape des ampoules voilà ce qui est le travail le travail c'est cette espèce de conflit entre l'homme et le monde par lequel l'homme transforme le monde pour y trouver sa subsistence mais par lequel aussi le monde transforme l'homme en tous les cas l'use et l'épuise parce que le monde nous résiste nous usons le monde et en usant du monde nous nous usons nous-mêmes dans cet usage mais l'homme qui s'use dans cet usage du monde c'est aussi celui qui est capable justement de se faire un monde de faire le monde à sa main de faire un monde qui soit à sa main par notre travail il nous est donné d'habiter ce monde que nous recevons par notre travail nous pouvons habiter ce monde qui nous est donné et de ce point de vue-là peut-être nous pouvons retrouver le sens positif du travail nous pouvons retrouver le sens du travail comme faculté d'habiter ce monde retrouver le sens du travail comme intermédiaire entre nous et le monde retrouver le sens du travail comme médiation le travail est fondamentalement une médiation et c'est à partir de ce tout petit mot de médiation que je voudrais reconstruire avec vous ce soir le sens même du travail le travail d'abord est une médiation entre moi et le monde le propre de l'homme c'est que on pourrait dire reprenant une expression qui certainement évoquera en vous quelques souvenirs le propre de l'homme c'est que pour lui le monde ne suffit pas le monde ne suffit pas c'est-à-dire le monde tel qu'il nous est donné ne nous suffit pas le travail de ce point de vue- làà introduit une rupture avec l'ordre naturel du monde avec l'ordre naturel des choses le cours naturel des choses les animaux sont des êtres naturel et les animaux de ce point de vue-là s'intègrent de manière parfaite de manière spontanée pourrait-on dire à cet ordre naturel il ne le perturbe pas il ne le dérangent pas ils y trouvent leur place d'une manière d'ailleurs qui pour nous est enviable l'animal sait immédiatement s'orienter dans le monde il trouve sa place dans le monde il trouve sa place dans la chaîne alimentaire l'animal de ce point de vue là ne contrarie pas le cours naturel des choses il n'en va pas du tout de même pour l'homme l'homme ne se résigne pas au monde tel qu'il nous est donné le monde ne nous suffit pas et de ce point de vue-là donc le travail introduit une rupture avec l'ordre naturel il ne nous suffit pas d'habiter dans des grottes et si nos lointains ancêtres ont commencé par vivre dans des grottes déjà ils les ont faites à leurs mains ils ont peint sur ces grottes et nous voyons la trace de leur présence dans le fait que déjà ils ont humaniser ces lieux dans lesquels il vivaient mais très rapidement l'homme émigre de la caverne pour sortir à l'air libre et construire dans le monde sa maison le propre de la maison c'est justement qu'elle n'est pas naturelle les animaux ont des abris des tanières des terriers et dans la terre sur la terre dans l'eau dans les airs ils trouvent leur lieu naturel l'homme lui institue sa maison il l'édifie il la construit il ne se contente pas de ce que la nature peut lu fournir d'abri l'homme ne veut pas simplement s'abriter il veut habiter dans le monde nous ne cherchons pas seulement à nous abriter dans des cavernes ou dans des grottes mais nous voulons habiter et notre maison est toute autre chose qu'un abri naturelle elle est une construction elle est le résultat de notre projet nous projetons la maison et nous la construisons pour répondre à notre désir d'habiter dans ce monde le travail introduit donc une rupture avec l'ordre naturel le travail introduit une rupture avec le cours naturel des choses et même une rupture avec la logique la plus naturelle la logique la plus animale avec la logique du besoin avec la logique de l'instinct que dit l'instinct l'instinct dit il y a un fruit il faut le manger l'instinct dit il faut satisfaire le besoin mais le travail consiste à repousser la satisfaction des besoins que fait l'agriculteur l'agriculteur mange une partie du produit de son travail mais pas tout le produit de son travail il met une partie du produit de son travail de côté une partie de la production ne sera pas consommée il la garde l'agriculteur pour pouvoir demain la planter le travail nous fait sortir de la logique du besoin on garde des grains de côtés pour les planter l'année prochaine et même s'il faut se serrer la ceinture et même s'il y a des jours où il faudra ne pas manger on garde des grains de côté le travail nous fait sortir de la logique habituelle du besoin vous êtes ici par exemple vous êtes étudiant la vie étudiante correspond exactement à cette perspective totalement contre nature vous êtes étudiant ça veut dire que vous prenez un temps dans votre vie pour non pas gagner votre vie non pas aller vers la satisfaction de vos besoins mais suspendre pour un temps cette logique de la satisfaction et dans un moment de gratuité ou en tous les cas dans un moment où la satisfaction du besoin est repoussée à plus tard prendre le temps de vous y préparer vous travailler pour demain pouvoir gagner de quoi satisfaire vos besoins mais aujourd'hui on en parlait tout à l'heure avec l'un d'entre vous qui me permettait de faire un petit tour pour respirer sur le vieux port hein il me disait on peut pas faire de bateau parce qu'on est étudiant on n pas d'argent pour ça aujourd'hui vous acceptez dans l'assaise de la vie étudiante assaise que j'espère malgré tout toute relative mais surtout il faut quand même prendre le temps de faire de la voile parce que ça pour le coup ça n'est pas de l'ordre du superflu du nécessaire comme le disait pompé viver non est Ness navigar Ness est il n'est pas nécessaire de vivre mais il est nécessaire de naviguer bref je termine là cette digression la vie étudiante malgré tout recouvre une nécessaire assaise et il en a toujours été ainsi et de ce point de vue-là le travail de l'étudiant correspond à cette perspective qui inverse la logique ordinaire du besoin pour préparer la satisfaction du désir futur rupture donc avec la logique naturelle avec la logique animale je sors de mon abri je sors de ma grotte pour aller construire ma maison je me mets à découvert pour construire la maison et je sors donc de cette satisfaction immédiate pour aller vers une satisfaction médiate habiter le monde suppose donc de le travailler et de fait le travail est une médiation de ce point de vue-là le temps le temps de la médiation vers une satisfaction ultérieure dans le temps du travail je suspends la action immédiate du besoin et je prends ce temps médiat je choisis ce moyen cette intermédiaire vers le besoin futur qui s'appelle le travail je sors donc de la logique de l'immédiaté pour prendre le temps de la médiation et le travail est une médiation je me donne un monde humain par la médiation du travail l'homme construit un monde humain par la médiation du travail d'ailleurs vous le constatez avec moi partout désormais notre monde porte la trace du travail de l'homme partout notre monde porte la trace du travail des hommes j'ai traversé aujourd'hui la France en TGV et il suffit de jeter un regard autour de soi pour voir partout la trace de la main des hommes qui a traversé le monde les champs et la bordure des champs et les plantes qui poussent dans les champs les routes bien sûr les routes que les hommes tracent dans le monde pour pouvoir aller d'un lieu à l'autre les maisons les panneaux qui donnent un sens à nos déplacements les villes bref notre