Baisse démographique, téléphone portable : le point sur la rentrée scolaire avec le recteur de l'Académie de Strasbourg
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« C'est dans l'intérêt de nos élèves. »
- 0:53Invité politiquePromesse
« Protéger nos élèves d'une forme d'addiction au téléphone qu'on connaît tous »
- 2:15Invité politiqueChiffre
« Cette baisse démographique, alors qu'elle est inégale »
- 2:34Invité politiqueChiffre
« Il y a de moins en moins d'élèves par classe dans notre Académie »
- 3:09Invité politiqueChiffre
« On est passé de 22 élèves par classe en 2024 dans le Barin à 21,5 élèves par classe en 2026. »
- 3:40Invité politiquePromesse
« Il n'y aura pas de fermeture supplémentaire à cette rentrée. »
- 4:11Invité politiqueChiffre
« On est une des premières académies à avoir 100% de points d'appui à la scolarité. »
- 4:26PrésentateurFait
« Est-ce que vous récupérez aussi des postes ? »
- 4:41Invité politiquePromesse
« Je fais les mêmes promesses que le ministre en disant comme lui »
- 5:26Invité politiqueFait
« Ce questionnaire, il est très important. »
- 5:40Invité politiquePromesse
« Il faut protéger nos élèves des violences sexuelles. »
- 6:20Invité politiqueFait
« Pour l'instant, nous sommes protégés. »
- 6:40Invité politiquePromesse
« On travaille beaucoup sur la question de l'hygiène numérique. »
Temps de parole
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8h moins le quart, le recteur de l'académie de Strasbourg, Sophie, est donc invité ici à Alsace en ce jour de rentrée. Après les professeurs hier, jour de rentrée pour plus de 312 000 élèves dans les écoles, collèges et lycées d'Alsace. Bonjour Olivier Klein. Merci d'être dans le studio d'ici à Alsace. Commençons par les grands avec cette nouveauté de la rentrée qui fait parler. L'interdiction des téléphones portables au lycée se sera appliquée dans tous les établissements dès ce matin.
Oui, d'abord, permettez-moi de parler à tous nos élèves pour leur souhaiter une bonne rentrée et aux parents aussi. Vous en avez parlé tout à l'heure, il y a parfois un peu de stress quand on est parent. Et puis remercier tous les enseignants d'être sur le pont depuis déjà plusieurs jours. Oui, il y a cette interdiction qui est, je crois, une bonne interdiction. C'est dans l'intérêt de nos élèves. Vous savez qu'elle était déjà à l'œuvre à l'école et au collège. Et protéger nos élèves d'une forme d'addiction au téléphone qu'on connaît tous, c'était important. Donc on va la mettre en place, c'est la loi et il faut la mettre en place.
Comment la faire respecter au quotidien ? Les professeurs seront en première ligne ?
Moi, ce que j'ai dit aux chefs d'établissement que j'ai vus la semaine dernière, c'est d'abord faire preuve de pragmatisme. Adapter leurs règlements intérieurs en conseil d'administration, parce que c'est nos règles. Et l'adaptation du règlement intérieur sera le moment de la concertation. Dans chaque établissement, dans chaque lycée, la mise en œuvre peut être différente. Si on est dans un petit lycée de centre-ville où les élèves sortent à la pause ou dans un très grand lycée général, technologique ou professionnel. Donc d'abord de l'adaptation, de la bienveillance, mais le respect de cette règle dans l'intérêt de nos élèves.
L'idée, c'est, j'imagine, d'éviter le bras de fer.
Oui, oui, l'éducation nationale, ce n'est pas un bras de fer, c'est de l'éducation. Donc ce n'est pas une interdiction, ce n'est pas une prohibition, c'est bien dire à nos élèves pourquoi on les éloigne de leur portable sur le temps scolaire, pour qu'ils soient concentrés. On sait que le téléphone, c'est le lieu du harcèlement, c'est le lieu de problèmes à l'intérieur de nos établissements. Donc c'est d'abord pour les protéger de ce risque.
Cette rentrée, elle est marquée par un recul démographique, marqué dans l'Académie de Strasbourg. 4 000 élèves en moins, dont la majorité dans les écoles. Est-ce que vous allez faire baisser le nombre d'élèves par classe, notamment dans les écoles primaires ?
Oui, c'est vrai que cette baisse démographique, alors qu'elle est inégale, à Strasbourg, on est toujours en progression démographique, mais dans certaines parties de notre Académie, il y a une baisse. Oui, c'est le moment d'améliorer les conditions d'accueil et le niveau d'encadrement de nos élèves. Donc depuis trois ans, cette baisse démographique, elle n'est pas suivie forcément par des baisses du nombre d'enseignants, mais bien par une amélioration du taux d'encadrement. Il y a de moins en moins d'élèves par classe dans notre Académie et c'est mieux pour apprendre avec nos élèves.
La FSU dans le Barin estime pourtant que le nombre d'élèves continue d'augmenter, notamment dans les classes dédoublées, les CP et les CE1, qui sont pourtant en fait ces classes, pour disons améliorer les conditions d'apprentissage.
Oui, bien sûr, vous savez, dans l'éducation prioritaire, les gouvernements précédents ont décidé du dédoublement, en grande section, en CP et en CE1, et ça améliore l'apprentissage notamment de la lecture pour nos élèves.
Mais est-ce que c'est toujours le cas quand il y a 16, 18, 20 élèves dans la classe dédoublée ?
Dans une classe dédoublée, on n'atteint pas les 20. Aujourd'hui, les chiffres sont là, on est passé de 22 élèves par classe en 2024 dans le Barin à 21,5 élèves par classe en 2026. Donc ce sont des baisses qui sont significatives, différentes d'un établissement à l'autre bien sûr, mais non, les écoles dédoublées, les classes dédoublées le sont toujours.
