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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 26 juillet 2017 18 min

GM&S, TIM, STX: "Nous nous battrons pour que l'emploi industriel continue à avoir un avenir", assure Bruno Le Maire

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Présentateur

Le 8h30 politique de France Info, votre rendez-vous politique chaque matin. Bienvenue à tous, Yannick Halimi du Parisien, avec nous, bonjour. Et notre invité Bruno Le Maire, bonjour. Bonjour. Ministre de l'économie et des finances, vous avez les clés de Bercy depuis le mois de mai. On parlera évidemment des économies que votre ministère et votre gouvernement doivent mettre en place pour boucler le budget de cette année. Une actualité très chaude ce matin qui vous concerne directement, celle des salariés de l'usine GMS à la souterraine, dans la Creuse. Le patron de GMD, le repreneur, le candidat le plus sérieux, se rendra demain sur les lieux auprès des salariés.

Ce sont nos confrères de France Le Creuse qui l'annoncent. Il va leur annoncer qu'il va racheter les murs de l'usine à hauteur d'un million d'euros. C'est une étape importante ?

0:53
Invité

Oui, c'est une étape importante dans un dossier qui a connu beaucoup d'autres étapes. Moi, je pense d'abord à tous ces salariés qui, depuis des mois, ne savent pas de quoi le lendemain va être fait. Et qui n'attendent qu'une chose, c'est que l'activité redémarre sur le site industriel de GMS, un site d'emboutissage dans la Creuse.

1:11
Présentateur

Alors justement, en parlant d'activité, écoutez ce que dit Alain Martineau, qui est le PDG de GMD.

1:15
Bruno Le Maire

Tout a l'air de commencer à se débloquer. Donc, si la mécanique en route ne se grille pas, normalement, j'aurais tout réglé avec les engagements des uns et des autres. Et donc, je pourrais me rendre jeudi matin à la souterraine pour expliquer aux salariés notre projet de reprise. Je vais leur dire qu'il faut me voir comme le sauveur de 120 personnes et non pas comme le licencieur de 150.

1:35
Invité

Est-ce qu'il a raison de dire ça ? Je crois que c'est une très bonne chose qui est la rencontre des salariés. Et il a raison de dire que, oui, l'essentiel, c'est que l'activité industrielle se poursuive dans le département de la Creuse, sur le site de la souterraine. Je rappelle que c'est le premier site d'emploi privé sur le département de la Creuse, que c'est un site industriel. Et derrière, il y a toute la question de la désindustrialisation dans les territoires reculés qui est posée. Et c'est pour ça que l'État s'est mobilisé, comme sans doute jamais, pour sortir le site des difficultés et apporter des réponses.

Il s'est mobilisé pour convaincre Peugeot, Renault, dont je salue d'ailleurs... Ils sont rentrés dans les clous, on se souvient du bras de fer que vous avez eu avec ce groupe. Bien sûr, il y a eu un bras de fer, il y a eu des discussions difficiles, mais moi je rends hommage aussi bien à Carlos Ghosn qu'à Carlos Tavares, parce que les deux présidents de Renault et de Peugeot ont accepté de jouer le jeu, ont accepté d'investir dans l'entreprise pour qu'elle ait un avenir. Les salariés ont joué le jeu. Moi je suis allé à leur rencontre sur le site, j'étais très touché par leur réaction. Personne ne restera de côté.

2:38
Présentateur

Aujourd'hui, qu'est-ce que vous dites aux 140 salariés qui, eux, ne seront pas reçus dans ce projet ?

2:42
Invité

Je leur dis à tous les salariés de GMS, regardez avec attention la proposition de M. Martineau du groupe GMD. Regardez-la positivement, parce que c'est aujourd'hui une offre crédible de reprise et de maintien de l'activité industrielle sur le site de la souterraine. Je dis à tous les salariés qui sont inquiets pour leurs camarades, et je partage leur inquiétude, qui se disent, mais ceux qui ne vont pas être gardés, qu'est-ce qu'ils vont devenir ? Je leur dis que l'État fera pour eux ce qu'il a fait pour le site industriel lui-même, c'est-à-dire que nous accompagnerons chacun. Ça veut dire qu'on le sait avec Pôle emploi, à travers Pôle emploi.

