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AutreFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 18 juillet 2023 55 minContradictoireMixte

"Sécu" de l'alimentation : faut-il instaurer un droit de bien manger ?

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0:15
Présentateur

Bonjour, bienvenue dans le débat de midi sur France Inter. Aujourd'hui, nous sommes dans un hypermarché fantasmé. Dans notre panier, il y a des fruits, des légumes, du poisson, des produits frais, bio, chers. Mais qu'importe, puisque dans ce magasin, ce qui est bon pour la santé est gratuit. On paye avec sa carte vitale grâce à une sécurité sociale de l'alimentation. Et si cette utopie voyait le jour en France ? Ce projet révolutionnaire est en cours d'expérimentation dans plusieurs villes comme Montpellier. On alloue 150 euros par personne chaque mois pour lutter contre la faim. Aujourd'hui en France, 9 millions de personnes dépendent de l'aide alimentaire pour vivre.

Se nourrir n'a jamais été aussi cher. En un an, les prix ont augmenté de 13%. Comment réconcilier le bon et le pas cher ? La grande distribution joue-t-elle le jeu pour fixer les bons prix ? Faut-il inventer des nouvelles politiques ? Repenser le fond de nos assiettes jusqu'à l'éducation gastronomique de nos enfants ? Comment faire en sorte que bien manger ne soit plus un luxe, mais un droit en France ? On en débat ensemble jusqu'à 13h sur France Inter. Paola Puerari, le débat de midi sur France Inter. Et pour ce débat sur le droit à la nourriture saine, j'ai à ma table dans ce studio des gastronomes. Bonjour Thierry Marx. Bonjour. Vous êtes chef doublement étoilé, cuisinier militant.

Vous venez de lancer en cette période d'inflation un panier du bon qui flèche des produits de qualité. Avec nous à cette table aussi, la grande distribution. Corinne Aubry-lecompte, bonjour. Bonjour. Vous êtes directrice du pôle industriel innovation et qualité de Casino, mastodonte qui fédère des marques comme Leader Price, Monoprix ou Naturalia. Bonjour Benjamin XVI. Bonjour. Vous êtes journaliste pour le Secours catholique et vous publiez « Quand bien manger devient un luxe » aux éditions de l'atelier. Et enfin, bienvenue à Boris Tavernier. Bonjour. Vous êtes fondateur de l'association VRAC, des épiceries solidaires présentes notamment dans des quartiers populaires.

Vous défendez l'idée d'une sécurité sociale de l'alimentation pour que manger sain devienne un droit universel. Et on ouvre tout de suite ce débat avec un chiffre. 9 millions de Français ne peuvent plus se permettre de manger sainement. Acheter des fruits, des légumes, c'est quasiment devenu un marqueur social. La preuve avec le témoignage de cette auditrice qui s'est enregistrée sur l'application France Inter.

2:34
Invité

En tant qu'étudiante de 22 ans, petite fille d'agriculteur et qui a compté en milieu rural, j'ai été élevée avec l'idée du bien manger, donc local, de saison, avec des produits du jardin ou d'amap, des produits liétiers, etc. Et quand il y a 4 ans, j'ai commencé mes études en dehors de chez moi. J'avais un budget très restreint. J'étais boursière. J'avais un budget de 40 euros par semaine. Je faisais mes courses chez Lidl ou dans les premiers prix. Il y a des produits où je me dis que je ne pourrais pas les acheter, mais encore moins en biocop, comme le fromage, le beurre et certains fruits.

3:09
Présentateur

Merci à Emma pour ce témoignage. Et si vous aussi, vous êtes obligé de revoir vos courses, et bien réagissez sur l'application France Inter. Benjamin 16, vous qui écrivez pour le Secours Catholique, est-ce que ce témoignage vous est familier ?

3:21
Invité

Oui, tout à fait. C'est un témoignage qui est familier, que je rencontre assez régulièrement, notamment le cas de cette jeune femme qui est étudiante. Des étudiants, j'en ai croisé pas mal quand j'ai travaillé sur la précarité étudiante, notamment lors de distributions alimentaires pendant le Covid. Et c'est un peu ce profil, effectivement, de jeunes de la classe moyenne, boursiers, et qui, finalement, sont sur le fil. Et lorsqu'il y a une dépense imprévue, lorsqu'ils doivent emménager, par exemple, acheter des meubles, payer une caution, payer des mois en avance, ils doivent gratter quelque part dans leur budget pour pouvoir assurer.

Et la variable d'ajustement qui revient très souvent, que ce soit pour les étudiants, mais un peu pour tous les ménages précaires, c'est l'alimentation.

4:04
Présentateur

Justement, aujourd'hui, est-ce qu'il y a des nouveaux publics que vous voyez arriver au Secours Catholique ?

4:07
Invité

Non, ce n'est pas vraiment des nouveaux publics. Après, on peut voir une augmentation, mais ça, ça remonte à des années. L'aide alimentaire, aujourd'hui, on considère que c'est autour de, ça varie selon les données, mais c'est autour de 5 millions de personnes qui recourent aux dons pour se nourrir. Après, il y a au-delà des gens qui ont recours à l'aide alimentaire, il y a le cas de cette jeune femme qui concerne les personnes qu'on considère en insécurité alimentaire. C'est-à-dire qu'elles ne peuvent pas se nourrir comme elles le souhaiteraient, selon leurs besoins et selon leur goût. Ils sont dans une alimentation contrainte. Et là, c'est un chiffre qui est plus gros.

Là, vous avez évoqué 9 millions dans l'actualité avec l'inflation. Déjà, en 2015, c'était 8 millions de personnes dans l'insécurité alimentaire. Et donc, il va y avoir tous ceux qui vont recourir à l'aide alimentaire. Et puis, tous ceux qui, comme cette jeune fille, vont devoir soit être dans la privation. Moi, c'est des cas que j'ai beaucoup rencontrés. Des adultes, notamment pour pouvoir nourrir suffisamment leurs enfants, qui, eux, vont sauter un repas dans la journée. Qui vont être soit dans l'orientation contrainte vers une alimentation à bas coût, et souvent de mauvaise qualité, et de façon tout à fait consciente. C'est-à-dire que ce ne serait pas leur premier choix s'ils l'avaient.

Ou alors, effectivement, le recours à l'aide alimentaire. Et il y a beaucoup de Français qui ne sont pas comptabilisés, parce qu'on ne les voit pas dans les assos, mais qui, pour autant, sont aussi en insécurité alimentaire, comme cette jeune fille.

5:32
Présentateur

Thierry Marx, vous qui avez travaillé, notamment, pour les Restos du Coeur, le Secours Populaire, qu'est-ce que ça veut dire, autant de personnes qui sont obligées de faire la queue pour manger ? Elle est où, la dignité alimentaire ?

5:43
Invité

On a quelques réponses. 40 ans de fracture sociale. Donc, on voit maintenant, très clairement, une alimentation à deux vitesses. une alimentation pour des gens qui ont un reste à vivre suffisant.

5:55
Présentateur

Mais vous parlez de reste à vivre, et non pas de pouvoir d'achat.

