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interviewCNEWS (sur YouTube)· 25 mai 2026

La grande interview : Charles Rodwell

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Et l'invité de la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Charles Rodouel. Bonjour à vous. Bonjour, merci pour votre invitation.

Vous êtes et vous êtes ensemble pour la République des Yvelines. On va parler des Français avec cette crise du pouvoir d'achat qui n'en finit plus. Sébastien Lecornu a annoncé que cette crise économique allait durer à minima tout l'été.

On a un faible espoir aujourd'hui que la situation se débloque avec l'Iran, les espoirs des États-Unis notamment d'un accord avec l'Iran et le déblocage du droit d'Hormuz. En attendant, les Français passent à la caisse. Comment leur demander d'être patient sans changer de braquet sur les aides qui leur sont accordées, Charles Rodouel ?

Il y a eu un changement de braquet sur les aides vendredi puisque Sébastien Lecornu a confirmé d'une part les aides sectorielles très importantes pour nos agriculteurs, pour nos pêcheurs, pour les acteurs du BTP, pour les gros rouleurs. Et il a aussi déployé des aides nouvelles. La prime à ceux qui roulent beaucoup et longtemps sur le route.

La prime carburant, vous voulez dire ? La prime carburant. À la charge des entreprises.

À la charge des entreprises défiscalisées et désocialisées. Ce n'est pas l'État qui met la main à la poche. L'État qui met la main à la poche.

L'État qui met la main à la poche aussi pour les personnes qui roulent beaucoup, longtemps, et pour leurs aides sectorielles. La prime carburant qui est vraiment entièrement à la charge des entreprises. D'ailleurs, nous le reconnaissons tout à fait.

Et elles sont désocialisées, étaient fiscalisées et c'est tant mieux. Mais je voudrais dire, tous ceux qui nous font des critiques, j'aimerais qu'ils nous expliquent comment est-ce qu'on financerait une baisse massive de la fiscalité ou une baisse massive ou une hausse massive des dépenses. Parce que moi, j'ai le souvenir lors du dernier budget, lorsque j'ai porté, avec Guillaume Casbarian, 23 milliards d'euros d'économies à travers nos amendements.

Il n'y a pas un seul de nos amendements qui a été adopté, notamment parce que le Rassemblement national a systématiquement voté contre. Donc, les entendre aujourd'hui nous expliquer qu'on peut joyeusement faire exploser la dépense publique ou baisser massivement les impôts. J'aimerais qu'ils nous expliquent comment est-ce qu'ils comptent faire des économies lors du prochain budget.

Parce qu'à chaque fois, on les entend sur vos plateaux de télévision expliquer qu'ils font des économies, mais à chaque fois qu'on en propose, ils votent contre. Et donc, c'est la question que je leur adresse très directement. Ils répondront évidemment.

Est-ce qu'il s'agit, alors vous dites qu'on a élargi l'assiette des gens qu'on aide, donc on n'est plus sur des mesures ciblées, si j'entends bien ce que vous nous dites ? Il y a deux types de personnes qu'on souhaite accompagner en priorité. D'abord, des secteurs qui sont particulièrement frappés par la crise énergétique.

J'ai évoqué le secteur de la pêche, de l'agriculture, du BTP. Et il y a ensuite des gens dont le métier les pousse à passer de nombreuses heures et faire des milliers de kilomètres par semaine, par mois ou par an sur une route qu'il faut accompagner. Je pense par exemple aux personnes qui font tous les métiers d'aide à domicile, des personnes qui gagnent assez peu et qui font beaucoup, beaucoup, beaucoup de kilomètres sur les routes.

Ce sont ces personnes-là que nous accompagnons en priorité en leur accordant des primes, des aides, des subventions pour qu'elles puissent rouler et arriver au travail. Vous avez vérifié qu'elles sont arrivées à bon port, ces aides ? La plupart d'entre eux n'ont pas vu la couleur d'un moindre euro d'aide.

Alors, avant de venir sur un plateau de télévision, il se trouve que j'appelle les personnes de ma circonscription. Il se trouve que ma circonscription, il n'y a pas de pêcheur, mais il y a beaucoup d'acteurs du BTP, il y a beaucoup d'acteurs qui travaillent dans les métiers d'aide à domicile. Je suis en lien avec les entreprises, les associations, les particuliers qui font ce métier-là.