On regardera la situation de chaque salarié qui ne sera pas gardé sur le site. On regarde quelles sont vos compétences, qu'est-ce que vous avez fait depuis 10 ans ou 15 ans. Le 11, c'est Pôle emploi. Qu'est-ce que nous souhaitons faire ? C'est tous les services de l'État, c'est pas que Pôle emploi. Moi je m'engage pour chaque salarié, parce que je comprends qu'un salarié qui depuis 25 ou 30 ans travaille à la souterraine, qui est ouvrier spécialisé, qui a une compétence, et à qui on dit c'est fini, c'est dur. C'est très dur. Donc je veux lui dire, nous vous tendrons la main, l'État ne vous abandonnera pas, et il y aura une solution pour chacun.

Bruno Le Maire, il y a de multiples dossiers industriels qui arrivent sur vos bureaux. Le dernier en date, c'est donc les chantiers navals. Apparemment l'accord qui semblait être mis sur le métier avec Ficantieri, bas de l'aile. Où en êtes-vous, vous de votre réflexion ? Est-ce que vous pensez que vous allez faire plier Ficantieri dans le partage du pouvoir du capital ? En clair, vous avez proposé un 50-50 à l'Italie, qui pour l'instant n'est pas d'accord. L'idée ce n'est pas de faire plier qui que ce soit. C'est toujours la même question. Qu'est-ce que nous voulons comme industrie demain pour la France ? Moi je considère que l'industrie c'est vital pour notre pays.

Qu'un pays puissant, c'est un pays qui a une industrie puissante, innovante, tournée vers l'avenir. Les chantiers STX, c'est un floron de l'industrie nationale. Donc nous n'acceptons pas que des investisseurs étrangers, quels qu'ils soient, même des amis italiens... Qui sont venus sauver le groupe. L'État français n'est pas venu à la rescousse du groupe en mai dernier. Aujourd'hui, nous souhaitons pouvoir maintenir un contrôle à 50-50, d'égal à égal, avec nos amis italiens, sur l'avenir de ces chantiers, sur l'emploi, sur le développement du territoire, sur le développement des compétences. Apparemment les Italiens ne veulent pas.

S'ils ne veulent pas, que devient l'accord et que devient le groupe 1 ? Notre proposition est toujours sur la table. Elle tient jusqu'à jeudi, je ne vais pas rentrer dans le détail, des délais techniques. Mais si nos amis italiens, qui sont les bienvenus, le groupe Ficantieri, est le bienvenu pour investir sur ce site, mais d'égal à égal, avec le partenaire français. Si nos amis italiens persistent à dire non... Mais d'égal à égal, M. Le Maire, ce n'était pas du tout l'accord signé en mai par Ficantieri. Donc on peut comprendre quand même leur réticence, voire leur refus à entrer dans votre vision à vous. C'est l'accord négocié par le précédent gouvernement qui ne nous satisfait pas.

Parce qu'il ne maintient pas la possibilité pour les actionnaires français de garder la main sur l'emploi, sur les compétences, sur le développement du territoire. Donc le Président de la République l'a dit très clairement quand il est venu sur les chantiers de Saint-Nazaire, cet accord ne nous satisfait pas. Il faut un nouveau palme d'actionnaire. Pourquoi ne pas avoir acheté les deux tiers de parts qui étaient un prix défiant de la concurrence en mai dernier ? Je vais y venir. Nous avons fait une proposition qui, je crois, est honnête à nos amis italiens. J'insiste à nos amis italiens. 50, 50. 50 pour Ficantieri, l'industriel italien. 50 ensuite pour la partie française.

Les Italiens ont jusqu'à jeudi pour se décider sur le sujet. J'ai eu l'occasion d'en parler encore hier avec mon homologue italien, le ministre des Finances italien. Si jamais nos amis italiens disaient, écoutez, cette proposition ne nous va pas. 50, 50, nous ne sommes pas d'accord. Qu'est-ce que vous faites ? L'État français exercera son droit de préemption sur STX pour que nous puissions réouvrir le dossier. Avec les Coréens ? Avec l'ancien actionnaire ? Non, l'État français exercera son droit de préemption sur la société STX. Les parts qui permettent à la France d'être majoritaire.

Oui, nous rachetons les parts, nous sommes majoritaires et nous nous redonnons du temps pour renégocier un nouveau pacte d'actionnaires, mais dans des conditions très sereines. Nous rachetons les parts, ça veut dire quelles sommes, Bruno Le Maire ? C'est des sommes qui sont très limitées, je vous rassure, mais l'État exercera son droit de préemption. Plus des 80 millions d'euros ? Une petite échelle, c'est quoi une somme limitée ? Non, mais on est plus dans l'échelle des dizaines de millions d'euros que dans l'échelle des milliards d'euros, pour être très clair.