5:59
Invité

Et des personnes qui sont de l'autre côté de la barrière et qui ont un reste à vivre insuffisant. Donc, le choix est vite fait d'aller vers le tout pas cher et facile à transformer. Donc, effectivement, il y a une inquiétude là-dessus, sur notre société, quelle société on veut. Il faut absolument arriver à résorber cette fracture sociale et de remettre en perspective une bonne alimentation saine. L'alimentation, c'est quoi ? C'est plaisir, bien-être, santé. Aujourd'hui, il y a une fracture là-dessus, et on ne l'a plus. Effectivement, les gens qui ont un reste à vivre insuffisant sont dans la privation.

Et il faut aider ces personnes à mieux consommer, mais pas en dire on va leur faire des petits prix pas chers. Parce que ça, c'est la théorie du low cost. Le low cost, c'est une économie du renoncement. Vous renoncez à la qualité, on échange de quoi ? On vous fait des petits prix. En gros, c'est la responsabilité que nous avons sur cette fracture sociale qui fait une alimentation à deux vitesses. Donc, il faut remettre en perspective, il faut de l'aide pour ces étudiants, de l'aide alimentaire au travers de bons, de chèques qui leur permettent de flécher de bons produits à transformer pour qu'ils aient une alimentation saine. Et ça, pour toute la chaîne de ces gens en difficulté.

7:06
Présentateur

Et pourtant, Benjamin XVI, vous n'êtes pas forcément satisfait de la nourriture qu'on leur donne dans cette aide alimentaire. Parce que ce sont souvent des boîtes de conserve, de thon ou de maïs.

7:16
Invité

Oui, c'est l'un des problèmes de l'aide alimentaire. Un des problèmes de l'aide alimentaire, c'est le problème que ça ne correspond pas aux besoins et aux goûts, mais aussi aux besoins des personnes. C'est-à-dire que ce que disaient les inspecteurs de l'Inspection Générale des Affaires Sociales dans un rapport qui était très critique, ils disaient que le problème, c'est qu'on est dans une logique de flux poussé par le besoin de ceux qui ont besoin d'écouler de la marchandise et non pas dans une logique de flux tiré par le besoin des consommateurs.

Et du coup, ça va se manifester de manière très concrète où vous allez vous retrouver avec des colis alimentaires qui sont complètement aberrants par rapport à vos besoins. C'est-à-dire que vous avez cinq enfants et puis, par exemple, l'organisation qui distribue le colis alimentaire n'a reçu que très peu d'œufs. Donc, vous allez avoir deux œufs pour la semaine pour cinq enfants. En revanche, vous allez avoir énormément de boîtes de conserve de maïs parce qu'en ce moment, on leur a donné beaucoup de maïs. Donc, il y a une inadéquation de base comme ça où on ne tient pas du tout compte des besoins des ménages.

Il y a aussi un problème de qualité de l'aide alimentaire où, effectivement, dans l'aide alimentaire, on va trouver très peu de produits frais, très peu de fruits et légumes, très peu de viande fraîche pour des questions logistiques notamment et puis toujours pour cette question de flux. Et enfin, il y a la question de la dignité, de la dignité des personnes où, finalement, la seule solution qu'on propose aux personnes qui ont des difficultés à se nourrir, c'est du don. Donc, comment on se situe dans la société quand, aujourd'hui, on dépend du don des autres pour se nourrir pour un besoin aussi primaire ?

8:47
Présentateur

Alors, Thierry Marx, vous avez évoqué le low cost. Mais Corinne Aubry-le-Comte-Vous qui dirigeait le pôle qualité du groupe Casino et notamment de Leader Price, le low cost, c'est aussi une chance pour vous, pour les ménages précaires ?

9:00
Invité

Alors, ça dépend de ce qu'on met dans le terme low cost. Pour moi, c'est un rapport qualité-prix perçu par le consommateur. Alors, effectivement, cette marque Leader Price est une marque positionnée entrée de gamme, comme on dit chez nous, pour permettre à des bourses qui sont parfois petites de pouvoir accéder à une alimentation saine et équilibrée parce que toutes nos marques de distributeurs et la marque de distributeurs est une des solutions en magasin pour permettre un accès à une alimentation équilibrée, saine et bonne avec un accès-prix plus mesuré.

Donc, effectivement, Leader Price est une solution dans le groupe Casino pour permettre à ces populations qui viennent quand même en magasin encore et qui ne dépendent pas que du don de pouvoir accéder à une alimentation plutôt équilibrée et saine. Néanmoins, effectivement, les problèmes qui sont soulevés là sont des problèmes plus généraux dans lesquels la grande distribution prendra sa place, mais comme tous les maillons de la chaîne. et elle ne peut pas être en dernière solution à ces problématiques-là.

10:06
Présentateur

Mais dans la géographie de la France, vous qui faites partie de ce groupe qui a autant Naturalia que Leader Price, est-ce qu'il y a des Naturalia dans les quartiers populaires ou est-ce qu'il y a plus de Leader Price ? Est-ce que la bonne nourriture vient jusqu'à ces quartiers populaires ?

10:19
Invité

Alors, la bonne nourriture, elle vient dans tous les quartiers pour autant que les consommateurs soient capables de la comprendre et de la choisir. Et là, je pense qu'on parlera plus tard de l'éducation, de l'éveil, de l'aide qu'on peut donner aussi à ces populations plus précaires. Néanmoins, effectivement, nos enseignes sont multiples. Notre groupe, c'est Nourrir un monde de diversité. Et donc, on a des enseignes qui s'implantent en fonction de la typologie de la clientèle. Donc, c'est vrai que Naturalia... Donc, ça veut dire quoi ? Que les gens les plus précaires ne veulent pas aller chez Naturalia ?

Non, parce que dans tous nos magasins, nous avons aussi des offres pour toutes les classes de population. Donc, on aura du bio même dans des magasins de ruralité comme Vival, par exemple. On aura des produits locaux. On aura des produits made in France qui sont aussi des choses que les consommateurs attendent parce qu'ils y voient potentiellement des prix attractifs parce que ça vient de pas très loin. Et donc, ça m'intéresse aussi d'aider mes agriculteurs qui sont souvent des voisins que je connais. Donc, voilà, on a plusieurs solutions.

Mais encore une fois, nous sommes dans un écosystème et il faut que chacun puisse jouer sa partition dans cette finalité d'aide collective puisque moi, je suis tout à fait d'accord avec le fait que bien s'alimenter, c'est un droit et c'est normal. Surtout dans un pays comme la France qui est quand même une grosse puissance de production.

11:48
Présentateur

Boris Tavernier, est-ce que vous faites ce même constat ? Est-ce que vous pensez qu'il y a une bonne offre dans les quartiers populaires ? Et je rappelle que vous avez fondé VRAC qui, justement, c'est un acronyme. Qu'est-ce que ça veut dire ?

11:58
Invité

C'est vers un réseau d'achats en commun. Justement, on s'est basé sur ce constat que l'offre n'était clairement pas suffisante dans les quartiers populaires et que les habitants étaient souvent victimes de cette double peine. Pas de moyens pour bien se nourrir et pas d'offres sur le territoire. Effectivement, on y retrouve essentiellement des discounters. J'ai pu voir... Ça, c'est amélioré. Je tiens à le préciser quand même, mais j'ai pu voir des produits périmés dans des quartiers qui étaient vendus, des produits qui étaient pourris. Mais ce n'est pas grave, c'est pour des pauvres. Donc ça, ça existe encore aujourd'hui dans les quartiers populaires. Mais ça marche aussi.