Et aujourd'hui, visiblement, le guichet fonctionne bien, j'en suis heureux. Et je tiens à leur dire que s'il y a quoi que ce soit comme problématique, ils peuvent solliciter leurs députés afin de les aider à obtenir ces aides auxquelles ils ont évidemment droit. Mais donc, ils ont reçu concrètement les 50 euros ?

Alors, vous avez un accord différent selon chaque dispositif. Vous avez des dispositifs qui sont disponibles immédiatement et vous en avez d'autres qui sont disponibles via votre déclaration d'impôt et qui seront versés d'ici à quelques jours rétroactivement. C'est ce que le Premier ministre a annoncé vendredi lors de ses annonces.

Est-ce que Sébastien Lecornu a promis que toutes ces aides seraient financées sans aggraver le déficit public ni la hausse d'impôt ? Comment vous allez faire ? Où est-ce que vous allez couper ?

Eh bien, nous ferons, Laurence Ferrari, des propositions pour baisser la dépense publique et la dépense sociale. Mais qu'elle ? Allez-y.

Et moi, je vous prends quelques exemples avec plaisir. L'assurance chômage. Nous avons une réforme qui est prête depuis maintenant de nombreux mois qui permet de faire 4 milliards d'euros d'économie sans toucher aux personnes qui travaillent.

Nous avons un objectif très simple, c'est taper au portefeuille de ceux qui profitent du système. Il n'y a aucune raison que des gens fassent le tour du monde avec les impôts des Français, en restant tranquillement à la maison. Nous voulons conditionner les aides à l'assurance chômage à une recherche effective de l'emploi.

La réforme que nous proposons, elle rapporte 4 milliards d'euros. Et vous allez pouvoir la faire voter ? Vous avez une majorité pour la faire voter ?

J'espère. On verra. Moi, j'espère que vous interrogerez, et je n'en ai aucun doute, Laurence Ferreil, notamment les membres du Rassemblement national qui nous expliquent tous les jours qu'ils soutiennent les gens qui travaillent, qu'ils veulent faire une baisse de la dépense publique, mais qui, budget après budget, refusent systématiquement toute baisse de la dépense publique.

Je peux vous prendre d'autres exemples. Il y a des comités théodules, des agences administratives en tout genre que nous avons souhaité supprimer, avec Guillaume Casbarian notamment. Il y avait une trentaine que nous avons ciblées.

Il n'y en a pas une qui a été supprimée dans le budget parce que nous avons systématiquement fait face à une levée de boucliers absolument homérique et lyrique, je dirais même presque tragique, de personnes qui, la main sur le cœur, ont voulu sauver ces comités théodules. Moi, je leur dis, cette fois-ci, Banco, votez avec nous les amendements de baisse de la dépense publique. Si nous arrivons à faire ne serait-ce qu'une infime partie de 23 milliards d'euros d'économie, nous pourrons financer d'autres plans de sauvetage si nous sommes confrontés à de nouvelles crises énergétiques.

Pas au discours populiste et passons aux actions, c'est ce que vous dites. En fait, je pense qu'il faut être assez en lien entre ces paroles et ces actes. Moi, la raison pour laquelle je porte ce discours sur la baisse de la dépense publique, c'est parce que budget après budget, on dépose ces amendements pour baisser la dépense publique.

Et budget après budget, on se retrouve avec des propositions de taxes Zuckmann, d'explosion de la fiscalité à 34 milliards d'euros d'impôts votés par toute la gauche et par le Rassemblement National, la nationalisation d'ArcelorMittal qui coûterait des milliards d'euros plutôt que de baisser la dépense publique. Je ne varierai jamais dans mon discours ni dans mes actes en la matière. Charles Rodouel, député Ensemble pour la République, un tout petit mot des ZFE, le ras-le-bol des Français est à son comble puisque le Conseil constitutionnel a supprimé l'interdiction des zones à faible émission.

Franchement, il y a de quoi perdre la tête. Est-ce que ce pays, justement, marche sur la tête en matière de circulation, d'automobiles ? Les Français ne comprennent plus ce qui se passe.