monde est habité par la place du travail de l'homme par la trace du travail de l'homme ce travail qui est une médiation en vue d'un monde vraiment humain une médiation aussi en vue d'une vie humaine en vue de la vie humaine car si nous travaillons c'est pour pouvoir assurer notre vie de demain pour pouvoir assurer notre subsistence et le travail ne suspend pas de ce point de vue-là la logique de la vie le travail suspend la logique de l'immédiateté du besoin pour assurer la vie future pour permettre la vie future pour permettre la vie de demain et si aujourd'hui vous faites des études c'est probablement parce que vos parents ou bien la société dans son ensemble en tous les cas le monde des adultes le monde des hommes choisit de préserver la vie des hommes de demain en prenant en proposant en préservant la possibilité même de ce temps qui s'appelle les études de ce temps du travail qui est constitutif de la possibilité même d'une vie demain le travail est une condition absolue de la vie humaine le travail est notre condition de vie il n'y a pas de vie sans travail il n'y a pas même de survie pour l'homme sans travail sans travail l'homme se trouve abandonné à cette nudité première dont nous parlions à l'instant sans travail l'homme est démuni des moyens même de survivre encore une fois l'animal n'a pas fondamentalement besoin de travailler on y reviendra l'animal n'a pas fondamentalement besoin de travailler son instinct le guide vers la satisfaction de son besoin mais l'homme lui est dépourvu de cette immédiate il est nous dit le myth de prometté dépourvu de cette faculté naturelle qui viendrait assurer sa survie et pour l'homme la survie est une condition une question de travail le travail est une condition de survie une condition de notre vie le travail est condition de toute vie humaine et de toute vie bonne de toute vie accomplie de toute vie épanouie de toute vie authentiquement réussie de ce point de vue- làà le travail je crois que nous devons profondément retrouver le sens le travail n'est pas source de mort même s'il use même s'il épuise même s'il fatigue le travail n'est pas source de mort il est fondamentalement source de vie le travail est fondamentalement condition de vie depuis le travail de l'enfantement on pourrait dire que derrière toute vie d'homme il y a du travail et beaucoup de travail depuis le travail qui nous a fait naître depuis l'effort par lequel nous sommes nés dans toute vie d'homme il y a du travail le travail est donc notre condition de vie et la condition de toute vie humaine tout travail si on y regarde garde bien et c'est une chose merveilleuse de le reconsidérer ainsi tout travail de manière réciproque sert la vie tout travail est orienté en vue de la vie en vue de la survie en vue de la qualité de la vie en vue de la vie bonne tout travail advient dans le monde en tant qu'il sert à la vie en tant qu'il est utile à la vie en tant qu'il vient accomplir quelque chose de la vie des hommes servir à la vie des hommes tout travail est en vue de la vie dans tout travail pourrait-on dire l'enjeu fondamental c'est la vie alors bien sûr cela nous ne le voyons plus forcément parce que des sociétés massivement tournées vers l'agriculture nous sommes passés à des sociétés où le travail est diversifié où le travail est beaucoup plus segmenté ù le travail est beaucoup plus parcéisé mais même dans ces sociétés dans lesquelles nous vivons aujourd'hui tout travail a un lien fondamental avec la vie car sinon ce travail disparaîtrait un travail qui n'a pas de lien avec la vie avec la qualité de la vie avec l'accomplissement de la vie un travail qui n'a aucun lien avec la vie de près ou de loin ce travail- làà n'a plus aucune raison d'être et donc il va disparaître car l'homme est un être de raison nous ne travaillons pas dans le vide nous ne consommons pas dans le vide nous n'achetons pas dans le vide nous ne vendons pas dans le vide tout travail répond donc à un besoin à un désir pour le dire autrement à quelque chose qui vient nous aider à accomplir notre propre vie et un travail qui n'aurait plus aucune efficacité pour la vie des hommes qui ne servirait plus en rien la vie des hommes ce travail làà disparaîtrait comme ont disparu tant de métiers qui ne servait plus à rien à cause de l'évolution de nos savoir-faire de la mutation de nos pratiques ou de nos conditions de vie le travail qui ne sert plus à rien finit par disparaître il n'y a plus de fiacre dans les rues de nos villes he désormais nous avons inventé le moteur à explosion et nous ne circulons plus dans les rues à cheval sauf pour le divertissement ou pour le plaisir de retrouver le temps de la marche du cheval dans nos villes et ceci sert donc la qualité de la vie la joie de la découverte le plaisir de l'émerveillement ceci donc sert la vie mais sinon encore une fois les métiers qui ne servent à rien disparaissent un jour ou l'autre et il faut qu'il en soit ainsi car ceci nous montre bien que tout travail a un sens le travail qui n'a pas de sens n'existe pas ou bientôt n'existera plus tout travaille fondamentalement à un sens ou sinon il ne dure pas je crois que vous voyez de ce point de vue-là je voudrais faire une toute petite incise ce qui est tragique dans le monde contemporain c'est que nous ayons oublié que le travail est toujours orienté en vue de la vie et en vue de la qualité de la réussite de la vie ce qui est tragique c'est que tant d'hommes et de femmes continuent de travailler sans se souvenir que leur travail a un sens on dit souvent et peut-être en entendez-vous parler dans votre école de management on dit souvent que le bon manager c'est celui qui sait donner un sens au travail de ses collaborateurs cette expression je la crois profondément fausse le rôle du manager n'est pas de donner un sens au travail de ses collaborateurs de toute façon ça ne sert à rien car si leur travail n'a pas de sens il sera totalement illusoire d'espérer lui en donner un par la seule force de persuasion que le manager aura pu développer le rôle du manageur n'est donc pas de donner un sens au travail de ses collaborateurs mais de montrer à ses collaborateurs que leur travail a un sens de faire réapparaître à leurs yeux le sens de leur travail ce travail il a un sens par essence et par principe sinon encore une fois il n'existerait pas et donc le rôle du manager n'est pas de lui donner un sens comme s'il n'en avait pas comme un Dieu qui de l'extérieur viendrait donner du sens à l'activité des hommes le rôle du manager n'est pas de donner un sens au travail comme s'il n'en avait pas comme s'il n'en avait pas mais de nous faire ressouvenir du sens de notre travail de nous rappeler la fécondité de notre travail de nous ramener à la signification et à l'utilité au caractère même indispensable du travail que nous accomplissons et à la qualité qu'il apporte à la vie de ceux qu'il sert de ce point de vue donc tout travail a un sens et le rôle du manager n'est pas de donner un sens au travail mais de faire réapparaître cette signification du travail le travail n'est pas lié à la mort mais bien plus à la vie tout travail n'existe qu'entant qu'il peut servir la vie de ce point de vue-l donc le travail n'est pas une malédiction je le disais à l'instant le travail c'est notre condition de vie il n'y a pas d'homme qui ne travaille pas il n'y a pas d'homme en tous les cas qui ne vivent sans qu'un travail é été la condition de son existence sans que le