Il y a aussi ce constat sur les marchés de plein air, sur les marchés de plein vent. Il n'y a pas de producteurs. On a des revendeurs avec des produits qui ont traversé plusieurs fois l'Atlantique ou le Pacifique. Donc il y a une vraie problématique d'offres dans les territoires. On ne peut pas parler de désert alimentaire comme des Etats-Unis, mais on a clairement des zones blanches.

12:47
Présentateur

Donc qu'est-ce que vous proposez avec votre association ?

12:48
Invité

Nous, on essaye de ramener justement cette agriculture, une alimentation saine, durable, biologique dans les quartiers sous forme de groupements d'achats. Donc on travaille avec des paysans dans plusieurs villes de France en direct, sans intermédiaire et on tient à les payer au juste prix. On ne négocie pas les prix. Et puis de l'autre côté, des mangeurs et des mangeuses qui vont pouvoir choisir parmi une centaine de références de l'huile d'olive, de la farine, des fruits secs, des jus de fruits, des fromages, tous les produits qui ne peuvent pas se payer habituellement. Et ensemble, on va créer une épicerie éphémère dans le quartier le temps d'une journée.

Et ça, ça se passe dans 90 quartiers en France.

13:21
Présentateur

Et vous voyez une évolution, par exemple, des gens qui découvrent, je ne sais pas, des jus de fruits frais, artisans et qui sont prêts à payer un peu plus cher.

13:30
Invité

En fait, la plupart connaissaient beaucoup de personnes qui vivent dans d'un bon lieu aujourd'hui, ont connu la campagne, la ruralité et avaient accès aux bons produits, comme le disaient l'étudiante tout à l'heure. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Et puis, il faut aussi casser un de ces préjugés. Il y a eu une étude de l'IDRI assez récente qui nous montre que quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle, c'est le même pourcentage de personnes qui ont envie de bien se nourrir. Donc, qu'on soit pauvre ou riche, c'est la même chose. Donc, la volonté, en tout cas, est la même. L'accès, par contre, ne l'est pas.

13:55
Présentateur

D'accord. Thierry Marx, justement, sur ce cliché qu'on a de la personne pécaire qui n'aurait pas envie ou qui ne connaîtrait pas les bonnes choses. Non, non.

14:04
Invité

Je pense qu'il y a une étude qui est faite, d'ailleurs, à l'université de Rennes. Il y a une chaire universitaire sur l'alimentation et il est clair que globalement, tout le monde veut acheter du bon. On est tous prêts à mettre quelque chose pour du bon. Mais j'en reviens à cette théorie du tout pas cher. Pourquoi je m'agace toujours sur... Je m'irrite un peu sur le loco. Allez-y, irritez-vous. Non, non, mais c'est pas que je m'irrite. C'est qu'à un moment donné, il va falloir écraser les marges de quelqu'un. Et on a laissé croire que le tout pas cher allait être merveilleux il y a 40 ans.

Et on a eu une agriculture qui a été défaillante à cause de cela, une industrie qui a quasiment disparu, un artisanat qui a quasiment disparu parce qu'on a cru que tout n'était pas cher. Et quand on parle d'alimentation, on se dit mais il faut faire des petits prix. Non, non, non. Il faut que le pouvoir d'achat des gens, ils le retrouvent par ailleurs mais pas sur ce qui est plaisir, bien-être, santé. Le coût de la santé par rapport à une mauvaise alimentation est colossal. Un chiffre très simple, 9,5% de gens en situation d'obésité en 1997, on est à 18,5% aujourd'hui. Et l'obésité est un traceur de la précarité. Donc, c'est là-dessus qu'il faut s'inquiéter.

Quelle société on veut pour demain ? Donc, l'alimentation ne doit pas être une variable d'ajustement sur le pouvoir d'achat. On doit trouver de pouvoir redonner du pouvoir d'achat à des personnes. On a parlé des gens en précarité, des étudiants en précarité, de groupes de personnes en précarité. Il faut leur redonner des moyens mais pas en jouant avec l'alimentation. C'est, à mon avis, une erreur colossale pour la santé publique. Des moyens donc pour être en bonne santé ? Bien sûr. Et puis que l'économie soit en bonne santé. Quand vous écrasez la marge d'un agriculteur, il n'est pas en bonne santé. Il n'est pas en bonne santé.

Et ça, il faut le reconnaître que cette théorie du tout pas cher en termes d'alimentation ne fonctionne pas.

15:47
Présentateur

Benjamin Cesse, vous vouliez réagir ?

15:49
Invité

Oui, moi, je trouvais qu'il y avait plusieurs choses qui sont très intéressantes qui ont été dites. Il y a effectivement cette idée qu'il n'y a pas de goût de pauvre. Il n'y a pas de goût de pauvre. Par contre, il y a des contraintes de pauvre. Et effectivement, moi, dans toutes les personnes que j'ai rencontrées, les témoignages comme le témoignage de cette jeune fille, ça revient beaucoup. Ça fait quand même, aujourd'hui, ça fait 20 ans que le débat sur l'alimentation et une meilleure alimentation pour des questions écologiques, pour des questions éthiques, pour des questions de santé infusent le débat public. Et les ménages précaires ne sont pas imperméables à ce débat public.

J'ai rencontré des personnes à Grande-Synthe, notamment une jeune femme qui s'appelait Zainab et qui, depuis quelques mois, avait accès à un potager, un jardin populaire mis en place par la mairie de Grande-Synthe qui, auparavant, avait une alimentation beaucoup à base de pâtes, de steaks hachés, etc., de boîtes de conserve pour plusieurs raisons et notamment pour des questions financières. et qui disaient mais c'était une préoccupation pour nous, pour moi et mon mari par rapport à nos enfants, notamment par rapport à la question de l'obésité.

Idem, la question du bio, aujourd'hui, c'est plus seulement un problème de riche, la question des pesticides, de l'effet des pesticides sur la santé, etc. C'est aussi des choses que moi, je retrouve en discutant avec des personnes qui sont en précarité et qui n'ont pas accès à ces produits-là. Et pourtant, c'est une préoccupation. Et donc, ça me fait juste revoyer par rapport à ce que vous disiez, madame, et qui était intéressant sur cette idée de finalement, aujourd'hui, de l'art discount à la biocop. Il y en a pour tous les goûts, il y en a pour toutes les bourses. Donc finalement, on est dans une espèce de démocratie alimentaire.

Mais cette démocratie alimentaire, aujourd'hui, c'est quand même une illusion, la démocratie du portefeuille. C'est-à-dire qu'il y a une segmentation du marché avec des gammes de qualité, avec des gammes de prix qui donnent l'illusion que tout le monde a accès finalement à ce qu'il veut, etc. sauf qu'en fait, il y a quand même un problème d'accès. La lutte contre la précarité alimentaire, moi, je la distingue un peu de la lutte contre la malbouffe. La lutte contre la malbouffe, ça concerne tout le monde, c'est-à-dire qu'il y a effectivement des questions. Si les gens qui avaient les moyens à manger équilibré, sain, ça se saurait. Si tout le monde le faisait, ça se saurait.

En revanche, le problème de la précarité alimentaire, c'est avoir conscience, avoir des préoccupations sanitaires, avoir éventuellement des préoccupations écologiques et éthiques et ne pas pouvoir les satisfaire.