Alors moi, je vais vous dire un truc qu'habituellement, il ne faut jamais dire en interview, mais je suis très mal à l'aise avec cette question. Pourquoi ? Parce que moi, je suis contre la suppression des ZFE.

Parce que je vois sur ma circonscription, il y a des communes où des élus avant moi, il y a bien des années, ont mis en œuvre des mesures pour l'environnement et pour faire baisser la pollution. Et je vois le résultat aujourd'hui, et ce n'est pas de mon fait. C'était fait avant que je sois élu.

Il y a une baisse de 15% du taux de pollution sur les grands axes, certains grands axes de ma circonscription. Et d'ailleurs, je regrette que notamment le RN qui va à tout prix supprimer les ZFE ne parle jamais de santé publique et de la baisse de la pollution, pardonnez-moi, à la fois pour nos enfants et les personnes âgées qui habitent nos circonscriptions. Ceci dit...

Mesure hautement imprépulaire, 81% des Français sont opposés aux ZFE. Ceci dit, c'est bien ça. Le Parlement a souverainement décidé de supprimer les ZFE.

Et je vois bien que je suis minoritaire sur ma position, mais je n'en varierai pas. Et donc, ce que je dis aux parlementaires qui veulent supprimer les ZFE, c'est que si c'est votre position, je la regrette, mais si c'est votre position, vous pouvez tout à fait déposer une proposition de loi qui viserait spécifiquement à les supprimer. Mais je préfère vous le dire très franchement, même si c'est impopulaire, je voterai contre la suppression des ZFE parce que j'ai vu que sur ma circonscription, ça a fait baisser le taux de pollution et ça permet probablement de protéger l'espérance de vie à la fois d'enfants et de personnes âgées sur ma circonscription.

Et tous ceux qui ne peuvent pas venir dans les centres-villes parce qu'ils n'ont pas la bonne voiture, la voiture trop ancienne, ceux qui ne peuvent pas changer de voiture ? J'ai bien conscience que c'est une problématique sociale absolument monumentale. Il y a des solutions qui existent pour accompagner ces personnes.

Un exemple, je ne voudrais pas être trop long. Il y a des gens qui ne peuvent pas se répéter. Non, je reprends un autre exemple, un autre coup.

L'équivalent des Restos du Coeur. Vous aviez une association qui aide des personnes très pauvres en leur donnant plusieurs repas par semaine dont la camionnette était ancienne donc elle ne pouvait plus pénétrer dans les villes. On l'a accompagnée, on lui a donné une dérogation pendant un an et sur l'année qui est venue, on a aidé cette association à trouver des subventions pour acquérir un nouveau véhicule.

Et du coup, résultat, tout le monde est gagnant parce qu'un véhicule neuf, ça consomme moins donc elle peut consacrer une partie de son budget à autre chose qu'au carburant de sa camionnette. Voilà un exemple parmi beaucoup d'autres. Il y a des solutions qui existent pour accompagner les millions de Français face à celle-ci.

Je vois très bien l'enjeu social majeur que cette question pose et je l'entends parfaitement et il faut qu'on trouve des solutions. Je vois d'ailleurs que le Parlement avait décidé souverainement de supprimer les ZFE. Je respecte chaque décision du Parlement.

Et du Conseil constitutionnel ? On vit dans un état de droit et le Conseil constitutionnel a considéré non pas sur le fond mais sur la forme que c'est un cavalier législatif. Si c'est un cavalier législatif, les députés qui veulent supprimer les ZFE peuvent déposer une proposition pour les supprimer.

Mais je préfère le dire en transparence, je ne vais pas dire des trucs que je ne crois pas. Je voterai contre la suppression des ZFE parce que je vois bien à quel point ces mesures permettent de faire baisser la pollution au service de la santé publique de millions de personnes, notamment qui habitent ma circonscription. Charles Ronduel, vous êtes connu pour vos positions fermes à propos de l'immigration.

Gérald Dam, un garde des Sceaux, a proposé hier dans un entretien au journal du dimanche un moratoire de trois ans sur l'immigration légale. Est-ce que vous partagez cette volonté ? Est-ce que vous le dites banco ?