travail de ceux qui l'ont précédé et le travail de tous ceux qui l'entourent ne soit la condition de sa vie et de sa qualité de vie le travail n'est pas une malédiction dans la vie des hommes qui viendrait par hasard ou par accident le travail n'est pas une malédiction et d'ailleurs reprenons le texte de la Genèse que je citais tout à l'heure la jeèse ne dit pas comme je le disais de manière trop rapide et approximative ce que nous avons souvent retenu la jeise ne dit pas que le travail est une malédiction la Genèse ne dit pas que le travail et la malédiction qui s'ensuit de la chute quand l'homme commet le péché originel Dieu ne dit pas tu es maudit homme tu vas devoir travailler Dieu dit tu dois tirer ton pain du sol et maudit soit le sol dont tu tireras ton pain c'est le sol qui est maudit par le péché des hommes c'est le sol de la terre que travaille l'homme qui se trouve maudit par la faute des hommes ce n'est pas l'homme qui est maudit dans son travail l'homme est nécessairement amené à travailler la conséquence du péché originel dans la jeunesse ça n'est pas le travail mais c'est la dureté du travail qui vient de cette discorde qui s'établit de ce désaccord entre l'homme et la matière même qu'il travaille de ce désaccord entre l'homme et le monde dans lequel il vit voilà la véritable malédiction la vraie malédiction ça n'est pas le travail mais c'est que le travail soit rendu pénible par cette par cette dissonance par cette discorde par le fait que l'homme et le monde se trouvve d'un seul coup désaccordé quelle que soit la cause qu'on attribue à ce désaccord originaire nous devons reconnaître que le travail est la condition de la vie humaine et non pas sa malédiction et que la malédiction c'est la peine qui est attachée au travail peut-être de manière accidentelle en tous les cas ce qui est certain c'est que de toute éternité depuis depuis que que que la nature humaine nous est connue le travail est le propre de l'homme qui construit un monde humain le travail est le propre de l'homme cette expression on l'emploie souvent de manière très abusive par le propre de l'homme pour tout et n'importe quoi et il n'y a pas de de dissertation de terminal ou de mauvaise dissertation de terminal qui ne commence par le propre de l'homme et cetera et cetera mais ici on peut employer certainement à bon ciion cette expression du propre de l'homme de fait comme le dit Marx seul l'homme travaille au sens où le travail est d'abord un projet un projet de réaliser quelque chose dans le monde et seul l'homme se lance dans le projet du travail seul l'homme se lance dans ce processus du travail dans ce procès du travail le travail est le propre de la liberté humaine évidemment les abeilles font des Ruges dit Marx et les architectes font des maisons mais la différence entre la meilleur des abeilles et le plus mauvais des architectes c'est que même le plus mauvais des architectes il a ceci de particulier que avant de construire la maison il a en tête l'idée de ce qu'il veut construire même le plus mauvais des architectes se distingue de la meilleure des abeilles par le fait que le travail est pour lui un projet que la construction de la maison est pour lui un projet seul l'homme se lance de manière libre d'une certaine façon dans le projet du travail le travail est donc caractéristique de la liberté humaine le travail est caractéristique de notre capacité de nous projeter dans une œuvre qui nous soit propre une œuvre parmi d'autres une œuvre singulièrement le travail est le propre de la liberté humaine à l'image de cette main par laquelle nous travaillons vous connaissez peut-être le plus l'un des premiers grands débats de la philosophie antique le débat entre Aristote et Anaxagore Aristote se débat avec Anaxagore pour savoir si l'homme est intelligent parce qu'il a des mains ou si l'homme a des mains parce qu'il est intelligent en tous les cas l'intelligence est liée profondément à la main l'homme est intelligent parce qu'il a une main et l'homme est libre parce qu'il a une main ce que nous dit Aristote c'est que c'est parce qu'il est intelligent que l'homme a des mains parce que pour bien utiliser d'une main il faut avoir l'intelligence quel est le propre de la main par rapport à l'organe de l'animal c'est que la main est ouverte à une pluralité d'usage ca d'ailleurs l'immense différence entre la main de l'homme et la main du singe le singe utilise encore sa main pour marcher pour se déplacer sur la terre sa main n'est pas polyvalente ou en toutous les cas pas aussi polyvalente que ne l' la main de l'homme qui se caractérise par le fait que le pouce humain est opposable que vous pouvez rétracter votre pouce complètement sur votre main et par conséquent que votre main peut se faire en fait nous dit Aristote tout et n'importe quoi Aristote s'élève aussi contre le mythe de prometé qu'est-ce que c'est que ces hommes qui se Pline tout le temps on ne m'a pas donné de pince on ne m'a pas donné de Croc on ne m'a pas donné de ser on ne m'a pas donné de défense je suis démuni et je suis tout nu dans le monde je suis vraiment le moins bien loti des animaux aristote dit le contraire vous n'avez peut-être pas de serre ou de pince ou de crome mais vous avez tout c là à la fois vous avez une main qui peut se faire pince qui peut se faire croc qui peut serrer qui peut prendre qui peut tourner qui peut toucher et même une main qui peut construire des outils et en construisant des outils peut devenir la totalité des armes possibles pour se défendre des dangers du monde la totalité des moyens possibles pour trouver dans ce monde votre subsistence la main est une formidable ouverture à la liberté une ouverture à la polyvalence des usages une ouverture à la pluralité des usages bien sûr le crabe peut vous pincer très fort avec sa pince il a une pince redoutable mais le propre du crabe c'est qu'il ne peut faire que pincer il est démuni de toute capacité d'adaptation quand il a autre chose à faire que pincer le crabe est totalement inopérant alors que l'homme est capable de penser et même s'il ne pense pas assez fort avec sa main de produire des pinces pour cela et s'il a besoin de faire autre chose comme prendre serrer caresser toucher embrasser soulever déplacer alors il peut faire aussi toutes ces choses et c'est le propre de l'homme que sa main est un organe extraordinaire d'indétermination et donc de liberté la main est l'organe du travail en même temps que l'organe de la liberté nous sommes libres non pas d'abord par notre pensée dit Aristote mais nous sommes libres d'abord par la main et si nous sommes intelligent c'est parce que nous avons des mains et que la nature a donné à celui qui pouvait être ouvert par son intelligence à cette pluralité d'usage l'organe qui correspond à cette ouverture à la liberté le travail donc est le propre de l'homme qui construit un monde humain seul l'homme travaille parce que seul l'homme est intelligent seul l'homme forme des projets seul l'homme se lance dans des projets ça ne veut pas dire que les animaux ne soient pas capables de faire des choses extraordinaires ils font des choses extraordinaires et qui d'une certaine c'est une façon d'ailleurs dans l'immédiateté leur instinct nous dépasse de très loin on va y revenir à l'instant mais seul l'homme est capable de travailler paradoxalement de ce point de vue-là le travail est une médiation entre l'homme et le monde mais le travail est aussi une médiation entre