18:01
Présentateur

Corinne Aubry-le-Compte, je vois que Benjamin 16 s'adresse à vous pour répondre. Non, mais qu'il vous regarde en tout cas.

18:07
Invité

Je comprends effectivement la grande distribution de par sa nature, elle est universelle. Donc, elle s'adresse à toutes les populations en France. Nous, on a la chance d'avoir des enseignes qui sont segmentées, c'est-à-dire qu'une enseigne implantée dans une région X, elle va s'adresser à une population très particulière parce qu'elle répond à ce que l'enseigne va proposer. Mais est-ce qu'il ne faudrait pas justement proposer

18:29
Présentateur

une autre offre ? Parce que là, vous ne faites que répondre à une offre, mais peut-être qu'il faudrait inverser cette tendance. Alors,

18:34
Invité

nous le faisons puisqu'on a souvent été pionniers dans des innovations, dans des propositions. Par exemple, le VRAC, il y a quelques années, on a été dans les premiers à en proposer dans nos magasins et c'est une des solutions parce que choisir sa quantité peut permettre de maîtriser son prix aussi. Donc, la grande distribution et en l'occurrence le groupe Casino fait son job de proposer des offres innovantes aux consommateurs. Après, on doit tenir compte effectivement de la capacité de ce consommateur à comprendre ce qu'on lui propose et donc notre rôle c'est de lui expliquer.

Exemple, fruits et légumes, il vaut mieux acheter en saison parce qu'en saison il y en a beaucoup et donc c'est moins cher. Donc, on a mis en place par exemple un baromètre de saisonnalité pour nos rayons fruits et légumes chez Casino. Voilà, c'est un exemple chez Monoprix vous avez des fruits et légumes qui sont labellisés pour protéger les abeilles et en saison c'est pas plus cher qu'ailleurs parce qu'encore une fois quand on achète en saison et pas des tomates au mois de décembre par exemple sous serre c'est mieux. Le bio il est valable pour tout le monde c'est quand même la grande distribution qui a démocratisé un accès au bio pour tous et ça,

19:39
Présentateur

il ne faut pas l'oublier. Et on va continuer ce débat dans un instant dans quelques minutes et nous n'allons pas chercher des coupables mais des solutions faut-il instaurer par exemple une sécurité sociale alimentaire payer ses courses avec sa carte vitale on en débat dans un instant mais rassurez-vous tout ira mieux demain avec Hervé.

Et on est ensemble jusqu'à 13h sur France Inter pour se poser la question du droit à une alimentation saine et durable et sa débat sur ce plateau toujours en compagnie du chef étoilé Thierry Marx de la patronne de la qualité du groupe Casino Corinne Aubry-le-Comte du journaliste Benjamin XVI et de l'entrepreneur solidaire Boris Tavernier Alors j'imagine que vous avez tous vu la série Netflix qui s'appelle En place avec Jean-Pascal Zaddy Vous l'avez vu ou pas ?

Oui Oui tous Bon alors pour nos auditeurs qui sont passés à côté du phénomène c'est l'histoire d'un éducateur de quartier populaire qui se fait le pari d'être le premier président noir de l'histoire de France et dans son programme et bien il a besoin d'une mesure choc et ça sera manger bien pour rien et bien pour le comédien Jean-Pascal Zaddy la fiction doit devenir réalité

23:36
Invité

Quand on a commencé à écrire la série quand même on était sur la fin du confinement je me rappelle que pendant le confinement il y avait la queue au resto du coeur il y avait plein de gens qui n'avaient pas de quoi manger et je me suis dit à ce moment là c'est vrai que si on doit pousser le truc de la politique sociale au bout du bout franchement ce serait quoi ?

ce serait aider les gens à bien manger et je pense en plus concrètement que c'est pas impossible à faire je pense qu'on peut vraiment aider les gens à manger sain et je me suis dit ouais ce serait bien que ce candidat à la présidentielle Stéphane Blais dans En Passe que j'interprète magnifiquement avec humour et charisme et un peu de beauté ce serait bien que ce personnage là aille au bout du processus et qu'on puisse avoir en France le droit de bien manger parce que le droit de manger c'est bien mais le droit de bien manger je crois c'est encore mieux c'est un problème de santé publique

24:34
Présentateur

merci Jean-Pascal Zadier avec beaucoup de beauté vous préparez la saison 2 de En Place toujours aussi engagé alors Boris Tavernier c'est une utopie c'est un programme présidentiel fantasmé où on peut y arriver à cette sécurité sociale alimentaire

24:49
Invité

en tout cas je le souhaite je le souhaite vivement et on essaye sur les territoires de l'expérimenter et notamment à Montpellier avec un projet qui s'appelle Territoire à vivre la caisse alimentaire de Montpellier l'objectif de la sécurité sociale alimentaire c'est déjà un projet universel et ça c'est important de sortir des politiques pour les pauvres on dit souvent les politiques pour les pauvres sont des pauvres politiques et le côté universel est très important je compare souvent avec le régime général de la sécurité sociale on a tous des revenus différents on va chez le médecin on est remboursé j'ai jamais entendu un riche se plaindre d'être remboursé chez le médecin donc pourquoi pas donc voilà ce côté universel c'est la première base de la sécu ensuite c'est c'est 150 euros par mois par personne donc tout le monde enfant compris

25:36
Présentateur

tout le monde universel

25:38
Invité

pour pouvoir se nourrir

25:39
Présentateur

d'accord

25:39
Invité

donc évidemment ça coûtera à peu près 120 milliards d'euros par an je vous vois venir

25:43
Présentateur

mais oui parce que vous allez creuser le déficit de la sécurité sociale vous connaissez déjà le trou de la sécu

25:49
Invité

je crois qu'il est de 20 millions en 2022 un petit peu loin mais toutes les branches ne sont pas déficitaires donc il y a encore de quoi faire et puis surtout le troisième pilier c'est la cotisation donc chacun cotisera selon ses moyens pour recevoir cet argent

26:02
Présentateur

est-ce que ça peut compenser par exemple je ne sais pas si on octroie ce 150 euros par personne est-ce que ça peut compenser le poids de l'obésité ou du diabète

26:11
Invité

aujourd'hui les chiffres à vérifier que j'ai pu avoir récemment par l'institut Raphaël on évoquait 100 milliards d'euros par an de dépenses de santé liées à l'alimentation des maladies chroniques le diabète c'est 25 milliards d'euros par an donc déjà ça c'est énorme on parle juste de la santé il y a aussi de grosses économies possibles au niveau de pollution de l'environnement aujourd'hui quand on achète un produit à 1 euro ultra transformé en réalité il coûte 2 euros à la société donc il y a quand même un gros enjeu et surtout le troisième pilier de la sécurité sociale l'alimentation c'est vraiment cette notion de démocratie alimentaire c'est de remettre les mangeurs et les mangeuses au coeur de ce système qui je le dis régulièrement est un tueur en série aujourd'hui qui va tuer les paysans qui va tuer les mangeurs et qui va tuer l'environnement et donc la place des personnes est importante à Montpellier notamment ils ont commencé par créer un collectif de 50 personnes de citoyens tirés au sort donc à la fois des précaires à la fois des CSP+, des classes moyennes et pendant un an ils se retrouvent régulièrement le samedi matin pour réfléchir à comment elle fonctionne cette caisse alimentaire quel magasin on va conventionner quel produit

27:18
Présentateur

mais vous y croyez vraiment ou c'est juste un slogan ?