L'autre conséquence de cette baisse démographique, c'est aussi la fermeture de classes. Selon la carte scolaire du mois de mai dernier, il y avait 54 fermetures de classes prévues dans l'Académie de Strasbourg. Est-ce qu'on en est à 54 fermetures de classes en cette rentrée ?
Alors, à la rentrée, oui. Vous savez comment ça marche. Aujourd'hui, on recompte si c'est nécessaire, s'il y a eu des inscriptions massives dans une école, il n'y aura pas de fermeture supplémentaire à cette rentrée. Ce qu'il peut y avoir dans certains cas, c'est des ouvertures, là où il y a eu des inscriptions importantes d'élèves à cause de déménagement, etc. Mais pas de fermeture supplémentaire. Mais ce que je veux vous dire, c'est qu'il y a aussi des ouvertures, ce n'est pas un chiffre brut. On ouvre des ULIS pour les élèves à besoins éducatifs particuliers.
On met en place les passes, vous savez, ces points d'accès à la scolarité pour les élèves porteurs de handicap dans toute l'académie. On est une des premières académies à avoir 100% de points d'appui à la scolarité. C'est 29 en plus à cette rentrée, c'est 69 passes qu'on aura dans cette académie. Et c'est bien pour les élèves à besoins éducatifs particuliers et pour leur famille.
Est-ce que vous récupérez aussi des postes ? Et est-ce qu'on peut imaginer qu'il n'y aura plus de problèmes ou peu de problèmes de remplacement cette année, notamment dans les écoles ?
Alors la baisse démographique nous permet d'améliorer nos capacités de remplacement. Il y aura un professeur dans chaque classe ce matin.
Ça c'est une promesse que fait le ministre et que vous faites ce matin ?
Oui, je fais les mêmes promesses que le ministre en disant comme lui que s'il y a un professeur malade ce matin, je ne suis pas forcément capable de le remplacer en claquant des doigts. Mais oui, nous nous donnons les moyens, nous améliorerons nos capacités de remplacement. Après, vous savez, il y a des moments particuliers dans une année scolaire, une épidémie, une crise sanitaire qui pourrait faire qu'on ne soit pas en capacité. Il y a des matières dans lesquelles on sait qu'on a une plus grande fragilité en lettres, en écogestion par exemple. Mais on va faire notre maximum pour qu'à chaque fois, il y ait un professeur devant les élèves et dans chaque classe.
J'aimerais en venir à cette autre nouveauté cette année, ce fameux questionnaire sur les violences sexuelles. Alors il ne viendra pas tout de suite à la rentrée, mais il sera soumis aux élèves de la moyenne section de maternelle au lycée. Ce sera anonyme. Qu'allez-vous faire de ces informations qu'on va récupérer ?
Alors ce questionnaire, il est très important. Vous le savez, on a vécu dans l'éducation nationale et dans les temps péri-extrascolaires ou dans le temps familial des drames. Et donc il faut protéger nos élèves des violences sexuelles. Donc ce questionnaire, il sera donné en même temps que le questionnaire non au harcèlement. Il sera anonyme. Mais vous savez, on a déjà fait ce type d'expérience l'année dernière. Sur un questionnaire anonyme, un professeur, il est aussi capable d'aller voir ses élèves et de retrouver l'élève qui a fait part de faits graves, de faits inadmissibles. Donc anonymat, si l'élève le souhaite, il peut aussi se déclarer, il peut aussi aller vers un adulte.
Ce questionnaire, il est fait pour ouvrir le dialogue et protéger nos élèves sur le temps scolaire, mais aussi hors-nord du temps scolaire.
Un mot enfin, Olivier Klein, sur cette cyberattaque qui a visé l'éducation nationale. Est-ce que vous pouvez nous dire que ce matin, à peu près tout fonctionne dans l'académie, dans les écoles, les collèges, les lycées, tout le monde a accès à son ordinateur et peut fonctionner normalement ?
Alors d'abord, un mot de soutien à mes collègues qui sont encore en difficulté. Nous, aujourd'hui, nous avons été attaqués, mais notre système a fonctionné, nous avons été protégés. Et là encore, je remercie les DSI, les services informatiques qui travaillent beaucoup. Oui, pour l'instant, nous sommes protégés. En même temps, ça me permet de vous dire une chose, on travaille beaucoup sur la question de l'hygiène numérique. Donc on a redit à tous nos professeurs, faites attention, changez vos mots de passe régulièrement, faites attention aux mails malveillants, à l'absonnage, etc. Et puis aussi, dans cette académie, on travaille beaucoup sur l'intelligence artificielle.
C'est vraiment un élément extrêmement nouveau pour nos professeurs, pour nos élèves. Et on expérimente beaucoup sur cette question-là. Et vraiment, je veux remercier tous les professeurs qui s'engagent pour réfléchir avec nous, pour faire de l'intelligence artificielle un outil au service des connaissances et pas un jouet dans lequel nos élèves pourraient tomber.
Merci Olivier Klein d'avoir été en direct avec nous ce matin. Vous êtes, je le rappelle, le recteur de l'Académie de Strasbourg. Bonne rentrée à vous aussi. Je crois que vous allez dans un lycée de Mulhouse tout à l'heure.
Alors là, on commence par une école de Strasbourg, ensuite un lycée à Mulhouse, et puis je remonte à Bichevillers. C'est une journée de rentrée pour le recteur aussi.
Et bonne rentrée à tous les élèves.
Exactement, 7h53.
Olivier Klein