Je la partage à 100%, Laurence Ferrari, tout simplement parce que l'immigration a atteint tel niveau dans notre pays que l'immigration sera probablement l'un, si ce n'est le grand enjeu de l'élection présidentielle qui vient, tout simplement parce que l'avenir, et je dirais même la survie de la France, dépend de notre capacité à reprendre le contrôle de l'immigration. La survie, c'est un mot très important. En tout cas, je suis convaincu.

Et la raison pour laquelle je dis ça, ce n'est pas pour des gens comme moi. Moi, j'habite un très beau quartier. Ce n'est pas pour les bobos du Paris 11 qui passent leur temps à critiquer mes positions sur l'immigration.

C'est en pensant aux millions de Français qui habitent des quartiers difficiles, notamment des millions de Français qui sont issus de l'immigration et qui sont les premiers à subir les conséquences de l'immigration incontrôlable. Ce sont des Français qui sont ouverts, modérés, républicains, qu'on ne cesse de qualifier de fachos, de nazis, d'extrême droite, alors que ce ne sont que des personnes qui visent à une chose, c'est vivre dans un vivre-ensemble républicain, mais où l'assimilation fait partie des clés de la République. Et aujourd'hui, une immigration incontrôlée ne permet pas à ces personnes de vivre dans notre pays.

Depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron à la tête de ce pays, on est entre 300 000 et 500 000 entrées légales sur le sol français. Chaque année, vous avez participé à l'échec de la politique migratoire de la France ? Mais j'assume tout à fait que l'immigration est un de nos échecs.

Et d'ailleurs, c'est souvent la proposition que j'ai prise. Je ne me contente pas de ça. J'essaie de faire des propositions depuis des années désormais.

Si nous avons perdu les élections législatives de 2024, c'est qu'il y a notamment 3 millions d'électeurs d'Emmanuel Macron en 2017 qui ont décidé de voter pour le Rassemblement national en 2024. Sur cette question précisément, vous pensez ? Sur d'autres aussi, sur un sentiment de déclassement, sur beaucoup, pas un sentiment, qui est une réalité pour des millions de Français d'ailleurs, il y a aussi 15 millions de Français qui ne sont pas allés voter.

Et moi, je souhaite m'adresser à eux d'abord en leur disant que je crois qu'on a réussi certaines choses depuis 10 ans. Politique économique, la politique européenne, le respect, je crois, d'un principe démocratique, libéral face à la montée des populismes et des autoritarismes dans le monde. Je crois aussi que nous avons une part d'échec, notamment sur les questions migratoires.

Et je suis heureux de voir des élus, des responsables politiques modérés, républicains, comme Gérald Darmanin, qui proposent des mesures extrêmement fermes. Donc, moratoire de 3 ans sur l'immigration légale. Moi, ce que je souhaite, c'est un...

On arrête tout, on coupe tout. Non seulement un moratoire sur 3 ans, mais qu'est-ce qu'on fait après 3 ans ? Moi, je soutiens à 100% la position de Gérald Darmanin.

Je pense qu'il faut qu'on aille plus loin. Un, en réformant le regroupement familial pour les décennies qui viennent. Deux, en mettant fin à l'immigration pour soins, les visas pour soins.

Trois, en réformant complètement le droit d'asile, afin que le droit d'asile ne soit plus un aspirateur à l'immigration irrégulière. Ce sont les trois voies d'immigration légales que la France ne peut plus encaisser. Nous avons besoin, selon moi, d'une immigration de travail massivement réduite, choisie, fondée justement uniquement sur le travail pour répondre à certains besoins spécifiques de la nation, sur des quotas.

Mais cette politique migratoire, elle implique une chose, c'est de réduire massivement toutes les autres voies d'immigration illégales et légales. Cela implique l'immigration familiale, l'immigration pour soins et le droit d'asile. Cela vaut pour les trois ans qui viennent avec le moratoire que propose Gérald Darmanin.

Cela vaut aussi pour les décennies qui viennent. Mais Charles Roy, on a du mal à comprendre parce que vous faites partie de la même formation politique ensemble pour Aller République qui a participé à cette immigration massive depuis dix ans. Comment est-ce que vous pouvez soutenir, comme Gérald Darmanin, ces thèses très fermes en matière d'immigration après avoir cautionné l'action du gouvernement, des gouvernements successifs d'Emmanuel Macron ?