27:21
Invité

mais non ça marche allez voir à Montpellier il y a 400 personnes aujourd'hui qui en bénéficient il y a 25 associations et collectifs qui travaillent là-dessus et ça fonctionne d'ailleurs ça pourrait fonctionner dans toute la France

27:33
Présentateur

qui y croit autour de la table ? Thierry Marx par exemple c'est une bonne idée ça ?

27:36
Invité

alors que ce soit une belle idée

27:38
Présentateur

une belle idée voilà on voit bien une belle idée

27:40
Invité

qui ne deviendra peut-être pas une bonne idée mais c'est une belle idée moi je crois à ce que nous réfléchissions à quelle société nous voulons est-ce que nous voulons une société de performance économique ou une société de croissance en conscience où l'impact social et l'impact environnemental marchent de pair c'est toute la question quand on parle d'une sécurité sociale on parle de quelque chose qui est encadré par l'état en général etc aujourd'hui on voit une ubérisation de la société donc une individualisation ce qui est compliqué est-ce que je suis prêt à cotiser pour mon voisin ?

pas convaincu aujourd'hui quand vous voyez une ubérisation de votre hôtellerie une ubérisation de votre travail vous dites il y a un sujet donc c'est pour ça que j'ai du mal à rentrer si on veut changer de société il faut projeter la société que nous voulons cette société sur laquelle on commençait à réfléchir pendant le Covid est-ce que j'ai besoin de toute cette performance économique qui est un tueur en série je suis tout à fait d'accord sur l'impact environnemental mais pour réussir l'impact social qui nous amène à réussir l'impact environnemental il faut faire une économie de croissance en conscience

28:41
Présentateur

mais le monde d'après n'a pas eu de suite là on est un peu dans le monde d'hier vous voulez le remettre à la page ?

28:46
Invité

non mais les crises qui seront successives nous remettrons à la page moi je suis un élève d'Edgar Morin Edgar Morin nous apprenait toute la capacité d'analyser les crises quand on n'en mourrait pas et cette crise du Covid elle nous a révélé quoi ?

ce que dit Gilles Boeuf souvent notre cupidité notre imprévoyance et notre impertinence et bien si on veut une société nouvelle il faut qu'on projette nous tous ensemble un projet collectif d'une société différente en termes d'économie de croissance Benjamin 16 je trouve ça intéressant ce qui vient d'être dit ça rappelle deux choses la question alimentaire la question de l'accès à une meilleure alimentation en fait c'est une question de société qui nous concerne tous pour des questions écologiques pour des questions de santé publique comme le rappelait Thierry Marx et du coup c'est une question globale du coup l'idée d'universalité de la sécurité sociale de l'alimentation elle est intéressante parce qu'elle vise à transformer un système qui pose problème en termes d'accès à une alimentation de bonne qualité pour des ménages précaires mais qui pose aussi problème des problèmes écologiques qui pose des problèmes de précarité aussi au niveau des agriculteurs notamment des producteurs donc il y a cette idée en fait de transformer un système qui est intéressant et l'autre idée que je trouvais intéressante dans la sécurité sociale de l'alimentation c'est que elle va un peu plus loin que d'autres solutions que j'ai pu explorer moi dans le livre parce que j'explore différentes pistes et cette piste elle est vraiment transversale et je trouve ça intéressant de se dire en fait on va réfléchir on va essayer de trouver un système qui modifie notre système alimentaire pour tous mais qui prend en compte les contraintes des ménages précaires et c'est ce que me disait un des acteurs de cette sécurité sociale de l'alimentation qui avait une formule assez intéressante qui disait avec ce système avec cette idée on n'est plus on est plus dans la prise en charge de la pauvreté avec le risque comme disait Boris de pauvres politiques pour les pauvres mais on est dans la prise en compte de la précarité dans quelque chose de plus large car ça nous concerne tous ne pas oublier les précaires ne pas recréer les inégalités alimentaires quand on cherche des solutions pour tout le monde

30:46
Présentateur

alors revenons un peu sur terre après s'être projeté puisque pour l'instant ce qui existe et bien c'est un trimestre anti-inflation mis en place par le gouvernement la semaine dernière on apprenait que le prix d'un millier de produits allait baisser quels produits sont concernés Corinne Aubry-lecompte

31:02
Invité

alors chez nous évidemment on s'inscrit dans cette démarche de soutien donc on a par exemple 500 produits casino marque casino donc marque de distributeurs qui sont bloqués dont une centaine à 1 euro qui sont vendus à 1 euro et ce n'est pas de la sous qualité ce sont les produits qu'on vend habituellement mais on fait un effort des produits frais des produits de tous les jours des produits pour constituer son panier quotidien pour se nourrir donc ça c'est un vrai effort mais la grande distribution dans son ensemble le fait c'est une démarche

31:39
Présentateur

parce que quand on regarde les marques quand même c'est plutôt Coca-Cola Bonduelle les Danettes en tout cas c'est ça qu'on a vu dans les plus grosses baisses 18% sur le prix de la Danette ça c'est bon pour la santé la Danette ?

31:51
Invité

alors tout est une question de dose dans l'alimentation Thierry Marx ne nous contredira pas c'est pas racel c'est 15% la dose fait le poison tout est une question de dose donc effectivement si vous vous nourrissez tous les jours avec des produits grâces à lait sucré c'est pas bon pour vous Thierry Marx

32:07
Présentateur

ça a du sens de faire baisser les prix du Coca-Cola ou de la Danette

32:10
Invité

quand on veut absolument pas c'est à dire qu'il faut flécher ces produits pour que ce soit des produits un qui vous incitent un petit peu à cuisiner si vous le pouvez et puis surtout que ce soit des produits qui soient bons qu'est-ce que c'est qu'un bon produit ?

son impact social lié à l'agriculture son impact environnemental et son impact nutritionnel c'est ça qu'il faut défendre donc à un moment donné dans ce panier anti-inflation c'était une réponse et encore une fois moi je ne suis pas de ceux qui tapent sur la grande distribution au contraire c'est de trouver des solutions ensemble parce qu'ils sont incontournables et vous êtes incontournables mais dans le fléchage des produits il faut être plus plus vertueux parce que l'impact nutritionnel d'un produit il est essentiel même si on a besoin de se faire plaisir de temps en temps avec des produits qu'on connaît de l'industrie agroalimentaire mais dans le produit que vous avez évoqué c'est 2% de cacao 8% en gros de lait en poudre fracturé dont on ne sait pas d'où il vient le reste c'est globalement des intrants comme du xanthan ou du caraghenan c'est un gélifiant qui fait que vous avez une sensation de dégustation d'un produit qui n'est quand même pas terrible ni pour votre santé et globalement pour votre foie

33:13
Présentateur

justement vous vous avez mis en place depuis le mois dernier un panier du bon alors racontez-nous combien ça coûte où est-ce qu'on peut le trouver