L'État, si jamais nos amis italiens refusent la proposition honnête qu'il aurait faite de travailler main dans la main, d'égal à égal, 50-50, sur le chantier de Saint-Nazaire STX, si nos amis italiens refusent, l'État exercera son droit de préemption. Sur une somme qui avoisine les 100 millions d'euros ? Sur une somme qui est de quelques dizaines de millions d'euros, ce n'est pas la somme qui compte. Ce qui compte, c'est l'avenir du site industriel. Nous ne voulons prendre, avec le Président de la République, aucun risque sur l'avenir de l'emploi, sur l'avenir des compétences, sur l'avenir des territoires, dans un site industriel aussi stratégique que les chantiers de Saint-Nazaire.

Parce que ce sont des activités stratégiques, nous refusons de laisser une majorité à un investisseur étranger.

7:42
Présentateur

D'autres dossiers à voir avec vous, Bruno Le Maire, ministre de l'économie des finances, juste après l'info à 8h40. C'est Léo Chapuis.

7:48
Invité

En pleine vague d'incendie et sous la pression des pompiers, le gouvernement annonce qu'il va acheter 6 avions bombardiers d'eau supplémentaires. Ça brûle toujours ce matin dans le département du Var, sur la commune de Bormes-les-Mimosas. 800 hectares de végétation sont déjà partis en fumée. 12 000 personnes ont été évacuées la nuit dernière. Avec GMS, c'est l'un des dossiers économiques les plus chauds du moment. Journée fatidique pour les salariés de Tim, une entreprise du Nord qui fabrique des cabines pour les engins de chantier. La justice doit trancher aujourd'hui. Reprise par un industriel bulgare ou à leur fermeture, ce sont près de 500 emplois qui sont menacés.

Et puis la France commémore le premier anniversaire de l'attentat de Saint-Etienne du Rouvray. Une messe sera célébrée dans quelques minutes sur place. Messe en l'honneur du père Jacques Hamel, assassiné l'été dernier par deux terroristes. Messe en présence d'Emmanuel Macron.

8:47
Présentateur

Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances, est l'invité de l'émission politique de France Info. Vous l'entendiez dans ce point sur l'actualité du jour. La situation de Tim, également, occupe le front social. 500 emplois menacés, une liquidation judiciaire en jeu. Même discours que pour les GMS, l'État fera tout, personne ne sera laissé de côté.

9:11
Invité

Et un actionnaire étranger, là aussi, avec un bulgare ? C'est notre conception, c'est un repreneur étranger, mais on n'est pas sur le même type d'activité. Je le redis, STX est une activité absolument stratégique pour l'industrie française. Là, on est sur des cabines de tracteurs qui travaillent pour le BTC. 500 emplois qui sont en jeu. Donc, même si Tim n'a peut-être pas fait la une de tous les journaux comme GMS, nous sommes mobilisés autant avec les services de l'État, notamment avec le secrétaire d'État, Benjamin Griveaux, pour trouver une solution. Avec la région, également, monsieur Le Maire.

Avec la région, bien sûr, Xavier Bertrand a fait un travail formidable pour aider à trouver une solution. Mais l'État, je le redis, a mis sur la table 2 millions d'euros d'avance remboursable pour permettre d'offrir un avenir au site. Donc là, l'offre ferme a été déposée cette nuit. Donc, nous avons une offre de reprise qui nous semble solide. Le tribunal va trancher. Et j'ai bon espoir que cette offre ferme et la décision du tribunal permettra d'ouvrir... Combien de salariés, combien d'emplois seront trouvés ? Je l'espère plus de 400. Il y a moins d'emplois qui sont menacés que sur le site de la souterraine. Mais qu'est-ce qu'on peut en tirer comme philosophie sur l'industrie en France ?

Nous nous battrons pour l'emploi industriel. Et nous voulons à la fois tendre la main à tous les salariés qui sont dans des activités traditionnelles, comme TIM, comme GMS, pour que personne ne soit laissé sur le bord du chemin. Et pour que ces activités traditionnelles continuent à avoir un avenir. Et dans le même temps, nous voulons innover, investir, pour avoir une industrie de matière grise qui est sans doute l'avenir de l'industrie en France. On peut faire les deux à la fois. Ce n'est pas parce qu'on fait tout pour développer l'innovation, l'investissement en l'industrie de pointe qu'il faut laisser tomber les salariés de GMS ou les salariés de TIM.