J'assume, comme vous le dit, une part des chèques qui est nôtre. Mais je suis intimement convaincu que nous sommes les seuls à pouvoir reprendre le contrôle de l'immigration. Pas le Rassemblement national ?

Parce que je suis convaincu que le Rassemblement national ferait exploser l'immigration. Pour une raison simple. Pourquoi ?

La première cause de l'immigration au XXIe siècle, ce sera le changement climatique. Et quand je constate que 100% des mesures que nous proposons pour lutter contre le changement climatique, le Rassemblement national vote contre, je considère que le Rassemblement national nourrit et alimente à terme l'immigration vers la France. Deuxième des choses, une bonne part de l'immigration qui vient vers notre pays vient du continent africain.

Du fait de sa démographie, du fait aussi que ces pays sont confrontés pour une immense part d'entre eux à la désertification des sols, aux conséquences de la lutte contre le changement climatique, du changement climatique, pardonnez-moi, aux guerres de l'eau. Si nous voulons réellement réduire durablement l'immigration vers la France, nous n'avons pas d'autre choix que d'investir massivement dans la coopération entre l'Europe et les continents africains. Très moins des propositions du Rassemblement national.

Ils souhaitent tout définancer. Mais vous parlez que du Rassemblement national. Et les filles sur l'immigration, ça vous va ?

Je crois qu'on peut tout simplement dire que non, ça ne va pas. Quand j'entends Jean-Luc Mélenchon parler de la Nouvelle France, de la France créolisée, de la fin des Français de souche, de l'immigration totalement incontrôlable. En même temps, 41% des Français, selon l'Inède, sont liés de façon très directe à l'immigration.

Je suis lié à l'immigration. Moi aussi. Je suis franco-britannique.

Mon père n'a pas grandi en France. Je suis moi-même né à Londres. Et donc, je rentre dans ces statistiques.

Et je vais vous dire une chose. Quand j'entends Éric Zemmour dire qu'il veut supprimer la binationalité, moi, ça me touche au propre fondement de mon identité. Vous voyez ?

Parce que j'estime que je ne suis pas moins patriote que lui. et de me faire donner des leçons de patriotisme de la part de cet homme. Alors que moi, je m'engage matin, midi et soir pour mon pays.

Et que je vois tous les jours des Français binationaux, qu'ils soient franco-britanniques, franco-espagnols, franco-tunisiens, franco-marocains, franco-japonais, franco-vietnamien, qui bossent dans nos hôpitaux, qui bossent dans nos forces de l'ordre, se faire donner la leçon par un éditorialiste qui ne met que de l'huile sur le feu du conflit civil qui veut alimenter dans notre pays. Moi, ça me choque. Ce n'est pas parce qu'on est binational qu'on est moins patriote.

Bien souvent, c'est l'inverse. Et moi, je souhaite que tous les Français qui ont grandi avec une double culture soient aussi respectés dans notre pays, notamment par ceux qui souhaitent les représenter un jour à la tête de l'État. Charles Rodouel, parlons du bloc central que vous incarnez, même si vous essayez de tirer vers la droite.

Gabriel Attal a officialisé sa candidature vendredi dernier lors d'un déplacement dans l'Aveyron. Il va faire un grand meeting ce samedi à Paris. Vous y serrez ?

Je n'y serai pas pour deux raisons. Première des choses, l'un de mes meilleurs amis se marie. Je suis le témoin de son mariage.

C'est un moment important de la vie. La deuxième des choses, c'est aussi qu'il y a une question idéologique de fond. Je vois, je constate une chose simple, c'est que Gabriel Attal a fait une excellente entrée en campagne et je crois que c'est une excellente nouvelle pour tous les responsables politiques et les électeurs de la droite et du centre, républicains, modérés, pro-européens, parce qu'il faut que nous nous rassemblions.

Il y a deux choses que je souhaite voir dans la campagne de Gabriel Attal dans les semaines qui viennent. Un, c'est une volonté de rassembler toute la droite et le centre. Nous n'avons pas d'autre choix que de nous rassembler autour d'une candidature unique.