33:21
Invité

alors là merci d'en parler ce panier du bon c'était un petit peu le pendant du panier anti-inflation c'est-à-dire avec des marques avec des marques de la grande distribution on va se mettre d'accord sur un panier du bon je peux les citer les premiers à nous avoir suivis a été Auchan et Carrefour le lendemain j'étais surpris de voir que tout le monde nous suivait 7 enseignes ont suivi en disant ouais c'est quand même une bonne idée ce panier du bon un flécher des produits de bonne qualité donc je viens de voter leurs valeurs nutritionnelles et deux de commencer à inciter la personne à redevenir mangeur et donc à cuisiner un petit peu

34:02
Présentateur

mangeur et pas consommateur

34:04
Invité

mangeur et pas consommateur et deux de se dire dans pouvoir d'achat il y a pouvoir et ça il faut qu'on le remette de façon assez militante de dire vous avez le pouvoir de dire non à certains produits parce qu'il vous entraîne vers des pathologies qui ne sont pas qui ne sont pas bien pour vous donc dans l'idée du bon et du panier du bon c'était un petit peu ce qui a été mis en avant de façon militante on peut retrouver cette idée du bon dans toutes les enseignes dire on est militant pour le bon

34:30
Présentateur

et dans ce panier du bon il y a du bio

34:32
Invité

mais moi si c'est bon et bio ça me va le bio n'a pas d'obligation de résultat il a accueilli des charges mais il n'a pas d'obligation de résultat nous dans le bon et notamment chez Bleu Blancœur on a une obligation de résultat on est suivi par 3200 médecins et les gens nous disent il faut que c'est une valeur nutritionnelle l'OMS dit ça un bon produit c'est de mesurer son impact social son impact environnemental qualité des sols agriculture régénérative et valeur nutritionnelle du produit qu'un oeuf soit bio mais pas riche en oméga 3 et en oméga 6 finalement ce n'est pas forcément bon pour votre santé

35:07
Présentateur

Boris Tavernier vous croyez qu'on a créé un mythe autour du bio comme ça que le bio c'est bon forcément

35:12
Invité

en tout cas c'est meilleur pour la planète c'est quand même une certitude après effectivement il y a eu des dérives on le voit aujourd'hui avec des lobbies qui poussent désormais pour avoir de nouveau des tomates qui poussent en janvier en bio dans des serres chauffées donc il y a pas mal d'aberrations aussi il y a eu aussi il y a du déréférencement dans les grandes surfaces donc ça commence aussi à s'étioler moi j'y crois encore parce que je crois aussi en ces paysans qui ont envie de continuer de bien travailler la terre et puis aux mangeurs soucieux de leur santé je voulais juste revenir sur la notion de choix dont on parlait tout à l'heure sur l'expérimentation de Montpellier Rennes le fait d'avoir des moyens de bien se nourrir ça change aussi ça oriente différemment sa consommation et j'ai pu entendre des personnes participant à l'expérimentation ah bah cette année j'ai pu m'acheter des asperges ma fille adore les asperges donc je l'ai invité à manger il faut pas oublier que la précarité alimentaire ça génère aussi de la solitude et ça c'est très très important quand on a pas d'argent on invite personne et on refuse les invitations donc ça peut fonctionner quand même et sur la notion de prix effectivement les prix bas sont une aberration c'est d'abord les revenus qu'il faut augmenter les minima sociaux qu'il faut être augmentés plutôt que de chercher toujours le prix le prix le plus bas ça n'a plus de sens

36:24
Présentateur

alors il y a le prix le plus bas mais il y a aussi l'idée qu'on a en tête que la grande distribution de temps en temps ferait des marges par exemple sur les produits bio parce qu'on sait qu'il y a peut-être un public captif Benjamin 16 vous leviez la main pour intervenir

36:39
Invité

non mais parce que moi c'était bêtement dans mon livre en fait je cherche à répondre à la question comment permettre l'accès de tous à une alimentation un accès digne à une alimentation choisie saine et durable du coup je me suis pas fermé de piste voilà parmi les solutions et vous l'évoquiez tout à l'heure madame justement le bio dans les grandes surfaces et du coup je me suis interrogé je me suis dit bon bah ça fait une dizaine d'années peut-être un peu plus maintenant que les grandes surfaces les grandes enseignes se sont emparées du bio effectivement elles l'ont sans doute rendu plus accessible est-ce que vous avez

37:13
Présentateur

des exemples concrets

37:14
Invité

oui oui j'ai des exemples concrets après voilà ils l'ont rendu plus visible et accessible par le maillage territorial monoprix a été le premier à lancer le bio dans les années 90 on en parlait pas encore mais du coup mais du coup est-ce que pour autant il n'y a pas eu de démocratisation au niveau du prix et voilà je suis tombé sur des études de l'UFC que choisir de 2017 et 2019 qui reprochaient ça justement à certaines grandes enseignes le fait de ne pas miser de ne pas se dire on va profiter de notre organisation de nos moyens logistiques et de nos possibles économies d'échelle pour pouvoir démocratiser financièrement les produits bio et de plutôt être dans une logique de marge en fait de se dire c'est des produits à forte valeur ajoutée il y a un public qui a les moyens qui l'achètent il y a un public militant qui est prêt à mettre le prix et du coup on va faire des marges plus élevées

38:07
Présentateur

ça veut dire quoi qu'un fruit par exemple est plus cher c'est les bio

38:10
Invité

pour citer cette étude de 2019 donc c'est une étude qui a été faite sur 24 fruits et légumes une étude comparative par l'UFC que choisir et qui montrait par exemple que pour une pomme il y avait une marge un écart de marge au kilo de 74 centimes au sortir du champ et que cet écart de marge s'élevait à 2,15 euros en rayon et voilà et en fait ce qu'ils disent dans leur étude ils disent pour nous il n'y a rien qui justifie que ce soit en termes de coûts logistiques ou de coûts de production qui justifie un tel écart de marge entre ces deux produits Corinne Aubry-le-Comte on n'est pas là que pour parler du bio le bio est une réponse à une alimentation équilibrée et meilleure pour la planète nous on milite pour donner accès à nos consommateurs à des produits de qualité le bio en fait partie et tous nos partenaires en bio ont des partenariats avec nous c'est à dire qu'on travaille avec eux dans la durée pour leur permettre d'avoir une visibilité sur leur production et donc sur leur coût de production tout le monde sait que le bio coûte plus cher à produire pour plein de raisons qui sont totalement factuelles après je ne connais pas l'étude dans le détail dans laquelle vous vous inscrivez et je pense que la distribution en général a été étudiée en la matière mais en tout cas nous on n'a aucune raison particulière de positionner des produits qui sont plus vertueux de manière inaccessible pour nos consommateurs donc quand il y a un écart de production en coût évidemment on va le répercuter parce qu'on n'est pas là non plus pour vendre à perte et notre boulot c'est aussi de faire vivre nos salariés et tous nos producteurs décemment donc on est obligé aussi d'avoir une vérité des prix mais encore une fois le bio est une solution dans nos magasins ça n'est pas la seule nous on milite beaucoup pour des produits qui soient sains on a mis le Nutri-Score sur l'ensemble de nos produits marques distributeurs alors il est décrié il est critiqué n'empêche que ça oriente le choix des consommateurs dans le bon sens on expérimente le Planetscore également pour pouvoir donner un éclairage qu'est-ce que c'est le Planetscore ?