l'homme et lui-même le travail est aussi une médiation en vue d'un homme qui soit vraiment humain parce que en travaillant je change le monde et en changeant le monde je me change moi-même celui qui transforme le monde est transformé par son acte celui qui agit sur le monde est agit d'une certaine façon par l'acte qu'il accomplit le travail transforme le travailleur et pas seulement pour l'user mais aussi pour l'accomplir nous sommes tous devenus ce que nous sommes aujourd'hui par le travail que nous avons fait et nous voyons ici apparaître le travail comme une médiation plus essentielle encore peut-être que le simple impératif de la survie il ne s'agit pas pour nous dans le travail simplement de survivre ni même de bien vivre mais il s'agit pour nous dans le travail de devenir ce que nous sommes de conquérir notre nature propre de l'accomplir authentiquement nous sommes tous ce que nous sommes aujourd'hui par le travail que nous avons fait depuis que nous sommes enfants depuis notre premier travail depuis notre premier rapport au travail l'homme de ce point de vue-là se singularise dans le monde par le fait qu'il est par nature un être de de médiation et non pas un être d'immédiaté l'homme est un être de travail l'homme est non seulement capable de travailler l'homme est non seulement acteur du travail mais aussi produit du travail en S en tant que en ce sens qu'il est un être de médiation et c'est là encore une fois voyez qu'on aura beaucoup parlé de l'animal ce soir ce qui nous distingue le plus de l'animal nous tournons en fait autour de la même idée de cette idée de médiation l'homme est le seul dans l'univers à travailler parce qu'il est le seul à être saisi dans cette expérience de la médiation alors que l'animal est par nature un être d'immédiaté et c'est là quelque chose de tout à fait fascinant pour nous que l'animal est un être d'immédiaté on pourrait en prendre une infinité d'exemples possibles mais prenons un exemple parmi bien d'autres que j'affectionne particulièrement l'exemple du Coucou gris vous connaissez tous le coucou le coucou est un animal parasite la maman coucou ne fait pas son nid elle-même elle fait son elle pond son œuf dans le nid d'un autre oiseau par exemple la petite Merlette la petite Merlette a fait son nid et puis elle a pondu ses œufs dans son nid et puis elle est partie chercher des brindis ou de la nourriture et pendant que la petite Merlette est partie la maman coucou passe dans le nid de la petite merlette et elle P son œuf la petite Merlette revient elle a rien compris à l'histoire de toute façon elle s'est pas Conté et donc elle couvre tous les œufs parmi lesquels l'œuf du petit coucou il se trouve que le petit coucou arrive à maturité plus vite que les autres oiseaux alors il casse sa coquille il sort la tête de sa coquille et quelle est la première chose que fait le petit coucou à peine sorti de sa coquille il casse non justement fait pas encore coucou il casse les autres ufs autour de lui et il les jette par-dessus bord c'est incroyable hein la question qui est posée est la suivante qui a appris au petit coucou ce qu'il devait faire pour éliminer ses concurrents dans la lutte pour la survie personne et c'est tout à fait fabuleux c'està-dire que le petit coucou immédiatement il sait exactement ce qu'il a à faire il sait exactement ce qu'il doit accomplir il est mu par l'instinct qui est le propre de son espèce et de manière immédiate dès le moment de sa naissance il est tout entier accompli comme un coucou parfait toutes les facultés qui sont le propres de son espèce de cette espèce parasite qui est l'espèce du Coucou gris le petit coucou les possède immédiatement sans avoir eu besoin d'éducation sans avoir eu besoin de les travailler sans avoir eu besoin de de s'essayer de faire l'expérience de s'entraîner de s'exercer et pourtant c'est un geste d'une technicité assez remarquable casser les autres ufs autour de lui et les jeter par-dessus bord et bien le petit coucou c'estit exactement ce qu'il a à faire dès le moment de sa naissance il est un petit coucou accompli un petit coucou parfait c'est tout à fait fabuleux les abeilles ne font pas des écoles d'architecture pour apprendre à construire des ruches et les araigners ne font pas des écoles d'ingénieur pour apprendre à tisser l'étoile pourtant quand vous regardez une toile d'araignée c'est un miracle d'équilibre c'est une chose absolument fabuleuse et de la même façon une une ruche est probablement un miracle absolu de management d'ailleurs précisément le propre de cette immédiateté animale c'est qu'il n'y a pas de distance entre l'animal et sa propre nature et que par conséquent le modèle animal est un modèle d'une sorte de perfection absolue jamais vous ne verrez une abeille politique arriver un jour dans la ruche et dire on va faire la révolution couper la tête à la reine et se répartir le capital commun entre ouvrières ça ne se produit jamais il n'y a pas de dérégulation dans l'expérience de la ruche jamais non plus vous ne verrez une ruche architecte arriver en disant mais si on faisait une tour en une ruche en gratciel ce serait quand même beaucoup plus rigolo non pour tester une fois un changement depuis qu'il y a des coucous et des merles tenez les coucous font le même coup au merles les merles se font toujours avoir par le coup du Coucou toujours ça ne change jamais précisément chez l'homme il en va tout autrement l'homme n'est pas un être d'imédiaté le petit bébé humain à côté du petit coucou il est complètement ridicule le petit bébé humain il s'est faire quasiment rien bien sûr il y a en lui une part immédiaté parce que nous participons aussi de l'expérience animale le petit bébé humain il sait pleurer pour dire qu'il a faim appeler le le sein de de sa mère bon mais à part C cette instinct très très très primaire il est capable de faire très peu de choses mais surtout ce qui est très frappant chez le petit bébé humain c'est que par sa nature en tant qu'être humain il est capable de faire des choses incroyables il est capable de penser il est capable de parler il il est capable d'entrer en relation avec les autres il est capable d'inventer d'imaginer de créer il est capable d'aimer mais pour accomplir toutes ces facultés qui lui appartiennent naturellement parce qu'elles sont le propre de son espèce pour accomplir toutes ces facultés il aura besoin de travailler il aura besoin de recevoir une culture qui le précède de l'apprendre il aura besoin de recevoir un langage d'apprendre comment on parle ce langage comment on l'écrit il aura besoin de s'essayer de s'exercer à la pluralité des tâches qui lui seront proposées et un jour il trouvera sa voix il se lancera dans une voix singulière celle qui peut-être lui conviendra le mieux mais pour accomplir ses talents dans cette voix singulière il lui faudra encore beaucoup de travail c'est exactement ce que vous vivez ici dans cette période étudiante ce que vous vivez ici ça n'est pas du tout seulement une façon de vivre la logique de la survie ou de la vie économique la plus prospère qui soit ce que vous vivez ici est d'un tout autre ordre je l'espère vous avez trouvé votre talent vous vous êtes trouvé un talent par parulier pour la vie en entreprise pour le management pour la relation avec les autres pour une intégration dans le système économique qui vous conduise demain peut-être à prendre des responsabilités et vous êtes venu ici pour cultiver votre talent