Le deuxième élément, c'est le volet régalien, les positions de Gabriel Attal que prendrait Gabriel Attal sur le volet sécuritaire, migratoire. Dans les quatre piliers qu'il souhaite animer dans sa campagne, il y a la question de la frontière qu'il a mis en avant. Je pense que c'est une bonne intention politique et je suivrai cela de très près.

J'attends de voir maintenant les propositions concrètes, notamment la ligne qu'il portera en matière sécuritaire et migratoire parce que je suis convaincu que c'est un enjeu central de l'élection présidentielle qui vient et je suis convaincu que nous, les forces républicaines, modérées, libérales, pro-européennes, nous ne pouvons pas laisser cette question à l'extrême gauche et à l'extrême droite. Je constate qu'il fait une bonne entrée en campagne et je veux, je souhaite, et j'appelle de mes voeux, que tous les candidats de la droite et du centre se rassemblent autour d'une candidature parce qu'ensemble on peut gagner mais désunis, il est certain que nous perdrons et nos électeurs ne nous le pardonneront jamais. C'est plus clair du côté d'Edouard Philippe selon vous ?

Ces questions régaliennes que vous évoquez, sécurité, immigration ou pas du tout ? Edouard Philippe nous promet un programme massif, nous l'attendons. Je pense que quel que soit le parti auquel nous appartenons, ce que je constate c'est que Gabriel Attal, lui au moins, ses intentions sont claires, elles sont visibles, sa campagne est lancée, je ne doute pas un instant qu'Edouard Philippe, Bruno Retailleau peut-être d'autres ont aussi leurs propositions à porter mais un message à mon échelle modeste que je partage à chacun de ces candidats-là, rassemblez-vous, parlez-vous, je suis heureux de voir que Gabriel Attal et Edouard Philippe se parlent, travaillent ensemble à l'idée...

On ne parle pas à Bruno Retailleau a priori. Mais en fait nous n'avons pas d'autre choix que de travailler ensemble parce que oui nous avons des différences mais nos différences sont infimes par rapport à la menace qui nous guette de l'affrontement des populismes que sont LFI et le Rassemblement National. Ça serait le pire des scénarios pour vous RN, LFI ?

Ce serait absolument catastrophique et je suis convaincu à juste titre que nos électeurs ne nous le pardonneront jamais. Mais vous ne mettez pas un...

Vous mettez un signe égal plutôt entre le RN et LFI. Pour le second tour, je vous pose la question classique qu'est-ce que vous feriez ? Je vous le dis très franchement lorsqu'il a fallu cautionner ou non le front républicain sous ma circonscription en 2024.

Avec mon équipe, nous avons pris la décision de refuser le front républicain avec LFI. Parce que moi, le combat de ma vie, c'est le combat contre le RN, mais on ne combat pas l'extrême droite en cautionnant une alliance avec les islamistes qui accompagnent et qui soutiennent l'extrême gauche. Jamais, jamais, jamais, je ne cautionnerai le front républicain de la honte qu'a été celui avec LFI pour lutter contre le RN.

Et jamais un vote pour le RN pour vous non plus ? Je souhaite sincèrement que mon camp remporte cette élection présidentielle et donc jamais LFI, jamais RN. Je souhaite que la droite et le centre se rassemblent.

Sur la base des sondages ? En fait, un dernier mot ? Aujourd'hui, je porte une proposition de loi, la proposition en mémoire de Philippine.

Cette proposition, nous l'avons portée avec la droite et le centre. Je l'ai portée avec Gabriel Attal, avec Bruno Retailleau, avec Laurent Nunez, avec Sébastien Lecornu, avec Laurent Wauquiez, avec Gérald Darmanin. J'ai travaillé avec tous ces responsables politiques.

Tous ces gens-là ont travaillé ensemble et je les remercie d'avoir travaillé ensemble. Mais puisqu'ils travaillent ensemble sur des sujets aussi importants que celui-ci, je leur dis une chose, faites la même chose pour l'élection présidentielle. Alliez-vous présenter une candidature commune, unique, pour faire gagner nos idées face à l'extrême-gauche et face à l'extrême-gauche.

Merci beaucoup Charles Rodouel, député ensemble pour Allure la République. Il était notre invité ce matin sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée à vous.

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