c'est donner aux gens une idée de l'impact donc c'est une note pour la planète c'est une échelle aussi un peu comme le Nutri-Score il faut être basique il faut être simple consommateur c'est deux secondes en rayon il choisit son produit donc il faut qu'il aille vite il faut qu'on lui donne des moyens de choisir il faut qu'on lui donne les clés en fait c'est un vote l'achat en magasin donc si on donne les clés il n'y a pas de raison que ça n'évolue pas dans le bon sens mais je suis d'accord qu'il y a des populations et notamment on en parle depuis tout à l'heure sur lesquelles ça ne suffira pas il faudra aller plus loin pour les accompagner mais ça ne dépend pas que de la grande distribution elle jouera sa carte elle jouera sa partition comme les autres ça ne dépend pas que de la grande distribution mais il y a excusez-moi madame il y a quand même aussi une responsabilité de la grande distribution vu sa forte de frappe et sa place dans notre système alimentaire aussi de mener des stratégies qui soient plus vertueuses dans l'intérêt public et notamment pour des questions de santé les études que j'ai lues les plus sévères envers la grande distribution ça ne vient pas du monde de l'action sociale sur la question de la lutte contre la précarité alimentaire et l'accès des personnes précaires ça vient du monde de la santé et notamment toutes les études qui sont pour la lutte contre l'obésité et qui évoquaient des stratégies marketing aussi sur quels produits on met en avant il y avait toute l'industrie aussi de transformation qui est mise en cause évidemment sur le choix des recettes sur des produits trop gras trop salés trop sucrés sur la présence d'additifs mais il y a aussi les choix les stratégies de la grande distribution en termes de construction des prix et notamment sur la question des marges il y a aussi la question de quels produits sont les plus visibles sont les plus mis en avant etc qui sont mis en avant donc évidemment vous n'êtes pas les seuls responsables etc je ne parle pas de casinos précisément mais la grande distribution a quand même une grande responsabilité Corine Brélecomte alors qu'on ait une responsabilité dans l'écosystème c'est normal et d'ailleurs on a tenu notre rang pendant le Covid et tout le monde était très content d'avoir des produits dans les magasins et merci la grande distribution nous notre propos c'est beaucoup de travailler sur nos marques de distributeurs sur les produits qui portent le nom de nos enseignes parce que c'est une façon pour nous de faire passer des messages et de mettre en place les politiques qualités que l'on poursuit donc le Nutri-Score j'en ai parlé on a aussi beaucoup de choses sur la partie additif on les réduit alors c'est moins glamour c'est moins sexy mais bon on le fait et ce n'est pas toujours simple et nos marques de distributeurs sont vraiment les porteurs de tout ce qu'on veut faire on se fait aider par un comité scientifique comme vous monsieur Marx qui nous oriente on a réduit le sel de manière dramatique comme disent les anglais donc voilà et le sel c'est un des fléaux on parle beaucoup du sucre mais le sel est quelque chose qu'il faut regarder aussi

43:08
Présentateur

et on voit bien qu'il faut tout repenser chers éditeurs si vous êtes en train de déjeuner pendant ce débat et bien racontez-nous ce qu'il y a dans vos assiettes on continue à débattre d'une nouvelle politique de l'alimentation en se demandant s'il ne faudrait pas par exemple enseigner la gastronomie à l'école pourquoi pas ça nous donne déjà faim

43:25
Invité

c'était Yaya Bay

46:12
Présentateur

on the peace is moon France Inter on est toujours ensemble jusqu'à 13h sur France Inter pour se demander comment éduquer les futurs mangeurs de demain et tout le monde a son idée Thierry Marx le chef étoilé la patronne de l'innovation du groupe Casino Corinne Aubry-Loconte le journaliste Benjamin XVI et l'entrepreneur solidaire Boris Tavernier et nous avons reçu énormément de réactions merci à vous et notamment Gwendoline qui dit le problème c'est que le système ne nous éduque pas ne nous apprend pas à cuisiner nous incite à acheter toujours plus de malbouffe à croire qu'un signe extérieur de richesse c'est d'acheter un paquet de bonbons Thierry Marx justement

46:57
Invité

c'est très très juste il n'y a pas d'éducation il n'y a pas de programme pédagogique donc on continue à fabriquer des consommateurs des surconsommateurs qui surconsomment cette planète donc ce que je défends et on a rencontré au moins 4 ministres de l'éducation nationale c'est de dire ne me parlez pas de cours de cuisine je ne crois pas à ce petit jeu du cours de cuisine pourquoi pas mais ce n'est pas suffisant un cours de gastronomie dans un cours de gastronomie si vous regardez le programme pédagogique vous avez un cours d'arithmétique vous avez un cours d'histoire-géographie vous avez un cours d'éducation civique parce que pourquoi l'autre ne mange pas comme moi vous avez un cours de connaissance du produit et potentiellement un cours qui va vous apprendre à mieux manger et dans 15 ans vous avez des mangeurs et pas simplement des consommateurs mais oui il faut faire ce travail parce que globalement ma génération nous ne sommes que des consommateurs alors j'ai eu une éducation différente mais je suis né avec cette génération des consommateurs qui deviennent des surconsommateurs

47:49
Présentateur

mais il y a aussi Claire qui dit j'observe que les légumes sont souvent délaissés parce que les personnes ne savent plus cuisiner donc il faudrait aussi des cours de cuisine

47:57
Invité

mais bien évidemment c'est à dire que aujourd'hui on parle d'une cuisine qui doit être tournée vers moins de protéines animales ce qu'on peut entendre en gros passer du bœuf carotte au carotte bœuf mais ces légumes il faut apprendre à les cuisiner ce n'est pas un produit comme ça qu'on a délaissé pendant des années mais les gens

48:13
Présentateur

n'ont plus le temps aujourd'hui Thierry Marx la vie va à 100 à l'heure on n'a plus le temps vous me parliez

48:18
Invité

vous me parliez de temps et si on sort tous notre smartphone sur ce temps on aura passé au moins 3h30 sur notre smartphone or que la cuisine du quotidien est une cuisine d'assemblage il me reste un peu de riz une boîte de thon je concasse quelques feuilles de salade je mets un peu d'huile d'olive là-dessus j'ai un plat de partage qui est nutritionnellement tout à fait correct et ça m'a pris 20 minutes donc il faut remettre aussi quelle verticalité on veut par rapport à notre alimentation je rappelle encore une fois que c'est plaisir bien-être santé vous ne pouvez pas vous faire en sorte qu'on ne peut pas être bien dans des situations de santé précaires

48:54
Présentateur

Boris Tavernier les gens qui viennent dans vos épiceries cuisinent

48:57
Invité

oui oui en tout cas elles essayent pour ceux qui peuvent encore avoir le matériel pour cuisiner aujourd'hui il y a beaucoup de monde qui ne peut même pas utiliser un four parce que ça consomme trop donc il y a cette précarité énergétique qui est très forte mais oui ça cuisine on organise plein de concours de cuisine d'ailleurs et on a un super niveau et ça nous montre la richesse la diversité culinaire et culturelle de nos quartiers aujourd'hui je pense que je suis complètement d'accord l'école ça peut vraiment être un vecteur de transmission très très fort certaines associations le feront il y a l'école comestible qui est un petit peu partout en France il y a Réseau Marguerite aussi sur Lyon moi-même j'ai pu travailler dans des collèges avec des enfants où en dessin en art plastique on va apprendre le dressage d'une assiette on va aller visiter des producteurs en cours d'histoire et puis à la fin on fait un concours de cuisine ça fait bouger les gamins une fois qu'ils ont les mains dans la terre qu'ils vont goûter les radis qu'ils ont fait pousser ça fonctionne et en plus ils vont aller embêter leurs parents pour leur dire moi aussi je veux goûter ça donc il y a un vrai enjeu sur les gamins qui sont les mangeurs de demain