parce que le propre de l'expérience humaine c'est qu'il ne suffit pas d'avoir naturellement des talents ça ne suffit pas ça ne suffit jamais pour devenir vraiment ce que l'on est pour accomplir vraiment sa propre personnalité avec les talents singuliers qui vous ont été naturellement donnés il vous faudra beaucoup beaucoup de travail le travail n'est pas simplement une médiation vers notre propre survie le travail est une médiation vers nous-même un chemin vers nous-mêmes vers ce que nous sommes de fait pour devenir vraiment humain et pour devenir vraiment nous-mêmes nous avons besoin du travail nous avons besoin de recevoir une culture un savoir un savoir-faire nous avons besoin de nous laisser transformer par le travail le travail que l'on fait nous fait le travail que l'on fait nous transforme et de fait dans le travail que l'on fait on se laisse soi-même travailler par l'œuvre qui nous est proposé c'est le cas du premier de tous les travails le travail de la main dans le travail de la main on gagne un tour de main on se fait la main comme l'expression est belle on se fait la main aux choses que l'on travaille la main se fait au monde ce n'est pas simplement par la main que l'on transforme le monde mais c'est par la rencontre avec le monde que la main se transforme elle-même qu'elle acquire une agilité particulière un doité tout cela elle rés d'un travail même nos corps vous voyez même nos corps sont le produit de notre travail notre corps avec notre agilité singulière avec notre aisence notre habilité notre corps est le produit de notre propre travail reprenons l'exemple de la navigation comment devient-on bon en navigation comment devient ton bon mais comme dans n'importe quel métier c'est en Forgant qu'on devient forgeron c'est en naviguant qu'on devient un bon navigateur parce que c'est en faisant que par le corps rentre en vous ce savoir-faire c'est par le travail que ce savoir habite votre corps et qu'il le transforme progressivement ceci est vrai de l'individu à l'échelle individuelle chacun d'entre nous est appelé à gagner un tour de main dans le travail qui lui sera propre et c'est vrai aussi de notre esprit gagner un tour d'esprit dans la capacité de se concentrer sur un objet intellectuel ceci est vrai de chacun d'entre nous dans le travail qui nous est propre mais ceci est vrai aussi de notre espèce dans sa généralité on pourrait dire que l'homme tel que nous le connaissons aujourd'hui est le produit du travail de l'homme l'homme est à la fois l'auteur du travail et le produit du travail c'est ce que dit Engel dans une perspective strictement matérialiste dans un petit texte magnifique qui s'appelle le rôle du travail dans la transformation du singe en homme comment le singe est-il devenu un homme ce demande se demande engles et bien en travaillant l'homme c'est peut-être un singe dis engles encore une fois dans une perspective matérialiste l'homme est peut-être un singe mais c'est un singe qui travaille et qui se laisse transformer par son travail et à l'échelle de toute notre espèce et c'est peut-être ce qui distingue celui qui est ici de celui qui est là même si celui qui est là a l'air passablement dépressif on sait pas s'il faut beaucoup envier cette évolution mais à l'échelle de cette transformation c'est en fait de manière imperceptible et ténu mais de manière malgré tout certaine que le travail a transformé le corps des hommes que le travail a transformé par exemple la main des hommes les hommes ont commencé par faire des silex ensuite ils ont fait des outils et ils ont appris pr à travers ses outils à travers leur propre travail à faire des gestes d'une finesse de plus en plus grande à faire des gestes d'une précision de plus en plus importantes et à la fin de toute cette évolution à la fin de tout ce travail opéré par les générations humaines depuis des millénaires se produit nous dit Engels qui pourtant est un marxiste matérialiste se produit un miracle la main d'un artiste la main d'un pianiste la main d'un peintre la main de Michelange de Paganini la main humaine capable précisément de constituer dans le monde une trace singulière la trace de ce que l'humain produit de plus singulier de fait le travail nous humanise c'est le travail qui nous rend humain aussi bien encore une fois à l'échelle de l'individu qu'à l'échelle de l'espèce et du coup il semble décisif de réapprendre à regarder le travail de réapprendre à respecter le travail indépendamment même de son produit indépendamment même de ce que le travail produit de la valeur que le travail créé le travail a une valeur en tant que nous sommes nous-mêmes les produits du travail indépendamment même donc de ce que nous faisons dans notre travail le travail est un temps précieux parce que c'est dans le travail que l'on s'accomplit pas que dans le travail mais aussi et peut-être d'abord dans le travail que l'on s'accomplit comme être humain vous connaissez tous cette fable de La Fontaine magnifique Fab de la fontaine qui raconte l'histoire d'un vieux paysan qui lue un chant à ses enfants en leur disant il y a un trésor caché dessous les enfants creusent la terre dans tous les sens retourn la terre une fois que le vieux paysan est mort il retourne la terre dans tous les sens il la Bour il creuse il déterre le champ entier à coup de pelle et en fait ne trouve absolument rien et finissent par comprendre au terme de tout cet effort épouvantable qu'en réalité le message que leur père leur laissait c'est que le travail lui-même est un trésor c'est le travail qui est un trésor non pas simplement donc ce que le travail produit non pas simplement le trésor que l'on trouve caché dans le champ non pas simplement ce qui pousse dans le champ mais le fait même de travailler le champ ce phénomène est un trésor et c'est la raison pour laquelle pardonnez-moi cette petite parenthèse c'est la raison pour laquelle la situation économique contemporaine est une tragédie absolue ça n'est pas simplement une catastrophe économique le chômage ça n'est pas simplement un problème économique c'est une catastrophe qui nous touche dans notre humanité dans ce cas-là de plus profond qui nous touche dans notre personnalité qui nous touche dans ce que nous sommes et non pas simplement dans ce que nous faisons parce que nous avons besoin de travailler pour pouvoir nous accomplir nous-mêmes et tous ceux qui ont connu l'expérience du chômage tous ceux qui ont été privés de la possibilité même de travailler savent l'intensité de cette épreuve et le fait que précisément c'est de nous dont il est question dans le travail dont on nous prive il faut donc réapprendre à respecter le travail indépendamment de son produit comme un temps où l'on s'accomplit réapprendre un deuxème élément que je voudrais signaler réapprendre à respecter de ce point de vue-là toutes les formes du travail toutes les formes du travail quel scandale là encore que nous en soyons venus à mépriser certaines formes de travail et notamment vous l'avez compris par exemple que nous en soyons venus à considérer que le travail manuel était inférieur ou en tous les cas qu'il ne méritait pas d'être considéré qu'il ne méritait pas d'être estimé vous voyez bien que le travail de l'homme commence par la main et que la dignité de l'homme commence peut-être par la main que l'homme laisse dans le monde une trace d'abord par sa main et que c'est toujours par la main que l'homme transforme le monde et qu'il se change