10:52
Présentateur

On va changer de sujet, Bruno Le Maire. Je ne sais pas si les cris qui ont résonné à l'Assemblée hier sont parvenus jusqu'à vos fenêtres du côté de Bercy. Très très feutré, l'Assemblée nationale, vous savez. Ça l'était beau qu'au mois hier et depuis le début de la semaine avec des débats animés sur ce projet de loi sur la restauration de la confiance dans la vie publique. Un point qui vous concerne directement, le verrou de Bercy, il a été question d'une suppression. Finalement, ce n'est pas le cas. On va expliquer à nos auditeurs, c'est assez technique cette question du verrou de Bercy.

Mais en clair, c'est le monopole pour l'administration fiscale et donc pour le ministre qui a les clés de Bercy, c'est-à-dire vous, sur toute poursuite judiciaire pour des questions de fraude fiscale. Est-ce que vous trouvez qu'il est normal de maintenir ce verrou ?

11:34
Invité

J'ai entendu à plusieurs reprises, j'étais hier au Sénat, cette notion de verrou de Bercy. D'abord, je voudrais dire que Bercy, ce n'est pas un verrou. Bercy, c'est une porte ouverte. Et je voudrais montrer dans les mois qui viennent que tout le monde est le bienvenu à Bercy. C'est la porte ouverte à la fraude fiscale ? Non, que Bercy est un ministère ouvert à la société française, ouvert aux entrepreneurs, ouvert aux industriels, ouvert aux députés, aux sénateurs. On est un peu loin de la question. Pas seulement aux chiffres.

Non, non, mais parce que je n'arrête pas, depuis que je suis ministre de l'économie et des finances, d'entendre dire Bercy, c'est le mur, c'est le bunker, c'est le verrou. Non, c'est le lieu de l'économie française, donc ça doit être très ouvert. Ensuite, dès qu'il y a fraude fiscale, il doit y avoir effectivement des poursuites. La fraude fiscale, elle doit être condamnée avec la plus grande sévérité.

12:21
Présentateur

Alors pourquoi ne pas laisser la justice agir et laisser ce monopole à l'administration ?

12:27
Invité

Plutôt que le compromis, la négociation, le marchandage ? Je vous donne le principe sur lequel je me fonde dans mon action publique. Plus nous demanderons des efforts aux Français pour réduire la dépense publique, plus nous serons exigeants et fermes en matière de contrôle fiscal. Voilà le principe que je fixerai. Oui, mais justement, le verrou de Bercy semble plus conciliant vis-à-vis des contrevenants à la loi fiscale qu'un tribunal digne de ce nom. Il n'y a aucune conciliation de la part de Bercy en matière de fraude fiscale.

Et je rappelle qu'au niveau national, comme au niveau international et au niveau du G20, nous ne cessons de prendre des initiatives pour lutter contre la fraude fiscale.

13:03
Présentateur

Encore une fois, pourquoi alors ne pas faire sauter ce verrou ?

13:06
Invité

Laissez les discussions se poursuivre à l'Assemblée nationale.

13:09
Présentateur

Elle continue. Une mesure annoncée le week-end dernier, c'était samedi, cette baisse de 5 euros par mois à partir d'octobre pour les bénéficiaires des APL. Un coup de rabot dénoncé, notamment dans les couloirs de l'Assemblée. Écoutez votre ancien collègue chez Les Républicains, Claude Gouasguen.

13:26
Invité

Macron dirige à coup de Bercy. Ce qui vient de se passer sur l'APL est classique. Vous savez, à Bercy, on ne se rend pas compte de ce que c'est qu'un soldat ou un plombier. On coupe. À Bercy, on coupe. C'est vous le bûcheron ? Ah non mais ils sont formidables, vous savez. Ils sont formidables tous. Ah vous étiez à leur place il y a facilement temps. Non mais tant de mauvaise foi sur tous les bancs de l'opposition de droite comme de gauche, moi ça me stupéfie. La mauvaise foi de ceux qui étaient au gouvernement il y a quelques semaines. Et qui ont eux-mêmes envoyé un projet de budget dans lequel il y avait cette baisse des appels.