49:53
Présentateur

mais en moins la question est quand même politique c'est une refonte dont on a besoin

49:58
Invité

tout est politique surtout sur l'alimentation mais il n'y a pas de politique

50:02
Présentateur

de l'alimentation vraiment en France

50:03
Invité

pas complètement on a une politique de souveraineté alimentaire qui est sortie après la guerre en Ukraine mais non il n'y a pas du tout cette ambition là pourtant il y a de quoi faire dans ce pays autour de ces sujets

50:14
Présentateur

Vous trouvez que la politique Thierry Marx ou Benjamin Sesse par exemple s'occupe assez de la question ?

50:19
Invité

Globalement pour moi dans les deux dernières campagnes électorales qu'elles soient présidentielles ou qu'elles soient législatives il n'y a pas eu de propos sur l'alimentation et l'alimentation de qualité et bonne pour tous il n'y a pas eu de débat là-dessus alors que c'est effectivement un combat politique politique au sens étymologique du terme pas une question de vouloir être élu mais de se dire il y a quand même une réflexion générale on a parlé de souveraineté bah oui il y a un sujet sur la souveraineté alimentaire et il y a un sujet sur les bons produits Benjamin Sesse Effectivement après ce qui est intéressant c'est que les choses sont quand même en train d'un peu de bouger notamment effectivement la période du Covid a mis sur le devant la question alimentaire et la question de la précarité alimentaire où on a découvert notamment que ça pouvait concerner monsieur et madame tout le monde et pas non plus les plus marginalisés de notre société après aujourd'hui donc il y a des choses qui se mettent en place il y a des fonds qui se débloquent au niveau des collectivités territoriales il y a le fonds de 60 millions d'euros dont parlait Boris Tavernier tout à l'heure par le gouvernement mais encore aujourd'hui on est dans cette logique d'aide alimentaire c'est encore beaucoup de l'argent qui est consacré à comment on organise l'aide alimentaire un peu mieux comment on fait en sorte qu'elle puisse s'approvisionner en produits de meilleure qualité notamment en produits locaux mais on est toujours dans cette logique d'aide alimentaire

51:34
Présentateur

Corinne Aubry-le-Comte vous vous aidez aussi à la redistribution puisque vous êtes engagée dans la lutte contre le gaspillage par exemple avec Casino

51:41
Invité

la grande distribution fait sa part et chez Casino on a des grands partenariats avec les banques alimentaires avec Too Good To Go avec Phoenix par exemple on a souvent été les premiers à mettre en selle ces start-up qui au départ avaient des belles idées donc nous on a été là pour les accompagner dans leur mise en place

51:59
Présentateur

je rappelle qu'il y a encore 10 ans certaines grandes surfaces peut-être pas la vôtre mais mettez de l'eau de Javel sur des denrées alimentaires

52:07
Invité

alors effectivement la loi est passée par là aussi qui a permis d'organiser toutes ces démarches là mais nous on n'avait pas attendu la loi on donnait déjà aux associations maintenant c'est beaucoup plus organisé et c'est très bien on donne aussi des paniers des paniers de fruits et légumes en fin de vie où on les met à 3 euros le kilo par exemple mais je reviens sur cette notion d'apprentissage dans la cuisine je pense qu'effectivement la notion de temps est importante mais je pense qu'il faut aussi donner envie il faut donner envie aux gens de refaire ce qu'ils ont fait pendant le Covid parce qu'on y a cru moi j'étais vachement optimiste pendant le Covid je me suis dit ça y est les gens se remettent à cuisiner ils achètent des produits bruts il faut qu'on leur propose des offres très innovantes de produits faciles à préparer parce que et en fait c'est retombé donc il faudrait qu'on retrouve cette envie de faire la cuisine parce que c'est du partage c'est aussi de la gestion de son portefeuille je suis entièrement d'accord sur le programme pédagogique j'ai parlé de l'école ça me paraît être une nécessité mais on a évoqué tout à l'heure ensemble les jardins partagés voilà un moteur pédagogique qui est absolument hallucinant et de lien social et de lien transgénérationnel autour de l'alimentation qui est extraordinaire le jour où on réfléchit à nos EHPAD par exemple or que des personnes des fois âgées se disent je vais m'occuper du jardin et il y a un lien transgénérationnel sur un outil pédagogique quel jardin pour aller vers une alimentation bien meilleure je pense qu'il faut financer de plus en plus de jardins pédagogiques au coeur de nos cités et au coeur de nos quartiers aussi Benjamin 16 je trouve que c'est intéressant notamment cette question de l'éducation elle est intéressante l'éducation populaire notamment par les jardins reconnecter le consommateur avec la nourriture par les cantines aussi par les cantines et reconnecter notamment par les jardins les enfants le consommateur entre l'acte de manger et l'acte de produire agriculture et alimentation le problème c'est qu'il ne faut pas que ce soit la seule politique qui soit proposée dans la lutte contre la précarité alimentaire avec l'aide alimentaire

54:05
Présentateur

Thierry Marx vous avez moins d'une minute pour nous proposer une très bonne recette pour ce soir

54:11
Invité

très simple si vous avez un petit peu de pâtes vous voyez des tout petites pâtes je ne vais pas vous donner de marques vous les faites cuire avec un tout petit peu d'eau une fois qu'elles sont cuites

54:21
Présentateur

jusque là ça va jusque là ça va vous avez laissé l'eau

54:23
Invité

s'il va proporer vous mettez ce que vous tombe sous la main un petit peu de tomate un petit peu de ce que vous voulez vous cassez un oeuf battu dessus vous roulez ça et vous allez avoir une protéine végétale vous allez avoir une protéine animale et avec un peu une concassée de salade et un trait d'huile d'olive et ça marchera très très bien et vous aurez un plat de partage qui va être formidable avec un je l'ai calculé ce matin parce que je me méfie toujours des recettes on est à 1,80€ coût matière première

54:49
Présentateur

bon je pense qu'on est tous à la hauteur de cette recette et bien écoutez je vous souhaite un très bon appétit si vous êtes autour de la table le débat de midi c'est fini pour aujourd'hui merci à tous les quatre d'avoir accepté ce débat merci à Constance Villanova Florence Gimalac Savannah Ruelan et à Loïs Nollet qui ont préparé cette émission à la réalisation Étienne Bertin à la technique Loïs Moreau et demain dans le débat de midi on se demande si certains livres ne devraient pas être interdits aux moins de 18 ans et on pose notamment à ce nouveau genre qu'on appelle les dark romances c'est soi-disant roman d'amour destiné aux ados qui feraient la promotion de relations toxiques on ouvre le débat et vous pouvez dès maintenant réagir sur l'application France Inter et on se débat

55:30
Locuteur

on se débat sur l'application