lui-même respecter toutes les formes de travail respecter le travail indépendamment de son produit respecter toutes les formes du travail indépendamment même de son caractère productif au sens social de ce terme et c'est le dernier élément que je voudrais citer il me semble urgent de réapprendre à respecter le travail indépendamment de son caractère productif au sein du système économique de son caractère directement produc au sein du système économique réapprendre à respecter le travail sous toutes ses formes y compris le travail qui n'est pas salarié y compris le travail qui ne produit pas de la valeur marchande respecter par exemple je sais pas le travail bénévole respecter le travail qui se fait en dehors du champ économique à proprement parler respecter le travail tout simple de l'éducation qui est peut-être le premier de tous les travails le travail des parents le travail de tous ceux qui prennent en charge pour les générations qui viennent ceci silencieux effort de l'éducation d'où vient précisément toute vie humaine à venir respecter toutes les formes de travail et non plus céder à cette espèce de d'hypertrophie du travail qui n'est valorisé que dans ce qu'il produit économiquement qui n'est valorisé que par la rémunération qu' l'engendre respecter le travail en tant que tel dans le temps même du travail dans l'efficacité même du travail en ce sens que le travail est ce dans quoi on s'accomplit indépendamment même de son produit je conclus donc par là le travail je crois peut retrouver son sens ou plus exactement nous pouvons retrouver le sens du travail le travail peut retrouver son sens il peut redevenir humain mais à une seule condition si nous savons redécouvrir le travail comme une médiation nécessaire comme une médiation nécessaire toutes les pathologies du travail me semble-t-il toutes les pathologies du monde du travail viennent du fait que l'on oublie le travail comme médiation nécessaire soit qu'on oublie qu'elle est nécessaire cette médiation et qu'on considère par conséquent le travail comme quelque chose dont on pourrait se dispenser pour devenir soi-même et vivre vraiment soit qu'on oublie qu'elle est nécessaire soit quand on oublie que le travail n'est qu'une médiation que le travail n'est qu'un moyen que le travail n'est pas une fin le grand paradoxe c'est que toutes les pathologies du travail finissent par se rejoindre et peut-être dans la société contemporaine nous le voyons singulièrement bien oublie le caractère nécessaire de cette médiation qui est le travail c'est valoriser à l'excès le divertissement comme ce dans quoi s'accomplit la vie humaine et paradoxalement dans cette société contemporaine qui valorise à l'excès le divertissement le travail est peut-être devenu le plus grand des divertissements au sens pascalien du terme on ne travaille plus pour créer quelque chose pour engendrer une œuvre qui demeure on ne travaille plus précisément comme dans une médiation vers une fin dans lequel le travail trouve son accomplissement mais on finit par travailler pour travailler par travailler pour s'étourdir par travailler pour s'abrutir c'est là ce que disait Pascal quand on regarde les hommes qui se fatiguent sans cesse et qui fuiti sans cesse le repos qui ne peuvent pas tenir en repos un quart d'heure dans leur chambre on se dit les pauvres ils doivent être très fatigués mais en fait quand on y regarde de plus près on se rend compte que c'est exactement ça que les hommes cherchent il cherche dans le travail et c'est là une pathologie et une source de souffrance il cherche peut-être d'abord un divert une activité qui devient activisme qui perd le sens du travail comme moyen en vue d'une fin et du coup le travail ne s'arrête jamais il n'a plus de limite et il prend une forme de toutpuissance sur nos vies il n'est plus ce dans quoi nos vies s'humanisent ce dans quoi le monde devient plus humain mais il devient la totalité de notre vie la totalité de notre monde et de ce point de vue-là il devient ces vrais inhumains d'une certaine façon je conclurai par là je dirais qu'on retrouvera le sens du travail quand on aura aussi retrouvé le sens du du repos on retrouvera le sens du travail quand on retrouvera le sens du repos on redeviendra investi dans le ngotium comme le disaient les Latins quand on aura retrouvé le sens de l'otium et vous voyez comment la société contemporaine est très paradoxale de ce point de vue-là le negotium c'est le commerce c'est le marchandage c'est le travail et l'otium c'est le loisir c'est la gratuité du temps libre de ce point de vue-là nous vivons dans une société qui est au cœur de ce paradoxe que je signalais nous n'avons jamais autant exalté le divertissement les loisirs et il est commun de considérer que nous vivons dans la société des loisirs dans la société de consommation et en même temps nous avons perdu le sens du divertissement nous avons perdu le sens du repos nous avons perdu le sens du loisir le sens du temps vraiment libre et nous avons donné la totalité de nos vies au travail et jamais sans doute nous n'avons été aussi préoccupés aussi absorbé aussi enveloppé dans notre propre travail nous avons perdu le sens du repos comme on témoigne par exemple le débat sur le travail du dimanche nous avons perdu le sens de la nécessité du temps du repos et nous passons notre temps à nous plaindre que les salariés ne sont pas assez investis dans leur travail en même temps que nous passons notre temps à vouloir donner tout notre temps au travail je crois que nous retrouverons le sens du travail quand nous aurons retrouvé le sens du repos quand nous aurons retrouvé le sens de cette alternance qui est en fait la sagesse entre le travail et le repos c'est-à-dire le sens du travail comme moyen en vue d'une fin comme médiation en vue d'un but en vue d'un monde plus humain quand nous avons quand nous aurons retrouvé cette sagesse d'un travail authentiquement humain merci infiniment pour votre
[Applaudissements]
attention merci beaucoup on va laisser un petit moment pour que vous puissiez poser vos vos questions vous pouvez lever la main si vous avez une question je vous ai complètement assommé mais c'est une très belle question le loisir peut-être c'est une suggestion pour l'association homemade une prochaine conférence sur le loisir et la société des loisirs j'ai je suis en retraite mais j'ai toujours été confronté à l'évolution du travail entre la rapidité avec laquelle on doit de plus en plus agir c'est-à-dire que la réflexion est nécessaire à un bon travail et plus on est dans cette sociétélà plus il y a un temps de réaction nécessaire qui qui devient de plus en plus court et c'est aussi certainement un des une des difficultés que les la jeunesse doit doit affronter aujourd'hui oui vous avez tout à fait raison c'est c'est c'est très frappant d'ailleurs de voir comment cela se se déploie au niveau même de de de l'organisation économique certainement vous seriez beaucoup plus compétent que moi pour en parler dans cette salle mais au niveau même du management je pense que ceci pose un problème nous vivons dans la société de l'immédiaté et le d'une certaine façon accomplit notre fascination pour l'immédiateté et dans une société de l'immédiateté il devient impossible de travailler parce que le travail est une médiation jamais nous n'avons eu autant d'outils pour travailler et jamais peut-être le travail n'a été aussi difficile jusque dans les entreprise prenons par exemple