Au dernier moment, ils ont reculé, j'ai mis ça, la poussière sous le tapis pour surtout que ça ne se voit pas. Quel courage ! Quel courage ! Et de la part de M. Goesgen et d'autres sur les bancs de cette Assemblée à droite de l'Assemblée, qui n'arrêtent pas de dire depuis des mois il faut baisser de 100, 110, 120, 130 milliards à la dépense publique. Mais il y a d'autres méthodes Bruno Le Maire, il y a d'autres mesures. Et dès qu'il y a la moindre dépense publique, la moindre coupe dans les dépenses publiques, le moindre acte de courage. 5 euros pour tout le monde de façon indifférenciée pour tous les bénéficiaires d'appels. Ce sont des cris d'orfraie. Vous politisez cette discussion.

Mais parce que c'est une question éminemment politique. Mais elle est aussi sociale et d'équité fiscale. Elle est éminemment politique. Laissez-moi d'abord terminer sur le sujet des cris d'orfraie qui sont poussés par les uns et par les autres. Soit on veut baisser la dépense publique dans notre pays, parce qu'on estime que c'est l'intérêt général. Et c'est ce que je crois. Nous avons aujourd'hui le niveau de dépense publique le plus élevé de tous les pays européens. Et de l'autre côté, nous avons l'un des niveaux de chômage les plus élevés et l'un des niveaux de croissance les plus faibles. Il y a quelque chose qui cloche.

Mais est-ce qu'il n'y a pas d'autre mesure à prendre pour économiser 100 millions d'euros sur 4,5 milliards de déficit supplémentaire ? Il plaide pour la baisse de la dépense publique à faire preuve d'un peu plus d'honnêteté. Et aux bénéficiaires des APL, vous leur dites quoi ? Un certain nombre de dépenses, de dire ben oui. Il faut bien assumer qu'à un moment donné, il faut couper les dépenses quelque part. S'agissant des APL, nous reprenons la décision du précédent gouvernement et nous avons le courage de l'assumer. Et je revendique ce courage. Donc le précédent gouvernement avait du courage. Mais il n'a pas mis en application.

Mais ce n'est pas très honnête, ce n'est pas très courageux de mettre une décision noir sur blanc dans un projet de budget et au bout du compte de ne pas l'assumer. Nous nous l'assumons, c'est 100 millions d'euros d'économie. Oui c'est difficile. Oui c'est dur pour les populations qui vont être touchées. C'est injuste surtout, ça touche encore une fois de façon identique et semblable tous les bénéficiaires, quel que soit leur revenu et leur patrimoine. Ce qui est injuste et ce qui est inefficace, je vais vous dire, c'est de claquer 17 milliards d'euros pour les aides au logement qui vont systématiquement augmenter le prix des loyaux, bénéfices et propriétaires.

C'est ça qui est fondamentalement injuste. Pourquoi ne pas avoir fait la grande réforme d'un seul coup ? Parce que Rome ne s'est pas créée en un jour et que la transformation des aides au logement qui représente 17 milliards d'euros ne se fera pas en un instant. Jacques Pézard, le ministre du logement l'a indiqué, nous ferons cette transformation indispensable. Quel sera le principe de cette réforme ? Est-ce que ce sera la condition de ressources ? C'est d'avoir une dépense plus efficace. Essayez de comprendre si on prend un tout petit peu de distance par rapport au sujet et au fonctionnement de l'économie globale dont je suis responsable.

Que lorsqu'on subventionne les prix, vous avez des prix qui sont très élevés au détriment du consommateur. Ça vaut pour le logement, ça vaut pour les aides agricoles, ça vaut pour beaucoup de sujets. Il faut que la France arrête d'avoir un modèle économique dans lequel les prix sont systématiquement subventionnés. Parce qu'on croit que la subvention c'est bien, mais ça renchérit le coût pour les consommateurs. Et l'étudiant qui aujourd'hui va prendre un logement, qu'est-ce qu'il lui dit le propriétaire ? Il lui dit, écoutez, moi je vouloirais bien mon logement 300 ou 350 euros, mais je sais que vous touchez 200 ou 250 euros d'APL. Donc vous allez payer votre logement 600 euros.

Vous trouvez ça efficace ? Tout le monde est perdant là-dedans. La dépense publique est perdante, le budget de l'État est perdant, et surtout l'étudiant qui cherche son logement, c'est le premier perdant, c'est le premier qui se fait avoir. Eh bien nous, avec le président de la République, avec le premier ministre, nous avons la détermination de transformer cela pour avoir des prix justes.

17:23
Présentateur

Le rendez-vous est fixé a priori à l'automne pour cette grande réforme du logement. Merci Bruno Le Maire, ministre des Finances et de l'Économie, invité de France Info.