le problème que pose pour les entreprises l'invasion du mail qui justement constitue dans l'immédiaté qui l'occasionne un frein permanent au temps même du travail le travail prend du temps parce que le travail est médiation c'est-à-dire effortt en vue d'un but et dans une société de l'immédiateté le travail est profondément remis en question dans sa nature même et ceci donc constitue nous le voyons bien un défi considérable y compris à l'intérieur de l'entreprise y compris d'une manière très concrète oui bonsoir j'enseigne l'économie à l'école et j'ai toujours du mal à à discuter avec les philosophes sur ce point-là mais c'est pas là-dessus que je voudrais vous vous poser M ma question avant d'enseigner j'ai une vie professionnelle et vous avez parlé du manager j'espère que l'enseignement est aussi une vie professionnelle voilà c'est exactement mon propos mais c'est c'est pas sur la valeur du travail qui que je voudrais vous poser ma question c'est revenir un petit peu sur le sur le l'engagement du manager et donc dans cette vie professionnelle autre et bien le plus beau c'est de se donner et dans votre conférence remarquable néanmoins cette dimension là peut-être je n'ai pas bien compris manquit un petit peu c'est le travail est social nous sommes des êtres sociaux nous sommes fait pour les autres et le travail il me semble que d'un point de vue peut excessif mais d'un point de vue ontologique est lié à notre sociabilité et je pense que peut-être vous auriez peut-être c'est une suggestion ajouter cela parce que c'est vraiment une dimension qui me semble essentiel pour l'économiste aujourd'hui on est tous on pense tous dans l'entreprise à maximiser l'effort humain al le rendre de plus en plus productif mais on se rend compte que finalement on a essayé plein de stratégies plein de techniques de management mais il y a une chose qui est sûre c'est que si l'homme ne se donne pas aux autres alors on a pas une organisation sociale efficace vous voyez à la fois dans les fins et dans les moyens alors évidemment vous avez tout à fait raison de toute façon cette cette humble conférence ne prétend rien à une forme d'exhaustivité nécessairement à cause du caractère contraint de son format il y aurait eu tellement d'autres choses à dire sur le sens du travail que je n'ai pas évoqué et donc vous me donnez l'occasion de de vous en demander humblement pardon je je je peut-être j'aurais dû développer effectivement ce point je je crois l'avoir évoqué de manière implicite en en affirmant que derrière tout travail il y a au fond la vie des hommes dans tout travail ce qui est en jeu c'est la vie des hommes et non pas évidemment ma propre vie en ce sens que nous vivons précisément dès le début de la cité dans un univers où le travail est réparti où le travail est partagé et où par conséquent je ne travaille pas immédiatement pour moi-même je travaille pour les autres et de manière euh immédiate pour pour le pour le bien des autres hein nous ne sommes pas tous d'ailleurs ce ne serait pas une société humaine nous ne sommes pas tous préoccupés dans ce monde de notre propre survie nous sommes à travers même la préoccupation de notre propre survie relié aux autres relié aux besoins des autres relié à la survie des autres à la vie des autres à la qualité de la vie des autres et je crois que c'est ce que j'essayais de dire très simpblement peut-être je n l'ai pas assez insisté sur le caractère social de ce point mais qui me paraissait évidemment apparaître le le le le bon manager peut-être est celui qui pourra faire réapparaître aux yeux de ceux avec lesquels il travaille le sens même de leur travail à savoir que dans le travail que fait un homme il y a toujours la vie d'autres hommes qui est présente comme un but comme une fin à servir comme un objectif qu'il s'agit de d'accompagner encore une fois si ça n'était pas le cas ce travail disparaî arrêterait un travail qui ne sert plus à rien aux autres un travail qui ne s'intègre plus dans cette sociabilité des hommes ce travail-là n'existe plus enfin il a déjà disparu car c'est la la raison sociale autant que la raison individuelle qui le fera disparaître de ce point de vue-là vous avez tout à fait raison dans tout travail il y a une relation et on pourrait dire que en nous coupant de cette relation aux autres en nous privant de la capacité de retrouver le sens de notre travail un univers économique peut-être trop fragmenté ou qui a trop découpé le travail a aussi conduit à cette forme de de déshumanisation pardonnez-moi en ce sens qu'il a empêché les hommes de euh se donner pour reprendre votre expression nous avons fait du travail et c'est peut-être le tort ou l'excès d'une société qui a poussé la fragmentation du travail à son à son excès nous avons fait du travail et le prê euh contre inérêt par le travailleur de sa propre force de travail indépendamment de toute signification compréhensible par lui et de fait nous avons supprimé du travail la possibilité même de voir à quel point il pouvait servir la vie des autres à quel point il pouvait donc être une occasion de se donner or le propre de l'expérience humaine et ceci j'en suis vraiment convaincu et autant que que enfin que que ce que vous exprimiez le propre de l'expérience humaine c'est que le grand mystère de de de notre vie c'est que nous ne la trouvons que quand nous ne la que quand nous la donnons Gustave tibon a cette formule merveilleuse qui je crois est dans le travail de l'éducateur dans la profession enseignante un une inspiration de chaque instant Gustave tibon écrivait celui qui ne me donne rien c'est celui qui ne me donne jamais l'occasion de me donner et je crois que peut-être une société déshumanisante c'est une société dans lequel même le travail n'est plus une occasion de se donner une société dans lequel le travail ne devient plus que le fait de répondre à son propre impératif de survie de louer sa force de travail pour pouvoir uniquement gagner de quoi vivre he cette société-là ne nous accomplit pas dans notre désir de nous donner et de ce point de vue-là elle nous prive de la dimension fondamentale de l'accompliss même de l'expérience humaine une question
[Musique]
devant merci euh je je me pose la question si la la valeur travail ne serait pas euh une valeur inscrite dans notre culture judéo-chrétienne et euh si cette valeur travail est vraiment une valeur dans d'autres types de cultures alors je je suis pas un spécialiste d'ethnologie ou de euh d'histoire des idées ou d'anthropologie enfin je je je je je saais mal parler de la diversité des cultures euh de fait ce qui est certain c'est que les hommes partout où ils ont vécu ont apprivoiser de manière différente la relation qu'ils avaient à leur propre travail on ne travaille pas de la même façon partout on n'a pas travaillé de la même façon dans tous les âges de l'humanité le travail a pu recouvrir des formes différentes et la manière dont les hommes ont organisé cette dimension relationnelle du travail la division du travail a varié indéfiniment autant qu'il y a de autant il y a de société humaines autant il y a de manière de se répartir le travail de vivre le travail en revanche on peut dire une chose avec certitude c'est que partout où il y a des hommes les hommes ont travaillé le propre de l'expérience humaine c'est qu'elle nous met face à la nécessité du travail qu'on peut regarder comme une malédiction mais qui est en tous les cas la condition même de de notre vie il n'y a pas de vie humaine il n'y a pas de survie humaine sans travail et cette survie humaine qui est toujours collective elle ne se fait jamais sans travail de ce point de vue-là pour le coup les archéologues les anthropologues les ethnologues reconnaissent la trace des hommes à la trace du travail des hommes on sait que des hommes ont habité là quand on retrouve leurs outils c'est c'est c'est à cela qu'on reconnaît que des hommes sont passer par ici c'est même à cela parfois qu'on reconnaît quand on trouve des parties ou des toutes petites parties de de de de de restes humains qu'on reconnaît qu'il s'agit de restes humains parce qu'ils sont accompagnés d'un outil c'est-à-dire d'un moyen de travailler qui fait que l'on reconnaît la trace d'un homme de ce point de vue-là donc on ne peut pas dire que la valeur travail ou que la valeur du travail soit contingente elle ne l'est pas le travail a universellement pour les hommes une valeur en ce sens que le travail est ce qui est la condition de toute valeur ce qui est la condition même de la vie de la survie quelle que soit la manière dont on se le partage quelle que soit la manière dont on l'privoise quelle que soit la manière dont on le pense dont on le décrit dont on le nomme dont on le vit le travail est la source même de notre vie en toutous les cas la condition de notre survie et de ce point de vue-l je ne crois pas qu'on puisse dire que le travail soit lié simplement à une civilisation ou à une culture parmi d'autres même si il recouvre effectivement peut-être une valeur particulière dans un héritage singulier vous avez fait référence à la Bible tout à l'heure hein et c'est vra que la Bible commence dans un jardin elle se termine dans une ville elle commence dans le jardin d'Eden et se termine à dans la Jérusalem céleste alors est-ce que justement ça ne pose pas la question de ce travail qui a un sens ce sens de transformer le monde tel qu'il nous a été confié et ensuite de le transformer et de le faire d'une certaine manière disparaître pour que tout ce qui est ancien devienne nouveau et que ce qui est nouveau finalement ce soit un principe d'organisation euh le travail a un sens pour dans le sens du du bien commun justement dans le sens de de de ce principe d'organisation dans lequel dans cette cité et bien tout le monde va être capable de vivre autour de celui que le travail euh le travail que le travail cherche à d'une certaine manière à accueillir à auquel on cherche à donner une place voyez bon pour nous les chrétiens c'est le Christ mais mais ici je sais pas si on peut en parler donc voilà est-ce que ce principe d'organisation just provocation le travail provocation de d'organiser les choses au service d'un bien commun voilà alors là encore je je ne suis pas entropologue ni etthnologue je ne suis pas théologien non plus donc je je je je je ne me le passerai pas de ce point de vue- là la la Bible est une une grande source d'inspiration pour la pour la réflexion philosophique et la philosophie et la théologie ont entre ellees une une continuité et une continuité féconde ce que ce que dit ce qu'on peut dire du point de vue de de la philosophie effectivement c'est que le propre du travail c'est qu'il n'est du du du besoin de transformer le monde ce que je disais tout à l'heure c'est-à-dire de de ne pas se satisfaire de ce monde tel qu'il est mais de l'ordonner effectivement de l'organiser pour pouvoir l'habiter ce monde non pas simplement s'y abriter non pas simplement y survivre mais y vivre vraiment et même bien y vivre y construire une vie qui soit authentiquement humaine ce qui passe effectivement encore une fois par la construction de la relation à l'autre et d'une relation qui soit la plus juste possible tout cela est une exigence humaine le le le propre encore une fois le le propre de l'expérience humaine c'est que le monde ne nous suffit pas le monde tel qu'il nous est donné tel qu'il advient dans son état naturel ne nous suffit pas et d'une certaine façon le travail est aussi révolte contre le monde une façon de se révolter contre la situation du monde pour l'améliorer pour le transformer pour l'ordonner pour l'organiser et c'est dans la je avant la chute le commandement que Dieu donne à l'homme soumet le monde organise-le c'est à l'homme qu'il revient de nommer les espèces vivantes qui sont sur la terre et à travers cet acte de nomé se trouve effectivement la relation de travail qui s'établit entre l'homme et le monde qu'il reçoit en héritage ce que dit aussi d'une manière très belle Carl Schmidt dans dans un un ouvrage qui s'appelle la notion de politique plus exactement dans l'adendom à la notion de politique qui s'appelle l'époque des neutralisations du monde schmidth parle de la technique humaine comme étant mu par un objectif précisément c'est c'est votre expression qui me fait penser rendre toutes choses nouvell un objectif c'est tout ce qui est doit être transformé tout ce qui doit être amélioré des des de toute chose toute chose est une r Mutanda toute chose est une chose qui doit être transformée et c'est le propre du travail humain que de vouloir sans cesse améliorer le monde que de ne jamais se résigner à l'état présent du monde que de tenter de l'ordonner de le faire progresser de le faire tendre vers un idéal que nous portons en nous et de faire tendre ce monde qui nous est donné vers cet idéal auquel nous nous aspirons et de ce point de vue-là effectivement on peut considérer que ce que vous exprimez à travers ce qui nous est exprimé à travers la Bible rejoint cette aspiration profonde du du du cœur humain à la volonté précisément d'ordonner un monde qui soit peut-être du coup un monde qui corresponde plus à notre idéal qui corresponde plus à cette cette exigence rationnelle que nous portons à l'intérieur de nos consciences faire un monde qui soit vraiment humain un monde qui soit d'une certaine façon à l'image de l'homme et si peut-être l'homme est à l'image de Dieu un monde qui soit peut-être du coup encore plus à l'image de Dieu paradoxalement ce n'est pas la création dans son état naturel qui est le plus à l'image de Dieu mais c'est à travers la médiation du travail de l'homme que le monde se trouve en toutous les cas si on devait transposer cette réflexion dans la perspective biblique que vous évoquiez c'est à travers la médiation du travail de l'homme que se trouve restaurer ou en tous les cas accompli l'image même de Dieu dans le monde en tous les cas l'image de ce à quoi l'homme aspire et qui s'effectue progressivement dans la matière même du monde merci encore infiniment pour votre attention après l'effort le réconfort et donc le travail va maintenant s'achever dans le loisir merci beaucoup merci encore alors on vous remet quand même pour vous remercier humblement on vous offre un petit souvenir provençal euh donc pour alors oui juste une petite précision pour suivre les prochaines conférences vous êtes invité à liker la page homemade sur facebook n'hésitez pas à nous faire remonter vos suggestion comme une conférence sur le loisir ou autrees non mais ça nous intéresse parce que on veut on veut servir voilà ensuite donc vous êtes tous invités pour le petit apéritif et pour les parents qui ont le leurs enfants qui sont à la garderie merci de les récupérer merci à tous et je remercie aussi tous ceux qui nous ont aidé à organiser les conférences depuis le début de l'année
[Applaudissements]
François-Xavier Bellamy